Les ailes de la Rébellion :

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Elle se dépêcha pour rejoindre le repère. Elle galopa jusqu'à la ville abandonné, passant par les quartiers pauvres. Elle se remémorait les paroles du commandant et réentendait cette voix sans appel. Elle jeta un regard en direction d'une famille démuni, tenant un bol de soupe pour quatre. Elle s'arrêta devant eux et vit la maigreur des enfants, mais surtout celle des parents qui devaient énormément jeuner. Elle descendit de son cheval après avoir frénétiquement cherché une substance comestible dans ses poches. Elle trouva un paquet de gâteaux et un morceau de pain. Elle s'approcha ensuite de cette petite famille et leur tendit la nourriture. Elle leur sourit faiblement, et en ressues un en retour. Les enfants prirent le morceau de pain et plantèrent leurs dents dedans. Elle s'abaissa et caressa tendrement la tête de la petite fille qui rit faiblement. Magalie se redressa par la suite et détourna le regard. Elle serra les dents et les poings et retint ses larmes de dévaler ses joues.

Non, il était trop tôt pour pleurer. Elle se devait en garder le plus possible pour le jour de leur victoire. Elle remonta sur son fidèle animal sous les regards questionneurs des parents qui l'avaient vu trembler. Elle les rassura d'un sourire qui se voulait doux. Mais son regard plein de mélancolie la trahit assez rapidement. Elle allait s'en aller, mais une petite main la retint en tirant sur son pantalon. Elle regarda vers le bas et pu y voir la petite fille avec son petit frère se cachant derrière elle. La petite tenait une marguerite dans sa petite main frêle et semblait la tendre vers la chef de rebelle.

« C'est pas beaucoup, commença-t-elle, mais j'espère que ça vaut le pain et les gâteaux ! »

A ce moment-là, Magalie cru vraiment qu'elle allait pleurer. Elle avait envie de serrer la petite dans ses bras. De la prendre et de la réconforter, d'inventer un monde que pour eux, que pour ces familles qui voyaient encore un ciel bleu là où il était gris. Elle voulait faire une île pour ces personnes qui voient l'espoir même l'lorsqu'il a disparus. Elle prit la fleur qui lui était tendus et sourit. Elle ébouriffa la tête de ce si gentil enfant. La petite rigola à ce contact. Pourquoi une petite fille comme ça devait-elle vivre ça ? Pourquoi vivait-elle dans un monde si hostile que ça ? La misère. Elle le voyait chaque jour, et pourtant, elle arrivait encore à sourire. Magalie sauta de son cheval et attrapa l'enfant, se mettant à genoux pour être à sa hauteur. Elle serra l'enfant de toutes ses forces et laissa ses larmes rageuses couler pour de bon.

« Quel est ton nom ?

-Marie.

-Un jour, Marie, je te le promets ! Un jour, ce ciel gris disparaitra et le soleil reviendra ! Un jour, tu pourras retrouver ta maison et tu pourras manger à ta faim. Pourras-tu attendre jusque-là, Marie ?

-Oui !

-Tan mieux alors. »

Elle lança un regard confiant en direction des parents qui regardaient la scène d'un air impuissant. La mère était en train de vider ses yeux remplis de larmes sur les épaules de son homme qui ne savait que faire de plus que de la serrer contre lui.

« Je vous le promet à tous ! Un jour, ce monde resplendira comme avant ! »

Repris la leader. Elle se releva et essuya ses larmes d'un revers sec de la manche. Elle lança un regard dur et déterminé à cette famille démunie, accompagné d'un sourire franche. Elle accrocha la fleur à la poche de son manteau long qui fouettait dans l'air. Ses cheveux violacés flottaient dans le vent qui s'engouffrait dans les boucles anglaises qui formaient la fin de sa chevelure. Ses yeux violet exploraient les ruines ou les maisons qui se trouvaient derrière. Puis, ils revinrent sur les enfants et la famille présente. Elle déclara soudainement d'une voix sûre.

