Bonjour tout le monde !

Sans plus tarder, voici un nouveau chap ! Je tiens tout de même à vous remercier pour vos reviews, c'est toujours très apprécié !

Place au chapitre 3 (moi, j'vais me coucher, j'suis épuisée... ^^)

Bonne lecture


Chapitre 3 : A cappella (sans accompagnement)

McGonagall avait déplié la carte du monde sur le sol de son bureau et, tout en tournant les pages d'un épais ouvrage relié de cuir noir, donnait de temps à autre des coups de baguette dessus. Ses sourcils formaient une ligne noire inquiétante et son regard faisait des aller-retours entre la carte et le livre.

- Que faites-vous, Minerva ? demanda Dumbledore.

- Je cherche Hermione… murmura la directrice en tournant deux pages d'une geste sec.

- Elle ne reviendra pas… répondit doucement l'ancien directeur.

- Qu'en savez-vous ? rétorqua Minerva en haussant le ton.

- Elle est morte…

Minerva ferma le livre d'un geste sec et se tourna pour toiser du regard son défunt collègue.

- Vous vous trompez ! Elle est bien vivante, il suffit juste de la localiser et de la ramener !

Dumbledore secoua la tête d'un air navré.

- Severus a ensorcelé cette carte ! Et tout est clair : elle est vivante ! s'enflamma McGonagall en se levant brusquement.

- Severus peut faire des erreurs… Qui vous dit qu'il ne s'est pas trompé ? chuchota Albus.

Minerva s'approcha du portrait et planta son regard dans celui de Dumbledore.

- J'ai confiance en Rogue… dit-elle en détachant bien les syllabes. Il n'a pas fait d'erreur, à moi de faire mon travail.

- Personne n'est infaillible, répondit Dumbledore.

- Vous le premier ! s'exclama McGonagall.

Elle se saisit du tableau et le retourna, face contre le mur. Alors qu'elle allait se remettre au travail, un hibou tapa à sa fenêtre, lui apportant la gazette du sorcier. Elle jeta un coup d'œil rapide à la une du quotidien, puis le jeta loin d'elle. Elle était contente que les enfants touchés par le sort de Voldemort soient vivants, mais sa priorité restait Hermione. Elle fit apparaître une tasse de thé, et se replongea dans son livre. La solution était forcément quelque part, à elle de la trouver.


- Comment va Tonks ? demanda Ginny d'une voix fatiguée.

Harry eut un petit sourire, prit une chaise qu'il installa près du lit de son amie et s'assit confortablement.

- Bien. Elle est restée à la maison aujourd'hui pour s'occuper de James. Il a hâte de pouvoir rejouer avec Rose et Hugo.

Ginny hocha la tête et baissa les yeux. Elle n'arrivait pas à croiser le regard du survivant.

- James… est perturbé en ce moment. Même s'il n'a pas participé aux évènements, il a compris ce qui s'était passé, reprit Harry. Et tes enfants doivent être complètement traumatisés. Ca leur ferait peut-être du bien de tous se retrouver. Pour jouer, être des enfants, tout simplement.

Harry prit la main de Ginny dans la sienne et la serra doucement. La poursuiveuse frissonna.

- Et ça te permettrait de souffler un peu. Elle va revenir, j'en suis certain. Aussi, relève la tête et sois forte. Tu en es capable.

- C'est dur de ne pas savoir… Où est-elle ? Que fait-elle ? Pourquoi n'est-elle pas encore là ?

Elle dégagea sa main de celle d'Harry et se leva.

- Je vais rentrer avec les enfants à la maison. Si Hermione revient, c'est le premier endroit où elle ira.

Harry soupira. Ginny se trompait. Si Hermione devait débarquer quelque part, ce serait forcément à Poudlard.

- Repose-toi encore une journée ici. Laisse-moi m'occuper d'Hugo.

- Tu es sûr ?

