Titre: Les rayures du tigre
Disclaimer: Les personnages appartiennent à
Note de l'auteur: Chose promise... Je viens de mettre le point final à mon premier chapitre. Pour celles qui ont eu la retenue de ne pas lire l'avant-propos, voilà un chapitre qui fait le double. tablearepasser, je suis navrée, vraiment, j'ai été touchée profondément par ta vindicte sur mes fins toutes plus frustrantes les unes que les autres et... Tu vas me détester encore un peu je crois!
Warning: Torture physique sur le personnage humain principal.
« À mon père,
Je sais que tu me chercheras, ça ne sert à rien. Je te donnerai des nouvelles et je reviendrais, je pense. J'ai fait une promesse à maman.
Mange convenablement, »
John Stilinski regarda à nouveau le papier froissé qu'il tenait entre ses mains. Assis à la table de sa salle à manger, le shérif de Beacon Hills soupirait. Sous ses mains, un petit monticule de feuilles froissées, des petits mots dans des enveloppes. Voilà neuf mois que son fils était parti, et toutes les deux semaines, il recevait le même petit mois, seul le cachet de la poste prouvait qu'ils avaient été posté à des dates différentes. Le shérif, en bon enquêteur avait tenté de pister ces lettres mais elles venaient de trois postes différentes dans trois comtés différents entourant Beacon Hills.
Toujours les mêmes mots, écrits avec une encre différente sur un papier différent. Les mêmes lettres dans le même ordre.
Le shérif s'était arrêté pendant trois semaines, consacrant son temps à chercher son fils, pister sa voiture. La jeep de Stiles avait été retrouvée dans la ville voisine, une semaine après sa disparition. Des affiches avaient été placardées partout dans la ville, le shérif avait même été dans chaque maison du quartier, sans aucune trace de son fils.
Le plus étonnant pour lui fut quand il alla au lycée pour déclarer la disparition de Stiles. Les élèves ne semblaient pas savoir qui était ce jeune homme silencieux et discret. Les professeurs ne paraissaient pas plus affectés que cela par sa disparition, ils avaient tous déplorés la perte d'un bon élément, au vu de ses notes de fin de semestre mais son attitude en classe étant déplorable, ils n'étaient pas mécontents de ne pas l'avoir de nouveau.
En fait, personne ne semblait particulièrement attristé par la disparition soudaine de son fils. Le plus étrange fut Scott McCall. Le meilleur ami de Stiles à sa connaissance. Oh, son fils l'avait bien sûr prévenu qu'ils s'étaient engueulés, mais au point que Scott continue sa vie comme si de rien n'était.
Flashback
John était allé voir Scott chez lui pour le prévenir et pour avoir d'éventuelles informations mais Mélissa lui avait répondu qu'il n'était pas ici, elle non plus ne semblait pas affecté. Le shérif n'en revenait pas. Il ne comprenait pas. Son fils était-il haït pour que personne ne se préoccupe de sa disparition ?
Alors qu'il entrait dans le loft indiqué par l'infirmière, il entendit des rires. Il ouvrit la porte sans plus de cérémonie. Voilà deux jours que son fils avait disparu et ceux qu'il pensait être ses amis riaient.
Il vit sept jeunes assis sur différents poufs et canapés dispersés dans une grande pièce d'usine. Lorsqu'il entra, les adolescents se turent, regardant le shérif comme s'il débarquait d'une autre planète.
« Hum… Les jeunes ? Qui habite ici ?
-C'est moi, lui répondit une voix rauque.
Le shérif se tourna sur sa gauche, et ouvrit de grands yeux. Devant lui se présentait un Derek Hale pâle et cerné. Une barbe plus importante qu'à l'accoutumé entourait son visage. Il semblait malade, déprimé.
