Bonjour tout le monde,
Sans trop de délai à rallonge (et j'en suis plutôt fière xD), voici la suite de cette fiction AU.
Je vous souhaite une bonne lecture,
Étroitement menottée et surveillée, Steve constata que la nouvelle détenue ne disposait d'aucune liberté de mouvement.
Visiblement, la sécurité était poussée à son maximum. Et c'était totalement compréhensible et justifié compte tenu de la dangerosité du lieu.
Les mains emprisonnées dans le dos, les deux chevilles liées entre elles par une lourde chaine et le tout relié au niveau de la taille par un imposant cadenas, Natasha Romanoff n'avait pas d'autres choix que de suivre les ordres.
La tête légèrement baissée, ses longs cheveux roux cachaient son visage. Malgré ça, le jeune homme était certain d'avoir entraperçu un petit sourire victorieux à l'entente de la phrase du médecin avant qu'elle ne reprenne presque immédiatement un masque d'impassibilité.
Ayant côtoyé des soldats, des terroristes et des prisonniers de guerre durant toutes ses années d'engagements, l'attitude provocatrice de la jeune femme laissa Steve perplexe. Son amusement ne collait pas du tout à sa personnalité qu'il jugeait à première vue tourmentée et chargée de secrets.
Restant à distance raisonnable, il regarda le Dr. Groihn se diriger vers elle avec une certaine appréhension. L'homme n'était clairement pas à l'aise même s'il essayait de ne pas le montrer. Du bout des doigts, il releva légèrement le haut ensanglanté de la jeune femme et examina la blessure qui se trouvait situé au niveau du bas de son dos du côté gauche.
Le sang s'y écoulait toujours mais les bords semblaient nets. Steve en déduit que cela avait été infligée par un couteau bien aiguisé. Comment ces filles se l'étaient procurées restait cependant un mystère.
« C'est plutôt profond mais ça n'a pas l'air grave, » annonça le médecin en sondant la plaie. « Attachez-la sur le lit numéro deux, je m'en occuperai une fois que j'en aurai fini avec Jones. »
Il la vit rouler exagérément des yeux alors que les gardes la déposaient à l'endroit indiqué avant de serrer les attaches du lit avec force pour pouvoir la défaire de ses chaines.
« Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas arrivée avec les trois autres ? » Se rapprocha Steve de Barton dans le but d'obtenir plus d'informations.
En train d'écrire un message sur son portable, le gardien ne releva pas la tête, trop concentré sur sa rédaction. Probablement en train d'informer le directeur de la situation, en déduisit l'ex-militaire.
« Nous n'avons pas vu la bagarre et ici, personne ne se dénonce par peur des représailles, » expliqua-t-il. « Le sang s'écoulant de sa blessure a alerté les gardes. Ils l'ont amené ici pour qu'elle soit vérifiée. »
L'explication était simple et semblait plutôt logique.
« Qui a gagné ? » Se tourna-t-il alors vers les quatre lits désormais occupés.
« Visiblement, Romanoff » murmura Clint en rangeant son portable et en levant les yeux pour fixer la jeune femme avec épuisement.
Même s'il n'avait jamais eu de réel problème avec elle, il commençait à en avoir assez de ses attitudes rebelles. Le nombre de bagarre avait considérablement augmenté depuis son arrivée et les gardes devaient redoublés d'effort et de vigilance quand ils se trouvaient dans une pièce en sa compagnie. Pour lui, elle aurait dû être placée en supermax et non dans le secteur psychiatrique. Ses propos étaient peut-être incohérents mais ses actions étaient réellement dangereuses.
« Aidée de qui ? » Voulut savoir Steve.
Le gardien émit un petit sourire à cette question légitime. S'il avait été nouveau, il aurait sûrement posé la même.
« Personne. Juste elle. Contre elles, » désigna-t-il les trois autres détenues toujours inconscientes.
L'ex militaire fronça des sourcils.
« Elle leur a fait ça, seule ? » Interrogea-t-il.
En ancien combattant, il savait que les combats multiples étaient dangereux. Encore plus quand on se faisait encercler par plusieurs ennemis. Les chances de s'en sortir étaient souvent minces. Dans le cas présent, la jeune femme s'en sortait plutôt bien avec seulement une blessure ouverte situé au bas du dos, contrairement à ses rivales qui mettraient plusieurs jours à s'en remettre.
« Une fois que vous la connaitrez, vous ne serez plus étonné, » l'informa son binôme. « Cette fille, c'est un peu une légende. Toutes s'en méfient mais elles ne peuvent pas s'empêcher de la provoquer. Elle a passé plus de temps en isolement qu'au quartier général. »
« Elle n'a jamais cédé ? »
Barton secoua la tête.
« Jamais. Et je ne pense pas que ça arrivera de sitôt. »
« Rebelle dans l'âme ? » L'observa toujours Steve.
« Surtout têtue. Elle se prétend espionne russe à la solde du KGB. Sauf que cette agence n'existe plus depuis longtemps. »
Espionne russe. Rien que ça. Elle ne s'inventait pas une petite vie tranquille. Cependant, au vu des conséquences de ses actes, cela ne l'aurait pas forcément étonné s'ils se trouvaient dans un siècle différent.
