Titre : Dépossession [depɔsesjɔ̃] n. f. :
Genre : Drama/Mystery/ Humour/Romance/Slash
Rating : M (comme Méfait achevé)
Pairing : Harry/Voldemort
Disclaimer : J. K. Rowling
Spoiler : L'intégral des sept tomes, même si l'histoire se déroule durant la sixième année de Harry.
Bêta : Chaussette HDSS
Note de l'auteur : Après avoir fixé mon écran pendant cinq minutes avec un filet de bave coulant de ma bouche, j'en ai déduit qu'il ne restait pas assez de synapses en état de marche pour pondre une note d'auteur. C'est regrettable.
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Scène 5 :
Comment l'on surprend le Maître des Potions en flagrant délit
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Si on avait dit un jour à Severus Rogue qu'il ferait la une de la Gazette du Sorcier pendant un mois, il aurait ri. Et pendu l'impudent par les pieds dans une salle obscure des cachots de Poudlard.
Si on avait dit un jour à Severus Rogue que des inconnus se retourneraient sur son passage avec une lueur d'admiration dans le regard il se serait amèrement esclaffé. Et dépecé l'impudent pour l'utiliser comme ingrédient pour potions.
Si on avait dit un jour à Severus Rogue qu'il recevrait plus de courrier de fans que Potter dans ses jours de gloire, il se serait étouffé. Et envoyé l'impudent à l'étage des maladies incurables de Sainte-Mangouste dans un paquet cadeau.
Et pourtant il était là. Reconnu comme le héros de la deuxième guerre sombre. L'homme qui avait sauvé la communauté sorcière. Il eut beau démentir tous les exploits farfelus que lui attribuaient les journalistes, il resta quand même dans la chronique comme celui qui, par un obscur procédé, dé-immortalisa Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, et l'acheva d'un sortilège bien placé.
Severus soupira longuement en entendant le pop caractéristique des elfes de maison.
- Le courrier de Monsieur Rogue est arrivé !
- Je t'ai déjà répété de tout brûler, grogna le maître des potions d'une voix austère.
- Winky ne pourrait jamais faire ça, couina l'elfe d'une voix affolée. Winky serait une mauvaise elfe si elle ne laissait pas les sorciers dire du bien de Monsieur Rogue ! Parce que Monsieur Rogue est un bon sorcier alors il mérite de la reconnaissance. Oui oui !
- Ça va, ça va. Pose-ça là et va-t'en.
Le salon retrouva à nouveau un silence reposant. Rogue lança un regard noir au tas de lettres sur la table basse et, d'un claquement de doigts, y mit le feu. Il n'avait pas besoin de l'hypocrisie de ceux qui l'avaient traîné plus bas que terre à la fin de la première guerre sombre.
Les parchemins se consumèrent dans un concert de craquements aigus. Satisfait, l'ancien Mangemort s'apprêta à retourner s'occuper de ses chères potions lorsqu'il remarqua qu'un petit paquet avait échappé à l'incendie.
Un sourire sarcastique étira ses lèvres. Il y avait vraiment des gens qui ne renonçaient jamais.
En y regardant de plus près, le paquet était bardé de tous les sorts possibles et inimaginables pour le protéger du vent, de la pluie, du feu, des chocs et même des animaux. Et du travail de professionnel avec ça. Légèrement impressionné et pas mal curieux, Rogue ouvrit le paquet d'un coup de baguette et en sortit le contenu.
Une culotte.
Rose.
À dentelle.
Au même moment, la porte de ses appartements s'ouvrit en grinçant.
- Ce n'est pas ce que vous croyez, Albus !
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Harry s'accroupit dans le boyau sombre et s'attela à déplier la Carte des Maraudeurs.
Tiens-ça.
Je suis pas ton chien.
S'te plait, j'arrive pas à voir l'étage en entier.
T'as des mains, non ? Alors sers-t-en.
C'est ce que je suis en train de faire, mais ma main gauche n'est pas très coopérative...
…
Ô, grand mage noir, me feriez-vous l'honneur de tenir ce bout de parchemin moisi pour que je puisse repérer les ennemis sur notre route ?
Je ferais comme si le sarcasme ne m'atteignait pas.
