Salutations !
Pour commencer, pardon d'avance aux gens qui préfèrent les chapitres courts, quasi tous les chapitres de la fic sont des pavés (après je peux encore changer le découpage hein, hésitez pas à le dire si vous trouvez ça gênant, j'peux modifier).

Et non, je suis pas à la bourre d'un jour, j'ai simplement changé la date de sortie à mardi (ce qui ne me met pas à l'abri d'un retard ultérieur).

Bref, les choses vont commencer à partir en live à partir de là x) Pour une fois j'ai essayé de prendre mon temps pour mettre la situation en place avant que ça parte en cacahuète. Je sais pas trop ce que le début « calme » (si on omet le simili prologue) donne du coup donc j'attends vos retours avec intérêt.

Bonne lecture ! =)


Chapitre 3


Conan courut à travers les couloirs, son esprit concentré sur les éléments qu'il avait récolté jusqu'à maintenant, et qui ressemblaient de façon beaucoup trop troublante au meurtre que Chisei voulait mettre en scène pour que se soit un hasard. Alors quoi, que c'était-il passé ? Elle était sensée être encore en pleins préparatifs! Et si elle était responsable du meurtre, se serait-elle vraiment risquée à les approcher tout à l'heure ? Mais si ce n'était pas elle, pourquoi est-ce que cela ressemblait autant à ce qu'elle avait prévu, jusque dans le dying message ?

L'enfant ne comprenait pas, tout ce qu'il savait c'est qu'au moins une personne de capable s'occupait déjà de la scène de crime. Maintenant, sa première priorité était de trouver l'inventrice de ces mystères, qui serait peut-être en mesure de lui donner quelques réponses. Et en cet instant, il ne pouvait que se féliciter d'être dans la confidence, et ainsi de savoir où la trouver... Normalement.

Il avait mémorisé le plan du campus quand il l'avait vu et se dirigea aussitôt vers le bon bâtiment. Pour le reste, les indications des messages qu'il avait échangé avec Chisei cette nuit devraient lui suffire pour s'orienter.

Il arriva rapidement au bon étage et repéra alors la réserve dont elle avait parlé. Il s'arrêta devant le temps de reprendre un peu son souffle et, alors qu'il pensait qu'aucune lumière ne passait sous la porte de la pièce où elle était sensé être, il se ravisa en voyant la faible lueur d'une source artificielle, probablement une lampe car la lumière de la salle serait sans doute plus puissante et orientée différemment. Cela ne l'étonna pas outre mesure, elle en avait parlé pour être plus discrète des fois que Heiji passe devant pendant qu'elle y était pour récupérer du matériel. Il n'attendit pas plus longtemps pour entrer.

-Chisei-neesan !

Il avait à peine passé la porte qu'il repéra la jeune femme, mais avant qu'il n'ai pu ajouter quoi que se soit ou même analysé sa position étrange, presque face à lui et l'air sur la défensive, et son expression, comme horrifiée en le voyant entrer, quelqu'un l'agrippa par le devant de ses vêtements et l'écarta de la porte avant de refermer cette dernière et de le plaquer au sol.

Au départ, il fut trop surpris pour réagir. Lorsqu'il vit que celui qui le tenait venait de verrouiller la porte et était masqué, il chercha aussitôt à se relever et se dégager de sa prise mais l'inconnu le replaqua violemment au sol et s'assit à califourchon au dessus de lui, emprisonnant au passage son bras droit sous son genou.

-Conan-kun ! Cria Chisei.

Elle voulu se précipiter mais l'homme approcha un couteau de la gorge de l'enfant, assorti d'un « Stop ! » ferme et menaçant, et qui venait clairement d'une voix masculine, et qui sonnait étonnamment jeune. Elle se figea, l'air inquiète, tandis que le petit détective essayait de comprendre ce qui était en train de se passer.

