J'espère que ce chapitre va vous plaire. Merci à Ashwinder! Enjoy..
« GINNY ! NON ! »
Les mots avaient surgi dans l'esprit d'Harry, mais sa voix ne put pas articuler quelque chose de cohérent. Sa bouche était grande ouverte, et il essayait de faire fonctionner sa gorge avec effort, mais pas un son ne sortit. Il chercha à tâtons la main qui tenait encore sa baguette et la toucha. Sa main était solide et chaude, mais il y avait quelque chose d'anormal. L'image d'Hermione pétrifiée et allongée à l'infirmerie vint à son esprit.
Quelque part derrière lui, il entendit le son de la porte de la cuisine qui s'ouvrit et des bruits de pas, mais il les ignora. Il ne put faire autre que regarder Ginny ; les yeux remplis de douleur, une larme glissa, brillant dans ses cheveux comme une sorte de moquerie de la rosée du matin, laissant seulement une légère trace de sel sur sa joue supérieure. Il savait que c'était une image qui l'hanterait pour le reste de ses jours.
« Harry ! Que s'est-il passé ? »
La voix inquiète de Remus lui parvint à ses oreilles. Il y avait des mains sur ses épaules les serrant, essayant de le trainer loin de Ginny. Il les écarta. Elles se replacèrent, plus insistant cette fois. Il donna une violente embardée, en cherchant à leur échapper. Elles voulaient l'emmener loin de Ginny. Il ne pouvait simplement pas se laisser faire.
Le visage de Remus surgit dans son champ de vision. « Harry, je ne peux pas l'aider si tu ne me le permets pas, » dit-il calmement, s'agenouillant sur le sol près de Ginny. « Laisse-moi juste voir… »
Harry céda. Il laissa à contre cœur les mains l'aider à se lever. « Harry, » dit Sirius calmement. Il n'y avait pas le moindre soupçon d'accusation dans sa voix. « Qu'est-ce qui est arrivé ici ? »
Harry ne put pas répondre ; il ne put que bouger sa tête distraitement. Il n'eut aucune idée de ce qui s'était passé. Ses yeux restaient accrochés sur Ginny. Remus était penché sur elle, une main placé sur son cou, cherchant un pouls, son expression plus grave que jamais. Il semblait qu'il se passait une éternité avant que sa ride d'inquiétude disparut de son front.
« Il y a un pouls, mais il est très faible, » demanda-t-il. « Nous devrons voir comment on peut l'emmener à Sainte-Mangouste. » Il s'arrêta et il dirigea sa main vers sa baguette, comme s'il voulait la prendre, mais s'arrêta juste avant de le faire. Harry ne l'avait pas encore remarqué,mais de minces volutes de fumée flottaient telles de fantômes du bout foudroyé.
"Ça ressemble juste à…" commença-t-il lentement. Il leva son regard pour regarder Harry. « Mais ça ne se peut pas. Elle ressemble exactement à toi lorsque je t'ai trouvé à Pré-au-lard. »
Harry n'aimait surtout pas les implications de ce qui venait de se dire. Sa voix ne voulait toujours pas marcher, mais il put sentir sa gorge se serrer. Il regarda le plafond, ses yeux s'agrandissant alors qu'il vit le ciel bleu au-dessus de lui. Un trou béant s'était ouvert dans le toit au-dessus de sa tête.
Un bruit venant de l'âtre de la cheminée rapporta son attention dans la pièce. Quelqu'un était en train de sortir du feu. Un moment plus tard, Mme Weasley sortit de la cheminée, ses yeux se dirigeant immédiatement sur sa fille.
« Ginny ! » cria-t-elle désespérément. « Oh non… »
L'instant suivant elle était agenouillée sur le sol à côté de Remus, obstruant la vue que Harry avait de Ginny. Mais un autre bruit de l'âtre de la cheminée annonça un nouvel arrivant. Harry vit une grande forme sortir. Krum.
Il vit rouge.
Avec un rugissement, il rejoignit en un bond le bulgare, l'épinglant sur le sol en quelques secondes, ses deux mains étranglant sa gorge.
« QU'EST-CE QUE TU FOUS ICI ? » Enfin, Harry avait retrouvé sa voix. « TU L'AS MIS DANS CE PETRIN. COMMENT OSES-TU TE MONTRER ICI ? »
Viktor se débattait, ses yeux commencèrent à s'exorbiter, mais ce n'était pas assez pour Harry. Il voulait frapper. Il lui donna un coup de poing, il ramena sa main, prêt à frapper maintenant son autre main sur le cou de Viktor, et frappa le visage du Bulgare. Il y eut un craquement satisfaisant, et le sang commença à couler de son nez.
« JE VAIS TE TUER ! »
Il ramena son poing, prêt à le frapper une nouvelle fois, mais il fut soudainement ramené en arrière. Il y avait quatre mains sur lui. Harry lutta férocement, son regard rivé sur le sorcier responsable de tout ça, ne voulant rien d'autre que d'avoir son rendu.
« Stupéfie-le si tu le dois ! » La voix insistante de Remus brisa la conscience d'Harry.
Il y eut soudainement une paire de mains qui le prit par les épaules. Il se retrouva fixant le visage d'Arthur Weasley. « Harry , » dit-il calmement, mais sa voix était autoritaire, « si tu ne te calmes pas maintenant, je te supéfierais. »
Harry put voir dans le regard du vieux sorcier qu'il ferait ce qu'il venait de promettre. Harry se souvint soudainement que Mr Weasley avait déjà travaillé dans le service d'Auror, et il put voir maintenant pourquoi. Il se détendit légèrement, mais Sirius conservait toujours une ferme emprise sur lui.
Viktor se relevait douloureusement, une main sur son cou, le sang coulant de son nez. Il ne regardait pas son adversaire, se méfiant d'une autre attaque. Il regardait Ginny. Harry se retourna brusquement dans la direction de Viktor, réussissant presque à briser l'emprise de Sirius qu'il avait sur lui.
« Arrête, Harry ! » siffla Sirius à son oreille. « Tu n'aides pas. Nous avons besoin d'obtenir de l'aide pour Ginny à présent. C'est ce qui est important. »
Mr Weasley était à présent à côté de sa fille. « Nous devons l'emmener à Sainte-Mangouste immédiatement. Elle n'est pas capable d'utiliser un Portoloin. Nous devrions envoyer une ambulance. Viktor tu devrais aller… »
« Pourquoi ? » coupa Harry. « Pourquoi devrait-il être le seul à y aller ? »
« Parce que tu viens de lui donner un nouveau visage, » dit Sirius. « Il peut profiter de l'occasion pour se faire soigner .
« Viktor peut dire aux docteurs ce qu'il lui est arrivé exactement, » ajouta Mr Weasley. « Vite, Viktor. Utilise la Cheminette. Remus, va avec lui et assure-toi qu'il va bien. »
Personne ne pensait à mettre en question l'autorité de Mr Weasley. En un rien de temps Viktor se retrouva péniblement dans l'âtre de la cheminée, suivi de Remus, chacun criant, « Sainte-Mangouste ! » avant de disparaitre dans les flammes émeraude.
