Bonjour/Bonsoir slasheuse de Torry!
Merci beaucoup pour vos reviews, y compris aux annonymes et merci de lire tout simplement :)
Je suis contente que mon histoire vous plaise et j'espère que ça ne changeras pas!
Ce chapitre est beaucoup plus long que les deux premiers et on y voit Tom, ainsi que la petite (pas si petite que ça) famille d'Harry :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!
Sur ce, à dans deux semaines pour le quatrième chapitre et good reading...
Titre: Les nerfs à vifs
Rating: M, sans lemons mais pour le langage cru.
Disclaimer: L'univers d'Harry Potter appartient bien évidemment à J.K Rowling, je ne m'attribue que l'intrigue de l'histoire ainsi que les personnages de Zoé, Damon, Devon et Kelly.
« J'te jure Drayc, ce type est louche, il m'a fait un de ces effets ! »
« Je ne pensais pas que tu pourrais changer de bord un jour, ça m'étonne. »
« Je parle d'effet néfaste. Sérieusement, rien qu'en le regardant je me suis mal sentit, comment dire… je n'avais vraiment pas l'impression qu'il était réel… Ses yeux, ses cheveux, sa peau, tout en lui respirait le malaise… »
« C'est le futur grand amour ! »
« Putain Draco j'te parle sérieusement, d'un truc important, je ne plaisante pas ! »
« OK, d'accord, admettons que ce gars t'ai fait cet effet… Mais tes frères l'aiment bien, il n'est pas aussi méchant qu'il en à l'air d'après eux. »
« Forcément, il ne les a pas envoyé chier et ne les a pas fixer de ses yeux noirs… On aurait dit un cafard ! »
Draco explosa de rire devant l'air profondément dégouté d'Harry. Il secoua la tête de gauche à droite et regarda son ami d'un air rieur.
« T'exagères pas un peu là 'Ry ? »
« Tu l'aurais vu tu aurais dis exactement la même chose. Il à des yeux vraiment bizarres. »
« Qui se ressemblent s'assemblent. »
« …Bordel, tu peux arrêter avec tes allusions à deux balles ! Et puis mes yeux n'ont rien de bizarres, ils sont justes… Spéciaux ! »
« Ca va les chevilles ! Bon, écoute Harry, on va faire simple, je te dirais ce que je pense de lui demain, quand je le verrais, ok ? »
« Si tu veux. »
Draco se releva de la chaise ou il était assis et s'étala sur le lit de son ami dans un soupir de contentement.
« Au fait, c'est fini avec Jessica ? » Demanda Harry.
« Ouais. Et heureusement, je commençais à péter un câble, une semaine c'est beaucoup trop ! »
« J'en connais une qui vas être contente. »
« Tu veux parler de Pansy ? » Demanda Draco, se surélevant sur ses avant-bras.
« Qui d'autre ? » Fit Harry d'un air évident.
« … Mais quand est-ce qu'elle va comprendre qu'il n'y a aucune chance ? »
« Justement, pourquoi tu ne lui en donnerais pas une ? »
« Hein ? » Fit Draco en fronçant les sourcils.
« Bah oui, sors avec elle. »
« Harry, si je sors avec elle ce ne sera pas plus de trois ou quatre jours. »
« Oui, et alors ?
« Alors elle ce qu'elle veut ce n'est pas une relation aussi courte, et pas un marathon de baise. Elle veut vivre une histoire d'amour ! »
« Et ben c'est ça ou rien, tu lui dis ! »
« Mais moi j'ai aucune envie de sortir avec elle. C'est juste une amie, point barre. »
Harry sourit devant la décision de Draco, sachant pertinemment que rien ni personne ne pourrait le faire changer d'avis. Il bougea un peu en grimaçant. Ca faisait presque une heure que son dos était contre le mur et il commençait à en souffrir. Il se redressa et s'étira en gémissant de douleur puis sursauta lorsque la sonnette de la porte d'entrée retentit.
« Ca, c'est les pizzas ! » Fit-il en se frottant les mains avant de se lever et de descendre ouvrir.
Draco ne tarda pas à le rejoindre, se faisant force pour se relever du lit moelleux puis une fois arrivé en bas, respira à pleins poumons l'odeur appétissante de la pizza. Harry et Draco se mirent côté à côte sur le sofa qui faisait face à la télévision tandis que les jumeaux s'étaient installés au sol, juste aux pieds des deux adolescents. Zoé, elle, cherchait un film dans la vidéothèque du salon, laissant glisser son doigt sur la tranche des DVD.
« On se matte un film d'horreur ? » Proposa-elle en prenant un des nombreux films.
« Lequel ? » Demanda Harry.
« Saw ! »
Harry hésita, lançant un regard aux autres qui paraissaient tous d'accord pour ce choix judicieux, et fronça les sourcils lorsqu'il vit sa petite sœur de cinq ans, qui le regardait de ses grands yeux marron innocents.
« Nan, désolé Zo ', choisit autre chose. » Répondit-il en souriant.
« Pourquoi ? »
« Tu crois vraiment que Kelly vas pouvoir dormir avec un film comme ça ? » Fit Harry d'un air évident.
« Mais Kelly va devoir aller se coucher dans… Une demi-heure ! »
« Zoé, n'insiste pas j'ai dis non. » Contra fermement Harry.
La jeune fille se renfrogna et lança un regard courroucé à son frère tandis que celui-ci mordait à pleine dents dans sa part de pizza quatre fromages. Elle détestait lorsqu'Harry profitait de son pouvoir, seulement sous prétexte que ses parents n'étaient pas là.
« Et si je le mets quand même ! » Fit-elle d'un air fier.
« Essaie, vas-y essaie, on verra bien ! » Dit Harry, le regard menaçant.
« Pffff, tu fais pitié Harry, on dirais que tu comptes la frapper si elle met le film ! » Dit Damon en levant les yeux au ciel.
« Toi le gnome, tu restes en dehors de ça, ok ! »
« Pardon ? » S'énerva Damon en se relevant pour se mettre face à son frère.
Harry fit de même, le dépassant d'au moins deux bonnes têtes. Il serra les poings en lançant des regards furieux à son jeune frère qui ne bougea pas, pas le moins du monde intimidé.
« Monte dans ta chambre, maintenant. » Fit Harry en pointant l'escalier de son index.
