AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteure.
N/T: Je suis sincèrement désolée du temps que ça a pris pour poster ce chapitre. C'est juste que ma vie a été un bordel dernièrement (et, malheureusement, c'est pas parti pour s'améliorer. -_-') Pour me faire pardonner, je vous promets le prochain chapitre avant mercredi. Hum... c'est la première fois que je n'ai pas un roman à raconter. :D
AVERTISSMENT: Je l'ai déjà mentionné au début, cette histoire contient de l'abus physique, psychologique et sexuel. Il y en a plus dans ce chapitre que dans les deux autres; ce n'est pas trop graphique mais mieux vaut prévenir que guérir, pas vrai ?
Bonne lecture. x)
Chapitre 3 : Sans espoir
Le détective Neal Johnson rencontra l'équipe en dehors des bureaux du corps policier de Las Vegas. « Vous devez être le BAU, » les accueillit-il gentiment. Son sourire ne rejoignait pas ses yeux fatigués et injectés de sang.
« Oui, je suis l'agent Jareau, voici les agents Rossi, Morgan et Prentiss, » présenta-t-elle le petit groupe autour d'elle.
Johnson fit un signe de tête. « C'est un plaisir de vous rencontrer, » dit-il. « Je souhaiterais que ce soit dans d'autres circonstances. » Il serra les lèvres, hocha faiblement la tête. « Nous avons installé quelque chose pour vous, juste par ici. » Il les guida à l'intérieur de la station, jusqu'à une salle de conférence située presque au fond.
« Il y a un ordinateur, un téléphone, un tableau pour afficher les évidences et la table, » énonça-t-il en ouvrant la porte et en s'effaçant pour les laisser entrer.
« Merci, » dit Hotch en serrant la main de l'homme. « Ce sont les dossiers, pas vrai ? »
« Ouais. » Johnson hocha la tête. « Jusqu'au dernier. »
Alors qu'il tournait les talons pour quitter la pièce, un jeune officier arriva en courant jusqu'à la hauteur du détective et murmura précipitamment quelque chose. Le visage de l'homme changea. « Ils viennent juste de trouver deux autres corps, » les informa-t-il. « À peu près à cinq, six miles d'ici. »
Hotch eut l'air dégonflé. « D'accord… Morgan, toi et Prentiss allez avec le détective sur la scène de crime. Rossi, ça ne te dérange pas de commencer à travailler sur le profil géographique jusqu'à ce qu'ils reviennent, n'est-ce pas ? » Il jeta un coup d'œil au vieil homme, qui hocha la tête. « JJ, aide-moi avec la victimologie, » dit-il lentement.
Elle tenta de lui faire remarquer qu'elle n'était pas un profileur et que la victimologie n'était pas quelque chose qu'elle avait l'habitude de faire, mais, même après que Rossi ait rejoint l'équipe, ils avaient eu de la difficulté à s'ajuster au départ abrupt de Gideon, trois ans plus tôt, pas longtemps après que le PTSD d'Elle l'ait forcée à tuer de sang-froid un violeur en série; elle hocha seulement la tête et s'assit à côté de son superviseur tout en tirant une pile de dossiers près d'elle.
Il y avait cinq enfants dans cette maison, tous âgés de moins de douze ans. Morgan regardait en secouant la tête le petit groupe qui, les larmes aux yeux, était assis sur le canapé. C'était déjà assez difficile qu'il n'y avait pas de famille pour les prendre avec eux, mais maintenant ils venaient de perdre ce qui s'y apparentait le plus.
Les parents d'accueil, Kyle et Francine Vic, avaient été assassinés en haut, dans leur chambre, comme les autres. La scène était sanglante. « Mon dieu ! Il y a du sang partout » s'écria Prentiss en entrant dans la chambre. « Ce type devait vraiment détester ses parents d'accueil ! »
« Ouais, sauf qu'au lieu de les viser eux, il tue des substituts, » marmonna Morgan, en colère.
« Peut-il qu'il a l'impression que tous les parents d'accueil sont pareils, » dit Prentiss. « C'est dans la nature du système, tu sais. Les enfants se promènent de maison en maison, parfois sans jamais en trouver une bonne. Peut-il qu'il était un de ces enfants. »
« Ça ne lui donne pas une bonne raison de tuer des innocents et de prendre des familles à ces enfants qui ont déjà été blessés, » dit Morgan en s'agenouillant devant le corps de Kyle Vic. « Regarde ces blessures, » dit Morgan. « Ce sont des blessures nettes, profondes. Destinées à tuer. Et il n'y a pas de blessures défensives. »
« Il l'a tué en premier, » dit Prentiss. « Il devait dormir… »
« Mais il y a beaucoup de coupures qui n'ont même pas saigné. » Morgan indiqua d'un geste de la main des coups de couteau irréguliers sur la poitrine et l'abdomen, desquels très peu de sang s'écoulait.
« Coups post mortem. » Prentiss hocha la tête. « Et la femme ? »
« De ce que je peux voir, il n'y en pas, » dit Morgan. « Il faudra attendre l'autopsie pour être certain. » Il soupira. « Mais je peux voir des blessures défensives… »
« Elle s'est réveillée quand son mari a été attaqué, a essayé de se défendre et a perdu, » dit Prentiss, survolant la scène d'un regard triste.
« Donc, il tue le mari en premier, parce qu'il s'agit de la plus grande menace. Mais il continue à attaquer le cadavre, même après qu'il soit mort. La femme est tuée en dernier, le meurtre est moins soigné, probablement parce qu'elle s'est défendue, » dit Morgan en regardant les deux corps.
« Et alors ? Il voit le mari comme une plus grande menace, alors il s'en débarrasse en premier, » suggéra Prentiss.
