Titre : Nouveau départ

Auteur : Malhow

Disclaimer : Tout à J.K.R, sauf l'histoire

Rating : M (progressif)

Note de l'auteur : Voici le troisième chapitre, avec un peu de retard ! Je ne sais pas s'il y en a qui suivent cette histoire plus ou moins de près mais avec la reprise des cours après le blocus de Pâques, je n'ai pas su maintenir un délai d'une semaine entre les chapitres. Du coup, je vais essayer de publier toutes les deux semaines à peu près, peut-être un peu moins.

Sinon, rien de neuf, ce chapitre n'est pas corrigé. Bien sûr je fais une relecture avant publication mais ça n'empêche pas que je suis carrément et indéniablement une buse en orthographe. J'espère que ça n'handicape pas trop la lecture, n'hésitez vraiment pas à me dire ce que vous en pensez :) Les commentaires, positifs, négatifs ou neutres sont quand même stimulants ! Je vous souhaite une bonne lecture !

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Chapitre 3 – Un retour à la maison ?


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Ils allaient d'ici peu passer les portes de la grande salle. Marchant dans les couloirs, Harry avait repris la main de Teddy dans la sienne, de sa propre initiative cette fois. Seulement, il ne savait pas si c'était pour le rassurer lui ou l'enfant. Revenir ici lui procurait des sensations intenses et à l'exacte opposées les unes des autres. Dans le train, il s'était senti légèrement cotonneux par le voyage, alliant nostalgie et appréhension. Mais ici, à quelques pas de la grande salle, il se sentait à la fois excité, impatient et tout autant désireux de faire demi-tour et d'aller se terrer à nouveau au Square Grimmaurd. Il redoutait de croiser les élèves, les professeurs, … leur regard à tous. Il s'attendait à revoir des alliés de la guerre, des neutres, des rescapés et tout un tas de personnes que le brun ne se sentait pas tellement prêt à faire face.

Enfoui dans ses pensées tortueuses, Harry ne vit pas que Teddy grimaçait de plus en plus face à sa main fortement serrée par celle de son parrain. A un moment, l'enfant n'y tint plus.

« Aie ! lâcha Teddy en criant, tu me fais mal ! » Teddy fronça les sourcils en regardant son parrain qui affichait un air surpris et décida que c'était trop risqué de rester auprès de lui pour le moment. L'enfant alla se réfugier près de Draco et lui pris la main avec autorité sans faire attention au regard blessé que lui jeta Harry, mais qui cependant n'échappa pas à Malfoy.

Celui-ci voulut montrer au brun qu'il était désolé en affichant un air contrit, si peu familier sur son visage, mais Harry se détourna de lui trop vite pour le voir et continua son chemin, légèrement plus raide.

Hermione, qui marchait jusqu'alors à l'arrière avec Ron et Zabini et qui venait d'observer la situation, s'avança pour aller serrer affectueusement le bras du brun et lui montrer ainsi son soutien. Harry lui fit un faible sourire.

« Je suis vraiment nul, souffla Harry.

- Mais non, bien sûr que non. Seulement, il va falloir un peu de temps pour que vous appreniez à vous connaître, tu ne crois pas ? répondit Hermione sur un ton qui se voulait rassurant.

- Si tu le dis, finit par répondre le brun après un cours silence.

- Harry… »

Mais Harry ne réagit pas à l'appel de sa meilleure amie parce qu'ils arrivaient près des portes de la grande salle et qu'il ne voulait pas penser à Teddy, ni à Malfoy, ni à personne pour le moment. Sous le regard embêté d'Hermione à son égard, le brun ouvra les grandes portes pour laisser passer ceux qui le suivait. S'il avait pu se terrer dans un trou de souris, il l'aurait certainement fait.

Parce qu'il n'avait plus vraiment le choix, Harry suivit l'étrange ascension de son groupe hétéroclite au milieu de la grande salle. La première chose qui vint à l'esprit du brun, non sans soulagement, fut qu'ils étaient seuls. Personne d'autre qu'eux n'étaient encore là. C'est vrai qu'après réflexion ils n'avaient entendus aucun bruit, aucun cri émanant des portes fermées lorsqu'ils étaient encore dans le couloir contrairement à ce qu'ils avaient déjà connu dans leurs années antérieures. La deuxième chose à laquelle il pensa, c'est que l'odeur était restée la même. Oui, l'odeur de cette mythique salle était toujours teintée de ces multitudes effluves différentes, allant de l'ébène du mobilier à la magie ancestrale qu'abritait les murs, de la nourriture qui emplissait lentement l'air et des élèves en pleine effervescence, même si absents pour l'instant, dégageant une odeur douceâtre qui semblait imprégner jusqu'aux tapisseries.

