Quelques jours plus tard

Au milieu de la deuxième période du matin, les cris des élèves de l'étage supérieurs sonnèrent l'alerte et les élèves évacuèrent dans un chaos total.

Normalement, ils sortaient avec ordre, calme et efficacité. Ils n'avaient plus peur d'un type déguisé en clown qui proférait des menaces mais c'est d'abord le plafond au-dessus d'eux qui avait menacé de s'écrouler sur leur tête qui avait été le premier signe de la présence du vilain et cela déclencha la panique. Lui-même resta longtemps invisible.

Ladybug et ChatNoir arrivés rapidement, le cherchèrent partout avant de descendre dans les corridors, dans la cour et sur les trottoirs pour interroger les élèves. Partout où ils allaient, ils étaient suivit d'Alya qui filmait et de Londres qui essayait d'attirer l'attention de Ladybug. Il se conduisait avec elle comme s'ils étaient ouvertement un couple et qu'il était tout à fait normal pour lui de faire visiter l'école à sa petite amie.

Exaspérée d'un autre de ses ''à plus tard chérie, soit prudente.'' Juste avant son départ officiel de l'école, Ladybug se tourna vers lui et mit les points sur les ''i'' devant les quelques élèves qui revenaient, la plupart ayant profité de l'alerte pour aller prendre une pause dans les commerces adjacents.

«Maintenant c'est assez! Vous m'avez demandé de sortir avec vous, j'ai dit non. Et ça restera non! Je n'ai aucune envie de me retrouver à nouveau en votre présence et je vous demanderais de cesser votre avalanche de courrier et de ne plus me suivre. Je suis une personne entière et je n'ai pas besoin d'un homme au point de vous choisir par défaut.» dit-elle fermement mais elle décida finalement d'ajouter. «Et je ne suis peut-être pas avec ChatNoir mais je le choisirais avant de vous choisir.» conclu-t-elle.


Quelques jours plus tard

La salle des urgences était bondée ce jour-là et tout ceux qui s'y trouvait, personnel médical comprit était très nerveux. C'est que tout près était apparu un super-vilain. On n'avait pas eu le temps d'évacuer l'hôpital et de plus, certains passants s'y était réfugiés.

Tout à coup, les portes s'ouvrirent à la voler et une silhouette vêtu d'une armure de cuirasse noire entra rapidement, portant un grand corps vêtu d'une combinaison rouge.

«Il faut la réanimer. VITE!» pressa l'homme auprès de l'infirmière. Le sang bouillonnait en s'écoulant d'une blessure au cou de Ladybug. Les urgentistes, comprenant l'urgence de la blessure, se mobilisèrent.

L'un d'eux apporta un lit sur lequel elle fut déposée. Une infirmière appuya un bandage propre sur la blessure et l'y maintint. Trois médecins, dont une femme, prirent les signes vitaux de l'héroïne. L'un d'eux, un homme, demanda à ChatNoir si Ladybug avait des allergies.

«Je sais pas et on s'en fous! Réveillez-la! Réveillez-la c'est tout!» aboya le héros. On apporta une seringue d'adrénaline et on fit l'injection à la patiente. La dernière minute d'annonça, menaçante, sur les miraculous aux oreilles de la belle endormie.

Tout à coup, son état de mollesse disparue. Elle était réveillée, parcourue de spasme et elle toussait. Le coup de fouet du réveil l'avait fait se redresser d'un bond.

«Je suis là, Bugs. Avec toi! Tiens!» ChatNoir lui mit un petit objet dans la main et la retint contre lui.

«Mi'a culo- La'i-hug.» fit-elle d'une voix aux cordes vocales blessées avec un mouvement du poignet que son état de faiblesse ne lui aurait pas permit de faire sans ChatNoir. Aussitôt, la salle, comme la ville furent parcourues par des coccinelles magiques et scintillantes. Le sang et les blessures de Ladybug ainsi que l'adrénaline dans son sang, tout fut nettoyer et balayer.

L'avertissement final retentit alors et ChatNoir referma bien vite les couvertures sur sa tête qui perdait déjà le masque.