Il avisa comme il put l'arme blanche que son agresseur utilisait pour le menacer, et vit sans surprise que même si elle avait été nettoyée, des traces de sang demeuraient. Et la forme et la taille de la lame semblaient correspondre aux blessures au couteau qu'il avait vu sur le corps d'Umeka. Les probabilités pour que l'homme soit l'assassin semblaient donc assez fortes, même s'il n'était pas non plus impossible que l'arme appartienne en réalité à Chisei et qu'il venait de la lui subtiliser. Mais cela lui paraissait peu probable, si Chisei était l'assassin alors le timing ne collait pas, d'autant qu'elle n'avait pas paru essoufflée tout à l'heure, elle paraissait normale, bref, pas comme quelqu'un qui vient de poignarder une autre personne, et elle n'aurait pas eu le temps d'appliquer la méthode pour fermer la porte en laissant la clé à l'intérieur. De plus elle savait via Conan que lui et les autres risquaient d'arriver en avance aujourd'hui, alors à moins que cela ne fasse parti de son plan pour s'innocenter, cela lui paraissait peu probable.

L'homme, en revanche, faisait un candidat plus évident et idéal. Outre son attitude et son accoutrement, déjà louches en soit, Conan cru discerner du sang, mais sur les vêtements noir de l'homme, avec la faible luminosité de la pièce, il n'arrivait pas à en être certain, et n'était pas exactement libre de ses mouvements pour l'instant. Il était peu probable que deux meurtres aient été commis en même temps au même endroit, et que les meurtriers se soient croisés, de plus Chisei n'avait aucune trace de sang sur elle, même si elle s'était peut-être protégée avec quelque chose qu'elle avait jeté ou dissimulé, peut-être même ici. Les preuves, pour l'instant, ne pointaient pas vers elle.

Alors que Conan observait et analysait rapidement ce qui l'entourait, le silence et l'immobilité de quelques secondes qui avaient suivit l'ordre de l'homme se brisèrent alors que ce dernier continuait :

-Maintenant dépêche toi, si tu ne veux pas que je m'en prenne à ce gamin.

Chisei eu un regard fier et déterminé avant de capituler lorsque son regard se posa sur l'enfant.

-D'accord, très bien.

Elle se retourna pour farfouiller sur la table derrière elle tandis que Conan esquissait un mouvement avec son bras libre, mais il sentit aussitôt le métal froid se plaquer contre sa gorge.

-Toi, ne bouge pas.

Le regard menaçant de l'homme se fixa sur lui quelques secondes avant de revenir sur Chisei. Le détective rajeunit retint un frisson tandis qu'il essayait de calmer sa respiration. Ce type avait vraiment un regard flippant.

Hélas, il ne voyait pas vraiment quoi faire. Le meurtrier probable n'avait pas l'air tolérant du tout envers ses tentatives de mouvement et il ne pouvait pas utiliser sa montre. Il n'était pas bâillonné pour l'heure, mais crier ne servirait à rien à part l'énerver, et il ne voyait pas quoi dire non plus qui pourrait les aider à sortir de ce mauvais pas. Néanmoins, il ne serait pas contre plus d'informations sur ce qui était en train de se passer, aussi prit-il une voix d'enfant apeuré pour s'adresser à la jeune femme.

-Chisei-neesan, qu'est-ce qui se passe ?

-Tais-toi, éluda l'homme en le bâillonnant avec la main qui tenait ses vêtements juste avant. Et toi, ne t'arrête pas ! Ordonna-t-il en voyant Chisei se retourner.

Cette dernière s'exécuta non sans un regard désolé et inquiet pour l'enfant. Il avait également l'impression de voir un éclat de peur à chaque fois qu'elle posait son regard sur le couteau. Est-ce que cette arme en particulier lui rappelait quelque chose, ou avait-elle une phobie liée aux armes blanches ? C'était étonnant, mais pas impossible. Elle avait beau faire de l'aikido, ce qui impliquait d'apprendre des techniques pour faire face à des personnes armées notamment de couteau, c'était généralement des armes en bois qui étaient utilisées pendant les entraînements. Et il y avait une nette différence entre un entraînement dans des conditions de sécurité contrôlée et une situation réelle telle que celle-ci.

En tout cas, il n'avait hélas rien pu apprendre de plus pour l'instant. Il fut néanmoins coupé dans ses réflexions par la voix de la jeune femme.

-C'est bon, je les ai toutes.

