Yop(lait *sbaaafff* aïeuuuuh T_T)!
J'ai enfin terminé le chapitre 3! *s'incline pour demander votre pardon* J'espère qu'il va vous plaire :3 Laissez-moi une review, pour me dire ce que vous en pensez :)
Et merci beaucoup pour toutes vos reviews! 'Vous aime.
Avertissement : Fiction YAOI.
Titre: "Le masque de Toshiro"
Auteur: Ayana-san, toujours.
Manga/Anime: Bleach.
Couple: Hitsugaya Toshiro & Ichigo Kurosaki en principal, Renji & Byakuya en fond.
Rating M, pourquoi?: Attention, cette fiction yaoi contiendra des Lemons et de nombreuses allusions au sexe. Attention! :P
Résumé: Matsumoto est envoyée sur une mission d'urgence dans le monde des vivants. Laissant son poste de vice-capitaine vacant. Qui sera appelé à sa place pendant sa mission longue et périlleuse? Yamamoto est décidé : le turbulent rouquin assistera l'irritable Capitaine de la Dixième Division...
Trucs en plus: Je ne possède pas Bleach. Fort malheureusement. Même si j'aurais bien voulu Hitsugaya... Et aussi, Yamamoto est un peu OOC (merci à Kyoko-chan de m'y avoir fait penser ^^).
Mot de l'auteur: Pfiouuu! Chapitre 3 terminé. Il était temps! Comment Hitsugaya va-t-il réagir en apprenant qu'Ichigo est parti, qui plus est le premier soir de son arrivée? Renji et Byakuya seront un peu plus présent dans ce chapitre. La relation entre les deux protagonistes va-t-elle évoluer? Qui est la marionnette? Qui sont les mystérieuses personnes qui prononcent des paroles étranges? Lisez, et vous en apprendrez sûrement un peu plus...
...
Chapitre III – Premiers jours à la Soul Society.
...
Soul Society, appartement de Toshiro Hitsugaya.
Le bruit de l'eau qui coulait s'estompa, et Hitsugaya soupira. La vapeur, envahissant la petite salle de bain, s'accrochait au miroir au-dessus du lavabo, et la chaleur était presque insupportable. Le petit prodige, les cheveux plaqués sur le crâne, ce qui n'enlevait absolument rien de son charme (c'était même plutôt sexy), sortit lentement de la douche et s'empara d'une serviette qu'il enroula autour de son bassin. Se laver lui avait vraiment fait le plus grand bien. Cela lui avait permis de réfléchir sur tout. Le Capitaine aux yeux céruléens avait donc eu le temps de faire le point.
L'arrivée de Kurosaki – et accessoirement le départ de Matsumoto – l'avait perturbé. Même grandement perturbé. Il avait eu un comportement étrange, presque affectif avec le grand roux. Pas aussi affectif que l'attitude qu'il avait pour son amie d'enfance Hinamori, mais une réaction sympathique comme celle qu'il avait eu envers Kurosaki le laissait maintenant perplexe. Il était vrai que le Shinigami remplaçant induisait à l'amitié, était chaleureux et donnait envie de sympathiser. Mais... en tant qu'Hitsugaya Toshiro, il ne pouvait décemment pas se comporter ainsi. Le prodige aux cheveux blancs s'était rappelé ce qu'il était censé être : un surdoué boudeur et accroc au travail. L'arrivée du roux ne pouvait pas chambouler tout ça. Quant à la façon de se conduire avec lui... cela ressemblait tellement peu au Capitaine de la Dixième Division.
Et cela ne devait pas se reproduire. Sous aucun prétexte.
Plus ou moins rassuré, Hitsugaya se regarda un instant dans la glace pleine de buée, après l'avoir essuyé avec un soupir agacé. Ses cheveux étaient plats, et retombaient sur ses yeux céruléens, les cachant parmi des mèches d'une blancheur éclatante. Il en prit une entre ses doigts, et la tortilla en se mordant la lèvre inférieure. Pourquoi ses cheveux étaient-ils blancs? Était-ce en rapport avec son Zanpakuto? Excellente question... des rumeurs couraient, comme quoi son comportement était tellement distant et froid avec tout le monde que ses cheveux eux-mêmes avaient blanchis. Mais ce n'était qu'un ramassis d'imbécilités.
Le prodige patienta quelques secondes, et s'ébouriffa soudainement les cheveux. Il retrouva ainsi sa coiffure habituelle, c'est-à-dire les cheveux en l'air, sauf une mèche qui tombait dans son œil turquoise. Il se mit rapidement en pyjama, c'est-à-dire un pantalon noir en coton avec un tee-shirt de la même matière, et sortit de la salle de bain. La fraîcheur de son appartement contrastait avec la chaleur de la salle de bain, pensa-t-il en frissonnant. Le calme de la pièce lui fit froncer les sourcils. Avec Kurosaki dans le coin, ça n'était pas normal...
«Où est parti cet imbécile?», se demanda-t-il tout haut, agacé de la manie de son futur lieutenant de n'en faire qu'à sa tête. Il aperçut, à côté du canapé noir, les affaires du roux. Et sur la table, un mot. Le petit prodige s'approcha, n'appréciant guère le comportement de son fukutaicho. Il s'empara du papier, et le lut en passant sa main dans ses cheveux soyeux.
«Toshiro,
Je suis avec Renji, Hinamori et Kira. Je ne rentre pas trop tard. T'inquiète pas, je gère.
Ichigo.»
Ichigo aurait dû savoir que le «Toshiro» allait d'ores et déjà agacer son taicho.
Le prodige le froissa entre ses doigts, et d'énervement le jeta dans la poubelle. Quel abruti! Un seul imbécile partirait se saoûler – eh oui, Hitsugaya était loin d'être stupide... – la veille de son premier jour de boulot. Et évidemment, cet imbécile, c'était son lieutenant. Maudissant Renji, parce qu'il savait que cette idée stupide venait de lui, et Ichigo, le prodige se laissa tomber dans le canapé, fermement décidé à attendre Ichigo pour lui dire ses quatre vérités. Il resterait là le temps qu'il faudrait. À savoir jusqu'au moment où Ichigo rentrerait.
…
Soul Society, rue.
Loin des obscures pensées de son Capitaine, Ichigo marchait en compagnie d'Hinamori, Renji et Kira. Ils progressaient dans une ruelle éclairée et bondée. Malgré tout, ils arrivaient à tenir une conversation, qui avait pour sujet l'arrivée de Kurosaki à la Soul Society.
«C'est tout de même incroyable que ce soit toi qui remplace Matsumoto», commmenta Renji en s'étirant. «Après tout, pourquoi? Kotarô convenait aussi au poste, et lui fait partie de la Dixième Division... Il est moins...» Ichigo, agacé, savait qu'il cherchait un mot peu mélioratif à son sujet.
«Énervant? Ou gueulard?» proposa Kira avec un sourire.
«Énergique», corrigea Hinamori.
«... Agité», lança Renji en esquissant un sourire à cause du regard assassin du roux qui essayait de garder son calme. «Mais bon... C'est bien que tu sois là : j'vais pouvoir te botter le cul plus souvent, teme.»
«Que tu crois, abruti», répondit Ichigo. «Reviens me voir dans mille ans!» Sur ces remarques acerbes, ils commencèrent à s'engueuler pour savoir qui était le plus fort, sous les regards amusés des deux autres. Ils étaient vraiment idiots.
«Ça suffit», soupira Kira, abattu par l'imbécilité des deux vices-Capitaines. «On passe chercher Rukia?», demanda-t-il en s'arrêtant au milieu de la foule.
«Non, elle ne tient pas l'alcool. Et je n'ai pas envie de subir les foudres de mon Taicho...» Renji se mit à frissonner, appréhendant la réaction – sans doute exacerbée – qu'aurait son Capitaine s'il apprenait que Renji avait fait boire sa sœur.
Ichigo ricana. «T'as peur de Byakuya, hein?» S'attirant le regard furieux du grand tatoué, il continua sur sa lancée. «Rappelle-toi que je l'ai explosé. Et que toi, tu t'es lamentablement fait battre. Une preuve de plus de ma supériorité!»
«Teme... C'était il y a longtemps!»
«Et alors? Je parie que tu n'arriverais pas à le battre.»
Renji, fou de rage, répondit «Pari tenu! Je te le prouverais! Je battrais Kuchiki-taicho et tu verras!» en serrant les poings. Son sang bouillait dans ses veines, et Ichigo l'avait vraiment mis en rogne... ce qui faisait beaucoup sourire le roux.
Celui-ci croisa les bras derrière sa tête, le visage rayonnant. Il était juste heureux à cet instant. Il était en vacances, et de surcroît en sortie pour aller se caler dans un bar. C'était génial. Mais sa joie retomba un peu lorsqu'il se souvint qu'il était là pour le travail, et que le lendemain, il commençait à cinq heures du matin. Avec Toshiro.
Ce n'était pas Toshiro le problème, évidemment. Enfin... à moitié. Sa froideur, qui attirait le roux comme un aimant, était également un rempart à toute relation. Mais ses yeux... Ses yeux si beaux, tantôt malicieux, tantôt sévères. Tout cela faisait frissonner Ichigo, le surprenait autant que cela le fascinait. Comment allait-il réussir à travailler à côté d'un tel appel à la luxure?
