/!\ Ce chapitre contient un lemon, rating MA. Mineurs s'abstenir et âmes prudes également.
Chapitre 3
Un harponnage en bonne et due forme
Une fois rentré chez lui Minos fut heureux, heureux malgré lui. Il pouvait exprimer aussi du bonheur parfois… Cet état de fait semblait rare, mais il existait bien. Il avait passé une soirée formidable, même si elle n'avait pas finie au lit. Pour atteindre son but ultime, les sacrifices sont de rigueur n'est-ce pas ? Il finirait par l'avoir, tôt ou tard…
Il ne voulut pas se séparer sans prendre et donner son numéro de téléphone pour continuer de connaître son adonis. Prétextant qu'ils pourraient aller ensemble à des expositions – quel prétexte fallacieux –, ou en boîte avec leurs amis respectifs – pour pouvoir se frotter sans retenue sur la piste de danse. Enfin que des excuses vaseuses comme on dit. Et l'autre sans voir le mal accepta de bon cœur, puisque Minos paraissait, disons, « sociable ».
« Bon c'est bien, tu as fait le plus gros. Tu as son numéro, tu sais pleins de choses perso sur lui, mais il ne faut pas tout casser en devenant lourd… Tu dois attendre et le laisser se demander… Attends encore un peu… »
Ce qu'il fit. Doucement mais sûrement, le juge tentait d'amener Albafica dans ses griffes. Il le rappela bien huit ou dix jours plus tard pour lui proposer une sortie pour voir une exposition quelconque sur la représentation religieuse des corps au XVème siècle. Quel sujet passionnant ! Et encore devoir se coltiner un truc d'un ennui mortel pour se faire passer pour un homme bien !
Sans déconner fallait activer la seconde là, il ne tiendra jamais à ce rythme là.
Bon, une fois le supplice terminé, il lui proposa d'aller faire du roller dans le parc, cela possédait l'avantage d'être distrayant. Albafica acquiesça avec enthousiasme. Il était partant pour tout. S'en suivi des fous rires quand Minos s'écrasa lamentablement comme une buse sur lui ou par terre la tête la première sur le bitume. Pour une fois c'est lui qui s'en prenait plein la face. Il ne savait pas aussi bien faire du roller que son partenaire, lui, il virevoltait comme un oiseau. Toujours avec sa grâce incarnée, ses cheveux ondoyaient au gré du vent, il représentait un délice à l'état pur.
Minos en profita plusieurs fois pour s'agripper à lui, faisant mine de tomber. Ou tout simplement pour le clouer au sol et sentir ainsi son corps d'albâtre. Ils s'étaient amusés comme des gamins. Commençant un rapprochement implicite. Une complicité naissait entre eux, de plus en plus grande au fil des jours.
L'un faisait découvrir ses passe-temps à l'autre et inversement. Mais toujours cette retenue qui empêchait notre bel argenté d'aller plus loin… Un faux pas et tout serait perdu. Mine de rien, en y réfléchissant bien, il faisait ce que faisait les couples ensemble… Des sorties au restaurant, au cinéma, au musé, des ballades en vélo, divers sports, du roller, des après-midis à la patinoire, que de banalités de la vie quotidienne. Tout, sauf du sexe. C'était la première fois de sa vie qu'il entretenait ce genre de lien avec quelqu'un. De toutes ses conquêtes passées, jamais il n'avait fait autant d'efforts, jamais il n'avait passé autant de temps sans rien demander en retour. Sans en être contrarié, car il ne l'était pas. Il se sentait bien à ses côtés, comme… Comme à sa place en fait. Comme si ce fût naturel de résider auprès du fleuriste enjoué. Il lui apportait tellement de choses.
Bien sûr qu'il le désirait fortement, comme la première fois où il l'avait rencontré. Son désir ardent ancré dans son bas ventre. Minos est un homme, un vrai, il a des besoins à assouvir. Oui mais voilà, la présence d'Albafica le soulage, l'apaise, lui redonne du baume au cœur, sans s'en apercevoir. C'est déjà un lien qui se créer au fil des confidences échangées.