Le brun s'étonna de cette réflexion, parce qu'il n'avait jamais auparavant eu l'impression que Poudlard avait une odeur. Mais ses souvenirs décidèrent de lui couper le souffle subitement et il se souvint brusquement et de manière foudroyante que la dernière fois qu'il avait foulé ce sol, la seule odeur qui persistait était celle nauséabonde du sang. Ce qui lui arrivait ici n'était finalement qu'une affaire de réminiscence.

Harry faillit percuter Hermione qui s'était arrêtée devant lui. En relevant la tête, le brun vit que tout son groupe s'était en fait stoppé, et que ses pensées l'avaient accaparé une fois de plus. En penchant la tête pour voir la raison de leur arrêt soudain, le Survivant vit Macgonagall au centre de la pièce.

« Bienvenue à tous, claironna-t-elle avec un sourire aux lèvres. J'espère que vous avez fait bon voyage. Avant que les autres ne fassent leur entrée et que le traditionnel repas de rentrée ait lieu, j'aimerais d'abord aborder quelques petites choses avec vous. Mais d'abord, je vous en prie, prenez place afin d'être plus à l'aise. »

Harry regarda autour de lui et s'arrêta sur les grandes tables qui trônaient à leur gauche et à leur droite. La grande salle était toujours divisée en grandes tablées, alignées par maison. Cependant le brun aperçu que tout un pan du mur qui fermait auparavant le quatrième côté de la salle avait été démoli pour agrandir la salle et des tables rondes y étaient désormais installées, avec de petites chaises. « L'école pour les enfants, pensa Harry. Ces tables si basses sont prévues pour eux. Et derrière ces portes là-bas, ce doit être l'annexe qui abrite leur nouvelle école. »

Ils prirent place à l'une des tables à proximité d'eux. La table des Serdaigles. « Une table neutre, pensa amèrement Harry. » Aucun professeur n'était présent non plus, et le brun se demanda un instant à quoi tout cela rimait. N'était-ce pas censé être une rentrée 'comme les autres' ?

Teddy était toujours collé à Malfoy, à l'opposé d'Harry, et regardait avec des yeux ronds tout ce qui l'entourait. On aurait dit qu'il avait peur de cligner des yeux et que ce qui l'entourait disparaisse en même temps. Le Survivant n'empêcha pas l'élan d'affection de l'envahir à la vue du visage émerveillé, et il se dit fermement qu'il allait mettre tout en œuvre pour être une bonne personne pour l'enfant.

Tout à ses résolutions, Harry ne vit pas Hermione qui le regardait de manière soucieuse.

« Harry ? Est-ce que tu vas bien ? Tu as l'air… Ailleurs, conclu-t-elle.

- Ouais, surenchérit Parkinson, t'es tout le temps dans tes pensées, Potter. Ça te donne un air un peu débile ».

Ledit Potter leva les yeux au ciel en entendant la remarque de la Serpentarde et décida de ne pas répliquer.

« Ça va Hermione, t'inquiète ».

Hermione voulu ajouter quelque chose et ouvrit la bouche pour le faire quand la nouvelle directrice décida de prendre la parole à nouveau.

« Bien. Comme vous pouvez le constater, la salle a été légèrement modifiée, dit-elle en faisant un geste de la main vers l'agrandissement pour les enfants. Je vous ai expliqué dans mes lettres les projets que je nourrissais pour notre école, et j'espère que vous allez m'aider pour les mettre en œuvre.

Quelques hochements de têtes et de sourires lui répondirent.

- Dans un premier temps, enchaîna-t-elle, sachez que vous ne serez pas les seuls à nous joindre pour cette année supplémentaire. Seulement, je vous ai fait venir à des moments différents pour une question d'organisation. Par ailleurs, je vais donner quelques explications à propos des agencements conçus pour accueillir les enfants. Cette année, ils seront au total de quinze de deux à sept ans. Certains sont orphelins de guerre, et…

- Comme moi ? coupa Teddy d'une petite voix.

- Oui, comme toi mon garçon, répondit-elle avec un sourire attendri. J'espère que tu te feras des amis, ici, Teddy.

- Comment tu connais mon prénom ? interrogea l'enfant avec de grands yeux sous les rires légers des personnes attablées face à l'emploi du tutoiement.

- Parce que je te connais depuis ta naissance, et je connaissais très bien tes parents également, dit la directrice en souriant. Et je serai très heureuse d'en discuter avec toi si tu en as l'envie. Cependant, je n'ai pas beaucoup de temps pour donner mes explications, alors ce sera pour plus tard, tu es d'accord ? »

L'enfant hocha vivement la tête de haut en bas, à la fois gravement face au sujet abordé et à la fois fièrement qu'on lui demande son avis.

