Salut à tous, merci encore pour vos reviews. Je suis désolée du retard, et de ne pas avoir répondu cette fois, mais je les ai bien appréciées à leur juste valeur. Un certain nombre a trouvé la bonne personne, ou y a au moins pensé avec parfois d'autres hypothèses. Pour les autres, il va falloir attendre pour avoir la réponse ^^Et pour la fameuse clause, c'est plus compliqué ^^

En tout cas, voilà la suite, qui est bien longue. Un passage ne vous plaira peut-être pas, mais allez jusqu'au bout ^^ et rappelez-vous, je ne suis pas totalement sadique ^^

Bonne lecture !

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Chapitre 3 : Fiançailles et mariage

"Et bien… si cette union n'était pas au finale une vaste mascarade, je crois que je l'aurais mal pris…" Souffla Ginny à la fin de la rédaction après avoir jeté un coup d'œil à toutes les clauses et modifications.

Non content d'avoir drastiquement limité ses finances, même si ça restait totalement acceptable et bien plus pour une étudiante encore à Poudlard, Harry avait réussi à la priver du titre de Lady Potter. Nul doute que ce simple fait mettrait sa mère en rage, elle qui lui avait fait miroiter ce titre en particulier depuis sa plus tendre enfance.

En effet, dans certaines vieilles clauses des contrats Potter, si le mariage avait lieu avant la majorité de la jeune fille, elle ne pouvait hériter immédiatement du titre de Lady, car considérée comme encore mineure, et donc mise sous tutelle de son mari. La transmission du titre se faisait ensuite au bon vouloir dudit mari.

Dans la plupart des mariages d'amour fait le plus rapidement possible, le titre était laissé à la majorité effective de l'épouse, mais dans les faits, c'est le mari qui donnait l'autorisation. S'il ne la donnait pas, pour une raison ou une autre, l'épouse restait Madame Potter, et non Lady, sans que quiconque extérieur au couple ne puisse y faire quoi que ce soit.

C'était un message qui serait parfaitement compris de toutes les familles de sang pur une fois la majorité de Ginny atteinte. Ce mariage n'avait pas été voulu par l'héritier Potter.

C'était presque mesquin, mais tout à fait justifié.

Quand au titre de Lady Black, une descendante Prewett ne pouvait pas y prétendre pour des raisons de vieilles querelles familiales. Elle pouvait quand même donner un héritier, mais n'aurait aucun autre privilège de cette noble maison.

"Dumbledore, et désolé mais ta mère aussi, vont s'en mordre les doigts."

"Si j'avais vraiment été la cruche que j'ai simulé dans le bureau de Dumby et que j'avais vraiment été amoureuse de toi, tu aurais fait le même contrat?" Demanda-t-elle tout de même.

"Sincèrement? Si tu avais continué sur cette ligne de conduite et que tu t'étais montrée bornée, je crois que ça aurait encore pire." Admit Harry sans une once de culpabilité.

"Tu es encore plus ascendant serpentard que moi…" Souffla la rouquine.

"J'en ai juste particulièrement marre d'être manipulé, et maintenant que face de serpent n'est plus là, je compte bien vivre ma vie comme je l'entends. Ceux qui se mettront en travers de ma route, et refuseront d'entendre raison, ils le regretteront."

"Je peux comprendre ça. Simplement contente d'être de ton côté. J'en plains presque les autres…" Haussa-t-elle les épaules, pas plus chagrinée que ça.

Heureusement qu'elle lui avait parlé, et n'avait pas continué à jouer son rôle en espérant lui expliquer après le mariage en question. Il l'aurait surement bien plus mal pris.

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Le dimanche et la signature au ministère arrivèrent bien trop vite à leur gout. Chacun avait passé la nuit dans les bras de son amant/amante, pour la dernière fois avant des mois. En tout cas ils l'espéraient, car si leur plan ne fonctionnait pas comme prévu, ils seraient coincés ensembles jusqu'à la fin de leur vie…

Ginny n'irait pas jusqu'à provoquer une répudiation pour redevenir libre, elle n'aurait plus d'avenir dans un tel cas, à moins de partir très loin à l'étranger. Elle ne souhaitait pas faire subir ça à son amante. Ils allaient tout faire pour que les choses se passent comme prévu.

