À nouveau un grand merci pour les reviews, notamment aux anonymes comme BlackSheep et anne onyme puisque je n'ai pas pu vous le dire directement. Non seulement il est vrai que ça fait vraiment plaisir, mais en plus ça me met la pression et me donne envie de m'améliorer. Que du bon, donc !

Sinon j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout autant.

Allez, bonne lecture.


CHAPITRE TROIS

Depuis plus d'une semaine, Sasuke est dans le coma.

Après quelques jours de récupération qui m'étaient indispensables, traduction j'ai surtout dormi comme un loir, j'ai envoyé un clone sur le lieu du combat pour récupérer des informations mais, malheureusement, il y avait déjà des soldats ennemis sur place. J'ai quand-même pris le risque de me glisser discretos jusqu'à l'endroit où j'avais ramassé Sasuke et j'ai récupéré son sabre, je crois qu'il y tient beaucoup. Puis j'ai abandonné la place tout en me maudissant de n'avoir pas été fichu de m'occuper de ça plus tôt. Imbécile, va.

Sasuke est toujours sous bonne surveillance, même si d'après le spécialiste en la matière il n'est plus en danger, le problème principal restant le retard de sa sortie du coma. Actuellement, son état est stable, il a été très agité et a beaucoup déliré les premiers jours, puis il s'est calmé. Syndrome de sevrage, à ce qu'en dit le chef. Tous les jours, je change ses draps et le lave, et Ritsuke s'occupe des soins médicaux. Même si je n'y connais pas grand chose, je suis admiratif devant son travail, il mérite bien sa réputation en tant que de médic-nin.

Dès que ce sera possible, il faudra se dépêcher de passer la frontière, la nouvelle de l'assassinat de ma cible s'étant rapidement répandue et le pays étant en pleine agitation.

J'ai envoyé un message à Konoha pour les mettre au courant de la situation et des ninjas du pays voisin sont venus chercher la tête que j'avais ramenée, témoin de la bonne exécution de ma mission. Une équipe médicale viendra nous récupérer à la frontière du pays du feu, dès que je les aviserai de notre arrivée.

Assis sur le perron de la maison, je contemple le paysage montagnard qui s'offre à mon regard.

Nous sommes dans une région agricole, couverte de champs de thé et de haricots qui s'étendent presque à perte de vue, captant le soleil dans leurs feuilles. Entre les différentes plantations, de petits boisements délimitent les espaces cultivés et procurent de l'ombre aux paysans, accompagnés à certains endroits d'abris sommaires aménagés pour leur repos. Plus loin, sur un coteau, paissent quelques troupeaux, paisiblement, agglutinés les uns contre les autres. Enfin, encore au delà, le terrain devient escarpé et descend brutalement pour disparaître face au mont rocailleux qui s'impose sur la région, celui-là même qui marque la démarcation avec le pays voisin. Un vent frais balaie les environs, courbant devant lui les rares arbres isolés qu'il croise et levant la terre du sentier qui marque le chemin du village le plus proche. Fermant les yeux et penchant la tête, je laisse un petit souffle me caresser la nuque. L'atmosphère de ce lieu invite au recueillement. Je me verrais bien passer une petite retraite tranquille ici à élever des moutons, vivant simplement, respirant cet air pur...

Je rigole et me met à farfouiller dans mes poches. Ah, une vie saine, loin des guerres et des conflits de ce monde, à suer un travail pépère en accord avec la nature et à tapoter le cul des bêtes... Je sors de mon pantalon l'objet que je viens de rouler avant de sortir puis souffle un petit katon dessus pour l'allumer. J'inhale une première bouffée, profonde, avant de laisser retomber mon crâne contre la porte en arrière. La froide sérénité de ce paysage m'étreint et je me laisse divaguer sur le sens de ma présence en ce lieu... et les possibles répercussions de mes actes sur l'avenir.

Ce que j'ai fait.

N'ai-je pas arraché à une mort imminente un être qui n'attendait pourtant qu'elle ?

