Salut, voici le chapitre trois ! Laissez des commentaires, ne soyez pas timides, c'est très important ! Le chapitre quatre pour demain si vous êtes gentils :D
Chapitre Trois.
"Debout! Allez! Voyez, voilà ce qui arrive quand je laisse le Geai Moqueur et le garçon avec de l'alcool…"
J'ouvre les yeux en entendant la voix de Haymitch. Je suis sur le canapé de mon salon, le bras de Peeta entourant ma taille. Nous sommes tous deux étendus à moitié sur le canapé et à moitié sur le sol; mon bras et une jambe pendillant d'un côté. Si Peeta ne m'avait pas tenue, je suis sûre que je serais tombée. Il y a la bouteille de liqueur blanche sur le sol, en plus de deux autres que je ne me souviens pas avoir prises…
Je commence à prendre conscience de ce qui se passe autour de moi. La lumière du soleil rentre dans la maison beaucoup plus fort que ce dont je me souviens. Chaque mouvement que fait Haymitch dans la cuisine (qui est plus bruyant que d'habitude, mais je suppose qu'il le fait exprès) est décuplé et je sens ma tête bouger lourdement. Peeta remue à côté de moi et marmonne quelque chose que je n'entends pas.
Quand je commence à bouger et à essayer de me dégager de Peeta, Haymitch arrive avec deux tasses fumantes de café. Il s'assoit à la table basse, un regard suffisant sur le visage pendant qu'il passe en revue les dégâts. Il attend avant de commencer à parler. Il s'amuse bien, apparemment.
Je tourne ma tête vers Peeta, et il me sourit aussitôt. Il ne semble pas vraiment réveillé. Un presque méconnaissable "Hey" sort de sa bouche. Oh mon dieu, il sent comme Haymitch. Je bouge la tête un peu trop vite et tombe du canapé. Je gémis, ce qui déclenche un fou rire chez Haymitch, Peeta bafouillant des excuses.
"C'est rien Peeta…juste…arrête de crier…"
Ma voix semble crue, et j'arrive d'une façon ou d'une autre à m'asseoir. Haymitch rit de nouveau et je résiste à l'envie de l'étrangler. Avant que je puisse l'insulter, il me fourre la tasse dans les mains et je la prends sans poser de questions. Je ferme les yeux et entends Peeta siroter son café.
"Tiens, tiens, tiens, on dirait que la roue tourne."
Je peux presque voir le regard sur son visage, même les yeux fermés. Peeta demande, sa voix pareillement crue,
"Que faites-vous ici?"
J'essaye de me rassoir sur le canapé à côté de Peeta avant qu'il réponde.
"Je suis juste venu voir ce qu'était arrivé à ma liqueur. Au fait, Geai Moqueur, ce n'est pas très beau à voir quand tu vomis. Je ne sais pas ce que tu lui trouves, mon garçon."
Il rit de nouveau.
"Qu'est-ce que vous attendez? Buvez ce maudit café. Ça n'aide pas, pour être honnête, mais ça occupe."
J'absorbe lentement cette boisson amère, et, pour je ne sais quelle raison, continue de boire.
"Maintenant, ne me dérangez pendant le reste de la journée. Je compte suivre votre exemple jusqu'à ce que je ne me souvienne plus de mon propre nom."
Il s'en va en tanguant, veillant à bien claquer la porte. Peeta et moi gémissons en même temps et nous laissons retomber contre le dossier du canapé. Je constate qu'il a presque fini son café, alors je lui donne le mien sans un mot. Peeta avec une gueule de bois est tout à fait spectaculaire. Ses cheveux blonds sont négligés; ils vont dans toutes les directions et se dressent en arrière. Ses yeux sont invraisemblablement rouges sang, et c'est la première fois que je remarque la barbe blonde qui commence à lui pousser.
C'est très joli, en fait…
"Qu'est-ce que tu regardes?"
Il rit, et je prie tous les saints pour qu'il ne me voie pas rougir. Il n'a pas encore commencé mon café, alors je pousse encore plus la tasse vers lui.
"Tu es sûre?"
Je hoche la tête.
"Je n'ai jamais aimé ce truc, de toute façon."
Il prend ma tasse et ne dis plus rien pendant un moment.
"Alors, tu vas bien?"
"Je devrais te poser la même question."
Il me regarde par dessus la tasse de café d'un air embarrassé. Voilà, il recommence, avec ce regard. Il se souvient toujours de l'horrible épisode qu'il a eu, combien j'ai eu peur, et combien il m'a serrée fort après. Il n'avait pas fait ça depuis longtemps. Je n'avais pas réalisé à quel point il me manquait.
"D'habitude, ils ne sont pas si pénibles. Je sais que tu t'en veux, Katniss, mais ce n'était pas ta faute. Tout ce que j'ai dit durant cet épisode, je ne le pensais pas."
Je baisse les yeux vers le sol, et regarde ma tresse qui pend sur mon épaule. Elle s'est un peu défaite pendant la nuit dernière. Cela ne sert à rien de demander s'il s'est passé quelque chose entre nous, cela se serait vu sur son visage. Je chuchote,
"Je sais."
"Tout va bien?"