« Bien. Comme je le disais, quelques enfants comme Teddy sont orphelins de guerre, et ont des membres de leur fratrie qui poursuivent des études ici, à Poudlard. Pour leur permettre de continuer leurs études tout en répondant aux responsabilités que la situation politique les a forcés à endosser, nous avons décidé d'accueillir tout le monde. Deux autres enfants parmi les plus âgés sont des loups-garous. Ils ne connaissent personnes ici mais leurs familles les ayant rejetés face à leur condition difficilement gérable, nous avons également convenus de les accueillir.

- Mon dieu, souffla Hermione en mettant une main devant sa bouche. La meute de Greyback ?

- C'est exact, Miss Granger, enchaîna Maconagall en hochant la tête. Lors de l'attaque de certains villages par la meute, certains enfants ont péri, d'autres ont été transformés. J'imagine que chacun d'entre nous se souvient de l'attachement que cet individu accordait aux toutes jeunes victimes. »

Un air de dégoût fit le tour de la table et s'arrêta au visage douloureux qu'afficha Malfoy au rappel de ce souvenir. Si l'un d'entre eux avait été particulièrement proche de Fennir Greyback, c'était bien lui.

« Leur cas a été longuement discuté. Certains membres du Conseil ne désiraient pas avoir la charge de ce type de public, s'agaça la directrice en claquant la langue, mais j'ai fait savoir qu'en ayant déjà abrité un élève de cette communauté par le passé, Poudlard était sans aucun doute l'institution la mieux placée. Je refuse que ces jeunes gens soient placées dans des hôpitaux où ils se morfondront de leur condition. Ici, ils ont un avenir, trancha-t-elle pour finir. »

Au rappel de la condition de Rémus Lupin, Harry s'interrogea sur ce que Teddy savait ou non à propos de son père. Peut-être qu'il allait devoir explorer ce fait, d'autant plus si le garçon allait en côtoyer de près.

« Les enfants partageront un dortoir de trois personnes, continua-telle d'expliquer, et seront pris en charge durant la journée par des professeurs expérimentés dans l'enseignement et la pédagogie que demandent ces jeunes gens. Comme tout élève, ils auront des horaires adaptés à eux et à leur développement. »

Teddy, qui n'avait plus interrompu la directrice, se leva de nouveau en affichant une grimace tendue.

« Ça veut dire que je serai pas avec parrain pendant la nuit ? fit l'enfant d'une petite voix chevrotante.

- Non mon chéri, tu seras avec les autres enfants de ton âge, répondit Macgonagall d'une voix la plus rassurante possible. Pour que vous puissiez grandir et vous épanouir, nous pensons qu'il est mieux que vous soyez avec des personnes qui vous ressemble et avec lesquelles vous pouvez apprendre à vous construire. »

Face à l'angoisse visible de l'enfant et aux caresses apaisantes que Draco Malfoy essayait de procurer sur le dos de l'enfant, la directrice se sentie extrêmement attendrie. Tous les jeunes qu'elle avait devant elle semblaient si changés depuis la dernière fois qu'elle les avait vu. Ils avaient l'air d'avoir tellement … Grandis. Si vite ... Trop vite.

Harry, quant à lui, fut surpris et ravi que l'enfant le veuille lui et pas Malfoy pour dormir avec, et était également très touché par sa détresse.

« Peut-être que … tenta-t-il.

- Non, Monsieur Potter, coupa la directrice. Pas d'exception. Je sais que ce n'est pas facile pour vous, ni à vivre, ni à comprendre cependant je reste persuadée que c'est une bonne chose à faire. »

La directrice s'avança près du banc où était assis Teddy et s'accroupit devant lui avec difficulté pour que son visage atteigne la hauteur de celui de l'enfant. Elle le regarda droit dans les yeux.

« Ça fait beaucoup de changements pour toi, Teddy, résuma Macgonagall, j'en ai conscience. Je ne suis pas à ta place, mais j'imagine que ce ne doit pas être facile pour toi en ce moment. »

Le garçon, qui s'était retourné sur le banc pour faire face à la dame, hocha la tête tout en sentant les larmes lui monter aux yeux. La dame prit ses petites mains qui agrippaient ses genoux dans les siennes et les serra doucement.