« Krum sait quelque chose, » grogna Harry, quand ils furent partis. « Qu'est-ce qu'il peut bien savoir ? »
« Oui, il sait quelque chose, » confirma Mr Weasley. « Mais ça devrait être lui qui nous raconte l'histoire. Il était là-bas. »
Harry se libéra de l'emprise de Sirius et bondit vers l'âtre, alors qu'il se rappela qu'il ne serait pas capable de les suivre.
« Harry, tu dois te calmer maintenant ! » ordonna Sirius. « Si tu ne peux pas te maitriser, nous te laisserons là quand Ginny ira à l'hôpital ! Tu ne n'aideras pas dans ton état. »
Ginny. Il l'avait presque oublié dans sa rage envers Viktor. Mme Weasley était en larmes à côté de sa fille. Harry laissa échapper un long soupir et tourna en rond en face du feu. Il se sentait tel un animal en cage. Il était enragé comme jamais, il n'y avait pas de moyen productif dans lequel il pouvait utiliser sa colère. Il avait toujours le désir de frapper quelque chose, Krum de préférence, mais à présent cette opportunité n'était plus accessible.
Il arpenta une nouvelle fois la pièce, tentant de respirer correctement, tentant de calmer les battements de son cœur et serrant ses poings convulsivement. Ginny. Il devait penser à Ginny. Elle avait besoin qu'il soit calme pour le moment. Elle avait besoin de lui près d'elle, tenant sa main et lui parlant.
Il s'arrêta et colla son front contre sa cheminée, essayant de faire le tri dans ses pensées brouillées. Il y avait une présence dans son dos. Une main sur son épaule. Sirius. Sirius comprenait ; il connaissait tout sur le sentiment d'une rage complète et profonde contre laquelle il n'y pouvait rien. Harry l'avait vu cette nuit-là dans la Cabane Hurlante, et il était sûrr que c'est ce que son parrain avait ressenti quand il fut emmené à Azkaban.
Les épaules d'Harry s'effondrèrent, et il fut soudainement complètement anéanti.
Il se tourna, marcha résolument et s'agenouilla à côté de Ginny. Ses yeux étaient toujours fixés vers le trou béant sur le plafond. Il prit une courte inspiration. Il ne pouvait pas la perdre. Il ne pourrait plus supporter la vie si c'était le cas. Il devait lui dire. D'une façon ou d'une autre. Il tendit une main hésitante, mais renonça avant de la toucher. Que se passerait-il s'il la trouvait froide et dure comme du marbre ?
Mais il devait essayer. Elle devait savoir. Il rechercha sa main une nouvelle fois. Posant une main sur sa joue, il prit une nouvelle inspiration. « Ginny ? Peux-tu m'entendre ? » Il toucha ses cheveux. « Tu ne peux pas me quitter, Ginny. Est-ce que tu entends ? Tu ne peux pas. Tu m'as promis de te marier avec moi à Noël. Je vais te faire tenir cette promesse. Je t'aime, Ginny. Tu dois juste revenir vers moi. »
Une forte détonation fit sursauter Harry. Mr Weasley et Sirius couraient vers la porte. L'ambulance était arrivée. Harry leva ensuite les yeux, et son regard croisa celui inquiet de Mme Weasley, son visage strié de larmes. Il fuit rapidement son regard sous la honte. Il avait été parfaitement horrible, et il ne supportait pas de voir son visage. Heureusement qu'il n'avait pas à le faire. Deux médicomages entrèrent et le poussèrent sur le côté. En un rien de temps ils convoquèrent un brancard et firent flotter Ginny vers la porte.
Harry rencontra un mur et se tourna, et trouva Sirius sur ses talons. Une nouvelle fois. Son parrain l'avait collé depuis qu'ils étaient arrivés dans l'hôpital. Harry savait pourquoi. Viktor Krum était tapi de l'autre côté de la pièce qu'on leur avait montré à leur arrivée. Harry avait lutté pour ne pas regarder le Bulgare.
« Non, mais !(je ne pense pas que l'utilisation de ça soit adéquate pour la situation) (au final on met quoi ?)» grinça-t-il à Sirius, arpentant la pièce une nouvelle fois. Son parrain ne répondit pas, mais put le sentir le suivre encore. Harry était prêt à délaisser ses frustrations sur Sirius.
Ginny était partie de la maison de Remus depuis une heure dans un véhicule vert fluo qui ressemblait à un fourgonnette moldu. Il avait disparut avec un bruit assourdissant comme le Magicobus, et Harry ne put que prier que le trajet serait plus calme. Lui et Sirius était allés à Sainte-Mangouste en Cheminette, Harry s'accrochant aux vêtements de son parrain de la même façon que son voyage au Ministère pour son premier jour de travail, alors que les autres avaient transplané. Depuis leur arrivée, ils n'avaient rien fait d'autre que d'attendre.
Harry alla jusqu'à l'autre bout, mais il ne tourna pas assez vite. Il aperçut Mme Weasley. C'était une autre personne qu'il essayait d'éviter. Son estomac se soulevait de culpabilité à chaque fois qu'il la voyait. Il savait ce qu'il devait faire, il avait l'impression que s'il s'excusait ce serait accepté. Il n'y avait ni accusation, ni animosité plus tôt dans le regard de Mme Weasley. Il y avait de l'angoisse et de la peur, mais Harry sentit que ces sentiments n'étaient pas entièrement dirigés que vers sa fille. Comment pouvait-elle s'inquiéter pour lui alors qu'elle était près de perdre un autre enfant par sa faute ?
Il se retourna. « Mme Weasley... » commença-t-il, ses yeux rivés sur le sol.
« Oui, mon chéri ? » vint sa réponse calme. Son ton était ouvert et accueillant. Cela lui fit lever les yeux vers son visage. Ses yeux étaient bouffis par les larmes, et ses mains se tordaient d'inquiétude.
Mr Weasley était assis à côté d'elle dans un divan miteux, son bras autour de sa femme. Harry lui jeta un coup d'œil, se demandant si Mr Weasley voudrait lui jeter des sorts à la première opportunité, mais l'expression du vieil homme ne trahissait aucune hostilité. Maintenant qu'Harry y repensait, Mr Weasley avait eu sa chance de lui lancer des sorts plus tôt, mais il ne l'avait pas fait.
« Mme Weasley… Puis-je vous parler un moment ? »
L'hésitation dans le ton d'Harry était évidente, et Mr Weasley le sentit. « Pourquoi ne vous laisserais-je pas seul ? » dit-il, étant au bord du canapé comme s'il se préparait à se lever.
Harry réalisa qu'un simple mouvement de sa mauvaise jambe était difficile, et il lui donna sa main pour aider le vieil homme à se lever. Mr Weasley se leva et tapota l'épaule d'Harry.
« Elle va aller bien, Harry. » dit-il, avant de se tourna vers Remus qui était de l'autre côté de la pièce.