Le vrai problème étant posé, il ferma les yeux quelques secondes. Il cherchait une solution, tout en secouant ses beaux cheveux roux. La plus facile serait de ne pas regarder son taicho. Mais cette idée fut immédiatement écartée de son esprit. C'était tout bonnement impossible! Ne pas observer Hitsugaya? La blague! Ichigo en était incapable, c'était simple.
Ensuite venait... sortir avec quelqu'un d'autre. Basique, mais efficace. Mais qui? Les mots de Renji lui revinrent brusquement en tête. À propos du petit Seiji.
«Il a craqué sur toi, le gamin... Il te dévorait littéralement du regard... Il a envie de toi, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.»
Ichigo s'arrêta en plein milieu de la rue. Seiji? Avoir envie de lui? Vraiment? Mais Seiji n'était qu'un gamin! En même temps, Hitsugaya n'a pas l'air beaucoup plus adulte... voire même carrément moins adulte. Mais Toshiro était Toshiro... quelqu'un d'absolument spécial.
«Kurosaki-kun? Qu'est-ce qui t'arrive?» demanda Hinamori en le regardant, à quelques pas de lui.
Le roux sortit immédiatement de ses pensées, observa un instant la jeune fille qui se crispa en rougissant. Il la fouillait du regard, en essayant de détecter qu'est-ce qu'elle pouvait avoir de si intéressant pour son taicho. Mais, comme d'habitude, il ne trouva rien, ce qui l'exaspéra. Aussi se mit-il à sourire, en lançant «Ne t'inquiète pas, Hina-chan, tout va bien. Je suis juste un peu fatigué du voyage.»
Le «Hina-chan» provoqua une réaction amusante : Hinamori devint aussi cramoisie qu'une tomate, et balbutia quelque chose d'incompréhensible. Le sourire du roux s'élargit ; il avait trouvé. Il avait trouvé pourquoi Toshiro restait avec elle. Elle pouvait être bête, empotée, idiote... mais elle était drôle.
Il ébouriffa affectueusement ses cheveux. «Ça te gêne que je t'appelle comme ça?»
«P-p-pas du tout!» hoqueta-t-elle.
«Bien. Dans ce cas...» commença-t-il en partant devant pour rejoindre Renji et Kira, «appelle-moi Ichigo, tout simplement!»
Hinamori fut statufiée quelques secondes, puis elle se reprit en souriant. «H... Hai!», dit-elle en courant derrière lui.
...
Soul Society, bar.
Peu après.
«Kurosakiiii, tu sais que t'es beauuuuuu?»
Eh non, cette personne en état d'ébriété n'était pas Hinamori. Enfin, elle était bourrée aussi, mais c'était Renji qui venait de parler.
Ils étaient attablés à un bar sympathique, un peu plus loin sur la rue qu'ils empruntaient auparavant. Kira avait commencé par s'asseoir autour d'une table vide, et les avait invité à faire de même. Ichigo, un peu méfiant, avait attendu que les autres le fassent. «Garçon, une tequila!» avait dit Renji. Et juste après, le garçon aux cheveux rouges s'était retourné vers lui, et l'avait transpercé d'un regard qui signifiait viens-on-joue-à-celui-qui-boit-le-plus-et-je-vais-te-niquer. Malheureusement pour Renji... Ichigo tenait extrêmement bien l'alcool. Ce qui expliquait son état actuel.
Uryuu, Chad et Inoue avaient préféré ne pas venir.
Auprès du groupe s'entassaient de dizaines et des dizaines de verres, tous vides. Kira était affalé sur le siège qui le soutenait, les yeux regardant le plafond, la bouche ouverte et le sang plein d'alcool. Hinamori, quant à elle, avait les joues en feu, le regard embué et s'appuyait un peu trop sur Ichigo. Quant à Renji, eh bien... il était étalé sur la table, les cheveux détachés et un œil rivé sur le roux. L'angle que sa tête prenait le faisait parler bizarrement.
Le roux soupira : il était le seul à être sobre, même s'il avait bu autant que Renji... et tous le dévoraient des yeux... Il se sentait limité violé.
«Oui, Renji. Oui, oui», murmurait-il, absolument pas convaincu.
«Eh, Kurosaki, on fait un jeu?» demanda soudain le lieutenant de la Sixième Division en se redressant. La lueur que le roux vit dans ses yeux le fit frissonner.
«Propose toujours», répondit Ichigo en déglutissant. Il le sentait très, mais alors très très mal. Faire un jeu avec quelqu'un qui est complètement ivre était quelque chose de stupide, et qu'on risquait de regretter ensuite.
«Ça parle de nos – hips! – meilleures expériences zexuelles, des zamours, ou de tout ce qui tourne autour! On pose une question, chacun notre tour. Si on refuse d'y répondre, o-on boit», lâcha difficilement Renji. Ichigo pensa toutefois qu'il s'était très bien exprimé pour un homme bourré.
«Je jouuue», lâcha Hinamori en brandissant un poing en l'air maladroitement.
«Moi a-aussi», continua Kira en essayant de paraître sobre... ce qui ne marchait pas du tout. Puis il tomba comme une masse, et ne bougea plus. Personne ne réagit, puisqu'il était juste complètement soûl.
Le roux réfléchit un instant, et décida qu'après tout, il n'avait rien à perdre, et beaucoup à apprendre...
«Bon, OK», fit-il semblant de céder en passant sa grande main calleuse dans ses cheveux. «Qui commence?»
«MOUAHHH», hurlèrent Hinamori et Renji en même temps, juste avant de se mitrailler du regard.
«Kurosaki», dit Renji avec l'air le plus sérieux qu'il put. Cette tentative fut soldée par une honte cuisante, et une explosion de rire de la part du concerné. «... Arrête de rire!», continua le garçon aux cheveux rouges, vexé mais ivre. Lorsque le Shinigami remplaçant fut calmé, il reprit : «C'tait quoi ta meilleure expérience?»
Ichigo se gratta le menton. «Mmh... C'était il y a environ huit mois, je dirais. Avec un vrai dieu.» Il se mit à sourire à ce souvenir.
Renji sembla retrouver un peu ses esprits. «Donc c'était pas une fille? Et il était commeeeent?»
Ichigo sourit. Et ce sourire renversa les tripes d'Hinamori et Renji qui eurent brusquement la bouche sèche. «Une seule question à la fois. Si je ne me trompe pas, c'est à moi, non?» Un grommellement lui répondit, et il prit cela pour un oui. Il se cala donc plus confortablement sur son siège et balaya son regard sur ses deux amis, choisissant avec soin sa prochaine victime. «... Hina-chan?» Celle-ci sursauta et eut un rictus béat : ce surnom la mettait vraiment dans tous ses états, constata Ichigo. «Es-tu encore vierge?»
La question sembla la faire émerger. La vice-capitaine prit toutefois une couleur très intéressante, et balbutia : «E-euh... Mais, hahaha... C'est que... Oui», finit-elle par avouer au bout d'un moment. Ichigo eut un sourire satisfait, et songea qu'elle allait finir par faire de l'autocombustion si elle n'arrêtait pas de rougir comme ça. Mais la jeune fille se reprit vite. «Ichigo?» Le concerné la regarda dans les yeux. «T'as déjà été amoureux?»
Le sourire du roux perdit immédiatement son éclat. «Oui, bien sûr», répondit-il après quelques secondes. «J'ai même un peu trop aimé, je pense.» Devant cette tête triste et sérieuse, Renji et Hinamori restèrent silencieux quelques secondes. Ichigo, les yeux vitreux, laissait les souvenirs se mélanger dans sa tête. Le froissement des vêtements tombants mollement au sol. Les cris et les gémissements. La lumière tamisée, peu présente mais assez pour distinguer deux corps luisants se pressant l'un contre l'autre. Les deux sexes qui s'embrassent, se touchent, glissent ensemble, vers un orgasme sûr. La sensation de brûlure qui s'empare de son corps cette nuit-là. Puis les draps souillés.
Ichigo sembla sortir d'un long rêve. Puis, brisant cette ambiance gênante, il cria presque «Renji!» Le concerné sursauta violemment, et, les joues rouges, répondit présent. «Raconte-nous ta première fois avec Byakuya», lança insidieusement Ichigo.
Les yeux du vice-capitaine s'arrondirent, et Hinamori explosa de rire. Dans l'esprit de Renji, se confrontèrent la raison et l'alcool. La première soutenait que non, ce n'était pas possible de raconter ça parce que c'était beaucoup trop gênant et personnel, tandis que le second argumentait avec ouaiiiis, mais on s'en fout de toute façon Byakuya il est pas là, en plus y'a qu'Ichigo et Hinamori, et puis c'est le jeu. Évidemment... ce fut le second qui l'emporta.
«C'tait dans son bureau», commença-t-il en laissant traîner son doigt sur un verre à proximité. «Et...»
«On dirait que j'arrive à temps.» Une voix glaciale l'avait coupé. Étonnés, Renji, Hinamori et Ichigo se tournèrent vers l'origine de la voix. Les yeux du vice-capitaine aux cheveux rouges devinrent vitreux et le sang se retira intégralement de son visage.
«T-Taicho...» murmura-t-il.
…
Soul Society, rue.
«On se revoit demain, Kurosaki-fukutaicho.»
