Salut tout le monde ! Merci pour vos reviews sur le chapitre précédent, Nagron, LuunaCrazy, Reyen, Pilgrim, Titou, Eleb, Tristana, Liu, Clairaice !

Et pour mes anonymes qui ne sont pas vraiment des anonymes mais j'ai eu la flemme d'aller rechercher vos comptes pour y répondre directement, je vous réponds ici XD

Isa : Isaaaaaaaaa ! Merciiiii, tu peux pas savoir comme ta review m'a fait plaisir ! Ça me touche tellement de savoir que t'as fait un voyage dans le temps jusqu'à ton premier Harry Potter. J'espère tellement que tu vas aimer la suite, du coup, j'ai horriblement peur de te décevoir, d'un coup XD (Je te dis tout de suite, t'auras pas toutes tes réponses dans le premier tome, on va y aller lentement xD). Aaah ouiii les appels téléphoniques, forcément. Je mets toujours un peu de moi dans les persos, comme tu le sais :D Hiiii l'imprimer ?! Attends d'abord de savoir si tu l'aimes jusqu'au bout, ce tome xD Mais si c'est le cas, ce sera avec plaisir bien sûr, je me sens extrêmement honorée ! Merci à toiiiiii plein de bisous !

Dryptéis : Ooooh Drypty, c'est moi qui suis enchantée de te retrouver sur cette nouvelle histoire ! Et je comprends parfaitement ton appréhension ! Mais j'espère avoir réussi suffisamment à m'en détacher, et j'espère de tout mon coeur que la suite te plaira aussi ! Bisouus !

xXx

Et voici donc le chapitre 3 ! Ce premier tome change tellement des trucs que j'ai l'habitude d'écrire que je suis assez inquiète, alors j'espère de tout mon cœur que ce chapitre vous plaira. Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le dire ! Je suis en train de rédiger le tome 2 et vos reviews ME MOTIVENT A FOND LES BALLONS. (Hin hin hin!)

Merci infiniment à Mégara, la meilleure des bêtas de l'infini et l'au-delà pour avoir corrigé ce chapitre non pas une mais DEUX FOIS ! Grâce à elle, exit les fautes d'orthographe (nombreuses dans cette fanfic, car j'avais certainement de la merde dans les yeux quand je l'ai écrite xD) et les répétitions malséantes ! Merci ma Meg 3

Bonne lecture !


Chapitre 3

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La Répartition

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La première chose qui surprit Steve à Ilvermorny fut la différence de température avec New York. Malgré son uniforme, qui l'avait fait transpirer dans la chaleur du métro et d'Hornwall Street, il se sentit frissonner lorsqu'il pénétra dans la brume humide. Il y avait au moins quinze degrés de différence avec Manhattan.

La main de Bucky était chaude.

— Ça va ? demanda-t-il doucement.

Steve hocha la tête et risqua un dernier regard derrière lui, mais Heimdall, Hornwall Street, sa mère et la famille de Bucky avaient disparu. À travers la Porte, il ne voyait que le reste du chemin de pierre, qui descendait en pente douce et se perdait dans la brume.

Il déglutit.

En face de lui, le portail de fer forgé était ouvert, et les élèves y entraient en bavardant gaiement.

— On y va ? demanda Bucky, sa main toujours dans celle de Steve.

— Oui, finit par répondre Steve.

Bucky lui adressa un sourire en hochant la tête, serra une dernière fois sa main, et le lâcha. (Steve s'efforça de ne pas le regretter.) Puis il se mit à suivre le flot d'élèves ; ils semblaient brusquement bien plus nombreux que ceux qui passaient la Porte de Manhattan.

— C'est normal, dit Bucky quand Steve lui fit la réflexion à haute voix. Ils ne viennent pas tous de New York. Certains viennent de Washington, de Los Angeles, de la Nouvelle-Orléans...

— Comment est-ce que tous les élèves sorciers des États-Unis arrivent à passer les Portes en une seule journée ? demanda Steve. On est si peu nombreux ?

— On n'est pas beaucoup, admit Bucky. Ma mère m'a expliqué que c'était parce que les sorciers aux États-Unis ont été très persécutés par les No-Majs il y a plusieurs centaines d'années. Beaucoup ont fui le continent et ne sont jamais revenus, et les sorciers des autres pays prenaient soin de ne pas venir. Il paraît que le pourcentage de sorciers est beaucoup plus faible ici que partout ailleurs.

— On a eu de la chance de se trouver, alors, murmura Steve sans réfléchir.

Le sourire lumineux que lui lança Bucky lui grilla quelques connexions cérébrales, pendant un instant.

— Oui, répondit Bucky. On a eu de la chance.

Derrière eux, d'autres élèves avaient débarqué par la Porte, et Bucky et Steve se hâtèrent d'avancer et de passer le portail, gardé par deux étranges créatures qui firent écarquiller les yeux à Steve ; pas plus hautes qu'un mètre, elles avaient la peau grise, dont la texture ressemblait à un mélange de cuir et d'écailles, et des oreilles pointues. Leur petit visage aux traits aigus arborait une expression renfrognée, et une crinière noire touffue partait de leur crâne et courait le long de leur colonne vertébrale. Ils portaient pour seul vêtement un pantalon marron et tenaient un arc dans les mains ; ni l'un ni l'autre ne jetèrent un regard aux enfants qui passaient à côté d'eux.

— Ce sont des Pukwudgies, murmura Bucky quand il fut certain de ne pas être entendu. Des créatures magiques.

— Comme la Maison Pukwudgie ?

— Oui, elle a été fondée en l'honneur d'un Pukwudgie qui s'appelait William, et qui était l'ami des créateurs d'Ilvermorny, Isolt Sayre, James Steward et leurs enfants. Il y a toute une équipe de Pukwudgies ici qui s'occupent du château. Leur chef s'appelle William ; personne n'en a jamais eu confirmation, mais tout le monde pense qu'il s'agit de celui de la légende.

— Mais… Ilvermorny a été créée il y a plus de trois cent ans, non ?

— Eh oui, dit Bucky. Mais on ne connaît pas leur espérance de vie, aux Pukwudgies, alors ce n'est pas impossible. Je lui poserais bien la question, mais il paraît qu'ils n'aiment pas trop les humains.

— Pourquoi ils travaillent ici, alors ? demanda Steve.

— Par loyauté envers les créateurs ? Ou pour l'argent ? Je ne sais pas.

Au fur et à mesure qu'ils marchaient, les murs et les tourelles du château se dévoilaient de plus en plus, et Steve avait imaginé que ce serait grand – mais pas que ce serait aussi grand.

— Wow, murmura-t-il.

Bucky, à côté de lui, avait l'air tout aussi impressionné.

