Salut les gens ! Comme toujours, un grand merci pour vos follows, favs, et vos reviews mes chers enregistrés, Maeva, Electre, Aliena, Catflo, Danse, Yao, Nalou, SherlockSnape, Persephoniac, Zaza !
Et pour mes petits anonychous, c'est par ici :
Edith : merciii, j'espère continuer à te surprendre alors !
Frederick : Mouahahahaha ! Pour une fois que j'écris du smut XD pour le plan d'Hannibal, y'a quand même dix mille caméras qui le surveillent, mais bon XD
China : Oh my god ! J'y avais pas pensé jusque là, mais il FAUT que j'inclue cette scène quelque part ! Et sinon, oui, je continuerai à écrire, à ton service !
Vous ai-je prévenus que cette histoire était du grand n'importe quoi ? Je le répète au cas où : C'EST DU GRAND N'IMPORTE QUOI.
Ah, et aussi, comme je suis une idiote et que je ne sais pas compter, cette histoire fera non pas quatre chapitres mais cinq (et toujours un petit épilogue).
Bonne lecture !
.oOo.
Lorsqu'Hannibal se réveilla le lendemain matin, Will était allongé à côté de lui, torse nu, et le regardait dormir, appuyé sur un coude. À travers les brumes du sommeil, Hannibal se demanda que penser de cet étonnant étalage de romantisme, avant de remarquer l'expression de Will, qui était loin d'être celle d'un amoureux transi.
- Will ? marmonna-t-il d'une voix ensommeillée.
Will leva les yeux vers l'autre côté de la chambre – le lit de Jack, réalisa Hannibal, qui suivit son regard. À demi-caché sous les longs voilages blancs du baldaquin, c'était difficile de distinguer, mais il semblait vide – celui de Zeller était caché à leurs regards, mais les ronflements sonores qui leur parvenaient ne laissaient aucune équivoque sur sa présence.
Will reporta son regard sur Hannibal, et si celui-ci avait à le décrire, il aurait utilisé le terme "tourmenté" – ce qui n'était pas forcément flatteur considérant ce qu'ils avaient fait la veille, mais peut-être que Will était tiraillé par ses sentiments pour Hannibal vis-à-vis de son couple avec Alana, après tout. Même s'il n'avait pas paru y accorder beaucoup d'importance la veille, au moment crucial.
- Will ? répéta-t-il doucement.
Il le vit se mordre la lèvre – plus que tourmenté, presque angoissé – puis Will se rallongea sur le lit, tout contre lui, ce qu'Hannibal prit d'abord comme une démonstration d'affection, avant de réaliser que Will voulait lui parler au creux de l'oreille.
- Hannibal, murmura-t-il si bas que même avec ses lèvres frôlant son oreille, les mots étaient presque inaudibles. Ne fais pas de geste brusque, ne bouge pas, et surtout ne dis rien. Zeller fait peut-être seulement semblant de dormir.
La stupéfaction d'Hannibal ne connut plus de bornes, mais il obéit à l'injonction et resta immobile et silencieux.
Tout son corps se tendit, toutefois, lorsque Will prononça sa phrase suivante.
- Je sais qui tu es. C'est un guet-apens. Chut, ne bouge pas, écoute-moi. C'est très important. Tout est trafiqué, Hannibal, ce n'est qu'une énorme mise en scène.
- Will...
- Chut ! Écoute. Jack est mon patron. Il est le chef du Département des Sciences Comportementales au FBI. Ça fait des années qu'il n'attend que de capturer le Ripper. Il y a quelques mois, Bedelia est venue nous voir – le voir – et a suggéré de te tendre un piège. Ils sont tous dans le coup, Jack, Bedelia, Alana...
Hannibal s'était figé contre lui – amusant comme la situation pouvait changer, en l'espace de quelques secondes. Il s'était réveillé au lit avec son amant, et il se retrouvait à présent tout contre un agent du FBI qui avait pour mission de le traquer – et qui connaissait son identité.
Et qui était en train d'envoyer valdinguer sa couverture avec la force d'une bombe atomique.
Hannibal ne put s'empêcher de tourner la tête vers lui, pour observer son expression, mais Will l'obligea à reprendre sa position précédente pour continuer à lui murmurer au creux de l'oreille.