« Quoi ! T'est sérieux là ! »
« Très sérieux ! »
Un silence pesant s'était installé dans la pièce et personne hormis Harry, Damon et Zoé n'osaient le percer.
« Harry, c'est bon calme-toi. Tu sais quoi ? Je vais mettre Rabbi Jacob. » Fit Zoé, l'ébauche d'un sourire sur ses fines lèvres.
Harry ne répondit pas, continuant de fixer Damon d'un regard noir et attendant toujours qu'il se bouge pour grimper à l'étage.
« Tu montes dans ta chambre… » Répéta-t-il entre ses dents serrées, décrochant parfaitement chaque syllabes.
« … Non… »
Damon n'avait fait que murmurer sa réponse, mais son envie de le pousser à bout était manifeste. Il regardait son frère la tête haute bien qu'il fut beaucoup plus petit et le défiait du regard, lui montrant clairement qu'il ne le craignait absolument pas. Harry, quant à lui retenait à grande peine sa main droite qui le démangeait affreusement, ne quémandant qu'une chose : Voler et s'écraser contre la joue du plus jeune, dans un magnifique claquement. Harry serrait toujours ses dents, tellement que sa mâchoire lui faisait mal, et n'avait pas cillé un seul instant. Il savait qu'il ne devait pas frapper son frère, que ce n'était pas la solution et qu'il se ferait une fois de plus merveilleusement bien engueuler par ses parents, mais il ne voyait hélas pas d'autre moyens pour se faire obéir, car oui, il n'abandonnerait pas, il aurait le dernier mot.
« Damon, si tu ne fais pas ce que je te dis, je ne vais pas me contenter de balancer seulement des menaces, alors monte dans ta chambre, maintenant ! »
Le plus jeune ne bougea pas, bien qu'il commençait à être légèrement, mais très légèrement intimidé, bien sur il ne l'aurait avoué pour rien au monde, et encore moins à lui-même !
« Harry, » commença Zoé, le ton doux et apaisant, « ce n'est pas si grave, laisse tomber, aller rasseyons-nous et mangeons tranquillement devant la télé, ok ? »
Voulant montrer l'exemple elle posa le DVD sur la table basse en verre poli et prit place sur un des fauteuils à la droite du sofa, croquant dans une belle part de pizza. Voyant que la situation ne changeait pas malgré les efforts de sa grande sœur, Devon se leva donc et prit son jumeau par les épaules pour l'emmener à l'étage. Au son de leurs pas dans les escaliers, Harry se rassit sur le sofa en soupirant de lassitude. Il se tourna vers Draco, étonné de l'entendre rire.
« C'était excellent, vraiment. J'adore ! Rien que pour ça je ne regrette pas d'avoir passer l'après-midi ici. »
« Ce n'est pas la peine de l'encourager Draco ! Franchement Harry, y'a pas de quoi être fier ! On ne peut pas passer une soirée tranquille sans accroches ? » Répliqua durement Zoé.
« Je te signale qu'on n'en serait pas là si tu n'avais pas insisté pour regarder Saw ! »
« Ah ! Parce que maintenant c'est ma faute ! » S'exclama l'adolescente.
Draco, qui jusqu'ici avait cherché à arrêter de rire ne put s'empêcher de le rendre aux éclats. Zoé se rembrunit et sans un mot de plus monta dans sa chambre, emportant avec elle sa pizza. Les deux adolescents restèrent quant à eux dans le salon et finirent de manger, avant qu'Harry aille coucher Kelly.
La soirée s'était terminée tranquillement pour Harry et Draco. Ils avaient finit de manger devant une émission de téléréalité complètement débile, se moquant des participants. Vers vingt-deux heures quarante-cinq, Harry avait prévenue Zoé – qui ne dormait pas encore – qu'il raccompagnait Draco chez lui. Ils avaient traîné en chemin, se chamaillant gentiment, prévoyant ce qu'ils feraient le week-end prochain et parlant de leurs derniers coups qui s'étaient avérés excellent pour tout les deux. Lorsqu'enfin ils arrivèrent chez Draco, il était vingt-trois heures quinze et Narcissa Malfoy avait failli piquer une crise de nerfs en voyant son fils arriver aussi tranquillement. C'était son côté mère-poule, elle s'inquiétait très rapidement pour son fils, et celui-ci oubliait souvent de la prévenir ou de la rassurer, elle devenait donc très souvent hystérique.
Après avoir salué son meilleur ami Harry rentra chez lui, marchant un peut plus rapidement qu'à l'allée, mais profitant tout de même de l'air frais et du ciel déjà noir du soir. Lorsqu'il arriva devant sa maison il remarqua en premier que le salon était éclairé, puis que la voiture de son père était garée dans le garage resté ouvert. Durant deux secondes Harry hésita à rentrer. Il savait que ses parents l'attendaient à l'intérieur pour s'expliquer avec lui. Il soupira de lassitude, résigné et entra avant de retirer ses chaussures et sa veste qu'il accrocha au porte-manteau.
« Mais ou est-ce que tu étais ? »
Harry se retourna, près à affronter le regard à la fois inquiet et en colère de sa mère.
« Je suis allé raccompagner Draco chez lui. »
« Et tu as laissé tes frères et sœurs seuls ! »
« Non, enfin si mais Zoé était prévenue, et puis je n'ai pas mis trop longtemps. »
« Le problème n'est pas là Harry ! » Commença son père. « Lorsque nous ne sommes pas là tu a la responsabilité de les garder. »
« Zoé a quatorze ans, elle peut très bien le faire de temps en temps, non ? » S'énerva Harry.
« Non ! Elle ne peut pas. Garder deux démons comme Devon et Damon, plus une petite de cinq ans, non elle ne peut pas. C'est à toi de le faire. »
-« De plus tu es partit sans fermer la porte à clé ! » S'insurgea Lily. « Mais tu es inconscient ? N'importe qui aurait pu entrer et faire ce qu'il voulait ! »
-« Oui, mais ce n'est pas le cas. »
Harry commença à tourner les talons et monter les escaliers quand son père le retint par le bras.
« Tu restes ici, ce n'est pas fini ! »
« Pour moi si ! » Riposta-t-il en se dégageant.
« Je ne crois pas que tu ai compris le problème Harry. » S'exclama Lily, faisant retourner l'adolescent sur ses pas.
