Disclaimer : Les personnages et lieux de Twilight ne m'appartiennent pas, je ne fais que jouer avec eux.

Le plot: LWBOTB est la pièce compagne d'Elle SSN. Ecrite du POV de Bella, ne seront retransmis que les moments manquants et complémentaires nécessaires pour appréhender l'histoire dans son ensemble. Résumé: Bella, jeune fille solitaire et au passé sombre décide un jour de prendre sa vie en main et de s'ouvrir au monde. Saura-t-elle reconnaître et saisir le bonheur qui est à portée de main?


Chapitre 3: Colore (Les Innocents)

« Bonsoir, je viens pour votre annonce, débitai-je d'une voix blanche.

Je me retins pour ne pas me taper la tête contre la porte en me traitant de tous les noms d'oiseaux possibles. Super, comme entrée en matière, grondai-je à l'encontre de mon trac.

- Oui?

- Je suis consciente que je n'ai aucune référence et que je n'ai aucune expérience dans l'écriture ou dans l'art de tenir une rubrique mais il faut que vous me laissiez une chance.

Il faut… Car oui, il le fallait absolument. Il en allait de moi, de ma vie, de mon futur. C'était ma porte pour m'ouvrir au monde et me lier avec des personnes. Je devais décrocher ce job, même si je devais travailler gratuitement!

- Donc, tu n'as pas de CV intéressant à nous proposer… alors pourquoi?

- Je suis passionnée par les arts, j'aime lire et je le ferai gratuitement. Je n'ai pas besoin d'être payée. Mais donnez-moi juste une semaine et je ferai mes preuves.

C'était cuit. Pourquoi avais-je proposé ce délai aussi court? C'était tout bonnement impossible que je puisse les convaincre en…

- Bon, on va tenter le coup alors. Je te donne un thème, je te demande juste de me donner un court article répondant à mes attentes. Pour la semaine prochaine, même heure. D'accord?

- Oui.

J'appréhendai. Je n'étais pas habituée à écrire mais je n'ignorai pas qu'il fallait que j'excelle pour intégrer ce journal. En fait, si. J'étais plus douée pour écrire que pour parler mais est-ce que cela suffisait pour autant?

- Le déni de grossesse.

Je laissai un soupir de soulagement m'échapper. Même si ce phénomène n'était pas très connu, j'étais versée dans ce domaine-là à cause de ma mère, Renée. Elle se plaisait à me raconter par le plus menu détail à quel point le fait d'apprendre qu'elle attendait ma venue l'avait bouleversée. Elle venait seulement d'avoir dix-huit ans et commençait à peine son école de commerce. Néanmoins, grâce à Charlie qui lui avait apporté toute l'aide dont elle avait besoin, elle avait vite surmonté le choc et avait pris goût à son nouveau rôle de parent.

- Juste une question? Je suis jugée sur le contenu de mon texte, sur la forme ou sur les deux ?

D'où me venait cette audace? Jamais, je n'aurais osé élever la voix, surtout dans une situation pareille. Je fulminai contre moi-même.

- Est-ce important ?

- Eh bien, oui. Parce qu'en ce qui concerne le contenu, je peux tout de suite vous donner un topo alors que pour la forme, une bonne nuit et vous n'aurez même pas besoin d'attendre une semaine. Vous aurez mon papier demain.

- Je suis curieux maintenant. Parle.

- Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l'être. C'est ce que rappelle le Dr , pédopsychiatre français, dans une thèse qui fait référence, Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique.

Une des idées fausses circulant sur le déni est qu'il ne peut concerner que de très jeunes femmes ou des femmes "attardées". Rien n'est plus faux, comme le prouve une étude française récente menée pendant de sept ans auprès de 2 550 femmes.

Cette étude fait surtout ressortir que près de la moitié des femmes victimes d'un déni est déjà mère d'un ou de deux enfants (26 femmes sur les 56 étudiées). Le fait d'être déjà mère ne protège donc pas contre le déni, et ne permet pas de facto à la femme de "reconnaître", d'avoir conscience de son état de grossesse. Autre information de poids : tous les milieux sociaux sont concernés. Le déni n'a donc pas une explication "sociale" mais, comme les principales affections psychiatriques, il est réparti au hasard dans la population.

Le déni de grossesse doit être considéré comme une maladie. La femme enceinte en plein déni en est la première victime.

En même temps, lorsque sa maladie fait d'autres victimes qu'elle, le plus souvent, lé bébé, il faut prendre des mesures qui nécessitent de concilier deux buts, guérir la femme tout en la faisant prendre conscience de la gravité de ses actes. Le problème réside dans le juste dosage de ladite mesure.