« -Bonjour Mr Hale, j'aimerais parler aux amis de Stiles si ça ne vous…
-Nous savons qu'il a disparu, interrompis Scott, d'une voix neutre. »
Le shérif se tut. Il observa chacun des jeunes présents. Aucun ne semblait particulièrement touché par ce fait. En fait, c'était comme si rien n'avait changé. Le shérif ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'aucune place n'était vacante, comme si il ne manquait personne, comme si son fils n'avait jamais existé.
« -Je … Est-ce que vous savez quelque chose les jeunes ? demanda le shérif, décontenancé par l'absence de réactivité des adolescents.
-Non, répondit une voix dure, Jackson.
-Vous savez on était pas très proche de Stiles…, ajouta la petite-amie de Jackson, Lydia.
-Ah vous deux je n'en doute pas ! rit le shérif, plein d'ironie. Mais Scott, je ne comprends pas, vous étiez inséparables il y a quelques mois et maintenant, tu sembles n'avoir rien à faire de Stiles. Il a disparu, nom de Dieu !
Le shérif finit par s'énerver, observant attentivement les jeunes à ses côtés. Une ombre passa sur le visage de l'ancien meilleur ami de son fils disparu. Mais celui qui semblait le plus affecté par cette discussion invraisemblable était, étonnement Derek Hale. Le jeune homme était mal à l'aise et ne regardait pas le shérif dans les yeux. Il se dandinait, portait son poids d'un pied sur l'autre, les yeux baissés. Stilinski se tourna vers lui :
« -Tu sais quelque chose Derek ?
-Non, je ne comprends pas, je ne sais pas…
L'alpha prit une grande inspiration et releva les yeux, la douleur brillant dans son regard :
-Je ne sais pas où il est. »
Le cœur du shérif se serra. Il n'était peut-être pas le seul affecté par cette disparition. Il ne comprenait pas non plus, mais la souffrance dans les yeux de l'homme en face de lui le toucha. Il l'empêcha de poser toute autre question. Il sentait quand quelqu'un mentait, et si les plus jeunes avaient certainement quelque chose à cacher, l'orphelin face à lui était honnête. Le shérif tourna les talons, baissant les yeux à son tour. Son fils était parti. Il l'avait abandonné, tout comme sa mère. Le shérif se savait déshonorant, injuste, mais il se retrouvait seul, encore. Un voix grave l'arrêta alors que sa main était sur la poignée.
« Vous…
Le shérif se retourna, plongeant son regard noisette, si similaire à celui de son fils, dans deux lacs bleu-vert.
-Avez-vous des nouvelles, shérif ?
-Il m'en a promis. Il m'en donnera, et je te tiendrais au courant ! »
Le policier lança un sourire qu'il voulait rassurant au jeune Hale, mais cela n'atteint pas ses yeux, et partit.
Ses yeux, si foncés, si semblables à ceux de son fils, son fils disparu. Derek ne comprenait pas pourquoi cela le touchait autant, Stiles ne faisait même pas partie de sa meute. Pourtant, le regard brisé du shérif avait enfoncé un poignard dans son cœur fragilisé. Il n'avait pas senti les changements, il n'avait pas réalisé l'attachement qu'il portait à l'hyperactif. Stiles lui manquait. Sa répartie, son sarcasme, ses yeux noisette… Sans jeter le moindre regard à sa meute qui l'observait, désolés, il s'en fut dans sa chambre. Sur son lit, un papier chiffonné l'attendait.