Finalement, ils arrivèrent dans une grande cour pavée, où certains élèves s'étaient arrêtés pour discuter, leurs valises à côté d'eux ; au fond de la cour, flanquée de deux immenses statues de pierre à l'effigie des fondateurs de l'école, se trouvait l'entrée du château, une immense double porte par laquelle les élèves entraient en masse et sortaient parfois ; partout autour d'eux, il y avait des cages avec des chats qui miaulaient et des chouettes qui hululaient ; deux élèves passèrent au-dessus de leurs têtes, juchés sur des balais volants, poursuivi par un vieil homme à lunettes qui trépignait et levait le poing d'un air colérique.

— Pas de balais dans la cour de l'école ! s'égosilla-t-il.

— Qui est-ce ? demanda Steve à Bucky. Un professeur ?

— Non, je crois que c'est Stan Lee, le concierge.

Comme pour donner raison à Bucky, plusieurs élèves passèrent à côté du vieux monsieur et lui lancèrent d'un ton joyeux :

— Bonjour, Stan !

L'homme répondit par des marmonnements, et les élèves éclatèrent de rire. Globalement, il régnait un joyeux désordre, et Steve observait le tout avec des yeux ronds comme des billes. Bucky, à côté de lui, avait l'air profondément réjoui.

— Les première année, restez au rez-de-chaussée ! lança Stan. Les autres, montez à l'étage !

Steve déglutit.

— Et maintenant ? demanda-t-il à Bucky.

— On attend la Répartition, dit celui-ci calmement. Tu veux entrer ?

Steve hocha la tête, la gorge nouée.

Après avoir laissé leurs bagages dans la cour, comme les autres, ils débouchèrent dans le Grand Hall, où avait lieu la Répartition, d'après ce que Steve avait lu dans ses bouquins. Il y avait un brouhaha assourdissant ; quand Steve et Bucky y pénétrèrent, ils eurent l'impression que leurs tympans allaient exploser.

Le Grand Hall était une immense pièce ronde, surmontée d'une large coupole de verre. Aux quatre points cardinaux de la pièce, il y avait une statue à l'effigie de chaque Maison, et au centre, un nœud gordien à trois branches était gravé sur le sol de pierre. Les élèves de première année déjà arrivés attendaient là, intimidés et silencieux pour la plupart ; le bruit venait du balcon qui faisait tout le tour de la pièce, avec des gradins comme dans un colisée, et où se rassemblaient tous les élèves des années supérieures, observant le spectacle comme s'ils étaient au théâtre, leurs discussions ponctuées d'éclats de rire. Steve eut envie de se ratatiner sous l'attention de tous ces regards. Bucky rayonnait.

— Là, c'est la statue du Serpent Cornu, là c'est Thunderbird, là c'est Wampus, et là Pukwudgie, expliqua-t-il à Steve en désignant les quatre statues successivement.

— Tu crois qu'on sera dans la même Maison ? murmura Steve.

Le bruit était tel dans la pièce qu'il doutait que Bucky l'ait entendu, mais celui-ci capta ses mots, car Steve le vit froncer les sourcils.

— J'espère, dit-il, son sourire disparu. Mais même si ce n'est pas le cas, on restera amis quand même, hein ? Même si on n'est pas dans la même Maison, on est dans la même école.

Il jeta à Steve un regard légèrement anxieux, et celui-ci, pour la première fois, remarqua que ses yeux étaient bleus. Pas bleu ciel comme les siens, mais un bleu plus acier, plus soutenu.

Il lui fit un sourire.

— Bien sûr, Bucky. On restera amis quoi qu'il arrive.

Bucky lui rendit un petit sourire, et reporta son regard sur le balcon, mais sans le même enthousiasme qu'un instant plus tôt.

Sur l'un des côtés de la pièce, entre la statue de Wampus et de Pukwudgie, plusieurs élèves étaient attroupés devant l'objet le plus singulier que Steve ait vu depuis son arrivée : un énorme globe de verre suspendu dans les airs à un mètre du sol, cerclé à l'horizontale d'une bande d'or gravée de motifs ; à l'intérieur, au niveau de la bande, flottaient des tas de petites boules de couleur violette, turquoise, orange et verte. Des sortes d'images apparaissaient sur les boules, mais Steve était trop loin pour les distinguer. Quelques-unes des boules flottaient un peu plus bas que les autres.

— Qu'est-ce que c'est, ça ? demanda-t-il à Bucky.

Bucky tourna son attention vers l'immense globe de verre : il était si grand que Steve et lui auraient probablement pu tenir à deux dedans et avoir encore de la place pour bouger.

— Je ne suis pas sûr, mais je crois que c'est pour compter les points, dit Bucky.

— Les points ?

— Je suppose que le directeur nous expliquera tout ça.

Quelques minutes plus tard, d'autres élèves de première année les avaient rejoints au centre de la pièce, et le balcon était plein à craquer, quand le bruit se tut brusquement. Steve tourna la tête pour voir ce qui se passait : plusieurs adultes avaient rejoint l'estrade au milieu du balcon, à l'opposé des portes d'entrée du château. Un homme d'une cinquantaine d'année, d'un blond grisonnant, frappa dans ses mains, et les derniers chuchotements s'éteignirent.

— Chers élèves, bienvenue à Ilvermorny ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Alexander Pierce, et je suis le directeur.

À la gauche de Pierce se trouvait Maria Hill, nota Steve – lorsqu'elle croisa son regard, elle lui adressa un petit sourire. À sa droite, se trouvait un homme totalement vêtu de noir, l'œil gauche masqué d'un cache de pirate en cuir. Steve avait déjà vu des photos de lui : c'était Nicholas J. Fury, le directeur-adjoint, qui lui avait envoyé sa lettre d'admission.

— Nous allons d'abord procéder à la Répartition, dit Pierce, puis les élèves de quatrième année descendront pour leur Affirmation.

— Affirmation ? chuchota Steve en se penchant vers Bucky.

— Oui, murmura Bucky, c'est une sorte de seconde Répartition. La majorité des élèves continuent dans la même Maison, mais il n'est pas rare non plus que certains changent, parce que leurs préoccupations et leurs objectifs ont changé depuis leur première Répartition.

— Oh, dit Steve.

Il avait des tas d'autres questions à poser, mais Nicholas J. Fury le fixait d'un air intense, et il se tut.

— Après l'Affirmation, continua Pierce, les élèves de première année iront dans la salle Picquery où ils pourront être choisis par leurs baguettes.

Steve eut envie de rire – être choisis par leurs baguettes ? Et non pas l'inverse ? – mais personne d'autre ne riait, et il resta silencieux.