«Merci à tous. Vous êtes géniaux. Je vais revenir avec les couvertures.» fit ChatNoir en repartant avec son gros paquet chargé dans ses bras par les portes d'où il était venu. Son miraculous aussi clignotait.

Ce qui passa inaperçu aux yeux de tous, fut l'homme en pantalon d'habit et chemise qui suivit le couple dans la ruelle qu'ils empruntèrent.

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ChatNoir se transforma à proximité de l'école et fit le reste du chemin à pied. Il avait manqué une partie de l'avant-midi mais arrivait à temps pour les cours de l'après-midi. Il regarda les autres entré en classe avec un tiraillement dans la poitrine. Bah, c'était surement parce qu'il n'avait pas mangé.

Ce n'était pas la première fois, qu'il risquait de la perdre au combat. Il était plus fort que ça. Ça faisait partie des risques de l'engagement, tenta-t-il de se blaser et fixant sa main qui tremblait.

Tout de même, elle n'était pas juste sa collège, elle était aussi la femme de sa vie, se permit-il de penser.

La cloche sonna et Londres débuta son cours sur l'algèbre. Super! Encore une question de vie ou de mort!

Plusieurs minutes plus tard, une Marinette passablement blême tourna la poignée de la porte et entra doucement mais Londres l'apostropha avant même qu'elle ne lâche la porte.

«Vous voilà, Mlle Dupain-Cheng! Quelle excuse allez-vous nous sortir encore? Allez-y, je vous écoute.»

«Je n'en peux plus, je n'en peux vraiment plus!» Marinette semblait faible, en sueur et essoufflée. Sa respiration était sifflante.

«Moi non plus mademoiselle. Vous êtes brouillonne, inconstante et hypocrite.» accusa-t-il ouvertement hostile. «Vous me décevez. J'avais beaucoup d'espoir en vous, tout comme vos amis. Vous les avez tous déçu…»

Marinette leva un doigt pour parler. Pendant le discours de Londres, elle s'était accroupie sur les genoux là où elle s'était arrêtée et Adrien c'était levé pour la défendre et l'aider mais lorsqu'elle essaya d'interrompre le professeur, il l'entendit simplement dire. «Je ne me sens pas bien.» Et elle tomba dans ses bras tendus.

Adrien la porta évanouie jusqu'à l'infirmerie mais Nino et Alya le suivirent avant que le professeur leur dise de ne pas y aller.

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Marinette revint à elle doucement. L'infirmière avait mit de la glace sur son front et surveillait son pouls et sa tension. «Et bien, mademoiselle, j'ai l'impression que vous vous surmenez vraiment. Votre tension, c'est du grand n'importe quoi! Il va falloir faire un bon ménage dans votre vie et redéfinir vos priorités. Comme vos études par exemple!»

«Ce n'est pas vraiment comme si j'avais le choix!» fit la voix agacée de Marinette.

«Tut-tut-tut! On a toujours le choix dans la vie!» répondit joyeusement l'infirmière.

Adrien fut sur le point de reprendre Marinette avec lui pour trouver quelqu'un de plus compétent. Non, mais quelle cruche cette infirmière! «Vous pouvez retourner à votre cours jeunes gens. Je vais garder Marinette ici pour qu'elle se repose.»

«Elle habite à côté, je peux peut-être l'y conduire…» proposa Adrien.

«Non, il est préférable de ne pas la déplacer pour l'instant. Elle pourrait perdre conscience à nouveau.»

Sans appareil de réanimation à porter de main? Cette femme donnait à Adrien envie de rester auprès de Marinette pour s'assurer qu'elle reçoive un massage cardiaque au besoin plutôt qu'une compresse d'eau froide!

Il eut une pensée pour sa Lady qu'il avait failli perdre une heure plus tôt. Elle au moins se reposait et était bien entourée. Elle avait une famille aimante pour la soutenir.

En retournant vers la classe, il suggéra à Alya d'appeler les parents de Marinette pour les tenir informés.

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ChatNoir était assis sur un très haut bâtiment et observait la palpitante nuit de la ville avec ses lumières et ses bruits.