Harry regarda Mme Weasley. « Assis-toi, mon garçon, » l'invita-t-elle. Pendant qu'il obéissait, elle ajouta, « Maintenant, de quoi voulais-tu me parler ? »
« Je, euh… Je voudrais m'excuser pour ce que je vous ai dit la semaine dernière. Je… Je ne sais pas ce qui m'a pris de dire toutes ces choses. Je sais qu'elles ne sont pas vraies. »
« Je ne te mentirai pas, mon chéri. Ce que tu as dit m'a beaucoup blessé, mais je ne te blâme pas. C'était le choc. C'était l'article. Ça t'a mis en colère -- ça nous a tous mis en colère— et tu vidais ton sac. Si quelqu'un était à blâmer, c'est cette horrible Skeeter.»
Harry put difficilement se débarrasser de la boule dans sa gorge. Comment pouvait-elle si facilement lui pardonner pour les choses qu'il avait dites ? Il avait su dès que les mots étaient sortis de sa bouche que son cruel jugement d'elle n'était pas vrai. Elle n'avait jamais été rien d'autre pour lui qu'une mère, et ce n'avait pas été de la pitié mais de l'amour.
« Mais… mais les autres ? Ils doivent tous me détester. »
« Je n'ai pas dit un mot à qui que ce soit sur ce qui s'est passé là-bas. Les seules personnes au courant à propos de la semaine dernière sont ceux qui y étaient. Personne d'autre. »
Harry cilla. Il n'était vraiment pas attendu à ça. « Merci », chuchota-t-il.
Mme Weasley mit ses bras autour de lui. « Je t'ai déjà dit ça avant, Harry. Tu es comme un de mes fils. Et ce n'est pas grâce à ce que tu as fait ou grâce à n'importe quelles circonstances de ta vie. C'est toi. Si tu avais encore tes parents, je te regarderais comme un de mes enfants. »
Harry dut ravaler le sanglot qui le menaçait. Il n'était pas effrayé par le fait de pleurer en face de Remus et Sirius – il l'avait déjà fait – ou même en face de Mr Weasley. Il avait la conscience aigüe que Viktor Krum était encore dans la pièce. Il ne souhaitait pas se laisser éclater en face de Krum. Il sentit Mme Wealsey resserrer son étreinte, comme si elle savait qu'il voulait se laisser aller mais qu'il ne pouvait le faire maintenant.
« Que s'est-il passé ? » demanda Harry, quand elle desserra finalement son étreinte. « Que vouliez-vous me dire la semaine dernière quand je ne vous ai pas laissé me parler ? »
« Je ne savais pas beaucoup de choses. Je continue à ne pas savoir tout ce qui s'est passé. J'imagine que Ginny t'en a un peu parlé. La meilleure personne qui puisse nous raconter ce qui s'est passé est assise dans cette pièce. Tu dois ne pas vouloir l'entendre pour le moment, mais il était là. Ce lui qui sait le plus de choses. »
« Non ! »
« Harry, la seule qui sache plus à propos de ça que lui n'est pas en position de nous dire quoique ce soit pour le moment. Viktor y était. Il peut t'aider à comprendre pour c'est arrivé.
« Ce juste le problème. Il était là-bas. Moi, j' aurais dû être là-bas ! » Les mots vinrent plus fort qu'il n'en avait l'intention, et il sentit l'attention des autres sur lui.
Harry se leva. Il était agité et il avait besoin de bouger. Du coin des yeux, il vit Sirius le suivre. L'ombre d'Harry était revenue pour être sûr qu'Harry n'allait pas serrer une nouvelle fois la gorge de Viktor.
Il sentit Sirius mettre une main sur son épaule. « Tu dois écouter ce que Viktor peut nous dire, je pense, » dit-il calmement.
Harry repoussa la main. « N'as-tu pas compris ? Je ne veux pas écouter ce qu'il à a dire ! »
« Harry. » Mr Weasley vint vers lui. "Je pense que tu as besoin d'écouter ça, que tu le veuilles ou non. Tu dois comprendre ce qui s'est passé. »
« Vous savez ? »
« J'en sais un peu. Il n'y avait pas assez de temps pour écouter le récit entier. Viktor est venu à mon bureau au Ministère cette après-midi dans un piteux état. Il m'a dit qu'il était pressé et qu'il avait à trouver Ginny maintenant. J'ai demandé plus de détails, mais il a insisté qu'il n'y avait pas assez de temps. Il avait à l'arrêter. S'il-te-plait Harry, j'aimerais que tu écoutes l'histoire depuis le début. Je suis sûr que Molly voudrait savoir pourquoi sa seule fille gît dans un état comme si elle était pétrifiée. Sirius et Remus voudraient savoir ce qui s'est passé dans leur maison. Viktor peut nous dire tout ça. La seule façon qu'il a c'est de nous raconter toute l'histoire.
La main de Sirius était de nouveau sur l'épaule d'Harry, exerçant une douce mais ferme pression et obligeant Harry à s'asseoir sur le sofa à côté de Mme Weasley. Sirius était assis sur l'autre côté, alors que Mr Weasley s'asseyait dans un fauteuil à droit du sofa. Remus et Viktor étaient assis de l'autre côté de la pièce, mais la distance n'est pas trop grande pour tenir une conversation agréablement. Viktor avait son visage enfoui dans ses mains pour le moment.
« Viktor, » dit Remus, « es-tu prêt à nous raconter toute l'histoire maintenant ? »
Viktor enleva ses mains de son visage. Son nez était à présent bandé, où les médicomages l'avaient soigné. Il hocha la tête et commença à parler.
Harry s'assit et fixa ses mains -- il refusait de le regarder -- alors que Viktor leur dit tout ce qu'ils savaient, commençant de l'automne précédant jusqu'au voyage au Danemark. Son récit correspondait à ce que Ginny lui avait déjà dit. Ce n'était que lorsqu'ils arrivèrent au point où Ginny avait pris le portoloin et voyagé au Ministère que Viktor ne révéla quelque chose de nouveau pour Harry.
Viktor fit une pause à ce moment-là. Il semblait qu'il rassemblait tout son courage pour cette partie de l'histoire, et Harry eut l'impression que ce qui allait arriver serait un souvenir déplaisant.
« Ginny est partie soudainement, » dit Viktor. « Je voulais qu'elle reste et se repose avant qu'elle ne rentre à la maison, mais elle a pris le portoloin et disparut. Je n'ai pas aimé ça ; je savais qu'elle était faible. Je me suis affaibli quand la déesse a pris mon pouvoir. Je pense que c'était pire pour Ginny. Gefinn s'est attardée plus longtemps sur elle, je pense, et Ginny a crié sous la douleur, alors que je n'ai que peu souffert. »
Harry se renfrogna. Ce n'était pas juste que Ginny ait été blessée -- elle lui avait dit qu'elle l'avait été – alors que Viktor s'en était relativement bien sorti. Il y avait aussi quelque chose dans la façon dont Viktor parlaitde Ginny. Quelque chose dans la façon de dire son nom. Ginny avait dit à Harry que Viktor avait été un parfait gentleman le temps qu'ils étaient ensemble, mais il était maintenant évident que si Ginny avait montré au Bulgare le moindre signe d'encouragement, sa conduite ne serait pas celle d'un frère.
