3.
- Tu es sûr de toi, Alhannis ?
Le jeune homme à la chevelure de feu inclina positivement la tête, en liaison directe avec son père depuis Genius Valley.
- Le cabinet d'avocats qui s'occupe de la famille me l'a confirmé : Madaryne n'a introduit aucune demande pour la garde exclusive d'Alveyron, pour sa protection. Pour l'instant, ses menaces ne demeurent que des mots…
- Mais elle a bel et bien emmené le petit, corrigea Albator. Elle ne le rendra pas, et elle sait que nous nous battrons pour ton frère et récupérer le bébé. Elle a eu beau glapir qu'elle était sa mère, Alguérande en est le père et nous ferons valoir ses droits. Et Alveyron adore son papa !
- Qu'est-ce que je dis aux avocats : d'attendre que Madaryne se manifeste où de réclamer dès maintenant le maintien de la garde alternée ? interrogea l'aîné de ses fils.
- Je crains qu'il ne faille éviter de provoquer Madaryne… Ses intentions sont claires, nous serons aussi mieux à même de riposter ! siffla le grand Pirate balafré.
- Tu veux vraiment lui déclarer la guerre, papa ?
- Comme si je pourrais lui pardonner de sitôt ce qu'elle a fait à ton frère ! rugit Albator. Et elle détient mon unique petit-fils. Je dirais plutôt que c'est elle qui a déclenché les hostilités avec notre famille !
- Je sais… Mais conviens que la situation est délicate… Surtout depuis que Khélye attend notre bébé.
- Je n'ai pas oublié, assura son père en se radoucissant. Mais je ne pense pas que Khélye te fasse un jour les reproches que sa sœur a jeté au visage d'Algie. Tu es un jeune homme tout à fait normal !
- Alguérande aussi ! protesta Alhannis. Il est un frère merveilleux. Au fait, tu as pu contacter Pouchy ?
- Il a dû avoir mes messages mais n'y répond pas. Aucune importance, Terra IV est sur ma route, je m'y arrêterai.
- Bien. Tu viens de le dire, je suis normal, à toi de tout faire pour Algie – moi je continue de suivre ici ce qui se passe avec les avocats. Au fait, que devient son Pharaon ?
- Gander Oxymonth s'en charge. Ensuite, l'état-major prendra sans doute… d'autres décisions.
- Je finis la semaine ici avec Khélye, reprit Alhannis après un moment de silence. Nous retournerons sur Heiligenstadt pour le week-end et je relayerai maman au chevet d'Algie à l'hôpital militaire. Dis, est-ce que tu as une idée de quoi faire pour lui ?
- Non, je dois poser la question à quelqu'un… Je te rappelle demain, Alhie. Prenez bien soin de vous !
- Et toi aussi, papa !
La silhouette familière du 999 s'était rangée auprès de l'Arcadia et cette fois, c'était son capitaine qui s'était rendu à bord du train, accueilli par le toujours pressé Contrôleur, bien qu'il n'ait qu'une seule passagère !
- Décidément, Albator, nous n'arriverons jamais à nous rencontrer en d'agréables circonstances, remarqua la passagère blonde également tout de noir vêtue.
- J'avoue que je ne te cherche, et que tu ne me trouves, qu'en situations de crises, reconnut le grand Pirate balafré.
- Je crois que je ne t'ai jamais connu aussi mal, poursuivit Maetel. Et je ne pourrai t'être d'aucune aide, ni réconfort.
- Je ne l'espérais pas vraiment, reconnut Albator tandis que Claire avait servi des boissons avant de quitter le compartiment. Alguérande a bien effacé toutes les traces de son âme avant de disparaître… Et je crains bien que Pouchy ne me dise la même chose quand je le verrai.
Maetel demeura un long moment silencieuse.
- Algie ne veut pas que tu le retrouves.
- C'est une évidence.
- Alors, pourquoi… ? glissa-t-elle doucement.
- Parce que je ne laisserai jamais mon fils se résigner. Il ne peut rien changer à son héritage génétique, mais il doit être possible de raisonner Madaryne, de la faire revenir sur sa décision ! Il lui faut accepter son ex-mari tel qu'il est. Et tant que je n'y serai pas arrivé, il faut garder l'âme d'Algie en ce monde.
- Ce garçon a tant souffert, insista encore Maetel. Personne ne lui en voudra de lâcher…
- Je le sais mieux que quiconque ! Raison de plus pour que je force son bonheur !
- Tu ne devrais pas t'enferrer, poursuivit la blonde voyageuse. Après tout, rien ne dit qu'Alguérande reviendrait pour le meilleur… Si c'était pour un nouvel enfer, il t'en voudrait jusqu'à la fin de cette troisième vie, à moins que ce ne soit déjà la quatrième… J'ai un peu de mal à suivre avec les Mâles Alpha de ta lignée !
- Je ne le ferai revenir que si j'ai la certitude de pouvoir lui rendre Alveyron. Cette promesse te sied-t-elle, Maetel ?
- Oui.
Le capitaine de l'Arcadia se leva et regagna son cuirassé qui s'éloigna rapidement, le Galaxy Express reprenant pour sa part sa route infinie.
- Albator, un appel de Warius, prévint Toshiro.
- Passe-le-moi.
- Albator, je suis tout près, j'arrive. J'ai entendu dire, pour Alguérande… Dis-moi que ce n'est pas vrai ! ?
- Si, mais il faut que je change cette réalité ! rugit le grand Pirate balafré.