- La production, tout ça, c'est du chiqué. Je ne suis même pas sûr que les filles soient dans un autre pavillon ; elles doivent être en train de tout observer derrière des écrans télévisés. Tout a été monté dans l'unique but de te pousser à te trahir, Hannibal.
- ...En t'utilisant comme déclencheur principal, dit Hannibal froidement (du moins, aussi froidement qu'il était possible lorsqu'on chuchotait).
- Je devais te séduire, pour te pousser à révéler tes secrets devant les caméras...
- Et pourtant, te voilà à me raconter tous les détails de votre plan.
Il y eut un silence. Hannibal sentit la respiration chaude de Will contre son cou.
- Je ne m'attendais pas à être séduit en retour, répondit-il d'une voix si basse qu'Hannibal devina les mots plus qu'il ne les entendit.
Il y eut un autre long moment de silence – nécessaire à Hannibal pour digérer ce qu'il venait d'entendre, à Will pour digérer le fait de l'avoir dit – puis Hannibal reprit, toujours à voix très basse :
- Toutes nos conversations, tu mentais ?
- Je n'ai jamais menti, répondit Will – et la sincérité de sa voix était criante (à moins que ce ne soit juste qu'Hannibal ait très envie de le croire). Jamais.
- Pourquoi est-ce tu as décidé de me le dire ?
Une autre hésitation se comptant en longues secondes, puis Will répondit :
- Je suis égoïste... je veux plus que sept jours, Hannibal.
Il sentit les lèvres de Will errer dans son cou, et fut incapable de réprimer un soupir.
- Moi aussi.
- Qui tu comptais tuer en premier ? Margot ?
- Tu avais compris ça ? murmura Hannibal, émerveillé malgré tout.
- Je te comprends mieux que je ne me comprends moi-même, répondit Will avec une sorte de regret dans sa voix. Je pouvais le lire dans ton regard.
- Et si je te dis que je compte toujours tuer Margot en premier, est-ce que tu m'en empêcherais ?
- Est-ce que tu me laisserais t'en empêcher ? répliqua Will.
C'était une question intéressante – Hannibal examina un instant les différentes possibilités.
- Probablement pas, finit-il par admettre avec honnêteté.
- J'ai rêvé presque toutes les nuits que tu le ferais. Pas forcément Margot, n'importe qui d'autre ici... J'espère que tu ne le feras pas.
- Pourquoi ?
- C'est trop risqué.
Pas de c'est mal, pas de ces gens ne méritent pas la mort.
C'est trop risqué.
Hannibal était amoureux.
- Qu'est-ce que tu suggères ?
C'était difficile d'avoir confiance en quelqu'un qui venait d'admettre que tout était un coup monté dans l'unique but de vous pousser à vous trahir afin de vous faire passer le reste de votre vie derrière les barreaux, mais à son crédit, Will aurait très bien pu ne rien lui avouer, et continuer à tenter de mettre à exécution le plan de Jack et de Bedelia (cette double traîtresse!).
Et dire qu'Hannibal avait failli tout lui dire, la veille...
- Faire profil bas pendant ces six derniers jours. Jack ne pourra pas nous garder indéfiniment sur cette île. Ne te trahis pas. Ne te laisse pas aller à tous les tuer. Ils seront notre porte de sortie.
Nous garder. Notre porte de sortie. Hannibal se demanda si Will en était conscient, si c'était calculé pour obtenir sa confiance. Il constata avec étonnement que ça fonctionnait plutôt bien.
- Ça veut dire que tu viendrais avec moi ?
Dans un souci de tempérer son optimisme, il avait préféré utiliser le conditionnel plutôt que le futur, mais la réponse de Will fusa sans un instant d'hésitation.
- Oui.
Ses lèvres se posèrent dans son cou, juste en dessous de son oreille – le souffle coupé, il sentit la main de Will se glisser sous l'élastique lâche de son bas de pyjama.
- Zeller est à côté, murmura-t-il.
- Je sais. Reste silencieux.
L'orgasme, entre les doigts de Will, fut tellement incroyable qu'Hannibal se vit forcé de reconsidérer sa théorie de la veille sur l'exhibitionnisme.
.oOo.