— Puis vos chambres vous seront assignées, et vous pourrez aller ranger vos affaires. Le banquet d'ouverture commencera à 19h30 dans le Réfectoire, je vous présenterai l'équipe pédagogique et je vous rappellerai, comme chaque année, les points importants du règlement de l'école.

Un léger chuchotement général naquit sur le balcon, et Pierce frappa une nouvelle fois dans ses mains.

— À présent, la Répartition ! dit-il avec un grand sourire. Que les élèves de première année se rangent le long du mur et s'avancent les uns à la suite des autres au centre de la pièce, sur le nœud gordien, en prononçant leur nom à voix haute.

Tous les élèves se dépêchèrent de gagner le mur, et Pierce désigna l'enfant le plus proche de la sortie, sur le côté gauche.

— Toi, là-bas, commence, et ensuite, ce sera le tour de ton voisin, et ainsi de suite.

Steve et Bucky se jetèrent un regard rapide : en suivant l'ordre, Steve passerait avant Bucky. Il avait espéré l'inverse, histoire de prendre exemple sur Bucky pour ne pas se ridiculiser, mais tant pis.

Le premier élève s'avança au centre de la pièce, sur le nœud gordien. Il semblait assez intimidé, mais sa voix était forte lorsqu'il annonça son nom.

— James Montgomery Falsworth.

Steve était suspendu à la scène. Il y eut un silence, puis la statue de l'Oiseau-Tonnerre agita brusquement les ailes, et des exclamations de joie résonnèrent au balcon, probablement de la part des élèves appartenant à la Maison concernée.

— Ça arrive qu'aucune Maison ne choisisse l'élève ? demanda Steve tout bas à Bucky.

— Non, jamais, assura Bucky. Ne t'inquiète pas, Steve. Tu seras choisi.

Steve lui fit un petit sourire nerveux et reporta son attention sur le centre de la pièce. James Montgomery Falsworth alla se placer à côté de la statue, et l'élève suivant s'avança au centre avec hésitation.

— Clint Francis Barton.

La statue du Pukwudgie leva sa flèche, et tout comme pour Falsworth, un tonnerre d'applaudissements et d'acclamations résonna dans le hall.

Après Clint Barton passa Charles "Barney" Barton, son frère jumeau, qui provoqua le rugissement du Wampus, puis Angie Martinelli, pour qui la gemme sertie dans le front du Serpent Cornu s'illumina soudainement.

Les élèves défilèrent les uns après les autres. Jacques Dernier, Samuel Wilson, Timothy Dugan… Natalia Alianovna Romanoff, une élève aux cheveux d'un rouge intense, fut la première à être choisie par deux statues : le Pukwudgie leva son arc, et l'Oiseau-Tonnerre agita les ailes. Des "oooh" se répandirent dans toute la pièce. Natalia ne sembla pas le moins du monde étonnée ; après un instant de réflexion, elle se dirigea calmement vers la statue de l'Oiseau-Tonnerre. Des acclamations éclatèrent dans toute la salle.

Subitement, ce fut au tour de Steve.

Bucky lui serra brièvement l'épaule, et Steve avança à pas hésitants au milieu de la pièce, le cœur battant dans les tempes, persuadé qu'il allait tomber et que toute l'école se moquerait de lui, et ou bien qu'il ne tomberait pas mais qu'il ne serait choisi par aucune Maison, et que toute l'école se moquerait quand même de lui.

— Steven Grant Rogers, annonça-t-il d'une voix tremblante lorsqu'il arriva sur le nœud gordien.

L'instant d'immobilité qui suivit lui sembla durer des siècles, et il se disait déjà "ça y est, je le savais, je ne suis pas vraiment sorcier, ils vont me renvoyer, je vais devoir aller au collège de quartier de Brooklyn sans Bucky", quand soudain, l'oiseau-tonnerre agita les ailes.

Steve le fixa d'un air éberlué, tandis que les cris et les applaudissements éclataient comme un feu d'artifice dans sa tête, puis il réalisa que c'était fait, il avait été accepté, et il se hâta de rejoindre ses camarades à côté de la statue, qui lui serrèrent la main et lui tapèrent dans le dos affectueusement. Distraitement, il remarqua que ses manches, jusque-là ourlées de blanc, les revers de sa cape et sa cravate avaient pris la couleur de sa Maison, le violet.

Le silence revint, et Steve se retourna vers le centre de la pièce, vers lequel avançait Bucky, et son soulagement s'évanouit instantanément, remplacé par un trac encore plus intense.

Faites que Bucky soit dans ma maison, faites que Bucky soit dans ma maison, faites que Bucky soit dans ma maison…

— James Buchanan Barnes, annonça Bucky d'une voix qui semblait calme en apparence, mais Steve, de là où il était, vit sa jambe trembler légèrement sous son uniforme.

Il y eut un instant de silence, puis l'Oiseau-Tonnerre agita ses ailes – Steve sentit le souffle de l'air déplacé par la statue frôler la joue.

Il eut envie de pousser un cri de soulagement, mais personne n'applaudissait ; à la place, il n'y eut qu'un "ooooh" d'étonnement. En levant les yeux, Steve se rendit compte que la gemme au front du Serpent Cornu s'était illuminée.

Bucky, comme Natalia, avait été choisi par deux Maisons.

Steve eut l'impression que son cœur lui tombait dans les talons – Bucky allait choisir Thunderbird, n'est-ce pas ? Il n'allait pas le laisser seul ?

Avec l'impression que les secondes duraient des heures, il regarda Bucky observer alternativement Thunderbird et Serpent Cornu, puis, comme au ralenti, il le vit se diriger vers Thunderbird.

Vers lui.

Les applaudissements crépitèrent et les cris résonnèrent, et Bucky, un sourire rayonnant aux lèvres, passa le bras autour du cou de Steve. Ses manches avaient elles aussi pris une couleur violette.

— On est dans la même Maison, Steve ! s'exclama-t-il.

— Ouais !

Steve avait l'impression d'être encore plus heureux que lorsque l'Oiseau-Tonnerre avait battu des ailes pour lui. Bucky était avec lui.

Ce ne fut qu'une fois que Bucky fut à ses côtés, au pied de la statue de l'Oiseau-Tonnerre, que Steve réalisa à quel point il avait craint d'être séparé de son tout premier ami.

Puis le silence revint, et la Répartition continua, mais Steve eut un mal fou à se concentrer sur le nom des élèves, maintenant que son propre tour et celui de Bucky étaient passés.

Lorsque la Répartition des premières années fut terminée, sous les applaudissements des professeurs et des autres élèves, ce fut au tour des élèves de 4ème année de descendre du balcon et de se positionner les uns après les autres au centre de la pièce.