« Mais même si tu ne me connais pas encore, enchaîna-t-elle avec une voix douce, moi je te connais et je connaissais tes parents comme je te l'ai dit tout à l'heure. Et ce dont je suis sûre également, c'est que tu es quelqu'un de très courageux, est-ce que je me trompe ? »

Teddy avait une boule dans la gorge et ne pouvait pas parler en ce moment, alors il fit 'non' de la tête pour signifier que la dame ne se trompait pas. Tout en sentant une larme rouler sur sa joue, l'enfant se dit que c'était vrai, qu'il était courageux. Même que c'est sa grand-mère, Andromeda, qui le lui disait. 'Tu es courageux comme ton père, disait-elle certaines fois, et intrépide comme ton parrain.'

« Tu pourras voir ton parrain chaque jour durant vos moments de détentes, dont les temps de midi et les soirées. Tu auras accès à sa salle commune, comme chaque enfant qui a de la famille ici et lui aussi pourra venir passer du temps avec toi.

- Et Draco ? demanda l'enfant d'une petite voix, il pourra venir lui aussi ?

- Bien sûr, souri-t-elle. Tu es libre de voir qui tu as envie. Teddy… Dans cette école, j'espère que tu trouveras ta place. Je suis sûre que tu la trouveras, en fait. Et je suis certaine également que tu seras un excellent, un merveilleux sorcier, conclu-t-elle avec déjà une once de fierté dans la voix. »

A l'entente du mot 'sorcier', les yeux de l'enfants se mirent à briller d'excitation. Il avait tellement hâte de faire de la magie et toutes ces jolies choses que Draco ou Hermione lui montraient le dimanche chez grand-mère.

« Les enfants feront-t-ils parties d'une maison ? demanda Parkinson.

- Non, répondit la directrice. Pas avant qu'ils n'entrent en première année, pour ceux qui resteront dans cette école. A cet âge où le développement cognitif et psychologique est en plein remue-ménage, ce ne serait vraiment pas judicieux. »

La tablée hocha la tête avec accord.

« Teddy, maintenant que tu sais ce qui t'attends, j'aimerais que tu ailles avec Marie, qui sera ton professeur de psychomotricité. Elle va te faire visiter ta chambre et là où tu vas pouvoir arranger tes affaires. Décore la partie de ta chambre comme tu en as envie, mon garçon, fait tout pour te sentir au mieux, c'est d'accord ? »

Avant que l'enfant puisse répondre, Macgonagall appela ladite professeure de psychomotricité pour qu'elle vienne chercher Teddy. Une fois près de la table, elle se présenta à l'enfant en répétant son prénom et demanda le sien avant de lui demander s'il voulait bien lui donner la main pour la visite.

Teddy était ravi que les personnes autour de lui ne s'adresse pas à lui comme à un bébé. Il n'avait pas l'habitude mais il en était très content parce que ça faisait déjà si longtemps qu'il n'était plus petit, au moins dix ans ! Marie avait l'air gentille avec ses longs cheveux bruns qui ondulaient gracieusement autour de son visage et son sourire doux, et Teddy décida qu'il pouvait lui faire confiance même s'ils ne se connaissaient pas encore. Il sentait ces choses-là. Dans son ventre, quelque chose s'agitait toujours d'une certaine manière quand il pouvait ou non s'approcher d'une personne sans dangers. C'était comme avec Draco, il avait su tout de suite que ce serait un ami.

Le garçon ne savait pas que la boule dans son ventre était en fait l'instinct exacerbé face au gène de loup-garou, légué par son père, qui circulait dans son corps.

« Avant que vous ne partiez, une dernière chose Teddy. Ce soir, tu pourras aller souper dans la salle commune de ton parrain et des autres personnes ici présentes. En effet, continua-t-elle en regardant tout le monde, je ne vais pas vous imposer la grande salle et les regards des élèves braqués sur vous dès le premier jour. D'autant plus que ce sera déjà assez fatiguant avec la cérémonie de répartition des premières années, ajouta-t-elle d'avance avec un air abîmé. Tu peux y aller maintenant, encouragea-t-elle l'enfant, tu retrouveras tout le monde tout à l'heure, termina la directrice avec un sourire bienveillant. »

L'enfant sauta du banc sur lequel il était, fit un sourire à Draco et un petit signe de la main à son parrain qui était assis un peu plus loin et parti avec Marie qui lui posait déjà plein de questions sur lui.