Cette phrase avait claqué. Byakuya avait ensuite entraîné son vice-capitaine aux yeux larmoyants à sa suite, puis avait disparu avec lui dans la rue, lui réservant sans doute moult punitions concoctées par lui-même. Puis Ichigo avait ramené Hinamori à ses appartements. Il marchait à présent seul, dans le but de rentrer chez Toshiro.
Cette soirée lui avait fait énormément de bien. Du moment où il s'était installé à table jusqu'à l'intervention de Byakuya, il n'avait pas pensé une seule seconde à Toshiro ou à ses problèmes sur Terre, ou ailleurs. D'autant que l'alcool ne lui faisait pas grand chose, grâce à Renji, Kira et...
Kira.
Ichigo s'arrêta net. Il avait totalement oublié Kira dans le bar!
Il y retourna donc rapidement, pour trouver un vice-capitaine complètement ivre affalé toujours à la même place. Incroyable, pensa le Shinigami roux, il n'a pas bougé ; qu'est-ce que je vais bien pouvoir en faire? Ichigo eut un profond soupir.
Heureusement que l'immense bâtiment blanc des Divisions du Gotei 13 était ouvert h24. Cela permit à Ichigo de déposer un vice-capitaine bourré à sa Division, la Troisième Division. De toute façon, il n'aurait pas pu monter plus de trois étages avec un Kira titubant à son bras, mort de rire pour une raison alcoolisée. Mais cette situation n'aurait rien de drôle (enfin si, pour Ichigo) lorsque Kira se retrouverait face à Ichimaru, la gueule de bois et le mal de tête. Riant d'avance de l'état dans lequel il allait se retrouver le lendemain, Ichigo s'éclipsa avec un sourire aux lèvres. En quelques Shunpos, il fut devant chez le prodige.
L'appartement était très silencieux. Pourtant, de l'extérieur, le roux vit avec une certaine appréhension que la lumière était toujours allumée. Et vu comme était le prodige... Ichigo allait se faire remonter les bretelles. Mais bien comme il faut.
Le vice-capitaine de la Dixième Division prit une grande inspiration, et posa sa grande main sur la porte, qui s'effaça, laissant place à un salon allumé. Cherchant son taicho du regard, il le découvrit dans le canapé. Et son cœur manqua un battement.
On aurait dit une vision féérique. Toshiro, recroquevillé sur lui-même, les mains devant ses lèvres entrouvertes, tout agacement disparu de son visage, était profondément endormi. Le roux n'avait jamais vu le Capitaine aussi détendu, et pensait qu'il ne le verrait jamais relaxé lorsqu'il était réveillé. Ses magnifiques pupilles turquoise avaient disparu sous les paupières closes, mais cela n'enlevait rien au charme du glacial Capitaine. Son tee-shirt s'était légèrement soulevé, dévoilant un ventre tout à fait charmant. Ichigo s'autorisa un sourire : la peau d'Hitsugaya était aussi belle et veloutée qu'il l'imaginait. Il semblait si fragile, à cet instant... L'évidence s'imposa alors au cerveau du roux.
Il l'avait attendu toute la nuit, laissant même la lumière allumée.
À cette constatation, le roux eut une réaction étonnante : il se mit à rougir. Mais pourquoi? Toshiro voulait simplement lui passer un savon, l'engueuler comme pas possible, et lui il se sentait... heureux? Heureux que le Capitaine ait fait cet effort pour lui? Ichigo ressentait une vague de bonheur le traverser. Tsh...
Le roux attendri s'approcha de son taicho, qui dormait sur ses deux oreilles. Il saisit sa nuque avec délicatesse d'un main, puis ses genoux de l'autre main. Ainsi, il le souleva doucement, et le ramena contre son torse. Ichigo fut vraiment étonné de la légèreté du prodige ; un vrai poids-plume, qui rentrait parfaitement dans ses bras. Heureusement qu'Hitsugaya était endormi, parce qu'il n'aurait jamais pu faire ça avec son capitaine en temps normal. Il aurait plutôt fini encastré dans un mur, dans le sol, ou dans n'importe quoi de dur et de douloureux. Satisfait, Ichigo se dirigea vers la chambre du prodige, oubliant totalement qu'il avait l'interdiction d'y aller. Il l'ouvrit silencieusement avec un pied, et s'arrêta net.
La chambre du prodige n'avait... rien de spécial. À part peut-être les trois énormes piles de documents, entassées dans un coin.
Décidant que son capitaine passait avant sa curiosité, le grand roux ouvrit délicatement le lit aux draps gris, posa son capitaine dans les couvertures, et le recouvrit. Hitsugaya eut un soupir dans son sommeil et se tourna, replongeant profondément dans les bras de Morphée. Touché, Ichigo eut un grand sourire et se dirigea vers l'amas de feuilles. Il en prit une au hasard, et vit qu'elle était tamponnée, donc qu'elle était à classer. La deuxième qu'il attrapa, et la troisième avaient été traitées de la même manière.
Que faisait cette pile de documents à classer dans la chambre du Capitaine? Lorsque le roux observa mieux, il s'aperçut que toutes avaient été faites la veille. Ses yeux s'agrandirent et ses jambes faillirent céder. Est-ce que Toshiro avait fait tout ça en un seul jour? Ow my God, quelle bête de travail, se dit Ichigo en reposant les papiers là où il les avait pris. Comment faisait-il? Et pourquoi n'avait-il pas attendu pour le faire avec son nouveau vice-capitaine? Si Hitsugaya avait paru un peu plus aimable, Ichigo aurait été persuadé que c'était pour soulager la charge de travail du Shinigami remplaçant. Le roux ne doutait pas de sa gentillesse, oh non, mais elle était bien cachée sous une importante couche de colère et d'agacement.
Considérant qu'il avait suffisamment pénétré l'intimité du jeune Capitaine (oh qu'il aurait aimé le faire dans l'autre sens du terme...), il s'esquiva, et jeta un dernier regard au mignon prodige endormi avant de fermer la porte de la chambre.
…
Le lendemain matin, à la Soul Society.
«... Bouge-toi.»
Le roux, les yeux fermés, s'éveillait doucement. Il était presque sûr d'avoir entendu une voix glaciale, au beau milieu de son rêve. Qui, soit dit en passant, était été merveilleusement érotique. Ichigo grogna et se tourna, pour replonger dans les bras de Morphée.
«Je ne répéterais pas une troisième fois, Kurosaki. Lève-toi. Il est quatre heures trente.»
Cette fois-ci, Ichigo était sûr d'avoir entendu quelque chose. Il ouvrit donc un œil prudent... pour tomber sur le visage agacé de son taicho. Immédiatement, il se releva et bredouilla quelque chose qui ressemblait à «Ohayo, Toshiro» et qui fit pulser une veine sur le front du concerné qui soupira.
«Hitsugaya-taicho, pour toi!» Puis le prodige braqua sur le roux un regard confus. «La prochaine fois, ne pars pas comme ça, sans rien dire.» Ichigo s'en voulait un peu d'ailleurs, lorsqu'en revenant il avait découvert son taicho ainsi. Alors le roux baissa la tête en s'excusant. Soudain, la voix de Toshiro se durcit. «Et n'écoute pas cette tête à claques de Renji! Il ne tient pas l'alcool, alors j'espère que vous n'avez pas trop bu.»
Ichigo se frotta l'arrière du crâne avec un sourire ennuyé. «Eh biennn... On va dire que Byakuya a bien fait d'intervenir.»
«... Kuchiki-taicho s'est déplacé? En personne? Dans un bar?» Hitsugaya, pensif, marqua une pause, et autorisa un sourire narquois s'épanouir sur ses lèvres. «Dommage, ça devait être un spectacle à ne pas louper.»
Hitsugaya, lorsqu'il s'était réveillé, ne se souvenait pas le moins de monde s'être endormi sur le canapé. Empétré dans les draps sombres, il avait baillé, s'était étiré, comme à son habitude. Ses cheveux blancs avaient traînés sur son oreiller, tout comme ses doigts, avant que ses yeux ne s'ouvrent brusquement lorsqu'il s'était souvenu de la dernière pensée qui l'avait effleuré la veille au soir : «Je vais tuer Kurosaki.» Puis un processus de compréhension s'était mis en marche dans son cerveau, et il avait compris avec agacement que Kurosaki était rentré très tard. Puis le rouge lui monta aux joues lorsqu'il comprit que le séduisant vice-capitaine l'avait porté jusqu'à son lit. Il essaya de s'empêcher de penser que les bras puissants du roux avaient dû le soulever sans effort et le porter sans aucune gêne. Les yeux écarquillés, la respiration lourde et les joues écarlates, Hitsugaya s'était maudit et détesté de réagir ainsi. Merde, il était Capitaine! Il ne pouvait pas se comporter comme ça! Et puis bon sang, Kurosaki était un homme! Et par dessus-tout, c'était son vice-capitaine! Même s'il avait des yeux absolum...
Hepp, stop.
Le Capitaine revint à la réalité. Son regard polaire retomba sur Kurosaki, qui le regardait d'un œil endormi en se frottant l'autre globe oculaire, réprimant un baîllement. Et, inconsciemment, Toshiro nota que Kurosaki dormait en caleçon. Inutile de préciser à quel point ledit Kurosaki était sculptural et bien foutu, j'imagine...
L'information mit environ une seconde et demie à arriver à son cerveau ; le prodige parvint à retenir la légère rougeur qui voulait parvenir à ses joues, mais pourtant, son sifflement sortit instantanément. «Kurosakiiiiii...»