Ok, presque tous les élèves sont rassemblés dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Dumbledore aussi. Et Rogue est en train de faire l'asocial dans son bureau.
Personne dans les couloirs ?
Pas sur notre trajectoire, mais je vais surveiller la carte quand même.
Harry déploya sa cape d'invisibilité d'un mouvement ample et s'en recouvrit. Il grogna en se rendant compte que ses pieds et une bonne partie de ses mollets dépassaient et jeta un sortilège de désillusion sur ses jambes. Cela suffirait à berner les tableaux et les élèves.
Dans un couloir du troisième étage, la statue de la sorcière borgne se rangea dans son alcôve pour laisser passer une présence invisible.
Poursuivi par un ricanement mental incessant et légèrement flippant, l'ancien Gryffondor descendit les étages en moins d'une minute pour se retrouver devant la porte de l'antre du Maître des Cachots.
Aïe !
Il n'y a que moi ici qui peut porter le nom de Maître.
Le sourire sanguinaire qui déforma ses lèvres lorsqu'il se rendit compte que la porte en question n'était pas fermée aurait suffit à faire fuir le Baron Sanglant. Le panneau coulissa sur ses gonds en grinçant et Harry Potter se retrouva face à face avec Severus Rogue tenant une culotte rose à bout de bras.
- Ce n'est pas ce que vous croyez, Albus !
Harry regarda avec intérêt son ancien professeur de potions passer du rouge au blanc puis au vert et repasser par le rouge avant de se reprendre et de cacher l'objet honteux derrière son dos.
- Potter, siffla-t-il, qu'est-ce que vous faites ici ?
Je lui dis quoi ?
Que tu viens le solliciter pour des cours de tango.
- Je viens vous...
Attends, vraiment ?
Mais non, gamin stupide!
Mais c'est toi qui m'a dit que...
Essaye de penser par toi-même un peu, bon sang.
J'aimerais bien, mais à chaque fois que je pense quelque chose, tu y vas de ton petit commentaire sarcastique!
Très bien, alors, dis-lui que tu as un message à lui remettre de la part de...Hmm...
Du ministre ?
Par exemple. Et lorsqu'il aura baissé sa garde, tu le stupefixies et tu l'attaches pour faire bonne mesure. Et n'oublie pas de lui prendre sa baguette et de lui lancer un sortilège de mutisme. Il a plus de ressources qu'il ne le laisse paraître.
-...remettre un message important de la part du Ministre.
Les muscles des épaules de Rogue se relâchèrent légèrement et les plis de se front se détendirent un peu tandis qu'il acquiesçait d'un signe de tête.
- Et évidemment, le grand Harry Potter n'a pas pu faire l'effort de s'annoncer à la porte principale du château parce que tout lui est dû...
- Stupefix !
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Une heure et de nombreux sortilèges peu plaisants plus tard, Harry Potter sortit du château par l'endroit même où il était rentré sans que personne n'en sache rien. À part un cadavre refroidissant dans les sombres cachots.
Ah zut!
Quoi encore?
J'ai oublié de lui demander si, la petite culotte, c'était pour son usage personnel ou pas.
…
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Scène 6:
Où l'on se lance dans une carrière de critique politique
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Et maintenant, j'écris quoi ?
J'en sais rien, je n'ai jamais écrit de contrat. J'ordonnais et les autres obéissaient.
En même temps, tant qu'on signe avec notre magie, on s'en fout un peu quand même, non ?
Je refuse de signer un contrat qui ne me rend pas hommage !
T'es pas chiant comme mec...
Harry fit tourner la plume entre ses doigts, les yeux dans le vague, et étouffa un juron en se rendant compte des éclaboussures qu'il avait fait sur le parchemin.
Très bien. Alors « Je, soussigné Harry James Potter, 17 ans et toutes ses dents- »
Sérieusement ?
Rooh, ça va, c'était pour détendre l'atmosphère...
Humf...
Donc, je disais, « Je, Harry James Potter, m'engage à coopérer avec Tom Elvis Jedusor dans le but d'œuvrer à la capture des membres restants de l'Armée des Ténèbres, connus sous le nom de Mangemorts. Je m'engage également à coopérer avec Tom Elvis Jedusor pour organiser le meurtre des membres de l'Ordre du Phénix, excepté un certain nombre de personnes de mon choix au sein de cette association, ainsi que les Aurors ayant participé à l'assaut final contre Lord Voldemort, leader de l'Armée des Ténèbres.