C'est le babillement joyeux du garçon envers sa professeure qui rassura Harry. La détresse de Teddy semblait avoir été apaisée, et même s'il n'avait de nouveau pas su réagir, le brun en était tout de même soulagé. Il désirait vraiment que l'enfant puisse s'épanouir ici, et se sentir chez lui. Comme cela avait été le cas pour lui. Avant …

« Avant de vous libérer, j'aimerais aborder une dernière chose avec vous, fit Macgonagall. Je ne sais pas exactement quelle est la meilleure manière d'aborder ceci donc je vais me lancer à tâtons, hésita-t-elle. Avant toute chose, j'aimerais vous remercier d'être présent et d'avoir accepté de faire cette ultime année ici. Je sais que ce n'est pas facile pour vous. Mais outre le fait que je pense qu'il est nécessaire que vous ayez votre diplôme, je désirais ardemment votre présence ici. Votre présence à tous, dit-elle d'un air assez grave. »

Ron leva un sourcil vers Harry avec l'air de dire 'Mais qu'est-ce qu'elle ramage encore, la vieille ?' Hermione, captant ceci, lui donna un coup de coude pour qu'il se concentre et arrête ses bêtises. Nott, qui avait suivi l'échange, réagit avec un éclat de rire narquois qui fit se tourner Zabini avec un air interrogateur.

« Je suis d'avis que les erreurs du passé ne doivent pas être oubliées, enchaîna la directrice en ramenant les distraits à la conversation, et qu'elles doivent même être prises en considération pour améliorer l'avenir. Vous qui êtes devant moi savez plus que quiconque à quel point des conflits et des dissensions, même minimes, entre des groupes de personnes peuvent provoquer d'énormes dégâts. C'est même un euphémisme, n'est-ce pas ? interrogea-t-elle du regard avec un air entendu. »

En effet, ils étaient tous au courant que des désaccords pouvaient entrer dans un engrenage et devenir extrêmement destructeurs, au point de devoir engager une guerre d'idéologie meurtrière. Seulement, même s'ils étaient tous au courant de ce fait, et qu'à leur plus grande joie ils l'avaient même vécu, ils ne saisissaient pas ou la directrice voulait en venir.

« Même si ce ne sera plus le cas pour vous, que vous ne serez plus à proprement parlé des membres d'une maison distincte, vous n'en restez pas moins des Serpentards et des Gryffondors dans vos caractères, vos personnalités, vos compétences et le reste. Les désaccords entre ces maisons en particulier ne sont un secret pour personne, tant ils sont ancrés dans l'histoire. Tout cela pour en venir au fait que même si Poudlard maintient sa répartition de chaque élève allant de la première à leur dernière année dans une maison qui l'aidera à grandir et à se construire selon ses compétences et sa personnalité, je refuse que cette division soit autre que purement éducative. Moi ainsi que le corps enseignant et j'espère que ce sera le cas pour vous aussi, nous refusons de voir naître de nouveau entre ces murs une haine et une colère que les élèves qui en auront hérité de leur famille doivent gérer et pire, entretenir.

J'y ai longuement réfléchi et j'aimerais vous demandez un service. Après de longues réflexions, qui autre que vous pourriez tenir ce rôle avec brio ? Avec votre passé, vos expériences et votre entente récente et nouvelle, vous avez les cartes en mains pour préserver une paix dans cette école et par extension dans la société sorcière.

C'est pourquoi j'aimerais faire de vous des personnes de confiance*, fit la directrice en concluant son discours d'un grand sourire qui se voulait tant convaincu que convainquant. »

Un silence répondit, durant lequel des regards interrogateurs et septiques s'échangèrent. Le silence s'étira, et ce fut finalement Ron Weasley qui le coupa non sans hésitation.

« Hum… Est-ce que… Vous pourriez expliciter un peu ? Qu'est-ce que c'est, une 'personne de confiance' ? demanda-t-il.

- Oui, et qu'est-ce que vous attendez de nous, réellement ? Ne tournez pas autour du pot, dites-nous directement le rôle que vous voulez qu'on endosse, surenchérit Parkinson avec un léger agacement qu'elle ne chercha pas à cacher.

- Miss Parkinson, je vois que votre pragmatisme ne vous a pas abandonné, enchaîna la directrice sans se froisser de la réaction de la jeune fille. Je vais vous expliquer, consentit-elle à répondre. Une personne de confiance est un individu officiellement désigné pour prendre en charge des plaintes de personnes faisant partie d'une institution. Je veux que vous soyez des représentants de Poudlard et de ses valeurs auprès des élèves. Concrètement, je voudrais que ce soit vers vous qu'en cas de plaintes, de conflits, de doléances et autres, les élèves puissent venir s'adresser et ce en toute confidentialité pour obtenir une écoute et un soutien adéquat et adapté. Vous seriez les intermédiaires entre les élèves et le corps enseignant pour les situations délicates qui demanderaient notre intervention, mais je veux vous donner carte blanche sur la manière de prise en charge des élèves qui sont susceptibles de venir vous voir.

