Chapitre :

Le temple des brumes

Auteur : Shizuka Kurai

Genre : shônen ai, darkfic, léger cross-over avec Wolf's rain, X et Kingdom Hearts (KH pour les intimes)

Série : Gravitation

Pairing : Yuki Eiri / Shindô Shûichi

Disclaimer : Persos de Maki Murakami pour ceux de Gravitation, de Disney et Square Enix pour KH, de Clamp pour X et de Nobumoto Keiko pour Wolf's rain

Commentaires : Désolé de l'attente, mais je suis en plein déménagement et je suis allée faire les maïs, donc j'ai eu peu de temps pour écrire. Mais ça ne m'a pas empêché de réfléchir à mes histoires, et là, en plein milieu du champ de maïs, je me suis mise à rire de mon méga coup de génie. Je ne savais pas comment introduire la « force » qui possède Shuichi, pour que ce soit clair pour vous lectrices et lecteurs. Et j'ai eu une illumination, là, en plein milieu de ma rangée, sous le soleil battant d'été. MWAHAHAHAHA !! Je suis trop géniale !! Enfin bref, héhéhé, je vais coucher mon idée sur papier… heu… nan… sur le pc et bientôt, vous comprendrez… Mais bon, c'est pas encore pour ce chapitre, désoulééééééé !! Allez, bonne lecture !

Ah oui, et pour répondre à mes différentes reviews :

- à Dimi-chan : oui, la créature noire est bel et bien un Sans-cœur, tiré donc de Kingdom Hearts

- à Laku-san : bravo, tu as bien deviné que le loup venait de Wolf's rain. La créature noire vient donc de Kingdom Hearts comme expliqué ci-dessus, un excellent jeu vidéo (adapté en manga par la suite mais pas sorti en France, mais le jeu oui), et dans ce jeu, le héros, Sora, accompagné de Donald et Dingo, se baladent à travers les mondes de Walt disney en rencontrant des perso de Disney mais aussi de Square Enix (comme Cloud ou Séphiroth de Final Fantasy 7).

- à tous : merci pour vos reviews, ça m'encourage pour la suite (j'avais vraiment peur que personne n'aime cette fic du fait de l'étrange cross-over que je fais. Je ne savais pas trop si les fans de Gravitation connaissaient Kingdom hearts et s'ils ne connaissaient pas, j'avais peur que ça les fasse fuir.)

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Résumé du chapitre précédent : Alors qu'ils se retrouvent pris dans un violent orage au beau milieu de la forêt, Shuichi et Yuki tombent nez à nez avec un loup et une étrange créature de ténèbres. En fuyant les deux monstres qui engagent un féroce combat, Shuichi est blessé…

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Chapitre III : La menace

Aussitôt, l'écrivain souleva l'artiste et alla l'installer au pied d'un arbre. Le feuillage ballotté par les rafales de vent n'offrait qu'un piètre abri contre le déluge qui s'abattait sur eux, mais c'était toujours mieux que rien pour s'occuper du musicien. Eiri le débarrassa de son sac à dos en prenant garde de ne pas accrocher la branche, puis il agrandit un peu le trou dans le vêtement de Shuichi. Le bout de bois semblait assez profondément enfoncé, et le romancier se demandait comment faire pour l'enlever sans risque. Au moment où il s'apprêtait à le faire, le gamin se réveilla avec un grognement plaintif.

- « Shuichi ! » s'écria le blond, soulagé de le voir reprendre conscience.

- « … Yu… ki… »

- « Ne t'inquiète pas, je vais t'enlever la branche et on va trouver ce refuge, le rassura l'écrivain en caressant doucement sa joue. On n'est plus très loin, maintenant, c'est ce que tu as dit, non ? »

- « Je… Je sais pas… si je pourrais me retrouver à partir d'ici… Yuki… »

- « Courage, tu vas y arriver ! Te laisse pas aller surtout ! »

Eiri posa alors sa main sur la branche pour la retirer mais Shuichi l'arrêta dans son geste.