Stiles ne souffrait plus. Il entendait un bruit, un bruit qui le rendait fou. Une goutte qui tombait un rythme sur le sol de bitume. Ses poignets liés contre le mur de pierre ne lui faisaient plus vraiment mal. Les chaînes qui maintenaient ses chevilles n'étaient plus vraiment douloureuses. Mais ce bruit… Ploc… Ploc… Ploc… Ploc… Il n'en pouvait plus. Son torse était froid. Son nez le grattait. Seul le sang séché sur front et celui qui continuait de couler le long de sa hanche gauche le réchauffait. Et Ploc… Ploc… Ploc… Ce bruit ! Il restait concentré dessus, tentant de rester conscient. Il savait qu'il était gravement blessé. Il avait quitté Beacon Hills depuis quelques jours. Quatre jours à errer dans les villes du comté voisin, prenant le bus, dormant dans de petits motels miteux ou ne se couchant pas du tout. Il avait pris ses précautions, abandonné sa jeep, teint ses cheveux en blond, vidé ses comptes dans deux villes différentes… Il voyait les images de son visage dans les rues, au journal. Son père avait toujours fait un travail exemplaire. Seule manquait se cicatrice sur les photos. Celle qui barrait son visage de l'arcade gauche au milieu de la joue. Il avait passé quatre jours à se cacher des autorités. Quatre longues nuits à pleurer sur son sort.
Puis elle était venue à lui, belle, majestueuse sur ses talons, dans son jean en cuir qui la moulait à la perfection. Ses cheveux noirs tombaient dans son dos, cascadait sur sa poitrine généreuse. Il l'avait trouvé magnifique. Il avait rencontré son regard rouge. Il avait passé quatre jours à éviter la police, sans ennuis, enfin seul avec lui-même et ses résolutions de revenir plus fort. Elle avait tout gâché. Ou était-ce lui ? Tuant son compagnon dans un cimetière désolé, mené par la seule force de son désespoir et de sa solitude. Armé d'une fourche à pointes d'argent. Il avait tué son amour, l'alpha qui régnait sur son cœur. Elle voulait se venger. Elle l'avait capturé, enchainé à un mur de pierre.
Oh il s'était débattu au début. Mais il s'était résigné. Il était un assassin après tout. Il avait tué son compagnon. Il méritait la mort. Et Ploc… Ploc… Elle avait joué avec lui longtemps, le faisant hurler. Pendant des heures et des heures elle s'était amusée. Arrachant ses ongles, brisant un à un ses doigts, ceux qui avaient tenu l'arme de mort. Elle riait et pleurait. Elle couvrait ses cris de douleur par des hurlements de rage. Il gémissait et elle continuait de le torturer. Puis elle l'avait laissé ainsi, enchaîné, piteux, baignant dans le sang, l'urine et les larmes.
Quelques temps étaient passés, des heures, des jours peut-être. Stiles n'avait plus la notion du temps. Il supposait être dans un hangar, la tôle pleurait sous les assauts de la pluie. Un orage grondait au-dessus de sa tête. Puis le calme, l'obscurité. Dans la semi-conscience due à la déshydratation, il avait vu en face de lui un grand halo lumineux, et une silhouette ? Mû par le désespoir, il avait cru, un instant fugace que quelqu'un l'avait trouvé, que quelqu'un venait le sauver. Il avait puisé dans ses forces, avait extirpé un nom de ses cordes vocales brisées par ses hurlements de douleur. Le nom était mort sur ses lèvres. C'était elle. Une seringue à la main. Elle lui planta dans la cuisse. Adrénaline lui chuchota-t-elle à l'oreille, griffant l'intérieur de ses jambes. Il lui répondit un nom. Le seul qui comptait.
Derek
« DEREK ! »
Le cri de Scott résonna dans le loft. Isaac le suivait, tout comme Boyd et Lydia. La joie et l'inquiétude brillait dans leurs regards respectifs. Ils n'y croyaient pas. Dix mois plus tard, ils ne pensaient pas que cela pouvait être encore possible, probable. Bien des choses avaient évolué, tant de choses. Les évènements s'étaient succédé et la meute avait dû faire face à bien des combats. Mais le seul dont ils n'avaient su sortir vainqueurs offrait son dénouement. Un simple bout de papier au coin d'une table. Dix lettres, comme autant de mois d'attente.
« DEREK ! Bordel, mais qu'est-ce qu'il fout ?