Du point d'observation où il laissait pendre ses jambes dans le vide, il pouvait voir une immense publicité de lui-même mais dans sa version mannequin. Et un peu sur la gauche, il y avait une autre affiche, une annonçant un reportage les mettant en vedette Ladybug et lui, avec, bien sur Ladybug en premier plan, mais, pour une fois, on l'avait inclus sur la photo.

Quelle ironie!

Il entendait derrière lui les pas de douces semelles légères et ne releva pas la tête : il savait de qui il s'agissait.

«Chat?» appela sa partenaire «J'ai vu que tu étais de sortie. Je-je t'ai rapporté ça. Je voulais passer moi-même à l'hôpital pour les payer mais je ne savais pas laquelle c'était.» Elle s'assit au sol avec précaution à côté de lui et il tourna les yeux vers elle. Elle déposa doucement les couvertures emballées dans un sac de nettoyage.

«Ne t'en fait pas, je m'occupe de tout. Tu as froid.» questionna-t-il en remarquant ses lèvres tremblantes.

«Ça a été une looongue journée.» soupira-t-elle.

Il se rapprocha d'elle et passa un bras autour de ses épaules pour la réchauffer. Elle le laissa faire puisque ce n'était pas la première fois. Il avait fait ce geste à de nombreuses reprises depuis qu'ils se connaissaient.

«Qu'est-ce qui se passe ChatNoir? Qu'est-ce que tu fais dehors?»

«J'avais besoin de réfléchir. Je peux te poser une question? Ce type dont tu es amoureuse. J'aimerais savoir ce qu'il a que je n'ai pas?» l'interrogea-t-il.

L'affiche géante bouchant leur point de vue sur la ville fit craindre à Ladybug que son partenaire ait des doutes sur l'identité du garçon en question. «Pour-pourquoi tu – veux savoir ça?»

«Parce que je me demandais, ce que j'avais fait de mal. Tu ne m'as jamais vraiment donné ma chance mais avec ce type, ce professeur, qui nous suit depuis que tu lui as dit non, tu es plus coulante. Si j'avais, un jour, fait mine de partir dans la même direction que toi après un combat, tu m'aurais rembarré. Tu as aussi cette cruelle tendance à m'arracher le cœur de la poitrine et à le piétiner sous mes yeux ce qui me déplaît un peu.»

«Je suis désolée, ChatNoir. Infiniment. J'ai toujours essayé de t'expliquer la situation en douceur. Je m'excuse de ne pas avoir réussit à chaque fois. Et pour ce type, je le déteste vraiment maintenant. Je fais attention à garder mon calme avec lui parce que si je m'emporte, je vais l'étendre d'un bon coup de point.»

Elle éclata de rire et ChatNoir sourit avant de la serrer brièvement contre lui. ChatNoir exprimait ses émotions mais ne riait jamais et gardait ses larmes pour lui. Lorsqu'il voulait partager sa joie ou sa peine avec elle, il la serrait de cette manière. Sa façon de dire : 'Je ressens la même chose que toi.'

«Il y a, cette fille à mon école. » poursuivit-il même s'il était incertain de pouvoir aborder le sujet avec la femme qu'il aimait mais il n'avait personne d'autre à qui en parler.

« Je me demande parfois si elle est la plus douée des séductrices ou la plus ingénue des jeunes filles amoureuses. Elle est belle, magnifique et j'ai souvent envie de l'embrasser et de ne plus jamais m'arrêter. Mais, je ne sais presque rien d'elle. Je ne la connais pas vraiment plus que mes autres camarades de classe malgré tout le temps que j'ai passé à essayer de la comprendre plus particulièrement et à percer ses mystères. J'ai tendance à être en colère contre elle. Je ne le montre jamais bien sur mais… j'ai vu tellement de gens essayer de profiter des autres dans ma vie, alors la laisser entrer dans mon cœur me demanderait une bonne dose de courage. Surtout que je ne sais même pas ce qu'elle veut de moi. Je déteste simplement qu'elle me fasse t'oublier. »

«Un jour, il m'a ouvert son cœur. » énonça Ladybug. « Je crois que ce jour-là, je suis tombé plusieurs fois amoureuse de lui en quelques instants. De son rire, de ses yeux verts, de sa douceur simple… Je t'aime aussi, tu sais, mais ce n'est simplement pas de toi dont je rêve. Bon, je vais rentrer avant de tomber malade.»