« Mais Ginny a disparu avant que je ne puisse l'arrêter, » commença Viktor. « Elle a tout laissé. J'allais prendre un des autres portoloin que j'avais préparé en cas d'urgence, qui m'aurait emmené à Durmstrang, et j'aurais voyagé de là-bas en Angleterre, mais avant que je ne puisse faire un mouvement pour empaqueter nos affaires, Gefinn est sortie de la cave.
« Elle m'a alors lancé une sorte de sort. Je ne pouvais ni bouger ni parler. Et elle m'a dit exactement ce qu'elle avait fait à Ginny… Le sort qu'elle a mis dans la tête de Ginny ne restaurera pas les pouvoirs d'Harry… » Il s'arrêta et regarda le plafond un moment. Harry pensa qu'il avait vu Viktor ciller une ou deux fois. Puis il murmura quelque chose d'inaudible.
Tout le monde se pencha vers l'avant de son siège, attendant les paroles de Viktor. Il lui fallut un moment pour réaliser que personne n'avait entendu la première. Il avala sa salive avant de répéter, « Le sort ne restaurerait pas les pouvoirs d'Harry, il banderait ceux de Ginny… »
« NON ! » Harry se leva en un instant. « NON ! CA NE PEUT PAS ÊTRE VRAI ! »
Harry allait vers Viktor, mais Sirius fut sur lui en un instant, le forçant à se rasseoir. Et Harry sut, alors qu'il il prononçait ces mots, que c'était la vérité, que Ginny avait en effet perdu ses pouvoirs. C'est pourquoi Remus s'était rappelé d'Harry à Pré-au-lard. La même chose s'était passée avec Ginny. Et il l'avait laissé faire. Il enfouit son visage dans ses mains, alors qu'il se rappelait de la douleur que de perdre ses pouvoirs lui avait fait. Il savait qu'il avait bloqué certaines d'entre elles, mais maintenant Ginny devait y passer…
« Gefinn est sournoise ainsi, Harry, » dit Viktor. « Elle a promis de faire de vous deux deux êtres égaux. C'est la façon dont elle a tenu parole. »
« Ginny m'a dit son nom 'la Donneuse', » dit Harry aigrement. « Mais elle n'a pas donné. Elle a pris ! Pourquoi est-ce que je l'ai laissé lancer ce sort ? »
« Il n'y avait rien que tu ne puisses faire. Gefinn est maléfique. Je suis désolée d'avoir mis Ginny sur la voie, mais je ne savais pas. Gefinn est une tricheuse Elle m'a dit alors que j'étais sous l'effet du sort que même si Ginny n'avait pas exécuté le sort, ses pouvoirs disparaitraient de toute façon. Elle jubilait de ça. Elle était tellement fière d'elle. Selon elle, Ginny s'est comportée en chipie insolente. Elle a pris les pouvoirs de Ginny pour lui donner une leçon d'humilité. Il n'y avait rien que l'on pouvait faire une fois que ça avait commencé.
« Et Gefinn m'a torturé avec ce savoir. Elle pouvait voir en moi, et elle savait. Elle m'a torturé avec mes sentiments… Elle savait que j'étais celui qui avait parlé d'elle à Ginny. Elle m'a demandé ce qu'on ressentait d'être responsable… »
« Tu es responsable, » accusa Harry.
« Je vivrais avec cette culpabilité pour le reste de ma vie, » acquiesça Viktor.
« Mais tu t'es enfui. »
« Je pense que ça faisait parti du plan. Gefinn m'a retenu juste assez longtemps. Je pensais qu'elle allait m'empêcher de partir après Ginny qu'après le coucher du soleil alors que je savais qu'il serait trop tard. Mais elle m'a relâché avant qu'il fasse nuit. Elle m'a demandé de partir et de voir si je pouvais arrêter Ginny. Comme si ça aurait changé quelque chose. Les pouvoirs de Ginny ont été perdus lorsque Gefinn l'a touchée. Mais elle a mis dans ma tête l'ordre de partir et d'essayer d'arrêter Ginny peu importe le moyen. Il n'y avait rien que je ne puisse faire. Puis elle m'a relâchée. Je pense… je pense à présent qu'elle voulait que je sois là quand Ginny perdrait ses pouvoirs, que je sois témoin…
Il s'arrêta une nouvelle fois jusqu'à ce qu'il pût se maîtriser. « Je n'ai pas eu le temps de tout rassembler, mais j'ai pensé à prendre les effets personnels de Ginny pour les lui rapporter. C'est une bonne chose que je l'ai fait. Elle a laissé ça dans son sac de couchage. »
Viktor chercha quelque chose dans sa poche et en sortit un morceau de parchemin avec le nom d'Harry écrit dessus. Harry les prit. « Qu'est-ce que c'est ? »
« Je pense qu'elle a passé la nuit dernière à t'écrire. Je suis certain qu'elle n'a pas dormi. Elle pensait qu'elle allait abandonner ses souvenirs pour toi. Je pense qu'elle les a écrits dessus. Ça n'a pas été scellé, mais je n'ai pas regardé. »
Harry tourna le parchemin dans ses mains. Il fixa la manière dont elle avait écrit son nom sur le parchemin, avec une écriture froissée, comme si elle n'avait pas eu accès à une surface lisse pour écrire. Il devait savoir qu'il y était écrit, mais il voulait être seul lorsqu'il le lirait.
Sirius et Mme Weasley durent le sentir, c'est pourquoi ils se levèrent tous sans un mot et traversèrent la pièce. Harry déplia lentement la lettre et commença à lire.
Mon cher Harry,
Il n'y a qu'un moyen de commencer cette lettre et c'est avec sincérité. Et la vérité est que je t'aime, Harry. Je t'aime depuis un très long moment ; des fois je ne sais pas depuis combien de temps. Je suis amoureuse de toi, c'est simple. Je ne suis PAS amoureuse d'Harry Potter le Sorcier ou le Garçon Qui A Survécu ou le plus jeune attrapeur de Poudlard. Pas plus que je suis amoureuse du Garçon Qui A Vaincu Voldemort, pas même que je le suis de celui qui m'a sauvé la vie. Je suis amoureuse de toi et de la personne que tu es, le garçon avec des cheveux noirs en bataille et de magnifiques yeux verts. Que tu aies tes pouvoirs ou non m'importe peu. Je m'en ficherais autant si tu étais un Moldu, ou un Cracmol ou même un Vampire. Parce que peu m'importe, tu es Harry et je t'aime ! Je t'ai dit une fois que je ne voudrais jamais te quitter, et je le pensais. Pas forcément à côté de toi en corps, mais dans ton âme, je suis juste à côté de toi. Et je serais à côté de toi aussi longtemps que tu m'y voudras.
Je sais que parfois tu te demandes pourquoi je t'aime. Je ne peux pas te le dire, parce que je ne suis pas sûre de connaître la réponse exacte. La vraie réponse est en quelque part au fond de mon âme, et je l'ai su la première fois que je t'ai vu. Ce coup de foudre que j'ai eu était pour le Garçon Qui A Survécu, le garçon dont j'avais entendu parler lors des histoires avant de se coucher. Mais je ne le regrette pas ; ce coup de foudre est la seule chose qui m'a aidé à survivre pendant ma première année. Tu dois être surpris de m'entendre dire ça, mais c'est vrai. Je sais que nous n'avons jamais parlé de ce qui s'est passé cette année-là, mais même si ce n'est un souvenir plaisant, c'est ce qui est important. Mon coup de cœur pour toi aurait pu être une source de ridicule, mais il m'a donné aussi la force de faire ce que j'avais à faire et de résister. Parce que par-dessus tout je ne voulais pas te voir blessé.
