Une banlieue moldue? Visiblement oui, c'était là qu'Androméda vivait, Narcissa observait les alentours assise sur le banc d'une aire de jeu.
Elle n'avait pas encore parlé à sa sœur, un peu gênée dans sa robe pimpante et mal à l'aise, la jeune fille redoutait autant qu'elle attendait les vraies retrouvailles.
Androméda semblait attendre qu'elle parle d'elle-même. Narcissa hésita, finalement elle choisit de prendre son courage à deux mains et se lança:
- Moi c'était Malefoy.
Sa sœur resta de marbre, assise à côté d'elle, visiblement il fallait poursuivre le récit, ça elle avait moyennement envie.
- J'arrivais pas avant… Je te jure… J'ai vraiment cru que j'allais dire oui… Et je voulais pas, ça me dégoutait. Et puis d'un coup j'ai… Fondu les plombs… J'ai tout envoyé baladé… .
- Je sais, répondit Androméda, Sirius m'a raconté
- Pardon?
Narcissa resta interloquée. Sa sœur, en revanche, sourit:
- En fait, oncle Alphard… n'était pas vraiment oncle Alphard
- Polynectar?
Androméda acquiesça
- C'est-ce que j'ai cru comprendre, tu ne t'es pas blessée au moins?
- Non pourquoi? Enfin...
La médicomage indiqua sa main droite, Narcissa venait de s'apercevoir. Il manquait deux phalanges à son annulaire! Et elle ne s'en était même pas aperçue, ce genre de désartibullement ne produisant pas de saignement et que peu de douleurs.
- Tu diras merci à ton cousin quand tu le verras, il a cru bon de ramasser les morceaux et de me les donner avant que quelqu'un d'autre ne s'en mêle. Il est chez les Potter à présent. Montre ta main, je vais arranger cela.
Eberluée, Narcissa laissa sa sœur la soigner d'un coup de baguette, à nouveau entière, elle la regarda:
- Merci
Androméda acquiesça un peu plus sombre,
- De rien, il n'y a pas de quoi, on va rentrer maintenant. Par contre, j'imagine que tu sais que Ted est moldu alors…
- Je ne m'appelle pas tante Walburga, je te promets que je saurai me tenir en société! Mais… Lui, comment il va… Réagir?
- Tu ne lui veux pas de mal, pourquoi t'en voudrais t-il?
Narcissa fit signe qu'elle avait compris la leçon, elle se leva en même temps que sa sœur et la suivit sur le trottoir, ses chaussures lui faisaient déjà mal depuis un moment lorsque Androméda s'arrêta enfin. Elle poussa le portillon de bois et marcha jusqu'à la maison.
- Ted n'est pas encore couché, viens.
- Vous n'avez pas peur des mangemorts? S'étonna la jeune fille
- Nous sommes sous fidelitas et Ted reste à la maison sauf pour aller faire les courses avec ma cape, c'est très pratique tu sais, je ne remercierai jamais assez oncle Alphard.
Androméda ouvrit la porte et entraîna Narcissa à l'intérieur.
- Ted?
- Oui chérie?
Androméda entra dans le salon, suivie à la grande surprise de son mari, d'une jeune fille blonde étrangement habillée. L'inconnue portait une robe médiévale bleu clair avec un corselet plus foncé et des manches évasées au bout. La longue chevelure blonde tombait dans son dos, seules quelques mèches du devant étaient tirées vers l'arrière en tresse. Le teint clair et les yeux gris acier fournirent de précieux renseignements à Ted.
- Je sais que ce n'était pas prévu, mais il faut que je te présente quelqu'un. Voici ma jeune sœur Narcissa.
- C'est bien ce qu'il m'avait semblé, répondit-il, Ted Tonks, enchanté de te connaitre.
- Moi aussi, dit la jeune fille dont les joues avaient à présent une jolie coloration rose.
Ted passa aux choses sérieuses:
- Et que nous vaut le plaisir de ta visite?