-Du calme Scott il va arriver. La camaro est devant, il ne doit pas être loin, tempéra Isaac. »
Scott agrippait sa main, et le bêta blond su que seule sa condition de loup-garou empêchait la poigne de son ami de réduire ses os en morceaux. Il se sentait aussi fébrile que les autres qui trépignaient à ses côtés. Même Boyd se soustrayait à son ordinaire et sautait légèrement sur ses pieds, un large sourire scotché aux lèvres. Lydia avait gardé la même mine perplexe qu'en fouillant dans les dossiers administratifs de l'école. Une tignasse sombre émergea d'un bus désaffecté, ouvert et transformé en salle de musculation. Derek apparut, dégoulinant de sueur, les sourcils froncé.
« Scott, pourquoi tu gueules comme ça ?!
Le sus nommé se tourna vers son alpha. Ses pupilles s'illuminèrent de rouge.
-Il est là Derek. »
Le visage du maître alpha se décomposa, sa bouche s'ouvrit.
« Stiles est de retour »
Alors, le monde de Derek implosa.
Il voyait tout, entendait tout, ressentait chaque veine, chaque fibre musculaire. L'adrénaline courait dans son corps, coursée par la douleur. Si Stiles pensait avoir connu la souffrance, il se trompait. Il était bien dans un hangar, et le loup-garou face à lui était d'une beauté à couper le souffle. Mais du souffle il n'en avait pas. Il hurlait trop pour cela, les griffes de la jeune femme profondément ancrées dans la chaire de son ventre.
« Alors petit chat, si nous rétablissions la symétrie sur ton corps miséreux… »
…Ploc… Le bruit le sortit de ses souvenirs. Il voulait mourir. Tout, même Belzébuth lui semblait préférable à cet endroit. Il attendit un petit moment, voulant à tous prix réentendre ce bruit qui lui prouvait que la mort ne le tenait pas encore. Il ne l'entendit jamais. À la place, une lumière crue et des bruits de balles. Un hurlement. Le sien, celui de son bourreau.
La lumière l'aveugla, une silhouette, puis deux. Elle avait ramené des copains. Un sourire craquela ses lèvres sous la croute de sang séché. Enfin, la mort lui tendait les bras.
« Un corps ! »
Borborygmes insolents, il préférait la souffrance à l'espoir. Il n'avait plus d'espoir à donner, le dernier qu'il avait offert s'était brisé dans une chambre d'hôpital.
« … l'hôpital ! Putain t'es sacrément mal en point gamin ! »
Un son rauque lui parvint. Rocailleux comme deux pierres qu'on tape l'une contre l'autre. Sa voix est brisée. Son cœur aussi.
Pourtant, porté par des bras puissants, un seul nom résonne dans sa tête, contre sa bouche déchirée. Il sombre en chuchotant.
Derek
Il ne veut pas ouvrir les yeux. La souffrance était revenue. Il était si bien dans le noir. L'obscurité lui offrait une deuxième peau, une deuxième vie. Il y était si bien, sereinement entouré de bras puissants. Un reste de souvenir. Une lumière dans l'esprit sombre de ses derniers jours sur Terre. Il ne voulait pas comprendre ce que son corps lui criait, lui qui avait tant hurlé. Il ne hurlerait plus, plus jamais.
Petit à petit, Stiles se mit à bouger. Les souvenirs lui revenaient. L'oméga, l'alpha, Derek… L'autre alpha. Plus sa mémoire fonctionnait, plus il se débattait contre les câbles branchés dans son corps. Il sentait ses muscles se réveiller. Il ferma ses paupières le plus fort qu'il put, espérant fuir son propre esprit, fuir ses rêves qui le faisaient souffrir, ses souvenirs. Il continua de s'agiter.
Bip… Bip… Biiiiiiiiiiiiiiiiip !
« Code bleu, code bleu ! Code…
-Ta gueule ! »
Sa voix lui parvint déformée. Les yeux toujours fermés, il sentit sa gorge se serrer. Il était en vie. Et il avait mal.