Le concerné sursauta. «Oui, Toshiro?»
«Pour toi, c'est Hitsugaya-taicho. Tu ne vois rien d'anormal, là? Quelque chose qui relève simplement du bon sens.»
«Euh... Non. Je ne vois pas de quoi tu parles, Toshiro.»
«HITSUGAYA-TAICHO! PAR PITIÉ, VA T'HABILLER!»
Après ce cri de colère venant de son taicho, Kurosaki fila se laver dans la salle de bain, tandis qu'Hitsugaya soupirait. Pourquoi son fukutaicho devait être aussi... aussi Kurosaki, quoi? Ils étaient deux fortes têtes, et même si pour le moment c'était Hitsugaya qui menait la danse, ce dernier n'était pas sûr de pouvoir garder l'autorité pour longtemps. Et Kurosaki était étonnament docile pour l'instant. Mais Hitsugaya savait très bien que le rouquin pouvait se révolter et n'en faire qu'à sa tête au moment où le Shinigami remplaçant le déciderait.
Le prodige aux cheveux blancs soupira. Il chercha son portable sur son bureau, puis une fois qu'il eût mis la main dessus, il le posa sur la table basse, et composa le numéro de Matsumoto. Heureusement qu'elle n'avait pas oublié son appareil. Et, malgré le fait que le Capitaine de la Dixième Division en voulait toujours à sa vice-capitaine originale, il s'inquiétait énormément pour elle. Mais, comme d'habitude, il ne lui aurait jamais dit. Pour rien au monde.
Il attendit quelques secondes, et l'image tremblante de Matsumoto apparut. Hitsugaya fut... très soulagé. Mais il ne laissa rien paraître, se contentant de garder un visage agacé. Mais la plantureuse rousse perçut le soulagement dans le regard de son taicho, et s'autorisa un sourire chaleureux. Il ne lui en voulait plus. Ou du moins, le temps avait fait son effet.
«Ohayo, Hitsugaya-taicho», dit la voix de Matsumoto en grésillant.
«Ohayo, Matsumoto.» Hitsugaya n'eut même pas le temps d'enchaîner.
«Comment allez-vous, taicho? Kurosaki ne vous pose pas trop de problèmes?»
Le prodige soupira. Non. «Pas plus que toi.» En fait, Kurosaki était surtout une torture pour son masque parfait de capitaine. Déjà parce que, malgré toute la persuasion dont essayait de faire preuve Hitsugaya, il l'attirait physiquement ; ensuite, à cause de son comportement. Hitsugaya s'était presque fait avoir. Kurosaki avait presque réussi à le faire sourire. À cause de sa stupidité, évidemment... Quoi d'autre, sinon? Cette pensée l'amusa un instant.
Cette réplique fit sourire Matsumoto. Elle faisait presque tous les soirs sa tournée quotidienne des bars. Hitsugaya avait donc l'habitude de se retrouver avec une épave le matin... Mais la rousse prit le temps d'observer les yeux de son capitaine : de l'agacement, comme presque toujours, et quelque chose qui lui fit littéralement ouvrir la bouche.
De l'amusement.
Matsumoto vit un éclat amusé dans les yeux d'Hitsugaya. Ce fut la première fois. Était-ce Kurosaki qui faisait cet effet à son capitaine...? L'étonnement passé, Matsumoto ravala le peu de salive qu'il lui restait, et toussota. «Rmmmh, je vois.»
Hitsugaya fronça un peu plus les sourcils, et ses yeux redevinrent sérieux. «Où es-tu, Matsumoto?»
La rousse soupira. «Dans le monde des vivants. À Karakura.»
«Karakura? Mais qu'est-ce que tu fiches à Karakura?», s'étonna le Capitaine en s'approchant brusquement du téléphone, provoquant un gros plan sur... son nez.
«J'étais passée au magasin d'Urahara, où les gamins m'ont accueilli puisqu'Urahara est à la Soul Society. Je passe la nuit là-bas.»
Hitsugaya l'observa, et ses yeux se plissèrent. Il savait qu'elle ne lui dirait pas en quoi consistait sa mission. Il la connaissait trop bien. Aussi, il décida de ne pas l'interroger dessus. Avec regret. Il n'avait pas le temps, de toute façon. Il se préparait à la quitter dans les normes, avec un salut respectueux, avant de foncer au travail avec le Shinigami remplaçant, de passer une journée harassante, de revenir le soir et de se coucher avec les poules, mais quelque chose vint bouleverser son plan pourtant bien structuré.
Évidemment, ce fut Kurosaki.
Il le comprit lorsqu'il vit Matsumoto écarquiller les yeux, ouvrir la bouche comme si elle suffoquait et rougir comme une tomate, et qu'il entendit un «Toshiro, t'aurais pas vu mon Shihakshou? Je ne l'ai pas emporté dans la douche», prononcé évidemment par un imbécile de roux.
Choqué, le prodige se tourna, prêt à incendier Kurosaki, lorsqu'il s'arrêta net. Et, malgré toute sa bonne volonté, il ne put s'empêcher de s'empourprer profondément jusqu'aux oreilles. Voire même au cou.
Kurosaki le regardait, avec ses yeux chocolats à peine étonnés de voir qu'il était en communication avec Matsumoto, une main dans ses cheveux mouillés et plaqués sur son crâne, lui donnant une allure séductrice. Il tenait une serviette dans la main, qui gouttait sur le sol. Mais il était surtout... très nu. Exposant sans aucune pudeur le magnifique corps que lui avait légué la nature. Et, tout Capitaine qu'il était, Hitsugaya n'en était pas moins un coincé des sentiments. Coincé des sentiments, égal peu voire pas de relations. Encore moins avec des hommes. Donc le seul homme que le Capitaine ait jamais vu nu était lui-même, ainsi que parfois Kira, ou Renji, mais ils ne comptaient pas vraiment, puisque Toshiro n'avait absolument aucune attirance pour les blonds écervelés, et encore moins pour les tatoués marginaux (pense-t-il alors qu'il craque complètement pour un roux stupide...). Mais voir Kurosaki, dans le plus simple appareil, devant lui, comme si c'était tout à fait normal, provoquait un bordel monumental dans sa tête d'ordinaire si organisée. Et, pour la première fois de sa vie, il se sentit... dépassé. Pas simplement gêné, mais carrément pétrifié.
Matsumoto, si elle avait pu, aurait traversé le téléphone pour sauter sur Kurosaki, et le violer sur place. Oui, car grâce à la technologie, elle profitait de tout le spectacle. Mais la phrase de Kurosaki revint à son esprit, et son cerveau pervers combla les trous. Avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit cependant, Hitsugaya hurla «KUROSAKI, HABILLE-TOI!» avec les oreilles encore écrevisses.
«Oui, oui. Mais je sais toujours pas où est mon Shihakshou. Tant pis, je vais m'habiller avec des vêtements du monde des vivants», lança tranquillement Ichigo en repartant. «Au fait, bonjour, Matsumoto-san.» Et il disparut dans la salle de bain.
Hitsugaya, encore sous le choc, ne parvenait pas à faire s'évanouir la gêne de ses yeux. Un silence passa entre le prodige et son interlocutrice. Matsumoto se mit à sourire. C'était la première fois que son taicho était aussi gêné. Elle avait pensé aux choses perverses évidemment, mais Hitsugaya était beaucoup trop coincé pour faire quoi que ce soit avec Kurosaki, quelle que soit son attirance pour le roux. Mais il était évident que le prodige n'était pas du tout indifférent à Kurosaki.
Matsumoto, sachant que son taicho était totalement hermétique à toute tentative de séduction, qu'elle soit dans un sens ou dans l'autre, décida de lui forcer un peu la main. «Vous savez, taicho», commença-t-elle à dire à voix basse, «Kurosaki est un garçon avec le cœur sur la main. Et, qui plus est, absolument magnifique. Vous ne vous rendez pas compte qu'il est parfait pour vous? Il n'est pas si bête que ça... Et, aussi, d'après ce que j'ai entendu, il préfère les hommes.»
Hitsugaya se mit à rougir (encore... deux fois, c'est hyper rare!). Kurosaki? Parfait pour lui? Il n'y avait jamais pensé. Jamais. Et, même si la douce sensation qui traversait son estomac lui disait le contraire, il essaya de se persuader que ce n'était pas possible. Mais il y pensa quand même. Surtout que Kurosaki préférait les hommes... Mais Hitsugaya ne se sentait pas du tout attirant.
… Mais là n'était pas la question! Non, non, non. Hitsugaya-taicho ne pouvait pas sortir avec Kurosaki.
Et ce fut la phrase qu'il dit à Matsumoto. «J-je ne peux pas sortir avec Kurosaki», murmura-t-il pour que Kurosaki ne l'entende pas. Il était toujours un peu rouge, et il fixait Matsumoto, perdu. «C'est mon fukutaicho! Et c'est un homme! Un taicho comme moi ne peut pas...»
Et les phrases que prononça Matsumoto lui firent perdre tous ses arguments. «Hitsugaya-taicho ne pourrait pas sortir avec Kurosaki, évidemment.» En apparence soulagé, Hitsugaya s'apprêtait à enchaîner lorsque la plantureuse rouquine s'approcha du téléphone, très sérieuse. «Mais Toshiro, le vrai Toshiro, s'il écoutait son cœur, le pourrait.»