J'aimerais penser que j'ai eu raison mais je n'en suis vraiment pas convaincu et, plus que tout, je redoute la réaction qu'il pourrait avoir. N'est-on pas libre de choisir de vivre ou de mourir ? De quelle forme d'égoïsme ai-je fait preuve ?

Je rejette une bouffée dans les mèches qui me retombent dans les yeux.

Et, que s'est-il passé ? Toujours et encore ces mêmes pensées qui me retournent la tête. Contre qui s'est-il battu, qui étaient ces gens qui sont morts là bas, pourquoi portait-il cette tenue, qu'est-ce que c'était que ces marques de piqûres sur ses bras ainsi que toutes ces cicatrices parsemant son corps... ? C'est l'entraînement avec Orochimaru qui en est responsable ?

En plus de la marque maudite sur son cou, il a maintenant le même tatouage que cette crevure sur son avant bras, celui qui permet d'invoquer les serpents. Il porte dans sa peau tant de changements...

Tu étais devenu tellement fort, comment as-tu pu te faire blesser ainsi ?

Ritsuke remonte de son escapade au village voisin, un sac de provisions sur l'épaule, le pas alourdi par sa charge.

- Naruto...

- Hmm...

- Qu'est-ce que tu fous, c'est comme ça que tu surveilles le terrain ?

- ... Mais... De quoi je me mêle ?

- Et puis je croyais que « jamais pendant les missions » ?

- Oh, j'ai dit ça, moi ? Je ne m'en souviens pas, tiens. Tu sais ce que c'est : la mémoire...

Je lui lâche un sourire ironique, puis écrase mon herbe et retourne m'asseoir au bord du lit de Sasuke.

Endormi, il ressemble toujours au jeune garçon que je connaissais, son visage affichant un air candide et enfantin. Un air tellement fragile... Sa respiration est calme, régulière, paisible, même s'il faudra encore longtemps pour qu'il puisse récupérer de son poumon blessé.

Je crains le moment où il reprendra conscience, alors je rabats mon masque et ma capuche comme je le fais généralement lorsque je suis près de lui. Je m'y retranche aussi pour cacher plus facilement mes émotions. Je suis mal à l'aise de me montrer faible comme je le suis actuellement.

Ma réputation risque d'en prendre un coup. Je ricane en moi même.

Ritsuke entre à ma suite.

- Alors, comment se porte la belle aux bois dormants ?

- Bof, pas mieux pas pire, il ne s'est pas réveillé en tout cas.

- Ça viendra, va, ne te fais pas de bile. Bon, j'ai des nouvelles fraîches du front, ça te dis ?

Rêvassant encore, mes yeux ne quittent pas le visage de mon ami.

- Hmm... ?

Il hausse les sourcils et recule un peu sa tête, dans une expression d'étonnement et de léger reproche.

- Et alors ? Tu t'es définitivement installé dans la déprime ou quoi ? Ça ne t'intéresse pas ce que je te raconte ? Petit rappel : tu es encore en mission, sinon je ne vois pas ce que je foutrais ici dans ce trou paumé avec toi. On fait plus sympa comme vacances.

Je me tourne vers lui, agacé.

- Alors, vas-y, accouche, c'est quoi ton scoop ?

- Primo, t'as laissé des traces en ramassant ton ptit copain, on s'en serait douté, hein, un corps qui se volatilise, comme ça, au beau milieu d'un champ de bataille, il y a plus discret, c'est sûr.

- Et...

- Bon. Comme ils ne sont pas trop débiles, en face, et c'est bien dommage, ils ont compris qu'il devait y avoir un blessé grave et que quelqu'un d'extérieur à l'armée de ce pays devait l'avoir transporté pas trop loin, sinon ils en auraient eu des échos. Et comme cet évènement est très proche, à la fois géographiquement et dans le temps, du meurtre dont tu es responsable... Ils vont fouiller sérieusement les environs... du genre vers ici, ça coule de source.

- Et ils seront là dans combien de temps ?

- Bien assez tôt, mon poussin, va falloir s'organiser fissa pour passer la frontière et emporter la princesse avec nous.

- Allez, arrête, t'es lourd.

Il rigole.

