Après un loooooooooong moment d'absence, voici enfin le troisième chapitre, tout frais du jour !
Je préfère prévenir cependant que ce chapitre met en scène un OC, qui n'apparaîtra qu'ici en tant qu'acteur. Je ferais ensuite, dans les autres chapitres, quelques références à ce personnage, mais rien de bien méchant. Vous voilà donc prévenu !
Les personnages ne m'appartiennent pas (hélas !), et sont tiré des nouvelles de Sir Arthur Conan Doyle ET de la série "Sherlock" de la BBC.
Don't forget mister Holmes...
Accroupis auprès de la jeune fille, le docteur Watson vérifiait son état, qui fort heureusement n'était guère alarmant, sous l'œil perçant du détective qui lui tenait lieu à la fois d'ami et de colocataire. La demoiselle qu'il tentait de ramener à la réalité avait été victime d'un enlèvement assez mystérieux pour que l'on mette Sherlock sur le coup. Au final, l'affaire avait été rapidement résolue, le responsable se débattant actuellement sous la poigne de fer des policiers, et la victime reprenant peu à peu conscience.
Comme d'habitude, le détective regardait le médecin faire son travail avec le sang-froid et le professionnalisme qu'il avait toujours apprécié chez lui. Il avait eu toute confiance en lui, et ce dès le début. Pourtant, aussi longtemps qu'il s'en souvienne, jamais il n'avait cru en une quelconque personne aussi rapidement avant John. Et il savait que c'était également le cas pour l'ancien soldat qui soutenait désormais l'étudiante aux cheveux courts. Cette dernière, encore un peu faible, mit quelques temps avant de fixer ses yeux sur les deux hommes qui l'entouraient. Elle était calme, presque sans peur, même si elle se tenait quelque peu figée. Sa posture se détendit sous les paroles du médecin qui lui assura qu'elle était désormais en sécurité, et un sourire sincère se dessina sur ses traits. Elle était d'une incroyable banalité, et pourtant, Sherlock n'avait pas tardé à comprendre que cette demoiselle était en fait guérisseuse à ses heures perdues.
Se mettant à la hauteur de la jeune femme, le détective lui posa d'emblée quelques questions. Sa voix avait beau être grave, elle était toujours aussi incroyablement froide et mécanique lorsqu'il interrogeait les victimes. Mais, depuis quelques temps, il se montrait moins direct, un peu plus… réceptif à l'état émotionnel des personnes qui se trouvaient en face de lui. Elle lui répondit calmement, sans s'énerver, reprenant peu à peu confiance en elle. Cependant, elle eut un long moment d'absence lors de leur dialogue. Comme si on l'avait déconnectée une nouvelle fois de son environnement. Lorsqu'elle revint, grâce à la pression douce de la main de John sur son épaule, elle fixa longuement le détective. Ses yeux avaient changés, ils étaient remplis d'un sentiment flou que Sherlock ne parvenait pas exactement à identifier. De la peine, de la tristesse, de la colère, de la peur ? Il n'en savait rien, et cela le gênait. En une fraction de seconde la jeune fille avait brisé l'idée qu'il se faisait d'elle.
- S'il-vous-plait… Méfiez-vous de « Reichenbach Falls »…
Elle avait parlé en français, sa langue natale d'après le léger accent qu'il avait entendu lors de leur dialogue en anglais. Sherlock fronça les sourcils. Pourquoi diable s'était-elle mit à parler ainsi ? Et pourquoi parler de cet endroit précis de la Suisse ? John lança un regard étonné à son ami, qui nota alors que le soldat n'avait pas compris un traître mot de la demoiselle, qui attendait la suite en silence.
- Pourquoi me dites-vous ça ?
- Quelle importance ? Si je vous le disais vous ne me croiriez pas… Mais gardez cela en tête, même si les choses auxquelles vous croyez vous hurlent de ne pas m'écouter. Méfiez-vous de « Reichenbach Falls »
Ils avaient bien évidement parlé en français. Sherlock avait compris que c'était l'unique moyen qu'avait trouvé la jeune femme pour lui parler seul à seul, malgré la présence de John, qui avait suivi sans broncher l'échange auquel il ne comprenait rien.
Comprenant que ce n'était pas la peine d'insister, le détective préféra retourner à son interrogatoire, enregistrant la curieuse conversation qu'ils avaient eus. Le reste se fit beaucoup plus normalement, et trente minutes plus tard, la demoiselle s'en retournait chez elle, indemne et heureuse que tout cela soit fini. Etirant sa longue silhouette, le détective héla un taxi, l'affaire était bouclée, il était temps de rentrer à leur appartement.
