Je vous avait dit que je mettrais un nouveau chapitre dans la soirée… chose promise chose due !
Je dois dire en toute modestie que je suis assez contente de celui-ci et j'ai hâte de savoir ce que vous en pensez… Je ne peux bien sûr que vous conseiller d'écouter le chef d'œuvre qu'est le solo piano de la Rhapsody in blue (vous le trouvez sans problème sur Radioblog)…Je voulais aussi ajouter une petite info 'culture gé' ; à afin du chapitre je cite une musique que vous avez sans doute déjà entendue puisqu'il s'agit de l'alphabet musical de Mozart, qui devient par la suite le Ah vous dirai-j maman… Je sais que Ah vous dirai-je est typiquement 'french', mais ça m'arrangeais pour la fic que House connaisse la chanson, vous comprendrez vite pourquoi. Vive la liberté de l'auteur, lol ; Et puis ce n'est pas totalement hors propos puisqu'aux états unis cette mélodie est aussi très connue sauf qu'elle est devenue 'tinkle winkle little star' (trd : brille scintille petite étoile) … Et d'abord c'est ma fic alors je fais ce que je veux NA ! lol ;
Allez mes petits amis, à la semaine prochaine avec un chapitre tout plein d'action et d'émotion (vous avez vu comme j'appâte le client quand même…lol)
A LadyFr : même pas besoin d'attendre jusqu'à dimanche prochain...Verinarde !
CHAPITRE 3 : - Rhapsody in Blue - Gershwin
House roula à vive allure jusqu'à son appartement, rêvant de l'instant où –tous téléphones coupés- il pourrait profiter de la douce chaleur des radiateurs. Il roulait vite, trop vite pet être et le vent lui fouettait le visage. Comme tous les soirs. Mais ce soir, House était de bonne humeur…de bonne humeur parce que pour la première fois en trois jours, les petites voix insidieuses n'avaient pas refait surface. Parce que pour la première fois en deux jours, les deux yeux noirs avaient cessé de le hanter. Parce que pour la première fois en deux jours, il ne serait peut être pas réveillé par le même cauchemar. Etait ce le décolleté de Cuddy ? Le cachet de Vicodine ? De ne pas avoir eu à supporter un seul patient ? La journée passée Ipod sur les oreilles ? Il n'en avait aucune idée mais pour une fois, cela lui était égal. Sifflotant, il gara le deux roues et poussa la porte de sa canne. C'est à peine si il fut surpris en apercevant Soledad, recroquevillée dans le couloir. Cette fois, elle portait une salopette noire et chemisier bleu pastel. Où qui avait du l'être en des temps plus anciens, parce que pour le moment, il était simplement recouvert de gouache rouge. « Tu ne peux pas faire attention ! » Oh non ! la voix était revenue. Agressive. Dure. Elle lui arrachait littéralement le tympan. House fouilla dans sa poche et prit un nouveau cachet. A quelques pas, Soledad le dévisageait avec gravité. Il n'avait pas besoin de lui demander ce qui n'allait pas…ce qui clochait, il savait. Sans paraître lui prêter attention, il ouvrit la porte de chez lui et s'y engouffra. Mais il la tint ouverte quelques secondes de plus que nécessaires. A peine 5 petites secondes mais l'enfant avait compris le message et le suivit, sans un mot.
House se débarrassa de ses affaires et fila directement se mettre au piano, espérant ainsi faire taire la voix insidieuse qui s'était infiltrée dans son cerveau. Le rongeait. « Tu me fais honte ! » Rageusement, le médecin plaqua un premier accord. « Ne me répond pas ! » Maintenant, les doigts longs et fins courraient sur le clavier sans répit. Les notes s'élevaient, staccato. Gershwin. Rhapsody in Blue. Le génie du musicien qui avait réussi à mélanger la musique Jazz et Classique. Maintenant la mélodie éclatait, comme si le compositeur avait lancé des notes au hasard, pour voir ce qu'il en ressortirait. « Ne sois pas impertinent ». La voix ne le lâchait plus. House se concentra un peu plus sur la musique. Il n'y avait plus que lui, lui et les touches noires et blanches. Lui et les marteaux frappant les cordes du piano. La musique était là depuis toujours, pour lui donner la liberté qu'on lui refusait.
