Hey ! Comment ça va ?

Il serait temps que je me remette un peu à bosser, les vacances prennent fin chez moi. Mais l'appel du clavier et de la console de jeu, la tentation est trop forte...

Bref, on en revient à Kido cette fois : qu'Est-ce que notre respecté prof de math pense de tout ça ?

/Les prises de parties ou les opinions dans cette fiction ne sont pas forcément les miens.\

Enjoy~


«L'indifférence fait les sages, et l'insensibilité crée les monstres.» Mais parfois la frontière entre les deux est si trouble que je me demande ce que je suis vraiment, et ce que je souhaite être en particulier.

Kido.


Kido buvait son café, perdu dans ses pensées.

Son regard divaguait au dehors, plus loin que tout ce qu'il pouvait réellement voir depuis son poste d'observation. Il se tenait appuyé contre la photocopieuse, inconscient de ce qui l'entourait, sa tasse bien chaude dans les mains : depuis cette antichambre de la salle des professeurs, on avait une vue imprenable sur l'extérieur, sur le parc à la sortie du lycée, la rue jusqu'à l'arrêt de tram le plus proche. Kido aimait venir se reposer ici durant ses heures vacantes, s'appuyer contre la photocopieuse, un café brûlant dans les mains, pour observer la vie qui s'exaltait au dehors. Des jeunes gens, des lycéens qu'il avait ou non en cours, qui se pressaient sur des bancs dans le parc, jouaient au foot en attendant la prochaine sonnerie, qui discutaient, sortaient les portables, les paquets de cigarettes, grelottaient ensemble. C'était un spectacle magique, l'oisiveté des adolescents, sages parce qu'ils étaient libres, tout simplement.

Souvent dans ce lycée on se cantonnait à croire qu'un élève était une carcasse avec un nom, des capacités, accessoirement un caractère. En tant que prof, on n'imaginait pas les élèves autrement que comme des élèves, autrement que par leur fonction. Comment ils vivent, ce qu'ils pensent, ce qu'ils aiment, ce qu'ils espèrent, tout cela lui échappait, peut-être parce qu'il enseignait les mathématiques. Les élèves pour lui, ce n'étaient que des masques avec un nom, qu'ils portaient en cours et qu'ils quittaient en même temps que la salle. Kido ne savait rien de plus que ce masque vide, ne savait rien de ces jeunes gens qui assistaient à ses cours. Et ne voulait pas le savoir.

La frontière entre le professeur et l'élève était imperméable. Eux ne voulaient pas la franchir, et lui ne le souhaitait pas non plus.

Sauf que, comme en mathématiques, pour une vérité il faut toujours une exception, et bien sûr Kido ne pouvait pas passer à côté de celle-là. C'était une belle exception, une de celles qui se faisait très vite remarquer, parce que justement elle ne faisait rien de particulier pour qu'on l'aperçoive. C'est vrai, Fudo ne faisait rien pour qu'on le voit. Il était discret, ne participait jamais, arrivait toujours à l'heure, ne cherchait pas à être le centre du monde. Il se réjouissait d'être au contraire sur sa périphérie, d'être celui qui est omniprésent et qu'on devine à tout moment sans jamais le surprendre à attirer l'attention. Il suffisait d'un instant, de l'impression furtive d'être épié à la sensation tenace qu'un regard vous scrute assidument le dos.

Fudo avait déjà des réflexes de professionnel du camouflage, tout en étant celui que personne n'ignore. Sans rien faire, il était le centre de toutes les rumeurs, de tous les murmures, de tous les regards en coin. Kido aussi, tombait dans son piège. Il se laissait entraîner par la vague, parce que par instinct, parce ques gens ordinaires aiment se jeter dans le mouvement. Les autres préféraient paradoxalement braver l'acharnement du sort, sortir vainqueur d'une lutte qu'ils n'étaient pas censé gagner. C'était cette flamme qui animait le brun dans la marche cruelle du monde autour de lui : l'égoïste désir de survie et d'aventure.

