Lorsque son mari sortit enfin du bloc opératoire, pour être installé dans une des chambres de l'hôpital, Mme Dursley constata avec effroi qu'il était déjà midi, et qu'elle avait laissé Dudley avec Harry.

Redoutant ce que son pauvre fils adoré, avait pu subir durant son absence, elle se hâta de retourner chez elle, sans se préoccuper du nombre de feux rouges qu'elle brûlait.

Après avoir garé la voiture négligemment, elle se précipita dans la maison, où elle trouva son pseudo-neveu confortablement installé sur le canapé, devant la télévision allumée. Elle ne fit aucun commentaire, peu désireuse de se retrouver à l'hôpital comme Vernon, et partit à la recherche de son fils.

Ne le trouvant nulle part, elle se vit contrainte, la mort dans l'âme, d'aller demander à Harry où se trouvait Dudley.

Le beau petit rouquin qu'était devenu le fils de Lily, adressa à la sœur adoptive de sa mère, un sourire sardonique qui la fit frissonner d'appréhension, avant de finalement répondre d'une voix traînante et glaciale.

-Puisque tu as tant envie, de voir le gros tas de graisse, qui te sert de fils, sache qu'il est enfermé, dans sa nouvelle chambre, le placard à balais sous l'escalier, quelle ironie hein !

Pétunia hoqueta d'horreur, et pâlit radicalement. Puis elle courut vers le placard, pour tenter de délivrer son fils. Mais malgré tous ses efforts, elle n'y arriva pas. Et le fait que son fils n'émettait aucun son, laissait présager le pire.

Elle dut donc se résoudre une fois de plus, à aller implorer la pitié de son mini-bourreau. A chaque pas qui la rapprochait du « petit démon aux cheveux cramoisi », son cœur se serrait de dépit, et elle se sentait de plus en plus nauséeuse.

Retenant avec peine ses larmes, elle finit par se lancer.

-S'il…s'il te plaît garçon…euh, je veux dire, Harry…par pitié…je t'en supplie…libère Dudley.

La réponse d'Harry fut immédiate.

-D'accord, je vais le libérer…

Le visage chevalin de Pétunia s'illumina, pour aussitôt se renfrogner, en entendant la suite de la réponse.

-…mais avant cela, tu vas devoir mériter cette faveur…par là j'entends que tu devras, préparer la chambre de Dudley pour je puisse m'y installer, renouveler ma garde-robe, et m'accompagner au Chemin de Traverse pour faire quelques courses.

La femme ne se le fit pas dire deux fois, et se dépêcha d'aller ranger la future ex-chambre de son fils.

Sous le regard implacable d'Harry, elle fut obligée de retirer tous les effets de Dudley –pour les remiser dans la pièce d'à côté, et dut nettoyer méticuleusement chaque recoin de la vaste chambre.

Il refusait qu'elle bâcle le travail pour aller plus vite. Elle termina donc d'accomplir l'assommante corvée, au bout de deux heures. Mais malgré toute sa fatigue, elle se prépara diligemment, avant d'amener Harry à Londres, pour lui acheter de nouveaux habits.

Et comme le gamin n'exigeait que du haut de gamme, tout le budget réservé aux achats de Dudley, y passa. Sans parler des fournitures de bureau et du matériel informatique, achetés à la dernière minute, qui salèrent davantage la facture.

Pétunia se demandait d'ailleurs, ce que pourrait bien faire un enfant de cinq ans, avec un ordinateur et un modem, alors qu'il n'était même pas encore censé, savoir lire et écrire correctement.

Mais elle n'était pas là pour réfléchir. Elle devait juste acheter, tout ce que le petit garçon désirait. Donc elle décida de fermer les yeux, sur beaucoup d'incohérences –préservant ainsi sa santé mentale.

Après une courte pause-goûter dans un salon de thé, ils allèrent au Chemin de Traverse.