- C'est toi qui est morose comme tout, oui. Bon, et de deux, ils ont identifié les cadavres restants...

- ...

- Ce sont tous les trois des subordonnés d'Orochimaru.

- ... Donc, si on se fie à tes informations, on peut penser que soit ils étaient à la recherche de Sasuke et ils se sont battus, soit ils s'étaient alliés et ils ont rencontré un gros os.

- Ouais, enfin je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse, puisqu'au moins deux sur les trois qui sont morts étaient à ce que l'on m'a dit connus pour être hostiles à Mister Serpent.

- Hmmm...

Sans me retourner, je pose ma main sur celle de Sasuke, contre moi, et lui serre doucement les doigts.

- Bon allez, prépare toi, on va lever le camp. Il va falloir bien s'occuper de notre malade.

Il ressort.

J'appuie mon front sur une main et ferme les yeux. Alors, s'ils étaient alliés, ils n'ont pu que se diriger vers Itachi Uchiwa, comme l'aurait voulu Sasuke, à moins qu'ils aient eu autre chose à régler entre temps. En tout cas, à voir la blessure qu'avait le premier garçon, je mettrais ma main au feu qu'elle a été faite par cette brute épaisse, là, Kisame Hoshigaki, ça correspond tout à fait à ses caractéristiques. Peut-être qu'ils se sont pris une raclée par ce type... mais la lame qui a ouvert le flanc de Sasuke est d'un tout autre genre. L'arme de quelqu'un d'autre. Peut-être celle de son frère... Ce serait à cause de ça que tu ne voulais plus vivre ?...

Perdu dans mes pensées, je ne prête plus attention à ma main qui tient toujours les doigts de Sasuke quand ... oui, un léger frémissement s'est produit, je me retourne vivement pour le regarder.

Deux perles noires me fixent.

Une boule prend place et descend lentement dans ma gorge.

Sasuke...

Il est réveillé.

Inconsciemment, je presse plus fort ses doigts dans ma main et mon cœur se met à battre à toute allure.

L'égarement peut se lire sur son visage. Il pose ses yeux sur moi, sans apparemment comprendre ce qui se passe. Ses pupilles se déplacent lentement et détaillent les éléments qui caractérisent ma tenue, celle qui marque mon appartenance à Konoha. Que comprend-il de la situation ?

Au bout d'un certain temps d'observation, il détourne son regard pour le laisser courir dans la pièce, sur les murs, les meubles, la fenêtre, la lumière blanche derrière les rideaux, le lit où il est allongé, les tuyaux qui sont encore branchés sur lui, puis il refond sur moi, plongeant profondément dans les fentes où sont tapis mes yeux.

Il est en train de sortir doucement d'une longue absence, il doit essayer de retrouver des repères, de se souvenir de ce qui s'est passé... J'ai peur de sa réaction, j'ai peur qu'il m'en veuille de ne pas l'avoir laissé mourir...

Cependant son regard est calme, teinté seulement d'une certaine interrogation, comme s'il essayait de sonder mon âme à travers la barrière rigide de mon masque.

Subitement, il resserre brièvement ses doigts contre les miens, comme s'il voulait être certain de leur présence ou se donner du courage puis, d'un geste vacillant, il les lâche et commence à lever le bras vers moi, lentement, presque au ralenti, s'approchant dangereusement de mon visage, avançant peu à peu ses doigts jusqu'à frôler la matière froide qui m'isole encore de son regard.

Complètement figé sur place, dans l'incapacité d'esquisser le moindre mouvement, je sens avec effroi ses doigts glisser sur mon masque, le caresser de leur pulpe, s'approcher dangereusement de son rebord puis, l'atteignant, continuer leur chemin jusqu'à se glisser à peine dessous, effleurant ma peau, me communiquant la chaleur de leur contact...

D'un bond, je me lève. Je panique complètement. Sa main tendue vers moi reste suspendue en l'air et il affiche une expression de stupéfaction plus nette encore. Il écarte un peu plus ses paupières et entrouvre les lèvres. Il semble tellement innocent, à ce moment, et moi je ne sais que me défiler et me refuser à son regard.