Bucky avait raison : les changements de Maisons n'étaient pas majoritaires, mais pas pour autant inexistants. Raven Darkhölme fut la première à "changer de camp", ses manches violettes adoptant la couleur orange vif des étudiants de Wampus. Un tonnerre d'acclamations explosa pour Charles Francis Xavier, qui fut convoité à la fois par Serpent Cornu, Thunderbird et Pukwudgie, et qui choisit de rester chez Serpent Cornu. L'ovation dura dix minutes ; de toute évidence, c'était un élève très populaire.

Puis, quand l'Affirmation fut terminée, tout le monde quitta le balcon, et Bucky se tourna vers Steve.

— Et maintenant, sourit-il, les baguettes !

Steve n'avait pas beaucoup réfléchi à sa baguette. À vrai dire, il savait à peine comment elles fonctionnaient. Mais Bucky, lui, avait imaginé la sienne depuis sa plus tendre enfance, et il se lança dans une explication détaillée de leur composition et de leur cœur.

— Ma mère possède une baguette de Wolfe, c'est une fabricante de baguettes qui met des plumes de queue d'oiseau-tonnerre dedans. Mon père, lui, il a une baguette de chez Jonker. Elle est belle, il y a de la nacre dessus, avec du poil de Wampus à l'intérieur. Il y a aussi les baguettes Beauvais, mais on dit qu'elles aiment particulièrement la magie noire. Remarque, si elles sont puissantes…

— Pierce a dit que les baguettes nous choisissaient, se rappela Steve. Ce n'est pas l'inverse, plutôt ?

— C'est un mélange des deux, dit Bucky. Si tu choisis une baguette et qu'elle ne te choisit pas en retour, tu n'auras pas beaucoup de puissance.

— Ah bon ? La baguette a un rapport avec la puissance ?

— Bien sûr ! s'exclama Bucky, l'air incrédule. Le bois qui la compose, son cœur, son affinité avec le sorcier, ce sont des critères très importants. Et chaque baguette varie d'un sorcier à l'autre. Par exemple, si tu essaies de lancer des sortilèges avec la mienne, tu auras peut-être de moins bons résultats qu'avec la tienne, et inversement. C'est pour ça qu'on dit que la baguette choisit son sorcier.

Steve hocha la tête, pensif, sans pouvoir s'empêcher de se demander comment allait se passer la remise des baguettes. Est-ce qu'elles leur sauteraient dans la main quand ils entreraient dans la pièce ? Ou est-ce qu'ils la verraient et se diraient aussitôt, c'est celle-là ?

Steve n'eut pas à attendre longtemps pour le savoir. Tous les élèves de première année furent conduits par Alexander Pierce dans la salle Picquery, qui n'était pas très éloignée du Grand Hall. Les étudiants plus âgés n'assistaient pas à la remise des baguettes ; ils récupérèrent leurs bagages dans la cour et les transportèrent dans leurs chambres, provoquant un joyeux brouhaha dans les couloirs.

Lorsque Pierce ouvrit la porte de la salle Picquery et que les élèves entrèrent à sa suite, Steve retint son souffle. C'était une grande pièce, haute de plafond, tendue de tapisseries, où trois longues tables en ébène étaient placées pour former un U. Sur ces tables, il y avait des centaines de baguettes, sagement posées à côté de leurs écrins.

Pierce frappa dans ses mains pour attirer l'attention.

— À présent, dit-il lorsqu'il eut obtenu le silence, vous allez choisir votre baguette. Faites le tour, prenez-la dans votre main, agitez-la. Vous sentirez tout de suite si c'est celle qui vous convient. Si vous avez des doutes, venez me voir, et je vous aiderai à choisir.

Dès qu'il eut fini de parler, plusieurs élèves se lancèrent vers les tables pour toucher aux baguettes, et Steve resta figé sur place, intimidé.

— Steve ? demanda Bucky en tournant la tête vers lui. Tu viens ?

— Et si jamais ma baguette ne me choisit pas ?

Bucky eut un sourire plein de douceur, et se retourna entièrement vers Steve pour lui serrer l'épaule.

— Steve, dit-il d'une voix ferme. Tu seras un très bon sorcier. Aie confiance en toi. Ta baguette te choisira.

Steve ne demandait qu'à être convaincu – il hocha la tête, déglutit, et se dirigea vers la table la plus proche. Bucky le suivit, et lui montra comment faire.

— Tu prends la baguette, dit-il en joignant le geste à la parole, et tu fais comme si tu lançais un sort…

Steve, qui n'avait jamais lancé de sort, n'était pas vraiment aidé par la suggestion, mais Bucky, devant ses yeux, fit jouer de son poignet. Des étincelles rouges menaçantes crépitèrent au bout de sa baguette, et il grimaça.

— Pas celle-là, dit-il. À ton tour, maintenant.

Steve prit la baguette que Bucky venait de reposer, et fit le même geste ; un désagréable frisson parcourut son corps, une giclée de liquide vert gluant fut projetée dans l'air et atterrit un peu plus loin sur la table, et Steve reposa prestement la baguette, interdit.

— Ni moi non plus, dit-il.

Il en essaya plusieurs à la suite, toujours sans succès. Pierce, Fury et Hill assistaient à la scène, et effaçaient les dégâts (plus ou moins conséquents) provoqués par toutes les baguettes en train d'être testées. Autour d'eux, leurs camarades trouvaient petit à petit la baguette qui leur allait, et Steve, malgré les paroles de Bucky, commençait à craindre de ne jamais trouver la sienne.

Puis une baguette attira son regard, à quelques pas de lui, et il se sentit brutalement attiré vers elle, comme s'il avait un anneau autour du nombril dans lequel était passé une chaîne qui le tirait de force.

La baguette était faite d'un bois très clair, et Steve se pencha pour observer la description au dos de son écrin. Shikoba Wolfe : chêne blanc, plume d'Oiseau-Tonnerre, 27,5 cm, plutôt rigide. Hésitant, il la saisit ; dès qu'elle toucha sa peau, il fut parcouru par une onde de profond bien-être.

Juste pour être sûr, il fit un geste, et une petite traînée d'étoiles bleues, rouges et blanches s'échappa de l'extrémité.

Il avait trouvé sa baguette.

Délirant de joie, il alla rejoindre Bucky, qui continuait à les essayer les unes après les autres, les sourcils froncés.

— Bucky ! s'exclama-t-il en arrivant à côté de lui. J'ai trouvé ma baguette !

Bucky se retourna aussitôt, un grand sourire aux lèvres.

— C'est vrai ? Fais voir ?

Bois chêne blanc, plume d'Oiseau-Tonnerre, 27,5 cm, plutôt rigide, récita Steve en lui montrant la baguette. Créée par Wolfe.