Hannibal se demanda comme il avait pu ne pas le remarquer plus tôt – la seule possibilité était que Will l'avait tellement fasciné qu'il en avait oublié de faire attention aux autres (ce qui prouvait bien à quel point l'agent spécial du FBI était dangereux) ; maintenant que le cache était tombé de ses yeux, cependant, il voyait tout : les regards dérobés qui le suivaient partout où il allait, les chuchotements qui accompagnaient son moindre geste, et surtout Jack, dont l'indifférence à son égard semblait trop poussée, trop étudiée pour ne pas cacher un intérêt énorme.
Finalement, il avait décidé de suivre le plan de Will, à savoir ne pas tous les tuer, et garder profil bas le temps de quitter l'île. Ce serait moins drôle, mais il repartirait avec Will, et il aimait à penser qu'il y gagnait au change.
Les deux jours suivants furent une mascarade totale. Les feux de camp continuaient à être organisés, ainsi que les petites interviews devant la caméra, les soi-disant rendez-vous avec les autres filles, les soirées entre participants et tentatrices, et Hannibal songea que si Will ne lui avait rien dit, il aurait indéfiniment continué d'être le dindon de la farce – l'idée lui faisait courir un frisson de haine dans les veines à l'égard de tous ceux qui étaient impliqués (et il en était très reconnaissant à Will, qui lui avait permis de prendre la main, même si c'était en secret).
Hannibal fit comme si de rien n'était – il garda la même attitude envers Jack, Zeller et les tentatrices, tenta même de se montrer convaincant pour les caméras lorsqu'il parlait de ses sentiments pour Bedelia, dans l'autre pavillon, et Will et lui continuèrent leurs longues conversations sur le plage, plus piquantes qu'auparavant, car, se sachant épiés partout où ils allaient, ils devaient continuer à parler de meurtres pour ne pas éveiller la méfiance de Jack, mais ne pas trop en dire pour ne pas incriminer Hannibal. Ce dernier s'amusait follement.
La nuit, lui et Will dormaient ensemble, et l'un comme l'autre avaient appris à retenir leur voix pour ne pas éveiller l'attention de leurs deux colocataires. Sans préservatifs et lubrifiants, ils ne pouvaient pas aller bien loin, certes, ce qui ne les empêchait pas de profiter l'un de l'autre à satiété, dans un silence seulement troublé par des respirations un peu trop erratiques.
La situation dans laquelle ils étaient semblait somme toute complètement irréelle ; Hannibal avait l'impression d'avoir mis le pied sur une mine antipersonnel, et de déplacer le poids de son corps centimètre par centimètre en attendant de voir à quel moment tout exploserait.
Il se moquait d'en sortir indemne, mais il espérait plus que tout que Will resterait à ses côtés lors de l'explosion.
Qui se produisit, finalement, trois jours avant leur départ officiel de l'île.
Will n'était pas avec lui – peut-être en train de raconter à Jack qu'Hannibal n'avait toujours pas cédé mais qu'il avait réussi à entrer dans ses bonnes grâces et qu'ils pourraient continuer leur mission piège une fois à Baltimore – et Hannibal allait entrer dans leur chambre commune.
Il avait réalisé qu'il n'avait pas d'arme. C'était fort ennuyeux quand on se trouvait dans un espace clos où la quasi-totalité des personnes présentes souhaitait vous voir derrière les barreaux. Bien sûr, si le plan de Will se passait comme prévu, il n'en aurait pas besoin – concrètement, ils n'avaient aucune raison de le retenir – mais les plans ne se passaient jamais comme prévu, et il n'était pas inutile d'être préparé à toute éventualité.
Avec l'œil expérimenté d'un tueur en série cloîtré sur une île comme un prisonnier, il avait déjà repéré dès le premier jour ce qui pourrait lui servir, notamment le vase de verre sur la table de chevet, les pieds du lit en bois qui pourraient devenir des pieux une fois arrachés, et les draps de soie pourraient se déchirer assez facilement pour faire des cordelettes solidement tressées, capables d'étrangler n'importe qui.
Il entra dans la chambre avec l'intention de mettre son temps libre à profit, quand quelque chose de différent le frappa.
À l'œil nu, rien de visible – la différence était olfactive, et si ténue qu'il doutait que quelqu'un d'autre l'eut sentie à part lui. Du parfum. Féminin. Ce qui était plutôt étonnant dans une chambre d'hommes. Le parfum avait des notes d'agrumes et de fleurs, et une seule personne sur l'île – du moins, parmi les gens qu'il fréquentait – en portait : la tentatrice rousse, Freddie.