Oui mais quand ? Quand passer à l'étape suivante ? Quand le bon moment se présenterait-il ? Il ne voulait pas devenir un moine que diantre !
Il n'avait pas rappelé Rune depuis, mais il ne lui avait pas signifié qu'ils étaient séparés ou autre, la situation devenait floue. Mettre les choses au clair demeurait la seule alternative envisageable, mais le connaissant son procureur se répandrait en larmes et en miasmes.
Oui mais bon, ce dernier ne le satisfaisait plus depuis un moment et d'ailleurs il ne voulait plus le voir autant qu'avant. Et si Albafica apprenait par mégarde qu'il ait une double vie, il risquait là aussi de perdre toutes ses chances. C'était dur de rester irréprochable, tout ça pour attraper une proie sulfureuse… La plus belle qu'il n'aura jamais de toute sa vie… A vrai dire, Minos se disait que ce fleuriste en valait grandement la peine.
Toutes à ses interrogations, le portable de Minos sonna. Quand il décrocha il trouva au bout du fil son ami Rhadamanthe plein d'entrain. Ce dernier était tout excité on ne savait pour quelle raison, il parlait vite, Minos ne comprenait rien. Il entendit seulement « boîte samedi soir avec Eaque… Repéré un mec… Trop canon… Sexy… Beau p'tit cul… »
Ca y était, son ami avait jeté son dévolu sur une nouvelle conquête. Et quand Rhadamanthe désirait séduire un homme, il n'y allait pas par quatre chemins… Bref, l'entraide était de rigueur, alors soit, il sortirait samedi soir avec ses potes… Mais… Et si… S'il en profitait pour tenter une approche concrète avec Albafica ?
Il lui proposerait d'emmener ses amis pour qu'il ne se sente pas trop seul et il le saoulerait pour faciliter les choses. L'ambiance électrique d'une soirée débridée peut aider n'importe quel homme à conclure. Puis il pourrait se coller sans vergogne au corps du bleuté, le toucher, le peloter sans honte.
Quelle idée génialissime !
Aussitôt dit, aussitôt fait. Il téléphona dans la foulée à sa douce poupée pour lui soumettre l'idée. Il accepta d'office vu qu'il pourrait emmener ses amis à lui. Pourquoi pas, il adorait danser et cette nouvelle boîte il ne la connaissait pas.
Une fois le samedi soir arrivé, les trois comparses se retrouvèrent chez Eaque pour se préparer et pour la « before », c'est-à-dire pour picoler avant la soirée en gros. Comme d'habitude ils se mirent sur leurs trente et un pour faire chavirer tous les cœurs. Minos intrigué par le nouveau soupirant de Rhadamanthe le questionna.
— Et alors… Joli cœur, dis moi de qui tu me parlais l'autre jour… Pour qui tu veux à tout prix aller à l'Utopia ?
— Et bien… Le dernier coup qu'on y est allé avec Eaque, tu n'étais pas là. J'ai rencontré un gars, trop canon. Il m'a dit qu'il y retournait souvent, lui apprit Rhadamanthe.
— Vous avez fait quelque chose au moins ? Tu l'as chopé ou pas ?
— Euh… Oui, à moitié… On a discuté, on a pris quelques verres ensemble, on a dansé. Puis on est allé plus loin sur les banquettes pour être tranquilles…
Eaque intervint agacé de ne pas connaître la suite de l'histoire.
— Et alors putain ! Tu vas nous dire si tu l'as eu ou pas ? T'as couché avec ? C'est une bombe ?
— Non, on a flirté c'est tout, il n'a pas l'air de coucher le premier soir, je n'ai pas voulu être lourd. Je veux le revoir, donc je n'ai pas insisté.
— Pfff, t'es nul mon pauvre ! Un autre te l'a piqué c'est sûr !
Minos prit la défense du blond.