Si vous êtes d'accord, je vous présenterai dès demain à l'ensemble des élèves. Ceux-ci seront alors libre de venir vous consulter en cas de besoin de leur part. »

Le silence s'étira de nouveau à la table qui faisait face à la directrice. Chacun essayait d'assimiler les paroles qu'ils venaient d'entendre et ce que cela demandait et sous-entendait.

« Enfin… Je ne comprends pas tout, s'exprima Hermione. Je veux dire, vous faisiez déjà cela très bien en tant que professeur, non ? Cela ne devrait pas plutôt rester l'une de vos missions ?

- Pour vous répondre, Miss Granger, je vais avoir recours à un exemple. Je crois que de nos jours, il n'est plus nécessaire de passer par quatre chemins. Ce dont je vais parler n'est pas des plus amusants, j'en ai bien peur. »

La directrice s'avança d'un pas et se pencha de façon à pouvoir regarder Draco Malfoy dans les yeux. Celui-ci, qui ne s'y attendait pas, eut un mouvement de recul sur le banc avant de reprendre une expression sereine. En façade, du moins.

« Monsieur Malfoy, vous qui avez côtoyé de près les mangemorts et leur leader. Vous qui avez été assigné comme responsable de faire entrer des mangemorts dans cette école et d'assassiner son directeur. Cette année-là, votre scolarité a été très compliquée pour vous, n'est-ce pas ? fit Macgonagall d'une voix empathique, bien que ferme.

- Où est-ce que vous voulez en venir ? s'exprima froidement le blond en gardant son regard planté dans celle qui lui faisait face.

- Mon but n'est pas de vous attaquer, Monsieur Malfoy. Mais de montrer à Miss Granger que des personnes de confiance auraient été utiles au sein de cette école lorsque votre famille vous faisait porter un tel poids sur les épaules que vous avez failli commettre l'irréparable. Et je ne parle pas seulement de la tentative de meurtre envers Albus Dumbledore. »

Le bruit d'un banc qui racle le sol fit sursauter Harry qui était, comme chacun autour de la table, extrêmement attentif à la discussion qui venait de se dérouler. Malfoy s'était levé subitement, forçant la directrice à relever le dos de la table sur laquelle elle était toujours penchée. Il toisa la femme devant lui avec un dédain palpable avant de tourner les talons fermement et de se diriger vers les portes de sorties de la grande salle. En les passant, il les fit claquer derrière lui.

« Toujours aussi théâtrale, murmura Zabini qui l'avait, comme tous les autres, suivit du regard. Vous étiez obligé de lui parler de ça ? interrogea-t-il Macgonagall qui affichait un air coupable.

- Oui et non, Monsieur Zabini. Mais vous conviendrez que Monsieur Malfoy n'est pas des plus faciles à convaincre, surtout s'il s'agit de s'exprimer à propos de lui. Or en tant que personnes de confiances, je pense que vous serez amené à le faire. Remettre cette histoire sur le tapis fera naître, j'en suis sûre, des réflexions constructives chez lui qui l'amènera à considérer tout ceci comme important, ou non. »

De quoi parlait-ils ? se demanda le brun. Qu'est-ce que Malfoy avait bien pu vouloir faire qui puisse être qualifié d'irréparable ? Aux premiers abords, Harry aurait bel et bien pensé à la mission que Voldemort avait donné au blond, c'est-à-dire de tuer Dumbledore. Il savait également que Malfoy n'avait pas commis l'irréparable ce jour-là, puisque lui-même était aux premières loges. Mais Macgonagall avait précisé que ce n'était pas de cela dont il s'agissait. Se pourrait-il… Malfoy aurait-il voulu, ou même tenté, de mettre fin à ses jours ? s'interrogea de nouveau le brun avec cette fois-ci un sentiment d'horreur au creux du ventre.

« Vous n'êtes pas obligés de me donner une réponse dans l'immédiat, continua Macgonagall, cependant… »

... ... ...

Concernant la fin de la conversation et des explications de la directrice, Harry n'aurait su dire ce qu'il s'en était dit. Il avait passé la fin de la réunion complètement déconnecté, ressassant encore et encore ses interrogations et ses réflexions à propos de Malfoy et de son acte presque irréparable. Le brun avait finalement repris pied avec la réalité quand le raclement de bancs s'était de nouveau fait entendre, et qu'il avait bien dû suivre les autres qui se mettaient en route vers la sortie s'il ne voulait pas rester là tout seul comme un idiot.