Pourtant Kido aimait croire qu'il n'était pas comme les autres. Qu'il avait son opinion, ses propres réactions, ses certitudes inébranlables. Il faisait de la résistance, réellement. L'indifférence, cachait un besoin essentiel de ne pas faire comme tout le monde, de ne pas mépriser juste parce qu'on lui avait fait comprendre que c'était comme ça. Ce n'était même pas Fudo qui avait engagé le combat : il avait tout fait pour devenir indésirable, était apparu dans la désinvolture de quelqu'un qu'on déteste. C'était juste un appel à suivre le mouvement. Il était horripilant, affreusement irritant : les autres avaient forcément raison, mieux valait le détester aussi.

C'est justement ce comportement qui avait intrigué l'enseignant ; il avait évité le piège de justesse. Il avait réussi à ignorer la haine impuissante à laquelle on l'exhortait, lentement, avait été intrigué, remplaçant sa soudaine hésitation par une indifférence parfaite.

Ce n'était que ça : il n'y avait rien de plus, pas de relative affection et rien de moins, aucun mépris né de lieux communs. Juste une superbe et totale indifférence, et le châtain en était assez satisfait.

«Mais qu'est-ce qu'il fiche là lui ?»

L'exclamation d'une de ses collègues de SES lui irrita les tympans. Une blonde squelettique qui lui avait toujours inspiré une sorte de répulsion. Il est des personnes avec qui on sait qu'on ne s'entendra pas. Kido décida premièrement de ne pas bouger, et de la laisser faire puisqu'elle avait décidé de passer ses nerfs. Il suffisait d'écouter son ton mauvais, plein de venin, pour deviner ses intentions :

«Tu sais pas lire ou quoi ? C'est écrit pourtant, n'entrez pas dans le couloir !»

Kido but une gorgée sans se détourner de la fenêtre. La sorcière avait toujours su être calme et agréable, tiens. La salle des profs se trouvaient au bout d'un couloir, auquel théoriquement, les élèves n'avaient pas accès. Ils étaient censés attendre sur le seuil du passage que quelqu'un passe pour savoir ce qu'ils voulaient. Pourtant, la voix qui eut l'audace de répondre lui sembla aussi délicieusement bien placée que glaçante.

«Si vous n'étiez pas tranquillement posée dans votre canapé vous auriez remarqué que je poireaute là-bas depuis une demi-heure.»

Ce n'était pas du persiflage comme la sorcière, mais un constat, un simple constat, qui relevait à lui seul l'absurdité de cette règle indiscutable. La blonde ne sut pas quoi dire, alors elle brailla :

«Non mais tu te prends pour qui ?! C'est à moi que tu parles comme ça ?!»

Kido posa sa tasse vise sur la table adjacente à l'imprimante en soupirant. Il était temps d'intervenir. Il sortit de la petite contre-pièce et se dirigea vers l'entrée, où déjà le brun avait remarqué son approche, et semblait se redresser.

«Je peux t'aider ?» lança-t-il d'un ton neutre en arrivant devant la porte.

«Je voulais mettre ça dans le casier de Endo-sensei, c'est le paiement pour le deuxième trimestre du club de foot.» répondit le concerné sans plus prêter attention à l'autre femme.

«C'est ton élève ?» maugréa cette dernière. «Donne-moi son nom que je lui mette une heure de colle pour insolence.»

Kido échangea un bref regard avec le jeune homme, un regard neutre, vide de sens –en tout cas, c'est ce dont il essayait de se persuader.

«Husui Reiji.»

Elle nota le nom en griffonnant sur son papier de cours et s'éloigna d'un pas triomphant. Fudo attendit de ne plus l'avoir dans son champ de vision pour lâcher un sourire sincèrement amusé, et lever un regard gratifiant vers son professeur. Kido fut pris au dépourvu : son expression à l'instant, était l'incarnation d'une compréhension immense de son monde, d'un attrait pour le cynisme lorsqu'il prenait pour cible celui qui croyait prendre. Dans ses yeux brilla une marque d'intelligence inouïe, avant d'être de nouveau englouti par l'océan bleu de ses iris. Kido se rendit compte de ce qu'il avait fait : il avait donné un faux nom. Et sa récompense, le merci du garçon, c'était ça, l'illumination brève de sa sincérité, une discrète lueur d'espièglerie.

Peut-être l'être sous le masque.