« Et merde ! » pensa-t-il. Stiles Stilinski, fils du shérif de Beacon Hills était vivant. Chiotte ! Était-il si misérable que même la mort le repoussait ?
Finalement il ouvrit les yeux. Pour les refermer aussi sec. Tout était blanc, trop blanc. Après la douceur de l'obscurité, la blancheur immaculée de sa chambre d'hôpital lui brûlait les yeux. Des voix lui parvinrent. Il les ignora, tentant une fois de plus d'observer la pièce dans laquelle il se trouvait.
« Bah alors, gamin ? Tu n'obéis pas aux infirmières ? »
Cette voix, il s'en souvenait. Elle avait sorti de son enfer, volé aux griffes de son bourreau en talons aiguilles. Que faire alors de la lumière qui blessait sa cornée ? Il détailla son sauveur. Petit, mince, vêtu de noir et de cuir. C'était tout ce que ses yeux fatigué pouvaient lui apprendre. Re-chiotte. Il ferma les yeux, tentant d'échapper à ce nouveau cauchemar.
« Merci mesdames, je m'occupe de notre jeune ami. »
Un sourire dans la voix, une voix légère, dans les tons grave mais qui transpirait l'amabilité.
« Mais… ?!
-Mesdames, s'il vous plaît ?
-Très bien, vous avez dix minutes ! Le temps que nous appelions la police et qu'elle arrive.
-Merci ! »
Une porte qui se referme. Stiles ouvrit de nouveau les yeux. Ils semblaient s'habituer petit à petit à la luminosité ambiante. L'homme s'était installé dans le fauteuil, dans un coin de sa chambre. Ce qu'il pouvait détester l'hôpital ! L'inconnu le contemplait tranquillement. Un sourire fixé sur ses lèvres pleines faisait briller ses yeux. Il était vraiment content de le voir éveillé.
« Qui… » Stiles s'y reprit à deux fois avant de sortir un son convenable de sa gorge meurtrie. L'inconnu lui offrit un verre d'eau. Le jeune homme le but avec reconnaissance.
« Merci. »
Silence… Stiles fixait toujours son sauveur, qui lui rendait un visage radieux.
« C'est tout ce que j'obtiens ?! Après un mois, trois semaines et quatre jours de recherche ? Sans parler d'une lutte acharnée contre cette alpha barrée. Juste un merci ?! Franchement, pour un jeune homme de dix-sept ans, tu n'es pas très prolixe ! »
Stiles prit un instant pour lui, ses yeux se perdirent dans le vague. Scannant mentalement son corps, il sentit chaque plaie, chaque ongle arraché. Il repensa à la douleur qu'il avait ressentie, au seul nom qui passait ses lèvres à ce moment. Derek. Quel idiot. Un rire mourut sur ses lèvres. Il était un idiot, un gamin stupide et faible. Et affreusement chanceux. Horriblement, mortellement chanceux. Reposant ses yeux sur l'homme à ses côtés, il analysa tout ce qu'il pouvait en voir. Un holster de cheville contenant un flingue, un derringer peut-être. Sa veste de cuir tombait bizarrement sur ses hanches et il se tenait le dos bien droit, comme si quelque chose semblait le gêner pour s'asseoir confortablement. Trois armes. Il avait déjà vu Chris Argent se servir d'une dague, trop courte pour être qualifié de couteau, mais assez grande pour être contenue dans un fourreau. Et il avait tué une alpha sanguinaire. Pas seul certes, mais le peu personnes dont il avait connaissance capable de maîtriser un loup-garou était, une autre bête surnaturelle ou des chasseurs. Aux vues de ses armes, son sauveur n'appartenait pas à la première catégorie.
Le supposé chasseur le regardait toujours.
« Qui es-tu ? finit par demander le blessé.
-Que d'amabilité ! lui répondit l'inconnu.