Elle se releva mais ChatNoir attrapa sa main dans la sienne. «Buguinette, tu me raconteras un jour, de quoi sont fait tes rêves?»

«Si tu veux, chaton.» répondit-elle en se penchant pour déposer un baiser sur la tignasse entre ses oreilles. «Bonne nuit.»


Ladybug et ChatNoir combattaient un akuma sous les pattes de la Tour Eiffel. Il s'était passé une semaine depuis que Ladybug avait été blessée et deux semaines depuis l'attaque sur l'école.

L'akumatisé en face d'eux rappelait tant un pokémon qu'ils se demandaient si l'akuma était vraiment sur lui ou s'il n'était qu'une marionnette et qu'ils devaient cherché le dresseur.

Les gens avaient évacué la place sous la Tour mais en périphérie de leurs regards, les héros voyaient Alya, un camion de la télé et également Lucian au loin. Oubliant ces curieux habituels, ils se concentrèrent sur leur adversaire. Celui-ci avait l'aspect d'un kangourou boxeur et savait distribuer les coups.

Heureusement, le lucky charme apparut sous la forme d'un filet que Ladybug referma avec la corde du yoyo pour régler le problème.

Sitôt les coccinelles parties effacer les bosses et les creux dont l'akumatisé avait affligé les surfaces de métal de la ville, Nadja Chamack leur présenta un micro. Alya, Londres et quelques autres curieux suivaient à plus de distance.

Ladybug s'avança en soupirant pour lui répondre, elle n'avait jamais été du matin. Mais Nadja se jeta sur son partenaire.

«ChatNoir, un commentaire sur la déclaration de cette femme qui annonce que vous allez être père?» s'excita-t-elle.

«Euh? Vous pouvez me répéter ça Nadja? Je crois que j'ai manqué un chapitre ou deux de l'histoire. Est-ce qu'une diseuse de bonne aventure aurait vu un bel avenir pour moi dans ses cartes?»

«Le Paris scandale a publié hier un article racontant la version d'une femme qui aurait eu des relations avec vous alors que vous étiez ivre et qu'elle serait maintenant enceinte. Elle aurait décidé de publier la nouvelle puisqu'elle ne pouvait vous joindre.»

«ChatNoir et moi ne buvons jamais d'alcool! Les akumas peuvent frapper à tous moment. Celui d'aujourd'hui en est la preuve. Alors, nous sommes toujours sobres, c'est une de nos règles! » Pointa Laybug pour tenter de reprendre la situation en main.

«De plus, il n'y a qu'une seule femme dans ma vie et lorsque quelqu'un dit le contraire ça me hérisse le poil!» blagua ChatNoir puis son expression changea et même sa voix perdit sa gaieté habituelle. «Oh et puis non! Pour une fois, j'ai envie d'être prit au sérieux. J'en ai vraiment assez que toutes les filles se jettent à mon cou! Comme si une femme devait oublier toute fierté pour plaire à un homme! Vous valez mieux que ça les filles!» éructa-t-il avec de grands mouvements des mains s'adressant directement à la caméra.

Ladybug fut très fière de lui mais l'interrompit tout de même de petits coups du revers de la main sur l'abdomen pour lui indiquer Lucian qui arrivait. «C'est quoi ce sourire de mauvais gagnant? Vous ne seriez pas derrière certains ''potins'' par hasard? Vous avez obtenu ce que vous vouliez? Je vous ai dit non alors, vous vous êtes venger!»

Alya tourna son téléphone vers Londres mais pas Nadja qui resta sur les héros. «Pas encore.» se défendit le professeur mais sur l'enregistrement d'Alya ça ressemblait à une menace.