Hannibal la connaissait mal, peu enclin qu'il avait été à montrer de l'intérêt envers quelqu'un d'autre que Will sur l'île (et maintenant qu'il y pensait, en tant que tueur en série, c'était une erreur de débutant, et ce même si tout n'avait pas été un coup monté – et le fait que c'en était un empirait les choses). Tout ce qu'il savait de Freddie, c'était qu'elle était très rousse, très impolie et très désagréable (du moins de son avis) et que Zeller semblait intéressé par elle (même si, toujours avec cette histoire de coup monté en tête, Hannibal ne pouvait pas savoir ce qui était authentique et ce qui ne l'était pas).
L'odeur était plus persistante que la simple trace d'un passage qui datait de quelques heures, surtout avec des fenêtres ouvertes. La jeune femme était toujours là, probablement cachée dans un coin, ce qui suggérait soit qu'elle était une tentatrice à cheval sur son rôle au point de stalker les participants, soit, et c'était l'hypothèse la plus probable, qu'elle était à la recherche d'informations sur lui. Will lui ayant révélé pas plus tard que la veille, les lèvres contre son oreille, que Freddie Lounds, de son nom complet, était en fait une journaliste très fouineuse, Hannibal n'hésita pas un instant entre les deux propositions.
Il envisagea avec rapidité plusieurs scénarios.
Le premier, le plus sensé mais le moins drôle : faire savoir à Freddie qu'il était au courant de sa présence, et lui demander poliment mais fermement de sortir de la pièce.
Le deuxième : fermer la porte derrière lui à clé, faire semblant d'ignorer sa présence, et la tenir en "otage" jusqu'à ce qu'il ait fait un choix entre la tuer ou la libérer.
Le troisième, le plus tentant et le plus risqué : la tuer directement.
Hannibal referma la porte sans avoir encore décidé de quoi faire. Le timing n'était pas idéal : il n'avait pas d'arme, on était en plein milieu de l'après-midi, et qui plus est, il ne restait que trois jours, et ils seraient libres. Will l'avait supplié de ne rien faire.
À l'odeur, il essaya de déterminer la position de Freddie, et en conclut qu'elle se trouvait à l'autre bout de la pièce, cachée derrière le lit de Zeller – ou peut-être en dessous. L'idée qu'elle ait osé s'infiltrer dans la chambre pour tenter de l'espionner en catimini lui faisait bouillir le sang dans les veines ; et comme ça, tout aussi simplement, le premier scénario disparut. Il n'allait peut-être pas la tuer, mais il allait la séquestrer dans cette chambre jusqu'à ce qu'elle ait de quoi alimenter ses cauchemars pour tout le reste de sa vie, qu'elle soit longue ou qu'elle soit courte (ce qu'elle serait si Hannibal avait son mot à dire).
Pendant la demi-heure qui suivit, il prit soin de fermer toutes les fenêtres et de toujours rester plus ou moins en mouvement, pour que Freddie sache qu'il lui était impossible de s'enfuir, et il commençait, somme toute, à s'amuser de ce petit jeu du chat et de la souris, lorsque soudain, débarqua dans la pièce un Will très agité.
Hannibal avait à peine eu le temps de lever les yeux vers lui depuis le fauteuil où il était en train de lire un livre, que Will avait refermé la porte, poussé le verrou, et lancé :
- Je crois que Jack est au courant. Il sait que je l'ai trahi au profit du Chesapeake Ripper.
Et voilà – d'une seule phrase, Will venait de tout faire basculer. Hannibal l'observa un instant, puis il ne put s'empêcher de laisser un petit sourire naître sur ses lèvres. C'était tellement plus simple, d'un coup.
- S'il ne l'était pas avant, il l'est maintenant, en tout cas.
Will le regarda, les sourcils froncés, sans comprendre ce qu'il voulait dire par là, et Hannibal, d'un calme olympien, lui indiqua du nez le lit de Zeller. Il vit le regard de Will s'y tourner, l'incompréhension teintant toujours ses traits, puis ses narines frémirent, et Hannibal vit passer dans son regard la même épiphanie qui l'avait lui-même frappé quand il était entré dans la chambre, avant que Will ne se mette visiblement à pâlir.