« Je, Tom Elvis Jedusor, m'engage à coopérer avec Harry James Potter pour les trois buts cités précédemment. Je m'engage également à respecter le choix de Harry James Potter en ce qui concerne les personnes à épargner au sein de l'Ordre du Phénix.
« Ce contrat sera déclaré obsolète à la mort de la dernière des cibles citées ci-dessus.
« Par la Magie, ainsi soit-il. »
Harry admira avec fierté l'écriture virile qui ornait le parchemin et y apposa son nom d'un geste fluide. Souriant, il passa la plume à son bras gauche. Celui-ci ne fit pas un geste pour la saisir.
Je suis droitier.
Content pour toi.
Non, je veux dire, je suis incapable d'écrire mon nom de la main gauche.
La situation doit vraiment être désespérée pour que tu m'avoues ça...
Pour que le contrat soit valide, il faut que j'y appose ma signature, pas une vulgaire imitation tremblante !
Bon, ben si tu veux pas signer ce contrat, je n'ai qu'à rester pépère chez moi à me dorer les poils sur la véranda...
Avoir un deuxième esprit dans votre tête qui réfléchit à toute allure et pèse le pour et le contre en une micro-seconde est très perturbant, remarqua Harry en plissant le front sous l'effort.
Passe-moi un parchemin, je vais m'entraîner.
Et moi je fais quoi ?
Tu te tais et tu attends.
Harry retint la remarque sarcastique qu'il avait sur le bout de la langue et attrapa une liasse de papiers qu'il déploya sur la table. Et Voldemort commença à écrire son nom dans la joie et la bonne humeur.
Ne te plains pas si tu te retrouves avec une plume plantée dans l'œil...
Ok ok, j'arrête de te déconcentrer.
…
Il faut que j'aille pisser.
La plume passa à quelques millimètres de son œil droit.
Après une dizaine de répliques sanglantes, plusieurs menaces de mort et une autre tentative d'éborgnement de la part de Voldemort, le calme retomba dans la pièce et le mage noir retourna à sa calligraphie. De son côté, Harry attrapa un stylo noir et commença à gribouiller sur une autre feuille.
La plume dérapa et Voldemort étouffa un juron. Harry dessina un lapin.
Voldemort passa sur un autre parchemin. Harry lui rajouta un manteau de cuir.
La plume trembla et une goutte d'encre s'échappa. Harry dessina une moto volante. Puis il grimaça et, pris d'une soudaine inspiration, coloria le lapin, lui enleva les oreilles et rajouta une truffe de chien.
À sa gauche, la plume glissait lentement sur le parchemin pour former des arabesques compliquées. Harry dessina Rogue. En petite culotte.
Au fur et à mesure que le temps passait, le mage noir semblait prendre de l'assurance et sa signature présageait d'avoir une certaine classe. Harry dessina une fouine. Et des frisettes dans les cheveux de Rogue.
Voldemort plongea la plume dans l'encrier et tapota sur le rebord pour enlever le surplus d'encre. Harry rajouta des cheveux plaqués au gel sur le crâne de la fouine et la fit rebondir tandis qu'une caricature de Fol-Œil agitait sa baguette magique en ricanant et en dansant la polka avec sa jambe de bois.
Potter...
Huh ?
Je peux savoir ce que tu fais ?
Hum, je t'aurais bien répondu que je m'entraînais pour entamer une carrière de critique politique mais je ne suis pas sûr que tu apprécies...
Passe-moi ce contrat au lieu de débiter autant de stupidités à la minute.
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Note de l'auteur : En écrivant la scène 6, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à un de mes livres illustrés de l'époque où je ne savais même pas lire. Ça s'appelait « Max et la poule en chocolat ». Marie trouve tous les œufs de Pâques et Max juste une cuillère, des fourmis, des glands et de la boue et finit par faire des crêpes fourmi-gland...
Ouais, je sais, tout le monde s'en fout.
P.S : Ooooooh, un nouveau bouton de review, essayons-le, essayons-le !