« Probablement, » admit Morgan. « Mais les coups post mortem… il le détestait. Encore plus que la femme. Le père d'accueil l'a sûrement plus abusé que la mère. »
« Il se pourrait que le père était l'abuseur et que la mère n'a jamais rien fait, » fit remarquer Prentiss.
Morgan hocha la tête lentement. « Peut-être… » dit-il en soupirant. « Je souhaiterais que ça soit plus facile. »
Prentiss acquiesça. « Toi et moi… »
Spencer était assis dans une chaise de la chambre des maîtres; il regardait le sol en balançant ses jambes d'en avant en arrière. Il entendit des pas qui montaient les escaliers et il se tendit, puis eut l'air confus lorsqu'il vit que c'était Brad qui entrait dans la chambre. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Brad soupira et s'assit sur le plancher à ses pieds. « Même chose que toi, Spence. Avec un peu de chance, il te laissera tranquille. »
Spencer cligna des yeux, fixant son frère d'accueil. « Mais, Brad- »
« Pas de mais, petit. Je suis fatigué de vous voir, toi et les filles, être maltraités, » l'interrompit Brad.
« Tu n'aurais pas dû m'arrêter, » dit doucement Spencer. « Tu ne te serais pas attiré d'ennuis si tu m'avais laissé aller. »
« Peut-être, » dit lentement Brad. « Sauf que tu aurais été ici tout seul avec le salaud et je ne peux pas te faire ça, Spencer. »
Le petit garçon soupira et appuya sa tête contre le mur derrière lui. Il y avait bien longtemps qu'il avait laissé tomber tout espoir que ce cauchemar prenne fin, mais Brad rendait le tout un peu plus supportable. Il ne voulait pas penser à ce qui arriverait une fois qu'il aurait atteint ses dix-huit ans et qu'il quitterait la maison…
Ils entendirent encore des pas qui venaient du hall et Brad se leva, protégeant le plus jeune alors que Grant entrait dans la chambre, l'air furieux. « Bouge, » gronda-t-il en direction de Brad en le poussant hors de son chemin et en ramassant Spencer. Il commença aussitôt à donner des coups de pieds et à crier. « Lâchez-moi ! » cria-t-il en essayant de donner un coup de pied à l'homme.
Une gifle donnée du revers de la main l'envoya valser sur le lit; des larmes brouillaient sa vue. « Ta gueule, » ordonna Grant, donnant un coup de pied au petit garçon.
« Laissez-le tranquille, » supplia Brad. « Il n'a rien fait. »
Grant se retourna brusquement et envoya son poing dans les côtes de l'adolescent, le repoussant ainsi sur le plancher. « Tu restes en dehors de ça, » ordonna-t-il. « Tu es le prochain. »
Brad toussait sur le plancher, essayant de reprendre sa respiration. Il pouvait entendre Grant qui grimpait sur le lit et Spencer qui pleurait. « Shh, Spencer, les voisins vont t'entendre, » dit Grant, la voix soudainement calme. Il s'empara des bras du garçon et les maintint en place. Avec son autre main, il tira le t-shirt par-dessus sa tête.
« Non, ne faites pas ça, s'il vous plaît ! » cria Spencer, se débattant sous le poids de l'homme. Ses pantalons et ses sous-vêtements suivirent le t-shirt et les larmes se mirent à couler plus vite. « Ne faites pas ça ! » supplia-t-il, sa voix se brisant.
« J'ai dit, laisse-le tranquille ! » Brad grogna; il étendit le bras et frappa Grant derrière la tête. Grant gronda et descendit de sur Spencer pour se tourner vers Brad. Il donna un coup de pied à l'ado, puis le jeta au sol en lui donnant encore un coup de pied. Le garçon toussa et se détourna, fermant les yeux pour bloquer la douleur.
Il le releva brusquement par les épaules et le lança dans la chaise du coin. « Tu t'assois là et tu fermes ta gueule, » ordonna-t-il. « Ou ce sera pire pour Spencer, compris ? »
Brad frotta ses yeux pleins de larmes et hocha lentement la tête, tellement en colère et effrayé qu'il ne savait pas quoi faire. Il ne pouvait que regarder de toute façon.
Spencer s'était roulé en boule sur le lit, des larmes plein la figure. Grant le poussa sur le dos et commença à lui parler, lui disant comment beau il était et comment méchant il avait été, qu'il méritait ça. Les larmes continuaient à couler alors qu'il essayait désespérément, éperdument de s'éloigner de l'homme.
Il sentit l'homme qui passait ses mains sur son corps, le touchant; puis ses jambes étaient écartées et il gémit. « S'il vous plaît, » supplia-t-il. « Non, Grant, s'il vous plaît ! »
Une douleur aigüe se fit sentir entre ses jambes et il sentit le sang qui commençait déjà à couler. Il cria et il se débattit, essayant sans succès d'enlever l'homme de sur lui. « Reste tranquille, Spencer, » ordonna Grant, tenant au-dessus de sa tête les bras agités du garçon. « Ça fera plus mal si tu bouges comme ça. »
Brad regardait en pleurant. Ce n'était pas juste. Ce n'était pas bien. Ils ne devaient pas avoir à traiter avec ça. Les cris de Spencer firent monter plus de larmes à ses yeux. Comment est-ce que quelqu'un pouvait faire une telle chose à des enfants ? Il savait que Nat et les filles avaient dû entendre les cris. Mais Nat ne ferait rien et, même si les filles essayaient d'aider, elles seraient punies elle aussi. Ça ne valait même pas la peine d'essayer. Brad serra les lèvres et ferma les yeux, refusant de continuer à regarder Grant abuser le petit garçon en dessous de lui.