Immédiatement, Hitsugaya tressaillit et ferma la bouche. Touché. Mouché par sa propre vice-capitaine. Que pouvait-il répondre après ça?
Rien.
Parce qu'elle avait raison. Évidemment. Et malheureusement pour son ego.
Matsumoto regagna son sourire, et chuchota quelques mots au téléphone. «En plus, on m'a dit qu'il était trèèèèès doué. Vous voyez, Capitaine?» En voyant Hitsugaya rougir et la tempête arriver, elle lança un très rapide «Je vous rappellerais, Hitsugaya-taicho! Bonne journée!» avant d'éteindre son téléphone.
Laissant un Hitsugaya encore plus troublé qu'avant.
…
Soul Society.
Quelques jours passèrent.
Hitsugaya était toujours dans le vague. Il ne comprenait pas ce qu'avait voulu insinuer Matsumoto, mais avait été dans l'incapacité de noyer les sentiments qui le traversaient parfois. Comme par exemple l'amusement, ou même la déception, qui se manifestaient lorsqu'Ichigo faisait telle ou telle chose. Et ces situations nouvelles ne rentraient pas du tout dans le cadre des réactions qu'il avait appris à gérer. Alors il tentait d'oublier. Et de faire le plus attention possible, pour que ces occasions ne deviennent pas récurrentes. Par exemple, il évitait de rester dans le salon après que son fukutaicho ait décidé de partir se laver : un choc émotionnel lui avait suffi. Ou bien, maintenant, le matin, il réveillait Ichigo en coup de vent, pour ne pas s'attarder sur le plaisant spectacle. Ces petites choses permettait à Hitsugaya de conserver son attitude froide et maîtrisée. Pourtant, il cogitait toujours. Et n'avait pas avancé d'un pouce.
Pendant ce court laps de temps, Ichigo s'était bien habitué aux règles de vie d'Hitsugaya ; il avait optimisé sa capacité de concentration, et sa technique de tamponnement de papiers. Mais il n'avait pas eu l'occasion d'améliorer le maniement de son Zanpakuto. Et ce n'était pas comme si les vices-capitaines ne devaient pas se perfectionner.
Ainsi, au bout du quatrième jour, il décida de tâter le terrain d'entraînement, situé à l'extérieur de l'immense bâtiment blanc du Seireitei.
Ichigo, après en avoir parlé à Hitsugaya, s'éclipsa du bureau de la Dixième Division pour descendre les escaliers qui allaient le conduire au terrain. Il n'avait pas cessé de songer à la réaction de son capitaine lorsqu'il était sorti de la douche. N'étant absolument pas pudique, il ne comprenait pas son rougissement, et le changement radical d'attitude qu'il avait eu avec lui. Le soir, il se retrouvait seul, et le matin, il l'était également. Et cela l'attristait, même s'il n'en laissait rien paraître. Il avait, du coup, pris ses distances avec son capitaine, mais cette situation lui apparaissait comme provisoire, jusqu'à ce qu'Hitsugaya vienne à nouveau vers lui. Ce qui serait probablement long.
Plongé dans ses pensées, Ichigo esquivait les obstacles devant lui, ainsi que les Shinigamis qui avaient commencé à prendre pour habitude de s'incliner devant lui, même si la passation de «pouvoir» de fukutaicho avait été un peu... floue. Toutefois, il n'arrivait pas encore à les ignorer totalement comme le faisaient Renji, Byakuya ou encore Hitsugaya. Alors, le roux leur adressait un gentil signe de la main, ou bien une œillade chaleureuse. Il n'observait pas vraiment leurs réactions, donc il loupait les regards intéressés des un(e)s ou des autres, concentré sur sa relation chaotique avec Hitsugaya. Zangetsu, sur son épaule, lui fit parvenir un ricanement mental.
«Il ne manquait plus que mon épée se foute de moi», grommela le roux pour lui-même en sortant enfin à l'extérieur de l'immense bâtiment. L'air frais lui éclaircit l'esprit, et fit rouler un frisson sur son échine.
Ses yeux se fixèrent sur la grande parcelle de terre entourée d'arbres où s'entraînaient les Shinigamis de tout le bâtiment. Il fronça les sourcils : le terrain était divisé par Division. Il était au début de la parcelle, voyait un immense chiffre «1» marqué au sol, en blanc, et aperçut Yamamoto en train de sermonner un Shinigami de la Première Division honteux. Ce qui fit sourire le roux. Il se dirigea vers les terrains suivants, et adressa un signe de la main à Yamamoto, qui lui, sourit franchement.
«Kurosaki-fukutaicho», l'appela-t-il de sa voix rauque, ce qui stoppa le Shinigami remplaçant. «Hitsugaya-taicho ne sort pas s'entraîner?»
«Non, il a des papiers à finir, Yamamoto-taicho», répondit Ichigo avec une grimace. Il se demandait comment tous les Capitaines faisaient pour s'occuper de cette paperasse barbante... et eut la réponse lorsqu'il vit Kyoraku, le Capitaine de la Huitième Division, l'excentrique qui aimait les femmes et l'alcool, dormir paisiblement sur un des arbres qui côtoyaient le terrain. Hum. Comme quoi, ils ne travaillaient pas tous autant. Certains avaient l'air de refiler le sale boulot à leur vice-capitaine...
«Comme d'habitude», compléta Yamamoto avant de retourner s'acharner sur le Shinigami, apparemment en faute.
Ichigo le regarda faire quelques secondes puis repartit en direction du terrain numéro dix. Terrain numéro 2, 3, 4, 5...
Lorsqu'il vit le terrain numéro six, il ne put s'empêcher d'arborer un petit sourire narquois. Renji se battait contre son Capitaine, le glacial Byakuya Kuchiki. Et il se faisait exploser.
Il repensa à la première soirée qu'il avait passé à la Soul Society, et surtout les mots résonnants de Renji : «Je te le prouverais! Je battrai Kuchiki-taicho!» Que du vent. Renji en était incapable, et cela faisait bien rire Ichigo.
Secouant la tête devant le spectacle de Renji complètement dominé par son Capitaine et accessoirement amant Byakuya Kuchiki, devant tous les Shinigamis de la Sixième Division, le roux passa une grande main dans ses cheveux flamboyants avant de se diriger vers le terrain d'entraînement de la Dixième Division. Mais, avant qu'il ait pu atteindre sa destination, un deuxième événement le fit s'arrêter.
«Ichigo-sama!» Étonnament, cette fois-ci, le rouquin reconnut la voix de Seiji Satoshi, le petit Shinigami débutant qu'il avait sauvé lors d'une destruction de Hollow. Il se retourna, et vit sur un terrain à part, situé face au terrain numéro «7», quelques Shinigamis en apprentissage. Et parmi eux se trouvait le petit brun qui le regardait étrangement. Ichigo, heureux mais curieux, lui sourit et s'approcha, tout en tentant de sonder le coup d'œil de Seiji. Mais il n'y parvint pas. Alors, il décida de mettre ceci de côté.
«Seiji!» Ichigo posa sa main sur l'épaule de Seiji, frappé par une vague d'affection. «Comment se passent les cours, à l'Académie?»
«Eh bien... Cela se passe bien», répondit-il. Puis il eut un sourire, et ajouta «tout de même, vous avez eu de la chance de ne pas avoir eu à passer à l'Académie pour devenir Shinigami», pendant que ses camarades dévoraient Ichigo des yeux, sans que celui-ci ne s'en aperçoive.
«Peut-être», lança le roux avec un sourire, «mais au moins quand tu sortiras, tu seras un Shinigami officiel. Je ne le suis pas.»
«Non, vous êtes vice-capitaine», répondit Seiji avec une moue craquante. «C'est encore mieux!» Les autres Shinigamis débutants opinèrent, absorbés par la plastique plus que parfaite du roux.
«Vu sous cet angle, en effet», continua Ichigo en frottant vivement les cheveux de Seiji. «Bon, je vais vous laisser vous entraîner, les jeunes. À plus tard, Seiji.» Laissant retomber sa main, il fit volte-face calmement avant de faire quelques pas.
«Euh... Ichigo-sama?», le rappela la petite voix presque fluette du brun. Le concerné se stoppa et se tourna à moitié.
«Arrête de m'appeler Ichigo-sama», sourit Kurosaki en croisant ses bras musclés. «Oh, et arrête de me vouvoyer aussi. On a presque le même âge, je te signale.»
Le semblant de désespoir mêlé à une grande joie qu'il lut sur le visage de Seiji provoqua un grand amusement pour le vice-capitaine de la Dixième Division. «M-mais je ne peux pas faire ça», couina le plus jeune en se détachant du groupe de Shinigamis débutants pour se placer à deux mètres d'Ichigo, «vous avez un rang supérieur, et je ne peux pas m'autoriser à vous appeler autrement qu'Ichigo-sama, ou bien Kurosaki-fukutaicho, ou Kurosaki-sama, ou...»