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Les nouvelles de l'avant-midi firent leurs gros titres de jeux de mots sur les chatons mais Marinette et Adrien manquaient trop de sommeil pour s'en préoccuper. Quel lundi matin cruel! Leur tympans résonnaient encore des bruits de l'akumatisé qui les avaient réveillés à quatre heures du mat' en frappant une cacophonie sur les surfaces les plus résonnantes de par la ville.

Alya avait posté sa captation vidéo de Londres sur le blog mais lui-même n'avait pas changé son attitude en classe d'un pli. C'est ce qui amena des doutes à Alya. Et s'il était tout ce que Marinette l'accusait d'être? Il était facile de le voir tout autrement lorsqu'on étudiait ses comportements sous un autre point de vue.

Les jeunes filles en discutaient derrière Adrien qui suivait la conversation sans grands intérêts pour le sujet. C'était simplement… qu'il le détestait. Mais une phrase d'Alya capta son attention. «Crois-tu qu'il pourrait être le harceleur qui te menace?»

«J'étais déjà harcelée bien avant son arrivée et franchement, quel intérêt aurait-il à effacer mes travaux de design pour le concours?»

«Tu dois faire quelque chose, Marinette. Cette histoire te rend malade et ce n'est pas une métaphore.» conseilla sa meilleure amie.

«C'est bon, je vais demander de l'aide. Bon changeons de sujet. Il faut trouver une preuve que cette fille a mentis.» fit la voix pressante de Marinette.

«Tu es certaine qu'elle a mentis?» se fit confirmer Alya.

«Sans aucun doute possible. Tu as entendu ChatNoir ce matin. Je suis certaine que c'est Lucian. Il est trop louche.» lui répondit la jeune fille derrière Adrien. «Et si on allait 'l'interviewer' toute les deux? J'aimerais bien lui poser des questions.»

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Après les cours du lundi, Marinette arriva chez elle en baissant les épaules. Elle ne pouvait rien faire encore pour les rumeurs concernant ChatNoir qui faisaient jouer une symphonie d'alerte sur les médias sociaux. Elle devait attendre qu'Alya trouve des infos sur cette femme.

Inquiète de devoir attendre, elle se tourna vers son ordinateur. Et découvrit qu'encore une fois, ses plans de travail avaient disparus. Heureusement, elle faisait maintenant des sauvegardes constantes mais, elle n'aimait pas l'idée que quelqu'un surveille pas à pas tout ce qu'elle faisait.

«Marinette, tu as promis à Alya de demander de l'aide.» la poussa Tikki.

«ChatNoir à tellement de problèmes en ce moment. Ça m'ennuie de le déranger.» se rebiffa la jeune fille.

«C'est normal de s'entraider entre amis. Tu vas lui rendre service en démasquant les mensonges de cette fille et il trouvera qui te harcèle en retour.»

«Merci Tikki d'être toujours si optimiste à ma place. Spots on.»

Ladybug sortit son téléphone intégré à son yoyo pour faire un appel automatique. «Salut chaton. C'est moi! Il n'y a pas d'urgence akuma, mais écoute, euh. Je ne sais pas si tu te souviens d'elle, mais Marinette, la fille que tu as protégée de quelques akumatisés, a des problèmes personnels et elle a besoin d'aide. Si tu avais le temps de passer la voir à la boulangerie, ce serait gentil.»

000

Immédiatement après ses cours, Adrien dû aller à un essayage puis à son cours de chinois. Mais quatre heures plus tard, alors que la nuit tombait, il monta à sa chambre pour s'attaquer à ses devoirs avec l'intention de faire d'abord une visite chez Marinette. Il était inquiet pour elle. Et si toute sa séduction n'était en fait qu'une demande de secours?

Peut-être voyait-elle en Adrien quelqu'un de fort qui pourrait la protéger. Ce qu'il aurait préféré, c'est qu'elle lui parle franchement mais elle était probablement véritablement trop timide pour se livrer.

Dès qu'il enfila la combinaison, il prit le message en attente de Ladybug et fila vers sa destination.