Un regard appuyé d'Androméda l'empêcha d'ajouter « à une heure aussi tardive ». De son côté, Narcissa avait perdu ses couleurs. Visiblement la situation n'était pas tout à fait rose, Ted proposa pour détendre l'atmosphère:
- J'ai une idée, vous vous posez cinq minutes le temps que je mette un petit cinquième en place? Comme ça on pourra faire un petit bilan autour d'une table, et à voir ta mine, manger un peu ne te fera pas de mal Narcissa.
La jeune fille avait beau avoir mangé un peu plus tôt dans la soirée, l'idée d'un goûter nocturne lui plut, à Androméda aussi visiblement car elle acquiesça et emmena sa sœur dans la chambre. Une fois dans le couloir, celle ci fit signe à Narcissa de faire silence:
- Nymphadora dort, il ne faut pas la réveiller, elle commence à faire ses nuits, enfin jusqu'à trois heure du matin environ.
- Tu as une fille? Chuchota Narcissa incrédule
- Elle a deux mois et elle est métamorphomage, laisse moi te dire qu'à première vue, le rose lui plaît beaucoup! J'aurais bien voulu m'en occuper plus, mais étant donné qu'il est dangereux pour Ted de continuer à travailler, c'est lui qui est chargé de rester à la maison.
La jeune femme ouvrit la porte de la chambre et Narcissa entra derrière elle, les murs étaient tapissés de vert amande et à côté du lit trônait un berceau. La jeune fille s'approcha et nota au passage qu'Androméda s'était raidie derrière elle. Elle souleva le rideau et contempla le bébé, celui-ci dormait à poings fermés. En effet, Nymphadora semblait aimer le rose, à en juger par la couleur de ses cheveux, Narcissa sourit et se tourna vers sa sœur:
- Elle est très jolie, une vraie poupée.
Androméda acquiesça sans répondre, visiblement tendue, la jeune fille jugea bon de s'éloigner du berceau.
- Tu veux te changer? Proposa sa sœur en sortant des habits de l'armoire et en les lui tendant,
- Oui je veux bien, merci
- Viens, on va à côté pour ne pas réveiller la petite.
Narcissa suivit sa sœur jusqu'à la pièce adjacente, une chambre plus petite et visiblement où Nymphadora dormirait lorsqu'elle serait plus grande. La jeune fille s'assit sur une chaise et entreprit de défaire ses chaussures, puis elle se débattit avec sa robe. Androméda vint à son secours en défaisant les lacets à l'arrière.
- Les moldus mettent ça? S'étonna la jeune fille en examinant les vêtements
- Oui pourquoi? Cela ne te plait pas?
- C'est pas ça… Ils n'ont pas froid dehors?
Androméda sourit:
- Narcissa, c'est un pyjama!
La jeune fille sourit à son tour, un peu confuse, en enfilant le pantalon gris puis le haut mauve
- C'est vrai qu'on est bien là dedans!
- Tu vas dormir dans cette chambre pour l'instant, demain j'enverrai Fenestra, ma chouette, à Poudlard pour leur signaler que tu es avec nous. Il faut que tu passes tes aspics, après on avisera.
Narcissa avait toutefois une objection:
- Malefoy et les Black on en fait quoi?
- La loi est de ton côté Cissy, tu es majeure. Les Black ne peuvent donc pas grand-chose, quand à Malefoy, Sirius m'a dit de te le dire et te le répétera sûrement demain parce qu'il vient goûter avec oncle Alphard et sa bande, il s'en charge. Inutile de te dire qu'il a déjà commencé.
Narcissa acquiesça tout en tressant ses cheveux, finalement tout rentrerait peut-être bientôt dans l'ordre. Un détail l'inquiéta pourtant:
- Et Bella? Elle ne s'arrêtera pas elle, tu sais qu'elle est devenue mangemort?
- Depuis sa majorité Cissy, ce n'est pas nouveau. Pour ton information, elle a déjà faillis me tuer deux fois et connaît l'existence de Nymphadora. C'est pour cela que je ne me rends plus ou presque sur le chemin de traverse. Et lorsque j'y vais, je me déguise.