Stiles lui renvoya un regard sombre. L'homme y lut de l'intelligence et une force incommensurable. La force de la volonté. Alors il se décida. Il avait subi l'examen sans broncher. Il avait noté le regard expert, apprécié la précision avec laquelle ses yeux sombres avaient dénoté la présence d'armes. Le visage boursouflé face à lui, lui plaisait, un peu trop peut-être. Il avait reconnu le jeune disparu du comté voisin sous ses balafres et ses plaies suintantes. Mais il lui plaisait. Plus que tout, se fut la détermination, le potentiel dans ses yeux de nuit qui le décida. Il allait l'aider, le former même, si il le souhaitait. Et certainement plus. Oh oui, il allait passer de très bons moments avec le jeune homme.
« Je suis Dan, Dan Silver, chasseur de loup-garous et autres êtres surnaturels. Et toi qui es-tu ?
-Un tigre. »
La meute était réunie dans le loft du maître alpha. Derek allait et venait devant eux, tournant comme un loup en cage. Tous savaient pourquoi ils étaient là. Stiles Stilinski, porté disparu depuis neuf mois, viendrait passer ses examens de fin d'année au lycée de Beacon Hills. Cela ne pouvait être possible. C'était un rêve, une illusion. Quelqu'un s'était trompé, s'était fait passer pour lui. Derek ne voulait pas y croire.
« Dis-le-moi encore, exigea Derek.
-Derek, elle l'a déjà raconté… se plaignit Erica.
Les yeux du maître alpha brillèrent d'un rouge plus vermillon qu'à l'accoutumé. Erica baissa la tête. Et Lydia parla.
« Je n'en croyais pas mes yeux. Sur l'étiquette que je devais poser sur la table, il y avait le nom de Stiles. J'ai d'abord pensé que c'était une erreur, puisqu'il n'est pas venu aux examens de fin de semestre. Du coup j'ai gardé l'étiquette avec moi et je suis allé dans le bureau du proviseur. J'ai un pass, vu que je suis présidente du conseil des élèves. Et j'ai fouillé dans ses papiers. En fait Stiles ne s'est jamais désinscrit du lycée. Un organisme de cours par correspondance lui a fait passer les derniers examens et il en a envoyé une copie au lycée. Il a toujours eut de supers notes, mais là il a cartonné. Dans son dossier, j'ai lu une de ses lettres. Il disait qu'il souhaiter passer ses examens de fin d'année à Beacon Hills, et le proviseur a accepté. Je n'en sais pas plus… »
Derek s'était arrêté. Alors c'était sûr. Stiles était de retour, au moins pendant deux semaines. La durée des examens. Il ne pouvait qu'attendre. Il avait déjà tenté à plusieurs reprises de tracer l'odeur de Stiles, durant ces neuf derniers mois, mais il n'a jamais réussi.
Il se décida alors à appeler le shérif. Ce dernier ne sembla pas plus surpris que cela par ce coup de téléphone. Il proposa au loup de boire un verre. Les deux hommes s'étaient peu à peu apprivoisés durant les neuf mois de recherche. Le policier avait fini par comprendre que quelque chose d'anormal se passait dans sa ville. Et comme étonnement Derek Hale semblait mêlé à chaque histoire morbide de cette bourgade, dont la disparition de son fils, il avait exigé des explications. Et Derek lui en avait donné. Il était resté dans les grandes lignes bien sûr, mais John connaissait à présent l'existence de forces surnaturelles et avait pu boucler quelques affaires avec l'aide de l'alpha. Ils avaient donc passé deux heures ensemble, à discuter du retour du fils prodigue.
Le shérif avait reçu un coup de téléphone, un peu plus tôt dans la journée. Il le raconta à un Derek tout ouïe. Pour la première fois en neuf mois, John Stilinski avait entendu la voix de son fils. Il était tellement choqué par la simplicité du contact qu'il était resté muet quelques minutes.