Complètement aplatit sur les toits et dissimulé par les cheminées, ChatNoir se glissa inaperçu jusqu'à la trappe du toit donnant sur la chambre de Marinette. Il avait initialement prévu de l'espionner pour connaître son état de santé mais puisqu'il avait une invitation…

Marinette lui raconta plusieurs événements menaçants qu'elle avait subit. «Il m'arrive des tas de choses ces temps-ci. À l'école, ici, dans la rue…»

«Est-ce qu'on s'en prend aussi à tes proches?» demanda-t-il

Marinette resta interdite un instant, elle n'avait pas fait le lien. «Mes parents ont de problèmes avec les fournisseurs et les inspecteurs sont venus contrôler deux fois l'immeuble suite à des dénonciations. Ils n'ont rien trouvés mais il aurait suffit que quelqu'un de mal intentionné place quelque chose à notre insu pour qu'on perde le commerce au complet. La hausse des tarifs immobiliers nuit beaucoup. Mes parents ont des économies mais ils hésitent à s'en servir parce que s'ils perdent la boutique ils en auront besoin pour déménager en province.»

«Et toi, tu n'irais pas avec eux?» se surprit ChatNoir.

«Je dois rester ici. Je n'ai pas d'autre choix. J'ai fait une promesse. Il y a quelqu'un qui compte sur moi. Je ne peux pas partir.» la jeune fille était tiraillée et au bord des larmes, il lui arrivait trop de chose pour qu'elle puisse tout gérer.

«Hé!» ChatNoir se rapprocha d'elle et mit un bras dans son dos et l'autre sur sa main. «Respire doucement d'accord? Tu es beaucoup trop nerveuse. À un point où ça devient mauvais pour ta santé.»

Ils restèrent un instant à écouter le calme de la nuit dans son grenier puis il ouvrit un sujet délicat. «Marinette, as-tu pensé à ne pas faire ce concours? Tu le vois comme une chance mais, ce n'est que du prestige. Toi, tu as du talent, un vrai talent. Lorsque tu te lanceras dans le domaine, les gens s'arracheront tes créations. Tu devrais garder ta force et ton énergie pour bâtir ta propre réputation au lieu d'essayer d'impressionner quelqu'un qui t'imposera d'être la saveur du mois. Je pense que d'entrée dans ce concours serait une erreur…. Et si tu en parlais avec Adrien Agreste. C'est un de tes amis, non?»

«Adrien ne m'aime pas. Il me regarde toujours comme si je lui avais fait quelque chose sans que je sache ce que c'est.» déplora Marinette.

«Ouais, je connais ce regard. Moi aussi, je le reçois de ma Lady. Mais je n'arrêterai jamais de l'aimer pour autant et je crois fermement qu'elle m'aime aussi à sa façon. Tu devrais vraiment parler avec lui. Ça te ferais du bien.»

«Pour l'instant, c'est parler avec toi qui m'a fait du bien.» le remercia-t-elle.

ChatNoir lui donna son numéro anonyme pour le joindre directement. Elle devait l'appeler la prochaine fois qu'il y aurait quelque chose d'étrange.

Elle avait expliqué que son plan de base était de jouer les appâts avec lui qui attraperait le poisson. Mais il n'aimait pas trop l'idée. En la tenant dans ses bras, il avait pu sentir son cœur battre à l'aide de ses sens surdéveloppés. Et du mieux qu'il avait pu le percevoir, les battements ne lui semblaient pas réguliers.

Elle promit de prendre du repos et s'allongea dès son départ. Mais elle reçut peu après un message sur son courrier relié à l'école. Y avait-il une suspension de cours le lendemain?

«Mlle Dupain-Cheng, Je vous donne rendez-vous demain à 8h. Soyez présente sans faute! Londres.»

Marinette trouva cela très étrange mais régla tout de même son réveil en conséquence. Elle n'avait pas besoin de débile pervers sur son dos en plus du reste.


Elle ajouta agaçant à la liste de ses défauts le lendemain. Elle s'était présentée beaucoup plus tôt que l'heure normale des classes mais il n'y était pas. Elle fit rapidement le tour de l'école avant de revenir à la classe se sentant épiée mais c'était quelque chose de si régulier qu'elle n'y prêtait plus attention maintenant.