En deuxième année, je savais que quelque chose avait changé, mais je suppose que je n'ai pas été assez âgée pour comprendre ce changement. Je me rappelle juste avoir pensé à quel point tu étais gentil, et à quel point tu ne méprisais pas ma famille. Même si j'étais jeune, j'appréciais ta compassion. J'admirais les valeurs sûres que tu avais sur l'amitié et comment tu étais toujours là pour tes amis, et même pour ceux qui n'étaient pas tes amis. Tu n'as jamais trahi tes convictions ou méprisé ceux qui étaient d'origine Moldue. Tu t'es fait des amis, avec aucune considération sur leur situation de famille ou sur leur statut dans le monde sorcier. Et avec moi, tu ne m'as jamais fait sentir stupide ou puérile, ce qui est quelque chose que les garçons ce cet âge peuvent faire. Tu aurais pu facilement prendre avantage de mes sentiments, mais tu ne l'as pas fait. Je ne pense que tu l'aurais fait, tu n'as pas ce type de méchanceté dans le corps. Plus tard, quand j'ai connu les animaux avec lesquels tu as grandi, je n'ai pas été surprise que tu aies grandi et devenu honorable comme les autres. Tu es né honorable, c'est ce que tu es. Maintenant dis-moi comment une fille ne peut pas tomber amoureuse de toi ?
J'ai chéri chaque moment que j'ai passé avec toi. Tu m'as donné mon premier baiser. Chaque baiser depuis ce jour n'ont été que les tiens. Je veux partager chaque nouvelle expérience avec toi et toi seul. Je suis à toi, Harry ; ça a toujours été le cas et ça le sera toujours. Peu importe ce que j'ai fait ces derniers mois, je l'ai fait pour toi. J'essayerai de m'expliquer autant que je peux, mais rappelle-toi de ça. Si tu sens que tu dois blâmer quelqu'un, cette personne c'est moi. Je pense que maintenant tu me connais plutôt bien, et tu sais qu'une fois que j'ai quelque chose dans le crâne, il n'y a pas de répit. Personne ne peut m'arrêter, ni toi, ni ma famille, ni Hermione, ni Viktor. Donc rappelle-toi que c'est mon action. C'était mon choix.
Quand tu as perdu tes pouvoirs, j'étais en colère, mais pas pour les raisons que tu crois. Ce qui m'a mis en colère c'est que tu ne surmontais pas cette épreuve. Je ne sais pas ce que je ferais si je perdais mes pouvoirs, mais je ne pense pas que j'aurais la même réaction. Je suppose qu'en sachant que j'étais une sorcière depuis la naissance, ça ne m'a pas autant affecté que toi, quand tu as découvert que tu étais un sorcier. Pour moi, devenir une sorcière, c'est la même chose que d'avoir les cheveux roux, et dans ma famille ce n'est pas grand-chose. Mais pour toi, je pense, découvrir que tu étais un sorcier, et bien, te définit comme étant quelqu'un. Et je sais qu'arriver dans un monde où les gens ne te haïssent pas t'a aidé à aller mieux. Je sais que tu t'es senti perdu sans tes pouvoirs. J'étais tellement effrayée que tu voulais nous quitter, me quitter, et je n'ai jamais eu aussi peur. Je sais que tu as réussi à faire avec ta perte, mais la douleur était toujours là. Je peux le voir dans tes yeux.
Et j'ai peur que tu ne me veuilles plus maintenant, que tu ne me veuilles plus dans ta vie. J'ai eu un cauchemar dont je ne t'ai pas parlé. Tu es là et tu dis que nous ne sommes pas pareils, et que tu as besoin de quelqu'un de mieux. Et je suis seule, et tu es parti. Ça m'effraie, Harry ; ça m'effraie tellement.
Ce n'est pas que j'ai besoin de toi. Je sais que ça sonne faux, mais c'est vrai. Je n'ai pas BESOIN de toi, je te VEUX. Je veux faire partie de ta vie. Je veux partager mes espoirs et mes rêves avec toi. Je veux partager mon corps et mon âme avec toi. Comprends-tu ça ? Je veux être ton compagnon, ton ami, ta maîtresse et, oui, je veux être ta femme.
Mais je pense qu'une chose ne ramènera avant. Et c'est toi. Pour quelques raisons que ce soit, je sais que tu es effrayé de ne pas avoir tes pouvoirs, et, je ne sais absolument pas pourquoi. C'est pour ça que je suis sur cette mission. Je ne cherche pas à te redonner tes pouvoirs pour moi ; je le fais pour toi. Pour que tu puisses croire que nous sommes égaux ; je sais dans mon cœur que nous le sommes déjà. Comme je l'ai dit précédemment, je me fiche de tes pouvoirs, mais je te veux heureux, et je ne pense pas que tu peux l'être sans eux.
Je suppose que je devrais essayer et commencer par le début, mais je ne suis même pas sûre que je sais où est le début maintenant…
À ce moment de la lettre, Ginny se lançait dans une autre explication des évènements qui l'avait menée au moment où elle écrivit cette lettre. Il en avait déjà beaucoup entendu aujourd'hui, de la part de Ginny et de l'explication de Viktor. Harry était particulièrement intéressé par ses impressions de Gefinn.
… Je ne peux pas dire qu'elle était ce à quoi je m'attendais ; je ne suis pas sûre de savoir ce à quoi je m'attendais. Laisse-moi juste te dire, si elle avait été à Poudlard, il n'y a aucun doute dans mon esprit qu'elle aurait été à Serpentard. J'ai mis ma confiance en elle, je ne sais pas si c'était une sage décision, mais c'est le choix que j'ai fait. Elle m'a demandé de lui faire un don avant qu'elle n'accorde ma requête et restaure tes pouvoirs. Je pensais que l'offre de mes capacités de Jewel-wright serait assez, mais ça n'a pas semblé la satisfaire. Je suis allée jusqu'à lui faire cette pierre, et même si elle avait pris, elle voulait toujours plus. La pierre était tellement différente que celles que j'avais fait avant, il y a avait un étrange sentiment en moi, mais en aucun cas je ne voulais garder ce don. C'était là que Gefinn désapprouva : comment un don pouvait-il être un don si cela ne signifiait rien pour moi ? Elle voulait quelque chose que je chérissais, quelque chose sans laquelle elle croyait que je ne pourrais pas vivre.
Harry s'il-te-plait rappelle-toi, je crois vraiment que nous avons toujours été ce que nous étions censés être. Et je sais dans mon cœur je t'aimerais toujours. Gefinn m'a demandé mes souvenirs de toi, et je vais les lui donner. Une fois que j'aurais lancé le sort pour te restaurer tes pouvoirs, toi et moi devrons construire de nouveaux souvenirs. Souvenirs pour notre vie ensemble. Je ne t'oublierai jamais ; mon amour est trop profond pour ça. Harry, crois-moi que quelque part au fond de mon âme je te reconnaitrais, et je prie pour que tu m'aides à trouver mon chemin.