Flashback
« Bonjour Papa…
-…
-Bon, je suis de retour en ville. Je ne sais pas si je resterai mais je passe mes exam' au lycée cette fois.
-Tu…
Le shérif avait pris une grande inspiration, harceler son fils de questions ne servirait à rien. L'engueuler non plus. Il choisit la simplicité.
-Tu rentres à la maison ?
-Non. Je loge chez un ami à l'extérieur de la ville.
-Où ? Qui est cet ami ?
-Tu ne le connais pas papa. Ne t'en fais pas je vais bien. Mais je ne viendrais pas te voir pour le moment… Je… On verra plus tard pour ça.
John resta un instant choqué. Son fils, inarrêtable hyperactif incommensurablement bavard était clair et succin. Et plus que tout il ne voulait pas le voir.
-…
-Papa ? Je dois y aller. J'essaierai de passer te voir. Mais je dois te prévenir avant. Je ne suis… Plus comme avant. Physiquement je veux dire. Mentalement aussi. Mais ça pourrait… te faire un choc.
-Que t'arrive-t-il ? Stiles, je suis inquiet, je me suis inquiété pour toi, bordel de Dieu ! Je viens te chercher, où es-tu ? Il faut qu'on parle qu'on discute !
-Qu'est-ce que ça changerait ? coupa son fils d'une voix dure qu'il ne lui connaissait pas. Le dialogue n'a jamais été ton fort. Je dois être devenu comme toi avec le temps.
-Mais Stiles, je sais que j'ai pu être absent quelques fois…
Un rire lui coupa la parole. Un rire dur, rocailleux, si éloigné de l'apparente bon humeur constante de son fils adoré.
-Tu n'as jamais été présent papa. Je dois y aller. Je te rappelle.
-STILES ! »
La conversation avait tourné court, le shérif avait hurlé à la tonalité. Comme un loup à la Lune. Jamais sa plainte n'atteindrait sa cible. Il s'était alors assit à la table de sa cuisine, prenant entre ses doigts des morceaux de papiers froissés.
Derek était rentré chez lui à pied, comme il était venu. Il passa par la forêt, longeant la propriété familiale. Il ne savait plus que penser. Stiles Stilinski. Un adolescent insupportable, incroyablement bavard et intelligent. Un gamin braillard et empoté. Derek ne le supportait pas, il était utile pour la stratégie mais se mettait systématiquement en danger. Loyal et d'une amitié inébranlable, il n'avait jamais hésité à venir au secours de ceux qu'ils pensaient être ses amis. Sans jamais rien demander en retour. Il lui avait même sauvé la vie quelques fois. Et lui, qu'avait-il fait pour le remercier ? Il l'avait blessé, abandonné, encore un peu plus. Stiles, jeune homme mal aimé d'un père absent, ignoré par les élèves de son lycée, rejeté par le seul ami qu'il pensait avoir et pour qui il serait mort. Il avait même tué un alpha ! Et tout ce que lui avait su faire, loup de pacotille, c'était l'enfoncer un peu plus dans la médiocrité, le rejeter, l'abandonner complètement, le laisser s'en aller.
Il avait tenté de le rattraper, cette fameuse matinée, le jour où tout avait basculé, où sa vie s'était retrouvée émiettée, son âme défaite d'une partie de sa substance. L'alpha était rentré en force par la fenêtre de la chambre l'adolescent, cassant le verre, se griffant les épaules. Qu'importe le sang sur ses épaules, les yeux carmin scrutaient la chambre. L'odeur du jeune homme était omniprésente et bousculait ses sens. Il s'approcha du lit, là où l'odeur était la plus forte la plus pure. Ses instincts le guidaient, son loup hurlait. Il enfouit son visage dans l'oreiller, il en ressorti les yeux rouges, les crocs sortis. Un objet attira son attention. Le portable de Stiles était posé là, sous une couche légère de poussière. Quel genre d'adolescent était-il pour ne pas toucher à son portable si longtemps qu'il serait recouvert de poussière ?