Durant tout le trajet et la brève cérémonie de signature, Ginny resta pendue au bras de son futur mari.

"Tu es sure que tu n'en fait pas un peu trop?" Lui souffla ce dernier à l'oreille.

"Ils me prennent pour une cruche, je me conduis comme telle." Lui répliqua-t-elle avec un petit sourire. "Ils ne doivent se douter de rien."

Harry soupira avant de coller un sourire factice sur ses lèvres. Elle avait raison. S'il montrait ouvertement être contre ce mariage, Dumbledore pourrait devenir méfiant, et peut-être leur mettre des bâtons dans les roues. Le vieux bouc ne devait rien voir venir.

Il avança donc calmement jusqu'au bureau du ministre, qui présidait à cette signature.

"Félicitation mon petit, c'est un magnifique message d'espoir que ce mariage représente." Le félicita ce dernier.

Le brun se contenta de hocher la tête, ne se sentant pas capable de répondre calmement et poliment à une telle bêtise.

"Merci monsieur le ministre. Je suis tellement contente de pouvoir officialiser les choses avec celui que j'ai toujours aimé." Babilla Ginny, entrainant un sourire conciliant sur le visage de son vis-à-vis.

Elle était plutôt très bonne comédienne, même s'il l'avait remarqué depuis quelques jours déjà. Elle simulait très bien la petite gourde amoureuse et naïve. Harry se demanda comment elle avait pu se retrouver à Griffondor. Avait-elle du supplier le choixpeau comme lui? Il y pensait de plus en plus, il n'avait pas pu seulement hésiter avec un caractère pareil. D'un autre côté, lui aussi cachait bien son jeu, même si être aussi faux-cul en publique l'agaçait profondément.

Il avait plutôt caché son jeu en devenant Lord Potter dans le dos de tout le monde. Il n'avait même pas repris le ministre alors que traiter un Lord de 'mon petit' pouvait clairement être vu comme une insulte. Il aurait pu demander réparation et excuses publiques. Mais l'heure n'était pas encore venue.

En tout cas, ils avaient tous les deux bien joué leur rôle, car Dumbledore n'avait même pas demandé à relire le contrat ou les clauses le finissant. Pourtant, il savait que le brun comptait les lire et plus ou moins les modifier. Il était tellement aveugle quant à celui qu'il croyait être son pion… Tant mieux pour eux.

Le vieux sénile devait être tellement content d'avoir pu avancer la date du mariage. En effet, l'événement qu'il comptait au début faire se dérouler l'été prochain avait pu être avancé aux vacances de Noël, peu après le premier de l'an. Ce serait une merveilleuse façon de commencer l'année comme il l'avait dit.

Harry et Ginny avaient acquiescé. Après tout, plus vite ils étaient mariés, plus vite ils pouvaient s'organiser pour ne plus l'être.

Comme la signature avait eu lieu un dimanche, ils rentrèrent ensuite au Terrier pour fêter l'événement, même si ce n'était qu'une signature au bas d'un parchemin. Ils étaient désormais fiancés officiellement, et se devaient fidélité.

Heureusement, ils avaient tous les deux cours le lundi matin, et purent prétexter le fait de devoir se lever tôt pour s'éclipser et retourner à Poudlard.

Harry soupira profondément.

"Désolé, mais je n'en pouvais plus de voir ce sourire sur le visage de ta mère…"

"T'inquiète pas… La seule chose qui me console c'est l'idée de voir son sourire disparaitre quand elle apprendra notre plan." Bougonna Ginny.