« Ne vous en faites pas, prochainement, tout ceci sera finit et vous pourrez retrouver votre habitation. Les murs du château tomberont et nous pourrons enfin nous venger du roi et de ses soldats ! Le ciel redeviendra bleu car les coups de feu qui le rendaient gris auront disparus. La guerre prendra fin ! Et nous pourrons enfin vivre en paix comme nous l'avons si souvent rêvé ! Vous verrez, le monde nous tendra les bras. Je le jure sur ma position de chef de la rébellion ! D'ici quelque mois, quelques semaines, voire même, quelques jours, nous reprendrons le contrôle ! Pouvez-vous attendre jusque-là ? »

Ils restèrent d'abord sans voix. Puis, la femme consulta son mari d'un regard faible. Ils sourirent de façon commune, puis tournèrent la tête vers Magalie. Ils acquiescèrent ensuite. La leader n'attendit que ça pour remonter sur son cheval. Elle leur fit un signe de la main avant de partir au grand galop. Elle passa par les anciennes portes qui ouvraient la ville du Sud. Elle traversa les décombres et ruines. Elle regarda une maison s'écrouler tout doucement et activa le galop. Elle descendit devant une énorme butte de terre et toqua contre une porte verte vernis. Celle-ci s'ouvrit et elle y pénétra suivit de très près par son cheval gris pommelé. Elle l'emmena aux écuries qui se trouvaient sous la terre. Elles étaient justes en face de barrières en marbre et craie blanc. Derrière ces barrières, se trouvait un carré de verdure où un rayon de soleil filtrait pour venir réchauffer des marguerites. C'était bien le seul endroit où l'on pouvait y voir l'astre du jour et le ciel bleu aux nuages blanc. En vérité, le trou se trouvait à l'extérieur des murs. Le repère se trouvant sous le sol, il se trouvait entre le mur et l'extérieur. Donc entre la guerre et la pollution grise des armes et la paix à l'air si pure. La brèche se trouvant ainsi à l'extérieur, on pouvait y voir le soleil. Sur les côtés de ce carré, d'autres barrières s'y trouvaient, dans le même style que près des écuries. Plus en profondeur, se trouvait un couloir entre le sombre et le lumineux. Et au fond de celui-ci, se trouvait une porte vernis.

Arrêter la musique.

Quelques années auparavant :

Une petite d'à peine douze ans s'entrainait à manier un couteau. Elle fonçait sur les mannequins de mousse présents avec une férocité extrême. Elle les trouait, les déchiraient de tous les côtés. Pourtant, la professeur qui la surveillait vint derrière elle et lui bloqua le poigné au moment où elle allait de nouveau frapper.

« Que fais-tu ? » Lui glissa-t-elle à l'oriel.

La petite grogna et se dégagea le bras. Elle lui dit d'un ton qui se voulait hautain mais qui n'était autre que rageur, qu'elle s'entraînait tout simplement. La plus grande tourna la tête négativement et lui dit qu'elle ne s'entraînait pas. Qu'elle était tourmentée par quelque chose qui faisait qu'elle ne faisait rien comme il le fallait. La petite lâcha alors l'arme blanche qu'elle tenait et dit d'un ton rageur en se retournant vers son ainé.

« Qu'en sais-tu d'abord ?! Tu n'es pas à ma place ! Tu ne sais rien de ce que je peux penser ou ressentir ! Si je te dis que je ne suis pas tourmentée et que je m'entraîne juste normalement, alors crois-moi, bordel ! » Elle se tut en recevant un baffe de son mentor, ce qui la mit à terre. La plus grande s'abaissa à son niveau pendant que la plus jeune se relevait tout en tenant sa joue rougie par le coup porté.

« Je ne te connais peut être pas assez pour pouvoir te juger, c'est vrai. Mais de là à ce que tu en viennes à dire que je ne sais pas ce que tu ressens, ou même que je n'y connais rien, ça, je ne peux tout simplement pas le tolérer ! Cette guerre, je la vie comme toi ! Je souffre tout autant que toi ! J'ai mal vois-tu, mon cœur saigne à chaque fois que je vois une maison s'écrouler, à chaque-fois que je vois une famille s'enfuir de leur domicile, qui menace de tomber et parce qu'ils n'ont plus d'argent. Parce qu'ils ont peur de la mort, peur d'être tué par ces soldats, qui défendaient autrefois leur pays ! »

Puis, elle marqua une pause et retint quelque larmes. Elle regarda cette fillette qui ne disait rien et se contentait de l'écouter en écarquillant les yeux.