— Non justement, il l'a joué fine, c'est bien Rhada, tu vois tu peux ne pas être balourd quand tu veux… Tu l'auras peut être… Et il ressemble à quoi ton mec ?
— Il est grec, bronzé, super bien foutu. Il est très musclé, tu n'aimerais pas ce n'est pas ton style. Il est grand. Il parle tout le temps ! D'ailleurs il m'a saoulé à force, mais bon… Il est un peu fou-fou quoi.
Eaque questionna.
— Et il s'appelle comment ton dieu grec là ? Tu connais au moins son nom ?
— Oui… Il s'appelle Kanon…
En prononçant son nom, le blond prit un air rêveur, niais… Aie, il semblait accros à ce grec affolant… Et un de plus hop !
A ce rythme là, Eaque allait se retrouver tout seul si ses deux amis se casaient.
Une fois l'ambiance installée les trois amis se mirent en route pour le lieu de la soirée. Ils étaient les premiers, ils réservèrent une table pour eux et pour les autres. Ils commandèrent quelques bouteilles de vodka, jus de fruit et bières. Rhadamanthe sur le qui vive scrutait la porte et la piste pour ne pas louper l'objet de sa convoitise. Minos lui avait les yeux rivés sur son téléphone, attendant un message d'Albafica.
Enfin la sonnerie l'avertit qu'il était en bas avec ses amis. Il lui répondit et cinq minutes après il vit arriver comme un charme sa poupée de porcelaine accompagnée de deux gugusses.
Haaa ! Lui ! Le chevelu punk ! Il était de retour pour lui jouer un mauvais tour !
Albafica fit les présentations, on apprit que le chevelu vert se dénommait Shion, que c'était un ami de longue datte et que le brun avec eux s'appelait Doko. L'œil goguenard d'Eaque déferla sur le corps de Shion très intéressé. Une fois cette étape passée, tous s'installèrent à la table pour discuter et boire.
Eaque dévisageait de plus en plus l'ami du fleuriste. Rhadamanthe perdait patience à ne pas trouver son dieu grec dans la salle et Minos reluquait avec insistance le petit bleuté, tout intimidé. Ce dernier s'apercevait bien du manège de son « nouvel ami », il savait ce que ses regards impliquaient… Il était lui aussi séduit secrètement par le physique avantageux de l'argenté. Par sa façon d'être, si détachée mais également prévenante d'une certaine manière avec lui. Son humour corrosif, son assurance, tout de lui, lui plaisait. Il se laissait emporter par ce prélude volontiers, abaissant sa garde.
Les regards complices s'échangèrent longuement, quand Rhadamanthe crut distinguer dans la masse, une touffe bleu foncée « Il est là ! Mon Kanon ! ». Il sauta de sa banquette pour aller rejoindre la piste, aussitôt imité par Minos qui entraina sa future conquête avec lui. Eaque en profita pour venir se coller au côté du vert-doré et commencer une approche de séduction…
Sur la piste Minos en profita pour se rapprocher physiquement de son partenaire qui ne semblait pas réfractaire. Au contraire il se laissait apprivoiser bien docilement. Les corps se serraient l'un contre l'autre, se déhanchaient au gré du rythme de la musique, les mains se posèrent sur une épaule, un tour de taille, une fesse… Les souffles se confondaient, les visages se rapprochaient doucement… Tout en dansant Minos pouvait sentir à loisir le contact ferme de l'autre, se repaître du toucher de sa peau si veloutée. Comme une peau de pêche, fruit défendu du jardin d'Eden… Sa main dévalait la cascade topaze si soyeuse, son corps entier s'embrasait pour Albafica. Il chercha son visage avec son menton, jouant de cette approche si délictueuse. Il le lui remonta à peine et glissa sur sa bouche… Sa bouche… Enfin… Enfin il y déposait un baiser, sur cette merveilleuse bouche mutine tant convoitée… Elle était pulpeuse à souhait, des frissons glacés coururent le long de son cou pour tomber sur son échine. Il l'embrassa plusieurs fois, juste ça… Puis fini par approfondir l'échange n'y tenant plus.