Comme tous les sorciers pensaient qu'Harry Potter, était le « sosie de James Potter avec les yeux de Lily », le feldor se fit sans scrupule, passer pour un Sang-mêlé, en visite avec sa mère moldue. Et Tom le gérant du Chaudron baveur, ne chercha pas à en savoir plus, avant de leur ouvrir le passage, menant à la rue marchande.

Il était clair, que Mme Dursley aurait préféré ne jamais revenir dans cet endroit, mais puisqu'elle était obligée, elle décida de faire bonne figure. Cependant, cela s'avéra plus difficile que prévu, lorsqu'elle croisa les regards méprisants et haineux, de plusieurs sorciers à l'allure aristocratique.

Apparemment, les choses n'avaient pas vraiment changées, depuis la dernière fois qu'elle y avait accompagnée Lily, avec ses parents. Beaucoup de sorciers continuaient de considérer, les gens normaux comme des êtres insignifiants. Et même si elle leur rendait bien leur antipathie, elle ne se sentait pas moins mal à l'aise, avec autant de regards hostiles braqués sur elle.

Elle soupira presque de soulagement, en s'installant dans l'antichambre vide et feutrée, adjacente au bureau du gobelin chargé des comptes de la famille Potter, un certain Gripsec de ce qu'elle avait perçu. Harry lui, fila s'entretenir avec son banquier, à huit-clos.

La femme en profita donc pour faire une petite sieste, et reprendre ainsi des forces. Une heure plus tard, elle sortit de la banque un peu moins fatiguée. Ce qui ne fut pas du luxe, pour pouvoir suivre la cadence, du petit sorcier qu'elle accompagnait. Ils visitèrent presque toutes des boutiques de la rue principale, et même certaines des rues annexes.

Et malgré son aversion pour la magie, la moldue ne put s'empêcher de s'émerveiller devant certains articles, en particulier les sacs ensorcelés, pouvant contenir le plus de choses possible, tout en demeurant légers, ce qui s'avérait très pratiques, lorsqu'on faisait de grosses courses.

Sans parler des malles, pouvant comporter un appartement, et toutes les commodités qui allaient avec. Celui de la malle achetée par Harry, était carrément aussi grand que le ''4, Privet Drive''. Même après la visite des lieux, elle avait toujours du mal à y croire.

Cependant, toutes ces merveilles n'étaient pas non plus, à la portée de n'importe qui. Il fallait être très riche pour se les offrir. Ce qui était visiblement le cas d'Harry, à la grande surprise de Pétunia.

Certes elle savait que les Potter étaient riches, ce qui l'avait d'ailleurs bien aidé avec l'acquisition de sa maison, et la création de la Grunnings. Mais elle ne comprenait pas comment, Harry avait pu prendre conscience de cette richesse. Et elle craignait surtout, que l'enfant découvre, que le duplex et l'entreprise lui appartenaient.

Au vu des récents événements, elle redoutait que ce ne soit déjà le cas, et qu'il ne l'ait juste pas encore fait savoir.

Assise dans le coin le plus reculé, de la boutique du marchand de baguettes, de l'Allée des Embrumes, Pétunia se demanda avec morosité, ce qui avait bien pu se passer la veille, pour les choses dérapent à ce point.

Et maintenant que le petit avait une baguette –clairement illégale, elle frémissait de terreur en imaginant tout ce qu'il pourrait faire avec, sachant que même sans le bout de bois, il avait déjà réussi à envoyer Vernon aux urgences.

Le dernier achat se fit au ''Royaume du Hibou'', où Harry retrouva son ''Hedwige'' –en beaucoup plus jeune, et en fut si ému qu'il versa quelques larmes. Une autre attitude étrange, que Mme Dursley préféra ignorer.

En ressortant de l'endroit, en compagnie de la magnifique chouette blanche, Harry était si heureux, qu'il se mit à scintiller littéralement. Ce qui ne manqua d'éblouir, les personnes qui croisaient son chemin –faisant même trébucher certains.