« Je pleure…. A chaque fois que je vois un enfant laissé à lui-même. Ou bien….Une fillette, seule, sans famille, sans toit. Une enfant qui a perdu son innocence en voyant la mort et les cadavres. Une pauvre gosse qui, même en hurlant de toute ses forces, n'a pas été entendue. Une enfant à qui on a pris son enfance, une pauvre fille qui s'est fait salir par ses hommes cruels. Elle pleurait, ils riaient. Elle les suppliait d'arrêter….Ils ne faisaient rien et la torturait encore plus. Je sais, il n'y a rien de pire….Pour une femme….Ou bien….Pour une enfant, que de se faire violée. »

La petite regarda le sol un moment, avant de se jeter dans les bras de son mentor. Elle pleura pendant un long, très long moment. L'ainée ne dit rien, se contentant de caresser tendrement les cheveux de l'enfant. Elle serrait le dos de la petite, froissant ainsi sa veste. Elle cramponna ses doigts au tissu, de peur que la fillette ne s'en aille.

Puis, elle réfléchit. Elle se dit que cette guerre prendrait fin et que justice sera enfin faite ! Elle se le jura à elle-même. Puis, doucement et tendrement, elle relâcha sa prise. La petite s'était visiblement endormie, trop affaiblit par ses pleurs. Elle lui caressa tendrement le front et y déposa un baiser tendre. Enfin, elle l'amena dans sa chambre et déposa la petite sur son lit. Elle partit de la chambre de l'enfant et se dirigea vers la sienne. Elle prit d'abord bien soin de refermer la porte en jetant un regard tendre et plein de compassion à cette pauvre petite fille, à qui la mort avait tout pris.

Elle s'allongea sur son lit une fois dans sa chambre et laissa son âme divaguer. Elle avait tellement fait pour toutes ses personnes qui formaient son groupe de rebelle. Elle ferma se tendres yeux et se laissa bercer par le silence qui l'emportait vers le sommeil réparateur.

Dans l'instant présent :

Magalie attendit quelque instants après qu'Aglaé ne lui ait expliqué ce qui se passait. Elle se trouvait dans la salle commune autour d'une grande table ronde. Aglaé connaissait par cœur cette salle. Après tout, c'est ici qu'elle avait appris à se battre et les règles essentiels à savoir lorsque l'on est rebelle. Aglaé se trouvait là, entourée de son équipe, attendant une réponse venant de sa supérieure. Quatre ans avaient passé depuis qu'elle était arrivée ici et elle avait maintenant quatorze ans. Son âge, certes jeune, ne la handicapait en rien. Même si elle n'était née il y a seulement quatorze ans, elle connaissait la rue par cœur. Elle connaissait le sang des soldats, la perte d'une famille, d'un équilibre, d'un foyer. Elle était forte, et elle le montrait. Elle était, pour les rebelles de son âges, une sorte de model, model qui restait tout de même assez flippant de temps à autre, mais model quand même.

La fillette n'avait certes seulement quatorze ans, elle restait une leader, ayant ça dans le sang, ayant ça dans l'âme.

Magalie réfléchissait, elle se leva de sa chaise et se plaça de dos à l'équipe de petits rebelles et se mettant ainsi face à un cadre photo la représentant avec toute son équipe au grand complet, mais ne contenant tout de même pas la petite Aglaé, arrivée après la prise de cette photo. Et dans ses rangs, une magnifique femme aux longs cheveux de couleur cuivrés, tenant dans ses bras un enfant encore sous une couverture et se tenant aux côtés d'un homme tout aussi beau, brun, souriant à pleine dents, les yeux fermés, caressant la tête de son enfant. Tous, sur la photo portait l'uniforme constitué d'une veste de cuir noir avec dessus, le blason de la rébellion, c'est-à-dire un lynx noire se tenant sur ses deux pattes arrières, sur un fond blanc. Un pantalon blanc assez simple et des dizaines de poches contenant toutes sortes de cartouches et petites armes, ainsi que deux poches à pistolets ou à fusils placé sur le haut des cuisses avec à l'intérieure du manteau, quatre autres poches pour y mettre des couteau ou des petits calibres.

Seule Magalie portait un uniforme différent. En effet, à l'instar de la simpliste veste en cuir, elle, elle portait un long manteau de cuir, bougeant au grés du vent et allant parfaitement avec ses longs cheveux se finissant en boucles anglaises et ses yeux violacés.