J'allais finir ma lettre avec ça, mais je ne peux m'y résoudre. Je ne peux pas dormir, et les souvenirs de toi défilent dans mon esprit. Je suppose que je pense que, si j'écris quelque chose sur papier, quand tu me montreras cette lettre, mes souvenirs referont surface et je me rappellerais de tout. Connaissant la déesse comme je la connais, et tu serais surpris comment sa personnalité ressort, je doute que ce serais le cas. Mais je pense toujours que je vais les écrire, si ce n'est pour moi, ce sera aussi pour toi.
Je ne vais pas m'épancher sur les premiers souvenirs que j'ai du garçon que je pensais que tu étais, parce qu'ils avaient été crée de toute pièce, donc je commencerais par mon vrai premier souvenir. Debout avec Maman à la barrière de Kings Cross, et tu étais là, parmi la cohue, un petit garçon décoiffé, avec ces yeux qui me laissent ébahie. Bien sûr je n'ai pas pu te parler, même avec tout mon courage du haut de mes dix ans. Mais tu semblais si terrifié, et peu sûr de toi, mais tu t'es dominé et tu es passé à travers cette barrière pour le train. C'est stupide mais j'étais tellement fière de toi.
C'est étrange, mais la deuxième chose dont je me rappelle est ton sourire. T'ai-je déjà dit que j'adore ton sourire. Je l'aime vraiment. C'est le sourire où tout ton visage réagit. Ta belle bouche et ouverte, montrant tes dents, et tes yeux brillent. Je ne peux pas l'expliquer, mais quand je le vois, ça provoque en moi le meilleur sentiment du monde. Tu m'as souris tellement de fois ainsi, mais je pense que ceux dont je me rappellerais sont ceux qui viennent d'avant que nous soyons ensemble. Dans la cuisine juste avant ma première année, je me suis enfuie de la cuisine anxieuse. Tu as dit bonjour, et tu m'as donné ce sourire ; c'était la première fois que je le voyais. Je palpitais intérieurement, et j'étais ébahie, et inutile de dire que le meilleur recours à ce moment-là était de tourner les talons et de m'enfuir.
La deuxième fois que j'ai vu ce sourire était cet horrible jour dans la chambre des secrets. Je me rappelle d'avoir ouvert mes yeux, ne sachant pas ce que je voyais, et tu étais là, me souriant. Ça n'a été que peu de moments, mais tu ne sauras jamais ce que ça m'a fait sentir, je chérirai toujours ce bref et merveilleux moment dans cet endroit horrible.
Le sourire d'après était tellement stupide, et c'était au dépens de Percy, mais je me suis sentie connectée avec toi après ça. Nous somme passés à travers la barrière au début de mon deuxième année et Percy a vu Pénélope et a commencé à rougir. Ce n'était pas grand-chose, mais tu as ri avec moi, et m'a fait sentir un peu spéciale. Une autre fois était aussi dans la cuisine du Terrier, tu venais juste de revenir de la maison de ton oncle et ta tante. Je ne t'ai même pas dit bonjour, je t'ai juste souris et tu m'as souris en retour, mais c'était ce sourire, et ça m'a fait rougir.
Oh, combien de fois j'ai rougi à cause de toi. Je pourrais mourir maintenant juste en pensant à ça. Tu as toujours eu ce pouvoir sur moi, et je n'ai pas encore trouvé un remède contre ça. Mais tu sais quoi, je ne veux pas de remèdes. Je ne veux rien de plus que de rougir dans tes bras jusqu'au jour de ma mort. Ce n'est pas l'embarras qui m'a fait rougir, et le sentiment en moi, qui me fait vouloir t'enlacer, t'embrasser, et de t'aimer. Je pense que parfois tu fais bouillir mon sang, mais d'une façon si exquise. Je me rappelle d'une fois où tu m'as fait rougir mais tu ne le sais pas encore, c'était dans le train, pendant ma deuxième année. Les lumières s'étaient éteintes, et je suis venue chercher Ron. Quand je suis entrée dans le compartiment, tu as été si prompt à me dire où tu étais, alors dis-moi, que se serait-il passé de si mal si je m'étais assise sur tes genoux ? Je pense que tu avais peur que tes mains n'errent sur moi comme elles le font à présent. Je sais très bien comment fonctionne ton esprit.
Je suis en train de sourire maintenant ; je pense à notre premier baiser. Je me demande qui était le pire, toi parce que tu étais nul, ou moi parce que j'étais effrayée. Je me souviens quelques mois avant ce baiser, je voulais flirter avec toi, pour savoir si tu étais intéressé, et tu ne l'étais apparemment pas. J'ai pensé « Il ne m'aime pas, » mais ensuite je me suis rendue compte que tu étais inexpérimenté. Ensuite, je me suis dit qu'après tout tu n'avais pas bien des exemples à suivre. Je ne l'aurais jamais cru possible, main mon frère est encore plus nul que toi dans ce domaine. Dans un sens c'était bien de savoir que ce n'était pas parce que tu ne m'aimais, c'était que tu ne savais pas quoi faire avec moi. Oh, ça ne sonne pas bien, mais tu vois ce que je veux dire. Ensuite nous avons été, débout dans le salon, et tu me regardais. Je ne pouvais plus te regarder, tes yeux étaient tellement intenses, et ça m'a effrayé. Je pense que tu as dû me remercier, et tu as touché mon visage, et j'ai vraiment cru que j'allais mourir. Tu as mis ta main sur ma joue, et j'ai pensé que si tu m'embrassais, je mourrais, et puis je me suis rapidement dit que si tu ne m'embrassais pas je mourrais. D'une façon ou une autre j'allais mourir. Tu m'as enfin embrassée, c'était furtif et doux, rappelle-toi ? Si maman ne faisais pas tellement de bruit dans la cuisine, je pense que je t'aurais embrassé en retour. Malheureusement, c'était le cas et je suis partie en courant.
J'ai tenté de me convaincre que ce n'était rien, et tu étais seulement en train de me remercier. Mais quelques semaines après, tu me regardais fixement, et and tu rentrais dans les meubles par manque d'attention, c'était tellement mignon. Je te le dis, tu as augmenté ma confiance en moi en le faisant.
Je te dois toujours un cadeau de Noël. J'adore mon bracelet, et ne l'enlèverais jamais. Il est toujours aussi magnifique qu'il l'était ce jour-là, mais je l'admets, pas aussi mignon que tu l'étais ce jour-là. Pensais-tu vraiment que je ne l'aimerais pas ? J'aurais adoré du pus de Bubobulb, si j'avais su que ça venait de toi. Eh bien, peut-être pas ça, mais je chéris tout ce que tu m'as donné. Je me rappelle à quel point tu étais effrayé quand tu me l'as mise, peut-être pensais-tu que j'allais te mordre.
