Genre : Romance/Drame

Disclamer : Les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas.

Résumé du chapitre précédent : Hermione se retrouve sous la protection de Rogue et, sous ordre de Dumbledore, est contrainte de passer le reste de ses vacances d'été chez son ancien professeur de potion. Durant le début de son séjour, elle découvre la photo d'une très belle femme. Pour le savoir, elle décide d'entrer dans la chambre du maître des lieux mais ne trouve pas les réponses à ses questions. Cependant, elle découvre un film dans lequel elle apprend l'existence d'une troisième personne : Corvus.


Réponses aux review :

Eliza Poufsouffle : Merci pour ta review, je suis contente que cette histoire te plaise. Quand à l'identité de cette femme… Mystère !

Ewira : Merci beaucoup ! J'espère que la suite va te plaire autant que les précédents chapitres.

Fahaly 02 : Je suis contente que cela te plaise autant.

Zephir : 'y a pas à dire : c'est vraiment toi qui bats tous les records des reviews (heureusement que tu peux en poster sans être inscrit, imagine si c'était le contraire…). Et comment ça « je suis horrible » ? C'est bien pour ça que tu m'adores ! Je plaisante… voilà la suite tant attendue !

Solène : Merci pour ta review. Bonne lecture !


°oO Wizard & Lasombra Oo°

Chap.3

Plusieurs jours s'étaient déjà écoulés sans que la chance daigne sourire à Hermione, mais elle ne perdait pas espoir. Découvrir ce que lui cachait Rogue était la seule motivation qui la poussait à le supporter ainsi que ce séjour.

Hors, ce fut par un jour d'orage que l'occasion se présenta.

- Le Maître est parti faire une course très importante, répondit Lieva lorsqu'elle lui demanda où se trouvait son ancien professeur de potions. Il ne reviendra pas avant la tombée du jour.

La jeune femme jubilait de joie. Enfin, elle tenait le moyen de mettre ses projets à terme.

Elle fila à l'étage, laissant l'elfe de maison seule devant l'entrée. Arrivée près de la porte interdite, elle resta un moment immobile. Les menaces du maître des lieux résonnaient encore à ses oreilles. A présent qu'elle était si proche d'accomplir l'impardonnable, elle vacillait.

« Tu ne devrais pas faire ça ! Tu vas avoir des ennuis…» gémit une petite voix dans un coin de sa tête.

« Je ne reculerai pas » certifia Hermione, la main tremblante.

« Pense à ce qu'il risque de t'arriver » supplia sa voix intérieure. « Rogue ne te le pardonnera jamais ! »

La jeune femme ignora cette dernière remarque. Elle prit de profondes et lentes inspirations pour se calmer et calmer ses temblements. Sa main se posa sur la poignée et poussa doucement le bois. À sa grande surprise, la porte s'ouvrit lentement sans émettre le moindre son.

La pièce était plongée dans l'obscurité.

- Lumos, murmura-t-elle en sortant sa baguette.

La lumière jaillit de l'extrémité, éclairant les ténèbres de la chambre. Hermione tremblait. Sa main libre se serra au niveau de sa poitrine comme pour empêcher son coeur de battre trop fort ou, pire, de jaillir de sa poitrine. Elle ne savait pas ce qu'elle allait découvrir et l'ambiance ne la mettait pas plus à son aise.

Elle balaya l'endroit avec le faisceau de sa baguette et aperçut une bibliothèque. Légèrement rassurée, elle s'y dirigea et se figea dès qu'elle lut les titres sur la tranche des livres.

« Qu'est-ce que ça veut dire… ? »

Transmutation humaine. Malédictions. Légendes urbaines. Magie noire. Magie blanche. La Pierre Philosophale. Démons de l'ancien monde. Folklore japonais. Mythes du Moyen-Âge. Des centaines de bouquins sur l'Alchimie. Nécromancie. Magie Noire.

Même si la jeune femme était persuadée qu'ils n'appartenaient pas à son protecteur, elle était tout de même terrifiée de voir que quelqu'un possédait de tels ouvrages qui auraient pu avoir survécu à la Grande Inquisition. D'après ce qu'elle savait, l'Alchimie était une science occulte, terriblement dangereuse. Tout comme la Nécromancie. Mais elle n'en savait pas plus. Seulement que la transmutation humaine, comme ils l'appelaient, était interdite.