Albafica quant à lui avait enserré le cou du juge avec ses deux bras pour s'accrocher à lui. Il se laissait faire, approfondissant lui aussi l'échange.
Ils s'embrassaient à pleine bouche maintenant, ne cessant l'étreinte bénite. C'était si délicieux, si bon… Minos resta suspendu à ces pétales de chairs gourmands. Ils flirtaient sans retenue ignorant tout de ce qui se passait autour.
Maintenant il avait la permission de toucher, caresser, palper les formes parfaites. Sentir son corps sous les habits, il passa sa main sous le haut d'Albafica, lui procurant un gémissement de plaisir. Qu'il était doux de l'entendre gémir ainsi… S'il continuait, Minos allait perdre définitivement la tête. Lui aussi reçut les caresses de l'autre, ses sens se mirent en éveille totale. Les vagues de chaleur déferlaient en lui sans cesse, pour lui laisser une immense frustration… Frustration de ne pas pouvoir le prendre là tout de suite, au milieu de la piste ! Assouvir son instinct primaire.
Cette soirée ne ressemblait plus à grand-chose, tout le monde fut éparpillé à droite et à gauche… Le nouveau « couple » flirtait sans honte sur la piste en se frottant au passage. Eaque lui aussi avait réussi à entrainer Shion dans un coin de la piste pour lui montrer ses talents de contorsionniste, quant à Rhadamanthe, on ne l'avait pas revu de la soirée… Mais un petit doigt indiquait qu'il avait trouvé sa petite moussaka chérie, parce que les amis de celui-ci le cherchaient partout également.
Il était déjà bien tard quand le juge décida d'emmener avec lui son bel éphèbe à la peau pâle dans ses appartements. Cette fois-ci était la bonne. Il ne se résignait pas à le laisser s'échapper comme les fois d'avant. Non, pas aujourd'hui, il serait à lui. Enfin depuis des mois de traque et de ruse il allait assouvir sa passion. Il pourrait posséder ce corps de rêve !
Ils partirent ensemble en taxi pour débarquer ivre de désir dans son appartement. Minos prit énormément sur lui pour ne pas se vautrer sauvagement sur Albafica. Encore une fois, il devait se maîtriser pour ne pas l'effrayer. Alors gentiment il l'invita à s'assoir sur le canapé, toujours gentiment il lui proposa une coupe de champagne – qui l'acheta spécialement pour cette occasion –, et pareillement il recommença une approche plus tendre.
Les doigts se frôlèrent, frôlèrent la peau fine, des caresses tout en légèreté, des bras qui se touchent à peine… Du bout des doigts comme si ce fût un château de cartes… Minos posa sa coupe sur la table basse, prit celle d'Albafica également pour la déposer. Il se rapprochait de plus en plus, porta sa main sur le menton de son partenaire et fit de même que précédemment, d'une impulsion délicate il fit basculer le visage en arrière et y déposa un baiser sensuel.
Toujours plus sensuel, toujours plus intense. Il entrouvrit sa bouche et força l'autre à faire pareil en y introduisant sa langue. Il reprit la deuxième pour commencer une danse langoureuse, affolante. C'est comme si déjà il lui faisait l'amour juste avec la bouche.
Sa main s'attarda sur ses cheveux bleus, il sentit lui aussi sa jumelle sur sa chevelure à lui, sur sa nuque. Il força Albafica à s'allonger en se couchant sur lui tandis qu'il ne quittait pas son corps de ses mains expertes. Il remonta le haut encombrant, commençait à défaire le pantalon trop serré… Non ! Pas comme ça ! Pas lui !
Il se reprit machinalement sans réfléchir, se leva et porta son doux fardeau jusque dans sa chambre à coucher. Il ne voulait pas le prendre comme un vulgaire « plan », le salir malgré tout. Il désirait que sa nuit avec le fleuriste soit la plus belle possible. Pas de vulgarité, ni d'humiliation.