La jeune fille baissa la tête, Androméda reprit:
- Rejoignons Ted, nous sommes tous les deux pressés d'entendre ton récit.
- D'accord
Deux minutes plus tard, une brioche et un verre de jus d'orange à la main, Narcissa commençait son histoire:
- En fait ça a vraiment commencé ce matin, à neuf heure. Père m'a ordonné de le rejoindre au bureau, et là…
Flash back
Une grande réception était donnée à douze Square Upset, deux elfes de maison ivres morts de fatigue s'activaient aussi vite que possible aux cuisines, des sorciers couraient un peu partout dans la grande maison, les portraits d'ancêtres parlaient et lançaient nombre de conseils que personne n'écoutait.
La cause de tout cela?
Les Black s'apprêtaient à célébrer des fiançailles, la plus jeune fille de Cygnus Black, avec le fils unique d'Abraxas Malefoy.
Loin de l'agitation de la grande demeure, un bureau restait pourtant dans le calme le plus strict et le plus froid que l'on puisse imaginer. Cygnus Black était assit sur un grand fauteuil de bois et lisait son courrier à côté d'un hibou grand duc qui l'observait d'un oeil torve.
Soudain, un coup léger sur la porte se fit entendre, le sorcier leva la tête et se redressa, il dit simplement d'une voix posée:
- Entrez
La porte s'ouvrit, dévoilant une jeune fille blonde et pâle de seize à dix sept ans, celle ci s'avança et referma l'ouverture sans faire de bruit.
Les quelques sons qui étaient parvenus dans le bureau s'évanouirent instantanément.
Cygnus Black se leva et invita l'adolescente à s'approcher d'un geste de la main, la jeune fille obéit, elle s'avança jusque devant le bureau et inclina la tête en signe de respect.
- Vous m'avez faite appeler père? Demanda t-elle avec une voix presque inaudible.
Cygnus indiqua le fauteuil en face du bureau, elle s'y assit timidement et toujours sans faire de bruit.
- Narcissa?
- Oui père?
Cygnus regarda sa fille droit dans les yeux avant de répondre:
- Tu sais ce que nous allons célébrer dans quelques heures.
- Oui père, je le sais, bien sûr.
Cygnus hocha la tête brièvement, il se rassit et regarda sa plus jeune enfant quelques secondes avant de continuer:
- J'exige que tout soit parfait.
Narcissa hocha la tête, d'abord sans répondre, son visage était tendu et mal à l'aise. Mais l'expression de son père la fit se ressaisir:
- Bien père
- Tu peux disposer, ta soeur Bellatrix va monter t'aider à te préparer dans quelques minutes, elle a beaucoup insisté pour cela
Narcissa inclina la tête et sortit sans faire de bruit. Après avoir refermé la porte elle monta à sa chambre et s'assit sur son lit. Sa sœur aînée allait arriver d'une seconde à l'autre avec son discours plein de folie pure sur la domination obligatoire des anciennes familles de sorciers et autres préceptes à la noix.
Elle pouvait dire ce qu'elle voulait, mais si elle n'avait pas non plus fait un grand mariage d'amour, elle au moins avait choisi son mari de son propre chef. Un crétin finit du nom de Rodolphus Lestrange, un parfait larbin qui ne risquait pas de lui porter préjudice.
Narcissa était à bout, la soirée serait affreusement guindée, stricte et somptueuse, pas un mot plus haut que l'autre, on s'insulterait en langage soutenu. Elle pensait à son jeune cousin de treize ans, presque elle l'aurait plaint, gardant elle même d'affreux souvenirs d'enfance liés à ce genre de réceptions.
Pourquoi les Black mariaient Narcissa ses dix sept ans à peine sonnés? pour effacer l'affront commis par la cadette, ils utilisaient la benjamine.
"Salope" Murmura l'adolescente.
- Charmantes paroles! Dit une voix derrière elle
Narcissa se retourna un peu effrayée.
- J'espère qu'elles ne m'étaient pas destinées!