Hermione ne savait plus que penser. Cette mystérieuse femme était-elle aussi dangereuse que ces ouvrages le laissaient apercevoir ? Telle qu'elle l'avait vu sur le cadre de la photo, elle paraissait si douce et aimante. Se trompait-elle ? On disait souvent que les plus belles roses cachaient les plus mortelles épines. Se pouvait-il que ce soit le cas ?

S'éloignant de la bibliothèque, elle recula. Tremblante de tous ses membres, elle balaya la chambre de sa baguette jusqu'à ce qu'elle en sorte comme si elle craignait que quelque chose ne surgisse soudainement des ténèbres pour l'attaquer. Elle courut se réfugier dans la sienne et se jeta sur son lit.

Quelle fille naïve elle faisait !

Se focaliser sur les apparences étaient une énorme erreur. Elle le savait. Elle était une sorcière intelligente ! Malgré son air doucereux, cette femme était peut-être très dangereuse ou alors, elle cachait quelque chose de semblable. Quelque chose qu'il ne valait mieux pas approcher, encore moins connaître.

« Tu aurai dû écouter Rogue » déclara la petite voix dans sa tête. « Au moins, il était de bon conseil. »

La jeune femme enfouit sa tête dans son oreiller. Ses nerfs ne pouvaient plus en supporter davantage. Ses larmes se mirent à couler sans qu'elle ne puisse les retenir. Ses sanglots se retrouvèrent étouffés par l'oreiller.

Les heures passèrent lentement. Le soleil, caché par les nuages, poursuivit petit à petit sa course dans le ciel pour finir par disparaître. Des nuages noirs prenaient à présent place, masquant les quelques étoiles qui cherchaient à imposer leurs présences avec difficulté.

Hermione entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer. L'écho de faibles voix semblable à une conversation lui parvinrent mais elle ne fit aucun mouvement. L'eau de ses larmes avait tari depuis un moment déjà. Elle demeurait allongé sur son lit, observant le mur sans vraiment le voir. On frappa à la porte de sa chambre. Porte qui s'ouvrit ensuite, laissant entrer la lumière du couloir dans la pièce plongée dans une semi-obscurité.

- Granger ?

Le maître des potions resta sur le pas de la porte, l'observant de ses yeux noirs.

- Que vous arrive-t-il ?

La jeune femme sentit la colère bouillonner en elle, prête à exploser comme un volcan. Elle dut faire un ultime effort pour garder le timbre de sa voix normale et s'éviter de trembler.

- J'étais fatiguée, je me reposais.

Elle se redressa sur son lit et leva ses yeux vers lui pour ensuite avoir un semblant de sourire.

De toutes évidences, Rogue ne la croyait absolument pas. Elle le voyait dans son regard.

- Le dîner sera servi dans une demi-heure, déclara-t-il. D'ici-là, tâchez de vous donner une meilleure mise.

Hermione baissa la tête.

- Je… n'ai pas très faim.

- Comme vous voulez.

Il disparut dans le couloir, refermant la porte derrière lui. La jeune femme retomba sur ses oreillers.

Elle resta longuement allongée à regarder le plafond blanc de sa chambre. Les livres qu'elle avait vus la hantaient encore, le titre des couvertures revenant sans cesse devant ses yeux. Pourquoi n'avait-elle pas écouté les conseils de son ancien professeur ?

« Tu es trop fière » répondit la voix. « Et cette fierté t'a coûté très cher. »

Hermione sentit à nouveau les larmes lui brûler les yeux.

« Décidemment, je ne sais rien faire d'autre que pleurer. »

Elle se leva et se rendit dans la salle de bains. Un bon bain chaud parvint enfin à la détendre. Se sentant un peu mieux, elle descendit dans le salon.

- Tiens, tiens. Miss Granger daigne venir parmi le commun des mortels. Quelle chance nous avons. N'est-ce pas, Lieva ?

L'elfe de maison ne répondit pas mais la fixait de ses yeux verts, tels des lames de poignards. De toutes évidence, elle savait pour la chambre interdite ainsi que celle de son Maître et il ne tenait qu'à elle de le dire. Ce qu'elle ne fit pas pour une raison qui échappa totalement à Hermione.

- Miss Granger désire-t-elle manger quelque chose ? Lieva a gardé des plats qu'elle peut faire réchauffer pour miss Granger. Le Maître a déjà mangé mais Lieva peut donner à miss Granger ce qu'elle désire.