Bien sûr que non, tout ne va pas bien. Je ne suis même pas sûre qu'un jour tout aille bien de nouveau. Je ne sais pas quoi dire, alors je me contente de rester silencieuse jusqu'à ce que Peeta se rapproche un peu de moi et prenne une mèche de mes cheveux entre ses doigts. Ce simple geste me refroidit et me réchauffe la colonne vertébrale en même temps. Je le sens s'adosser vers moi et presser ses lèvres contre ma tempe. La sensation de son souffle sur moi et ses doigts dans mes cheveux, c'est trop.
"Peeta, je peux pas."
Je me tourne pour le regarder et je vois qu'il est blessé, mais je sais aussi qu'il s'y attendait. En guise de réponse, le téléphone sonne dans le couloir. Je lève mes yeux vers les siens, le regardant pendant deux sonneries. Je vais finalement répondre au téléphone. D'ordinaire, je l'ignore ou m'inspire de Haymitch et le débranche, mais j'ai besoin d'un prétexte pour m'éloigner de Peeta.
"Allô?"
"Katniss? Voyons voir, c'est la première fois que tu utilises le téléphone? C'est le Dr. Aurélius. Comment vas-tu?"
Je ne sais pas quoi dire, comme d'habitude, alors je ne dis rien.
"D'accord. Ça va si mal que ça?"
Je lui réponds d'une voix calme.
"J'ai eu un épisode. Et Peeta aussi."
"Es-tu allée en ville, Katniss?"
Je suis surprise, mais aussi ennuyée. Je viens de me délivrer d'une chose importante, et il me pose une stupide question comme celle-là.
"Non," je lui réponds, en colère.
"Tu devrais. Prends Peeta avec toi. Tu n'es pas allée hors du Village des Vainqueurs depuis presque un an, Katniss. Tu as besoin de voir le district 12 autrement que par des cendres."
Je ne dis rien. Je l'entends soupirer. "Bon, j'appellerai dans quelques semaines. Bonne chance, Katniss. Dis à Peeta que je l'appellerai demain."
J'écoute la tonalité du téléphone pendant quelques minutes puis je raccroche. Je ne veux pas aller en ville. Je ne veux pas voir les débris des bâtiments. Je ne veux même pas voir les nouveaux bâtiments. Les habitants du district 12 seront là, voulant me parler et me souhaiter le meilleur. Si je vois un visage familier, cela me ramènera de mauvais souvenirs. Si je ne vois pas de visage familier, je saurai pourquoi et je m'en voudrai. Ils me regarderont. Ou ils m'ignoreront. Pire, ils pourraient me lancer des regards de pitié.
"Qu'est-ce qu'il a dit?"
Je me tourne face à Peeta, ses mains dans les poches de son pantalon.
"Il pense que je devrais aller en ville. Mais je n'en ai pas envie."
Il reste là à me regarder, et attends. Je me frustre et croise mes bras sur ma poitrine.
"Je ne veux pas y aller!"
"Je pense que tu devrais. Sae Boui-Boui t'a demandé de venir voir la Veine, et j'ai entendu que Delly était revenue en ville. Elle va travailler dans un nouveau commerce. Il va ouvrir dans quelques mois." Il me regarde, ses stupides (et, je dois l'avouer, splendides) yeux bleus cherchant les miens.
"Tu dois y aller."
Donc, j'accepte d'y aller. Surtout parce que ma maison sent comme celle de Haymitch.
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"Tout ira bien, Katniss. Fais-moi confiance, d'accord? On peut partir si tu veux."
Peeta s'approche de moi et me prend la main. Nous sommes presque déjà en ville et je commence à regretter. Nous traversons les bois; le vent et la lumière du soleil (malgré mes restes de gueule de bois) m'apportent un moment de paix jusqu'à ce que je me rappelle où je vais.
Nous arrivons en ville, comme ça. Quelques bâtiments ont été érigés. Ils sont modestes, faits de briques. Il y a un petit monument au centre d'un rond point, là ou se tenait la place de flagellation. Un bâtiment blanc à trois étages est en construction non loin de là. Peeta me dit qu'il y a la nouvelle usine où des médicaments seront fabriqués. C'est l'une des choses pour lesquelles je suis contente. Il n'y a plus de mines de charbon dans le 12.
Je vois le centre-ville partiellement construit, une poignée de maisons en pin et un petit magasin. La gare semble bien propre. Je suppose que j'aurais dû m'y attendre, avec les déplacements entre les districts et les personnes autorisées qui vont et viennent avec des fournitures. J'entends un cri perçant venant d'une des maisons, et Delly arrive vers nous. Elle semble plus mince qu'avant, et ses cheveux blonds sont rassemblés dans une longue natte. Elle porte toujours les vêtements du District 13. Peeta me jette un regard, et je serre sa main encore plus fort.
"Peeta, je sais pas si je vais y arriver."
L'esprit guilleret de Delly est vraiment la dernière chose dont j'ai besoin. Il hoche la tête, et suggère que j'attende ici pendant qu'il dit bonjour, par politesse. Il me lâche la main et va voir Delly, qui l'étreint et commence à lui parler avec animation.
Soudainement, les bâtiments se rapprochent autour de moi et je sens la claustrophobie m'emporter. La lumière du soleil est éclatante et j'ai peur que tout le monde me dévisage et m'observe, alors je tourne les talons de mes bottes de chasse en cuir et retourne chez moi en courant.
Je ne sais pas à quoi je pensais.