Mais à ce moment-là tu as fait quelque chose qui m'a plus effrayé encore. Tu m'as dit que tu m'aimais. Je ne savais pas quoi dire. Je sais que je t'ai blessé en ne te répondant pas et je suis désolée pour ça. Je ne pouvais pas te dire que je t'aimais avant que je sois sûre je l'étais réellement.
Mais je dois te dire que je n'étais pas sûre que tu m'aimais réellement. Je veux dire, je sais que tu te souciais de moi et je sais et tu avais passé un affreux moment en gardant les choses sous contrôle, mais je n'étais pas sûre que c'était de l'amour. Harry, ce n'était pas toi, mais j'ai des frères, donc je suppose que j'ai vu ce genre de chose avant. Et ce n'était pas que je n'aimais pas écouter ce que tu disais, mais je voulais être sûre que tu savais ce que ça impliquait. J'ai bientôt découvert que tu m'aimais vraiment. Pendant mon anniversaire, quand j'étais prête et tu m'as dit que tu ne l'étais pas, et j'étais sûre à ce moment-là que tu m'aimais vraiment. Tu ne pensais pas à toi, tu pensais à moi, et c'est la plus pure forme d'amour.
Tes lettres sont un autre moyen où j'ai vu ton amour pour moi. Je les ai lus encore et encore et je n'en suis jamais lassée. Je sais que c'est difficile pour de m'écrire parfois, mais c'est aussi amusant. Au début tu n'écrivais pas beaucoup, et me racontais ta journée et le Terrier. Puis tu en as rajouté un peu sur le travail, ou Sirius, et je peux sentir que tes inhibitions tombent et les mots semblent couler. Tu penserais que j'en ai l'habitude, mais j'ai toujours la chair de poule en me rappelant de tes lettres. Elles sont si honnêtes, et vraies et réelles, elles sont tellement toi Harry, et chaque lettre est un trésor.
Je veux que tu saches, je garde tes lettres dans mon coffre à l'école. Ils sont dans vieille boîte de plumes en sucre, que je garde sous ma cachette secrète de bonbons, et mon parchemin spécial utilisé pour t'écrire. S'il-te-plait, assure-toi que je les vois. Je ne pense pas que je saurais où ils sont quand je retournerai à l'école. Je veux lire tes lettres, lire ton amour pour moi. Peux-tu faire ça Harry ? J'espère que ce n'est pas trop te demander.
Si tu as gardé mes lettres pour toi j'aimerais aussi les lire. Si tu ne les as pas gardé, ne te sens pas mal. Je sais que certaines personnes ne le font pas, mais si tu l'as fait, s'il-te-plait obtient-les-moi aussi. Peut-être avec les deux, je serai capable de rassembler nos vies un peu plus rapidement. Alors toi et moi ne serons plus séparés. Ton amour est présent dans ces lettres, le l'ai su à l'instant où je les ai lus.
Je pense juste à quelque chose Mr Potter ! Tu me dois un rendez-vous. Je pensais juste à notre premier, et bien je pense qu'on ne peut pas appeler ça un rendez-vous, non ? De ce que je sais des premiers rendez-vous, le gars est supposé venir à la maison de la fille, peut-être même apporter des fleurs, ensuite l'emmener quelque part de spécial, peut-être prendre un repas, et bien sûr un moment romantique à la fin. Comme je me rappelle notre, « premier rendez-vous » tu étais déjà dans ma maison, pas de fleurs en vue, et même si nous étions dans un endroit spécial, je ne peux pas me rappeler d'aucune nourriture ? Et toi ?? C'est sûr, il y avait un baiser, et je n'oublierai jamais ce baiser, ça restera quelque part au fond de mon être.
Mais, je pense que tu me dois un rendez-vous. Maintenant ce sont les règles. Tu dois venir me chercher chez moi, fleurs en main et chocolat seraient appréciés. Tu m'emmèneras quelque part que nous n'oublierons jamais et tu me nourriras. Puis nous irons quelque part de tranquille et tu pourras m'embrasser, et je prie pour beaucoup plus. Ça ferait ton affaire, un nouveau commencement pour nous, je ne peux pas attendre. Je t'aime Harry.
En pensant à toi et la rue d'Oxford,
Je t'aime toujours,
Ginny.
La rue d'Oxford… Ginny signait toujours ses lettres avec ça. Harry pouvait à peine croire que ce jour s'était passé seulement un an et demi auparavant. Tellement de choses étaient arrivées depuis le jour où ils s'étaient enfuis dans le monde moldu ensemble. Harry ne savait pas s'il s'était déjà senti comme un enfant, mais ce jour il s'était presque senti ainsi. Ils avaient fait quelque chose de rebelle et d'interdit ensemble. Il avait l'habitude de faire des choses comme ça, mais pour la première fois ce jour il avait emmené Ginny avec lui. Est-ce que ce jour avait marqué le début de la fin pour elle ? Avait-elle été menée inéluctablement sur ce chemin ?
Harry ne voulais pas se concentrer sur cette pensée. Il jeta un coup d'œil au début de la lettre et recommença une nouvelle fois à lire, plus lentement cette fois. Elle l'aimait. Elle avait fait tout ça pour lui, pensant que ça le rendrait heureux. Elle l'aimait, et il ne comprenait pas pourquoi. Qu'avait-elle vu en lui qui l'avait fait risquer son avenir et sa vie pour lui ?
Il ne finit pas le premier paragraphe quand sa vision s'embrouilla. Comment pouvait-elle l'aimer quand il l'avait emmené à ça ?
Il enleva ses lunettes et enfouit son visage de ses mains. Il n'allait pas pleurer pour ça maintenant devant tout le monde. Il ne pouvait pas se laisser aller. Quand il eut ses émotions sous contrôle, il remit ses lunettes et jeta un coup d'œil furtif autour de la pièce pour voir qui avait pu être témoin de sa faiblesse. Les seules personnes qui n'étaient pas parties étaient Sirius et Viktor. Combien de temps avait-il mis pour lire cette lettre ? Il était tellement captivé qu'il n'avait pas remarqué que quelqu'un était parti.
« Où sont-ils tous partis ? » demanda-t-il. Sa voix était empâtée.
« Remus est parti prévenir les frères de Ginny sur ce qui s'est passé, » lui dit Sirius. « Molly et Arthur ont été autorisés à la voir. »
« Est-ce que… Est-ce qu'ils ont dit quelque chose ? »
« Il n'y a pas eu de changement. »
« Serais-je autorisé à la voir ? »
« Nous devons attendre et voir ce que les médicomages disent. »
Le temps passa sans un mot, et Harry devint agité par l'attente interminable. Il eut envie de se lever et de faire les cent pas, mais il savait que s'il le faisait, il aurait eu de nouveau Sirius sur les talons. Le reste de la famille commença à entrer un par un. Percy et Penny, suivi par Ron, Fred, George et Pauline, Hermione avec Remus. Un hibou d'urgence avait été envoyé en Egypte pour informer Bill.