- « Je sais que ça va faire mal, mais laisse-moi faire, Shu… »

- « Non, Yuki… réussit à prononcer le musicien. Si t'enlèves la branche, je vais me mettre à saigner, et si je perds trop de sang, je pourrais pas marcher. Alors si tu veux pas être obliger de me porter, laisse cette branche là où elle est, et aide-moi à me lever… »

- « Demo… » hésita le blond, un peu surpris de l'assurance calme du musicien dans une pareille situation.

- « Tu me soigneras quand on sera à l'abri… »

Perplexe, le blond hésitait à obtempérer au conseil de son amant. Cependant, il devait se montrer réaliste : avec le poids des sacs, et même s'ils en abandonnaient un ici, il ne pourrait pas porter le chanteur jusqu'au refuge. Car tout à l'heure, lors de leur dégringolade, il s'était blessé lui aussi. Certes moins gravement, mais sa cheville droite l'élançait méchamment.

- « … Bon… céda le romancier. OK. On y va alors. »

Le blond alla ramasser son sac ainsi que celui de Shuichi, vida un peu plus l'un des deux en laissant les choses inutiles, comme une cafetière ou un paquet de préservatifs, sur place, puis il fit enfiler le plus léger au chanteur, avant de prendre l'autre.

- « Yuki… Regarde… » fit le musicien quand Yuki voulut l'aider à se relever.

Le romancier leva alors les yeux et là, il vit un autre loup. Celui-ci était plus petit que le précédent. Il portait 4 bracelets en métal argenté à la patte droite et son pelage d'une jolie couleur noisette le faisait plus ressembler à un gentil toutou qu'à un grand méchant loup. Et de fait, il n'avait pas l'air agressif pour deux yens. Bien au contraire, son regard semblait… presque inquiet, et comme l'autre loup, terriblement humain. Un peu comme ce jeune garçon au doux regard qui se dressait à présent devant eux. Mais où était passé le loup ? Soudain, Yuki remarqua les bracelets à son poignet droit.

- « Masaka… » souffla-t-il, estomaqué.

- « Heuuuu… Yuki… C'est moi qui rêve ou bien… le loup s'est transformé en garçon ? » questionna Shuichi d'une voix incrédule, en fixant l'adolescent debout devant lui.

De grands yeux noisette, des cheveux châtains coupés au carré, une chemise rouge sombre, un pantalon kaki et des boots style militaire, voilà comment le garçonnet était habillé, et voilà ce que voyaient les deux amants.

- « Dans ce cas-là, je rêve aussi, Shuichi… confirma Yuki. Parce que je vois la même chose… »

- « En tout cas, il a pas l'air méchant, on dirait… » fit le musicien d'une voix légèrement tremblante qui montrait qu'il essayait plus de se persuader que c'était un gentil loup, qu'il n'y croyait réellement.

- « Ouais, ben, j'ai pas vraiment envie d'attendre qu'il nous attaque pour savoir s'il est gentil ou pas, dit le blond sans détourner les yeux du garçon-loup. On va se lever doucement, sans geste brusque et on va se casser. »

À leur grand étonnement, le jeune homme loup sembla peiné de leur suspicion à son égard. Malgré la pluie qui ruisselait sur ses joues, Eiri crut apercevoir une larme perlait au coin d'un de ses yeux. Avait-il donc compris ce que disaient les deux humains ? Bah, après tout, s'il pouvait devenir humain, pourquoi pas ? Mais l'écrivain n'avait guère envie de le savoir, et était plutôt pressé de se mettre à l'abri. Sans un mot, le loup sembla se ressaisir, et il leur adressa un sourire avant de reprendre sa forme animale. Il fila ensuite dans une direction, et s'arrêta quelques mètres plus loin, semblant les attendre.