« Oh si je l'ai compris ! Seulement j'en ai marre. Je suis pas leur nounou moi à ces gosses, et je ne vois pas pourquoi est-ce que je devrais passer mon temps à les garder. J'ai autre chose à foutre de ma vie_ »
La main de Lily s'écrasa d'un geste rapide et dans un claquement sourd sur la joue gauche d'Harry, qui rougissait déjà sous le coup. Elle s'en voulut presque aussitôt pour son geste, mais cela arrivait qu'Harry ne veuille plus écouter et se ferme comme une huitre. Dans ces moments là, une bonne baffe devait lui remettre les idées en place. Fixant sa mère dans les yeux, Harry comprit qu'il était allé trop loin, mais il ne se l'avoua pas, comme il ne s'excusa pas non plus, beaucoup trop orgueilleux pour ça. Il se contenta d'enfouir ses mains dans les poches de son jogging et d'orienter son regard vers quelque chose de moins accusateur.
« Maintenant monte dans ta chambre. »
Harry ne se fit pas prier, il se tourna sans un dernier mot et grimpa les escaliers pour s'enfermer dans sa chambre. Rageusement, il donna un coup de pied dans le tiroir de son armoire et la poignée explosa. Harry n'y prêta pas attention et, la respiration saccadée il se laissa tomber sur son lit, en étoile. Il détestait lorsqu'il se disputait avec ses parents, surtout avec sa mère. Leurs liens étaient très étroits et l'avaient toujours été. Même si rares étaient les fois ou ils se disputaient Harry se sentait toujours très mal lorsque ça arrivait. Sa mère… C'était sa mère ! La femme qui l'avait mit au monde, qui l'avait éduquée et transmis un amour infini, la femme qui lui avait apprit la vie, celle qui avait donnée naissance à sa fratrie et qui avait su les aimés et les éduquer autant les uns que les autres. Sa mère, c'était son trésor sacré… Et il ne supportait pas d'être à l'origine d'une quelconque lueur de colère, tristesse ou déception dans ses beaux yeux vert dont il avait lui-même hérité.
Harry fut tiré de sa contemplation du plafond – qui semblait être extrêmement intéressante – par la sonnerie de son portable. Il le sortit de sa poche et après avoir regarder le nom inscrit sur l'écran répondit d'une voix éteinte.
« Oui Draco ? »
« Harry, ça va depuis tout à l'heure ? »
« Hmmhmm. » Fit mollement Harry.
« T'as pas l'air. »
« J'me suis pris la tête avec mes parents. »
« Ah… Moi avec ma mère. » Soupira Draco.
« Toujours aussi mère-poule ! »
« Toujours. Je lui ai dis que mon portable avait déconné, encore, et que c'était pour ça que je n'avais pas pu la joindre. »
« Et elle à gober ça ? »
« Ouais, et demain elle va m'en acheter un nouveau. » Rigola Draco.
« Hahaha, t'exagères quand même Drayc ! Et qu'est-ce que tu lui diras une fois que tu auras le nouveau portable ? Que celui-ci aussi déconne ? »
« Ben, je trouverais bien quelque chose. Bon et toi ça s'est calmé avec tes parents ou tu t'es couché avant? »
« Hmm, pas vraiment, je suis monté dans ma chambre avant que la discussion ne soit terminée. »
« Tu es monté ou t'y à été envoyer ? »
« Envoyer. »
« Ah, je vous connait trop pour mon bien-être. Et c'est pour quoi la dispute ? » Demanda Draco.
« Parce que j'ai laissé les petits seuls, et que j'ai oublié de fermer la porte à clés. »
« … C'est vrai que là t'as pas assuré ! »
« Oh lâche-moi, tu veux ! Pas besoin que tu te mettes aussi à me faire la moral ! »
« Héhé, bon sinon, ça te dit demain un petit basket après le déjeuner, histoire de se défouler un peut et de faire passer la tension ? »
« Ouais ! » S'exclama Harry avec entrain. « Super idée, ça marche ! »
Les deux adolescents restèrent à parler au téléphone durant une bonne heure encore, jusqu'à ce que les paupières d'Harry commencent à se fermer d'elles même. Quelques minutes après Harry raccrocha donc et posa son portable sur sa table de chevet après avoir réglé son réveil sur neuf heures. Normalement le jeudi il commençait à huit heures et avait deux heures de sports. Mais en ce moment il était beaucoup trop fatigué pour se lever aussi tôt et courir. Il se blottit sous sa couette molletonnée en souriant, satisfait à l'idée qu'il pourrait dormir demain matin, mais son sourire disparut bien vite en se rappelant qu'il s'était couché en froid avec sa mère. Il ne savait pas encore comment mais demain il devait absolument se réconcilier avec elle, et avec son père également.
Roulant sur le ventre, laissant dépasser seulement le haut de sa tête de sous la couette Harry soupira et se décida enfin à ne plus penser à cela. Il laissa glisser ses bras sous son oreiller et savoura la fraicheur du drap à cet endroit-là. Dans un tel confort, il ne lui fallut pas plus de cinq minutes pour commencer à sombrer dans les limbes du sommeil. Harry eut juste le temps d'apercevoir un visage pâle aux yeux noirs avant de s'endormir.
HPTRHPTRHPTR
« Harry ! Dépêche-toi, il est sept heures ! »
Harry grogna et claqua sa langue contre son palet avant d'enrouler encore plus sa couette autour de son corps chaud. Il se sentait épuisé et n'avait aucune volonté pour faire ne serait-ce qu'un mouvement hors du lit.
« Harry, tu vas me faire le plaisir de te lever, et MAINTENANT ! »
Sur le coup de la surprise Harry ouvrit les yeux et sortit sa tête de sous la couverture, fixant sa mère d'un air ahuri.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Il se passe qu'il est l'heure que tu te lève pour aller en cours. » Répondit sa mère de mauvaise humeur.
Harry soupira, il savait que si sa mère était d'aussi mauvaise humeur ce matin c'était parce qu'elle aussi était restée sur la dispute de la veille. Il se redressa sur son lit, appuyant son dos sur le mur et se passa une main sur le visage avant de frotter ses yeux énergiquement. Lily quant à elle s'activait dans la chambre de son fils à ramasser les nombreuses affaires qui traînaient.