Elle ne bougea pas et resta en face de ce cadre, l'admirant sans doute pour la centième fois. Elle dit alors au groupe de partir en patrouille dans la ville et de la prévenir du moindre changement. Ils feraient tous une descente dans pas longtemps. Mieux valait avoir quelques munitions et vérifier si les militaires ne seraient en aucun cas présent. Aglaé hocha la tête en signe d'acceptation et partit après avoir fait un salut. Tout le groupe s'en alla, sauf la jeune fille à la tresse châtain qui se devait de dire quelque chose à Magalie.

« Ils ne reviendront pas, tu le sais ça. »

Pas de réponse, elle ne voulait en aucun cas répondre. Elle avait trop de mal à l'accepter, pourtant ça faisait depuis maintenant quatre ans que la jeune fille aux cheveux cuivrés de la photo était morte et deux semaines que l'homme brun à ses côtés, son mari, l'a suivi. Mais par contre, leur fille, elle ne savait pas ce qui lui était arrivé. Surement morte, après tout, qui sait. Magalie resta dans son mutisme, mais se ressaisit et expliqua d'un ton vide et sans une seule émotion.

« Aglaé, ne reviens ici, que dans quatre jours. Et avec des soldats, s'il te plait.

-Vivant ou mort ?

-Mort. Et laisse en deux en vie, si tu en trouves assez.

-Bien. »

Aglaé s'en alla rejoindre son équipe, soufflant d'ennui et de lassitude après avoir fermé la porte. Cette mission s'annonçait longue et chiante.

Magalie se retourna vers une salle vide et s'assit sur une des chaises autour de la table ronde. Elle posa ses coudes contre le bois et mis sa tête dans le creux de ses mains, devenues fébriles et moites. Elle souffla longuement, ravalant quelque larmes avec difficulté. Et ce ne sera que lorsqu'elle entendit la porte du fond du couloir claquer, qu'elle a laissé ses perles d'eau s'échapper librement.

Quelque temps auparavant :

Une jeune fille de vingt ans s'était assise devant sa coiffeuse, remontant ses cheveux violet clair et les attachants à l'aide de pinces. Elle réfléchissait aux actions menées il n'y a pas si longtemps. Le roi venait tout juste de faire venir son armé dans l'enceinte de son château. Elle se demandait tout naturellement pourquoi, mais elle avait l'impression qu'elle était seule à ce poser cette question. Bizarrement, le sentiment que quelque chose allait mal tourner, restait graver dans son esprit, et ne semblait visiblement pas vouloir partir de sitôt. Elle souffla lacement, se poser des questions comme celles-ci n'était vraiment pas bon pour elle, surtout si ça commençait dès le matin. Soudainement, quelqu'un toqua à la porte. Elle se releva alors de son petit siège en velours violet, finissant cette fausse contemplation dans sa glace. Elle arriva devant la porte d'entrée qu'elle ouvrit sur une grande femme de son âge, tenant dans ses bras, une couverture, recouvrant une enfant, encore bébé. Elle était suivit de son mari qui souriait à pleine dent, comme à son habitude. Elle les fit tout deux entrer, retrouvant soudainement le sourire.

Ils étaient tous les trois posés autour de la table basse se trouvant dans le salon, discutant de tout et de rien, prenant des nouvelles des uns et des autres, rigolant de bon cœur aux blagues de l'un ou de l'autre. Consolant le bébé qui pleurait tout son soul pour obtenir, ne serait-ce qu'un biberon de lait à l'heure, ses parents, n'étant pas très fan du temps et de son respect. Puis, vint la discussion plus ''politique''. La jeune mère, avait remarqué que son amie d'enfance était en quelque sorte, « préoccupée », en tout cas, elle en donnait vraiment l'impression. Elle lui demanda alors ce qui la tracassait, jouant avec ses mèches rousses cuivrés. La violette répondit simplement qu'elle se méfiait de ce qui se tramait au palais. Le couple se consulta, avant d'acquiescer de façon synchrone. Visiblement, elle n'était pas vraiment seule à le penser, ce qui la rassura quelque peu. Mais, comme pour faire écho à leur dire qui commençait à s'élever sur le sujet, un coup de feu retentit dans la rue voisine. Ils se sont alors tous précipiter en dehors de la maison pour voir ce qui se passait. Et là, devant eux, un spectacle des plus effroyable leur faisait face. Un enfant, à terre, pissant le sang, avec des parents suppliant les gardes qui le piétinait en rigolant, de le laisser partir pour pouvoir le soigner. « Les forces de l'ordre » explosaient de rire en ruant le pauvre gosse de coups de pieds, devant une foule des plus outrée. Les parents de ce pauvre petit garçon suppliaient presque à genoux. Puis, les gardes s'emparèrent de l'enfant qui n'était maintenant plus qu'un cadavre, et le balancèrent du haut du pont, sous le cris de douleurs et de désespoirs de la mère et du père.