« C'est pour ça qu'elle est ici, en psychiatrie ? »
Mettant sa tête sur le côté, Clint émit une légère grimace.
« Et pour d'autres motifs, » ajouta-t-il sans en préciser davantage. « Tout ce que vous avez besoin de savoir c'est qu'elle a commis des meurtres horribles. Utilisant à chaque fois des méthodes différentes, toutes plus barbares les unes que les autres. Ne la prenez pas à la légère, vous risqueriez de le regretter, d'autant qu'elle va forcément vous tes… »
Il interrompit soudainement ses propos en apercevant le directeur Pelling entrer avec fracas et d'un pas pressé dans l'infirmerie.
« Je veux un rapport dès que possible, » exigea-t-il sans laisser le temps à qui que ce soit de parler. « Qui est impliqué ? »
Manifestement, vu son visage fermé et ses traits tirés, il était énervé. Et il y avait de quoi. Avoir quatre de ses détenues à l'infirmerie devait le mettre dans une situation embarrassante.
« Jones, Berle, Mary et Romanoff, » signala le médecin en chef tout en poursuivant ses soins sur la seule blonde de la bande.
Pelling se passa une main nerveusement dans les cheveux.
« D'accord, » souffla-t-il avec une certaine colère contenue après quelques secondes de réflexion. « Barton, prenez deux hommes avec vous et faites le nécessaire pour vérifier que cela n'ait pas engendré une émeute dans une autre section, » ordonna-t-il avant de se tourner vers Steve. « Vous, vous restez ici avec les deux autres au cas où il y aurait besoin d'aide. »
« J'y vais tout de suite, » approuva Clint en sortant précipitamment avec deux gardes.
Steve le regarda partir, ne sachant pas réellement comment la suite de la journée allait se dérouler. Il était censé rester avec son responsable pour la journée. Pas se retrouver seul parmi plusieurs détenues blessées.
« Dr. Groihn, est-ce que je peux vous voir une seconde en privé s'il vous plait ? » Demanda le directeur en se dirigeant dans un coin isolé de la pièce.
Posant son matériel sur une table métallique, celui-ci acquiesça tout en imposant silencieusement à son assistant de prendre sa place.
« Je la transfert en isolement une fois les soins terminés ? » Questionna-t-il par simple habitude, sans même prendre la peine de préciser de qui il parlait.
Le directeur secoua vivement de la tête.
« Non. Vous la transférez directement dans les quartiers souterrains une fois que vous en aurez fini avec elle. Elle ira en isolement après. »
Il sembla tiquer.
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Vous connaissez son caractère fougueux. Elle ne cherchera plus qu'à se venger. Ça ne fera qu'emp… »
Le directeur émit un dur claquement de langue, agacé.
« A chaque fois qu'une bagarre a lieu, Romanoff est impliquée, » le coupa-t-il fermement. « Je ne vais pas attendre qu'un meurtre se produise pour agir, je me fais bien comprendre ? Si elle a besoin de piqûres de rappel pour réussir à appliquer correctement nos règles, nous allons les lui donner. »
Bien que réfractaire, la décision semblait être prise et le médecin n'avait visiblement pas son mot à dire.
« Je vous ferai mon rapport au plus vite, » donna-t-il implicitement son approbation.
« Parfait. Je l'attends sur mon bureau pour la fin de la journée, » sortit-il à son tour de l'infirmerie, sans même un regard pour les quatre jeunes femmes.
Étonné de l'indifférence du directeur envers ses détenues, l'ancien capitaine plissa le front de contrariété mais ne commenta pas, reportant simplement son attention sur les personnes présentes.
« Vous en êtes où Banner ? » Demanda Groihn en revenant vers eux.
« J'ai presque fini. Vous pouvez vous occuper de Romanoff si vous le souhaitez, » l'avisa-t-il en posant une compresse ensanglantée sur un chariot.
Debout à côté d'une armoire médicale, Steve vit les yeux du médecin se poser sur lui.
« Rogers, venez ici, » le héla-t-il près du lit de la rousse. « Le temps que je me lave les mains et que je prépare la matériel, essayez de la mettre sur le côté pour que je puisse accéder facilement et rapidement à sa blessure. »
Il acquiesça et se rapprocha, jusqu'à atteindre le lit.
« Mademoiselle Romanoff, je m'appelle Steve Rogers, » essaya-t-il d'établir le contact pour lui prouver qu'il était impartial dans ses actes. « Vous permettez ? »
Ne s'attendant pas à sa coopération ni même à une réponse orale, il prit son silence glacial comme une approbation et entreprit alors de poser ses mains sur son corps.
Guettant toute réaction de sa part, il exerça une pression avec une certaine délicatesse ferme afin de la tourner sur le côté. Elle pivota légèrement le buste en signe d'acceptation et il se pencha un peu plus.
Son uniforme désormais accolé au lit, le bruit de son teaser cogna contre la rambarde et il comprit son erreur quand une lueur sauvage passa furtivement dans le regard de la rousse avant qu'elle n'en s'empare, en une fraction de seconde.