"Elle n'aurait vraiment pas pu être convaincue? J'ai toujours cru que tu t'entendais bien avec ta mère, que vous étiez tous proches dans ta famille. C'est l'image qu'elle donnait en tout cas quand j'y venais l'été."

"C'était une belle image, mais particulièrement faussée… Maman est totalement sous le joug de Dumbledore, et papa est trop naïf pour voir quoi que ce soit. Elle ne veut que ce qu'elle pense être notre bonheur, mais si ça s'éloigne de sa conception, elle le prend mal. Il n'y a qu'à voir Bill et Fleur..."

Harry grimaça. C'est vrai que Molly s'était montré plutôt froide avec la demi-vélane, et n'hésitait pas à médire dans son dos. Il pensait que ça allait passer quand elle verrait que son fils était particulièrement heureux, mais apparemment non…

En plus, son propre mariage avec Ginny serait une excuse parfaite pour repousser celui de son ainé, à moins qu'il ne décide de se passer de l'aide de sa mère pour le faire en France, dans sa belle-famille. C'était peut-être ce qu'il avait de mieux à faire. Peut-être qu'il le lui conseillerait d'ailleurs.

C'est dans un silence un peu morose que les deux jeunes rentèrent au château. Ca y est, ils étaient fiancés. Maintenant, ils n'avaient plu qu'à espérer avoir pallié à toutes les éventualités pour que leur plan se déroule comme prévu.

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Les mois passèrent.

Le jour du mariage arriva rapidement. La cérémonie fut magnifique, ils ne pouvaient pas enlever ça à Molly Weasley. Le seul hic, les mariés n'étaient à leur sens pas les bons…

Harry et Ginny restèrent malgré tout stoïques, souriant aux invités, regrettant chacun de ne pas voir celui ou celle qu'ils auraient voulu à leurs côtés. Mais malheureusement, l'amante de Ginny n'avait aucune raison d'être là, et si Severus lui se trouvait bien dans le château, il n'avait pas non plus réellement de raison de se trouver au mariage du survivant qu'il était toujours sensé exécrer.

Un observateur attentif aurait repéré une ombre derrière une haute fenêtre de la tour Est qui surplombait la zone du mariage. Cette ombre resta présente jusqu'aux vœux, et bien après, ne disparaissant qu'avec la foule des invités. Mais personne ne la vit.

Le seul moment vraiment jouissif fut le froncement de sourcils de Dumbledore en annonçant les termes de Lord Potter et Madame Potter, au lieu de Lady, et surtout Molly qui faillit s'étrangler à cette prononciation. Malheureusement, le directeur retrouva trop vite sa sérénité. Il s'étant sans doute rappelé que Ginny était encore mineure, et que donc ce n'était qu'un détail qui serait vite réglé.

Harry sourit légèrement en imaginant son regard quand il se rendrait compte que non, ça ne risquait pas d'être vite réglé

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"Vous allez pouvoir nous faire un joli bébé." Gagatisa Molly en dévorant le couple du regard quelques minutes après la cérémonie qui les avait lié l'un à l'autre.

Elle avait retrouvé tout son sourire qu'elle avait momentanément perdu suite à l'appellation de sa fille sous un autre terme que celui qu'elle aurait souhaité.

"Désolé Molly, mais ce n'est pas dans nos projets immédiats." Lui répondit poliment Harry.

"Mais pourquoi? Si Ginny tombe enceinte maintenant, elle pourra quand même finir son année. Il sera toujours temps de passer ses aspics plus tard si elle y tient." On entendait bien dans son ton ce qu'elle en pensait. Une fois mère, elle n'en aurait plus besoin.

"Ginny est encore jeune, j'estime qu'une grossesse précoce est un risque inutile à lui faire courir, à elle et au futur enfant. On compte attendre ses 18 ans. Comme ça en plus, elle aura tous ses aspics, et pourra choisir de faire ce qu'elle veut de sa vie."

"Mais elle fait déjà ce qu'elle veut de sa vie, elle se marie!" S'exclama la mère rousse, semblant réellement surprise. "En plus, le contrat va réclamer un héritier." Rajouta-t-elle avec un air plus supérieur.