Le roux balaya son argument d'un mouvement du poignet, et se rapprocha du jeune. Son visage se trouva à quelques centimètres de la bouille de Seiji, ce qui fit évidemment rougir le garçon, tandis que ses camarades de classe retenaient leur souffle en ne prenant même pas la peine de cacher leur jalousie. Kurosaki, reconnu plus pour sa lenteur d'esprit plutôt que pour la perspicacité, ne comprit pas pourquoi Seiji s'empourprait, mais il ne s'en inquiéta pas, et continua sur sa lancée. «Je m'en fiche. Je vais te donner un ordre direct.» Il s'adressa aux autres. «Et vous êtes témoins.» Ichigo reporta de nouveau son attention sur Seiji. «Notre rencontre s'est déroulée avant que je sois promu vice-capitaine. À partir de maintenant, tu m'appelleras Ichigo, ou Ichigo-san à la limite. Et tu me tutoies. Est-ce clair?»
Seiji bavait avec une grande discrétion sur le roux. Pendant que celui-ci parlait, le frêle Shinigami avait eu tout le loisir d'admirer le fukutaicho. Avec amusement, le gamin nota qu'Ichigo possédait des yeux noisettes, qui se révélaient être d'un vert très clair à l'intérieur. Ses sourcils fins, aussi flamboyants que sa masse capillaire désordonnée mais pour autant sexy, soulignait son regard profond et franc. Sa mâchoire carrée ne l'était pas assez pour rendre la forme de son visage extrêmement virile. Ses lèvres semblaient douces, souples, et avaient un galbe parfait. Son nez était d'une délicatesse hors norme pour un homme.
Aucun défaut apparent. Un cou musclé mais élégant. Des omoplates absolument appétissantes. Des pectoraux ciselés. Et un Shihakshou qui cachait sûrement un spectacle exquis...
Difficilement, Seiji déglutit, histoire de retrouver un peu de salive, et parvint à répondre «J-je vais essayer, Ichigo-sa...n», en butant sur le «san».
Ichigo, satisfait, lui envoya un sourire. «Que voulais-tu me dire, Seiji?»
Le petit brun consulta ses camarades du regard, qui acquiscèrent. «Vou... Veux-tu t'entraîner avec nous?», demanda-t-il timidement. Ichigo jeta un œil sur le terrain numéro 11, qu'il pouvait voir. Il n'y avait que quatre Shinigamis qui s'entraînaient avec une ardeur incroyable. Le roux tira la conclusion qu'ils n'avaient absolument pas besoin de lui, et sourit à Seiji en manifestant son accord.
Le roux tira Zangetsu de son fourreau, et se plaça correctement sur le terrain, face à Seiji qui regarda autour de lui, affolé, l'air de dire «Hein? Quoi? S'entraîner avec nous, oui mais nan mais pas contre moiiiiii». «Exerçons-nous, alors», lança Ichigo en s'amusant de la réaction du plus jeune.
…
Soul Society, terrain d'entraînement de l'Académie.
«Il est super fort, Kurosaki-sama!», s'extasia une jolie brunette en sueur.
Ichigo était reparti, après avoir affronté chacun des Shinigamis juniors au moins trois fois. Et il n'avait pas volé sa réputation : il possédait un reiatsu hors du commun, qui avait même empêché certains adolescents de s'approcher de lui ; et de plus, il maniait extrêmement bien Zangetsu. Les apprentis n'avaient eu aucune chance, mais Ichigo s'était beaucoup retenu afin de ne pas les écraser complètement. Même pas essoufflé, il était reparti en leur donnant des conseils sur leur manière de s'entraîner, et en leur promettant qu'ils remettraient ça. Les adolescents, qui avaient adoré ce moment avec le vice-capitaine de la Dixième Division – ce qui, mine de rien, était un très haut rang pour les Shinigamis – pour le plus grand bonheur de leurs yeux, s'étaient bien dépensés et ils étaient tous exténués.
«Je vous l'avais dit», lui répondit Seiji avec un sourire radieux. Le jeune brun se trouvait en compagnie de deux autres personnes ; Sonia, la jolie brunette, qui se trouvait être espagnole, qui s'éventait difficilement et inutilement avec sa main ; et Ryu, une autre garçon, qui était étalé sur le sol, le Shihakshou à moitié ouvert.
«Ouais, mais tu ne nous avais pas dit qu'il était aussi canon, ton vice-capitaine. Bien que je ne doute pas de tes goûts!» enchaîna Ryu en se levant et en souriant, laissant apparaître une dentition blanche et prédatrice.
Seiji foudroya Ryu du regard, tout en le détaillant. Mince, moyennement, une chevelure blonde ébouriffée, son camarade de classe était l'un des garçons les plus en vue de l'académie, avec lui-même (ce qu'il ne savait pas, et ce dont il se fichait). Le plus incroyable chez Ryu restait ses yeux : l'un d'eux était couleur de jade, tandis que l'autre avait la teinte d'une ambre. Pourtant, ses paroles ne correspondaient pas du tout à l'expression innocente qu'il arborait souvent. Sans nul doute, il était charmant et mignon ; mais dès qu'il ouvrait la bouche, c'était autre chose, les mots crus et vulgaires sortaient avec une facilité déconcertante. Ryu avait évidemment craqué sur Ichigo, comme tous les bis, gars et filles de la Soul Society. Certes, Byakuya et Hitsugaya étaient les proies numéros 1 et 2 selon les personnes, eh bien Ichigo allait bientôt rentrer dans le top 3, remplaçant ainsi Hisagi.
Mais Seiji n'était pas du genre à se laisser abattre. Il savait évidemment que le beau et adorable roux serait assailli de toutes parts par des prétendants ou prétendantes, mais il ne comptait pas laisser tomber. Surtout pas devant Ryu. «Ichigo-san n'est pas que magnifique, Ryu, il est parfait à l'intérieur également», fut la réponse de Seiji, presque sifflée. Il avait pris une voix glaciale qui avait surpris ses amis Ryu et Sonia. «Évite de parler de lui ainsi lorsque je suis là. Il n'est pas un morceau de viande.»
Les lèvres de Ryu se séparèrent pour former un autre sourire carnassier. Alors, comme ça... Seiji, le Seiji-tout-mignon-sur-lequel-craquent-les-filles, était complètement sous le charme du robuste Ichigo, au point de le considérer non plus comme un amant mais comme un compagnon de vie? «Oh... Alors, j'imagine que tu veux en faire ton nouvel amant. Après l'autre... comment s'appelait le vice-capitaine que tu avais accroché, déjà? Hitagi? Hisami?», lâcha dédaigneusement le Shinigami aux yeux vairons en croisant les bras.
Seiji serra les mâchoires. «Hisagi, il s'appelle Hisagi... Et je te rappelle que nous nous sommes séparés d'un commun accord.» Ce que Ryu pouvait l'énerver! Il avait cette espèce de prestance... et en même temps cette grande supériorité insupportable... qui pouvait être drôle parfois, mais qui à cet instant donnait des envies de meurtre au petit brun.
«Peut-être. On dirait que tu es un grand amateur des vice-capitaines, mon petit Sei-kun.» Le ton moqueur de Ryu fit serrer les poings de Seiji qui commença à fulminer. Furieux, ce dernier s'approcha de son homologue et le prit par le col.
«Premièrement, je t'interdis de m'appeler ainsi.» La colère de Seiji commença à affecter le sourire de Ryu. «Deuxièmement, ne parle plus d'Ichigo-san comme ça. Je t'ai prévenu.» Petit à petit, son reiatsu devenait écrasant ; Sonia ne pouvait d'ailleurs plus bouger, tétanisée par la puissance de Seiji qui ignorait tout bonnement son amie. «Troisièmement, arrête de me chercher.» Ryu déglutit : Seiji avait la réserve la plus puissante de reiatsu des Shinigamis apprentis, et son Zanpakuto, «Sogeki», ou Tir Ajusté, était la plus efficace des armes de l'Académie. En conclusion, il fallait être un fou pour se frotter à lui en n'ayant que le grade de Shinigami apprenti. Ryu renifla de façon méprisante, et la main qui tenait son col serra davantage, gênant le garçon aux yeux vairons, tandis que le reiatsu de Seiji s'intensifiait encore. «Et, quatrièmement, n'essaye en aucun cas de séduire Ichigo-san, si tu tiens à la vie.» L'air brûlait autour de Ryu, qui sentait ses jambes flageoler. «Ai-je été clair?», précisa Seiji, effrayant, tandis que l'atmosphère vrombissait autour d'eux. Les oreilles de Ryu sifflaient ; jamais Seiji n'avait été aussi énervé. Comprenant que le petit brun ne s'arrêterait sa pression spirituelle que sur une réponse positive de sa part, il acquiesça difficilement, épiant la réaction du tortionnaire. «Parfait», continua Seiji en lâchant sa pression spirituelle, ce qui fit s'effondrer Sonia qui n'arrivait plus à respirer et qui reprenait son souffle, et Ryu, qui fit quelques pas en arrière, prudent. Ce dernier faisait du mieux qu'il pouvait pour cacher son appréhension face à Seiji.
Au bout de quelques secondes de silence, Ryu retrouva son aplomb. «Du coup, quel est ton plan, monsieur-le-génie?»
«Développe ta pensée», répondit Seiji en haussant un sourcil.
«Tu ne veux pas que je touche à ton roux, n'est-ce pas? Ça veut bien dire que tu comptes faire quelque chose pour lui mettre le grappin dessus?»
Seiji rougit. Et soupira, en passant sa main dans ses cheveux. «Je n'y ai pas encore réfléchi...»