- « On le suit, Yuki ? demanda le musicien. On dirait qu'il veut nous montrer le chemin. »

- « "Nous montrer le chemin " ? Tu prends pas un peu tes rêves pour des réalités là ? Comme si un loup pouvait… »

L'écrivain s'était tu en voyant apparaître un nouveau loup. De ses yeux beaucoup plus incisifs que ceux du jeune mâle à ses côtés, il fixait le blond d'un air menaçant. Ce loup gris à la cicatrice en forme de croix sur le torse semblait vouloir protéger l'autre. Pour apaiser la situation qui se tendait de plus en plus, Shuichi demanda au jeune loup :

- « Tu veux nous aider, c'est ça ? Tu sais où le refuge ? »

Manifestement heureux que le chanteur ait compris ses intentions, le petit loup hocha la tête en sautillant gaiement. Yuki se dit que cette bestiole lui faisait penser à un certain chanteur en mode canin, mais il chassa vite cette pensée pour se concentrer sur la situation. Que faire ? Les loups ne semblaient pas hostiles, et de toute façon, au point où ils en étaient, rien ne pouvait vraiment être pire. Le blond interrogea son compagnon du regard, et celui-ci lui répondit d'un hochement de tête positif. Eiri l'aida alors à se relever en passant un bras sous ses épaules, et ils suivirent les deux loups à travers la forêt.

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L'orage au-dessus d'eux ne cessait de s'intensifier, et la pluie tombait toujours plus drue. Ses gouttes glacées transperçaient la peau comme autant d'aiguilles acérées, frigorifiant les deux humains qui peinaient de plus en plus à avancer. L'un, à la toison dorée, boitait sévèrement, et l'autre semblait en plus piteux état encore, du sang glissant doucement le long de sa jambe. Shuichi avait de plus en plus de mal à rester debout et il pesait à présent de tout son poids sur son compagnon. La pluie glaciale n'arrangeait la baisse de température de son corps déjà opérée par sa perte de sang. Ses membres s'engourdissaient rapidement, et son esprit avait de plus en plus de difficultés à rester lucide. Il se sentait lentement sombrer vers l'inconscience, mais il savait qu'il ne pouvait pas se laisser aller à sa fatigue. Pas maintenant. Ils étaient presque arrivés ! Il fallait qu'il tienne. S'il abandonnait maintenant, il savait qu'il allait mourir. Mais son harassement eut finalement raison de lui, et ses jambes se dérobèrent alors qu'il perdait connaissance. Surpris par le poids soudain d'un corps qui s'affaisse, son compagnon glissa sur le sol boueux et chuta avec lui sur le sol détrempé par la pluie.

- « Kuso ! » jura le blond entre ses dents en retournant aussitôt l'adolescent pour ne pas qu'il se noie dans la terre humide.

À son grand désarroi, le romancier put constater que le bout de bois planté dans le flanc de l'artiste s'était enfoncé encore plus profondément, traversant de part en part le corps du musicien. Devant eux, les loups s'étaient arrêtés et les observaient en silence. A la faveur d'un éclair, Yuki crut alors apercevoir une bâtisse dans le lointain. Le refuge ! Enfin ! Il devait à tout prix réveiller Shuichi, même s'il savait que celui-ci souffrait encore plus que lui. Ils y étaient presque, mais l'écrivain ne se sentait plus la force de porter son amant sur une si longue distance. À contrecœur, il secoua l'artiste en l'appelant.

- « Shuichi ! Oï ! Baka ! »

- « Hmmm… » gémit le chanteur en reprenant difficilement conscience.

- « Ça y est ? Monsieur daigne enfin se réveiller ? » fit le blond d'un ton involontairement sec.

- « Yu…ki ? J… j'ai mal… »

- « … Je sais… fit l'écrivain, désolé. Mais on y est presque, Shuichi. Je vois le refuge d'ici, on va y arriver. Alors il va falloir que tu serres les dents. »

- « … On va essayer… »

- « Allez, debout maintenant ! » lança Yuki en tentant de faire se relever son compagnon.