Elle remarqua alors que la feuille qui traînait sur le bureau du professeur la première fois où elle avait vérifié la classe était maintenant sur son propre bureau.

«Je connais ton dirty little secret. Rejoint-moi ce soir à 20h. C'est un ordre!»

Voilà qui n'était pas très rassurant. La lettre écrite à l'ordinateur n'était pas signée mais l'utilisation des termes anglais pour 'sale petit secret' pointait vers Lucian. Il voulait jouer à ce jeu? Elle ne l'y suivrait pas. Il était temps qu'elle le confronte sérieusement et qu'elle mette un point final à cette histoire.

Tikki n'était pas du même avis. Elle avait peur que cet homme connaisse le secret de la double identité de Marinette et ne décide de l'exposé.

«Mon identité de Ladybug n'a rien à voir avec les termes ''dirty little secret.''» Plus certainement, il pourrait vouloir révéler son béguin pour Adrien. »

Mais plus important, Marinette ne voulait plus se laisser faire. Elle avait déjà un harceleur sur le dos, elle n'avait pas besoin que Lucian commence le même manège.


L'avant-midi débuta ensuite calmement avec les habituelles notions d'apprentissage et les moqueries qui n'en paraissaient pas de la part de l'enseignant de la façon habituelle.

« Venez au tableau mademoiselle et écrivez votre réponse. » (évidement la plus difficile et elle avait une erreur.) « Surveillez votre écriture! Bon deuxième question, Alya. Vous pouvez restez assise et nous donner votre réponse. » « Troisième question. Ivan, pouvez-vous la lire et nous répondrons ensemble. » Toujours ce petit traitement différent qui n'existait pas officiellement mais s'il existait, il ne pouvait être considéré comme de l'intimidation. Il ne pouvait servir 'qu'à l'aider à s'améliorer.'

À la première pause, Marinette avait déjà des cernes de fatigue sous les yeux. Les filles décidèrent de rester dans la classe et lorsqu'Adrien le remarqua, il revint à sa place avec Nino.

« Dites? Vous en penser quoi de ce prof? » demanda Alya aux garçons.

« Ben, il est normal. Il se croit peut-être simplement jeune et dans le coup alors qu'il ne l'est pas, mais bon… » répondit Nino sans se compromettre.

« Je l'ai toujours trouvé louche. » avoua Adrien. Il avait toujours détesté que Ladybug soit amicale avec lui et s'il n'avait pas été enrhumé la première fois où il l'avait vu en tant que ChatNoir, il lui aurait parlé d'homme à homme. Et maintenant qu'il les suivait Ladybug et lui lors d'alerte akuma, il l'aimait encore moins.

« Au début, moi aussi je le trouvais cool mais quand je le regarde du point de vue de Marinette, il a l'air tout sauf régulier. » expliqua Alya.

Marinette jeta un œil sur la porte et leur avoua tout bas qu'il lui avait envoyé une menace directe. Elle n'avait pas envie de leur parler de son secret mais elle pouvait bien avouer qu'elle en avait, non? « Il m'a donné rendez-vous, ce soir. »

« Tu ne dois pas y aller seule, Mari! » répliqua aussitôt Alya.

« C'est à quelle heure? » demanda calmement Adrien qui voulait essayer d'y être en tant que ChatNoir.

« À huit heure. Mais je ne serai pas seule. J'irai avec Ladybug. Elle m'a demandé de l'aide pour une confection l'autre jour et elle a promit de m'aider si j'avais des problèmes. »

'Au moins, ma Lady est-elle prévenue contre ce type! Elles ont plus de chance à deux pour s'épauler.' pensa Adrien qui déplorait d'avoir une séance photo qui se terminerait à coup sûr après neuf heures.

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Traversant les toits à un rythme beaucoup plus modéré qu'à son habitude, Ladybug se dirigeait encore une fois vers l'appartement de Lucian. Le froid de la nuit la glaçait jusqu'aux os. Ce qui était étrange puisque la météo annonçait une douce soirée et que son uniforme la gardait au chaud normalement.