Pétunia elle, fut bien heureuse d'atteindre enfin sa voiture. Elle aussi avait été époustouflée par le feldor, et s'était dit qu'il était bien le fils de Lily.

La défunte avait aussi, de son vivant, la capacité d'émettre des particules étincelantes, qui accentuaient sa beauté, et émerveillaient tout son entourage. Sa sœur adoptive en avait été si jalouse, qu'elle en avait eu des aigreurs d'estomac.

Au moins maintenant, on ne la comparait plus à la sorcière décédée, et elle en était bien contente. Mais elle craignait que son « Duddy chéri », aie à subir le même traumatisme qu'elle, à cause d'Harry. Et elle se jura qu'elle ferait tout, pour que les deux enfants ne soient jamais vus ensemble.

Par contre, le fait que le « petit vaurien » soit devenu incontrôlable, réduisait sensiblement son champ de possibilités. Ça ne l'empêchait pourtant pas de garder espoir.

Et ce sentiment s'accrut, lorsqu'après avoir correctement rangé, toutes les nouvelles affaires d'Harry, ce dernier lui annonça, qu'il allait faire sortir Dudley, du placard sous l'escalier.

Elle pleura d'abord de joie, puis de consternation, lorsqu'elle surprit son fils, en train de manger des araignées, tellement il avait faim. Se retenant à grand-peine de vomir, elle l'amena dans la cuisine, pour lui servir un bon repas.

Mais c'était sans compter, la rancune tenace d'Harry, qui ne comptait pas laisser son « cousin », s'en tirer à si bon compte. Et le fit savoir.

-Ne te réjouis pas trop vite, Pétunia ! Dudley n'est pas au bout de ses peines ! Sache que j'ai prévu, de lui infliger le même traitement, que j'ai subi de votre part ! Aujourd'hui n'était qu'un avant-goût de ce qui l'attend ! Comme je l'ai dit plus tôt, le placard à balai lui servira désormais de chambre…

La mère dévastée ne put s'empêcher de protester, la voix étouffée par les larmes.

-M…m…mais tu avais promis de le libérer, dès que j'aurais réalisé toutes les tâches, que tu m'as ordonné d'accomplir ! Tu n'as donc aucune parole ?!

Harry ne se démonta pas, et répliqua froidement.

-Tu es mal placée pour me faire la morale, si on prend en compte le nombre de fois où ton mari et toi m'avez fait croire, que j'aurais droit à un repas, pour au final déclarer que je ne le méritais pas, et me laisser crever de faim, dans le placard !...De plus, contrairement à toi, je ne fais pas de promesses en l'air ! J'ai dit que j'allais libérer Dudley, et je l'ai fait ! Je n'ai juste pas précisé, que ce serait une pour une durée limitée ! Mais estime-toi déjà heureuse, que je t'aie laissé négocier avec moi, car j'aurais très bien pu me servir de la menace et de la force, pour t'obliger à faire toutes ces corvées ! Donc je te conseille d'éviter de me contrarier, et ne plus jamais m'interrompre quand je parle, sinon je ferai de ta vie un enfer ! Compris ?!

Son interlocutrice fut si impressionnée, par l'écrasante aura de pouvoir brut, qu'il dégageait à cet instant, qu'elle répondit par réflexe.

-Oui, monsieur.

Elle en rougit de honte, et baissa la tête d'un air déconfit. Dudley lui, recommença à grignoter ses araignées. Harry l'observa d'un air insensible, avant de reprendre la parole.

-Où en étais-je déjà…ah oui ! Dudley passera ses nuits dans mon ancienne « chambre », accomplira toutes les tâches domestiques qui m'étaient imposées avant –avec les mêmes menaces de punitions qui les accompagnaient bien sûr, et son alimentation sera restreinte aux plats végétariens ! Eh bien, je crois qu'on a fait le tour ! Vous pouvez donc vous rendre dans la cuisine, j'ai déjà mis le plat de Dudley à table ! Il n'aura droit à rien d'autre ! Sur ce, bonne dégustation !