'Quelqu'un qui a vu sa vie sociale détruite par un crétin ?' réplica une petite voix en son for intérieur. Derek grogna, son loup hurla de douleur. L'alpha ne savait plus quoi faire, pathétiquement entouré par l'odeur de son amant d'un soir, avec son loup qui criait en lui. De douleur ou de frustration, il ne savait pas. Il avisa un bureau avec deux morceaux de papiers. Il se leva, la mort au corps, et déplia chacun des mots. Derek sourit, son loup se tut. 'Miaou'. Il avait écrit 'Miaou'. Quelque chose d'humide vint tache le papier. Un unique cercle d'eau salée.
Le maître alpha était bien loin de tout cela maintenant. Il marchait toujours, sur sa propriété cette fois. Penser à Stiles avait mené ses pas à l'endroit où il l'avait pour la dernière fois. Son manoir était toujours beau, mais les ronces recommençaient à envahir le domaine.
Ses sens de loup se mirent d'un coup en alerte. Une respiration, des battements de cœur. Il s'arrêta de marcher, tournant la tête sur sa droite. Un homme se tenait là, immobile. Il était assez grand, mince. Ses cheveux étaient bicolores, brun à la racine, blond platine sur les pointes. Lui aussi regardait son manoir. Il eut un pressentiment étrange, comme si tout allait changer à nouveau. Son loup grogna. Depuis qu'il était devenu un maître alpha, il avait beaucoup plus de mal à maîtriser son loup intérieur. Ses yeux tournèrent au carmin. Il s'approcha encore de l'homme, voyant son dos, puis son profil. Des trais fins, un nez revanchard. Son loup capta une odeur. Il se redressa sur ses quatre pattes, humant l'air alentour. Puis il se stoppa net. Il avait reconnu une fragrance ténue, spécifique. Derek continua de marcher, avisant un peu plus le visage de celui qui osait pénétrer sa demeure. À son tour, il se stoppa. Une cicatrice courait de l'arcade à la joue de l'inconnu, cicatrice en arc de cercle parfait, tel un croissant de Lune. Le loup hurla de bonheur.
Le cœur de Derek battait la chamade. Il s'approcha encore, voulant croire en l'impossible. L'homme tourna la tête vers lui.
Sa mâchoire était un peu plus carrée, une fine barbe brun clair habillait son visage. Ses traits étaient toujours aussi doux, ses lèvres toujours aussi pulpeuses. Une lueur éclaircit ses yeux plus sombres qu'avant, puis s'échappa. Une nouvelle cicatrice barrait son visage, exactement symétrique à l'autre. Le chaton avait de nouvelles rayures.
« Salut Derek » lança Stiles comme si de rien n'était, avant de se plonger dans la contemplation du manoir.
Bon, c'est peut-être un peu court, il fait les 2/3 du prélude, mais vu que c'est un chapitre et non un OS, je pense que ça suffit, non? Qu'en pensez-vous mes imaginatives lectrices?
Je tiens à préciser qu'il faut éviter toute tentative de meurtre sur l'auteure, histoire qu'elle puisse terminer son histoire! :)
Merci à Minzy, tablearepasser, izaiza14, Noe3e29, CrazyLo, Cecile78, EMI66, HawaiianWoolfie, yumi-elfeuw, mi16727
Himechu95670, permets-tu que je t'emprunte certaine de tes idées de torture? Parce que tu me donne des idées de fifous pour faire pleins de trucs écrire pleins de machins bizarre et et et... ahahahah j'ai pas assez de doigts pour écrire aussi vite que es idées!
Bien à vous D.O.T.M.
PS: J'ai passé 2 jours avec ma meilleure amie qui est... indescriptible, du coup si je dis: deux connards? Des cagoules? Des oreilles de lapin, ROSES? Un martinet à pic? Un diadème? J'attends vos idées avec impatience... ;)