Elle se retourna avec ses notes pour les mystères qu'elle avait préparé pour Kogoro et les autres dans les mains, mais ne s'éloigna pas de la table.

-Et maintenant, que comptes-tu faire ? S'enquit-elle.

-Ça, ça ne te regarde pas. Amène-les moi.

Elle fit quelques pas hésitants, les yeux fixés sur le couteau. L'homme eu un petit rire.

-Ne t'en fais pas, je ne vais pas te poignarder. Tiens, met les notes dans ce sac qui traîne juste là.

Il utilisa le couteau pour désigner le dit sac. L'aikidoka tressaillit et commença à vider le dit sac avant de mettre les notes dedans.

Pendant qu'elle le faisait, Conan réfléchissait à ses options à toute vitesse. Il n'aimait pas du tout la tournure que ça prenait. Visiblement, l'homme masqué voulait utiliser ses idées pour commettre des crimes bien réels. Bien qu'il ignore comment il avait pu faire le 1er meurtre décrit dans ses notes, si c'était bien lui qui avait tué Umeka, sans les avoir, il était à craindre qu'il ne voudrait pas que quelqu'un qui connaisse les dites notes se ballade dans la nature et puisse donc potentiellement nuire à ses plans. Il y avait donc à craindre que cet homme ne la laisse pas repartir de cette salle en vie, et ça risquait d'être pareil pour lui même si l'individu masqué ignorait qu'il connaissait une partie des notes. Heureusement, il n'allait sans doute pas rester dans cette position pour les tuer, Conan devrait avoir une chance d'utiliser une de ses armes, mais pour ça il devait essayer de prévoir ce que le type comptait faire.

Il allait probablement essayer de s'en prendre à Chisei en premier. C'était une plus grande menace pour lui, vu qu'elle était la créatrice des notes qu'il lui volait et était, bon pas une adulte au sens légal du terme, mais était tout aussi dangereuse. Conan, d'un autre côté, était un enfant, dont il ne savait sans doute pas qu'il connaissait une partie des notes, et qu'il pouvait maîtriser bien plus facilement, comme il était en train de le faire. De plus il lui était utile comme moyen de pression sur Chisei. Mais il n'allait pas pouvoir rester accroupi sur l'enfant si tel était le cas.

Et aussi, l'âge de leur agresseur l'intriguait. Malgré le masque, il pouvait légèrement voir autour de ses yeux, et il n'y avait aucune ride. Il avait des yeux marrons et des sourcils bruns, du peu qu'il pouvait en voir. Il semblait vigoureux, probablement sportif, et sa voix sonnait assez jeune. On aurait dit qu'il avait l'âge d'un lycéen ou éventuellement d'un étudiant de première ou deuxième année. Serait-il dans le lycée de Heiji et Chisei, ou dans la même université que la victime, Umeka ?

Bien que ce ne soit pas le moment idéal pour réfléchir du lien entre eux, il en avait quand même besoin. L'homme allait-il se méfier des capacités en aikido de Chisei ? Cette dernière était-elle suffisamment douée pour pouvoir les utiliser en conditions réelles ? Et surtout, malgré sa peur évidente du couteau, que l'homme semblait avoir remarqué ?

Il était toujours en train de faire analyses et hypothèses lorsque l'inconnu se décida enfin à bouger. Avec un regard alerte fixé sur l'enfant mais qui surveillait Chisei en périphérie, il retira la main qui le bâillonnait pour le forcer à se lever en lui tenant le bras gauche. Il enleva son genou du bras droit du détective et le força à se mettre debout, dos à lui, en gardant toujours autant que possible le couteau contre sa gorge, et qu'il plaquait contre sa peau dès qu'il n'allait pas assez vite à son goût ou faisait des gestes autres que ceux nécessaires pour se lever. Chisei observait la scène du coin de l'œil tout en continuant la tâche qu'elle avait commencé. Elle était de toute façon trop loin pour faire quoi que se soit, mais elle ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œils inquiets.

L'homme saisit Conan en plaçant son bras sous les siens, en les tirant en arrière. Il agrippa également le poignet droit de l'enfant alors que ce dernier s'apprêtait à essayer d'utiliser sa montre, et il senti à nouveau un bref instant le métal froid contre son cou, puis il le souleva.