— Plume d'Oiseau-Tonnerre, dit Bucky, pensif. C'est difficile à maîtriser, mais très puissant. Le chêne blanc, ça symbolise la loyauté et la pureté. C'est une bonne baguette, Steve.

Steve était si excité qu'il aurait aimé lancer des tas de sortilèges, mais il n'en connaissait aucun, et il se contenta de continuer à faire des gestes ridicules, faisant apparaître dans l'air des traînées d'étoiles qui s'évanouissaient aussitôt.

— Et toi, alors ? finit-il par demander.

— Je prospecte, sourit Bucky sans détourner son regard des baguettes.

Brutalement, comme Steve quelques instants plus tôt, il tourna la tête et s'approcha d'une baguette qu'un de ses camarades venait de reposer.

— C'est elle, dit-il d'une voix étranglée avant même de la prendre dans sa main.

Lorsqu'il la saisit, ses cheveux bruns et courts frémirent comme sous l'effet d'un courant d'air, et des étincelles rouges et argentées jaillirent à son extrémité.

Steve se pencha pour observer la description sur la boîte.

Quintana, lut-il à haute voix, châtaignier, épine de monstre du Fleuve Blanc, 28,5 cm, plutôt flexible.

— Quintana ? répéta Bucky d'une voix faible. Ouah. J'ai une baguette Quintana.

— C'est un autre créateur ?

— Oui, mais la création de baguettes Quintana a cessé lorsqu'il est mort, parce qu'il refusé de passer son secret de fabrication. Elles sont devenues assez rares. J'ai toujours rêvé d'en avoir une.

— C'est génial, Bucky ! Et le châtaignier, c'est bien ?

Bucky haussa les épaules.

— Ça va. On dit que c'est un bois changeant, influençable. Mais l'épine de monstre du Fleuve Blanc, c'est bien, ça donne des sortilèges élégants et puissants.

— Jolie baguette, Barnes, dit quelqu'un en passant près d'eux.

C'était celui qui s'était présenté sur le nœud gordien sous le nom de Timothy Dugan, et Bucky lui adressa un grand sourire.

— Merci !

Lorsque tout le monde eut trouvé sa baguette, Pierce frappa dans ses mains. (Il aimait beaucoup frapper dans ses mains, apparemment.)

— À présent, vous pouvez allez voir M. Stan Lee, à l'entrée, qui vous donnera la répartition de vos chambres, dans lesquelles vous monterez vos bagages. De la première à la troisième année, vous serez dans des chambres de quatre ; à partir de la quatrième année, vous posséderez des chambres de deux. Les élèves sont répartis en fonction des Maisons. Il est 18h. Le repas commencera à 19h30 au Réfectoire. Jusque-là, vous êtes libres. Ne soyez pas en retard au repas. Le Réfectoire se trouve à côté du Grand Hall.

À la suite de quoi, Pierce disparut dans le couloir, suivi par Fury et Hill. Les élèves allèrent aussitôt retrouver le concierge, M. Lee, dans le petit hall. Il était assis à une table et attendait en bâillant.

— Ah, vous voilà, dit-il quand il vit arriver les premiers élèves. Vous avez vos baguettes ?

Certains élèves les agitèrent pour montrer que oui, et le concierge hocha la tête.

— Mettez-vous en rang devant ma table et annoncez votre nom et votre Maison. Je vous donnerai un papier sur lequel est inscrit le numéro de votre chambre et le secret pour y entrer. Il est fortement conseillé de ne pas révéler aux autres élèves le secret de votre porte pour éviter de vous faire voler vos affaires. Conseil d'ami. Il est interdit aux garçons de pénétrer dans les chambres des filles, et inversement.

Certains élèves s'échangèrent des regards malicieux, et Steve se sentit rougir. (Il n'avait même jamais parlé à une fille de sa vie, en dehors de sa mère et des sœurs de Bucky.)

— Allez, avancez, dit Stan.

Les élèves se mirent à la file indienne devant la table, et au fur et à mesure qu'ils donnaient leurs noms, Stan leur distribuait un papier. Tout alla assez rapidement ; bientôt, ce fut Bucky qui se trouva devant le bureau.

— James Barnes, dit-il.

Sans un mot, Stan lui tendit un papier, auquel Bucky jeta un coup d'œil avant de sortir de la file. Steve lui adressa un regard silencieusement interrogateur, mais Bucky ne dit rien.

Derrière la table, Stan, un sourcil haussé, attendait qu'il prononce son nom.

— Steve Rogers, finit-il par lâcher.

Stan trifouilla dans ses papiers et lui donna un bout de parchemin, et Steve se dépêcha de sortir du rang pour lire ce qui était écrit.

— Chambre 45, dit-il.

Bucky lui adressa un sourire et tourna son propre papier vers lui. Les mots Chambre 45 étaient également inscrits dessus.

— On est dans la même chambre ! s'exclama Steve. Génial !

— Mon pote, dit Bucky avec les yeux brillants, si tu ronfles, ça va mal se passer pour toi !

— Je ne ronfle pas ! protesta Steve.

Et c'était vrai. Il ne ronflait pas. Mais il tombait malade, souvent. (Bucky n'était pas encore au courant de cet aspect de sa vie, et il préférait qu'il ne le sache pas tout de suite. Il n'avait pas envie d'être vu comme le petit avorton fragile.)

En dessous de Chambre 45, le papier indiquait : Passer son doigt sur le nœud dans le bois. Steve haussa les sourcils.

— Et qu'est-ce qui se passera ?

— On verra bien quand on y sera, dit Bucky. On y va ?

Les dortoirs étaient dans différentes ailes du château selon la Maison à laquelle appartenait l'élève. Pour Thunderbird, c'était l'aile Est, au sixième étage, d'après un élève qui les aida à trouver leur chemin (en quatrième année, à en croire les quatre barres obliques sur sa cravate ; Steve et Bucky, eux, n'en avaient qu'une).

L'élève de quatrième année, Peter Quill, jeta à leurs valises un sortilège d'allègement et les accompagna jusqu'aux quartiers réservés à Thunderbird. Ils y entraient par un passage caché sous une tapisserie, et débouchaient sur une grande salle commune, d'où partaient plusieurs couloirs menant aux chambres.

— La vôtre est par là, dit Peter en indiquant un des couloirs. Le numéro est indiqué au-dessus, vous ne pourrez pas vous tromper.

— Merci ! lança Bucky.

Ils traversèrent le couloir de pierre, éclairé par des torches, leurs pas étouffés par le tapis violet (toute la décoration, dans cette aile, rappelait de près ou de loin le violet), tandis que sur les murs, les occupants des portraits les suivaient du regard ou les saluaient respectueusement, allant parfois jusqu'à leur souhaiter le bonsoir.