- « Hééé ! Attends ! Doucement ! Onegaï… »

- « On va pas passer la nuit sous cette tempête. Fais un effort, bon sang ! »

- « Mais merde ! J'ai mal moi, je te signale ! protesta l'adolescent. Si tu veux que je marche, il va falloir que je me relève doucement où je sens que je vais encore tourner de l'œil ! Aide-moi à me relever lentement et fais pas chier, ok ? »

- « Ça va, c'est bon ! On va se relever doucement ! Mais toi aussi, aide-moi. Le sol est glissant et j'ai mal à ma cheville. Sers-toi de ton bras droit ! »

- « Kuso, mais t'as pas compris que je peux pas m'appuyer sur ce bras, connard ? Il me fait encore mal ! »

- Si t'avais pas été assez stupide pour essayer de me remonter de ce ravin alors que t'en avais pas la force, tu te serais pas blessé, baka ! »

- « Et quel est l'abruti qui a eu l'idée génialissime de se casser la gueule dans un bête trou ? Je me serais pas fait mal si t'avais regardé où tu mettais les pieds ! »

Les deux amants se fixaient d'un air agressif en s'invectivant violemment quand soudain, un formidable coup de tonnerre retentit, les calmant aussitôt.

- « Bon, si on veut arriver là-bas, y faudrait peut-être qu'on arrête de se disputer, Yuki. Aide-moi à me relever et allons-y. »

Alors qu'ils se remettaient difficilement debout, le plus jeune des loups vint les aider, offrant l'appui de son dos comme soutien. Shuichi le remercia d'une caresse, et soutenu par son amant, ils reprirent leur chemin. Eiri voyait bien que le chanteur faisait des efforts monumentaux pour ne pas s'évanouir à nouveau, et il le soutenait le plus possible. La cabane se rapprochait, mais ils ralentissaient de plus de plus, et la distance semblait se rallonger d'autant. Soudain, le poids pesant sur les épaules du blond s'allégea d'un coup. Le jeune garçon-loup avait pris forme humaine pour venir soutenir Shuichi de l'autre côté et les aider à avancer, sans se soucier du regard désapprobateur de son camarade au pelage gris. L'orage avait encore doublé de force, à croire qu'un typhon s'abattait sur les Monts Kiso. Les rafales de vent manquaient les jeter à terre à tout instant, et la pluie troublait leur vision. Heureusement que le loup à la vue perçante était là. Ce dernier les conduisit sans faille jusqu'à l'abri. Il aurait voulu aider Yuki à soigner le musicien, mais un long hurlement provenant de la forêt le rappela à l'ordre, et il abandonna les deux amants sur le seuil de la cabane avec une révérence désolée.

L'écrivain poussa alors la porte et entra en soutenant toujours le musicien. L'intérieur était plutôt petit, et ne semblait posséder qu'une pièce principale et une autre pour la cuisine (avec une antiquité de cuisinière à bois). Et bien qu'il fût encore à peine 16h de l'après-midi, tout était plongé dans une pénombre inquiétante. Le blond conduisit aussitôt Shuichi qui était sur le point de s'évanouir à nouveau vers le lit à l'autre bout de la pièce, juste sous la fenêtre. Il le laissa dessus après lui avoir fait poser son sac, et se dépêcha d'aller fermer la porte avant de revenir s'occuper de l'artiste.

Shuichi respirait avec beaucoup de difficulté, et grelottait de froid. Il était couché légèrement sur le côté droit, de façon à ne pas trop peser sur son épaule encore douloureuse ni à toucher le bout de bois. Depuis qu'il se savait en sécurité, et surtout que son amant l'était, il avait cessé de se battre contre son épuisement, et il se laissait glisser dans l'inconscience. Il ne ressentait même plus la douleur tellement son esprit était embrumé de fatigue. Et il avait froid aussi, tellement froid. Il lui semblait entendre Yuki lui parlait, mais sa voix restait un lointain murmure dont il ne comprenait rien. Il entrouvrit les yeux quand il sentit sa tête se soulever, et il aperçut son amant qui paraissait s'adresser à lui, mais aucun mot ne parvenaient distinctement à ses oreilles. À tout hasard, il hocha légèrement la tête pour signifier qu'il avait compris même si c'était faux, et manifestement, sa réponse convint au romancier qui lui adressa un sourire soulagé. Un de ces sourires tellement rares chez l'écrivain que le cœur de Shuichi s'emplissait de bonheur dès que son amant lui en adressait un, même microscopique. Et en ce moment, il avait vraiment besoin de ce sourire, il avait besoin de ça pour résister.

