Ça n'a aucun sens \o/ YEAAAH !
Bonne lecture quand même.
Après avoir parcouru la pièce de long en large afin de retrouver son calme ; le douzième prince de Xing s'était assis sur son lit et réfléchissait à la meilleure façon de mettre un terme au quiproquo. Faire des excuses à sa servante lui était impossible et combien même, les aurait-elle considéré comme justifiées ? Probablement pas.
Il savait qu'en se pensant cela, il ne cherchait qu'à soulager sa conscience et cela lui convenait parfaitement. Le jeune homme savait aussi que si grâce à ces prétextes, il s'épargnait un humiliant mea-culpa ; une mise au point avec sa domestique était néanmoins inévitable.
Par le passé, Ling avait souvent profité de son autorité afin de malmener gentiment ses serviteurs -et en particulier, Lan Fan. Toutefois, il connaissait les limites à ne pas dépasser ; celles qui différencient un roi, d'un tyran. Jamais pour son bon plaisir, il ne s'en prendrait à quelqu'un et encore moins, à une femme.
Sa garde du corps pouvait donc dormir sur ses deux oreilles.
- Viens t'asseoir ; lui fit-il, tout en lui montrant le second lit qui se trouvait parallèle au sien. Ça me perturbe de te voir debout comme ça.
La jeune fille obéit aussitôt et il dut pivoter sur lui-même pour que tous deux se retrouvent de nouveau face-à-face.
- Je crois qu'il faut que nous discutions, Lan Fan.
Celle-ci, fixant toujours le sol, acquiesça timidement. Le garçon se mit donc en tailleur et après avoir pris une profonde inspiration, se lança :
- Si Ed et Al ont sous-entendu que Xing...
Il disait "Xing" pour ne pas dire "je" ; comme de mettre de la distance entre lui et les événements. Les frères Elric, ainsi que leur amie, le considéraient comme un pervers et dans sa tête, l'énoncer tout haut équivalait à le reconnaître.
- Je veux dire que si à Xing, ce genre de choses se fait—
Ling émit un léger rire, surpris par la délicatesse dont il faisait preuve pour aborder le sujet. "Ce genre de choses", répéta-t-il intérieurement comme s'il s'agissait d'une blague. Il n'était pourtant pas le genre de personne à tourner autour du pot et ménager Lan Fan était bien la dernière de ses priorités ; alors pourquoi tant de simagrées ? La pudeur ridicule des Amestrians devait l'avoir contaminer ; il n'y avait pas d'autres explications -ou du moins, pas d'autres que le xinois était prêt à admettre.
La vérité, c'était qu'il était gêné. Aussi gêné que pouvait l'être n'importe quel adolescent de quinze ans face à une personne de sexe opposé.
Le jeune homme essaya de se ressaisir, bien décider à se montrer aussi cru qu'il serait nécessaire de l'être. Les discours remplis de mots à doubles sens et de métaphores poétiques ; tout ça, il ne le réservait qu'aux courtisanes dont il fallait respecter la (fausse)pudeur et exceptionnellement à Edward qui, en dehors de l'alchimie, ne connaissait pas grand chose à la vie.
Lan Fan n'était qu'une servante et, même si elle semblait facilement embarrassée, elle ne devait certainement pas être aussi ignorante que le blondinet. Ayant dû passer toute son enfance entourée d'hommes et en particulier de soldats -malheureusement connus pour leur gaillardise, il ne serait d'ailleurs pas étonnant qu'elle connaisse tous les termes liés au sex du plus scientifiques au plus grivois. Ling s'amusa à l'imaginer débitant avec son sérieux habituel, quelques unes des expressions les plus sympathiques qu'offrait la langue xinoise. Cependant, lorsqu'il jeta un coup d'oeil à l'original ; il se dit que, finalement, l'entendre prononcer de tels mots n'aurait rien de drôle. Elle était bien trop jolie pour dire des trucs pareils.
Et malheureusement, bien trop pour que ses connaissances ne se soient arrêter qu'au stade du vocabulaire et de la théorie...
"De la jalousie. Bravo, Ling. De mieux en mieux..."
- Tu devrais remercier Edward, fit une voix qu'il lui était inconnue.
Le jeune homme tourna la tête en direction de celle-ci et, vit qu'à la place de Lan Fan se trouvait désormais...
Un ours.
Ou pour être plus précis, une réplique grandeur nature d'un des ours du pyjama de Winry. Celui-ci, les jambes croisés, le regardait avec un sourire narquois. Le Prince, que cette apparition ne semblait visiblement pas surprendre, décida de lui rendre la pareil et avec une voix doucereuse, lui répondit :
- Je ne vois vraiment pas pourquoi.
- Avec cette chambre, il t'a donné un prétexte pour obtenir ce que que tu voulais sans trop te mouiller. Et surtout, il t'en a donner un autre pour obtenir ce que tu veux encore.
- Hein ?