Tournant les talons pour aller chercher Ritsuke, je me mords les lèvres quand j'entends le faible souffle de sa voix.

- Naruto ?

Je frémis... et passe la porte sans me retourner.

Rejoignant rapidement Ritsuke, je pose une main tremblotante sur son épaule, ce qui a pour effet de l'interrompre immédiatement dans ses préparatifs et de l'amener à se retourner vers moi d'un air interrogatif.

- Il s'est réveillé.

Laissant d'un coup là ses activités, il retourne du pas pressé du bon docteur qu'il est vers son patient, moi le suivant sur ses talons.

Arrivé dans l'encadrement de la porte, je m'arrête et m'appuie d'une épaule et de la tête contre l'un de ses montants, bras croisés.

Mon collègue s'approche du lit de Sasuke et commence à l'ausculter. Complètement hagard, il se laisse faire.

- Alors, ça y est ? De retour parmi les vivants ?

Quel tact...

- ...

- Alors, mon nom est Ritsuke, je suis médic-nin. Je suis allié à Konoha pour une mission, avec le ninja qui se planque là bas.

Je fais la moue.

Sasuke glisse son regard de son médecin vers moi.

- ...

- Il t'a trouvé gravement blessé, mourrant même, alors il t'a ramené ici.

- ...

- Tu es resté plusieurs jours dans le coma. Comment est-ce que tu te sens ?

Il replonge ses yeux dans ceux de la personne qui lui a posé la question, puis les repose sur moi.

- ... Naruto ?

À nouveau, je frémis. Mon collègue se tourne vers moi et m'adresse un petit sourire.

- Bon, essaye déjà de t'asseoir, voir si tu le supportes, puis on tentera de te mettre debout, il va falloir bouger rapidos de cette planque. Allez !... Mets-toi assis.

Après quelques secondes à essayer d'intégrer la situation, Sasuke va, non sans grimacer, pousser sur ses bras pour se relever péniblement et s'adosser au mur en haut de son lit, avant de soulever les draps qui le recouvrent pour rechercher la cause de la douleur qu'il vient de ressentir. Des bandages lui enserrent une bonne partie de la poitrine, finissant par s'enrouler autour de son épaule.

- Bien. Tu as été touché au poumon mais la plaie est propre. Essaye de respirer un peu sans l'oxygène pour voir.

Et il lui enlève le tuyau qu'il avait dans le nez.

Bon sang, il ne peut pas s'arrêter d'être brusque comme ça !

Alors qu'il se retrouve à devoir prendre ses premières bouffées d'air simple, l'angoisse se répand sur ses traits, puis au bout de quelques instants il se calme et hoche doucement de la tête. Il souffle :

- ... Ça ira.

Rapidement, mon collègue lui enlève la perfusion qui était encore plantée dans son bras et le fait pivoter d'un coup pour l'installer au bord du lit, les jambes pendantes.

- Allez, debout.

J'ai envie de protester contre ce traitement un peu raide pour un malade qui se réveille à peine d'une semaine d'inconscience mais je ne veux pas que Sasuke m'entende, alors je me la ferme, non sans trépigner d'énervement.

Restant on ne plus attentif à ce qui va se passer, je le vois se rapprocher doucement du bord du lit puis se laisser glisser pour toucher le sol de ses pieds. Des gouttes de sueur sont apparues sur son front et il a pris une belle teinte blafarde. J'ai l'impression de voir un petit garçon perdu et non pas le jeune homme fier et arrogant que je connaissais.

Au moment où il prend appui sur ses pieds, ses jambes lâchent et il commence à tomber au sol, je m'y attendais tellement que je suis déjà là pour le retenir tout en fusillant Ritsuke du regard.

Avec un sourire goguenard, il me dit :

- Bon, tu t'occuperas donc de le porter sur le trajet. Prépare-toi, on décolle dans une demi-heure.

Et il retourne finir ses bagages.