« Tu pourrais me dire quand est-ce que tu commenceras à ranger un minimum ta chambre Harry? Sérieusement, tu as seize ans, tu es au lycée et je dois encore passer dans ta grotte pour y faire le ménage ! »
Harry ne répondit pas, trop occupé à frotter ses yeux qui le piquaient affreusement, à un point qu'il ne parvenait pas à les ouvrir. Il gémit de douleur en sentant quelque chose dans le bas de son œil. Lily se tourna vers son fils et leva les yeux au ciel avant de marcher vers lui. Elle alluma la petite lampe grise posée sur la table de chevet et pris le menton d'Harry entre ses doigts afin de tourner son visage vers elle.
« Ouvre. » Fit-elle fermement.
Avec difficulté et réprimant une grimace de douleur Harry ouvrit lentement les yeux. Sa vue était trouble mais il parvint tout de même à voir que sa mère semblait légèrement inquiète. Elle fronça les sourcils avant de soupirer.
« Tu as une lentille coincée vers le bas. Va te les enlever. »
Sans plus de cérémonie Harry se leva, se prenant malencontreusement le pied dans la table de chevet et jura avant d'entrer dans la salle de bain. Une fois devant le miroir, il se força à ouvrir les yeux et d'un geste sur, prit entre son pouce et son index la lentille qui s'était coincée. Soulagé, il papillonna légèrement de la paupière et mit sa lentille dans son compartiment avant d'y faire couler un liquide nettoyant. Il fit de même avec son autre œil et mit au moins deux bonnes minutes à trouver le bouchon de la petite boîte de rangement des lentilles, cherchant à tâtons au bord du lavabo.
« Ça fait combien de jours que tu n'as pas retirer tes lentilles ? »
Harry se tourna vers l'entrée et plissa fortement les yeux afin d'apercevoir les bords flous de sa mère.
« Ben, peut être un jour. » Marmonna-t-il.
« Tu te fout de moi ? Tu as vu dans quel état sont tes yeux ? Ils sont injectés de sang et un vaisseau s'est apparemment rompu ! » S'exclama Lily en prenant le visage d'Harry entre ses doigts pour mieux y voir les dégâts. « Réponds-moi franchement, depuis combien de temps n'as-tu pas retiré tes lentilles ? »
« … Cinq jours. »
Lily soupira de lassitude et passa une main sur son visage. Elle regarda son fils d'un air de reproche, de la déception dans son regard qu'Harry ne vit heureusement pas.
« Bien… terminé les lentilles, tu vas reprendre la bonne vieille méthode qui est : les lunettes ! »
« Quoi ! Maman, non, pas mes lunettes ! » S'exclama Harry, paniqué à l'idée de devoir reporter ses deux cercle noirs immondes !
« Je ne te laisse pas le choix ! Tu n'es pas capable de prendre soin de quelque chose qui visiblement est important pour toi ! Tu es un irresponsable de première classe Harry, il faudrait peut être que tu grandisses un peut ! Non mais sérieusement, regardes dans quel état sont tes yeux ! Ta vue est déjà assez endommagée comme cela et encore deux ou trois fois le même coup et crois-moi tu te baladeras dans la rue avec une canne et des lunettes de soleil avant tes dix-sept ans !
Harry ne dit rien, regardant sa mère droit dans les yeux malgré l'absence de netteté. Puis, Lily s'empara de la boîte des lentilles et du produit nettoyant avant de quitter la salle de bain, sans un dernier regard pour son fils. Enervé, Harry rejoignit sa chambre, se cognant contre la porte et se prenant une nouvelle fois le pied dans la table de chevet. Il ouvrit le tiroir de celle-ci et fouilla avec difficulté jusqu'à y trouver ses vieilles paires de lunettes noires qu'il posa sur son nez. Aussitôt sa vue se rétablit. Il se laissa tomber sur son lit, fixant le plafond d'un air mauvais. Il était hors de question qu'il porte ces lunettes ! Durant la majeure partie de son adolescence il avait dû les avoir sur le nez, ce n'est que l'année dernière qu'Harry avait utilisé des lentilles et pour rien au monde il ne retournerait en arrière. Quitte à ne rien voir du tout pendant les cours, au moins il garderait toujours son image de sex-symbol au sein du lycée !
Ce n'est qu'à ce moment qu'Harry vit l'heure inscrit sur son réveil. Il grogna de mécontentement en s'apercevant que sa mère l'avait réveillé pour aller en cours à huit heures. Mais bon, maintenant qu'il était réveillé, autant se préparer pour aller en cours. Il se releva du lit, sortit de son armoire un boxer, une paire de chaussettes, un jean bleu délavé et un tee-shirt rouge qu'il posa sur son lit avant de retourner dans la salle de bain et de s'y enfermer. Il retira négligemment ses lunettes, les posa sur le bord de la baignoire et y entra. Contrairement à d'habitude Harry ne traîna pas sous la douche ce matin, ce qui étonna énormément sa sœur lorsqu'elle le vit sortir silencieusement de la salle de bain à sept heures vingt-cinq. Sa serviette blanche autour de ses reins, l'eau ruisselant encore sur ses épaules et sur son torse, ayant omis volontairement de se parfumer il s'habilla rapidement, jetant tout de même un regard au miroir. Il prit ensuite ses affaires qu'il déposa dans l'entrée et pénétra dans la cuisine, là ou sa mère prenait son petit-déjeuner tout en aidant Kelly à manger ses tartines au beurre.
« Coucou toi. » Fit Harry en déposant un baiser sur la tête de sa petite sœur.
Kelly releva la tête vers son grand frère et lui sourit de toutes ses petites dents avant de le saluer à son tour.
« Tu as bien dormit petite puce ? »
« Oui, j'ai rêvé de toi cette nuit. » Répondit la petite d'un ton enjoué.
« Ah oui ? Et de quoi ? »
« J'ai rêvé qu'on allait à la piscine, et que y avait des grannnnnds toboggans et que toi ben t'avais même pas peur et tu les faisais tous ! » Expliqua la fillette en faisant de grands gestes avec ses bras.
« A la piscine ? Tu as rêvé qu'on allait à la piscine ? »
« Oui, avec pleins de toboggans ! »
« … Kelly, tu veux aller à la piscine ? »
« Oh ouiiiii ! » S'exclama Kelly en sautillant joyeusement sur sa chaise. »
« Et bien ce week end je n'ai rien de prévue, on pourra y aller avec Zoé et les jumeaux ! » Proposa Harry en souriant à sa petite sœur.