[AN: http://www (dot) afrdg (dot) info/article (dot) php3?id_article=1]

Je repris mon souffle. Jamais, je n'avais pris la parole aussi longtemps. J'étais plus laconique, succincte. Je restai hébétée, ce n'était pas mon genre de m' «enflammer» comme ça. J'attendis la réaction de Doc avec appréhension. Celle–ci tarda à venir mais je n'osai prononcer un mot de plus. Nerveusement, je triturai mes doigts et me balançai d'un pied à l'autre gauchement. Il toussa avant de relever sa tête, une curieuse étincelle au fond des yeux:

« Joli discours, surtout quand on sait qu'il a été improvisé. Langage clair, précis, soutenu, ce que j'attendais. Contenu bien argumenté: problème-solution. Objectif tout en prenant à témoin. OK. Je t'embauche. Tu seras payée à la prestation, bien entendu. Le salaire n'est pas mirobolant mais la passion t'anime et ça me plaît. Tu travailleras en solo mais l'aide de l'équipe ne t'est évidemment pas refusée.

- L'équipe?, interrogeai-je en me tournant vers l'équipe en question.

Je m'immobilisai. Pourquoi celui-là m'incendiait-il du regard? Pourquoi restait-il focalisé sur mes mains? Soudainement, j'eus envie de me terrer au fond d'un trou et de ne plus jamais en sortir. J'étais prise au piège.

- Ah oui! Suis-je distrait. J'en oublie les règles de courtoisie avec tout cela mais tu ne reconnais aucun d'entre nous?

J'inspectai brièvement les personnes qui me faisaient face mais rien à faire…

- Non, je suis désolée si ça peut paraître bête mais je suis arrivée en ville il n'y a même pas un mois alors je ne suis pas très au courant.

- Alors, tu as Alice et Rosalie. Elles s'occupent respectivement de la rubrique BD et musique.

Ensuite, voilà Emmett pour la littérature, Edward pour l'actualité et moi-même, Arthur, pour les sciences.

Nous ne sommes que des amateurs réunis par notre hebdo, la Tentation mais tu constateras que nous nous donnons entièrement pour nos numéros. Rosalie est connue localement pour son groupe de musique de rock, l'Arcade et elle commence à se faire remarquer aux concours nationaux. Alice participe régulièrement au festival de la BD d'Angoulême, en France et c'est grâce à son talent que la ville lui offre ses billets. Emmett, c'est le plus timide. Il n'ose pas tellement se lancer mais j'arriverai à le convaincre de faire lire ses ouvrages, dit-il avec un clin d'œil souriant vers moi.

Edward se destine au journalisme donc tu peux le questionner sur n'importe quoi, il saura te répondre et t'orienter. Quant à moi, je suis professeur à l'université de Seattle au département de la Recherche. Nous avons monté ce journal au départ parce qu'il n'en existait pas qui s'adresse aux étudiants et désormais, ça fait partie de nous.

On ne se donne pas de sujet pour les numéros. On écrit au gré de nos envies. Tu peux traiter de ce que tu veux tant que ça reste convenable, tout de même. Celle qui occupait ta place faisait le cinéma mais tu n'es pas obligée de la reprendre. Tu as le choix d'autre chose. Quelle est ta préférence en ce qui concerne ta rubrique …. Hum…?

Comment pouvait-on débiter autant de mots en aussi peu de temps? J'étais essoufflée pour lui mais trouvai néanmoins en moi les ressources pour répondre.

- Bella.

- Vraiment distrait, désolé encore. Ha ha ha…. Donc?

Je n'hésitai pas une seconde.

- Les arts, en général. Cela couvre plus qu'un thème et j'aime ça. La peinture, les compositeurs, les danseurs… Tous devraient être reconnus peu importe leur domaine.

- J'accepte. Tu devras seulement sortir du temporel, je pense que tu peux faire ça?

J'acquiesçai, songeuse.

- Oui, je comprends. Ce n'est pas intéressant de parler de gens qui ont leur quart d'heure de gloire qu'à cause d'émissions futiles alors que d'autres, talentueux, galèrent.

- Exactement. Donc rendez-vous la semaine prochaine, même endroit», tonitrua-t-il en balançant négligemment sa main.

Je clignai des yeux. Ce Doc, avait l'art et la manière de congédier les autres. Sûrement un « truc » de prof. Arthur, ça lui allait bien. Sage et un peu anglais par bien des bords.

Je m'apprêtai à sortir lorsque la voix rugissante de Doc m'interrompit dans ma réflexion :

« En fait, Bella, tu as su trouver ton chemin avec mes indications?

Il se souvenait de moi, réalisai-je avec une joie hors normes. Je n'étais pas si transparente que ça, alors…

- Oui, ha ha, je suis rentrée sans encombre. La prochaine fois, je ferai attention à l'heure quand je travaille.

- Tu habites où, couina une voix.

