Bonjour tout le monde! Merci pour vos commentaires, et à ceux qui suivent cette histoire!

Dans ce chapitre, on va rentrer dans le vif du sujet. Bonne lecture!

Chapitre 3

Contrairement à ce que McCoy craignait, Spock ne lui refusa pas l'entrée à ses quartiers. Le fait que le médecin, en se présentant à l'interphone, ait précisé qu'il venait sur ordre du capitaine, avait sans doute joué en sa faveur.

La porte s'ouvrit après ce qui lui sembla un long moment, et son regard plongea dans la cabine à peine éclairée. Il repéra la silhouette du Vulcain qui reculait vers le fond de la pièce, plus rigide que jamais, comme pour mettre la plus grande distance possible entre lui et son visiteur.

« Que puis-je pour vous, docteur? » demanda Spock.

Derrière l'habituel ton neutre, McCoy perçut une tension qui le mettait mal à l'aise. Il avait l'impression de pénétrer dans l'antre d'un animal blessé. Il se força à rester calme.

« - Le capitaine m'a parlé de l'incident en salle des machines, et je suis venu vous examiner.

- C'est inutile, docteur. Je vais bien », répondit sèchement Spock.

McCoy fit un pas en avant, puis un deuxième, mais s'arrêta quand il vit que le Vulcain se raidissait de plus belle. Malgré la pénombre, il perçut les tremblements qui agitaient la grande silhouette, et capta l'éclat de ses yeux anormalement brillants. Il soupira.

« - Ecoutez, Spock. Même d'ici, ça se voit que vous n'êtes pas en forme. Je suis venu vous aider. C'est mon rôle.

- Je n'ai pas besoin de votre aide, docteur, répondit Spock d'une voix sifflante. Mon métabolisme…

« … votre métabolisme a été trop secoué pour pouvoir réagir efficacement, l'interrompit McCoy, qui commençait à s'échauffer. Je comprends que ça ne vous plaise pas, mais il va falloir que vous acceptiez un coup de main. »

Spock sursauta, comme frappé en plein visage, et porta une main à sa tête. McCoy ne continua pas sa vindicte. Le Vulcain semblait terriblement atteint, physiquement, par ses paroles. Ou plutôt, par le volume sonore de ses paroles.

Oubliant toute prudence (et toute colère), McCoy s'approcha vivement. Pour l'éviter, Spock se déporta sur le côté, buta contre le lit et s'y affala à moitié, le souffle court.

Il serrait les mâchoires à les briser, et fut soudain secoué d'un haut-le-coeur qui le plia en deux.

Il tendit lentement le bras vers le Vulcain, mais celui-ci se recroquevilla, les yeux écarquillés. McCoy remarqua qu'il avait du mal à bouger la tête, comme s'il avait un torticolis. Ce n'était pas bon signe.

Il se mordit la lèvre inférieure. Comment pourrait-il aider Spock sans le mettre sur la défensive? Un souvenir lui revint soudain: quand il était enfant, il avait trouvé un renard blessé, qui, après des heures de patiente approche, s'était finalement laisser apprivoiser. C'était sans doute un peu osé de comparer un Vulcain et un renard, mais cela donnait au médecin une idée à essayer.

Le plus calmement possible, il posa son sac à terre, le fouilla à tâtons, et en sortit un tube à essai rempli de feuilles séchées. McCoy les avait ramassées lui-même sur l'ancienne Vulcain pour les étudier, et avait découvert que l'eridanis cytisus (les Vulcains lui avait donné un autre nom, tout à fait imprononçable) avait d'intéressantes propriétés antiémétiques -découverte toute relative, d'ailleurs, puisqu'il avait vite réalisé que les guérisseurs vulcains s'en servaient depuis des siècles.

Il alla dans la salle de bain, remplit un verre d'eau tiède et y jeta une pincée de feuilles, puis il revint dans la chambre.

Spock, frissonnant, la tête dans les mains, semblait lutter contre de nouveaux hauts-le-coeur. Il se redressa lentement quand McCoy s'accroupit devant lui.

« Buvez, dit le médecin. Ca soulagera vos nausées. »

Après un moment d'hésitation, Spock tendit la main, veillant à ne pas toucher les doigts de McCoy, mais il tremblait si fort qu'il dut le laisser porter le verre à ses lèvres. Il but péniblement, s'efforçant de maîtriser sa respiration erratique.

Quand le verre fut vide, McCoy le posa au sol. Ses jambes commençaient à chauffer, mais il n'osa pas bouger.

« Que comptez-vous faire? » demanda Spock d'une voix rauque.

McCoy retint un sourire. Première victoire.

« - Je dois d'abord confirmer mon diagnostic, dit-il. Quelques question, d'abord: de ce que je devine, vous avez froid, mal à la tête et à la nuque, et vous ne supportez pas la lumière. Est-ce exact? »

- Affirmatif, murmura Spock sans lever le regard.

- Bien, dit McCoy, encouragé -bien qu'il ne se réjouît guère du diagnostic qu'il était en train de poser. Et maintenant, j'aimerais juste poser la main sur votre gorge, pour évaluer votre température et votre rythme cardiaque. »

Il sentit presque physiquement la répulsion de Spock: le Vulcain se rejeta en arrière, la mâchoire contractée, avant de fermer les yeux et de se forcer à respirer lentement.

« - Je suis votre ami, Spock, dit doucement le médecin. Vous n'avez rien à craindre de moi.

- Je sais, répondit Spock d'une voix éteinte. Mais c'est… un réflexe. C'est illogique, mais je ne peux pas m'en empêcher. »

Sa respiration s'accéléra soudain, et ses frissons redoublèrent.

Des mains.

Des mains qui ceinturaient sa taille, enserraient ses bras et ses jambes, empêchant tout mouvement.

D'autres mains agiles, indiscrètes, qui couraient sur son visage, tâtaient ses muscles…

Curiosité… Irrespect… Domination…

Il plissa les yeux et ne put retenir un gémissement d'angoisse. Il avait l'impression que sa tête était prise dans un étau, se resserrant de plus en plus à chaque seconde, l'empêchant de penser normalement. Les mains posées sur lui étaient-elles un simple souvenir? Ou bien était-il à nouveau à la merci de ses ravisseurs?

Au-delà des sensations qui s'entrechoquaient dans son esprit, il entendit une voix familière. Il mit quelques secondes avant de la reconnaître. McCoy. Hors de ce cauchemar, le médecin l'appelait à revenir à la réalité. Mais les sensations physiques qu'il lui semblait revivre le submergeaient. Il devait trouver autre chose pour s'ancrer dans le réel…

Les souvenirs disparurent d'un coup, et il se retrouva dans la pénombre de ses quartiers. Il agrippait désespérément quelque chose de tiède, qui lui envoyait des ondes de compassion et d'inquiétude. Quand il comprit ce que c'était, il voulut lâcher et s'enfuir; mais cette réaction s'estompa en une fraction de seconde.

Il tenait le poignet de McCoy.

A suivre...