"Le contrat ne le réclamera que dans l'année suivant ses 18 ans. C'est une clause existant dans les contrats Potter pour préserver la futur Lady et lui permettre de faire ses choix quant à sa futur carrière."

"Mais une Lady ne travaille pas voyons." Le reprit Molly avec un petit air condescendant.

"Ah? Et d'où tenez-vous ça? Ma mère n'en a pas eu le temps, mais elle en avait les diplômes, j'en ai retrouvé la trace. Lady Malefoy travaille à mi-temps comme infirmière privée, elle a reprit quelques années après la naissance de Draco. Lady Nott était une maitresse en sortilège avant son décès. Lady Parkinson est assistante potioniste. Je continue?"

Il sourit, très satisfait d'avoir coupé le sifflet à la rouquine agaçante, comme il la considérait maintenant.

"Ginny sera libre de choisir la manière dont elle veut vivre. Si elle souhaite rester au foyer grand bien lui fasse, mais je doute que ça s'accorde à son caractère." Rajouta-t-il, ne résistant pas à lancer une pique supplémentaire avant de tourner le dos à sa belle-mère pour entrainer sa femme vers le buffet.

"Tu aurais pu attendre que je vois sa tête avant de lui tourner le dos." Pouffa Ginny tout bas pour ne pas être entendue.

Harry ricana. Tout doucement, ils allaient comprendre qu'ils n'étaient pas des pions.

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Quelques heures plus tard.

"Est-ce que tu veux que j'essaie de te donner du plaisir?" Demanda Harry, le regard légèrement fuyant.

Ginny, assise sur le coin du lit sursauta, avant de déplacer son regard vers lui. Elle était mortifiée, mais rassurée de constater qu'il était bien dans le même état. Elle se força à réfléchir à la question, même si tout son être se rebellait à l'idée de ce qui allait suivre.

Les contrats magiques étaient ainsi faits, que la nuit de noce se devait d'être consommée. Elle ne devait pas forcément produire d'héritier, mais ils devaient réaliser l'acte. C'était quelque chose contre lequel ils ne pouvaient rien. S'ils ne le faisaient pas d'eux même, la magie les y pousserait, et plus ils résisteraient, plus la chute serait rude.

La rouquine réfléchit plusieurs minutes à la question de son désormais mari. Cette nuit serait leur seule, ils s'étaient mis d'accord. Ce serait également leur seule occasion de prendre du plaisir de cette manière avant de longs mois, voir années. Mais ce serait également une sorte de trahison envers la personne qu'ils aimaient réellement.

Le brun avait du réellement prendre sur lui de lui proposer ça. D'ailleurs, il avait bien dit essayer, il n'était pas sur d'en être capable. Elle n'était pas sure d'être capable de prendre du plaisir dans cette situation, et n'était pas sure de vouloir essayer. Mais comme il avait pris sur lui de proposer, elle devait prendre sur elle d'y réfléchir, sincèrement.

Et sincèrement, elle voulait que ce moment embarrassant finisse le plus rapidement possible.

C'est ce qu'elle murmura. La posture d'Harry, très raide pendant qu'elle réfléchissait, se relâcha légèrement. Au moins, ils étaient sur la même longueur d'onde.

Un instant, ils hésitèrent à se battre contre la magie du contrat, jusqu'à être contraints par elle. Mais ils craignaient trop ce qui pourrait se produire. La magie pouvait les forcer à ressentir du plaisir, ils n'étaient pas sur de s'en remettre. Et si elle se déclenchait à un haut niveau de pouvoir, elle pourrait contrer leur précaution pour ne pas avoir d'héritier tout de suite. Ils ne pouvaient pas le permettre.

