Chapitre 2: Don't cry little doll
Près du Vatican, Rome, Italie
Un soleil de plomb dardait ses rayons sur la ville de Rome. Derrière une fenêtre, au premier étage d'une immense villa, une petite fille aux longs cheveux blonds regardait la place encombrée de touristes. La fillette s'assit sur son grand lit en soupirant. Elle regarda autour d'elle: des poupées de porcelaine étaient disposées partout dans sa grande chambre. Que des poupées en porcelaine. Même elle, elle ressemblait à une petite poupée: une peau claire, qui contrastait avec la peau halée des gens d'ici, des yeux verts profond et de longs cheveux blonds. Oui Marion Phauna était vraiment comme une petite poupée. Comme ses seules compagnes de jeu, Mari avait l'air en porcelaine. Ses parents étaient très fiers de sa beauté. Tous deux voyageaient beaucoup pour leur travail et ne s'occupaient pratiquement pas de leur fille laissant cette charge aux nombreux domestiques de la maison, et surtout à Lara, la nourrice de Marion. La petite fille aimaient bien tous ces domestiques mais elle souffrait de sa solitude. En effet, ses parents avaient interdit aux domestiques de faire sortir leur fille de la villa. Elle ne pouvait pas aller à l'école, elle avait un professeur particulier. Si elle voulait un jouet, elle le demandait, et on allait lui acheter une poupée, mais elle n'allait jamais choisir ce qu'elle voulait vraiment. Elle n'avait donc non plus jamais eu d'amis, vu qu'elle ne sortait que très peu. A force de tout ça, la petite fille s'était forgée une carapace, et ne parlait presque plus… Elle s'était déjà renfermée…
On toqua à sa porte. Cette dernière s'ouvrit sur un majordome.
« Mlle Phauna, on vous demande en bas, fit mécaniquement le majordome. »
Marion se leva et descendit, après avoir légèrement remercié le majordome. En bas des escaliers l'attendait une femme d'environ 26 ans, brune, une peau un peu halée: Lara, la nourrice, où plutôt gouvernante de la petite. Elle sourit en voyant Marion aller vers elle.« Bonjour Marion, fit la jeune fille.- Bonjour Lara, répondit la petite fille. »
Marion aimait bien Lara. C'était elle qu'elle préférait dans tous les domestiques. Elle la préférait peut être même à ses parents, après tout, Lara s'occupait bien plus d'elle que ses parents. La femme était gentille, et laissait même sortir Marion avec elle, parfois.« Dis moi ma chérie, fit Lara en s'accroupissant près de la petite. Tu veux qu'on aille faire un tour en ville? »
Le regard de Mari s'illumina le temps d'une micro seconde. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'était pas sortie.
« Oui, répondit Marion. »
Lara sourit, mit un chapeau sur la tête de la petite, lui prit la main et sortit de l'immense demeure. Si elle avait su…
***
« Lara? Dîtes, Lara »
La nourrice se retourna en entendant l'appel de la petite. Il était très rare que Marion engage la conversation, alors la femme sauta sur l'occasion.« Qu'y A-t-il, Marion?
- Pourquoi je suis pas comme les autres? Pourquoi père et mère ne m'aiment pas? »
Lara sentit l'effet d'un énorme poids qu'on lui aurait lâché sur les épaules.
« Mais qu'Est-ce tu dis là, ma chérie?! Tu es comme les autres! Et tes parents t'aiment! »
La fillette avait retrouvé son silence. Elle se retourna lentement, très lentement et pointa un petit doigt timide vers un groupe vers un groupe de personnes, au centre de la place. Des petites filles, d'environ son âge, jouaient toutes ensembles, à la ronde. Toutes riaient. Les mères étaient assises sur des bancs et regardaient la scène d'un air attendri et aimant, tout en discutant entre elles.
« Tu veux qu'on aille voir? Demanda Lara. »
Marion hocha la tête. Sa nourrice lui prit la main et l'entraîna avec elle sur la grande place. Elles s'assirent toutes les deux sur un banc, près des autres. Au bout d'une dizaine de minutes, une petite fille brune s'approcha.
« Tu t'appelles comment? Demanda la brune à l'intention de Marion.
- Ma…Marion, répondit cette dernière. Et toi?
- Gina! Tu veux venir jouer avec nous? »
Marion leva la tête vers Lara. Cette dernière eut un grand sourire.
« Bien sûr que tu peux y aller! »
Mari se leva d'un grand coup et partit à la suite de Gina en courant. Lara les regarda jouer en souriant, même si elle savait que si ses patrons, les parents de Marion, voyaient cette scène, elle se ferait renvoyée immédiatement. Mais elle s'en fichait. Pour le moment, Mari souriait, son premier sourire depuis bien longtemps et ça lui suffisait.
***
« Alors tu as bien joué Marion? Demanda Lara »
La fillette hocha la tête.
« Allez, viens, je vais t'acheter une nouvelle poupée, fit Lara.
- N…non, répondit Marion. »
Si Lara ne le savait pas, depuis quelques jours, Marion avait peur de ses poupées en porcelaine. Lorsqu'elle jouait avec ces dernières, il y a peu, l'une d'elle s'était déplacée toute seule. La fillette n'avait eu qu'à y penser et la poupée avait marché doucement jusqu'à elle.
« Pourquoi? Demanda la nourrice.
- Elles…elles sont fragiles, répondit la petite fille. Et j'en ai déjà plein.