Hermione se sentit déstabilisé par la situtation.

- Euh…non, merci.

Lieva s'inclina et disparut dans les cuisines.

- Eh bien, Granger, vous semblez troublée.

La jeune femme qui venait de s'asseoir près de la baie vitrée se figea aussitôt et déglutit difficilement. Se pouvait-il que l'elfe de maison ait parlé à Rogue pendant qu'elle se trouvait à l'étage ?

- Excusez-moi. J'ai besoin d'air frais.

Hermione sortit précipitamment dans le jardin. Son cœur battait violemment dans sa poitrine. La curiosité était un vilain défaut et elle en subissait les conséquences. Pourquoi avait-elle ouvert cette porte ? Pourquoi était-elle entrée dans cette chambre ? Pourquoi sa curiosité l'avait-elle poussé au point de non retour ?

« Trop fière. »

Ces simples mots résonnaient dans son esprit. La jeune femme cherchait à fuir la réalité.

Le proverbe qu'elle avait si souvent entendu était véridique. Cette curiosité l'avait poussé à découvrir des choses qu'elle n'aurait jamais dû savoir. Elle comprit pourquoi Dumbledore l'avait placé sous la protection de Rogue. Outre le fait que son ancien professeur soit intelligent et terriblement habile en magie, s'il connaissait une personne maîtrisant l'Alchimie comme la Nécromancie…

Hermione ne voulait pas y penser. Cette onde magique était la plus redoutée et difficile à manipuler. Le nombre de personne réussissant cet exploit se comptait sur les doigts d'une main. Ce n'était pas un hasard s'il y en avait aussi peu en ce monde.

Son attention fut soudainement attirée par une chevelure argentée qui se trouvait à plusieurs mètres d'elle.

- Professeur Dumbledore ?

La jeune femme hâta le pas vers la personne et l'appela de nouveau. Cette dernière se retourna mais ce n'était pas le directeur de Poudlard.

L'homme était grand. Ses longs cheveux d'argent flottaient sur ses épaules et ses yeux couleur ambres et verts aux pupilles félines se posèrent sur elle. Il était entièrement vêtu de noir. On pouvait deviner une fine musculature sous ses vêtements. Son aspect physique ressemblait étrangement à la femme de la photo. Elle s'arrêta dans son élan, se sentant soudainement gêné de s'être fourvoyée.

« Qu'est-ce qu'il est beau ! » hurla intérieurement Hermione.

Elle se sentit rougir lorsqu'elle croisa son regard.

- Miss Hermione Granger ?

Cette voix... Elle l'avait déjà entendu quelque part. Mais où ? Une voix douce et envoûtante.

- Oui, c'est moi, réussit-elle à articuler dans un souffle.

L'homme eut un sourire dévoilant ses dents d'une blancheur éclatantes et s'inclina face à elle.

- Je suis ravi de vous rencontrer. Je me nomme Corvus.

Hermione se rendit compte qu'il s'agissait du même homme qui avait tourné le film qu'elle avait vu sur l'ordinateur de Rogue.

- Severus est-il ici ? continua-t-il alors qu'il n'obtenait aucune réponse.

- Bien sûr. Il est à l'intérieur. Mais… comment le connaissez-vous ?

- Nous avons tous les deux une amie en commun. Une personne qui nous est extrêmement précieuse.

- Une amie ?

- Oui, elle se nomme…

- Granger ! Eloignez-vous tout de suite !

Hermione revint brusquement à la réalité. Rogue venait de la saisir par le bras et la fit brutalement reculer pour la placer derrière lui. Sa baguette était pointée sur l'homme à la chevelure d'argent et ses yeux brillaient d'une lueur farouche.

- Qu'est-ce que tu es venu faire ici ? Je te croyais avec elle !

- Range ta baguette. Je ne tiens pas à me battre contre toi.

Sa voix avait perdu de sa douceur. Elle était devenue dure et froide, sans appel.

- Réponds-moi d'abord, ordonna l'ancien professeur. Que s'est-il passé pour que tu viennes seul ici ?

Le dénommé Corvus dévisagea un moment son interlocuteur, le toisant de haut en bas comme s'il le jaugeait. Il finit par laisser échapper un soupir, ses épaules s'affaissèrent quelque peu tandis qu'il répondait à la question restée sans réponse :

- On a eu un problème : nous sommes tombés dans un traquenard. Elle et moi en sommes les seuls rescapés, tous les autres sont morts. En ce moment, elle est à l'hôpital Ste Mangouste.

