Les fiançailles

Le jour des fiançailles d'Annie et d'Archibald arriva enfin, pour les circonstances et sur les conseils d'Annie, Albert lui a fait parvenir à Candy une magnifique robe de couleur vert pâle avec des incrustations de pierres précieuses et ce petit mot:

" En espérant que cette robe sera à la hauteur de l'éclat de tes yeux.

Albert".

Elle était tellement heureuse à l'idée de le revoir et de la lui montrer qu'elle en avait presque oubliée la promesse faite à la Tante Elroy de s'effacer de la vie d'Albert pour qu'il puisse enfin s'installer en tant que chef de la famille André et d'assurer sa descendance.

Annie l'attendait déjà à Lakewood avec tous ses amis, Archibald avait revêtu pour l'occasion l'habit traditionnel des Andrés, Albert, quand à lui, était beau dans son costume sombre à queue de pie qui mettait en valeur son charme et son charisme naturels. Candy se demandait si Anthony lui aurait ressemblé s'il était arrivé à l'âge adulte. Les invités étaient en majorité déjà présent, et à la vue de Candy entrant dans la grande salle de bal, les hommes se retournèrent sur son passage. Elle n'était pas habitué à ce qu'on la regarde ainsi, elle se trouvait jolie bien sûr mais elle avait toujours cru qu'elle était d'une beauté banale. Albert lui aussi ne pouvait détacher ses yeux d'elle et de constater au combien elle était devenue belle et désirable. La robe qu'il lui avait choisi révélait effectivement l'éclat de ses yeux, Candy avait enlevé ces rubans pour une coiffure plus sophistiquée sur les conseils de son amie Annie. Il s'approcha d'elle et lui dit:

" Candy, tu es magnifique ...une vraie lady"

Ses mots réchauffèrent le coeur de Candy ...qui lui répondit:

" mais c'est grâce à vous, Albert enfin je veux dire Oncle William." Elle aurait voulu lui dire aussi au combien elle le trouvait irrésistible habillé ainsi mais elle se retint ne voulant pas paraître irrespectueuse.

Annie et Archibald, Patti, Tom et le reste de ses amis étaient également unanimes les concernant. Elisa de son côté avait rejoint un groupe d'invités et s'exclamait à qui voulait l'entendre, et avec un regard vers Candy, que Tante Elroy avait bien organiser cette réception en invitant les plus beaux partis de la gente féminine de Chicago. Candy avait du mal à contenir sa colère, mais par la promesse fait à la grande Tante Elroy auparavant, elle se devait de rester courtoise et discrète.

Plus tard dans l'après-midi, elle se dirigea vers le jardin des roses, car elle n'avait pas envie de voir ce défilé permanent de politesses et de révérences d'hommes et de femmes qui ne lui correspondaient pas. Leur parfum embaumait l'air frais de ce moi de mai; ces roses si délicates qu'Anthony chérissait tant au point de leur donner son nom "sweet Candy".

"Oh Anthony, tant d'années ont passées et pourtant je ne t'ai jamais oublié...ton sourire que je retrouve parfois à travers celui d'Albert, mon Prince de la Coline...Toutes ces années à me demander qui il était, alors qu'en fait il avait toujours été près de moi. Albert, qui va certainement se marier, fonder une famille et ...m'oublier peut-être. Désolée Annie, mais je n'ai pas le coeur à faire la fête avec tous gens, je voudrais tant être un oiseau pour m'envoler vers la maison de Pony et me poser sur mon arbre."

Candy était tellement perdu dans ses pensées, qu'elle n'avait pas entendu des pas qui s'approchaient.

"Et bien Candy, que fais-ici toute seule ?" lui demanda Albert en s'asseyant à côté d'elle.

"C'est si calme ici, je ne supportait plus cet atmosphère mondain qui règne à l'intérieur." lui répondit-elle.

" Tu as raison. Moi non plus je n'ai jamais ce genre de festivités, d'autant plus quand je constate que Tante Elroy s'est évertuée à rassembler tous les plus beaux partis féminins. Toutes ces femmes qui viennent vers moi tout cela parce que je porte le nom des André, sincèrement je ne le suppporte plus. Je comprend pourquoi tu as renoncé à porter ce nom Candy; il peux t'aider dans la vie mais peux devenir un véritable fardeau, au point qu'on ne sait plus si les gens sont proches de toi pour ce que tu es ou pour ce que tu représentes. Et j'en ai encore la preuve aujourd'hui.

"Je suis sûre qu'un jour vous trouverez celle qui sera vous aimez tel que vous êtes Albert". Dit elle sans oser le regarder.

" Cela vaut pour toi aussi Candy". Même si cela me coûte beaucoup de te le dire, songea-t-il intérieurement.

"Je crois que...je crois que je ne suis pas faite pour aimer quelqu'un car à la fin, je me retrouve toujours seule...

"Oh Candy, ne sois pas si dure avec toi même. Je sais qu'un jour toi aussi tu trouveras enfin le bonheur. En attendant, voudrais tu m'accorder cette danse Candy ?"

Candy n'avait pas remarqué qu'on entendait la musique de là ou ils se trouvaient.

"Vous voulez que nous dansons ici ?"

"Oui pourquoi pas ...personne ne nous regarde, donc pas de commentaires désobligeants de la part de Tante Elroy, Eliza ou quelqu'un d'autre et pas d'assaut incessant de la part de toutes fiancées potentielles."