Yuki voyait bien que son compagnon était au plus mal. Il lui posait des questions sur son état, lui demandait s'il allait bien, mais l'artiste ne semblait pas comprendre ce qu'il disait. Pourtant, l'adolescent lui adressa finalement un petit signe de la tête l'assurant qu'il allait tenir le coup. Soulagé, le blond laissa échapper un sourire aimant, que Shuichi lui rendit aussitôt, avant de fermer les yeux en gémissant. Shuichi souffrait, il était arrivé à sa limite. Eiri devait agir vite. Il entreprit d'abord d'élargir avec son couteau suisse le trou du sweat de l'artiste pour bien dégager l'endroit où était enfoncé la branche. Le bâton était profondément enfoncé, et l'écrivain ignorait s'il avait touché un organe vital ou pas. Que devait-il faire à présent ? Allumer le poêle à bois derrière lui ? Enlever la branche du flanc du musicien ? Déshabiller Shuichi ? Il était certain qu'il faudrait allumer le poêle pour réchauffer Shuichi après l'avoir déshabillé. Et il faudrait le soigner, donc il fallait trouver de quoi faire des bandages.

En y réfléchissant bien, Shuichi avait peut-être emmené une trousse de secours. En premier lieu, il fallait donc sortir du sac tout ce qui lui serait utile pour panser le blessé, puis essayait de faire du feu pour avoir de la chaleur et de la lumière, et ensuite s'occuper sérieusement du musicien. Eiri se mit alors aussitôt à fouiller dans les sacs, et il trouva un peu tout et n'importe quoi malgré ce qu'il avait supprimé, mais il put trouver une lampe de poche, une boîte d'allumettes, et une trousse de secours très bien achalandée. Le blond attrapa quelques bouts de vieux journaux qui traînaient dans la cabane dont il se servit pour allumer le poêle, prit une marmite trouvée dans la cuisine qu'il mit dehors sous la pluie pour récupérer de l'eau, puis débarrassa le musicien de ses vêtements trempés. Au passage, il avait trouvé une lampe à pétrole encore presque pleine, qu'il avait allumé également et posée sur la table de chevet près du lit. Maintenant, il avait assez de lumière pour voir ce qu'il faisait.

Dehors, l'orage grondait toujours, mais l'écrivain n'en avait à présent plus cure. Désormais, il n'avait plus qu'une seule chose en tête : Shuichi. Dans la trousse, il avait trouvé compresses, bandages, et autres sparadraps, ainsi que de l'éther et du désinfectant. Trouvant des draps propres dans un placard, il en prit un et le déchira en plusieurs morceaux pour éponger le sang qui ne manquerait pas de couler, et également nettoyer la boue qui les maculait tous deux. Retirer la branche ne fut pas une partie de plaisir. Bien qu'il eut endormi l'artiste avec une compresse imbibée d'éther, Eiri retira sa ceinture qu'il plia en deux et glissa entre le dents du blessé pour ne pas qu'il se morde la langue lorsqu'il ôterait le bout de bois. C'était un peu dommage de gâcher un si beau cuir, mais il n'avait que ça sous la main et la vie du musicien était plus importante que ce bout de peau tannée.

Affirmant alors sa prise sur la branche, le romancier prit une grande inspiration et tira d'un coup (6). Le bâton résista un instant avant de s'extirper de la chair sanguinolente. Le sang se mit à couler abondamment, au grand dam du blond, qui appliqua aussitôt sur les plaies les morceaux de tissu qu'il avait préparés. Il avait vu l'adolescent grimacer légèrement en mordant la ceinture, mais celui-ci ne s'était pas réveillé. Fort heureusement, l'hémorragie s'arrêta assez vite, ce qui signifiait sans doute qu'aucune partie vitale n'était atteinte. Yuki s'empressa alors de désinfecter les plaies et d'y appliquer des compresses qu'il fit tenir avec force ruban adhésif, puis il prit la bande la plus large et la plus longue qu'il y avait dans la trousse, et il en enveloppa l'abdomen du musicien, pour bien comprimer le tout et éviter une nouvelle hémorragie. Le romancier étendit ensuite l'artiste correctement sur le lit, et ramena la couverture sur lui.