— Bucky, murmura Steve, les tableaux parlent.

Bucky se mit à rire.

— Ça arrive, oui.

Au-dessus des portes, des plaques de bronze indiquaient les numéros. 27, 30, 34… D'autres élèves cherchaient également leur chemin, et Bucky slalomait habilement entre eux, suivi avec difficulté par Steve.

— Oups ! Pardon, dit-il en bousculant un élève plus âgé et en rougissant instantanément.

— Il n'y a pas de souci ! s'exclama l'autre d'une voix forte. Tu ne t'es pas fait mal ?

Steve leva les yeux vers lui : sa cravate indiquait qu'il n'était qu'en troisième année, et pourtant, il faisait au moins cinq têtes de plus que lui. Bâti comme un athlète, il avait les cheveux longs et blonds. Très intimidé, Steve secoua la tête.

— Non…

— Tu es nouveau ? Bienvenue à Thunderbird ! Comment tu t'appelles ? demanda l'élève.

Un peu plus loin devant eux, Bucky s'était arrêté et revenait sur ses pas.

— Steve ? demanda-t-il. Ça va ?

—Oui, ça va ! Je m'appelle Steve Rogers, ajouta-t-il à l'intention de l'autre élève. Lui, c'est mon ami Bucky.

— Enchanté, dit Bucky, qui semblait lui aussi légèrement intimidé.

— Ravi de vous connaître ! lança l'autre avec enthousiasme. (De toute évidence, il était incapable de parler à faible volume.) Je m'appelle Thor Odinson. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à me demander de l'aide !

— Merci, dit Bucky tandis que Steve hochait la tête.

Puis Thor s'éloigna rejoindre une de ses camarades, une élève de troisième année mince et belle aux cheveux noirs qui l'attendait un peu plus loin, et Steve se tourna vers Bucky.

— Les élèves sont gentils, ici, murmura-t-il quand ils furent hors de portée de voix.

— Tu t'attendais à autre chose ? demanda Bucky.

— Ben… Personne ne m'a jamais témoigné de gentillesse à l'école primaire, avoua-t-il en rougissant. À part toi, quand tu m'as aidé à repousser les collégiens. La plupart des temps, je me faisais chahuter par les autres.

Bucky s'arrêta dans le couloir pour se tourner vers Steve, et lui serra le poignet.

— C'est pas pareil à Ilvermorny, dit-il fermement. Et même si c'était pareil, on est amis, maintenant. Je ne les laisserai pas faire. Je serai là pour t'aider. Ok ?

— Ok, dit Steve d'une petite voix. Merci.

Bucky lui fit un sourire, puis il le lâcha et continua à avancer dans le couloir, jusqu'à pousser une exclamation.

— Ah ! dit-il. C'est ici.

La plaque de bronze au-dessus de la porte indiquait effectivement "Chambre 45". Le problème devint rapidement évident : il n'y avait pas de poignée.

Bucky examina son papier avec attention.

Passer son doigt sur le nœud dans le bois, relut-il à voix basse.

La porte avait plusieurs nœuds dans son bois ; difficile de savoir auquel exactement la consigne faisait référence.

— On va tous les essayer, dit Bucky.

Il leva la main et passa son doigt sur le plus gros nœud, au niveau de sa tête vers la droite, et le premier essai fut le bon : la porte fut parcourue d'un frissonnement, et un bouton de porte en bronze apparut sur la droite. Bucky et Steve échangèrent un regard, et Bucky sourit.

— Bon, ben…

Il tourna le bouton, ouvrit la porte, et pénétra dans la chambre 45.

Steve, qui manquait décidément d'imagination, avait envisagé une chambre semblable aux dortoirs universitaires américains, deux bureaux, deux lits, deux placards, le tout placé de façon symétrique.

Sauf que la chambre était une chambre de quatre, ce qui signifiait deux fois plus de lits et par ailleurs, elle n'était absolument pas symétrique.

La porte se trouvait tout à gauche du mur. La pièce était de forme vaguement rectangulaire, épousant la courbe de la tour qui composait l'aile Est ; il y avait trois énormes fenêtres sur le mur du fond, si profondes que Steve et Bucky auraient eu la place de s'asseoir l'un à côté de l'autre sur le rebord de pierre. Celle du milieu était une porte-fenêtre, qui donnait sur un petit balcon de pierre en demi-cercle. De l'autre côté des vitres, on apercevait des tourelles du château, des cours pavées, en bas, où se baladaient des élèves, et plus loin, le mur d'enceinte du château et la forêt derrière, qui se perdait dans la brume.

Il y avait un lit à baldaquin placé dans l'espace entre les deux fenêtres de gauche ; un deuxième se trouvait contre le mur de la porte, qui longeait le couloir, et le troisième et le quatrième étaient des lits superposés, tout au fond, contre le mur de droite. Au milieu de la pièce se trouvait une énorme table carrée, entourée de quatre chaises, suffisamment grande pour qu'ils fassent tous leurs devoirs en même temps. Le fond du mur de gauche était occupé par une grande armoire ; il y en avait une autre, cachée derrière le deuxième lit à baldaquin. Chaque lit était accompagné d'un petit fauteuil, y compris les lits superposés qui en avaient un de chaque côté. À l'image du reste de l'aile, les rideaux des lits, les draps et les tapis étaient de couleur violette. Il y avait un gros poêle en fonte éteint entre la deuxième et la troisième fenêtre.

La pièce était vide ; leurs colocataires n'étaient pas encore arrivés. Steve et Bucky se jetèrent un regard.

— Prem's pour le lit du haut ! s'exclama Bucky avant que Steve n'ait eu le temps de réagir.

Il s'élança dans la pièce sans se laisser intimider par le cri d'indignation de Steve et grimpa à l'échelle avant que celui-ci n'ait pu le rattraper. Une fois dans le lit du haut, il ouvrit les rideaux et offrit un sourire victorieux à Steve, qui poussa un soupir exagéré et s'attribua celui du bas.

Ils ramenèrent ensuite leurs valises près des lits, et Steve regarda la pièce avec un grand sourire. Il aimait beaucoup sa chambre dans l'immeuble de sa mère à Brooklyn, évidemment, mais l'ambiance ici était différente. Il se sentait déjà chez lui.

— C'est cool, Ilvermorny, dit-il d'un ton rêveur.

Bucky lui adressa un grand sourire.

— Je trouve aussi.

Sur le mur de l'autre côté de la chambre, à gauche de la porte d'entrée, se trouvait une porte qu'ils n'avaient pas remarquée au début, cachée par le battant de la porte d'entrée. Steve, curieux, alla l'ouvrir, et y découvrit une petite salle de bain, avec une baignoire à pieds placée sous une fenêtre identique à celles de leur chambre, un lavabo surmonté d'un miroir, une étagère pour ranger leurs affaires, et des toilettes cachées derrière un paravent.