« Il n'en est pas question ! »
D'un même geste, Harry et Kelly se tournèrent vers leur mère qui finissait de manger son pancake. Elle semblait énervé, les veines de ses bras ressortaient et l'on pouvait aisément en déduire qu'elle était nerveuse.
« Pourquoi ? » Demanda Harry.
« Premièrement il fait trop froid pour que vous alliez à la piscine, nous ne sommes pas en plein été mais en plein mois d'Octobre Harry ! Deuxièmement ce week end tu ne bouge pas de la maison et je veux te voir ranger ta chambre et réviser tes cours. »
« Alors quoi ? C'est une sorte de punition, c'est ça ? » Fit Harry d'où perçait dans la voix un léger rire nerveux.
« Exactement. » Claqua froidement Lily.
Harry ne répondit rien, trop abasourdit. Cela devait faire au moins quatre ans qu'il ne s'était pas fait punir par ses parents, et le pire c'est qu'il savait parfaitement pour quelle raison sa mère était aussi énervée contre lui. Le problème était qu'il ne savait pas comment faire pour se réconcilier avec elle, d'habitude c'était elle qui venait vers lui et tout était beaucoup plus facile, mais là, Harry n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire et cela le frustrait énormément, car il ne supportais pas que sa mère lui en veuille à ce point.
« Maman… » Commença Harry, mal à l'aise.
Lily se tourna vers son fils, un air profondément neutre sur le visage, n'ayant même pas l'air d'attendre la suite, ce qui démotiva Harry encore plus qu'il ne l'était.
« Heu… Je… J'ai, je… Heu… » Bafouilla maladroitement Harry, laissant son regard glisser dans toute la pièce sauf sur sa mère.
Devant le silence de son fils, Lily soupira et se tourna vers sa fille afin de l'aider à finir de boire son lait. Harry, lui, était resté debout devant le frigo, fixant le dos de sa mère. Lily était de loin la seule personne capable de retirer toute confiance et toute arrogance en Harry, et il détestait cela, car sans ces deux principales traits de personnalité Harry se sentait très démunit et ne savait absolument pas comment réagir face à ce genre de situation. A ce moment précis Harry avait mal, mal au cœur que sa mère lui en veuille autant et ne lui tende aucune perche pour l'aider à avancer. Il savait qu'il suffisait juste de s'excuser et de dire quelques mots gentils, mais il n'y arrivait pas !
HPTRHPTRHPTR
Sa tête ballotait doucement contre la vitre du bus qui roulait dans la campagne encore endormie de Godric's Holow. Il était exténué, ses yeux se fermaient de fatigue mais aussi de douleur. Il était sortit de chez lui avec ses lunettes sur son nez mais une fois à l'arrêt du bus il les avait enlevé en leur jetant un regard de dégout. Il était décidé, et ce malgré que sa vue soit pitoyable. Il ne porterait pas ses lunettes au lycée.
« Salut Harry_ Oh ! »
Harry tourna sa tête vers la nouvelle arrivante qui n'était autre que Pansy Parkinson. Il lui adressa un sourire étrangement jaune avant de laisser retomber sa tête sur la vitre.
« Et ben… Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Tu as une de ces têtes, on dirait un mort vivant_ Mais ! Tes yeux ! S'exclama Pansy en s'asseyant à côté de l'adolescent.
« C'est rien Pans', c'est juste mes lentilles, je les ai gardé trop longtemps. » Répondit laconiquement Harry.
« Et tu ne les as pas là ? » Demanda la jeune fille.
« Non. »
« Et tes lunettes, qu'est-ce que tu en as fais ? »
« Jamais je ne les reporterais ! »
Pansy rit devant la réflexion de son ami mais n'en rajouta pas plus, comprenant qu'Harry ne désirait plus en parler. Elle lui colla un baiser sur la joue et posa sa tête sur son épaule tandis que le bus continuait sa tournée quotidienne. Au fur et à mesure qu'il approchait du lycée, les élèves s'y engouffraient, retrouvant joyeusement leurs amis. Marcus fut le prochain après Pansy, puis Blaise, Theo et Millicent. Tous lancèrent à Harry un regard perplexe en le voyant, hésitant devant son air agacé à lui demander ce qui n'allait pas. Arrivé devant le bâtiment principal de l'école ils sortirent du bus et se dirigèrent vers leur coin habituel. Harry avait une cuisante envie de fumer et ne put résister, même s'il savait qu'une migraine affreuse ne mettrait pas longtemps pour monopoliser sa tête. Il sortit donc son paquet de cigarette de son sac et en prit une qu'il alluma à l'aide du briquet de Pansy. Il commença à tirer de profondes bouffées, savourant pleinement l'effet que cette drogue faisait à son corps.
« Salut les gars ! »
La bande d'amis leva la tête vers Draco qui venait d'arriver, lui-même une clope au bec, pompant fortement dessus.
« Z'allez bien tous ? » Demanda-t-il.
« Super, et toi ? » Répondit Pansy dont les lèvres s'étaient étirées en un grand sourire.
« Ouais, ça peut aller… Wow ! Harry ! Qu'est-ce qui t'est arrivé mec ? » S'exclama le blond en s'approchant de son ami.
« Oh, rien. J'ai gardé un peut trop longtemps mes lentilles, c'est tout. » Répondit mollement Harry, évitant de trop lever les yeux vers le monde.
« Mais t'as les yeux complètement niqués ! Et là tu les a quand même mises ? »
« Non, ma mère à voulu que je mette mes lunettes mais même pas en rêve ! » Répondit Harry en se frottant énergiquement les yeux.
Harry écrasa sa cigarette encore longue et pris un pan de son tee-shirt afin de mieux frotter ses yeux. Lorsqu'il remit son haut en place il était humide et des larmes s'échappaient de ses yeux. Il les essuya d'un revers de bras et abaissa ses paupières de façon à calmé la douleur.
« T'as mal Harry ? » Demanda Blaise en posant une main sur son épaule.
« Un peut, mais ça va aller. » Fit Harry d'un ton qui se voulait fier et hautain.
« On à sport là, tu ne préfères pas aller à l'infirmerie ? » Demanda Theo, les sourcils froncés.