Malgré les couvertures et le poêle qui réchauffait la pièce, l'adolescent tremblait de froid. Yuki posa sa main sur son front, et il constata qu'il avait de la fièvre. Il aurait aimé lui donner l'un des cachets d'aspirine qu'il avait trouvé dans la trousse de secours, mais l'artiste semblait dormir profondément, et il renonça à le déranger. Et puis, sa fièvre n'était pas très élevée, alors cela pouvait attendre un peu. Le blond en profita alors pour se détendre à son tour. Il ôta ses vêtements détrempés (Arrêtez de baver, bande de perverses !! baaaaaaveuuuuuh… Slurp ! Heuuu… Désolé…) qu'il mit à sécher avec ceux de Shuichi, et s'enroula dans un drap pour se sécher. Il s'occupa de sa cheville qu'il recouvrit d'une bande après y avoir passé un peu de pommade trouvée toujours dans le sac. S'installant sur une couverture posée au sol à côté du lit, il fouilla un peu plus attentivement les sac à dos, et fit un rapide inventaire des choses utiles : plusieurs mini-bouteilles d'eau, des briquettes de jus de fruits, des chips, des crackers, le reste de sandwichs préparés pour la journée, des gâteaux, quelques pommes, et surtout l'incontournable stock d'une bonne vingtaine de boîtes de pookies à la fraise.

Bref, pas grand-chose de très nourrissant, et pas de quoi tenir plus de quelques jours. Yuki avait déjà essayé plusieurs fois de contacter le grand-père Shindô avec le portable, mais l'orage devait perturber les ondes et il ne captait rien. Peut-être que demain matin, ça marcherait mieux. En tous les cas, il espérait que les secours arriveraient vite. Shuichi ne pourrait sans doute pas marcher avant plusieurs jours, si tant est qu'il puisse se remettre sans soins médicaux. Avec lassitude, l'écrivain appuya sa tête contre le lit derrière lui. En tournant légèrement la tête, il pouvait voir son compagnon sommeiller. Ce spectacle attendrissant lui rappela sa propre lassitude et il soupira d'agacement de se retrouver dans une situation pareille. Il s'en voulait pour Shuichi. Mais les regrets ne lui serviraient à rien dans un moment pareil. Ce dont il avait besoin, c'était de nourriture et de repos. Il grignota donc quelques chips puis, voyant que Shuichi semblait toujours avoir froid, il lui mit la couverture sur laquelle il était assis, et vint se glisser dessous avec lui pour le réchauffer de son corps (Shizu : Celles qui ont pensé qu'il va le sauter, vous n'êtes que des obsédés ! Shuichi est blessé, voyons !). Et tandis que l'orage s'éloignait lentement, il finit par s'endormir à son tour…

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À suivre…

Au prochain chapitre : Les ombres dans la nuit…

Commentaires de fin : Décidément, c'est bien pratique, cette série de Dr Queen. Yuki se débrouille comme un chef quand même ! Espérons que la suite se passe mieux, surtout pour ce pauvre Shuichi à l'article de la mort (enfin, pas complètement quand même, mais il a bien morflé le pauvre petit chou, gnihihihihi… FIUUUUUUU !! BLAAAAM !!... Aieuh… Fichu dico…). Bon, allez, j'ai du boulot moi. Surtout si je veux poster la suite de cette fic, de mon autre fic Bring me to the light, ainsi que de ma fic de Naruto, sans compter toutes celles que j'ai en projets… Bisous et à bientôôôôôôt !

Lexique : Pas grand-chose dans le lexique, j'ai opté pour un texte moins chargé en japonais, vu qu'on me fait des réflexions sur ce point-là

Baka : imbécile, idiot, crétin

Demo : mais

Kuso : merde

Masaka : c'est pas vrai, j'y crois pas, impossible

Onegaï : s'il te plaît / s'il vous plaît