Disclaimer : Les personnages appartiennent à Marvel. L'histoire, elle, est à moi, et j'ajoute que je ne touche rien pour l'écrire. Modeste bénévole.
Pairing : Tony/Loki.
Résumé : Anthony Stark, aka Iron Man, n'aime personne d'autre que lui-même. Sa vie, il en contrôle le moindre détail. Les méchants, il sait comment les stopper. Sauf Loki Laufeyson. Ça ne devait être qu'un simple sauvetage de l'Univers. Ce qui va en découler ne faisait pas du tout partie de ses plans.
Note(s) : Merci à Gwenhifar et whitangel19 pour leurs reviews ! Désolée, ce chapitre et plus court que les précédents, mais il représente une petite transition, pause sentiments et psychologie des personnages oblige.
On en revient à Tony, un peu mal en point, un peu déprimé, sous le point de vue de Steeve. En fait, je vais souvent faire ce genre de choses, un bout d'histoire parlant de Loki ou Tony, et sous le point de vue ou en compagnie d'un autre Avengers – ou non. Petit aparté avant d'en venir aux retrouvailles.
Voilà, sur ce, bonne lecture !
DIAMONDS , RIHANNA.
III – PRAYER, SAY MY NAME.
Tony.
Steve le regarde parfois de loin. Comme un ami fidèle, un frère loyal, une épaule présente, il le surveille, l'épie, non pour l'accabler, pas le moins du monde. Oui, il s'inquiète, parce que Tony n'est plus vraiment le même depuis la destruction de New-York, et qu'il a un peu de mal à comprendre pourquoi.
Plus renfermé, plus taciturne, il s'enferme dans ses ateliers le jour durant pour n'en ressortir que la nuit venue. Il parle à peine aux autres, qui circulent et se retrouvent souvent à la Tour Stark, et Steve sait que ce n'est pas par indifférence ou mépris. Quelque chose lui ronge l'esprit.
Cette nuit là, il attend dans la pénombre d'une salle commune et seul son mince reflet dans la grande baie vitrée surplombant la terrasse pourrait le trahir – tout comme l'IA de Stark, mais c'est là un problème auquel il ne préfère pas penser, car non maitrisable. Il entend la musique, bruyante et dérangeante au possible, cesser dans l'atelier. Steve retient son souffle lorsque Tony passe à quelques mètres de lui, sans le voir dans la pénombre. Même ainsi, le soldat parvient à discerner les cernes violacés qui marquent ses yeux et l'anxiété et la fatigue qui alourdissent ses traits. Comme s'il portait toute la misère du monde sur ses épaules. Le voir ainsi lui serre le cœur. Il aimerait lui dire que tout va s'arranger, mais il ignore encore pourquoi il semble si accablé.
Steve le voit prendre une bouteille de whisky dans le mini-bar, qu'il ouvre et dont il avale une longue gorgée au goulot. Il grimace à peine sous la brûlure de son œsophage. Il finit par la reposer et semble hésiter sur la manière d'agir. Dans la clarté lunaire, Steve voit bien que le masque que Tony porte chaque jour – milliardaire je-m'en-foutiste, playboy philanthrope au venin bourré de sarcasmes - n'est plus en place ce soir. Peut-être pour la première fois depuis qu'ils se connaissent, il découvre le vrai visage de Stark. Un gars paumé, seul, las. Un peu comme eux tous, en fait.
Tony, d'un pas hésitant, comme si une certaine raison le sommait de rebrousser chemin, avance vers la terrasse, sa bouteille finalement en main. Lorsqu'il ouvre la baie vitrée, c'est un vent froid de Septembre qui l'accueille et le fait s'arrêter un instant. La ville est belle, en contrebas. Toujours en reconstruction. Là-bas, un immeuble éventré est devenu un lieu touristique prisé. On y appose les photos des Avengers et celles d'un Loki emprisonné, enchaîné, et les touristes poussent toute la journée des « Ooh! » et des « Aah! » qui lui donnent envie de vomir.
Steve sait que les monstres immenses des Chitauris sont passés au travers de cet immeuble. Le Maire veut le laisser à l'état, pour que les gens comprennent la menace qui a pesé sur eux, pour qu'ils savent ce que les Avengers ont faits pour eux. Ils auraient dû tous se sentir flattés. Cela n'a pourtant fait que renforcer un malaise déjà présent chez eux.
Tony détache son regard des ruines et avance un peu plus, pour se retrouver sur le rebord. Un instant, Steve a peur. Il tend ses muscles, se prépare à bondir au cas où, fait même un pas hors de l'ombre. Mais, le milliardaire se contente de boire à nouveau et de lever les yeux vers les étoiles. Son regard change, le soldat le voit bien. Il semble en colère, amer, et il pose une main d'un air absent sur l'endroit, près de l'ark et de son cœur, où la volonté du Tesseract s'est insinuée en lui.
Alors, il comprend. Steve sait ce qui se passe. Tony ne s'est pas encore remis de l'influence exercée sur lui par le Tesseract. En plusieurs semaines, le soldat aurait pourtant pensé que les gestes et paroles étaient oubliées. Les Avengers ne lui avaient jamais rien reproché, l'avaient même pardonné, et leur amitié ne s'en était que consolidée. Après toutes les épreuves qu'avait traversé Stark, Steve aurait pensé que celle-ci serait bien vite oubliée.
Peut-être s'était-il passé autre chose ? Loki l'avait peut-être torturé ? Il ne savait pas vraiment quoi en penser. Selon les dires vagues de Clint, le Dieu des Mensonges ne lui avait fait aucun mal. Il l'aurait libéré tôt ou tard. Étrange, on ne tentait pas de contrôler le monde ainsi, en étant serviable et indulgent face à ses ennemis – c'est du moins ce qu'il pensait. Clint et Tony restaient muets lorsque des questions leur étaient posés sur cette période de contrôle du Tesseract sur eux. Cela avait un peu inquiété les autres, mais pas assez pour qu'ils approfondissent les recherches. Cependant, quelque chose clochait vraiment.
Il décida qu'il en avait assez vu. Steve décida de s'éloigner, quittant lentement et discrètement sa cachette. En un dernier coup d'œil par-dessus son épaule, il vit les yeux brillants de Tony, tournés vers le ciel, son visage décomposé. Il entendit très distinctement les mots du milliardaire, semés par le vent, mais ne s'arrêta pourtant pas. Cela aurait été pire.
Loki, Loki, Loki. Comme une litanie, une prière. Tony, les yeux brillants de larmes, suppliait le ciel, l'assommant du nom de l'Asgardien.
Les choses étaient bien plus graves qu'il n'aurait pu le penser.
A jeudi pour la suite ; ) N'hésitez pas, une review = un auteur heureux !