« Mais non, ça va je vous dis ! » S'emporta Harry.
L'adolescent se leva, les yeux plissés et n'ayant pas vu le sac de Pansy failli tomber de la tribune.
« Un commentaire et je vous nique. » Prévint-il d'une voix menaçante.
Ses amis rigolèrent mais ne firent pourtant aucuns commentaires, se levant à leur tour. La sonnerie retentit et tous les élèves de la cour rentrèrent dans le bâtiment dans lequel ils avaient cours. La bande d'Harry et de Draco se dirigea quant à elle dans le bâtiment des sports, finissant rapidement leurs cigarettes. A plusieurs reprises Harry trébucha, et il dû se rattraper à l'un de ses amis pour ne pas s'étaler sur le sol comme une vulgaire merde. Cela les faisaient rire, l'aidant tout de même à se remettre sur pieds, mais Draco, lui, était plutôt inquiet. Harry avait vraiment l'air d'être dans un sale état et semblait complètement à côté de la plaque.
Les adolescents arrivèrent bien vite devant le bâtiment des sports. C'était un grand bâtiment rectangulaire tout en longueur et conçu de briques rouges. Ils y pénétrèrent et retrouvèrent les quelques camarades de leurs classe. Les garçons entrèrent dans leurs vestiaires tandis que Pansy, de son côté se changeait dans celui des filles. Harry s'assit lourdement sur un des bancs qui bordaient les murs du vestiaire, laissa retomber sa tête en arrière et ferma les yeux en soupirant.
« Harry ? Ça va ? » Demanda Draco en prenant place à côté de lui.
« Oui, super. » répondit rapidement Harry.
Il ne laissa pas le temps à son ami de répliquer et sortit de son sac son jogging noir, le même qu'il avait porté la veille puis l'enfila après avoir retiré son jean et ses chaussures. Fin prêt, Draco et lui sortirent, accompagné de Marcus, Theo et Blaise et s'assirent au sol, en face de leur professeur de sport : Rolanda Bibine. Mme Bibine était une femme de taille moyenne. Elle avait sur la tête de petits cheveux grisonnant et ses yeux en amandes ou une iris jaune qui rappelait étrangement celle des chats lançaient des regards très perçants. Elle possédait aussi un caractère très fort, prête à tout pour que son équipe gagne contre celle adverse, employant s'il le fallait les grands moyens. Elle n'avait pas besoin de crier ou de hurler ses ordres, elle se contentait tout simplement de faire passer toute la pression nécessaire dans son regard. Harry n'appréciait pas vraiment cette prof, elle le défiait trop à son goût et pensait vraiment qu'un jour elle réussirait à l'intimidée, ce qui, il en était certain, n'était pas prêt d'arriver.
Alors que les dernières filles – qui tenaient absolument à se faire coquète même pour le cours de sport – arrivaient et s'asseyaient en face du professeur, Mme Bibine commençaient déjà à leur expliquer le programme de ce matin : Deux heures d'endurance. Harry soupira et grogna de mécontentement. Il détestait l'endurance, autant qu'il aimait le basket ! Il trouvait cela ridicule de courir d'un bout à l'autre d'une salle ou d'un stade, sans but précis, seulement en contrôlant sa respiration… En fait lorsqu'Harry faisait de l'endurance il se sentait le dernier des cons.
Les élèves se levèrent tous pour aller contre l'un des murs de la salle tandis que Mme Bibine cherchait désespérément quelque chose dans son tas de feuilles sur son bureau. Harry s'appuya contre le mur tout en frottant ses yeux qui continuaient de pleurer. Il avait l'impression que depuis qu'il s'était levé, la douleur ne faisait qu'augmenter.
« Harry, arrête de les frotter, ce n'est pas comme ça que ça passera ! » S'exclama Draco en retirant les mains d'Harry.
« Mais ça me brule, putain de bordel ! » Contra Harry en serrant les dents.
« Potter, Ça va ? Qu'est-ce qu'il vous arrive ? » Demanda soudainement Mme Bibine.
« Rien professeur, j'ai_ » Commença Harry avant d'être coupé par la femme.
« Vous avez attrapé une conjonctivite ? » S'exclama-t-elle en prenant le menton d'Harry entre ses doigts, comme l'avait fait sa mère le matin même.
Harry se dégagea brusquement en lançant un regard courroucé à son professeur.
« Mme Bibine, vous permettez que j'accompagne Harry à l'infirmerie ? » Demanda Draco, entraînant déjà le jeune homme vers la sortie.
« Oui, allez-y Mr Malfoy, mais revenez juste après ! » Répondit Mme Bibine.
Les deux adolescents sortirent du bâtiment sportif et traversèrent la cour jusqu'au bâtiment principal. Durant tout le chemin Harry n'avait fait que frotter ses yeux douloureux, se laissant guider par le blond, mais une fois devant l'infirmerie, comme s'il venait seulement de remarquer l'endroit ou ils se trouvaient, il fit quelques pas en arrière.
« Non, laisse tomber Dray, pas la peine d'y aller. »
« Mais si ! Toi tu ne vois pas dans quel état tu es mais crois-moi tu as besoin d'y aller. » Rétorqua Draco en le tirant.
« Non ! » Riposta Harry. « Puis je n'ai aucune envie de voir l'autre chelou de service. »
« Alors c'est ça ? C'est uniquement pour ça que tu ne veux pas aller à l'infirmerie ? »
Harry ne répondit pas, trop occuper à martyriser encore plus qu'ils ne l'étaient ses pauvres yeux vermeils. Draco entra alors dans la minuscule salle d'attente, tirant derrière lui Harry puis frappa à la porte du cabinet de l'infirmière. Celle-ci ne mit pas longtemps à ouvrir et accueilli les deux garçons avec un froncement de sourcils. Harry Potter et Draco Malfoy, ainsi que quelques autres étaient de gros habitués de l'infirmerie, dû au basket, si bien que Mme Pomfrey les appelaient « ses petits abonnés ».
« Les cours n'ont même pas commencés depuis une demie heure, qu'est-ce qu'il se passe cette fois-ci ? » Questionna Pomfrey avant de fixer Harry.