Emboîtant le pas à Hermione, qui était la dernière du groupe avant lui, il se demanda furtivement où est-ce qu'ils allaient à présent. Sans doute Macgonagall avait expliqué où se trouvait leur nouvelle salle commune, mais puisqu'il n'avait rien écouté…

Avant de passer les portes de la grande salle, il jeta un regard en arrière vers l'endroit où était parti Teddy tout à l'heure. Il se demanda comment l'enfant allait et espérait que tout se passe bien. Se retournant pour continuer son chemin avec les autres, il vit que Malfoy les attendait près des portes menant au parc – il n'avait pas eu le choix, puisque lui non plus ne savait pas où se trouvait leurs quartiers. Appuyé contre celles-ci, il leur tournait le dos et avait mis ses mains dans ses poches. Le voir ainsi fit revenir Harry brusquement dans ses réflexions qu'il avait quitté à peine plus tôt. Il pensait sans mentir plutôt connaître assez bien le blond, des années de rivalités aidant. Et puis… Cependant ces mystères soudainement apparus ne plaisait pas au brun. Il avait envie de savoir.

« Hermione… chuchota Harry, de façon à qu'il n'y ait qu'elle qui entende.

- Oui, Harry ? dit-elle en se retournant.

- Est-ce que tu sais quelque chose à propos…

- Non, je ne sais rien, coupa la brune avant qu'Harry ne puisse finir sa phrase. Moi aussi je me pose des questions, fit-elle soucieuse.

- Pourquoi ? demanda Harry qui avait moyennement aimé être coupé par son amie, d'autant plus qu'elle avait l'air de savoir à l'avance de qui il allait parler, ce qui lui plaisait peu également. Après tout, on s'en fout de Malfoy, non ? relança-t-il avec nonchalance.

- Toi et moi savons que nous ne nous en foutons pas, répliqua Hermione d'un air sévère. Ou du moins, nous ne nous en foutons plus. La guerre a tout changé, la guerre nous a changé. Tu le sais mieux que quiconque, non ?! ajouta la brune de plus en plus énervée au fur et à mesure qu'elle parlait. Il a tout quitté pour venir dans notre camp. Dans ton camp, Harry.

- …. Je sais. Je sais, murmura Harry après un silence, se sentant honteux. Excuse-moi, je … »

Harry se passa les mains sur le visage pour se donner le temps de rassembler ses pensées. Ou du moins essayer.

« Je ne sais pas exactement quoi penser de tout ça, dit-il finalement. Je ne sais pas exactement comment je dois me comporter avec lui, Hermione… avoua-t-il à demi-mots en haussant les épaules devant sa propre inefficacité.

- Contente-toi d'être toi, fit la brune en souriant. Nous apprenons tous à nous connaître doucement, laissons-nous une chance. Et puis nous allons tous vivre dans les mêmes quartiers, alors autant que nous soyons le plus amical possible entre nous ! ajouta-t-elle en rigolant. »

... ... ...

Des chambres individuelles ! Chacun d'entre eux avait sa propre chambre selon Ron – qui avait été plus attentif que lui durant la réunion, pas très grande, certes, mais tout de même, c'était une première à Poudlard. Jusqu'alors, seul les préfets y avaient droit à la connaissance d'Harry. Comme quoi, cela avait du bon d'être un survivant de guerre !

Lorsque qu'Harry était entré dans la salle commune à la suite des autres, il avait pu voir une très grande pièce qui semblait très confortable. Comme dans la salle commune de Gryffondor, des épais fauteuils étaient disposés ici et là et notamment auprès d'une immense cheminée. De plus, le brun découvrit en levant la tête qu'il y avait un second étage, dont il pouvait voir différentes portes disséminées entre des bibliothèques. 'Les chambres', pensa-t-il. Comme dans la salle commune des Serpentard qu'il avait découvert quelques années plus tôt avec Ron, de grandes bibliothèques étaient disposées tout le long des murs circulaires du deuxième étage, qui faisaient le tour de la salle commune.

Hermione, en voyant avisant les bibliothèques, avait couru aussitôt dans les escaliers y menant pour aller voir cela de plus près. En passant devant les portes qu'Harry avait remarqué, la brune lui donna raison.

« Les gars, les chambres sont ici ! claironna-t-elle en ne s'arrêtant cependant pas devant pour rejoindre une des bibliothèques qu'elle avait repérées. Et en plus, nos noms sont marqués dessus ! Pas de bagarres comme ça, taquina-t-elle avant de définitivement disparaître derrière un rayonnage. »

Harry et Ron, d'un signe de tête s'engagèrent à la suite d'Hermione pour, quant à eux, aller voir leurs chambres. Les Serpentards décidèrent de faire de même. Les chambres étaient côtes à côtes les unes des autres et comme Hermione l'avait soulignée, elles portaient leur nom. Ainsi le groupe put découvrir qui étaient les élèves qui allaient les rejoindre pour faire cette année scolaire supplémentaire et qui n'étaient pas encore arrivés. Les premières chambres étaient attribuées aux filles – Hermione Granger, Pansy Parkinson, Lavande Brown, Hannah Abbott. Les suivantes étaient par conséquent réservées aux garçons – Blaise Zabini, Dean Thomas, Théodore Nott, Neville Longdubat, Seamus Finnigan, Ron Weasley, Harry Potter, Draco Malfoy.