- Tu devais la protéger ! hurla soudain Rogue. Tu devais veiller sur elle !

Le visiteur regarda le maître des lieux, une expression impassible sur le visage.

- Laisse-moi te dire une bonne chose, Severus. Lorsque je l'ai trouvé, à moitié morte et couverte de sang, c'était ton nom qu'elle murmurait.

Lentement, très lentement, le bras de Rogue se baissa. Il garda un silence mortel, ne semblant pas savoir quoi dire ou même savoir s'il devait dire quoique ce soit. Hermione ne bougeait plus, légèrement en retrait mais n'avait rien perdu de la conversation.

- Va la voir, reprit Corvus. Tu n'attends que ça.

La jeune femme se rendit compte que son corps commençait à disparaître, s'effritant comme du sable pour finalement s'effacer complètement. Elle porta la main à sa bouche pour étouffer un cri de surprise. Une simple projection ! Pendant tout ce temps, ce n'était qu'une « apparition » qui s'était trouvé devant eux, la personne véritable était à un autre endroit. Un sortilège des plus complexes ! Elle était bien placée pour le savoir.

Elle demeura immobile, n'osant pas faire un geste d peur de briser une chose qu'elle ne pouvait nommer. Rogue observait l'endroit où s'était tenu Corvus avant qu'il ne disparaisse. Le regard vide, le visage impassible, il ne disait mot.

- Granger, allez donc vous coucher. J'ai quelque chose d'important à faire.

Sa voix tremblait légèrement. Hermione leva ses yeux vers lui, une expression déterminée peinte sur son visage.

- Vous allez aller la voir, n'est-ce pas ? Cette femme dont il parlait, vous allez la voir à Ste Mangouste.

- Cela ne vous regarde absolument pas.

La colère et la frustration d'être laissée de côté explosèrent comme un volcan. Tout ce qu'elle avait retenu en elle déferla soudain comme un torrent dont on venait de briser le barrage.

- Bien sûr que cela me regarde ! J'en ai plus qu'assez de toutes ces cachotteries et de tous ces mystères. Pourquoi me tenez-vous à l'écart de tout ça ? Dumbledore vous a chargé de ma protection, vous m'hébergez ici depuis plusieurs jours et je ne sais rien ! Qui est cette femme ? Qui est ce Corvus ? Quels liens ont-ils avec vous ? J'ai le droit de savoir !

Elle s'arrêta quelques secondes afin de prendre plusieurs goulées d'air, puis enchaîna aussitôt :

- Je ne suis plus une enfant. Je ne suis plus la petite fille que vous pouviez rabaisser, traiter de « mademoiselle je-sais-tout », enlever des points à sa maison sans qu'elle ait le droit de dire quoique ce soit. Je suis une adulte ! Une adulte prête à se battre, à lutter contre vous-savez-qui. Vous n'avez pas le droit de m'enlever ça !

Le flux de paroles cessa enfin. Haletante comme si elle venait de courir un marathon, les joues rouge de colère, Hermione reprit progressivement son souffle. Le maître des lieux la regardait sans mot dire, la stupéfaction d'une telle audace peinte sur ses traits. Après un moment qui parut une éternité, il détourna ses yeux et eut un rire étrangement amusé. La jeune femme en fit déstabilisée. C'était la première fois qu'elle l'entendait et, surtout, le voyait rire de façon si spontanée.

- Alors, comme ça, Lieva avait raison. Vous avez eu l'audace de pénétrer dans ma chambre et dans la sienne uniquement pour satisfaire votre curiosité ? Potter et Weasley ont vraiment eu une mauvaise influence sur vous, miss Granger. Vous mériteriez que je vous enferme à doubles tours dans votre chambre et que vous y restiez jusqu'à la fin de votre séjour ici.

Son sourire s'effaça. Son visage avait retrouvé cette expression sérieuse qu'elle ne lui connaissait que trop bien.

- Mais vous avez raison sur un point : vous n'êtes plus une enfant, vous êtes une adulte. Il est temps de vous traiter comme tel. Allez chercher votre manteau.

Hermione le regarda sans trop comprendre, encore surprise par la tournure que venait de prendre la situation.

- Allez chercher votre manteau, répéta-t-il. Vous voulez des réponses à vos questions, non ? Vous venez avec moi à Ste Mangouste.