Sitôt qu'elle eu frappé à la porte intérieure de l'appartement, Lucian l'ouvrit et lui attrapa le poignet pour la tirer à l'intérieur. « Alors, comme ça, tu ne seras jamais à moi? On va bien voir. Je connais ton sale petit secret maintenant, Ladybug. Tu fais croire à tout le monde que tu es une héroïne quand tu n'es qu'un rebut de la société. »

« Vous vous trompez, je ne suis pas Ladyb… »

Les protestations de Marinette furent interrompues par l'énorme coup de point qu'il abattit sur sa mâchoire. Elle se retrouva au sol et lutta pour resté consciente.

« Ne m'interromps pas quand je parle! Et n'essaie pas de me mentir! Je t'ai vu te transformer l'autre jour lorsque tu es sortie de l'hôpital, emballée par tes couvertures. » Il se pencha sur elle et attrapa le col de sa veste.

« Maintenant, je suis ton maître. Je te tiens parce que si tu ne m'obéis pas, je m'arrangerai pour que tout le monde sache qui tu es et tes parents pourront dire adieu à leur commerce. Maintenant, tu te lèves et tu t'habille décemment. Tu sors par la terrasse et tu vas m'attendre derrière le grand Paris. »

Arrivée là-bas, il lui ordonna d'entrer dans la chambre d'Adrien de l'autre côté de la rue. Lorsqu'elle protesta en disant qu'il n'était pas là, il ajouta qu'elle devait voler un sous-vêtement.

Lorsqu'elle revint, il lui montra la vidéo qu'il venait de faire d'elle entrant par la grande fenêtre. « Si tu refuses de faire ce que je dis, je raconte à tout le monde que ChatNoir et Adrien son une seule personne et il serra enlever à son tour, garde du corps mollasson ou non. Si tu n'es pas à moi, tu ne seras à personne! Quant à ce sous-vêtement, il servira à créer un item de choix pour ma collection personnelle. Renifle-le! »

Elle roula des yeux mais obéit pendant qu'il prenait une photo d'elle. Il lui ordonna ensuite de les faire entrer par la terrasse du dernier étage du Palace. Il s'agissait d'un bureau et il prit quelques photos avant de fouiller dans les tiroirs non verrouillé. Ils retournèrent ensuite dans la ruelle.

« Tu as intérêt à accourir lorsque je siffle et je te défends d'en parler à qui que ce soit. Si j'apprends que quelqu'un sait, je n'hésiterai pas à me servir d'une arme à feu pour m'en débarrasser.»

Après son départ, Marinette se sentait vraiment mal. Déjà, elle s'était sentit rougir sans raison pendant qu'il était là. Elle laissa tomber la transformation et décida de contourner l'hôtel pour prendre un taxi pour rentrer. Elle se sentait étourdie.

Mais elle ne parvint jamais à la porte d'entrée. Elle s'écroula avant, inconsciente, dans la ruelle. Tikki réveilla son cellulaire et appuya sur l'appel d'urgence pour faire venir une ambulance.

Marinette passa la nuit sur une civière de l'hôpital et consulta un médecin vers les trois heures du matin. Il trouva son pouls irrégulier encore une fois et lui dit qu'elle devrait consulter un spécialiste à ce sujet.

Mais il mit cela rapidement de côté pour lui demander si elle voulait porter plainte contre la personne qui l'avait frappée. Manifestement, il pensait que le coup de point reçu sur la joue lui avait fait perdre connaissance dans la ruelle.

Elle refusa qu'il appelle la police. Lui expliquant qu'elle savait de qui il s'agissait et qu'il y avait déjà une enquête en cours. La réceptionniste proposa d'appeler ses parents pour elle mais leur journée de travail étant commencée, elle préféra prendre un taxi pour rentrer et ne pas les déranger.

Quelques heures plus tard, les camarades de classe lui trouvèrent une sale tête et s'inquiétèrent de sa santé. Par contre, Londres ne fit aucun cas de ses problèmes et la poussa encore une fois proche de ses limites.