La décharge qui s'en suivit le cloua au sol, un râle de souffrance s'échappant involontairement de ses lèvres. Sonné et le corps secoué de spasmes, il entendit vaguement des grognements de colère ainsi que des objets tombant violemment à terre avant qu'une poigne brute ne l'aide à se relever.
« Je peux savoir ce qui vous est passé par la tête ? » Se précipita le médecin en chef vers les deux autres gardes qui étaient venus reprendre le contrôle de la situation.
« Ça va très bien, merci, » répondit Steve ironiquement le corps encore douloureux.
« Je me fiche de savoir si vous allez bien, » rugit-il en s'emparant de son teaser échoué par terre. « Quand vous approchez une détenue, aucune arme n'est autorisé. C'est inscrit dans le règlement. Leurs mains peuvent tout attraper. Une erreur de ce genre peut vous couter la vie ou me couter la vie. Vous êtes dans mon service, vous assurez la protection de tous, c'est clair ? Si vous êtes là, c'est uniquement pour que je puisse me concentrer sur les soins à prodiguer plutôt que sur la dangerosité de mes patientes. Ça c'est votre job, pas le mien. Maintenant, dégagez de là, » le força-t-il à s'éloigner alors qu'il faisait signe aux deux autres gardes de rester à leur poste.
Mis en retrait, le militaire se massa la nuque pour forcer son corps à se détendre. Il n'était pas habitué qu'une personne, qui plus est attachée, prenne le dessus sur lui. Mais une chose était sûre, il ne comptait pas se faire de nouveau avoir.
« Ne le prenez pas personnellement pour vous, » chuchota Banner en s'arrêtant à ses côtés. « Le Dr. Groihn travaille depuis longtemps dans ce secteur et Romanoff a été la seule à réussir à le blesser aux bras lors de son premier passage ici. Il en a gardé quelques séquelles et surtout beaucoup de rancunes. »
« C'est de ma faute. Je n'ai pas mesuré l'imprudence de garder mon arme sur moi. J'aurai dû penser à la retirer avant de m'approcher mais je ne pensais pas qu'elle réagirait aussi violemment. »
Et qu'elle me surprendrait à ce point, se garda-t-il de préciser.
« Natasha sait parfaitement comment se mettre pour qu'on puisse la recoudre malgré ses contraintes. Elle y est habituée car elle séjourne régulièrement ici avec des blessures plus ou moins graves. »
Il voulait bien le croire.
« Vous n'utilisez pas de produits anesthésiants ? » Interrogea-t-il en voyant le médecin commencer directement à recoudre après avoir désinfecté.
Banner secoua doucement la tête.
« Nous manquons de fournitures médicales et nous devons donc garder certains produits pour des urgences plus importantes, » murmura-t-il faiblement. « L'État ne nous classe pas dans la catégorie prioritaire si vous voyez ce que je veux dire. »
Il comprenait parfaitement. L'État préférait sans doute claquer tout son argent dans des guerres inutiles de pouvoir. Le bien-être des détenus devait passer en second plan. Voire même en dernier.
Il souffla de contrariété tout en contemplant la jeune femme de loin. Natasha Romanoff faisait partie des trois dossiers confiés par le directeur Pelling. Apparemment, il ne mentait pas quand il disait qu'il fallait s'en méfier. La blessure semblait profonde et douloureuse. Pourtant, elle ne bronchait pas et n'esquissait aucune grimace d'inconfort. Cela la rendait à ses yeux, encore plus dangereuse.
« Ne vous fiez pas à sa passivité, » lut-il ses pensées. « Elle est beaucoup plus alerte qu'elle ne vous le fait croire. »
La voix de Banner lui fit tourner la tête. De par sa phrase, il pouvait en conclure que lui aussi redoutait les réactions imprévisibles de la jeune femme.
« Vous savez pourquoi elle n'est pas venue d'elle-même ? »
Le docteur sourit légèrement à cette question. Et pour cause, il s'était fait exactement la même réflexion quelques mois plus tôt lors de son arrivée à la prison. Les gardes avaient amené la jeune femme après l'avoir vu agir bizarrement. Les analyses avaient montré quatre côtes cassées. Elle ne leur avait jamais dit comment cela était arrivé.
« Elle ne demande jamais à venir même quand ses blessures sont importantes. Les gardes sont souvent obligés de l'amener de force. J'ai parfois l'impression qu'elle s'en amuse, que c'est une sorte de jeu pour elle, » révéla-t-il, la voix étrangement peinée.
« Un jeu qu'elle perdrait à chaque fois ? » S'étonna Steve.
« C'est stupide oui, » déclara lentement le médecin. « Mais la cerner n'est pas chose facile. Elle est une énigme dont personne n'a le code. C'est assez déroutant. »
Déroutant. Le mot était parfaitement bien choisi. Il n'aurait pas mieux trouvé pour la décrire...
A suivre...
Chapitre un peu plus long que la normale qui sert surtout à introduire la future relation entre Steve et Natasha (même si pour le moment, elle n'est pas vraiment visible).
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ;)
Je vous dis, à la prochaine,
Tanutwo