- Oh.
- Je suppose que ça compromet ce qu'on avait prévu.
- Je suppose que oui, admit Will, dont les joues n'avaient pas retrouvé leur couleur normale.
Hannibal admira un instant l'angoisse de son regard, l'agitation de ses mains, et comprit que c'était le moment crucial, celui où Will décidait si l'attirance qu'il éprouvait envers Hannibal valait vraiment la peine de sacrifier sa moralité.
C'était une étape importante. Hannibal se leva.
- Will...
- Je ne sais pas, Hannibal, répondit Will avant même que le psychiatre n'ait posé sa question. Je ne sais pas si je peux.
- Will. Souviens-toi de Garrett Jacob Hobbs. Nous en avons parlé ensemble.
Garret Jacob Hobbs était un tueur en série connu sous le nom de "Minnesota Shrike" – un autre cannibale. Will était celui qui l'avait attrapé, en le tuant de dix balles dans le corps. Lui et Hannibal en avaient longuement parlé, pendants les nuits de cauchemar de Will, à voix très basse, et celui-ci lui avait révélé qu'il avait aimé tuer Garret Jacob Hobbs, et que l'idée lui avait paru terrifiante. Il vivait toujours avec. Le fantôme de Hobbs dansait sans cesse devant ses yeux.
- Garret Jacob Hobbs était un tueur en série.
- Est-ce que ce qu'il était a vraiment une importance, Will ?
- Ça en a pour moi. Hannibal, je... je ne suis pas prêt.
- Tu n'es pas obligé de participer. Tu peux observer. Est-ce que tu te sentirais mieux ?
- Je ne sais pas.
Le problème, c'était qu'Hannibal n'était pas prêt d'accepter de se laisser arrêter, ce qui arriverait certainement si Freddie ressortait de leur chambre vivante. Inconsciemment, Will avait signé l'arrêt de mort de la jeune femme – et il le savait.
S'il refusait de la tuer, ou de laisser Hannibal la tuer, ça voulait dire qu'il compromettait Hannibal : ça voulait dire qu'Hannibal devrait le tuer également.
Et il aurait de loin préféré ne pas tuer Will.
Tout était maintenant question de savoir si Will allait écouter sa morale ou laisser ses instincts prendre le pas – amusant, au fond, comme le dilemme collait complètement au concept de l'émission. Hannibal eut presque envie de sourire. L'ironie était charmante.
Il y a un très, très long moment de silence, puis Will, qui avait jusque là les yeux perdus dans le vide, leva le regard vers Hannibal, étudiant chacun de ses traits en silence. Hannibal se prêta complaisamment à l'observation, jusqu'à ce que Will s'avance pour l'embrasser, glissant une main dans ses cheveux, l'autre se posant dans le creux de son dos pour serrer le tissu de sa chemise dans son poing.
Il avait un goût de café et de chocolat, sa peau avait l'odeur du soleil et du sable, ses mèches brunes chatouillaient le front d'Hannibal, et c'était ridicule, tellement ridicule, d'être obsédé par quelqu'un comme Hannibal était obsédé par Will – c'était ridicule d'avoir envie de passer ses jours avec un homme qu'on connaissait depuis si peu de temps ; mais c'était ce dont Hannibal avait envie, et il espérait de toutes ses forces que Will ferait le bon choix.
Lorsqu'ils se séparèrent, une ou deux éternités plus tard, Will poussa un profond soupir, et hocha la tête.
- Ok, murmura-t-il. Ok.
Hannibal dut faire appel à toutes les forces de sa volonté pour ne pas le renverser sur son lit et lui faire l'amour sur le champ – ils pourraient faire ça plus tard, quand ils se seraient débarrassés des gêneurs. Quand ils auraient quitté l'île, en laissant ou non un bain de sang derrière eux.
Il adressa à Will un sourire rayonnant, puis se tourna vers le lit de Brian Zeller – il était temps de passer à l'action.
Avec la souplesse d'un félin, il s'accroupit au sol, jusqu'à croiser un regard bleu qui, même dans l'ombre projetée par le lit, semblait absolument terrifié, et lui adressa un sourire carnassier.
- Bonjour, miss Lounds.
.oOo.