La jeune femme resta un moment immobile puis, comme sous un déclic, elle courut jusqu'au manoir. Elle traversa le salon comme une tornade, gravit les marches de l'escalier quatre à quatre et déboula dans sa chambre. Elle saisit aussitôt un gilet assez chaud mais léger et redescendit sans plus attendre. Rogue patientait déjà devant la cheminée, vêtu d'un long manteau noir.

Sans un mot, il lui fit signe de prendre de la poudre de cheminette et de la lancer dans l'âtre. Ils attendirent que les flammes émeraudes soient assez grande puis les franchirent en annonçant clairement leur destination. Presque aussitôt, le décor changea et ils se retrouvèrent dans un grand hall d'entrée. Hermione et son ancien professeur regardèrent un moment autour d'eux.

Une forme en noire s'avança vers eux d'un pas résolu.

- Enfin ! Je désespérais de vous attendre.

Hermione leva ses yeux et reconnut le visiteur qu'elle avait rencontré plusieurs minutes plus tôt.

Corvus les regardaient tous les deux, un sourire aux lèvres. Ses yeux brillaient d'une étrange lueur indéfinissable.

- Ne perdons pas de temps, allons tout de suite la voir.

Il prit l'homme aux cheveux noirs par un bras, saisit délicatement la main de la jeune femme qui l'accompagnait et les entraîna vers un long couloir. Ils croisèrent de nombreux Médicomages dont la plupart les saluèrent avec un sourire. D'autres couraient en sens inverse pour se rendre dans une autre aile du bâtiment. Les chambres défilèrent les unes après les autres, certaines totalement vides et d'autres recevant quelques visiteurs.

Ils finirent par s'arrêter devant l'une où Corvus les lâcha enfin. Ouvrant la porte, il les invita silencieusement à entrer.

La chambre était assez petite et simple. Elle possédait deux lits dont le contenu était dissimulé par des voiles blanc, mais un seul d'entre eux était occupé. Hermione s'approcha et regarda la personne qui l'occupait. Elle retint son souffle, comme pour être sûre que ce qu'elle vivait était réelle.

La femme qui se trouvait sous ses yeux était d'une merveilleuse beauté, encore plus belle qu'en photo. Ses longs cheveux d'un noir aussi profond que les ténèbres reposaient sur les oreillers comme une auréole autour de sa tête. Sa peau d'une pâleur à faire trembler lui semblait d'une douceur incomparable. Sa poitrine semblait inerte, sans aucun souffle de vie. À moins que ce soit son imagination ne lui joue des tours.

- Elle est…

- Endormie, lui répondit Corvus avec un sourire rassurant comme si elle avait deviné à quoi elle pensait. Les guérisseurs lui ont donné un sacré paquet de potions pour la tenir en vie. Elle s'est réveillée juste avant que vous n'arriviez mais elle a aussitôt replongé dans les bras de notre dieu des songes préféré.

Rogue s'approcha à son tour et s'assit sur l'une des chaise, au chevet de la jeune femme.

- La plupart de ses blessures sont guéris, il n'en reste presque rien. Beaucoup avaient déjà commencé à cicatriser quand nous sommes arrivés ici, ajouta-t-il en jetant un regard appuyé au maître des potions.

Hermione le vit acquiescer d'un bref signe de tête, comme s'il avait compris le sous-entendu de cette phrase. Sous-entendu qui lui échappait totalement. Elle 'installa en face de son ancien professeur, regardant toujours le visage de la femme endormie. Corvus s'éloigna de quelques pas afin d'aller s'adosser contre le mur proche de la fenêtre, croisant ses bras sur son torse. Ce fut Hermione qui se décida à rompre le silence.

- C'était elle dont vous parliez ?

Sa voix était légèrement tremblante, comme intimidée. Elle se sentit rougir, ce qui redoubla quand Rogue leva ses yeux noirs vers elle.

- En effet.

- Elle est absolument magnifique.

L'homme aux cheveux noirs eut à nouveau un sourire qui sortait des rictus ordinaires dont elle était habituée. Ce sourire-là était doux et chaleureux.

- Elle l'a toujours été et le sera sûrement à jamais.

- Qui est-elle ? demanda Hermione légèrement troublée par ces propos énigmatiques.

- Elle s'appelle Morgana, répondit Rogue, et c'est la personne qui m'est le plus chère au monde.