Encore merci pour toutes vos reviews, je suis un auteur comblé !

Afin de répondre à certaines remarques, j'ai remplacé les tirets des dialogues (qui apparement n'apparaissent pas, je ne sais pas pourquoi…) par des guillemets donc dites moi si ça fonctionne cette fois. Sinon, désolée pour les quelques fautes qui s'imiscent malgré la relecture. En tout cas, merci merci merci et bonne lecture !

Hermione posa la dernière fourchette sur la table toute décorée. Elle se redressa douloureusement et passa sa main sur son ventre bien rond. Elle jeta un dernier coup d'œil à l'ensemble de la salle, replaça une dernière boule sur le sapin, poussa un petit soupir puis retourna dans sa chambre enfiler sa tenue de fête. Les deux derniers mois avaient filé à grande vitesse entre les batailles et les blessés mais, heureusement, aucun mort n'était venu s'ajouter à la liste déjà longue. La jeune femme n'avait plus eu de nouvelles ni de Harry ni de Malefoy. La bataille d'Ecosse avait été sans grande gravité, c'était une attaque factice des mangemorts. Aucune trève n'avait été décidée mais Harry avait imposé que tout le monde fête Noel. Ainsi, la moitié des combattants reviendraient chez eux ou au QG le 24 et l'autre moitié le 25. Cette décision avait répandu un sentiment de bonheur dans le cœur de tous. La guerre durait déjà depuis trop longtemps, les combattants fatiguaient et le moral était très bas en ces mois froids et lugubres. La perspective d'un Noel calme et tranquille avait remis de l'espoir en chacun d'eux.

La future maman avait mis vingt couverts sans savoir qui se présenterait vraiment. Elle était seule pour le moment mais attendait les convives d'un moment à l'autre. Elle enfila prestement une longue robe bleue marine ornée de paillette, coiffa ses longs cheveux bouclés qui tombèrent en cascade sur la robe et tenta de cacher les cernes de fatigue et de peur avec un peu de maquillage. Elle se contempla dans le miroir, plutôt satisfaite du résultat, puis s'assit dans son fauteuil attitré dans l'entrée. Et elle attendit. Longtemps. Trop longtemps.

Toute l'heure dura, elle commença à s'inquiéter. Elle savait que tous n'étaient pas forcément ponctuel mais à ce point… ce n'était pas normal. Trois coups forts à la porte la firent sursauter. Après les formules de sécurité, elle ouvrit rapidement la porte : un homme blond se tenait le côté droit, le visage en sang.

« Miss Granger, il y a eu une attaque au sud de Londres. Les blessés arrivent.

« Que s'est-il passé ?

« Plus tard Miss Granger, c'est grave. Il y a des morts.

Une fois qu'il eut péniblement fini sa phrase, il tomba, évanoui. Une attaque. Des morts. Impossible… Elle se resaisit le plus rapidement possible et entraîna le messager vers la cuisine. D'un sort, elle fit disparaître sa belle table et, d'un autre, fit apparaître des lits de camps. Elle n'eut pas le temps de s'occuper de l'homme évanoui que déjà les autres arrivaient en force. En cas d'attaque, la procédure d'entrée au QG était simplifiée.

Elle vit arriver Ginny, Mme Weasley, Lavande Brown et d'autres anciens de Poudlard arriver en courant : Elles étaient les infirmières de guerre et étaient toujours aux premières loges en cas d'attaque. Pas le temps pour un sourire ou autre civilité, tous s'attelèrent à leur tâche. Hermione devait contrôler les arrivées : les blessés les plus graves dans la cuisine, les blessés légers au premier étage et les morts à la cave. Rien ni personne n'avait imaginé un tel carnage : les mangemorts avaient eu vent de leurs projets pour Noel et avaient profité d'un moment d'allégresse des combattants pour attaquer plus fort que jamais. L'impact avait été d'autant plus fort que trois unités entières de combattants s'étaient réunis au sud de la ville, soit près de deux cent hommes et femmes.

Il régnait un tel chaos qu'Hermione amplifia sa voix pour se faire entendre correctement. Elle vit défiler un véritable ballet de brancards et de sorciers ensanglantés. Beaucoup étaient mutilés et elle en vit même un qui semblait avoir perdu ses deux jambes. Au bout d'une heure, les trois unités avaient été récupérées et tous les combattants étaient au QG. Le hall se vida peu à peu laissant place aux cris des blessés en provenance de la cuisine. Avant de s'y rendre, Hermione verrouilla la porte d'entrée, il ne fallait pas oublier les règles de sécurité de base.

Une fois dans la cuisine, elle prit en charge un blessé à la tête. L'homme en question était évanoui et saignait abondemment, la jeune femme n'était pas sûre de pouvoir le sauver.

La nuit fut très longue. Il fallut des heures de soins intensifs pour panser les plaies mais, à aux premières lueurs du jour, une question se posa : qui allait remplacer les troupes manquantes ? les combattants encore valides repartirent après avoir avaler une bout de repas de Noel sans que le cœur y soit : ce Noel là avait été particulièrement meurtrier.

Epuisée, Hermione s'assit dans un coin de la pièce, le visage dans les mains.

« Granger !