Il le déposa sur son lit pour le contempler à loisir. Son visage empreint de désir n'existait que pour lui. Au bout d'innombrables mois d'acharnement, son obsession malsaine pour ce jeune homme allait se concrétiser, là dans quelques secondes… Le bas ventre de Minos se consumait littéralement, il n'était plus homme, mais une vague abrasive qui allait et venait dans son propre corps, le brûlant à l'infini. Albafica respirait par saccade, son torse se soulevait au rythme de sa respiration effrénée.
— Tu… Tu es magnifique… Oh, Alba…
Le juge déglutit difficilement, ne pouvant soutenir le regard perçant de son partenaire. Il porta à sa bouche sa main blanche pour l'en déposer un baiser. Apposa sa paume contre sa joue, découvrir le toucher de son futur amant.
D'une main assurée, il commença à dégrafer les boutons du chemisier en soie blanc, un à un. Au fur et à mesure de son exploration la peau opaline se dévoilait, laissait apparaître la vue de la saillie d'une clavicule, le début du torse. Les pectoraux, vallons somptueux où la main de Minos partit en exploratrice. Plus encore, les derniers boutons allaient céder, la région ombilicale révéla ses secrets sibyllins. Les abdominaux se contractaient sous les frissons du souffle de l'argenté. Il ne put réfréner son envie d'y passer sa langue, pour goûter sa peau. Elle avait un gout de lait sucré. Sa tête penchée sur le ventre plat laissait dégringoler les mèches de ses cheveux neige, offrant une caresse presque imperceptible à Albafica. Il poussa un gémissement de pur contentement, il sentait une langue fourbe contourner son nombril ainsi qu'une quantité infinie de fils de soie lui fouetter le ventre. La chemise empêchait toujours de toucher complètement cette peau tant convoitée, Minos soutint le dos de son amant naissant pour l'amener un peu à lui et enleva le vêtement. Ses yeux rivés sur le boxer qui protégeait la région de la perdition…
Il devait prendre sur lui pour contrôler ses gestes, mais dans un élan mal contenu il arracha le pantalon et emmena avec lui le sous-vêtement inutile. Cette fois-ci s'en était fait. Le bleuté était totalement dévoilé à la vue acérée de Minos, ses pupilles se rétractèrent comme un rapace qui s'apprête à fondre sur sa proie. Un pincement de lèvre signifia son ravissement. Son membre grandit sans qu'il ne puisse contrôler cet acte naturel.
Minos ressemblait à un fou, un fou d'amour. A califourchon sur son gibier il commença à se déshabiller aussi, quand le surprenant de son initiative, il vit Albafica se redresser pour déboutonner lui-même sa chemise… Au fur et à mesure de son travail méticuleux, il le parsemait de baisers tantôt aériens, tantôt ardents, il soufflait le chaud et le froid, c'était exquis… Il couvrait le corps du juge de dizaines caresses moites, sa langue retraçait chaque courbe masculine, il redessinait entièrement le torse offert, le cou, la gorge. L'argenté se crispait de plus en plus à cet autre qui lui prodiguait tant de plaisir, il bascula sa tête en arrière pour supplier le Ciel que cela ne s'arrête pas. Sa voix traduisait son émotion, les sons de ses souffles avortés mourraient au bord de ses lèvres. Il se retenait de ne pas hurler à ce stade. Puis il sentit un air frais l'envahir, son haut venait de tomber sur le lit. Albafica ne quittait pas le ventre de son amant, tout en le gratifiant de ses baisers il glissa sa main au bas des reins du juge, entre ses fesses et son boxer pour le descendre ainsi que le pantalon. La braguette défaite, le bleuté dévergondé abaissa les habits pour faire apparaitre l'attribut masculin à demi-emprisonné par les tissus juchés à mi-cuisses.