Le blond eut un rire moqueur. «Eh ben dépêche-toi, parce que ton délicieux Ichigo est suffisamment appétissant pour qu'un prédateur plus gros que toi ne te le prenne.»
«Ryu...»
«Et j'utilise le mot «prenne» avec raison.»
«RYU!»
…
Soul Society, appartement de Renji Abarai.
«Abarai-sama!»
Renji sursauta, et sa plume marqua un épais trait noir sur le milieu de la feuille qu'il venait de saisir. Exaspéré, il soupira, posa sa plume et se tourna vers le Shinigami-domestique qui avait fit irruption dans son bureau.
«Oui», répondit-il, irrité.
«Kuchiki-taicho veut vous voir», continua le Shinigami, le regard baissé.
Renj, songeur, massa son œil, qui commençait à être joliment teinté d'une couleur violette. Ce magnifique coquard venait de son bel amant, Byakuya Kuchiki, qui n'y était pas allé de main-morte à l'entraînement. Lui qui s'était vanté de pouvoir le battre, devant Ichigo... eh bien il s'était fourré le doigt dans l'œil.
Il logeait dans un appartement loué pour les Capitaines et vice-capitaines. Byakuya ne lui avait toujours pas proposé de venir vivre chez lui, ou inversement, donc il se contentait de ce petit studio qui était presque toujours inoccupé, à cause de ses nombreuses heures de travail et de ses escapades nocturnes avec son amant ou ses amis. L'homme aux cheveux rouges n'avait pas réellement envie de voir Byakuya : ils s'étaient quittés sur une note un peu froide, car leur conversation avait dérivé sur Kurosaki. Le noble Capitaine de la Sixième Division avait insinué que lui, Renji Abarai – éperdument amoureux de Byakuya Kuchiki, tellement accro que cela pouvait faire peur – était un peu trop «bizarre quand il était à côté de Kurosaki» et que Byakuya «trouvait ça étrange pour quelqu'un qui était censé être casé». Ce n'étaient pas les termes exacts, mais c'était l'idée.
Renji, énervé à ce souvenir, répondit assez sèchement au Shinigami domestique. «Fais-le entrer», lança-t-il de façon abrupte. L'homme acquiesça et disparut derrière la porte.
Le vice-capitaine de la Sixième Division eut un soupir, et commença à ranger les papiers qui étaient étalés sur son bureau. Il continuait à travailler tard, pour oublier sa défaite du matin. Et aussi sa colère envers son amant. Il avait quand même sous-entendu qu'il allait voir ailleurs. Et ça avait grandement blessé Renji.
Mais il ne ferait pas l'honneur à Byakuya de lui dire la raison de son énervement.
Au bout de quelques instants, le Capitaine de la Sixième Division entrait dans la pièce, l'illuminant par sa grâce et sa prestance. Pourtant, Renji ne réagit pas à sa présence, continuant à trier ses documents, le visage fermé, la bouche tordue en un rictus agacé.
«Renji», l'appela Byakuya de sa voix grave. Le noble fit quelques pas en direction de son vice-capitaine, s'arrêtant à un mètre du bureau, attendant visiblement que son amant ait une réaction.
Mais elle ne vint pas. Renji faisait le sourd. Et cela agaça prodigieusement Byakuya.
«Renji», dit-il plus durement en franchissant le dernier mètre qui le séparait du bureau. «Je suis venu pour te parler, pas pour discuter avec le mur.» Il enleva des mains de Renji les papiers qu'il tenait pour les poser sur le côté.
Le vice-capitaine leva les yeux vers son Capitaine, qui s'étonna de trouver une profonde irritation au fond de ses prunelles. Renji s'appuya sur le dossier de sa chaise, croisa les bras et ne répondit pas.
Le Capitaine Byakuya Kuchiki faisait partie d'une famille noble, riche, respectueuse des traditions, mais, il fallait bien le reconnaître, dont l'impatience était reconnue, surtout dans certains domaines dont l'amour. Aussi, l'absence de réaction de son amant exaspéra grandement le brun, qui soupira.
Il n'aimait pas s'incliner, encore moins s'excuser ou même avoir un semblant de conversation avec quelqu'un qui ne souhaitait pas l'écouter, mais avec Renji c'était différent. Il avait mis de côté son attitude un peu froide et hautaine, pour s'ouvrir à Renji et se permettre une relation fusionnelle, et sans heurts, enfin il le pensait.
«Renji... Qu'est-ce qui ne va pas?», reprit-il sur un ton plus doux.
«Ce qui ne va pas?» Renji le sondait avec son regard, les bras toujours durement croisés. «Je me le demande.»
«... Ne me dis pas que c'est à cause de notre bataille de ce matin?»
Les yeux de Renji se levèrent, leur propriétaire lâchant un soupir. «Je me fiche... presque... de ça.»
«Alors de quoi s'agit-il?»
«Rien. J'en ai juste assez que tu me crois assez... je ne sais pas... libertin? pour aller voir ailleurs.» Les traits de Renji se durcirent.
Kuchiki soupira en passant sa main dans ses cheveux, un peu gêné. «Ah, alors c'est Kurosaki qui te tracassait...»
«Bien sûr! Tu te rends compte de ce que tu m'as dit?»
«Je ne disais pas ça en l'air. Tu aurais vu ta réaction face à lui... Une vraie fille tremblante, transie d'amour. En tant qu'amant, j'ai le droit de douter, non?»
Un bloc tomba dans l'estomac de Renji. «Une vraie fille?» Son énervement redoubla. «Je rêve, là! Ce n'est pas parce que tu es mon Capitaine que tu as tous les droits!»
«Je ne l'ai jamais pensé, Renji, je...»
«Je ne t'ai jamais trompé, je ne te trompe pas, et je ne te tromperais pas! C'est bien clair?»
C'était la première fois que Byakuya voyait son amant aussi énervé. Il tenta une approche différente, touché par les mots de Renji. «Compris.»
Renji, une veine pulsant sur son front, les poings crispés et tremblants, se laissa retomber sur la chaise d'où il s'était éjecté sous le coup de la colère. Il passa sa main sur son front, puis dans ses cheveux en soupirant. «Tu me fais vraiment dire n'importe quoi, Byakuya.»
Le noble eut un petit sourire, qu'il s'autorisait uniquement avec Renji. «J'en suis désolé.» Puis, après avoir réfléchi quelques secondes, il continua. «En fait non. J'en suis plutôt heureux.»
«Tu n'as pas à l'être.»
«Pourquoi? Parce que tu sors de tes gonds pour moi?»
«Exactement.»
«C'est une preuve d'amour, mon cher Renji.»
Les mots s'échangeaient avec une rapidité incroyable. Renji eut un mouvement de sourcils agacé. «Mes mots ne te suffisent pas, il te faut aussi des actions? Tu es exigeant, Byakuya.»
Le noble s'approcha de son vice-capitaine, une étincelle dansant dans ses yeux. «Je l'ai toujours été.» Byakuya contourna le bureau, s'attirant un regard interloqué de Renji qui ne comprit que lorsque son taicho lui saisit le bras. L'homme aux cheveux rouges interpréta immédiatement l'éclat dans les yeux du noble : du désir.
«Byakuya», soupira Renji. «Nous avons du travail demain.» En réalité, il se fichait de son travail du lendemain. Il était toujours vexé par la réaction de Byakuya. Alors il voulait faire ceinture. Son amant l'avait déjà fait, après une dispute que Renji avait amorcé. Chacun son tour.
«N'oublie pas que je suis ton supérieur... Personne ne dira rien... Et puis j'ai trop envie. Maintenant.» Mais, lorsque Byakuya commença à poser ses lèvres fraîches dans son cou, son cœur réagit aussitôt, ainsi que son corps, puisqu'il se colla le plus possible à son amant. La tête commença à lui tourner, et il ne put que succomber, en se désolant d'être aussi faible face à Byakuya.
…
Soul Society, appartement de Toshiro Hitsugaya.
Ichigo soupira. «Pas trop tôt. J'en avais marre du boulot.»
Il était retourné chez lui, enfin plutôt chez Hitsugaya. L'horloge annonçait vingt heures quinze ; ils avaient travaillé plus de neuf heures cette journée. Le roux, étalé sur le canapé, avait croisé ses longues jambes en réprimant un bâillement. La paperasse n'était pas faite pour lui. Il avait bien sûr essayé... mais au bout d'un moment, ses yeux s'étaient fermés tout seul et ce fut la voix glaciale de son (irrésistible) Capitaine qui lui soupira de se réveiller et de se remettre au travail. Il aurait aimé être réveillé par la même personne... autrement.
Ichigo revint à l'instant et faillit rougir de ses pensées. Bon, ce n'était pas la première fois qu'il – osons le dire – fantasmait sur Hitsugaya. Mais pendant le travail, ce n'était pas vraiment habituel. Et heureusement qu'il se contrôlait merveilleusement bien, parce que son imagination fertile n'était pas à son premier coup d'essai.
Hitsugaya se trouvait devant le frigo, un plat à la main. Il se demandait ce qu'ils allaient pouvoir manger ce soir, puisqu'ils en avaient tous les deux assez de manger avec les autres Capitaines et vice-Capitaines... Ichigo ne faisait que se faire draguer, et ça énervait Hitsugaya, même si la raison officielle était «les cris me tapent sur les nerfs et j'en ai marre de voir mes collègues bourrés tous les soirs.»