C'était la première fois qu'une des filles m'adressait la parole. Alice, si je me rappelais bien. Brune, échevelée, petite, un lutin joyeux.

- Ce n'est pas très loin. Seulement une petite dizaine de minutes à pied d'ici, trente si on ne coupe pas par le parc. Dans la 30ème.

- On est voisines alors. Je suis dans la 29ème.

Elle sauta sur ses pieds en claquant des mains, trépignant littéralement. Du coin de l'œil, j'aperçus… Edwin, non, Edward se renfrogner et serrer le poing à en faire blanchir ses jointures sans que je ne comprenne pourquoi. J'étais intriguée.

- On va pouvoir rentrer ensemble si tu le veux bien.

- Je suis d'accord, répondis-je gênée.

Je n'aimais pas du tout être le centre d'attention. Les dernières minutes m'avaient suffi. Je rougis. Ils devaient me trouver bizarre. Encore une fois, soupirai-je mentalement. Rosalie se joignit à nous.

- Tu as des loisirs?

- Eh bien, je fais de la danse et je joue quelques instruments…, la renseignai-je d'une voix de souris.

- Lesquels, enchaîna-t-elle toute excitée.

- Du piano, de la guitare, du violon et de la batterie.

- Rien que ça, rit-elle.

Rosalie avait une voix assez grave qui contrastait avec son physique de mannequin. A côté d'elle, je me sentis comme un «sac à patates». Elle m'impressionnait mais le fait qu'elle ait un groupe reconnu, même à petite échelle, contribuait à me faire me sentir proche d'elle étrangement. Elle aussi vivait pour la musique.

- Mais je ne suis pas assez forte pour jouer en public, ajoutai-je rapidement.

Je connaissais mon niveau mais je n'avais pas assez confiance en moi pour paraître devant des personnes. Je me mettais à nu, me découvrais lorsque je jouais et quelque part, je ressentais le besoin de me protéger. Je ne voulais pas être jugée. Emmett ne tarda pas à prendre la parole lui aussi.

- Tu as quel âge?

Quelle drôle de question, me fis-je la réflexion.

- J'ai vingt ans. Pourquoi?

- Je me disais bien que tu étais jeune mais comment tu as fait pour te retrouver prof de danse alors?

- C'est une drôle d'histoire en fait. Mais je ne suis pas prof. Seulement assistante. Je tente le concours cette année pour le devenir.

A ce stade-là, je devais être rouge comme une pivoine. Si ça continuait, j'allais virer au rouge cramoisi. Doc restait silencieux, nous écoutant attentivement. Il se grattait le menton sans y penser. Je ne pourrais pas l'appeler par son prénom. Doc lui convenait très bien. En était-il de même pour les autres?

Edward intervint en interpellant Doc:

- Hé, Doc, j'ai un truc à faire. Je reviendrai dans une heure. »

Cela répondit à mon interrogation et me rassura. Je n'étais pas la seule à le penser.

Il prit ses affaires et sortit en nous saluant brièvement. Lorsque la porte se referma, les questions fusèrent de plus belle. Je me sentais à l'aise. Surtout avec Emmett. Son calme déteignait sur moi. Il possédait une voix magnifique. Posée, harmonieuse, à l'image de son visage. Son regard bleu et familier m'apaisait. Rosalie et Alice se montraient autant enjouées et pleines d'entrain qu'à la bibliothèque et avec elles, je regrettais d'être enfant unique. Si j'avais eu des sœurs, j'aurais souhaité que cela fût elles. Doc restait une figure paternelle pour moi. Le grand sage qui guide le héros dans les films. Celui qui connaît tout de la vie et prend toujours les bonnes décisions. Restait Edward. Il n'était pas resté longtemps mais le fait qu'il souhaite devenir journaliste contrastait avec son attitude nonchalante. J'avais tout de même remarqué qu'il possédait un grand sens d'observation et de la répartie. J'étais tombée sur un ou deux exemplaires de la Tentation à la fac et maintenant que je savais à qui correspondaient les pseudonymes employés, je comprenais la cause de ma fascination initiale. Cinq personnes réunies autour d'un journal. Romantique. L'heure tournait et je me rappelai qu'il fallait que je travaille. J'avais une dissertation à rendre le lendemain et je voulais la peaufiner avant. Je pris congé d'eux et me dirigeai vers mon siège habituel dans la salle de recherche. Je mis mes écouteurs et m'attelai à ma tâche, pensive. Pourquoi me détestait-il? Que lui avais-je fait?


AN: Effectivement, les dialogues coïncident avec ceux d'ESSN. Pour la précision: les deux histoires peuvent être lues séparément, sans préjudice pour la compréhension de l'histoire. Elles ne sont que complémentaires.

Review=teaser.