Conan ne put retenir un gémissement de douleur et de protestation. Contrairement à quand le bras passait devant sa poitrine, ce qui permettait de le tenir en serrant ou en le portant sous les aisselles, souvent un peu des deux, cette méthode tirait beaucoup plus sur ses bras et surtout sur ses épaules, au point que c'était douloureux immédiatement, car ça mettait l'articulation dans une position où elle pouvait difficilement supporter autant de poids. Le bras dont il tenait le poignet était particulièrement mis à mal. Mais naturellement, le type n'en avait cure et pressa au contraire à nouveau la lame du couteau contre sa gorge.

-Je croyais t'avoir demandé de te taire ?

-Mais ça fait mal, se plaignit Conan en reprenant une voix d'enfant.

La lame se pressa encore un peu plus et il sentit une douleur vive qui le fit aussitôt tressaillir. Non pas que la douleur ai été très forte mais le cou était un point particulièrement sensible et il n'avait pu réprimer le réflexe de chercher à se dégager pour protéger sa gorge. Il sentit un mince filet de sang couler.

-Ne bouge pas, ferme la, et tout ira bien, lui chuchota l'homme. Pour toi en tout cas...

Il avait prononcé la fin si peu fort que Conan doutait que ça lui soit destiné. Et ça confirmait ce qu'il pensait : il avait l'intention d'éliminer Chisei. Et potentiellement de se servir de lui comme bouclier, vu comment il le tenait. Néanmoins il n'allait sans doute pas pouvoir tenir très longtemps comme ça, musclé ou pas. Il ne tenait presque entièrement à un bras, et il pesait quand même 18 kilos.

Conan cherchait à toute vitesse une solution. Sa montre était à nouveau hors d'atteinte pour l'instant, et il ne pouvait pas non plus actionner ni ses chaussures, ni sa ceinture gonfle ballons. Il n'avait qu'une envie, c'était de hurler à Chisei de s'enfuir, mais l'homme et lui étaient entre elle et la sortie, et il n'aurait sans doute pas beaucoup de difficultés à l'empêcher de partir, que se soit en bloquant le passage, en menaçant Conan – bien qu'il était déjà en train de le faire – ou les deux.

Enfin, au moins il n'avait pas l'air d'avoir l'intention de le tuer, mais cela ne l'aidait que peu. Il n'hésiterait sans doute pas à changer d'avis s'il devenait trop gênant.

Chisei se retourna en tenant le sac, l'air incertaine sur quoi faire.

-J'ai terminé. Qu'est-ce que tu comptes faire de nous ?

Conan l'avait déjà remarqué la 1ère fois, mais cela semblait se confirmer : elle le tutoyait. Pourquoi ? Il doutait que se soit parce qu'elle avait remarqué son jeune âge. Serait-ce plutôt parce qu'ils se connaissaient ? C'était difficile à dire.

Et malgré l'usage du « nous », son regard fixé sur l'enfant indiquait qu'elle semblait d'avantage se soucier de son sort que du sien. L'homme ricana.

-Passe moi le rouleau de chatterton sur l'étagère à côté de toi. Je vais vous attacher avec ça et vous laisser ici, histoire d'avoir le temps de m'enfuir. Pose le sac sur la table, je le prendrais en partant. Et grouille, j'ai pas toute la journée.

Les yeux de Conan s'agrandirent et il fixa Chisei en articulant silencieusement « C'est faux » lorsqu'il mentionna son plan les concernant. Elle le vit, mais obéit malgré tout aux directives, posa le sac puis envoya le rouleau de scotch épais à l'homme. Ce dernier restait à bonne distance de Chisei et plaqua l'enfant sur le haut d'un meuble de rangement proche. Il planta son couteau à côté de la tête du petit détective, menace pour lui comme pour l'aikidoka, et commença à joindre ses poignets pour pouvoir les attacher. Le meuble était contre le mur mais l'homme s'était mit légèrement de côté pour pouvoir continuer à surveiller la lycéenne détective.