Ils devraient donc prendre l'initiative…

Légèrement tremblante, Ginny se changea pour une nuisette blanche, simple et confortable. Sa mère lui avait fourni avec un sourire entendu une tenue pour cette fantastique nuit, mais elle comptait bien ne pas la toucher. Peut-être même qu'elle la brulerait. Peut-être même que Harry serait heureux de la bruler avec elle.

Elle regroupa ses pensées qui commençaient à se disperser.

Elle au moins, elle pouvait rester en partie vêtue. Elle se sentait un peu protégée par cette nuisette, même si c'était stupide.

Les deux nouveaux mariés s'étaient tourné le dos pendant qu'ils se changeaient, ne pouvant s'empêcher d'imaginer avec qui ils auraient aimé être à la place. Alors que Ginny restait debout, attendant que le brun lui dise de se retourner, ce dernier s'était glissé dans le lit, sous les draps, et elle lui fut reconnaissante de ne pas avoir à le regarder nu.

Elle soupira. Ce n'était qu'un homme… Mais c'était une femme qu'elle aurait souhaité voir nue de cette manière là…

Bon, il était temps d'y aller…

Après tout, elle n'était pas vierge malgré son âge. Avant d'être certaine de préférer les femmes, elle avait expérimenté avec un de ses compatriotes, elle savait donc à quoi s'attendre…

Une fois tous les deux en partie camouflés par les draps, ils se regardèrent longuement. Ils étaient tous les deux dans le même bateau, et devraient se soutenir. C'était un moment gênant à passer, mais ils étaient amis, ils le resteraient… N'est ce pas? Est-ce que l'amitié résiste à tout? Ils allaient voir ça tout de suite.

Prenant leur courage à deux mains, ils firent ce que le contrat attendait d'eux. Ils le firent vite, mais chacun prenant garde à son partenaire en rendant la chose la moins désagréable possible. La jouissance eut un gout amer pour Harry, et il se jura à nouveau de faire payer les responsables.

D'un coup de baguette, il effaça toute trace de ce qui venait de se passer, et passa rapidement un bas de pyjama confortable.

"Tu veux aller prendre une douche?" Demanda-t-il à Ginny.

Elle hocha la tête, rouge, n'osant pas le regarder. Il soupira.

Quand ils durent se recoucher, il voulu se diriger vers le canapé qui se trouvait dans la petite suite que Dumbledore leur avait réservé pour cette nuit, chacun devant normalement toujours se trouver dans son dortoir, mais la rouquine lui fit un signe.

"Tu peux rester dans le lit." Murmura-t-elle, encore rouge. "Je n'ai pas vraiment envie d'être seule." Souffla-t-elle encore plus bas.

Lentement, il reprit sa place sous les draps. "Ils paieront." Souffla-t-il, décidé à remplacer sa honte et sa tristesse par une rage froide contre les responsables.

Il devina le hochement de tête sec de sa femme, suivi d'un léger sanglot.

Cette nuit, elle acceptait de se montrer faible. Mais demain, elle aurait retrouvé toute sa combativité.

Du moins, c'est ainsi que les choses se seraient passées s'ils n'avaient pas conçu leur propre plan avant cette nuit fatidique.

Ils allaient bien passer leur nuit de noce ensemble, d'une certaine façon, mais pas vraiment de la façon choisie par leurs proches.

Lorsque Ginny sortit de la salle de bain, elle était vêtue d'un ample peignoir qui dissimulait en grand partie sa silhouette, et trainait presque par terre. Elle échangea un regard entendu avec Harry.

«Il est presque l'heure. » Confirma ce dernier, les yeux rivés sur l'horloge de sa chambre.

D'un geste légèrement tremblant, il tira le tiroir de la table de chevet, en sortant un coffre finement ouvragé bardé de protections. Il en sortit un flacon contenant un liquide boueux.

« Cul sec ! » Encouragea-t-il la rouquine qui lançait un regard dégouté par avance à la fiole peu ragoutante.

Prenant son courage à deux mains, cette dernier la déboucha, et l'avala d'un trait, lançant un sourire de remerciement au brun lorsqu'il lui tendit un verre de jus de citrouille pour faire passer le gout infâme.