Candy se mit à rire en entendant ses paroles mais s'arrêta net à l'écoute des premières notes de la valse qu'elle avait dansé avec Anthony et Terry.

Albert lui tendit la main...et c'est ainsi que Candy se retrouva dans ses bras à danser ensemble pour la première fois. Elle se sentait bien, heureuse de vivre, oubliant tous ses soucis.

" C'est la première fois que je te fais danser Candy, j'espère qu'il y en aura d'autres..."

"Bien sûr", répondit-elle timidement, heureuse de danser pour la première fois avec son Prince de la Coline.

Quand la musique s'arrêta au bout de quelques minutes, ils restent ainsi à se regarder, conscient l'un et l'autre de l'attraction qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre. Ce fut les cris d'Annie qui les firent revenir à la réalité.

"Candy, Albert, venez vite. Tante Elroy s'est évanoui !"

"Oh mon dieu" s'exclama Candy.

Arrivé à la salle de bal, Albert se précipita pour rejoindre l'attroupement autour de Tante Elroy.

"Archibald, aides moi à la relever s'il te plaît. Nous allons l'emmener dans sa chambre. Candy, suis-nous également, tes qualités d'infirmière seront les bienvenues."

Une fois déposée sur son lit, Tante Elroy reprit peu à peu ses esprits.

"Comment vous sentez vous ma tante ? " demanda Albert.

"Je pense qu'elle a du faire une baisse de tension. Son pouls est un peu rapide, mais cela devrait aller mieux maintenant" dit Candy tout en tenant son poignet entre ses doigts.

"De quel droit oses-tu me toucher ainsi petite insolente ? " interrogea Tante Elroy.

"C'est moi qui lui ait demandé de venir ma Tante. Je vous rappelle que Candy est une infirmière, et une très bonne infirmière de surcroît. Elle s'est sincèrement inquiétée pour vous, mais cela vous ne pouvez pas le comprendre".

Tante Elroy leva les yeux vers Candy avec un regard plein de reproches.

"Laissez Albert, je crois qu'il vaut mieux que je m'en aille. Je vais demander à Georges de me raccompagner et en chemin, j'irais voir le Dr Martin pour lui dire de venir l'examiner rapidement. Ne vous en faites pas, je suis une grande fille maintenant."

" Oui, je sais. Je m'en suis déjà apperçu dit-il sans la quitter des yeux. Je te raccompagne"

Albert et Candy sortirent de la chambre, rassurant au passage les invités et se dirigèrent sur le péron où les attendait Georges.

"Candy, je suis vraiment navré pour le comportement de Tante Elroy"

"Ce n'est rien Albert. Elle ne m'a jamais porté dans son coeur, et malheureusement cela ne changera jamais. Pour elle, je resterais toujours la petite orpheline qui a causé la mort d'Anthony et d'Alistair."

"Candy, ne dit pas cela, s'il y a une personne à blâmer c'est bien moi. Moi seul en suis le responsable, encore une fois tu n'as pas a te blâmer pour cela. Et saches que je serais toujours là pour toi."

"Oui, je sais". " mais pour combien de temps encore" se dit-elle intérieurement.

"Georges, emmenez Candy chez le Docteur Martin et ensuite raccompagnez là à la maison de Pony."

"Entendu monsieur William."

Albert embrassa sur le front Candy pour lui dire au revoir, en essayant de ne pas laisser paraître ses émotions.

Candy, elle, fût une fois encore troublée par ce témoignage d'affection.

"Donnes-moi vite de tes nouvelles Candy, s'il te plait."

"Bien sûr, vous aussi Albert. Vous m'excuserez auprès d'Annie et d'Archibald, je n'ai pas le courage d'affronter de nouveau Tante Elroy."

" Tu peux partir tranquille Candy, je m'en occupe".

Candy monta ensuite en voiture, en faisant un petit signe de la main à Albert. Comme convenu, ils passèrent chez le Docteur Martin l'informant de l'état de Tante Elroy puis se dirigèrent à l'orphelinat. Une fois arrivée à la maison de Pony, elle embrassa Soeur Maria et mademoiselle Poney et raconta aux enfants sa journée.

Une fois dans sa chambre, elle sentit les larmes lui monter aux yeux, elle s'empressa de les essuyer d'un revers de la main. Une fois encore, elle était condamnée à un amour impossible; elle se devait d'être forte et de trouver le bonheur d'une autre façon, elle l'avait promis dans ses rêves à Anthony. D'une certaine manière, sa vie était comblée, son travail d'infirmière au nouvel Hôpital l'occupait pleinement, et l'amour des enfants de l'orphelinat remplissait son coeur. Mais il lui manquait toujours quelque chose, ou plutôt quelqu'un, qu'elle nomma tout bas dans un murmure ...Albert !

Les mois passèrent ainsi, elle s'arrangea pour ne pas passer trop de temps auprès d'Albert à chacune de ses visites car la séparation et l'ignorance des ses sentiments étaient de plus en plus difficile. Il ne s'était toujours pas marier, prétextant que son travail ne lui permettait pas de s'occuper de ce genre de détail. Elle en éprouvait une joie intérieure, espèrant que peut-être qu'un jour ...non, il fallait qu'elle oublie, de part sa promesse à la Tante Elroy et aussi à cause du fait qu'Albert l'ait toujours considéré comme sa petite soeur même si certains gestes de sa part lui faisaient parfois croire le contraire

A SUIVRE ...