Il ne s'agissait pas là d'une vraie opportunité, mais au moins il n'y avait plus la menace immédiate du couteau, et même si l'homme le tenait toujours par au moins une main, il tenait désormais ses deux poignets d'une main tout en essayant de décoller un bout du rouleau de scotch, ce qui s'avérait compliqué vu qu'il portait des gants. Il pouvait lui faire lâcher prise s'il se débrouillait bien. Et pour peu qu'il réussisse à s'écarter, même un peu, cela devrait lui suffire pour avoir le temps de l'endormir avec sa montre.

Conan se mit donc à se débattre en cherchant à s'éjecter du dessus du meuble, mais cela ne fonctionna absolument pas. L'individu réagit aussitôt en lâchant le rouleau et en lui saisissant un bras qu'il utilisa pour le ramener fermement sur le meuble, puis il le tordit jusqu'à ce qu'il arrête de bouger. Chisei, qui avait commencé à se précipiter vers eux pour l'aider, se figea lorsque l'homme se tourna vers elle et, tandis qu'il lui faisait une clé lui tordant l'épaule et le coude pour le calmer, il commença également à lui tordre le poignet en fixant Chisei dans les yeux.

-Si tu approches, je lui brise le poignet, c'est clair ?

Elle hocha doucement la tête.

-Recule.

Il attendit qu'elle soit revenue à sa position initiale pour se concentrer à nouveau sur le petit détective, bien que sans la quitter totalement des yeux. Il continua de tordre son bras jusqu'à ce qu'il lâche un nouveau cri de douleur, et s'arrêta à ce moment là, mais sans détordre l'articulation.

-Et toi, je croyais t'avoir dit de ne pas bouger. Ne t'avises pas de recommencer, c'est clair ?

Il mit encore un peu de pression sur l'articulation malmenée jusqu'à ce que Conan lâche un nouveau cri.

-C'est clair ?

-Oui, c'est clair ! Pardon ! S'excusa-t-il.

Bon, pour la tentative de libération, c'était raté. Et ce n'était sans doute pas ses excuses et son ton d'enfant apeuré qui allaient faire baisser sa garde au type, surtout maintenant qu'il venait de tenter quelque chose. Mais au moins, il aurait essayé.

Conan grimaça alors que l'homme cessait sa prise pour réentreprendre de l'attacher. Cette fois, il ne tenta rien. Son bras était encore endolori, et il savait maintenant que l'individu avait de bons réflexes et le tenait bien. Mais ce qu'il venait de lui faire... On aurait dit des mouvements de clés articulaires utilisés en aikido, justement. Mais de telles techniques étaient également utilisées dans d'autres arts martiaux. Il pouvait aussi s'agir d'une personne qui connaissait assez le corps humain pour savoir dans quel sens torde une articulation pour faire mal.

Une fois qu'il eu terminé d'attacher l'enfant aux poignets, chevilles et l'eut bâillonné, il le laissa tomber à terre et reprit couteau et chatterton pour s'approcher de Chisei.

Cette dernière se tendit et son regard fixa d'abord le couteau avant de passer à l'enfant derrière lui. Le type prit cela pour de l'inquiétude et ne remarqua pas son air étrangement concentré alors qu'il approchait doucement.

-Ce couteau te rappelle des souvenirs, hein ? Si tu ne veux pas le voir de trop près, alors ne tente rien, laisse toi juste faire. Si tu essaie quoi que se soit, je ne serais pas aussi clément qu'avec le gamin, et il pourrait le payer à ta place.

Elle ne réagit absolument pas à ce qu'il venait de dire, les yeux semble-t-il toujours fixés sur le dit gamin. Il fronça les sourcils. Cela l'arrangeait que son attention ne soit pas concentrée sur lui, mais pas à ce point non plus. Avait-elle peur de l'arme au point de ne plus pouvoir la regarder directement quand il s'approchait ? Mais pourquoi ne pas le regarder lui dans ce cas ? C'était assez étrange mais au fond cela l'arrangeait, il se voyait donc mal la tirer de ce qui la captivait autant, du moment qu'elle ne faisait pas de vagues comme le gosse.

-Commence par te retourner et joint tes mains dans ton dos, ordonna-t-il.