Il se recula pour examiner la chose qu'il avait sous les yeux, sa mine restait énigmatique, son amant naissant ne put la déchiffrer, ne sachant pas s'il était impressionné par la dimension ou autre. Cependant une petite moue de satisfaction et une lueur coquine passa dans les prunelles saphir. Sa main toujours posée sur les dunes fermes, il s'attaqua aussi à cette stèle doucereuse, la caressa avec volupté. Sa main passait et repassait sur ce membre gorgé de désir, il pouvait ressentir les frissons qui couraient dans le corps de Minos, ils se répandaient dans son propre corps…
Minos n'en revenait pas du comportement de son partenaire, jamais il n'aurait pu espérer qu'il soit si entreprenant. Il réservait bien des surprises… Pour une fois il se laissait aller sous les caresses d'un autre, savourant cette audace. Albafica avait le souffle brûlant, il pouvait l'entendre haleter en même temps qu'il lui prodiguait ses viles caresses… Cela étourdissait l'esprit de Minos. Il s'agrippa aux cheveux topaze pour se raccrocher à la vie qui le quittait. Albafica s'allongea sur le dos et dans un appel silencieux intima l'ordre à son amant de venir. Dans une position toujours dominante il fut happé par la bouche avide qui quémandait une sucrerie divine à déguster. Il ne put s'empêcher de laisser échapper des cris plaintifs, sa voix s'emportait sur une mélodie aérienne. Sans qu'il ne demande quoi que se soit, son surprenant galant lui prodiguait une fellation des plus jouissives. La langue aguicheuse s'enroulait, flattait le membre tendu. L'effleurait toujours plus vigoureusement. Minos voyait sa tête bleue aller et venir au gré de ses baisers lubriques, encore et encore plus férocement. Il sentait les mains de l'autre parcourir ses fesses, son aine, ses cuisses, partout elles déposaient des marques brûlantes sur la peau de Minos… Des rivières de feu lui cuisaient la peau. Minos parvenait à deviner la délivrance qui n'allait pas tarder d'arriver, il se retira aussitôt de cet écrin chaleureux. Il voulait faire durer le plaisir jusqu'au petit matin.
C'était à son tour d'explorer les moindres détails de l'être qu'il avait dans son lit. Il prit lui aussi possession de la virilité d'Albafica en main pour lui faire ressentir autant de sensations que lui avait pu vivre. Il entama des mouvements de va et vient, lents, suaves, puis plus rapides, forts. Accélérant ou ralentissant le rythme, se délecta du toucher soyeux de cette colonne de chair qu'il pouvait enfin posséder. Sa tête le tournait de plus en plus, c'était sa drogue à lui, le toucher, l'odeur, la vue, les sons que le grec émit en pleine extase. Son chant mélodieux qui traversait les murs pour se perdre dans les coins, personne d'autre ne pouvait l'entendre. Sa voix claire pénétrait les oreilles du juge pour y graver ses notes harmonieuses. Il le rejoignit lui aussi dans cette litanie perfide.
Il délaissa cet attouchement pour venir à son tour prendre position au dessus de l'autre pour pratiquer la même caresse buccale. La saveur d'Albafica lui fit perdre la raison. Il dégusta ce liquide de vie jusqu'à plus soif.
Minos laissa venir son tendre éphèbe sur lui, il était en dessous pour une fois. Celui-ci se frottait sans retenue sur chaque parcelle dermique, laissant échapper des cris plaintifs. Il était divin, avec sa mine rosie par le désir, les cheveux hirsutes, ses yeux larmoyants teintés de stupre… Il s'agitait encore et encore sur lui, le rendant de plus en plus fou. Les deux corps transits s'unissaient au gré des ondulations d'Albafica. Les râles emplissaient la pièce, de plus en plus forts. C'est à ce moment là que choisit le dominant pour s'empaler sur l'attribut dressé.