« Rien à voir avec le basket, c'est Harry_ » Commença Draco
« Oui, je vois ça. »
Harry, rassuré que Mme Pomfrey ai ouvert la porte au lieu de son nouvel assistant lui adressa un sourire, qui ressemblait en fait beaucoup plus à une grimace. L'infirmière le prit par le bras et l'entraîna dans son cabinet avant de fermer la porte sur un Draco légèrement ahuri par la rapidité du geste. Elle fit asseoir le jeune homme sur sa table d'osculation et lui demanda d'ouvrir les yeux. A l'aide d'une mini lampe elle regarda les dégâts puis sembla réfléchir un moment.
« Tom ? J'ai un patient pour toi. » Fit-elle à l'encontre d'une porte situé dans le fond du cabinet.
Celle-ci s'ouvrit sur l'être étrange qu'Harry avait vu hier et aussitôt le sentiment de contrariété qu'il avait éprouvé avant d'entrer dans l'infirmerie refit surface.
« Je te laisse faire le diagnostic aussi. » Fit Pomfrey avant d'expliquer à Harry que c'était son assistant qui s'occuperait de lui, puis de s'enfermer dans la pièce ou était précédemment le dénommé Tom.
Celui-ci n'avait même pas lancé un regard à Harry et lorsqu'il le posa sur lui ce fut d'une façon totalement désintéressé, comme s'il avait oublié la petite accroche qu'ils avaient eu la veille, ce qui énerva prodigieusement Harry.
« Bonjour Mr Potter, vous venez vous excuser pour votre retard d'hier ? » Demanda innocemment Tom Riddle.
« Q-Quoi ? » S'exclama Harry, visiblement perplexe.
« Oui, vous ne vous êtes pas excusés en arrivant, mais au lieu de cela vous avez baragouiné une pitoyable excuse en rejetant la faute sur les horaires et les carnets… A vrai dire, cela dément un côté assez lâche de votre personnalité. » Fit l'infirmier d'un air songeur.
Harry ne savait pas ce qui l'énervait le plus chez cet individu. Est-ce que c'était sa façon à paraître neutre d'une manière tellement naturelle qu'elle en était déconcertante, ou bien le culot dont il était nué à parler de cette façon à Harry qu'il ne connaissait à peine, ou encore l'image qu'il affichait de lui, celle de l'homme qui à la capacité de parvenir à contrôler mieux que quiconque la situation, qui le sait et qui en profite au maximum !
« Lâche ? Un côté lâche de ma personnalité ? Et vous avez décelé cela en me parlant deux minutes ? » Rétorqua Harry sarcastiquement.
« Bien sur. » Répondit très naturellement l'assistant. « Pourquoi ? Vous il vous faut plus de temps ? »
C'était clair, limpide même, cet individu essayait de sortir Harry de ses gonds, et il réussissait parfaitement.
« Est-ce qu'on peut s'occuper de mon problème ? » Demanda Harry, détournant de ce fait la conversation.
« Oh, vous êtes plutôt du genre à fuir… Lâche et fuyard, je vois… » Continua Riddle toujours sur le même ton songeur.
« J'ai gardé trop longtemps mes lentilles et lorsque je me suis réveillé ce matin, mes yeux étaient dans cet état. » Expliqua l'adolescent, ignorant tant bien que mal la dernière réplique de l'infirmier.
Riddle sortit de la poche de sa blouse blanche une mini lampe, la même que celle de Mme Pomfrey et examina les yeux d'Harry avec, y envoyant de plein fouet le faisceau lumineux. Harry se mit donc à papillonner des paupières, malgré que l'adulte lui tire la peau des pommettes, soupirant d'agacement.
« Comment voulez-vous que je voie quoi que se soit si vous n'ouvrez pas correctement les yeux ? » S'énerva Riddle.
« Et comment voulez-vous que j'arrive à les maintenir ouverts si vous m'y foutez votre putain de lampe ? » Rétorqua véhément Harry.
« Et sans ma « putain de lampe » comme vous dites si bien, comment est-ce que je pourrais y voir clair ? »
« Comme si vous en aviez besoin. Mes amis on tous remarquer au premier coup d'œil mon état laborieux, alors arrêtez deux minutes ! »
Riddle recula légèrement tandis que l'infime ébauche d'un sourire étirait ses lèvres, juste avant qu'elles ne s'incurvent en une grimace de mécontentement. D'un geste sec, il éteignit sa lampe et la rangea dans sa poche, puis fouilla dans un des nombreux petits compartiments en plastique de l'armoire à pharmacie et en sortit deux dosettes de sérum physiologique. Il s'approcha d'Harry en dégoupillant une des dosettes et le regarda.
« Et là vous croyiez que vous aller pouvoir garder les yeux ouverts ou vous aller me refaire le même cirque ? » Demanda Riddle, le ton plus ferme que précédemment.
« Tout dépend de votre capacité à m'administrer votre sérum. » Répondit Harry d'un ton hautain.
L'adulte haussa un sourcil suspicieux. Apparemment il était tombé sur quelqu'un de vraiment très joueur, et il ne savait vraiment pas comment prendre ça. D'un côté il appréciait, car de sa vie encore personne ne lui était arrivé à égalité, mais de voir qu'un gamin de seize ans qui paraissait totalement immature et le roi des idiots du monde de l'imbécilité avait presque autant de répartie que lui et était tout autant décidé à ne pas se faire marcher dessus et à avoir le dernier mot ne l'enchantait guère.
Sans même avoir à viser, levant juste la dosette à bonne hauteur, il appuya doucement et un fin jet de sérum s'éjecta de son contenant pour venir asperger l'œil gauche d'Harry. Ce dernier porta immédiatement la main à son œil en laissant une exclamation à la fois de surprise et de douleur sortir de sa bouche. L'adulte repoussa la main de l'adolescent d'un geste brusque et tira à l'aide de son pouce et de son index sur la pommette et la paupière. Sans prendre le temps de le rassurer ou de lui expliquer quoi que se soit il appuya une nouvelle fois sur le corps de la dosette, envoyant une autre giclée du produit. Il fit de même avec l'autre œil puis jeta à la poubelle la dosette à moitié vide. Lorsqu'il se retourna vers son patient il le vit en train de se frotter les yeux tel un forcené. Il claqua donc le dos des mains d'Harry qui, surpris, se mit à le fixer.