- Non Bella... Pas à toi
Même si Narcissa ne pensait pas moins de son ainée, ce qui voulait dire beaucoup plus… Une psychopathe, voilà ce qu'était Bellatrix, et pas grand-chose d'autre. Elle avait cinq ans d'écart avec elle et trois ans avec Androméda.
La jeune fille s'abîma dans ses pensées sans écouter sa sœur, Bellatrix parlait tout en l'habillant, en ajustant la robe, puis sans se taire, elle lui essaya plusieurs coiffures, d'abord un chignon haut qu'elle abandonna vite, « trop vieux », puis une couronne de tresse, « trop populaire », puis une série de coiffures romaines ou grecques, « trop volumineux », « trop vulgaire », « trop moldu », « trop pratique », « trop… ».
Oui, pensa Narcissa, ils en faisaient bien trop, à la fin Bellatrix décida de laisser les cheveux de sa cadette longs dans le dos et de seulement tirer en arrière les mèches du devant, avec trois tresses fines de chaque côté qu'elle regroupa derrière la tête. La jeune femme alla ensuite chercher l'avis de sa mère.
Lorsque Druella Black entra pour faire son inspection, Narcissa eu beaucoup de mal à cacher sa colère. On aurait pu comparer sa mère à une marchande qui vérifie que ses produits sont parfaitement achalandés.
C'est pendant la soirée qu'elle explosa, au moment fatidique. Pendant toute la journée, la tension était montée. A dix sept heure les invités avaient commencé à arriver et elle avait cru mourir.
Quant-à cet idiot de Regulus, il avait bien failli provoquer une catastrophe en lui offrant un spray au poivre avec marqué dessus « si tu veux que ta nuit de noce soit la dernière que tu passes avec lui». Un cadeau à la fois somptueux, spirituel et surtout très sorcier!
Narcissa était parvenue de justesse à éviter le fou rire et avait joué les princesses offusquées pour cacher son profond malaise, car au fond, Regulus avait tapé en plein dans le mille. Mais il n'empêche qu'elle avait eu la brillante idée de conserver l'objet.
Au repas, placé à côté de son futur époux, la jeune fille se sentait si oppressée qu'au dessert elle eut du mal à respirer. A onze heure les convives se rassemblèrent dans le salon et on plaça le deux jeunes gens face au ciel, sur le balcon.
C'est là que Narcissa se décida, elle saisit la baguette cachée sous sa robe et la glissa discrètement dans sa manche. Le spray de Regulus dans l'autre main, cette nuit serait bien la dernière!
- Narcissa Melior Plantine Black, acceptez vous de devenir ma femme?
- … C'est…
Cygnus Black fit les gros yeux devant le manque de conviction de sa fille, alors la fureur de Narcissa explosa:
- C'est non! Vous m'entendez! JAMAIS!
La jeune fille aspergea de poivre l'assistance, tous reculèrent pris par surprise, elle transplanna vers Sainte Mangouste.
Elle respira mieux une fois devant, " ça y est, c'est fait, c'est plus à faire!" pensa elle avant que l'inconfort de sa situation ne la rattrape »
- Bellatrix est devenue vraiment abjecte murmura Androméda, une fois le récit de sa sœur terminé.
- N'empêche que celui qui l'a reçue à Sainte Mangouste a du cran. Intervint Ted
- C'est le vigile, on l'a appelé à l'étage dés l'arrivée de Sirius, juste avant toi. Tu as du le croiser en arrivant d'ailleurs, il partait chez les Potter.
- Peut-être marmonna la jeune fille. J'avoue que je n'ai pas vraiment fais attention, c'est toi que je voulais trouver
- Je ne veux pas jouer les rabats joie, dit Ted Tonks, mais notre nouveau réveil matin sonne dans moins de deux heures et demie! Ce serait bien d'avoir piqué un petit roupillon d'ici là!
Narcissa sourit en regardant par la fenêtre, à présent elle était chez les rebelles, et aussi bizarre que puisse paraître sa situation, cela lui plaisait.