Le sourire de l'Ours s'aggrandit.
- Tu fantasmes comme un malade.
Ling éclata de rire et levant les yeux au ciel, fit un geste de la main comme pour chasser un insecte.
- N'importe quoi !
- Oh, je t'en prie ! Tu as commencé à fantasmer à la minute même où tu as su que c'était une fille. S'il n'y avait pas Fu, tu n'aurais pas attendu ce soir pour regarder sous son masque. Et si tu n'étais pas qu'un lâche, ça ferait longtemps que tu aurais déjà regardé sous autre chose...
En entendant cela, le Xinois passa du rire à l'étouffement et il fallut un temps avant qu'il ne réussisse de nouveau à parler de manière intelligible.
- C'est ridicule, dit-il en toussant encore à moitié. J'ai peut-être pensé lui ôter son masque plus d'une fois mais, n'importe qui en aurait fait autant. Ca ne veut donc rien dire — Je ne fantasme pas sur Lan Fan. Et je compte regarder sous rien du tout.
L'animal roula des orbites.
- Où est le problème ? Peu importe ce que tu lui demanderas, elle sera d'accord.
- Elle ne sera pas "d'accord", elle y consentira. C'est différent.
Il se gifla mentalement pour n'avoir pu s'empêcher de dire cela avec amertume.
- "L'un doit ordonner, l'autre obéir", ça te rappelle quelque chose ?
- Je ne pratique pas le droit de cuissage. Compris ?
- Même avec les dames de la cour ? Ca n'a eu pas l'air de te gêner l'autre fois lorsque, dans les cuisines, tu as—
- Ç-Ça n'a rien à voir avec du droit de cuissage ; protesta Ling, le visage écarlate.
- Ah oui, c'est vrai... Elles, elles étaient "d'accord". Mais, qui te dit que Lan Fan ne le sera pas aussi ?
Il eut un silence puis le jeune homme se leva.
- Cette conversation est terminée.
- Pourquoi ; s'écria l'Ours qui, le voyant se diriger vers la salle de bain, en fit de même. Les soldats sont aussi des êtres de chair et de sang. Et que tu le veuilles ou non, ils ont des désirs. Tout comme les princes.
- Lan Fan est ma servante ; répliqua sèchement Ling, en insistant bien sur l'adjectif possessif. Ne parles pas d'elle comme ça.
- Comme quoi ? Comme si elle était humaine ? C'est pourtant ce qu'elle est avant d'être ta servante.
- Je sais, merci ; grogna l'adolescent, se tournant de nouveau vers lui. Je voulais dire ; ne parles pas d'elle comme si tu la connaissais.
- Parce que toi, oui peut-être ?
Le Prince grimaça et l'Ours afficha un sourire plus large que jamais.
- Ça t'arrange un peu, il faut dire ; continua-t-il. Entre l'air impassible qu'elle se donne, son masque et ça, tu peux continuer à jouer celui qui est incapable de deviner ce qu'il se trame dans sa jolie petite tête. Pourtant, toi et moi, on sait très bien que tu pourrais facilement le découvrir. La manipulation, ça te connaît. Mais si tu préfères continuer à fantasmer dans ton coin et à évacuer ta frustration en te comportant comme un gamin de huit ans qui ne peut pas s'empêcher de tirer les nattes de la fille dont il est amoureux ; c'est toi qui vois...
Le jeune homme fixa l'animal en clignant des paupières. Tout cela avait été débiter si rapidement qu'il n'était pas sûr d'avoir tout bien enregistré.
- Quoi ?
- Tu l'aimes. Tu craques pour elle. Tu la kiffes grâââve. Quand tu penses à elle, ça te fait des papillons dans ventre et des trucs dans le sli—
- Je suis pas amoureux de Lan Fan ! Elle est jolie certes, mais j'ai vu des femmes bien plus belles qu'elle. Et puis, je ne la connais même pas ! Toi-même, tu l'as dit ! J'ai aucune raison de l'aimer.
- Parce que tu crois qu'il faut une bonne raison pour être amoureux ?
- J-J'en sais rien !
- Exactement, ricana l'Ours avant qu'il n'est pu ajouter quoique ce soit. Tu n'en sais rien !
- Je suis pas amoureux d'elle !
- Raah ! Laisse tomber ! Je n'ai jamais vu autant de mauvaise foi réunie dans une seule et même pièce ! M'enfin... J'aurais réussi à te faire avouer que tu n'es qu'un gros dégueulasse.
- Q-Quoi ?! J'ai rien avoué du tout ! Tu délires !
- Non. C'est toi qui délire. T'es en train de parler à un ours, mec !
- Huh ? Maintenant que tu le d—
Et tout devînt alors flou.
Je comptais ajouter beaucoup d'autres choses mais au fond, ça n'avait rien à faire dans ce genre d'histoire ni dans une conversation aussi... Étrange lol. Tant pis !
Je crois qu'il est vraiment temps que cette histoire se termine !