Assise au pied de l'instrument, Soledad regardait son étrange voisin penché sur le clavier. Fascinée, la bouche entrouverte, elle tapait des pieds en mesure. La musique avait prit toute la place dans l'appartement. La fillette ressentait les moindres vibrations du morceau, la finesse de l'interprétation. Cette mélodie qu'elle n'avait pourtant jamais entendue, elle la reconnaissait. Elle la comprenait. Aussi bien que la voix de son père quand elle rentrait le soir. Aussi bien que son institutrice lorsqu'elle récitait la table de 7. La petite fille ne lâchait plus du regard les doigts qui virevoltaient au dessus des touches. Et soudain, la musique s'arrêta. Elle croisa les yeux bleus de son voisin et sourit, timidement. « C'est beau ce que tu dis, murmura-t-elle. Mais c'est un peu triste aussi. »
House regarda sa petite voisine, perplexe. « C'est beau ce que tu dis » Il la considéra un long moment, cherchant à voir ce qu'elle avait voulu dire. Mais elle ne s'était pas trompée, il en est sur. Elle avait juste compris. Et la voix dans sa tête s'est enfin tue. Alors, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps, il offre un sourire sincère à la fillette qui semble le scanner de ses yeux noirs. « Merci, Soleil »
« Viens là… » Il tapota la banquette du plat de la main. « Je vais te montrer comment on fait. » L'enfant s'exécuta, apparemment ravie. House pianota un air familier. Ré Ré la la si si la…La fillette l'observa attentivement et puis posa timidement ses petits doigts sur le clavier. Il l'encouragea du regard. Ré re la la si si la… « Pas mal. La suite maintenant… » Sol sol fa fa mi mi ré. Une fois encore les doigts de Soledad l'imitèrent avec une agilité déconcertante. La la sol sol fa fa mi. Lorsqu'ils plaquèrent la note finale, l'enfant lui offrit un sourire rayonnant. « ça c'était facile…plus dur maintenant. » Cette fois, c'est la très fameuse Lettre à Elise qu'il entama. Mi ré# mi ré# mi si ré do la…A sa grande surprise, la brunette ne parut pas déstabilisée et elle rejoua derrière lui. Mi ré# mi ré# m… « SOLEDAD !. Une voix de stentor résonna dans le hall. Ils échangèrent un regard, pas besoin d'être devin pour savoir de qui il s'agissait. «Vas y, grogna –t-il. Il va s'énerver. » Une ombre ternit les yeux noirs, et Soledad hocha la tête. Quelques secondes plus tard, la porte se referma dans un claquement sonore. « Où tu étais encore passé ?
Ré Ré la la si si la…Le diagnosticien enfonça mécaniquement les touches de clavier.
« tu peux pas rester tranquille un moment »
Sol sol fa fa mi mi ré
« Je t'ai dit de rester dans le hall ! »
Les voix se mélangeaient dans la tête de House. Réelles et imaginaires. La la sol sol fa fa mi. Pour les faire taire, il se mit à fredonner. « Ah vous dirai je maman…ce qui cause mon tourment. » « Ne pleure pas, tu n'es plus un bébé !!! » « Papa veut que je raisonne
Comme une grande personne. » Des portes claquaient. « Moi je sais que les bonbons
Valent mieux que la raison. »
Là haut quelqu'un criait. Il y eu un bruit de verre brisé. De portes qui claquaient. House avala fébrilement un nouveau cachet de Vicodine. Il avait ce réflexe enfantin –et idiot- de se boucher les oreilles, appuyer si fort sur ses tympans que les oreilles se mettaient à siffler. Mais c'était inutile. Les voix étaient bel et bien là. « UN vrai soldat ne pleure pas. » « Un enfant doit obéir à ses parents » « TU me remerciera plus tard » Le pied droit du médecin appuya de toutes ses forces sur la pédale 'forte' de l'instrument. Et il joua. Rhapsody in blue. « C'est beau ce que tu dis. » Il plaqua de nouveaux accords rageurs. « Mais c'est un peu triste aussi ». Un rictus amer déforma les traits du praticien. Triste à en crever. Papa veut que je raisonne comme une grande personne…