- D'accord, c'est vrai, tu as raison, fit Lara en souriant. Je vais t'acheter autre chose. »
Elles marchèrent toutes les deux à côté des boutiques, en regardant les vitrines. Marion s'arrêta devant une boutique de jouets fait main.
« C'est bizarre, pensa la nourrice. Je n'ai jamais vu cette boutique ici… Je passe tous les jours devant et pourtant… »
La femme mit fin à ses pensées et se pencha vers la petite fille.
« Tu veux entrer là? Demanda elle.
- Oui! »
La petite montrait un cheval en peluche, avec un chapeau sur la tête. Depuis que ses parents lui avaient rapporté un chapeau de cow-boy d'un de leur voyage en Amérique, la petite fille s'était prise d'affection pour le grand ouest américain.
« On entre, fit Lara. »
Marion suivit sa nourrice dans la boutique. »
***
La boutique avait tout d'une boutique normale. Des jouets, la plupart en bois, étaient posés un peu partout. Un jeune homme, d'environ une quinzaine d'années en apparence, était assis dans un coin. Il était de type asiatique, sûrement japonais, et avait de très longs cheveux bruns. Il souriait tout seul.
« Bonjour! S'exclama-t-il.
- Bonjour, firent Lara et Mari. »
Elles regardèrent un peu partout dans la boutique. Marion repartit voir le cheval qu'elle avait déjà remarqué auparavant.« Vous avez trouvé quelque chose qui vous intéresse? Fit le garçon.
- Heu…je crois oui. Le petit cheval là bas. Celui avec le chapeau, répondit Lara.
- Très bien, fit le vendeur. »
Il s'approcha de la vitrine et attrapa la peluche. Il revint vers les deux filles et tendit la peluche à Mari.
« C'est pour toi, n'Est-ce pas? Dit il à Mari. »
La petite hocha la tête. Lara regarda la scène en souriant, mais elle avait tout de même une impressions assez bizarre sur le garçon. Peut être étais ce du au fait qu'elle ne voyait pas son visage, car ce dernier était caché par un large chapeau. Dans une boutique. Étrange, non?
« Si vous voulez, j'ai la peluche cow-boy qui va avec le cheval, ajouta le garçon. Bon il est pas très bien fait, c'est un essai… »
Il sortit une autre peluche de derrière le comptoir. C'était une peluche assez petite, avec des cheveux faits à partir de bouts de laine, des boutons remplaçaient ses yeux. Il tenait un espèce de pistolet, et avait été recousu plusieurs fois.
« Désolé, c'est pas super, fit le jeune vendeur. Mais je vous l'offre. On ne va pas séparer la monture et le cavalier, non. »
Lara sourit.
« Bah, si vous y tenez, fit elle.
- Ben j'y tiens! Dit il en riant. Prends le, ajouta il en tendant la peluche à Marion. »
Il s'agenouilla près d'elle. La petite fille attrapa la peluche.
« Prends bien soin de lui, fit le vendeur en souriant. Il est un peu spécial. Mais je suis sûre qu'il sera bien avec toi. »
Il se releva et mit sa main sur le tête de Marion. Enfin, sur son chapeau plutôt.
« Il s'appelle Chuk, fit il. »
Lara paya. Marion l'attendait, ses deux peluches dans les bras.
« Allez viens, Mari, fit Lara en entraîna Marion vers la sortie. Au revoir, fit elle ensuite au jeune vendeur japonais.
- A bientôt j'espère, répondit ce dernier. »
Il attendit que les deux filles soient parties pour ajouter.
« Mais oui, prends bien soin de Chuk, Mari… On va bientôt se revoir, tous les deux. »
Il claqua des doigts. Un énorme esprit rouge/rose apparut dans l'étroite boutique.« Phase 2 terminée, fit le garçon. Après Mathilda Matis et l'Écosse, Marion Phauna et l'Italie, on va retrouver Canna et l'Allemagne. Laissons les choses se dérouler toutes seules maintenant. »
Il re claqua des doigts. Il monta sur son esprit gardien et disparut, avec un grand sourire sur les lèvres.
***
Cela faisait maintenant quelques jours que Marion avait eu les deux peluches. Chuk, comme l'avait dit le vendeur, était…spécial. Il parlait. Au début, la petite fille avait cru rêver, mais non, le cow-boy parlait. Il lui avait dit qu'elle n'était pas une petite fille comme les autres, mais une shaman. Qu'elle pouvait voir les fantômes. Qu'elle avait des pouvoir. Qu'elle était une dollmaster. Qu'elle contrôlait les poupées. Et qu'elle devait s'enfuir. Il lui disait ça très souvent. Et c'Est-ce qu'elle faisait à ce moment là. Elle s'enfuyait. C'était la nuit et tous les gardes étaient tombés dans les pommes grâce à l'attaque berceuse de Chuk. La petite fille sortit prudemment et partit en courant. Elle vit une petite fille qui marchait elle aussi. À côté d'elle se trouvait une espèce de…citrouille. Un fantôme. La fille se tourna vers Marion. Elle avait entendu le bruit de ses pas.« Salut, fit la fille. Tu es une shaman, hein?
- Heu…bonjour. O…oui, j'en suis une. Il me semble.
- A, ben moi aussi j'en suis une. J'm'appelle Mathilda. Et toi?
- Marion.
- Et ben Marion, si on faisait voyage ensemble? T'as qu'à monter derrière moi, sur mon balai. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les petites décollèrent, et partirent vers un avenir, pour elles encore inconnu, mais pour certaines personnes, déjà tout tracé. Qui aurait cru que dès leur naissance, tout avait été planifié pour que leur existence se passe exactement ainsi?