« Estimes-toi heureuse, ça aurait pu être pire. »

Devant son haussement de sourcil interrogatif, il poursuivit.

« Crois-moi, et ce n'est pas parce que c'est mon amant, mais un extrait de Crabbe ou Goyle, je peux te confirmer que même à l'aspect, c'était bien pire… »

Elle grimaça. « Je ne veux même pas savoir, déjà imaginer… » Une nouvelle grimace, cette fois de douleur la fit taire alors que son corps commença à onduler, puis à se modifier.

Quelques secondes plus tard, à la place de la rouquine, se tenait la silhouette sombre de Severus Snape.

« Oh Merlin qu'il se dépêche ! Je sens un truc que je n'aurais jamais du avoir à sentir entre mes jambes… »

Une seconde plus tard, les sourcils du potioniste étaient froncés devant un Harry écroulé de rire par terre.

« Puis-je savoir ce qu'il y a de drôle ? »

La voix glaciale fit lever les yeux du brun et s'étrangler son rire pour le remplacer par un sourire timide.

« Ca a marché ? »

Seul un sourcil levé lui répondit.

« Ca a marché ! » S'exclama-t-il à nouveau, cette fois sur de bien avoir son amant devant lui, et non plus la rouquine métamorphosée par le polynectar.

Car ainsi était fait leur plan. Du polynectar savamment brassé, contenant pour son propre exemplaire, un cheveu de Severus, et pour ce dernier, un cheveu de Ginny. Un rituel de possession de pure magie noire légèrement remanié pour échanger leur place (manquerait plus que Ginny assiste à leurs ébats à travers les yeux de son corps possédé…) et Harry Potter se retrouvait pour une heure en face de Severus Snape, alors qu'à plusieurs kilomètres de là, Ginny Weasley se trouvait aux côtés de son amante.

Il leur avait été inconcevable de passer leur nuit de noce avec une autre personne que leur compagnon ou compagne réel, mais pour autant, la magie du contrat leur imposait de consommer leur lien. Et simplement échanger n'aurait pas été possible, le contrat l'aurait considéré comme une faute, et les aurait marqués de sorte à ce que ça se sache. Mais là, Harry allait bien coucher pour sa nuit de noce avec Ginny, elle était juste sous la forme de Severus Snape grâce au polynectar, et investie par l'esprit de ce dernier.

Il leur avait fallu toutes les connaissances en magie noire de Severus et des Malefoy pour mettre au point ce plan, mais jusque là, tout était parfait.

D'un mouvement parfaitement maitrisé, le maitre de potion entrouvrit son peignoir qui n'avait plus rien de trop large, et Harry perdit toute capacité de réflexion devant la virilité fièrement dressée de son amant.

Ils n'avaient qu'une heure devant eux, ils n'avaient donc pas une minute à perdre. Si le polynectar aurait pu être prolongé, ce n'était pas le cas de la possession qui mettrait alors leurs esprits en danger. C'est aussi pour ça qu'ils s'étaient limités à deux fois pour cette dernière, la nuit de noce de Harry, puis celle de Severus. Et ils avaient bien l'intention d'en profiter, comme ils se doutaient que Ginny allait en profiter de son côté.

L'heure qui suivit ne fut que soupirs et cris de plaisirs, chacun donnant, et chacun recevant pour cette nuit qui ne pourrait se reproduire avant un bon moment.

A cet instant, le contrat était oublié, le mariage était un souvenir déjà lointain, et la question d'un héritier repoussée à bien plus tard.

Même si ils n'arrivaient pas à retourner la situation avant les 18 ans de Ginny et qu'il leur en fallait un, une potion le leur donnerait. La potion de conception était déjà faite, pour rassurer la magie du contrat. Si le temps venait, ils auraient juste à mêler un peu de leur essence magique dedans avant que la mariée ne la boive. Mais ils espéraient bien ne pas mettre les essences attendues dedans.

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