Sherlock avait froid. Terriblement froid. Des gouttes d'eau glacés, glissaient encore sur sa peau pâle; Ses cheveux et ses vêtements étaient mouillés. Ses mains viraient entre le bleu et le violet. Il crut qu'il était devenu un glaçon humain. Ses dents claquaient, ses yeux ne pouvaient se fermer. Son manteau qu'il avait prit avec effort était reposé sur lui tel une couverture. Dans sa petite chambre grise, il s'était couché sur le matelas.
Voilà trois jours qu'il est ici et jamais il n'avait connu pire torture. Pas une torture. Expérience comme le disait si bien le professeur Presbury. Pour connaitre sa résistance au fouet, à la batte et à l'eau glacée.
Il avait été battu avec violence. Pendant ses trois jours, pendant trois heures, on venait le battre soit au fouet, soit à la batte. Le fouet ne faisait qu'arracher sa peau formant des cicatrices plus ou moins larges. On avait prit le soin d'enlever sa chemise pour permettre une meilleure expérience. Les coups étaient rapides selon le relayer. Sherlock ne criait qu'au bout de 158 coups, notés par les assistants du professeur. Parfois, son cri ne venait que vers les 50 coups. On jugeait qu'il était faible à ces moments là. La batte était bien autre chose. Elle ne formait que des hématomes plus ou moins grosses. Sherlock n'en avait le droit que 10 minutes toutes les 8 heures. Il était rare qu'il supplie. En fait, il ne priait jamais d'arrêter les coups, à la grande surprise des batteurs. Il criait, hurlait voire laissait quelques larmes tomber, mais jamais on n'avait entendu de paroles de sa part.
Ce qui satisfaisait le professeur Presbury. Car ces anciens jeunes hommes avaient tous fait des supplications. Puis ce dernier décidait alors de passer à l'étape suivante. Plus tot que ces derniers cobayes-humains, une première pour son équipe qui avait l'habitude que le professeur prenne son temps. "L'expérience de l'aquarium". expérience qui avait couté la vie de l'un des trois jeunes hommes. L'équipe se souvenait bien : "Mort de froid" avait été le diagnostic avec pour conclusion que l'homme avait un corps ayant une température basse. Cette fois-ci, le professeur espérait que Sherlock passerait à cette étape.
On l'avait donc attaché dans un grand aquarium. Puis on lui avait donné un masque à oxygène relié à un tuyau. L'aquarium qui était vide au début avait été ensuite remplie à la suite. Ce masque lui permettait de respirer et de ne pas se noyer. Dès le début, Sherlock savait que on allait le laisser dans de l'eau mais il ignorait la température. Quand il entendit le signal à travers les murs de verre vitrés, d'autres tuyaux apparurent sur quatre murs laissant l'eau se répandre. Dès la première goutte qui l'avait touché, il comprit que la toilette n'était pas le but. L'eau était froide. Beaucoup plus que ce que pouvait donner le robinet de son appartement, aussi froide que la tamise, peut-être même de la manche. L'eau était monté au fur et à mesure. Très rapidement. Lorsqu'il avait atteint les cuisses de Sherlock, ses pieds étaient devenus violets et son corps n'arrêtaient de trembler. Arrivé au cou, il ne sentait plus ses mains ni les autres membres qui nageaient dans ce liquide glacial. Il avait essayé d'oublier la douleur du froid, de mordre ses lèvres pour qu'elles arrêtent de trembler, mais la douleur était trop forte pour lui. Dix minutes après le début de "l'expérience", son corps entier se trouvait complètement dans l'eau et il ne voyait plus rien à cause de l'environnement aquatique, il fut même obligé de fermer les yeux. Il souhaitait de toute son âme de sortir d'ici. Il se demanda même si les murs allaient supporter assez longtemps l'eau glacé. Il eut l'impression d'avoir perdu ses membres, d'avoir été emputé. Même son cerveau lui semblait froid. Sa respiration devenait de plus en plus rapide, ses dents claquaient dans le masque à oxygène si forts qu'il l'entendait malgré le milieu aquatique. Il avait mal partout, il eut l'impression de bruler.
Seul dans sa chambre, il se remémorait ses derniers heures de torture glaciale. Il n'avait jamais ressentit un froid si immense. Peut-être qu'il avait déjà eu froid lors de ses escapades nocturnes ou quand il fuyait son frère et oubliait en même temps son manteau. Il avait beau se serrer fort dans son long manteau, cela ne le réchauffait guère. Son vêtement lui donnait une odeur de Baker Street qui lui rajouta une torture morale en plus de physique. Des larmes coulèrent tout à coup de ses yeux. En trois jours, il n'avait même pas pu garder son sang-froid, ses sentiments. En à peine trois jours, il ressentait de la nostalgie, du regret et des remords. Baker Street le manquait, son ami John le manquait, son frère le manquait, sa logeuse la manquait. Il aurait aimé se retrouver dans son chez-lui, dans son fauteuil à résoudre n'importe quel énigme. Est ce que était-il porté disparu ? Est ce que John s'en inquiétait ? Bien qu'il savait que cela risquerait de durer longtemps, de remarquer sa disparition car il lui arrivait de partir pendant une semaine sans rien dire et de revenir ensuite. Non. Il avait été si stupide d'avoir fait cela. D'être si solitaire, si égoiste.
Un bruit se fit entendre, on venait le voir. Il eut la force de se rasseoir et de se coller dans le coin du mur, malgré le tremblement qui parcourait toujours son corps.
Un homme sans bouche, borne, tenait à la main une batte...électrique. Il s'approcha doucement de Sherlock qui se resserra de plus en plus en comprenant ce qu'il allait subir. Il lui enleva le manteau et le prit par le col pour le jeter sur le mur opposé. Le détective eut du mal à se remettre dans une bonne position.
"- Non, murmura-t-il, ne...faites pas ça..." Ses dents claquaient. Il eut à peine du mal à se faire entendre même si il savait que on allait jamais lui répondre. Le bout de la batte s'approcha de lui de plus en plus.
Un filet brève électrique le toucha rapidement. Il cria.