- Je suis son parrain, c'est mon rôle. Et puis, j'ai entendu dire que Rose s'amusait vraiment avec Severus.

- Laisse-moi deviner : il lui apprend à faire du polynectar ?

Harry éclata de rire.

- C'est presque ça !


- A quoi tu penses, parrain ?

Rose remuait la potion de trois coups de louche avec des mouvements fluides. Elle observait avec attention le léger bouillonnement de son chaudron, mais jetait de temps à autre des regards en biais en direction de Severus. Ce dernier avait le visage plus sombre que d'habitude et ses sourcils étaient froncés.

- Occupe-toi de ta potion… rétorqua-t-il sèchement.

- Tu penses à marraine ? demanda la petite fille en ajoutant une pincée d'herbe.

Rogue la foudroya du regard, mais n'ajouta rien. Il se pencha et observa la potion, puis hocha la tête.

- Potable… murmura-t-il. Coupe le feu, nous allons la mettre dans des fioles.

- Si t'es amoureux, tu n'as qu'à lui dire, c'est pas compliqué !

- Ce sont bien des réflexions de gamine…

- On t'a jamais dit que la vérité sortait de la bouche des enfants ?

- Celui qui a osé proférer pareille bêtise n'a jamais enseigné à Poudlard, rétorqua sèchement Rogue.

- En attendant, t'es tout seul et elle aussi. Et je crois qu'elle t'aime bien.

Rogue haussa un sourcil et soupira discrètement. Si McGonagall avait l'habitude de jeter des sorts pour montrer son affection, elle était aussi tordue que lui. Il se saisit de quelques tubes de verre, d'une louche et commença à verser la préparation.


Hermione avait passé la journée à réfléchir, à l'ombre de la maison. Ses options étaient minces. En fait, elle n'avait pas le choix. Elle finirait bien par retourner dans son époque mais elle avait un long chemin à parcourir.

Elle s'étira mollement et regarda le soleil se coucher par la fenêtre. D'ici une demi-heure, il ferait nuit noire, et elle se mettrait à chasser le loup-garou. En attendant, elle voulait faire le point une dernière fois. Voldemort était sorti de l'arche à cause d'elle. Mais qui lui a dit que c'était une porte de sortie ? Et surtout, comment a-t-il su qu'il pourrait s'échapper à ce moment précis ?

Admettons que la chance ait joué là-dedans. Comment Nott, qui est un sorcier moyen, a-t-il réussi à lui rendre son corps ? C'était forcé, quelqu'un tirait les ficelles. Mais dans quel but ? A première vue, elle pouvait se sentir visée. Après tout, à peine revenu, Voldemort avait enlevé ses enfants et avait voulu la tuer. Ce qui aurait marché si elle n'avait pas sorti Grindelwald de prison. Qui aurait intérêt à la voir morte ?

Hermione haussa les sourcils. Elle n'en avait aucune idée. Certes, elle avait des ennemis, mais aucun n'aurait pris le risque de tirer Voldemort de sa tombe. C'était forcément l'œuvre d'un fou machiavélique, prêt à tout pour arriver à ses fins, même au pire. Et elle ne connaissait personne répondant à cette description. Il y avait forcément quelqu'un, mais elle ne savait pas encore qui. A elle de le découvrir… Elle soupira longuement. Elle nageait en plein brouillard et n'avait personne pour l'aider.

Elle se leva, s'étira et quitta la maison. La nuit tombait, et elle voulait être la première personne sur qui tomberait le loup-garou. Son plan sur le papier était simple : endormir la créature pour sa dernière nuit de pleine lune puis apprendre à Jehtro à faire la potion tue-loup. Epuisée d'avance, elle s'engagea dans les ruelles du village et se dirigea vers la sortie. Au loin, le désert s'étalait et, en tendant l'oreille, elle pouvait entendre le bruit des vagues.