Et Kido, discrètement, imperceptiblement, répondit au sourire. Il sourit intérieurement en fait. C'était le fruit de tous ses efforts pour rester de marbre, ce sourire, la seule chose qui avait pu lui échapper en somme. La seule chose qu'aurait le brun en réponse, son regard qui devait bien exprimer l'amusement, alors que l'esprit du professeur était transpercé de mille et une pensées, d'interrogation, de constats réfléchis : pour sourire comme ça dans ce genre de situation, c'est qu'il n'y avait pas rien sous le masque, c'est qu'il y avait quelque chose sous la démarche féline, sous le regard provocateur.

Fudo n'était pas juste sulfureux et avide de combattre son monde, il était aussi délicatement attaché à cette justice qui lui échappait, riait de l'ironie parce que pour une fois, elle s'acharnait sur un autre.

Le jeune homme avait fini de sourire, et ces quelques secondes qui avaient su être une éternité pour Kido prirent fin. Kido avait de nouveau retrouvé son air impassible, et Fudo avait baissé les yeux. Il le remercia rapidement avant de s'en retourner, sans rien ajouter qui puisse faire croire qu'ils avaient échangé quelque chose. C'était sans doute cette réserve qui rendait cet instant mystique ; sans le moindre mot, Kido en restait persuadé, Fudo était un garçon intelligent.

L'indifférence, ça lui avait totalement échappé sur ce coup-là, il avait juste suivi son instinct.

C'était sans doute dangereux d'ailleurs. Le brun était un prédateur. Il ne fallait pas baisser sa garde, jamais. Trop tard n'est-ce pas ? Kido venait de faire le premier dans la direction qu'il redoutait ; il marchait vers un terrain d'entente. Il soupira, décidant d'arrêter sa réflexion là où elle en était ; il fixait la silhouette de son élève qui s'éloignait depuis un peu trop longtemps maintenant. Il rentra, retourna à sa photocopieuse, s'appuya calmement à nouveau, perdit son regard derrière la fenêtre. Il n'était pas tombé dans le mouvement de la haine, avait préféré l'indifférence à la bêtise humaine et en était fier. Mais il commençait à se demander s'il ne préférait pas l'insensibilité à cette sensation aussi étrange que familière de picotement dans le ventre. Il avait le sentiment que quelque chose allait bientôt heurter sa vie de plein fouet, et tout bouleverser.


L'air froid, c'était vivifiant.

Après avoir passé sa journée entre quatre murs, à étouffer dans une chaleur sèche sans pouvoir rien y faire, sortir faisait du bien. Le vent glacial attaquait ses joues rouges et son nez bravait fièrement la tempête. Il faisait déjà nuit noir. Les gens se bousculaient sur le quai, alors que lui s'éloignait du train qui allait repartir. Il n'avait pas envie de suivre la foule ce soir, il voulait rester en retrait, commencer à marcher lorsque la rue serait de nouveau déserte. Il se tint à l'écart en attendant que l'assemblé se dissipe, et fixa le monde qui filait autour de lui. Comment tous ces gens pouvaient être pressés de rentrer chez eux ? Il se dit que c'était parce qu'ils devaient avoir une gentille famille qui les attendait dans leur chaud et chaleureux chez-eux. Oui, ça devait être ça.

A nouveau, le quai fut déserté. Seuls subsistaient ceux qui attendaient le prochain train, pressés sous les arrêts illuminés, en quête d'un soleil artificiel quelconque. Kido reconnut sous un lampadaire le corps svelte de Fudo, son imper bleu de travail sur lui, ses journaux dans les mains, éternellement. Il jonglait avec un ballon de foot, son sac sur ses épaules, semblait s'appliquer, ne s'arrêtait que pour tendre un journal à quelqu'un qui passait et qui ne le prenait jamais. Qui prenait encore des journaux le soir ? Il devait avoir froid, sans écharpe, avec un simple coupe-vent en guise de manteau. Kido le regardait souvent, en rentrant chez lui le soir, ou en allant au lycée le matin. Il ne pouvait s'empêcher de le fixer du coin de l'oeil, de surveiller ses mouvements, parfois de compter combien de journaux il avait réussi à distribuer.

Qu'est-ce qu'il pouvait bien cacher sous son air désinvolte, sous son allure d'éphèbe, derrière ses yeux bleus malicieux ? Il était si mystérieux, sous ses traits insolents, Kido devait se l'avouer : il était avide de savoir, de découvrir. Ce devait être son esprit de scientifique, de chercheur ; Fudo Akio était un problème qu'il mourait d'envie de résoudre.