Mais elle ne bougea pas, comme si elle n'avait rien entendu, ou plutôt rien écouté vu la distance. Cela commençait à l'agacer. Il était trop proche pour se permettre de tourner la tête pour voir si elle avait une raison d'être aussi captivée par ce qui se passait derrière lui, aussi haussa-t-il la voix en agitant le couteau sur le chemin de son regard, ce qui fixa aussitôt son attention dessus.

-Hé, je te parles ! Fait ce que je te dis, et vite !

Mais au lieu de cela, la lumière s'éteignit brusquement. L'homme jura et voulu se précipiter vers Chisei, ou du moins l'endroit où elle devait se trouver vu qu'il n'y voyait plus rien, la pièce n'ayant aucune fenêtre. Il fut presque aussitôt stoppé dans son élan par un coup probablement porté avec la chaise qui traînait près de la table.

Chisei fonça aussitôt vers la porte, qu'on pouvait deviner grâce aux rayons de lumière dessinant l'encadrement. Fort heureusement, elle se fermait avec un verrou, elle n'eut besoin que de deux secondes avant d'ouvrir et de se ruer dehors.

L'homme jura. Il se lança tant bien que mal à sa poursuite mais compris rapidement que ses chances de la rattraper et de la tuer sans risquer de se faire voir par quelqu'un étaient très faibles, même avec le peu de gens présents sur le campus en pleines vacances. Qu'ils aient le malheur de croiser le gardien ou les gens avec qui le gamin avait du venir suffirait à poser problème. Plutôt que de se lancer dans une course poursuite risquée, il hurla donc dans les couloirs :

-Pas un mot de tout ça à qui que se soit, sinon je bute le gamin ! Je saurais si tu parles !

Il trouva rapidement l'interrupteur de la pièce et alluma pour se retourner vers l'enfant, et un éclat de fureur passa aussitôt dans son regard.

Il aurait du s'en douter : c'était lui qui avait éteint la lampe, en débranchant le fil, tout simplement. Même attaché, il avait réussit à le saisir avec ses pieds et à l'arracher de la prise, qu'il avait laissé à côté de lui. Le criminel n'avait pas du tout remarqué qu'il l'avait laissé tomber juste à côté.

Conan était maintenant occupé à faire passer ses mains devant lui pour pouvoir se détacher, mais le criminel ne lui en laissa pas le temps. Il se précipita vers l'enfant qui continua ses tentatives même en sachant qu'il n'aurait de toute façon pas le temps de terminer.

Plutôt que de le frapper comme le détective s'y attendait, il s'accroupit pour aussitôt forcer ses poignets à revenir dans son dos puis, quand ce fut fait, le plaqua au sol sur le ventre, un genou sur lui pour le maintenir, et continua a lever ses bras jusqu'à ce que cela tire sur ses épaules. Il continua après que Conan ai montré de premiers signes de douleur jusqu'à ce qui semblait être le point de rupture de l'articulation avant de s'arrêter et, sans lâcher ses poignets, plaquer une énième fois la lame du couteau contre sa gorge avec sa main libre.

-Tu n'es pas très coopératif petit. Tu as de la chance, j'ai besoin de toi pour qu'elle tienne sa langue, et je suis pressé, mais je ne serais plus aussi clément très longtemps. Je serais toi, je me tiendrais à carreau.

Il maintient sa prise encore quelques instants avant de lâcher ses bras et prendre l'enfant sous son aisselle. Il se hâta ensuite de récupérer le sac en mettant au passage le rouleau de chatterton dedans, vérifia rapidement autour de lui pour voir s'il oubliait quoi que se soit, puis il quitta la pièce, empruntant prudemment le même chemin que Chisei.


Chisei ne put s'empêcher de ressentir de la culpabilité alors qu'elle s'enfuyait en abandonnant lâchement l'enfant qui lui avait permit de fuir. Mais elle n'avait pas eu le temps de le récupérer, encore moins dans le noir, et d'après ce qu'il lui avait dit en signant avec l'alphabet pendant que le coupable lui tournait le dos, il avait l'intention de la tuer, mais ne semblait pas avoir de tels projets pour l'enfant. Elle l'espérait, sinon...