La salle d'attente était pleine maintenant, et on pouvait y entendre le bourdonnement de conversation alors que tout le monde s'échangèrent des mots appropriés. Harry parla à tout le monde, mais il avait à peine enregistré ce que le monde lui répondait. Percy et Penny étaient en train de parler avec Remus et Fred. George était assis sur un des sofas, sa tête dans ses mains, alors que Pauline était assise à côté de lui, frottant son dos de manière apaisante. Sirius et Viktor étaient tous deux assez près d'Harry sans adresser la parole à personne. Hermione et Ron se soutenaient l'un et l'autre.
Hermione leva soudainement sa tête de l'épaule de Ron et jeta un regard droit à Harry. Sans un mot, le couple se sépara et se dirigea vers lui.
« Est-ce que tu vas bien, Harry ? » demanda Hermione. Harry s'était attendu à ce qu'elle l'ait grondé pour ne pas l'avoir à écoutée la semaine précédente lorsqu'elle avait tenté de lui expliquer ce qu'il se passait. « Ecoute, à propos de l'autre jour chez Sirius, » commença-t-il.
Hermione lui fit un signe de la main. « Ne pense plus à ça. J'avais un doute de ce que Ginny était partie chercher, mais je n'avais aucune idée que cela la mènerait à ça. »
« C'est de ma faute si elle est dans cet état. »
« Comment cela peut-il être de ta faute, Harry ? Tu ne savais même pas que nous tentions de trouver un moyen de te redonner tes pouvoirs. »
« C'est ma faute, Hermione. Si je n'avais pas été aussi idiot et si j'avais appris à accepter ce qui s'était passé et à vivre comme je le devais, ce ne serait pas arrivé. Mais non, je devais être imbécile et lui faire penser que je pouvais récupérer mes pouvoirs. C'est pour ça qu'elle s'est donné tout cette peine Elle a fait ça pour moi. Et je ne comprends toujours pas pourquoi elle a fait tout ça pour moi. »
« Harry, c'est évident. Elle t'aime. »
« Oui, et regarde où ça l'a menée. Tu ne l'as pas vue. Tu n'as pas vu à quoi ressemblait-elle après… après le sort. Je pensais qu'elle était morte. » Sa voix se brisa sur ce mot, et il dut recommencer. « Elle doit toujours paraitre ainsi. Elle est allongée quelque part, et ils ne savent même pas quoi faire pour elle. Tout ce que nous pouvons faire est attendre. C'est parce qu'elle m'aime qu'elle en est arrivée là ! »
« C'est en est assez ! La voix de Krum retentit dans l'air. « Assez de ta pleurnicherie. Elle est couchée là parce qu'elle t'aime, oui, mais elle pensait que tu en valais la peine. Vas-tu transformer son sacrifice en néant en te plaignant ? Elle croit que tu es bien meilleur que cela ! Pourquoi ne te montres-tu pas comme tu es ? »
Harry ne répondit pas ; sa vision s'embrouilla, et il se lança vers Viktor. Cette fois il allait casser plus que son nez. Au lieu d'atteindre sa proie, il se retrouva en train de tomber à toute vitesse vers le plancher. Il mit ses mains pour amortir sa chute, alors qu'un autre corps tomba lourdement sur lui. Un moment plus tard, son soupçon fut confirmé lorsqu'il entendit le grondement de son parrain dans son oreille, « Petrificus Totalus ! »
Harry sentit son corps entier se raidir. Au-dessus de lui, il pouvait entendre les sons d'une rixe. « Si c'est la faute de quiconque ici, c'est celle de cet idiot de bulgare, » lui parvint la voix de Ron. « Il est celui qui a mis cette idée de déesse dans sa tête. »
« Ron ! » hurla Hermione.
D'après ce qu'il entendait, Ron s'était jeté sur Viktor. Il y avait plusieurs gémissements et ce qui ressemblait à un coup de poing. Le poids qui était sur Harry se souleva et Harry fut sûr que Sirius essayait maintenant de séparer Ron et Viktor.
« STOP ! »
Une voix autoritaire claqua à travers la pièce, et le silence tomba. C'était Mr Weasley, réalisa Harry un moment plus tard. Il avait rarement entendu l'homme crier.
« Que se passe-t-il ici ? » Mme Weasley semblait aussi fâchée qu'elle ne l'avait jamais été. « Ron Weasley, c'est un hôpital ! Comment as-tu pu penser à commencer une bagarre ici ?! »
Au-dessus d'Harry, Ron grommela quelque chose d'inaudible.
« Et où es parti Harry ? » ajouta Mme Weasley.
Harry voulait répondre mais son corps paralysé rendit les choses impossibles.
« Il est là sur le sol, Molly, » vint la voix de Sirius. « J'ai dû le maîtriser. »
Le son aiguisé des talons claquant sur les carreaux du sol indiqua à Harry que Mme Weasley s'approchait. « Enlevez ce charme maintenant. Je suis certaine qu'Harry se conduira comme un gentleman. »
« Finite incantem, » murmura Sirius, et Harry put se relever.
« Je pense que la meilleure chose à faire dans cette situation et d'envoyer Viktor au Terrier, » commença Mme Weasley. « Tu sembles fatigué, mon chéri. Percy te ramènera et s'occupera de toi afin que tu te reposes correctement. Si quoique ce soit arrive ici, nous t'enverrons un message. Ça te convient-il ? »
Viktor parut surpris devant la générosité de Mme Weasley pendant un moment, mais il acquiesça. « Merci, » dit-il.
Harry le regarda sortir de la pièce avec Percy, irrité que Mme Weasley lui ait ouvert la porte de sa maison. Ce n'était pas le moment de dire quoique ce soit, mais l'idée le rongeait néanmoins. Le Terrier avait été sa maison jusqu'à il y a une semaine. Mais tu es parti, lui rappela une voix dans sa tête. Et c'était la vérité ; il était celui qui l'avait laissé, pas Ginny.
« Harry, » dit Mme Weasley, se tournant vers lui, « tu peux voir Ginny maintenant, si tu veux. »
« Comment va-t-elle ? » demanda-t-elle. « Va-t-elle aller mieux ? »
« Il ne savent pas encore. Il n'y a pas encore de changement. Viens, je vais te montrer où elle est. »
Il suivit Mme Weasley dans un couloir à la lueur des torches, et Mme Weasley le laissa à la porte de la chambre de Ginny. Il hésita sur le seuil de la porte sachant probablement qu'il n'allait pas aimer ce qu'il allait voir.
Ce n'était pas si terrible qu'il le pensait. Il avait une image dans son esprit de patients d'un hôpital moldu reliés à toutes sortes de machines et de moniteurs. Il les avait vus à la télé chez les Dursley. Ginny était simplement couchée sur le lit, ses cheveux contrastant avec le linge blanc. Elle semblait endormie. Simplement endormie.
Il y avait une chaise près de son lit où Harry s'assit. Sa main était posée sur la couverture et il la prit. Elle était chaude. Qu'était-il censé faire maintenant ? Il se rappela la façon dont il s'était assis dans l'infirmerie et qu'il lui avait parlée alors qu'elle était endormie une année auparavant après qu'il l'ait sauvée de Lucius Malefoy. Il ne trouvait plus aucun mot. Il rapprocha sa chaise avec précaution jusqu'à ce qu'il soit capable de mettre sa tête sur son ventre.
Puis il commença à sangloter.