« Malefoy, tu es là !

« Triste nuit, hein ?

La future maman ne sut pas si c'était la fatigue, la peur, sa grossesse ou tout ensemble mais, à l'évocation de cette question qui ne nécessitait pourtant aucune réponse, elle éclata en sanglots. Malefoy eut alors une réaction des plus surprenantes : il s'agenouilla à sa hauteur et la prit dans ses bras. Ils restèrent de longues minutes ainsi, sans bouger ni parler. Lorsque ses pleurs se tarirent, Hermione releva la tête et croisa le regard de Drago : il semblait épuisé lui aussi, ses traits étaient tirés, son visage était couvert de terre et de sang, ses vêtements étaient déchirés de toute part. ils se regardèrent comme si c'était la première fois et Drago eut un léger rictus.

« Toujours aussi sensible, hein ?

Sa remarque n'avait même pas le ton méprisant qu'il aimait adopter autrefois, il n'en avait ni l'envie ni la force. A ce moment même, ils réalisèrent tous les deux que leur relation froide était ainsi non parce qu'ils se détestaient mais surtout parce qu'elle était encore une évocation de leurs années à poudlard, de ce temps si lointain où ils menaient une vie paisible. Le seul fait d'adopter un ton un peu froid l'un envers l'autre leur permettait de s'échapper quelques secondes de toute l'horreur dans laquelle ils vivaient depuis si longtemps. Ils le réalisèrent si clairement qu'ils eurent chacun un léger sourire. Ils ne se détestaient plus, c'était une évidence mais ils ne supporteraient pas de s'aimer, c'était trop difficile, trop douloureux.

« Granger, comment va Enora ?

« Bien, elle bouge beaucoup et mon ventre grossit de jour en jour.

« Tu la nourris bien ?

« Autant que possible, oui.

« Tu dors bien ?

« Ces deux derniers mois ont été plutôt agités ici. Où est Harry ?

« Pas loin d'ici. Il ne rentrera pas tout de suite à cause de la bataille. Il est entrain de réorganiser toutes les troupes.

« Pourquoi tu es là ?

« Pour Enora. J'étais là durant la bataille donc j'en ai profité pour venir.

« Tu es blessé ?

« Légèrement.

« Tu veux manger et boire ?

« Oui, ça fait des jours que je ne mange rien, je m'épuise vite.

Elle l'emmena dans le grand salon où elle avait finalement entreposé le buffet de Noel. Une atmposhère lugubre y régnait : certains sorciers s'étaient regroupés pour pleurer les morts de la nuit, d'autres engloutissaient de la nourriture les yeux perdus dans le vide. Très peu parlaient. Elle vit Malefoy s'approcher du buffet et manger à mains nues, sans couvert ni assiette, les mets proposés. Elle eut un léger sourire : si on lui avait qu'un jour, elle verrait Malefoy dévorer de la nourriture comme un malpropre, elle aurait rit. « Si on lui avait dit… » cette phrase revenait tellement souvent en ce moment. Elle jeta un dernier regard au jeune homme tourné vers le buffet puis regagna sa chambre.

Elle s'allongea, soupira longuement et se perdit à nouveau dans ses pensées, interrompues par le grincement de sa porte d'entrée. Une voix l'appela dans un murmure.

« Granger, t'es là ?

« Qu'est ce que tu veux Malefoy ? Je suis épuisée…

« Juste faire un bisou à Enora.

« Viens.

Elle sentit plus qu'elle ne vit le jeune homme s'avancer bras en avant pour ne pas tomber puis elle sentit l'affaissement de son matelas lorsqu'il s'assit. Elle perçut la main froide du jeune homme sur son ventre comme un éléctrochoc : des milliers de frissons lui parcoururent la colonne vertébrale. Drago embrassa doucement le ventre d'Hermione et parla d'une voix douce que la jeune femme ne lui connaissait pas.

« Enora, ma princesse, j'espère que cette guerre sera sur sa fin quand tu naîtras, que tu ne connaîtras pas ce cauchemard que nous vivons. Je me battrais pour toi mon ange, tu vivras heureuse. Tu n'es même pas encore née que je pourrai donner ma vie pour toi, je t'aime ma fille, j'ai tellement hâte de te voir…

Hermione fut alors surprise de sentir des larmes couler sur son ventre. Une telle déclaration d'amour relevait l'hérésie venant de Drago Malefoy. A croire que la guerre pouvait aussi rendre les gens sentimentaux.

« Prends bien soin d'elle surtout Granger, elle est ma seule raison de vivre.

« Tu pars ?

« Je vais pas rester avec toi…

« Heureusement pas. Je voulais dire : tu pars du QG ?

« Oui, je dois rejoindre Potter, c'est le chaos dehors.

« Dis lui que je pense à lui.

« Oui je sais.

« Fais le vraiment.

« Oui Granger, je le fais à chaque fois.

Sans un mot de plus, Drago quitta la chambre plongée dans le noir, laissant Hermione seule. Elle caressa longuement son ventre en pensant à l'après : pour le moment, son bébé était à l'abris dans son cocon liquide mais une fois dehors, qu'en serait-il dans ce monde en proie à une guerre impitoyable et sans merci ?