Mais Kido avait peur de passer la frontière tacite, la fameuse frontière qui séparait les élèves des professeurs. C'était toute une diplomatie. Il y avait certaines choses qu'il ne pouvait pas se permettre de faire, ou de dire, même de penser : même s'il était violemment intrigué par le brun, il y avait des questions à ne pas poser, des phrases à ne pas dire. Jouer l'indifférence quand on n'aspire qu'à rencontrer quelqu'un, c'était un jeu aussi dangereux que salvateur. Il devait continuer à viser juste pour ne pas tomber ni dans le dédain platonique ni dans le personnage qui cache assurément quelque chose. Doser juste. Car dans le fond, l'indifférence n'était qu'une issus qui ne mènerait à rien ; le choix de ne pas faire de choix.

Mieux valait-il la tranquillité de l'ignorance ou l'excitation de la recherche ?

Son instinct scientifique le poussait vers cette mystérieuse équation, vers cette espèce d'anomalie magnétique qui allait assurément lui faire découvrir un monde inexploré. Mais sa raison, en tant qu'homme, en tant qu'adulte, et la moralité, le poussaient à rester prudent, dans le chemin tracé par les courants, par ceux qui ignoraient très bien les jeunes hommes, s'en passaient allègrement. Fudo était un élève, et lui son professeur.

Ils n'étaient pas du même monde, ni même de la même espèce. Il y avait les élèves. Il y avait les professeurs. On s'en portait à merveille.

Soudain, il remarqua que le jeune homme esquissait un mouvement vers lui pour lui lancer son ballon. Kido dut faire appel à de vieux réflexes pour la réceptionner, et l'immobilisa à ses pieds : depuis combien de temps le jeune homme savait qu'il était là ? Alors qu'il était caché dans l'ombre d'un abri ? Le jeune homme lui fit signe de renvoyer la balle.

Kido réagit sans réfléchir, tira pour que le brun la récupère, jongle un peu avec, avant de le regarder de nouveau, avec insistance. Il devait approcher n'est-ce pas ? Kido quitta son coin sombre en soupirant et entra dans l'auréole de lumière orange sous laquelle Fudo jouait au foot.

«Vous m'épiez depuis longtemps, sensei ?» lança l'adolescent dans un sourire narquois en lui renvoyant le ballon.

Kido la rattrapa, calmement, et le lui retourna une nouvelle fois.

«Vous jouez bien.» fit remarquer le brun.

«Je jouais avant même ta naissance.»

Le regard du jeune homme le fit plisser les yeux : était-ce une lueur moqueuse, ou bien une manifestation de curiosité dans ses iris azurés ?

«Je voulais dire que vous jouiez bien pour quelqu'un qui n'a pas dû toucher un ballon de foot depuis son lycée.» se justifia le brun en fixant l'objet qui jonglait entre ses jambes fines.

Il avait raison, encore une fois, et cela stupéfia le professeur. Comment pouvait-il le savoir ?

«Je disais ça comme ça.» répondit-il à sa question muette.

Kido détourna le regard, pas par gêne, mais pour faire croire à de l'agacement, puisque c'était le seul comportement que le jeune garçon ne décryptait pas aussitôt, et même, croyait sincère. Le garçon s'arrêta. Il bloqua son ballon sous son pied droit et resta immobile un instant, regardant droit devant lui comme s'il avait perdu la notion du réel. Et puis il revint à lui, releva ses yeux bleu de gris vers l'enseignant, un souffle blanc s'échappant de ses lèvres. A quoi pensait-il ? Cette énigme.

«Bonne soirée.»

Kido avait laissé passer ça, juste un phrase dite comme ça, peut-être bien par politesse, peut-être plus par habitude. Et il allait se remettre à marcher; rentrer chez lui, à la fenêtre de sa cuisine, de là d'où il avait une vue sur le quai. Voir à partir de quelle heure le garçon allait se décider à appliquer sa formule et rentrer chez lui se reposer. Pourtant il fut interrompu par la poigne ferme et fragile à la fois de l'adolescent sur son bras, au niveau du coude. On aurait dit qu'il menaçait de disparaître comme un fantôme, et que cette prise l'ancrait dans la réalité. Ils n'avaient jamais eu de contact à bien y penser ; ça lui faisait froid dans le dos et chaud dans le torse, ça lui coupait le souffle.