Avant de remonter dans sa chambre, il plaça Sassi sur la table –sous les cris de peur de Pétunia, en précisant que son familier très venimeux, veillerait à ce que le Dursley junior, ne mange pas plus, que ce qui lui était servi.

Dudley lui, se mit à trembler compulsivement, en voyant le serpent. Il se remettait à peine de la morsure du matin, et ne voulait absolument pas réitérer l'expérience.

Harry sembla apprécier sa réaction, apparemment le venin particulier du spirital, avait fait du bon travail. Certes il avait d'abord été déçu, que le venin de Sassi, ne soit pas instantanément mortel, mais au final, il s'avérait beaucoup plus utile, vu qu'il infligeait à la victime, une douleur proportionnelle à tout le mal qu'il avait causé injustement aux autres, durant sa vie.

En gros, le plus une personne avait commis de crimes, le plus elle souffrait. Les spiritals appelaient ça le « venin de la justice ». Et le feldor leur donnait bien raison.

Surtout qu'il l'avait lui aussi expérimenté, histoire de voir l'étendue de son « casier judiciaire » spirituel, et avait découvert avec satisfaction qu'il était vide. Mais il en fut d'abord perplexe, se souvenant de quelques coups bas qu'il avait fait à Malefoy.

A cela, Sassi lui avait expliqué, que la vengeance ne comptait pas, du moment qu'on n'était pas l'instigateur du conflit, sinon certaines victimes souffriraient inutilement. Harry ne put qu'approuver un tel raisonnement, et se sentait encore plus fier, de n'avoir « rien » à se reprocher.

Ce qui n'était manifestement pas le cas de Dudley, qui n'en perdit pas pour autant l'appétit. Il vida rapidement son assiette de crudités, et sembla extrêmement déçu, de ne pas pouvoir se resservir.

Pour lui changer les idées, sa mère lui fit prendre un bon bain chaud, bien relaxant, et massa consciencieusement, ses grassouillets petits muscles endoloris.

Lorsqu'il surprit la scène, Harry ne s'empêcher de ressentir une certaine jalousie.

C'était dans ces moments-là, que Lily Potter manquait le plus, à son fils. Lui aussi avait besoin d'une maman aimante et attentionnée, pour prendre soin de lui. Au lieu de ça il se retrouvait tout seul, à devoir sans cesse se battre, pour survivre.

Il fut cependant rappelé à l'ordre par Hedwige, qui lui donna un coup de bec sur l'épaule, comme si elle avait perçu ses pensées mélancoliques, et voulait l'en débarrasser. Elle fut rejointe par Sassi, qui mit un point d'honneur à rendre le sourire à son maître.

Le Survivant se sentit dès lors chanceux, d'avoir ces deux formidables créatures, près de lui. Et puis il savait que Narcissa Malefoy était aussi revenue dans le passé.

D'ailleurs il devait vite la contacter pour prendre de ses nouvelles. Ça avait dû être un choc pour elle. Mais il était sûr qu'elle devait être folle de joie, de retrouver son « Dragounet chéri ». Ce qui était sans doute loin d'être le cas, en ce qui concernait son mari.

Harry se souvint aussi qu'à cette époque, son parrain Sirius Black et sa grand-tante Amélia Bones étaient toujours en vie, et décida qu'il ferait tout, pour que les événements tragiques de son ancienne vie, ne se reproduisent pas.

Déjà, il fallait qu'il prenne contact avec la Directrice du Département de la Justice Magique, pour pouvoir ensuite faire sortir légalement Sirius de prison. Il serait ainsi sous la garde de deux puissants sorciers adultes, qui sauraient le protéger des manigances Dumbledore.

Il avait en plus très hâte de revoir Susan, Andromeda, Ted, Nymphadora, Rémus, Neville, Luna, Cédric et Dobby.

Mais pour l'instant, il devait prendre son mal en patience, et asseoir son autorité chez les Dursley.