— On a notre propre salle de bain, Bucky, appela-t-il.

Un instant après, Bucky débarqua dans la pièce, l'air surexcité.

— La chance ! J'avais peur de me farcir des salles de bain communes à tous les élèves.

Dix minutes après, alors qu'ils étaient en train de ranger leurs affaires personnelles dans l'armoire la plus proche de leur lit (conçue pour deux personnes, de toute évidence), la porte s'ouvrit, et deux garçons entrèrent. Bucky et Steve les avaient aperçus à la Répartition, évidemment ; il y avait James Montgomery Falsworth, le premier à avoir été Réparti, et l'autre s'appelait Jacques Dernier. Ils s'avancèrent vers Bucky et Steve, un sourire aux lèvres.

— Monty Falsworth, dit celui-ci en tendant la main. Je viens d'Angleterre. Enchanté.

— Jacques Dernier, dit l'autre enfant en tendant la main à son tour. Je viens de France. Enchanté.

Steve et Bucky se jetèrent un regard et leur serrèrent la main à tour de rôle.

— Bucky Barnes et Steve Rogers, dit Bucky. On vient de Brooklyn.

— Il n'y a pas d'école de sorcellerie en Angleterre et en France ? demanda Steve.

Dernier eut un sourire, tandis que Falsworth hochait la tête d'un air incrédule.

— Pas d'école en Angleterre ? Tu n'as jamais entendu parler de Poudlard ? C'est en prenant modèle sur Poudlard qu'Ilvermorny a été construite ! Poudlard est la meilleure école de sorcellerie au monde !

Son accent anglais donnait une tournure très snob à ses phrases, songea Steve.

— Pourquoi tu n'y es pas allé, alors ? demanda-t-il, sincèrement curieux.

Falsworth fronça les sourcils.

— Mes parents ont déménagé aux États-Unis, dit-il. Je n'ai pas eu le choix.

— Pareil pour moi, dit Dernier avec un fort accent français. Mes parents sont venus habiter à la Nouvelle-Orléans il y a trois ans. Mais je suis content d'être à Ilvermorny. Il y a trop de filles à Beauxbâtons.

Bucky et Falsworth se mirent à rire, et Steve sourit.

— Vous nous avez laissé les lits à baldaquin ? C'est gentil, dit Dernier.

— Vous feriez mieux de vous dépêcher de ranger vos affaires, dit Bucky. Le repas commence dans une demi-heure.

Quinze minutes plus tard, les quatre garçons sortaient de la chambre pour aller rejoindre le Réfectoire, décidant de suivre les autres élèves de leur Maison pour ne pas se perdre.

— Vous vous connaissiez d'avant, tous les deux ? demanda Dernier alors qu'ils remontaient le couloir qui menait à leur chambre.

— On était dans la même école primaire, Steve et moi, expliqua Bucky. Mais on ne s'était jamais vraiment parlé avant de se rencontrer sur Hornwall Street.

— Hornwall Street ? Ah oui, la rue sorcière à New York. Il y en a une aussi à la Nouvelle-Orléans. Elle est immense.

— C'est bien d'arriver à Ilvermorny en connaissant déjà quelqu'un, dit Falsworth. Tout seul, moi, j'étais terrifié.

— C'est juste le premier jour, dit Bucky en haussant les épaules. Le temps de faire connaissance avec les autres, et tu te feras plein d'amis.

Ça paraissait si simple, quand il le disait, songea Steve. Mais Bucky avait toujours eu une foule d'amis à l'école primaire ; il était toujours entouré d'une dizaine de garçons et de fillettes. Peut-être que c'était facile, pour lui, de faire connaissance, mais Steve trouvait la tâche plutôt ardue. Bucky était l'exception à la règle.

Comme s'il savait à quoi il pensait, Bucky se tourna vers lui et lui adressa un petit sourire, que Steve lui rendit.

Le chemin jusqu'au Réfectoire ne fut pas difficile à trouver, puisque tous les élèves s'y dirigeaient. Le château était extrêmement grand ; Steve était certain de s'y perdre la prochaine fois qu'il serait seul, ce à quoi Bucky lui répondit qu'il avait un bon sens de l'orientation et qu'il l'aiderait à se repérer.

Le Réfectoire était déjà à moitié plein quand ils entrèrent. C'était une pièce encore plus vaste que le Grand Hall et la salle Picquery, avec de hautes baies vitrées tout le long du mur de droite qui donnaient sur le coucher de soleil extérieur ; la brume avait glissé à flanc de montagne, et Ilvermorny, qui se trouvait au sommet, profitait des derniers rayons rougeoyants.

Tout autour d'eux, une multitude de tables allant de six à vingt places étaient installées, et commençaient doucement à se remplir. Elles étaient toutes positionnées dans le sens de la longueur, afin que personne ne tourne le dos à la table professorale, à l'autre bout de la salle, placée sur une estrade haute de cinq marches.

Du côté du mur gauche, à l'opposé des baies vitrées, se trouvait une immense table déjà alourdie de divers plats, marmites et pichets de boissons, certains laissant échapper un délicieux fumet. Steve, qui n'avait pourtant pas un gros appétit, sentit son estomac gronder. (D'un autre côté, il n'avait mangé qu'un petit sandwich ce midi sur Hornwall Street, alors que Bucky et lui attendaient de passer la Porte.)

Les tables n'étaient pas spécifiques aux Maisons, mais Steve ne tarda pas à réaliser que la plupart du temps, les élèves assis ensemble avaient la même couleur à leurs manches.

Bucky, intrépide comme d'habitude (du moins aux yeux de Steve), traversa la salle pour aller s'installer à une table de huit qui était libre, et fit signe à Steve de le suivre. Falsworth et Dernier s'installèrent avec eux, et les quatre garçons observèrent ce qu'il y avait autour d'eux en attendant que le discours du directeur Pierce commence. Le vacarme était assourdissant. Certains élèves arrivaient en courant par la porte, à deux doigts d'être en retard, et bientôt, trois garçons de première année, complètement essoufflés, vinrent s'installer à leur table. Tous les trois avaient à leurs manches la couleur orange de Wampus, et ils adressèrent un sourire à leurs compagnons de tablée ; l'un d'entre eux, celui qui avait adressé la parole à Bucky lorsqu'il choisissait sa baguette, ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais au même moment, Alexander Pierce s'éclaircit la gorge.

Le silence se fit immédiatement, et tous les regards se tournèrent vers l'estrade professorale, où avaient pris place une quinzaine de professeurs, dont Nicholas J. Fury et Maria Hill.