Magalie en restait clouée au sol, elle ne pouvait plus bouger un seul de ses membres. Elle ne pouvait croire ce qui venait de se passer, ce qu'elle venait de voir. Elle aurait aimée courir vers ses gardes fous et les abattre ou les ruer de coups jusqu'au sang après leur avoir tiré dessus et les jeter du pont juste après. Mais hélas, le courage lui manqua, elle aurait aimée, oui. Mais, le courage lui manqua. Auprès d'elle, le brun et mari de la rousse poussa légèrement l'épaule de Magalie, et la rouquin prit son amie par l'épaule. La jeune femme restait dans un état de choc et ne bougeait visiblement plus. Elle avait les yeux grands ouverts, écarquillés par l'horreur, ils regardaient le vide. Ce vide qui remplaçait le paysage si clair qui lui manquerait plus tard.

Une fois ramenée chez elle, la mère qui se trouvait s'appeler Alia, lui apporta une tasse de thé bien chaude. Adrien, le père, l'avait recouverte d'une couverture. C'était comme si elle c'était éteinte très ou même trop soudainement. Puis, au contact de la tasse chaude que lui tendait Alia, Magalie se réveilla d'une longue veille assez étrange et peu rassurante. Elle sortit de son mutisme infernal pour le jeune couple en bredouillant un tout petit : « Désolé, j'ai été choquée. ». Les deux jeune se regardèrent en souriant, puis dirent simplement à Magalie que tout allait bien maintenant, et qu'ils ont eux aussi été très choqués. Ils parlèrent donc un peu de la scène et rassurèrent la violette claire en lui disant qu'ils finiront bien par être alertés et qu'ils paieraient pour ce crime plus qu'adieux.

Magalie hocha la tête en acquiesçant vaguement ces paroles dites. Ils seraient arrêtés, c'était évident. Alors pourquoi avait-elle l'impression que tout allait basculer du jour au lendemain ? Que tout allait définitivement changer et que plus jamais elle ne connaîtrait la paix ?

Et elle avait bien raison, car le pire restait encore à venir.

Retour à l'instant présent :

La leader des ''Lynx'' c'était assoupie sur la table en bois. Elle avait croisée ses bras sur le plateau et y avait encrée sa tête. Elle avait été recouverte par une veste des rebelles formant son groupe. Celle d'Aiden, plus particulièrement. Il l'avait vue pleurer dans son sommeil et frémir. Elle avait d'ailleurs finit par se calmer sous les tendres caresses que le jeune homme lui prodiguait sur le dessus de sa tête. Puis, il avait vu une chair de poule gravir les bras semi-nus de la jeune fille et lui avait donc mis sa veste sur son dos. Aiden regardait sa chef dormir paisiblement, le faisant ainsi sourire. Il avait hésité à la réveiller lorsqu'il était entré dans la pièce et qu'il l'avait vu pleurer. Il savait très bien qu'elle était fragile dans le fond et qu'elle avait vécue des choses horribles. C'est d'ailleurs pour cela qu'il avait décidé de la protéger à tout prix. Après tout, il était son cousin. Puis, il se leva et lui fit un bisou sur le sommet de son crâne. Il la vit bouger un peu, se recroquevillant ainsi, toujours plus. Puis, il quitta la salle avec un sourire sur les lèvres et un tendre regard en direction de sa cousine qu'il considérait comme sa petite sœur de deux ans de plus que lui.