Elle fut interrompue dans ses pensées par la voix du meurtrier qui hurlait :

-Pas un mot de tout ça à qui que se soit, sinon je bute le gamin ! Je saurais si tu parles !

Elle du se faire violence pour continuer à courir dans la direction opposée à la voix.

Que faire ? Elle ne pouvait de toute façon pas y retourner, il utiliserait encore Conan comme otage pour la faire obéir. Sans doute l'avait-il attaché devant elle pour la mettre en confiance sur le fait qu'il comptait bien les laisser en vie, et pour éviter d'avoir à se soucier de lui. Est-ce qu'il s'apprêtait à la poignarder directement ou préférait-il l'attacher, pour qu'elle soit ainsi sans défenses, puis la poignarder ? Elle ne le savait pas, et ne pouvait que remercier l'enfant pour son intervention. Même si elle aurait quand même préféré qu'il ne vienne pas du tout...

Et où aller ? Il allait sans doute essayer de la tuer quand même, profitant qu'elle n'oserait rien dire pour protéger Conan. Dans quelle mesure pouvait-elle faire comprendre la situation aux autres sans le mettre en danger ?

Alors qu'elle dévalait les escaliers pour sortir du bâtiment, elle repéra Heiji et les autres qui étaient sortis. Seul Kogoro manquait.

Elle se précipita vers eux, et comprit rapidement en s'approchant qu'ils étaient parti la chercher ainsi que Conan.

-Ah, Chisei-chan, on te cherchait ! L'interpella Kazuha.

-Tu n'aurais pas vu Conan-kun ? Ajouta Ran alors qu'elle arrivait à leur niveau.

Mais la lycéenne détective ne répondit rien, trop occupée à reprendre sa respiration après le sprint qu'elle venait de faire. L'adrénaline ne l'aidait pas à se calmer, et elle ne savait toujours pas ce qu'elle pouvait se permettre ou non de dire.

Heiji, de son côté, remarqua rapidement son état et s'approcha.

-Qu'est-ce qui t'arrive Sano ? Tu n'as quand même pas croisé le meurtrier d'Umeka-san ?

Les deux filles se figèrent, inquiètes.

-Elle aurait croisé le meurtrier ?

-C'est une possibilité en tout cas, elle avait l'air de fuir quand elle est venue vers nous. Elle a du courir sur une certaine distance. Et elle ne l'aurait sans doute pas fait si c'était elle la meurtrière. Mais elle a l'air de savoir pour le meurtre de son amie, je viens de le lui dire et elle n'a pas eu de réaction de surprise.

-Peut-être parce qu'elle est trop essoufflée ? Suggéra Kazuha.

-Mais... Où est Conan-kun ? S'enquit Ran. Il ne l'aurait pas croisé aussi, hein ?

Son regard était fixé sur Chisei, rempli d'inquiétude.

-Il n'y a qu'un moyen de le savoir, allons voir le bâtiment qu'elle fuyait, lança Heiji avec un brin d'inquiétude dans la voix, bien qu'il tente de la masquer.

-Non ! S'écria-t-elle.

Elle avait mis ses mains sur ses genoux pour reprendre sa respiration mais elle se redressa pour croiser leur regard.

Qu'est-ce qu'elle fabriquait ? Elle était en train de l'aider à fuir ! Et ça, ce n'était pas dans ses menaces. Néanmoins, elle ne pouvait pas les laisser foncer à la rencontre d'un meurtrier armé et ayant un otage sans les prévenir. Et elle pouvait bien les informer de la présence d'une personne dangereuse du moment qu'elle ne révélait rien permettant de l'identifier, non ?

Elle n'en savait rien. Et surtout, comment s'assurer qu'il tiendrait parole et ne s'en prendrait pas à Conan si elle ne disait rien ? Et comment pourrait-il savoir si elle ne tenait pas parole ? Qu'il puisse l'espionner pendant qu'ils étaient encore sur le campus, passe encore, même s'il n'était pas dans son intérêt de trop traîner, même cagoulé, mais ensuite ?

Néanmoins la question ne se posait pas pour l'instant. Les trois adolescents la pressaient pour avoir des réponses et elle ne pouvait plus prétexter être essoufflée pour retarder les explications. Et ils risquaient d'aller voir vers le bâtiment malgré ses avertissements au bout d'un moment.