Elle s'éloigna de plusieurs de mètres du village puis s'assit dans le sable, attendant la venue du loup-garou. Devant elle, le désert s'étendait à perte de vue. Légèrement sur sa droite, un grand chantier avec un ravin de plusieurs mètres de profondeur. De minces échelles branlantes permettaient d'atteindre le fond.

« Surement les fondations d'une statue… » pensa-t-elle.

Elle sifflota et dessina dans le sable, pour tuer le temps. Le loup-garou n'allait sûrement pas tarder.

« La bête ne résistera pas à un tas de viande tendre et fraîche » pensa-t-elle, amusée.

Et effectivement, une heure plus tard, un grondement sauvage résonna près d'elle. Hermione se leva, épousseta sa toge et leva les mains, prête à combattre.


Rogue fermait hermétiquement la dernière fiole de potion sous le regard attentif de Rose quand la porte de la salle de classe s'ouvrit brutalement, tapant violemment le mur de pierre. Rogue leva les yeux, agacé, prêt à aboyer sur le visiteur quand il rencontra le regard de McGonagall. Cette dernière tenait un livre épais sous le bras ainsi que plusieurs parchemins jaunis écrits à la main et semblait agitée. Severus posa doucement la fiole sur le bureau et haussa les sourcils.

- Que se passe-t-il ? demanda Rogue en sortant sa baguette.

- Venez avec moi au manoir des Nott. J'ai une piste.

- Tu sais où est maman ? Je peux venir ? demanda Rose, toute excitée.

Minerva regarda la petite fille avec tendresse et lui caressa les cheveux.

- Je ne veux pas te donner de faux espoirs. Je préfère que tu restes ici.

Rose acquiesça lentement, se mordant les lèvres.

- Va rejoindre ta mère à l'infirmerie. Elle sera contente de te voir… ajouta la directrice.

- D'accord. Merci pour le cours, parrain ! s'exclama Rose en quittant la salle.

Rogue haussa les épaules en la toisant du regard puis eut un rictus en remarquant le léger sourire de McGonagall.

- Aurais-je raté quelque chose d'amusant ? demanda-t-il de sa voix doucereuse.

- Vous ne comprendriez pas, Rogue, répondit Minerva. Nous partons ?

Severus acquiesça, et suivit son ancienne collègue dans les couloirs du château. Une fois dans le parc, ils se dirigèrent vers la sortie et, ayant passé les lourdes grilles de Poudlard, ils transplanèrent.


Le loup-garou approchait lentement, debout sur ses pattes arrières, sa longue queue de fourrure traînant dans le sable. Ses yeux injectés de sang ne quittaient pas sa proie. Proie qui avait les jambes légèrement fléchies, les mains levées, prêtes à toute action.

- Allez… approche, viens me croquer… murmurait Hermione.

Sa respiration était calme, elle ne tremblait pas. Elle ne quittait pas le fauve du regard, et attendait le bon moment pour jeter son sort. Son plan était simple : un expelliarmus pour le déstabiliser et l'engourdir un peu, puis un sort de sommeil. Le seul petit problème : la rapidité et la force du loup-garou.

Le lycanthrope eut un grognement sourd, puis bondit sur Hermione. La sorcière plongea sur le côté, évitant les griffes de la créature et dirigea sa main sur lui. Elle jeta son premier sort, mais le loup garou l'évita souplement.

Le lycanthrope décrivit un large arc de cercle autour de la sorcière, cherchant la faille dans la défense de cette dernière. Hermione avait les mains levées devant elle, prêtes à jeter un sort. Elle se mordit la lèvre. Elle ne voulait pas faire de mal à cette créature, mais elle n'hésiterait pas si sa vie était menacée.

Soudain, le loup garou se dirigea rapidement vers elle. Hermione eut un petit sourire. Elle allait abaisser la main pour jeter son experliarmus quand une voix la déconcentra.

« - Je vous ai enfin trouvé, miss Granger ! » s'exclama une voix grave, sur un ton badin.