Je me suis accroupi et enserre doucement Sasuke qui est à genoux au sol. Il s'est réfugié dans mes bras, semblant toujours aussi paumé, n'étant certainement pas aidé par le refus de réponse de ses jambes à l'instant. Relevant la tête, il plonge l'encre profonde de ses yeux dans les miens, me regardant comme s'il attendait quelque chose de ma part...

Je me sens fondre. Je passe doucement une main dans ses cheveux pour le rassurer et outrepasse mes résolutions d'il y a peu en lui chuchotant :

- Ça va aller.

Cette fois, il se fige et me scrute plus intensément encore, allant chercher dans les fentes de mon masque un signe ou un détail qui lui donnerait la confirmation de ce qu'il a déjà compris.

Se resserrant contre moi, il baisse alors son visage et ferme les yeux.

- Naruto.

Maintenant je me sens calme, serein. Je l'entoure encore un peu de mes bras et repose mon menton contre le dessus de sa tête. Je suis bien.

Ça va aller, maintenant, crois moi, ça va aller.

Alors que je me laisse aller à cette douce sensation de quiétude, échappant malgré ma retenue un léger soupir d'apaisement, un souffle infime parvient à mon oreille.

- Je... suis mort... Pourquoi je... je suis... là ?

Ces mots, à peine audibles, ne me sont probablement pas destinés. Pourtant ils me brisent. Ce que je redoutais vient d'arriver. Je me sens mal. J'ai honte. Je ne sais même pas quoi lui répondre.

Alors je me tais.

Au lieu de me repousser comme il le devrait, il se blottit contre moi, enfonçant ses épaules entre les miennes, comme s'il recherchait de la chaleur humaine. Sa joue vient naturellement se caler contre ma poitrine et son oreille repose contre les battements de mon cœur.

... Au bout d'un moment, Ritsuke nous rejoint non sans tirer la tronche parce qu'on se tient toujours dans la même position et qu'on a en effet rien foutu de ce qu'il avait demandé.

- J'y crois pas...

Puis, agacé, il se met à préparer lui même nos affaires, tout en me lançant périodiquement quelques regards assassins et en faisant beaucoup de gestes brusques et autant de bruit que possible. Je décide alors de bouger et aide Sasuke à enfiler une tenue plus adaptée à notre sortie imminente, puis je le fais grimper et l'attache au mieux sur mon dos. Je suis à nouveau étonné par la façon dont il se laisse faire. À peine installé contre moi, il s'agrippe immédiatement à mon cou et y enfouis sa tête. Il a eu du mal à me lâcher et on dirait qu'il tient à me sentir contre lui. Que recherche-t-il ? C'est pourtant à cause de moi qu'il est encore là.

Doucement, je pose une main sur la sienne et lui chuchote :

- Ça ira ? Tu vas pouvoir tenir le coup ?

- ... Hm.

- Sasuke ?

- ...

- On rentre à Konoha, tu en es conscient ?

- ...

- Dis quelque chose...

Un souffle incertain frôle mon cou.

- ... Je ne sais pas...

J'essaye de ne pas trembler. Je ne veux pas qu'il se rende compte de l'émoi dans lequel je suis.

- Tout se passera bien, je les ai déjà prévenus, OK ?

- ... Hm.

- Sasuke...

- ...

Je lui serre encore une fois la main avant de la relâcher. C'est tout ce que je sais faire.

Ritsuke m'attend.

- Alors, on a fini les papouilles, on va pouvoir y aller ?

- Ben tiens, ça faisait trop longtemps que tu n'avais plus dit d'âneries, ça me manquait presque.

Il rigole.

- Allez, on bouge.

- Hm. OK. Allons-y.

Alors qu'un vent frais vient me chatouiller les chevilles, je ferme les yeux et m'imprègne une dernière fois de la paisible atmosphère de cette retraite d'altitude qui nous a permis de nous retrouver, même si le jeune homme fragile qui réchauffe mes épaules semble bien différent de celui que j'avais connu.

Au delà de cette montagne, là bas, se trouve la route vers le pays du feu. Et si je sais que cette voie est la meilleure qui s'offre à nous, la seule peut-être, je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine crainte à l'idée du retour.


à suivre.