Heiji, en observant le dit bâtiment, remarqua soudain une silhouette étrange non loin.

-Hé, qui est là ?

L'ombre disparu aussitôt. Le détective lycéen n'hésita pas une seconde avant de se lancer à ses trousses.

-Ohé, restez là !

-Attends Heiji, qu'est-ce qu'il y a ?

Kazuha fut la première à le suivre. Ran et Chisei suivirent rapidement. La détective lycéenne n'avait aucune envie d'être en première ligne pour des raisons évidentes, dont son manque d'endurance du fait de son sprint récent dont elle n'avait pas encore totalement récupéré. Mais à part le meurtrier, elle ne voyait pas qui les aurait espionné et se serait enfuit en étant repéré. Conan devait donc être avec lui, et même si elle voyait difficilement comment le récupérer malgré la menace du couteau, à plusieurs cela pouvait être possible, surtout que ses amis n'avaient pas la même peur des armes blanches qu'elle.

Hélas, la question ne se posa pas car il les distança rapidement. Les quatre jeunes se retrouvèrent donc à l'autre bout du campus, à bout de souffle.

-Sano, il faut vraiment que tu m'expliques ce qui se passe, réussit à articuler Heiji.

-Qui était cette personne au juste ? Demanda Kazuha.

-Probablement... Commença Chisei avant de s'interrompre.

Tous les regards se tournèrent vers elle.

-Probablement ?

-Le meurtrier d'Umeka-san, n'est-ce pas ? Et du peu que j'ai vu, on aurait dit qu'il portait un enfant sous le bras.

Ran se redressa aussitôt.

-Tu veux dire que le coupable s'est enfuit avec Conan-kun ?!

-Cela me paraît probable. Le gamin, d'une façon ou d'une autre, savait où trouver Sano, mais en la rejoignant, il l'a trouvée avec ce type. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais visiblement tu as réussi à lui échapper, mais sans Conan-kun. Vu ta réticence à nous répondre, je suppose qu'il a du menacer de s'en prendre à lui si tu nous parlais ?

Chisei hocha la tête, soulagée. Dans sa panique, elle avait complètement oublié qu'elle était entourée d'amis tout à fait capables, en particulier son collègue lycéen détective. Cela n'allait pas non plus rendre les choses faciles, mais cela allait sans doute les simplifier tout de même, et cela lui enlevait un certain poids des épaules.

-Bon, retournons du côté de la scène de crime dans ce cas, et voyons ce qu'on peut tirer de tous ça !

Ran et Kazuha échangèrent un regard incertain et, sur le chemin du retour, la karatéka ne put s'empêcher de se rapprocher de Chisei pour confirmer :

-Tu ne peux vraiment rien nous dire ?

-Je préfère éviter. Je ne sais pas s'il peut vraiment surveiller ce que je dis comme il le prétends, mais comme la vie de Conan-kun est en jeu, mieux vaut faire comme si c'était le cas, par prudence, répondit-elle à voix basse. Mais ne t'en fait pas, il allait bien la dernière fois que je l'ai vu...

Enfin, en dehors de quelques douleurs probablement passagères à certaines articulations. Elle s'interrompit, honteuse, avant d'ajouter :

-Pardon, je l'ai laissé en arrière...

-Ne t'en veut pas, l'interrompit Kazuha. Tu as fais ce que tu as pu. Au moins tu es saine et sauve ! Je suis sûr que Heiji et l'oncle vont trouver une solution.

-Tout à fait ! Et puis le gamin et plus débrouillard que tu ne le crois ! Affirma le kendoka, confiant.

Chisei eu un léger sourire, qui disparut petit à petit en entendant les trois autres commencer à discuter de l'affaire et établir des hypothèses.

Heiji se doutait déjà fortement que Conan devait être dans la confidence d'une façon ou d'une autre, et ça, c'était une information dont elle ne pouvait pas se permettre qu'elle arrive aux oreilles du coupable. Sinon, il verrait l'enfant non plus comme un moyen de pression mais comme un énième témoin gênant à éliminer...


Posté le 19-12-2017