Il y avait également deux salles d'eaux, mises à l'opposées l'une de l'autre et qui étaient réservées pour chacun des deux sexes.

Avant d'entrer dans sa chambre, Harry jeta un œil à la porte jouxtant la sienne et par laquelle Malfoy entrait présentement. Sans un regard pour quiconque, le blond entra et ferma la porte derrière lui. Harry entendit même le verrou être tiré avant que lui-même n'entre finalement dans sa propre pièce. 'Il ne doit pas être rassuré d'avoir sa chambre si près de la mienne' pensa amèrement le brun en allant s'affaler de tout son long sur son lit afin d'en tester la mollesse.

... ... ...

Le souper et la soirée s'était terminée une demie heure plus tôt et ils avaient tous regagné leur chambre pour la nuit. Ils avaient tous manger dans la salle commune un repas que léger que les elfes de maisons leur avaient apporté. Le groupe avait mangé dans une ambiance assez spéciale, pas vraiment tendue mais pas très à l'aise non plus. Heureusement, Teddy avait su détendre l'atmosphère avec son innocence et sa gaieté si naturelle. Lui et Ron s'étaient amusé à dires des blagues qui avait fait exploser de rire Parkinson et Zabini. Seul Malfoy n'était pas descendu. Depuis qu'ils avaient pris possession de leur quartier tout à l'heure et que le blond était allé dans sa chambre, il n'avait pas réapparu. Parkinson avait bien essayé d'aller frapper à sa porte une première fois, mais il n'avait même pas répondu. Harry avait observé tout cela avec toujours plus d'interrogations. Il avait voulu demander aux Serpentards pourquoi ils ne mettaient pas plus d'entrain pour sortir leur pote de sa chambre mais les regards tendus et angoissés que se jetaient les trois vert-et-argent l'en avait dissuadé. Ils avaient l'air d'avoir déjà connu ce genre de situation. Au moment du départ, Teddy avait été très malheureux de ne pas avoir pu voir le blond, au plus grand malaise de son parrain.

Harry se leva de son lit sur lequel il s'était de nouveau affalé et s'approcha de sa malle qu'il n'avait pas pris la peine de défaire. Sans faire de bruit, il vida ses affaires jusqu'à atteindre le fond et attrapa un cadre en bois qu'il avait soigneusement emballé dans un essuie. Le portrait de Narcissa Malfoy, qu'il avait trouvé dans la chambre du blond, au Square Grimmaurd. Il le regarda longuement, ne se décidant pas sur la marche à suivre.

Finalement, il se dirigea vers sa porte et sortit sans faire de bruit. Une fois dans le couloir, il fit quelques pas pour rejoindre la chambre de Malfoy et déposa sur le sol le cadre de sa mère, appuyé en équilibre contre le chambranle. Harry se dit que si quelqu'un pouvait peut-être aider Malfoy dans ses dilemmes, c'était sa mère.

Le Gryffondor fit demi-tour de nouveau sans faire de bruit et regagna sa chambre. Il espérait que Malfoy aurait une petite faim d'ici peu – il n'avait quand même rien avaler depuis des lustres ! et qu'il verrait le cadre. Harry ne s'expliquait pas vraiment le geste qu'il avait eu, seulement que cela lui avait semblé la bonne chose à faire.

Tout à ses pensées sur le blond, il se déshabilla et se glissa nu dans les draps frais. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il était épuisé et la fraîcheur des draps contre sa peau lui fit du bien. Tout en s'endormant, Harry entendit la porte de la chambre voisine s'ouvrir avant de se refermer peu de temps après. Malfoy venait de découvrir le cadre.

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A suivre...

* Personne de confiance ; en Belgique, une personne de confiance est un individu (pouvant être présent dans tout type d'entreprises je pense) qui gère la prévention des risques psycho-sociaux. Il soutient les personnes dans la recherche de solutions adaptées à chacun et peut traiter des plaintes allant du harcèlement moral, sexuel, physique à la dépression, etc. Il est soumis à un cadre légal. J'ai remodelée la fonction pour mon histoire :)

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Alors, qu'en dites-vous ? Dites moi tout, allez... ! Pour le prochain, il y aura normalement plus d'Harry et Draco (enfin !)