Minos n'en revenait toujours pas, il ne contrôlait rien du tout. C'est son partenaire qui prenait toutes les initiatives et cela lui plaisait. Il le laissait faire, amusé et endolorit par l'extase qui montait. Il se sentait aspiré dans l'intimité d'Albafica au plus profond de son être. Prisonnier d'un carcan de sang et de chair. Ce dernier n'arrêtait pas ses agitations perverses, elles devenaient vraiment frénétiques au fur et à mesure qu'il partait au ciel. Ses bras furent capturés par les mains de son soumis, les doigts s'entrelacèrent comme pour qu'aucun des deux hommes ne s'envolent l'un s'en l'autre… Minos voulait l'avoir, le toucher, se prouver que ce n'était pas un rêve mais la réalité. Il voulait le voir sur lui, l'attraper. Jamais il n'avait eu tous ces gestes qui marquaient une attention particulière envers les autres.
Les yeux bleus s'épinglèrent dans ceux anthracite. Ils se contemplaient mutuellement en se donnant et prenant du plaisir. Pendant ce chevauchement orgasmique l'argenté reprit possession de la verge de l'autre pour continuer ses caresses illicites. Ils étaient pris tous deux de spasmes extatiques, l'intensité au maximum. Minos allait bientôt jouir dans le corps de son amant, ses muscles étaient tendus à l'extrême, ses tendons prêts à se rompre, ses terminaisons nerveuses presque anesthésiées par la frénésie du combat. Et toujours ce carcan charnel. Il éprouva l'étrange sensation du corps de son amant se raidir sous l'impulsion de ses coups de reins. Des frissons l'envahir à son tour. Jusqu'à la dernière seconde il admira le visage angélique en pleine dépravation. Ses yeux embrumés, assombris par le vice, un bleu abyssal, presque noir.
« Purée il est tellement captivant ! », pensa le juge secrètement.
Les deux amants se délivrèrent coup sur coup l'un dans l'autre et l'autre sur le premier.
S'en suivi d'autres joutes pour le reste de la nuit, une nuit de folie au sens large du terme. Le petit Minos avait été pris au piège du prude Albafica.
Au petit matin l'homme autoritaire dormait sur le corps de l'autre, appuyé sur son torse, l'enserrant de ses bras virils, comme s'il eût été un trésor. Sans s'en rendre compte il avait eu un geste d'affection, de tendresse… Se laissant aller à ses émotions…
Est-ce que l'implacable juge aurait totalement perdu le contrôle de ses actes ? Lui, l'incorrigible cynique ? Il… Non… Impensable… Il aurait donc succombé pour un Apollon et se serait abandonné à un autre ?
Minos se serait abandonné à un autre homme ? Quelle fantastique nouvelle !
Qui l'eut cru ? Certainement pas les dizaines d'amoureux éconduits… Et encore moins le pauvre Rune… Rune qui ne savait toujours rien de la situation entre lui et son « vrai faux petit-ami ». Il allait tomber de haut, de bien haut. Lui qui depuis un an faisait tout pour plaire à son amant tortionnaire, tout pour se faire remarquer. Tout pour le combler, satisfaisant le moindre de ses caprices vicelards, s'adonnant à ses jeux pervers. Et ne recevant en échange aucune marque d'affection… Rien, le néant !
Il n'obtenait jamais rien de la part de son supérieur chéri. Même pas une journée complète en sa compagnie, ni un dîner, ni une sortie… Rien… Il le retrouvait seulement chez lui pour participer à leurs ébats torrides sans en être l'investigateur. Car c'est toujours l'argenté qui fixait les heures et jours de rendez-vous coquin. Puis une fois la chose terminée, il le chassait comme un malpropre, un paquet encombrant.
(suite...)
NdA :
J'ai réécris tous les dialogues suites aux remarques que j'ai eu, j'espère que ça sera plus lisible. J'ai réécris entièrement le lemon, je l'ai voulu long exprès non pas pour le plaisir de mettre une scène hot (quoi que...), mais aussi pour montrer que l'attirance qu'éprouve Minos se transforme en tendresse. Il veut prendre son temps pour ne pas bousculer son cher Alba.
Son caractère s'atténue un peu... J'espère que ce chapitre 3 vous a plu, merci encore pour ceux et celles qui suivent cette fic !