L'homme élancé avait bien entendu senti la tension qui habitait le corps de John depuis l'incident du français. Et bien sûr, il attendait patiemment des explications de son colocataire, colocataire qui s'engouffrait dans le taxi sans attendre. Le médecin le suivit juste après, et comme de coutume, attendit. Poussant un soupir, Sherlock lui relata rapidement la conversation, une partie de lui enregistrant les mots de la jeune femme alors que l'autre lui chuchotait de ne pas tenir compte de ces paroles prononcées par une simple étudiante. John se montra aussi intrigué que lui. Il se rappela alors avoir entendu dire que la française pouvait avoir des visions prémonitoires, en plus de son « don » de guérisseuse. Il en informa le brun qui émit une grimace du plus mauvais augure. L'adulte aux cheveux de jais n'avait jamais, au grand jamais, cru en ce qu'il appelait « des balivernes et des paroles de bonimenteurs ». John lui-même n'y croyait guère, même s'il admettait plus volontiers que certains phénomènes ne pouvaient être justifiés, y compris à l'époque des nouvelles technologies et des dernières découvertes scientifiques. Il précisa alors que ce n'étaient que des bruits, des rumeurs qui circulaient sur elle. Après tout, cela pouvait être tout à fait autre chose…
La discussion fut close d'un revers de la main. Le détective venait de classer l'affaire comme inintéressante et totalement hors propos. Aussi vite qu'il s'en était occupé, il venait de rayer de sa mémoire les paroles de la jeune française.
Cela faisait désormais un peu plus d'un mois que c'était produit l'accident de la piscine. Ni l'un ni l'autre n'en reparlait, ou y faisait une quelconque allusion, mais il était clair que ce souvenir était marqué au fer rouge dans leur mémoire. Les recherches sur Moriarty n'avaient évidemment rien données, et ce n'était pas le portrait-robot qui allait empêcher un criminel de cette envergure de se déplacer où bon lui semble. Le visage de Sherlock se referma au souvenir de celui qui était devenu en quelques instants son double maléfique, sa Némésis tentatrice et noire. Dire qu'il appréciait son talent, son génie, c'était vrai. Mais le reste les opposait. Ils étaient l'eau et l'huile, toujours en conflit, refusant de se mélanger. Le détective savait qu'il refuserait toujours de se lier au criminel consultant. Parce que John lui était plus précieux que le génie criminel qui lui livrait d'intéressantes énigmes, de très beau cas. Il l'estimait au niveau de l'intelligence, reconnaissant un égal. Il haïssait le reste de son être, son rire, sa folie étouffante, glaçante. Meurtrière.
La voix du médecin le ramena à la réalité. Le regard de ce dernier le scrutait. Il avait dû rester enfermé trop longtemps dans ses pensées. Mais habituellement, cela ne dérangeait guère l'ancien soldat, qui savait très bien que son colocataire pouvait rester des heures perdu dans ses pensées. Alors pourquoi l'avait-t-il ramené à la réalité cette fois-ci ?
- Tu es sûr que ça va Sherlock ?
- Bien sûr, pourquoi ?
- Pour rien… Tu avais la mine sombre…
Ainsi donc, c'était à cause de la fermeture soudaine de son visage que John s'était inquiété. L'adulte aux cheveux de jais laissa un léger sourire s'esquisser sur ses traits, rassurant ainsi son interlocuteur. John était le seul, excepté Mycroft et Molly, à se soucier de lui. Et bien que cela devait être au moins la dixième fois qu'il y songeait, il était toujours aussi agréablement surpris.
Les mots de la jeune femme auraient pu tomber définitivement dans l'oubli de la mémoire de Sherlock et de son colocataire si la demoiselle ne leur avait point envoyé, en gage de remerciement, la partition du Requiem de Mozart, assortit d'une simple figure géométrique remarquablement complexe et douce. Quelques lignes étaient écrites au bas du dessin bleu et blanc :
« Cher monsieur Sherlock Holmes,
J'espère que ce petit présent pourra vous montrer toute la reconnaissance que je vous porte. Je suis retournée dans ma Bretagne natale afin de poursuivre mes études. J'espère pouvoir vous revoir un jour, peut-être dans mon pays qui sait ? Je serai ravie de vous servir de guide dans les landes bretonnes. N'oubliez pas ce que je vous ai dit.
Amicalement,
Ysael Ankou »
Voila, merci de m'avoir lue ! Pouvez-vous cependant prendre une ou deux minutes et me laisser vos impression ? J'en serais véritablement heureuse ^o^