«Toshiro, j'ai faim», se plaignit ouvertement Ichigo.
Ledit Toshiro tressaillit. «Pour toi, c'est Hitsugaya-taicho! Combien de fois vais-je devoir te le répéter?»
C'était peine perdue. Ichigo se fichait de son titre comme de sa première blessure ; le roux balaya sa phrase d'un revers de main. Il avait observé son Capitaine ; et cela faisait bien quatre minutes qu'il était devant le frigidaire ouvert, sans rien dire, faire ou prendre. «Tu veux cuisiner?», demanda le vice-capitaine, curieux.
Le prodige, tourné vers le frigo, se sentit rougir. Heureusement qu'il n'était pas face au roux... Il se reprit rapidement, toutefois, et dit d'une voix qu'il espérait glaciale «... Et alors, ça te dérange, Kurosaki?»
Ichigo fut surpris. Hitsugaya avait réagi à sa question, même mieux qu'il ne l'avait espéré. Pourquoi restait-il ainsi, dans la cuisine, sans bouger? Ichigo commença à chauffer, mais il s'obligea à se calmer. Peut-être Hitsugaya voulait-il faire à manger lui-même. Non, ça n'était pas possible qu'Hitsugaya veuille cuisiner pour lui.
Et pourtant, même si le prodige ne l'aurait jamais avoué, même sous la torture, même si son poste était en jeu, c'était plus ou moins le cas.
Le roux passa sa main dans ses cheveux. «... Pas du tout. Tu veux de l'aide?» proposa-t-il en se levant.
Hitsugaya grommela quelque chose comme «Mouais pourquoi pas...». Ichigo se glissa dans la cuisine, et s'appuya sur le rebord de l'évier. Le prodige lui jeta un regard.
Le roux avait commencé à apprendre à déchiffrer les émotions dans les yeux de son Capitaine : Matsumoto avait réussi à le joindre juste après son entraînement contre le jeune Seiji et ses amis. Elle l'avait noyé sous des paroles dont le sens échappait totalement Ichigo. Mais il avait capté une phrase. «Tu sais, Ichigo, les yeux d'Hitsugaya-taicho s'expriment beaucoup plus qu'il ne le pense. Ne lui dis pas... sinon nous n'aurons plus aucun moyen de savoir ce qu'il ressent en vérité!» Et ça avait fait tilt chez Ichigo. Depuis, il avait pu voir certains sentiments dans les yeux turquoises du glacial Capitaine.
Et là, le roux y voyait... De l'embarras. Pourquoi de l'embarras?
Ichigo fronça les sourcils. Hitsugaya n'avait toujours pas bougé. Serait-ce...
«Toshiro... Tu ne sais pas cuisiner?», osa Ichigo en se penchant vers le prodige.
Hitsugaya ne sentait plus ses oreilles tellement elles chauffaient. Mais il était trop fier pour avouer qu'il ne savait pas cuisiner. Pourtant, son honnêteté l'empêchait de mentir... Il était dans une situation délicate, en gros. Alors il décida de ne rien dire, et de crisper ses doigts sur le plat qu'il tenait dans la main. Ses yeux, fixés sur Ichigo, essayaient de le transpercer tellement il était gêné. Il grogna juste quelque chose sur son titre.
Ichigo eut un sourire incontrôlable. Déjà, Hitsugaya ne l'avait presque pas repris sur «Toshiro». Un premier progrès énorme. Ensuite, le prodige n'avait pas tenté une pirouette pour essayer de s'en sortir, donc il avait ravalé, en quelque sorte, sa fierté. Et en dernier, bah... il était trop mignon, quoi. Ichigo était vraiment ravi de la réaction de son Capitaine.
Hitsugaya fut surpris lorsqu'il sentit une main lui saisir l'épaule, et ensuite le retourner vers Ichigo. Le prodige eut toutes les peines du monde à ne pas rougir, une fois de plus. Bon sang, Ichigo ne rendait vraiment pas compte de tout ce qu'il le faisait faire depuis qu'il était arrivé.
Le roux, quant à lui, fut troublé lorsqu'il fut aussi près d'un Hitsugaya tout à fait réveillé, mais n'en laissa rien paraître et il afficha un grand sourire. «Eh bien, ma foi... Ce n'est pas vraiment un problème. Ça te dirait d'apprendre?»
…
Soul Society, appartement de Toshiro Hitsugaya.
Les magnifiques yeux de Toshiro s'ouvrirent. Ses paupières papillonnèrent tout de même, avant de lire l'heure affichée sur le réveil : 5h07. Parfait.
La veille, Ichigo lui avait appris quelques trucs basiques. Les pâtes, le riz, les œufs. Malgré ce qu'il avait essayé de montrer, Hitsugaya s'était bien amusé. Bon, il avait carbonisé ses œufs, mais Kurosaki avait ri et les avait mangé quand même. Mine de rien, ils s'étaient rapprochés, et le prodige commençait à se sentir sincèrement bien avec son vice-capitaine.
Enfin, quand il était habillé.
Comme d'habitude, le prodige s'étira comme un petit félin, baîllant avec volupté, et se traînant en dehors de son lit. Il le refit rapidement, puis s'engouffra dans le couloir. Débouchant dans le salon, il se frotta un œil pour ensuite poser son regard sur Ichigo, profondément endormi, qui avait rejeté ses couvertures, laissant voir sa plastique appréciable. Et qui plus est, avec une jolie et très imposante érection matinale... qui plongea Hitsugaya dans la confusion. Le prodige sentit ses joues chauffer fortement. Son côté professionnel balançait en boucle à son cerveau un subtil «fukutaicho-fukutaicho-fukutaicho».
Toshiro ressentit un pincement au cœur. Oui. Un pincement au cœur. Il s'en étonna lui-même. N'était-il pas censé être un Capitaine susceptible, accroc au travail, doté d'un humour acéré, et surtout absolument glacial? Un Capitaine et son fukutaicho, c'est impensable. Surtout si ce fukutaicho s'appelle Kurosaki. Et pourtant... Ichigo avait malgré tous ses efforts réussi à percer un trou dans sa carapace glaciale. Mais c'était naturel chez le roux. La rapidité avec laquelle cet événement s'était produit effrayait un peu le prodige. Voilà pourquoi Ishida, qui était l'exact opposé d'Ichigo, parvenait à le supporter, même à l'apprécier...
Il soupira profondément, la main dans ses mèches neigeuses. Et secoua Ichigo. «Allez, Kurosaki, debout.»
Le roux remua, grogna pour ouvrir un œil hagard et fatigué. Il bâilla, et eut un sourire qui fit flageoller les genoux d'Hitsugaya... qui n'en laissa rien paraître. «... Salut, Toshiro. Bien dormi?»
Hitsugaya soupira, et mit plusieurs secondes à répondre. «... Oui, merci.»
Ichigo ne comprit que lorsque son taicho partit à la douche. Ses yeux noisettes s'écarquillèrent, ses joues rosirent et un sourire incontrôlable étira ses lèvres.
Il ne l'avait pas repris sur son titre. Il n'avait pas corrigé le «Toshiro» en «Hitsugaya-taicho». Pourquoi? Mystère total. Mais le résultat était ce qui comptait.
Le roux s'étira, heureux. Une magnifique journée commençait.
…
Endroit inconnu.
«Votre pion... va-t-il vraiment accomplir sa mission?»
L'image grésilla, et l'un des interlocuteurs eut un sourire.
«Il en meurt d'envie. Pourquoi ne le ferait-il pas, dans ce cas?»
«Vu sous cet angle...»
«Toutefois, la seconde marionnette m'inquiète. Elle a l'air beaucoup trop impliquée.»
«Qu'allez-vous faire?»
«... Je vais me débrouiller. Les moyens ne manquent pas.»
Haaaa j'ai enfin fini ce chapitre T_T
Dites-moi ce que vous en avez pensé x) Sans review, je ne peux pas savoir ce que vous pensez -_- avouez que c'est nul. Et puis ça motive beaucoup :)
Le nombre de reviews est bas par rapport au nombre de "Story Alert"... M'enfin merci quand même pour tout!
PS : Certaines choses, que les reviews ont soulevé et/ou que je tiens à noter:
- Hitsugaya ne sait pas cuisiner. Il n'en a jamais eu besoin, puisqu'avec tous les repas organisés au QG, et les sorties entre amis, ainsi qu'avec Matsumoto (qui le couve comme une mère, cela va sans dire), il n'a jamais eu besoin de faire lui-même ses repas. Enfin, il est comme ça dans ma fiction. :)
- Renji et Byakuya sont totalement OOC, je l'admets ^^ enfin surtout Byakuya. Leur histoire est absolument guimauve, je vous l'accorde! Mais premièrement, la fiction est centrée sur la relation IchigoHitsugaya, que j'essaye de développer au mieux. Et deuxièmement, si l'ancienne évolution de leur relation, qui a donné un Byakuya attentif et un Renji colérique, vous intéresse, je développerais un peu plus cet aspect. :)
- Eh non, Ichigo n'est pas pudique du tout x) avouez que ça profite à tout le monde... xD Et aussi à Matsumoto x)
- Personnellement, j'aime beaucoup le personnage de Ryu. Mignon, mais hargneux... une vraie teigne! I love him. Mmh bref.
- Que pensez-vous de la relation IchigoSeiji? Peut-elle évoluer?