« Si vous frottez se sera pire, alors oubliez la douleur et si elle devient trop importante utilisez-ça. » Fit-il en lui présentant la deuxième dosette de sérum.
Harry prit la dosette et la rangea dans sa poche avant de descendre de la table d'osculation. Il avança vers la porte, posa sa main sur la poignée puis hésita avant d'amorcer un geste vers le bas. Il se tourna vers l'infirmier qui le regardait, haussant un sourcil. Celui-ci attendait sûrement des remerciements et des salutations, mais déjà qu'Harry avait du mal avec ses parents pour la courtoise, avec un parfait inconnu qu'il détestait déjà c'était encore plus difficile !
« Je vous en prie Mr Potter, passez une bonne journée. » Fit Riddle, un sourire parfaitement hypocrite étirant ses lèvres.
« Ouais, c'est ça. » Marmonna l'adolescent dans sa barbe, sans lancer un dernier regard à l'adulte.
Harry sortit de l'infirmerie et referma la porte derrière lui, s'étonnant de voir Draco assit nonchalamment sur un siège, les bras croisés derrière sa tête.
« Qu'est-ce que tu fais là toi ? Bibine t'as dit de revenir après m'avoir accompagné. »
« Oui, et j'écoute très souvent les profs, c'est bien connu. » rétorqua le blond d'un sourire.
Les deux jeunes hommes sourirent puis rejoignirent les couloirs en direction du bâtiment des sports. Tout en marchant, Harry essuyait les larmes qui coulaient involontairement de ses yeux, s'étonnant de la rapidité du produit à agir. Il n'avait plus mal aux yeux, ou du moins presque plus, seul un léger picotement subsistait encore.
« Ça va mieux ? » Demanda Draco.
« Oui, beaucoup mieux ! » S'exclama Harry enjoué.
« Tu vois, j'ai bien fait de t'y emmené, et puis c'était Pomfrey qui était là, tu t'es inquiété pour rien. »
« Hum, pas exactement. »
« Comment ça ? »
« Elle m'a laissé en pâture pour lui ! »
« Ah… Et c'était si terrible ? » Demanda Draco en riant.
« Oui ! Il… Comment dire… Sa façon de me parler, on dirait qu'il cherche constamment à me défier et à me rabaisser… Et puis… Il… Il est… Enfin voila quoi ! »
« … Hmm… C'est très clair, je comprends maintenant. » Se moqua Draco.
« Tu comprendrai si tu le verrai. » Soupira Harry, enfouissant profondément ses mains dans les poches.
« Je le verrais tout à l'heure. »
« Hein ? » Fit Harry, visiblement perplexe.
« Ben oui, après le déjeuner on est censé aller faire un basket, et comme à chaque fois on finira à l'infirmerie. »
Harry sourit et secoua négativement la tête. Il ne répondit pas et continua de marcher, traversant la cour et arrivant finalement au gymnase. Lorsqu'ils y entrèrent, les élèves étaient en train de courir le long de la salle, certain se faisant des croche-pattes, rien que pour le plaisir de voir la pauvre victime s'étaler vulgairement au sol.
« Oh nonnn ! » Se plaint Harry. « J'ai horreur de ça ! »
« Je sais, mais on peut trouver une distraction, allez viens. » Répondit le blond en entraînant son ami.
« Et comme quoi ? »
« Persécuter Weasley. » Anonça Draco d'un air naturel.
Mme Bibine s'avança vers les adolescents et après avoir été sur que son meilleur joueur allait mieux, elle leur intima de rejoindre le groupe, ce qu'ils firent. Ils ne mirent pas longtemps à repérer Ronald Weasley, le gros boulet de la classe, du moins de leur point de vue. Harry et Ronald ne s'étaient jamais beaucoup apprécier, et cela dès la sixième, l'année ou ils s'étaient connus, mais leurs relations avaient dangereusement empirée pendant leur quatrième, et depuis, le rouquin était devenu la cible favorite de la petite bande d'Harry.
Un mauvais sourire fixé sur leurs lèvres, ils se mélangèrent à la foule qu'était leurs camarades et discrètement se mirent derrière leur souffre-douleur préféré. Harry fut le premier à passer à l'action. Le suivant à la trace, il se mit un peu de côté et passa son pied gauche devant la jambe de Weasley qui, n'ayant pas vu le nouvel obstacle le heurta et s'écrasa de plein fouet sur le parquet du gymnase. Plusieurs exclamations choquées et des rires moqueurs fusèrent tandis que l'adolescent se relevait péniblement, se massant le genou. Harry et Draco se regardèrent avant de se mêler aux rires des autres élèves.
« Potter ! J'aurais dû me douter que c'était toi ! » Cracha hargneusement Weasley.
« Pour ça il faudrait déjà que tu ais un minimum de réflexion, ce qui, comme tu l'as déjà prouvé est totalement faux. » Fit remarquer Draco d'un air très naturel, haussant les épaules.
« Va te faire foutre sale fouine de mes deux ! » S'exclama le rouquin dont le visage devenait cramoisi, s'alliant parfaitement à sa crinière.
« Ohhh, mais c'est que l'on à du vocabulaire Weasley, je t'ai visiblement sous-estimé. » Dit Harry en souriant narquoisement.
Alors que Weasley s'apprêtait à répondre, une furie aux cheveux épais et broussailleux avait débarqué au milieu des quelques élèves déjà regroupés. Ses yeux semblaient lancer des regards tueur et, lorsqu'elle parlait, ou plutôt criait, se tournant un coup vers son ami, un coup vers ses ennemis, ses cheveux se balançaient et venaient fouetter doucement le visage des adolescents. Énervé, Harry recula tandis que Draco s'était immédiatement arrêter de sourire sadiquement à l'arrivée de la jeune fille. Il l'a regardait des pieds à la tête, comme si c'était la première fois qu'il la voyait.
Sous l'absence de répliques de son meilleur ami, Harry voulut remettre la jeune fille à sa place mais Mme Bibine avait déjà été alertée et accourait maintenant vers l'attroupement, visiblement en colère. Au grand dam d'Harry elle explosa et pendant près de dix bonnes minutes elle ne fit que crier, pour finalement leurs demander leurs carnets de correspondance. Les garçons y compris Ronald Weasley allèrent donc les chercher et les lui donnèrent, puis furent obligés de rester assis sur un banc jusqu'à la fin du cours.