Un peu plus loin, entre les murs et la forêt :

Eren galopait derrière ses supérieurs, suivit de Mikasa et d'Armin qui se demandaient si le choix de leur commandant restait le bon. Puis, ils tournèrent tous les trois la tête vers Rivaille qui semblait ne pas se poser de questions et galopait sans vouloir s'arrêter. Derrière eux, Jean, Connie, Sacha et même Christa, suivaient le groupe d'un air septique, se demandant presque s'ils ne devaient pas faire demi-tour et rentrer chez eux, loin de tous ces fous. Erwin, était tracassé, ça se voyait à ses yeux qui regardaient à peine l'horizon et qui semblaient désintéressés à tout ce qui se passait autour. Hanji, elle, était comme à son habitude, très surexcitée et impatiente d'arriver. Elle se plaignait néanmoins, de ne voir aucun titans depuis qu'ils étaient partis, mis à part deux déviants que Rivaille avait mis à terre sans scrupule, d'après elle. Ils avaient aussi rencontré deux titans que l'on pourrait classer de ''Normales'', et toujours abattu par le caporal, rendant ainsi la chef de brigade, plus que colérique.

Puis, ils arrivèrent à proximité de nouveaux murs, cela se voyait avec le pique rocheux que l'on apercevait à l'horizon. Et aussi avec l'air d'Erwin qui semblait si soudainement plus serein et plus heureux aussi. Ils approchèrent très rapidement des murs en question et se positionnèrent tous devant la porte. Ils levèrent la tête vers les sentinelles, et y virent un homme plus que surpris, mais plutôt agréablement et semblant un tantinet inquiet. Il fit un signe qui ouvrit la porte géante gardant le mur fermé. L'escouade d'Erwin et de Rivaille entra dans l'enceinte des murs, et furent rejoins par le sentinelle. La porte se referma derrière eux, et l'homme commença sa présentation.

« Enchanté, je suis Gayanne, un rebelle du groupe des ''Lynx''. Le groupe de Magalie si vous préférez. »

Personne du groupe ne parla, surement trop étonné que cet homme leur fasse confiance aussi rapidement. Comprenant leurs inquiétudes, le jeune repris en souriant et en tendant sa main vers Erwin.

« Ne vous en faites pas, Magalie m'a parlée de vous. J'étais censé vous amenez à elle si jamais vous daignez à venir. Pour être franc, on n'y croyait pas trop. Mais je suis content de constater que l'on avait tort ! Enfin, du moins, j'espère. J'espère que vous n'êtes pas venu aider les autre. »

Erwin sourit et rigola un petit peu en prenant la main tendue de l'homme et le rassura quelque peu. Puis, une fois que tous les soldats furent détendus, et mis à l'aise, Gayanne leur expliqua qu'il ne pouvait malheureusement pas les accompagner comme il en était prévu et les dirigea donc à l'aide d'un plan. Il leur dit aussi qu'une certaine « Aglaé » était en mission et qu'il pouvait être dangereux qu'ils la rencontre elle et son équipe sans accompagnateur et qu'ils devaient donc faire grandement attention.

L'escouade était arrivée à ce qui semblait être un cul de sac. Visiblement, Rivaille savait tout faire sauf grandir et lire une carte. Comme le disait si bien une certaine Hanji, maintenant ruée de coups et rigolant tout de même à plein poumons. Erwin sourit un peu nostalgiquement en voyant ces deux-là se battre pour la énième fois depuis bien longtemps.

Puis, alors qu'ils restaient tous près de la pierre grise pour reprendre le plan de zéro, ils entendirent tous des bruits de pas. Et sur le mur qui formait l'impasse, une fillette qui ne devait pas avoir plus de quatorze ans, pointait un fusil en direction du front d'Erwin. Et en une fraction de seconde, ils se firent encercler d'enfants du même âge que la première, tous armés jusqu'aux dents. Seule la fille aux cheveux châtain était sur le muret infranchissable, elle semblait d'ailleurs commander les autres. Sa veste était noire, contenant un blason au fond blanc et au lynx noire se tenant sur deux pattes arrière. Son pantalon était blanc et enfin, son uniforme contenait diverse poches, contenant des armes de toutes sortes. Elle portait le même uniforme que les autres.

« Merde ! » Prononcèrent en cœur les soldats, faisant sourire de façon carnassier la petite.

« Alors, bande d'enfoirés, à qui je fais sauter la cervelle en premier ? » Dit-elle en réajustant son arme.