— Chers élèves, dit Pierce d'une voix que Steve soupçonna être magiquement amplifiée, bienvenue à Ilvermorny pour une nouvelle année. Les anciens connaissent déjà le fonctionnement de notre école, mais il ne fait pas de mal de rappeler que les cachots sont interdits d'accès, que les balais volants sont prohibés à l'intérieur du château et que le premier qui jettera des Bombabouses dans les couloirs se verra obligé de nettoyer ses dégâts lui-même. Et vous savez que notre concierge, M. Stan Lee, trouve toujours les coupables. Il est également, comme vous le savez, interdit de sortir de l'enceinte du château et de pénétrer dans la forêt et les grottes.

« À présent, à l'intention des élèves de première année. Vous avez probablement observé le globe de verre qui se trouve dans le Grand Hall. Ce globe tient le décompte des points que vous gagnerez ou que vous perdrez tout au long de l'année. À l'intérieur, une boule vous représente personnellement. Si vous vous conduisez mal, et qu'un professeur vous enlève des points, votre boule flottera de plus en plus bas. À l'inverse, si vous en gagnez, elle s'élèvera.

« Ces points que vous gagnerez ou perdrez seront pris en compte dans vos examens de fin d'année ; le total vous permettra ou non d'accéder au Tournoi de Fin d'Année.

Dans le Réfectoire, des chuchotements enthousiastes se firent entendre, des acclamations s'élevèrent, et Steve profita de la déconcentration générale pour se tourner vers Bucky.

— Le Tournoi de Fin d'Année ?

Ce fut l'élève assis en face de Steve, qui avait voulu parler un peu plus tôt, qui répondit à la place de Bucky :

— C'est la grande attraction de fin d'année à Ilvermorny. Tout le monde se tient à carreau pour avoir une chance d'y participer.

Steve allait demander ce qu'il y avait à gagner, mais Pierce reprenait déjà la parole.

— Le Tournoi de Fin d'Année a lieu sur sept jours, à raison d'une journée par promotion. Seuls les élèves ayant récolté le plus de points au cours de l'année pourront y participer. En plus d'une petite récompense pécuniaire, le gagnant de chaque promotion deviendra Préfet de l'année qui suivra, excepté le gagnant des 3ème année, qui aura la possibilité de partir en échange scolaire dans une autre école de sorcellerie.

— Wow, murmura Bucky.

À côté de lui, Falsworth murmura :

— Ok, ça, ça n'existe pas, à Poudlard.

Bucky lui donna un petit coup de coude dans les côtes avec un sourire malicieux.

— Tu vois, c'est pas mal non plus, Ilvermorny !

— Les élèves de première année, reprit Pierce, qui n'ont pas encore de Préfet attitré, doivent obéir aux préfets des années supérieures. Les Préfets ont autorité sur tous les élèves de leur promotion et sur leurs cadets, et doivent répondre à tous les Préfets des années supérieures ainsi qu'au Préfet-en-Chef, en septième année. La course au Tournoi de Fin d'Année a commencé depuis votre arrivée. J'ai même vu certaines boules flotter déjà un peu plus bas que les autres.

Quelques rires résonnèrent dans la salle, et à quelques tables plus loin, Steve vit un élève donner une claque amicale dans le dos du quatrième année qui les avait escortés à l'aile Est, Peter Quill, qui avait l'air fier de lui.

— Je vous conseille donc, dit Pierce, de ne pas perdre de temps pour adopter une bonne attitude, afin d'augmenter vos chances de participer. Si vous avez des questions au cours de l'année, vous pouvez les poser à vos directeurs de Maison. C'est tout. Bon appétit !

Dans un joyeux brouhaha, la moitié des élèves se leva pour aller chercher à manger au buffet. Steve se pencha vers Bucky, Dernier et Falsworth.

— C'est qui, le directeur de Thunderbird ? demanda-t-il.

Avant que l'un d'entre eux ait pu répondre, le garçon roux qui lui avait déjà répondu sur le Tournoi intervint :

— C'est Nick Fury. Il fait un peu flipper, avec son cache, mais il paraît que c'est quelqu'un de juste. Un peu soupe au lait, cela dit.

— Et Wampus ? demanda Bucky.

— Maria Hill, dit un autre des garçons, typé asiatique. Pour Serpent Cornu, c'est Howard Stark, et Phil Coulson, c'est le directeur de Pukwudgie.

— Maria Hill est gentille, dit Steve. C'est elle qui est venue me voir quand j'ai reçu ma lettre et que je ne savais pas quoi faire.

— Oh, tu as écrit ton nom ? demanda le troisième élève de Wampus, un garçon noir avec un sourire chaleureux. Je me suis toujours demandé s'il y avait des gens qui utilisaient cette fonction.

— Quand on ne connaît pas de sorcier et qu'on ne sait pas comment faire, c'est utile, fit remarquer Bucky. Vous vous appelez comment ?

Ils étaient tous passés sur le nœud gordien, mais Steve n'avait pas retenu leurs noms, trop stressé.

— Tim Dugan, dit le roux. Tout le monde m'appelle Dum Dum.

— James Morita, dit l'asiatique. Tout le monde m'appelle Jim.

— Gabe Jones, dit enfin le troisième. Tout le monde m'appelle Gabe Jones.

Bucky éclata de rire et se leva, son assiette à la main.

— James Barnes, mais tout le monde m'appelle Bucky. Et lui, c'est Steve, et là, Monty et Jacques. On va chercher à manger, maintenant ?

Avec un grand sourire, Dum Dum se leva.

— Tu parles une langue qui me plaît, mon pote.

Sur le buffet, autour duquel se pressaient les élèves, il y avait des plats que Steve n'arrivait même pas à identifier. Curieux, il prit de tout en petite quantité, et retourna s'asseoir à table.

Le repas compta parmi les plus enjoués que Steve avait jamais vécus. À la maison, il avait l'habitude de ne manger qu'avec sa mère, et à l'école primaire, il était toujours tout seul à la cantine, ou à manger son sandwich dans un coin. Il n'avait jamais partagé un repas avec six personnes, qui riaient sans se moquer de lui et qui parlaient sans l'exclure de la conversation. Par ailleurs, pour ne rien gâcher, les plats étaient absolument délicieux.

Lorsque les élèves quittèrent la salle à la fin du repas, Steve avait l'impression qu'il allait exploser de bonheur (ou d'avoir trop mangé), et le sourire réjoui qui flottait sur ses lèvres ne le quitta pas de toute la soirée, jusqu'au moment où il se laissa tomber sur son lit et s'endormit instantanément, épuisé après ce qui était probablement la journée la plus mouvementée qu'il avait jamais passée de sa vie.

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Et voilà ! On se retrouve dans le chapitre 4, mes amis !