Hermione sursauta, et abaissa trop violemment la main. Le sort toucha de plein fouet le loup garou qui s'envola dans les airs, puis disparut dans les profondeurs du ravin.

- Non ! cria la sorcière en se précipitant vers le point de chute du lycanthrope.

Elle s'agenouilla au bord du précipice, et scruta les profondeurs sans rien voir.

« - Un problème, Miss ? »

- Pas maintenant, Dumbledore ! s'exclama Hermione, agacée. Lumos !

Une petite boule de lumière jaillit de l'extrémité de ses doigts, et la sorcière la lança vers le fond du ravin. Quelques secondes plus tard, elle remarqua le corps d'un homme, désarticulé. La sorcière recula vivement, et s'allongea dans le sable.

« - Que se passe-t-il ? demanda l'ancien directeur. Je vous sens contrariée… »

- Sortez de ma tête ! hurla Hermione. Vous ne pouvez pas débarquer comme ça, sans prévenir ! A cause de vous, je viens de tuer un homme !

- Je venais vous aider… répondit piteusement Dumbledore.

- Partez ! Je ne veux plus vous entendre !

- Mais…

- Je n'ai pas besoin de vous !

Hermione voulait faire partir le vieux sorcier de son esprit, mais ne savait comment faire. Aussi, elle se concentra et laissa exploser sa magie. Le paysage autour d'elle devint flou, et elle se sentit comme compresser dans un tuyau, n'arrivant pas à respirer. Quelques secondes plus tard, elle heurta le sol et tomba de tout son long sur une espèce de rue pavée. Elle leva les yeux, essuyant du revers de la main la poussière sur son visage et déglutit en se voyant au milieu d'une ville en feu. Devant elle, un immense cheval de bois se dressait fièrement sur une grande place, et la lueur du feu éclairait des centaines de corps ensanglantés aux yeux vitreux. Cependant, elle entendit des pas derrière elle et se retourna rapidement. Un homme vêtu d'une armure de bronze gravée de runes se tenait devant elle et pointait une épée sur sa gorge. Hermione sentit la panique monter en elle. Elle était encore dans de beaux draps.


McGonagall tournait lentement autour du corps de Grindelwald, toujours suspendu dans les airs. Elle effleurait du bout de sa baguette la lueur noir qui entourait le vieux sorcier et fronçait les sourcils. Rogue était derrière elle, quelque pas en retrait, les bras croisés sur son torse, un rictus ironique sur ses lèvres.

- Alors Minerva, quelle est votre brillante idée ? demanda-t-il de sa voix doucereuse.

La directrice ne répondit pas, se contentant de relire les notes manuscrites des parchemins jaunis qu'elle tenait puis soupira.

- J'ai avec moi de vieilles études écrites par Albus dans les années 1930, alors que Grindelwald était au sommet de sa gloire…

- Où les avez-vous trouvées ? demanda Rogue avec un haussement de sourcil.

- Dans la bibliothèque, coincées entre les pages d'un recueil de magie temporelle. Il s'avère que Grindelwald est un mage temps.

- Et alors ?

- Ce n'est qu'une supposition, mais imaginez que Grindelwald voulait bloquer Hermione dans le temps, ou l'envoyer pour je ne sais quelle raison dans le passé ou le futur. Hermione se sera défendue et le sort s'est retourné contre Grindelwald. Cependant, quelque chose a mal tourné…

- De toute évidence! répliqua Rogue sur un ton ironique. Votre conclusion ?

- Hermione est toujours vivante, mais dans une autre époque… murmura McGonagall, observant toujours le mage noir.

- Comment en être sûr ? demanda l'ancien maître des potions avec humeur.

Minerva se retourna et planta son regard dans celui de son ancien collègue.

- Si nous demandions à Remus Lupin ?


Voili voilou !

LA suite la semaine prochaine ! En espérant que ça vous a plu, je vous souhaiteu n très bon week-end !

Bises,

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