«Sensei, j'aimerai vous offrir un café.»

Tout de suite, le châtain pensa aux conditions de leur première rencontre. Tout de suite, les codes et les lois édictés, "voyez ce que je suis et jugez-moi sur ces trois minutes communes à nos existences" parce que c'est ainsi que tout le monde fait.

«C'est vrai, vous ne devriez pas prendre la peine d'essayer de me connaître, passez votre chemin et suivez la foule, après tout, j'ai renversé votre café sur votre écharpe et je ne suis même pas désolé. Pourtant, j'ai l'impression que vous résistez au mouvement ; vous m'intriguez autant que je vous intrigue, avouez-le.»

Kido mit un instant à comprendre que ce qu'il venait d'entendre, c'était Fudo qui l'avait dit. Il avait eu l'impression qu'une voix dans sa tête le lui disait d'elle-même, parce que c'était la partie "admise" du théorème. Et puis ce discours lui avait sonné comme l'histoire de quelqu'un d'autre. La façon dont Fudo avait parlé, c'était de quelqu'un d'autre.

«J'ai envie de prendre un café avec vous.»

Kido ne sut pas quoi répondre. Il n'avait jamais imaginé tomber dans ce genre de situation, et n'avait jamais imaginé aucune réaction possible.

«Il est un peu tard pour prendre un café.»

Il s'étonna lui-même de sa répartie, simple et efficace. Parfois ça avait du bon d'être pris au dépourvu : on se découvrait capable de mener une conversation correctement.

Ou bien c'est parce que c'était Fudo.

«Ça ne me dérange pas d'aller boire un verre.» répondit ce dernier.

Il souligna sa proposition d'un sourire espiègle, le genre qu'on ne devait pas faire à un homme mature lorsqu'on était un jeune adolescent qui sent bon le lait au chocolat et le shampoing à la fraise. Kido sourit franchement cette fois. C'est ce décalage entre ce qu'il disait et ce qu'il essayait de cacher, ce qu'il montrait et ce qu'il tentait de taire, qui l'intriguait. Un paradoxe, une équation vivante. Subtilement, un appel à être exploré.

«Rentre chez toi, je doute qu'on te serve quoi que ce soit d'autre qu'une grenadine.»

Son ton avait été involontairement affectueux. Et moqueur. Ou était passée son indifférence ? Fudo lâcha son bras en souriant et c'est comme si à l'endroit de sa main s'était creusé un vide intersidéral. Fudo rangea ses journaux dans son sac et se pencha pour prendre son ballon dans ses mains. Lorsqu'il se releva, son regard parut indescriptible à Kido. Pire que mystérieux, tout simplement, ce regard échappait à toute logique humaine.

«On peut aller boire une grenadine aussi. » proposa-t-il, joueur.

«Vas dormir.»

Fudo sourit en fixant ses pieds et finit par redresser la tête pour le regarder dans les yeux.

«Vous accepterez de boire quelque chose avec moi un jour ?» s'enquit-il.

Kido entama un pas vers l'extérieur du cercle de lumière créé par le lampadaire.

«Au revoir, Fudo.»

Fudo soupira avec amusement alors que Kido sortait définitivement. Il resta un moment dans l'ombre, sachant que le garçon le voyait encore, et n'esquissa un pas que lorsque le brun se dirigea vers le bord du quai. La clochette annonça un train très bientôt. Kido s'éloigna définitivement.

Il avait un peu trop vacillé ce soir, trop penché dans une fosse redoutée de ce qui n'était pas la haine des gens. Etait-ce vraiment grave ? Il se posa la question. Il avait envie d'essayer, l'amitié platonique ne pouvait rien faire de mal, et en même temps, il avait peur de ce qui allait advenir. Le sentiment que les choses allaient changer ne le quittait plus.

N'être ni plus un sage, ni plus un monstre, mais pire, bien pire.


Ohohoh !

Est-ce que Fudo aurait déjà réussi à se faire "voir" du professeur, sans même le savoir ?

Le prochain chapitre sera en PoV Fudo, bien sûr, et nos deux zigotos vont commencer à mettre le doigt sur ce qui cloche.. Suspens ?

En attendant, merci d'avoir lu, n'hésitez pas à reviewer et profitez à fond de ce week-end ! Rendez-vous dimanche prochain pour le chapitre 3 !

Ciao~ :D