Chapitre 2
Je n'en croyais pas mes oreilles et mes yeux. Premièrement, ces garçons étaient complètement givrés. Et le mot n'est pas assez fort pour décrire comment ils étaient timbrés. En particulier les deux grands bruns. Ceux-là étaient vraiment immatures, je n'y croyais tout simplement pas. Tout au long du chemin menant au bureau de Dumbledore, ils faisaient les fous, draguaient toutes les filles qui passaient – et ce devant la petite amie de James – lançaient des insultes aux autres garçons. Enfin bref, ils faisaient les immatures. Le petit gros lui les suivaient et faisaient comme eux. Seul le plus grand, Remus, semblait calme et posé. Il les laissait faire leurs singeries sans broncher, mais sans toutefois y participer.
Tout le monde se retournait sur mon passage, comme si j'étais un animal de foire. Sirius criait : «C'est un espion de Vous-Savez-Qui!» Sans arrêt. Alors, tout le monde se retournait et me regardait, horrifié.
Finalement, Remus se fatigua d'entendre Sirius répéter la même chose :
-Patmol, tais-toi s'il te plaît. Ce n'est pas un espion de Tu-Sais-Qui, tu en es parfaitement conscient. Alors laisse-le tranquille !
-Wow, calme-toi Lunard, je fais que rigoler !
-Et bien rigole d'une autre manière !
-T'as vraiment aucun humour toi ! répliqua Sirius, vexé.
Lily restait silencieuse. Elle semblait troublée, perdue. Je remarquai qu'elle évitait de croiser mon regard. Ses yeux étaient fuyants, elle semblait avoir chaud, très chaud. Son visage était tout rouge, mais je ne savais pas à quoi cela était dû. Je regardai James, pour voir s'il avait remarqué que sa petite amie n'allait pas bien, mais il continuait de parler avec Sirius et de draguer les autres filles. Je décidai alors de m'approcher un peu d'elle pour lui parler. Je demandai d'abord la permission à Remus, qui me tenait le bras par mesure de précaution, puis je m'approchai doucement d'elle.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demandai-je.
Elle me regarda, surprise, baissa aussitôt son regard et rougit encore plus.
-Je vais très bien, répondit-elle d'un ton peu assuré.
-Oh, oui, c'est ce que je vois, votre visage est tout rouge, vous semblez avoir chaud, votre regard est fuyant, et vous tentez de me faire croire que vous allez bien ?
Cela sembla la gêner encore plus.
-Oui, je… je suis un peu souffrante, dit-elle en toussant artificiellement.
-Laissez-moi vérifier si vous ne faites pas de fièvre. Cela peut être très grave vous savez, vous pouvez en mourir.
Je m'arrêtai de marcher, elle fit de même. J'approchai doucement ma main de son front et y en collai le dos. Soudain, elle leva son regard sur moi. Ses yeux croisèrent les miens et je fus captivé par leur beauté. Des yeux magnifiquement verts, avec une sorte de petite étincelle scintillante tout au fond. Je me perdais dans cet océan d'émeraude, je ne me retrouvais plus. Mais soudain, une sorte d'éclair traversa mon esprit. Ces yeux… C'était ceux de Harry Potter. Exactement les mêmes.
Je sortis alors de mon hébétude, retirai ma main de son front et baissai les yeux. Les quatre autres garçons, voyant que je m'étais arrêté, s'était arrêté eux aussi et me regardaient, l'air mauvais. En particulier James, qui était devenu rouge de colère.
-Toi, tu ne t'approches plus jamais d'elle c'est compris ? dit James, les dents serrées.
-Compris, répondis-je en déglutissant.
Les trois autres, même Remus, semblaient d'accord avec lui. Alors je n'avais pas trop le choix. Nous reprîmes notre route vers le bureau du directeur, beaucoup plus silencieusement cette fois. Sirius, James et celui qu'ils appelaient Queudver ne faisaient plus les âneries qu'ils faisaient avant cet intermède. Au moins, j'avais réussi à les calmer. Nous arrivâmes finalement à une statue de pierre.
-Patmol, c'est quoi le mot de passe ? demanda Remus à l'intention de Sirius.
-Pourquoi je le saurais, moi ?
Remus le regarda sévèrement.
-Peut-être parce que tu fréquentes régulièrement ce bureau, dit celui-ci.
-Ce n'est pas vrai ! Je n'y vais qu'une seule fois par semaine ! Et en plus, James est avec moi une fois sur deux !
-Le mot de passe, Patmol.
-Poubelle, répondit celui-ci d'une petite voix, l'air renfrogné.
-Poubelle, répéta Remus à la statue de pierre.
Soudain, elle bougea et laissa apparaître un escalier, aussi de pierre. Tous les cinq montèrent avec moi, même Lily. Nous arrivâmes finalement devant la porte. Avant même qu'on ait le temps de toquer, la porte s'ouvrit d'elle-même.
Nous entrâmes prudemment, tentant – en vain, malheureusement – de ne pas faire de bruit. À l'intérieur, nous ne vîmes personne. Seul Fumseck, le phœnix de Dumbledore reposait sur son
perchoir. Il était minuscule et il était sur un tas de cendres ; il venait donc tout juste de renaître. Je m'en voulais d'avoir manqué cela. J'ai toujours rêvé de voir un phœnix renaître de ses cendres…
Lily s'approcha tout doucement de Fumseck.
-Qu'est-ce qu'il est beau, murmura-t-elle.
Je fus le seul à entendre ces paroles, comme si elle avait voulu me faire passer un message.
-C'est un vrai phœnix ? demanda-t-elle à James.
-Je suppose, oui. Pourquoi aurait-il un faux ?
Sur cette blague de mauvais goût, James, Sirius et Queudver éclatèrent de rire. Lily reporta son attention sur le phœnix, exaspérée de ces stupidités. Je les regardai, du même regard que celui que Lily leur avait lancé quelques secondes plus tôt, mais ils ne l'accueillirent pas très bien venant de ma part. Ils me lancèrent un regard noir, ce qui me fit sourire instantanément et impulsivement. Mais pourquoi, oh pourquoi venais-je de sourire ? Cela ne fit qu'augmenter leur rage et aussitôt, James et Sirius se lancèrent sur moi afin d'engager une bataille. À deux contre un, je n'avais pas beaucoup de chance de m'en sortir.
Je reçus énormément de coups dans le ventre, ce qui coupait ma respiration pendant plusieurs secondes. Également, James m'envoya un bon coup de poing sur le nez, ce qui eut pour effet de le casser. J'entendais des gens hurler, mais je ne distinguais pas ce qu'ils disaient, ni qui parlait. Après quelques minutes de massacre, je pensais que j'allais mourir, que c'en était fini de moi. Je ne sentais plus mon ventre, je n'avais plus aucune force, le sang dégoulinait sur mon visage. Heureusement, à cet instant, Dumbledore arriva et, aussitôt qu'il vit les deux garçons en train de battre quelqu'un qui était par terre, il agita sa baguette magique et James et Sirius se retrouvèrent en l'air, suspendus par un pied.
Je toussai, je crachai mon sang, j'essayai de retrouver mon souffle. À mes côtés, je sentais une présence, mais je ne savais pas qui c'était. J'entendis une voix douce me murmurer à l'oreille : «Ne vous en faites pas, je suis là, ils ne vous feront rien, je vais vous soigner…» Ensuite, ce fut le noir complet.
Le lendemain matin, quand je me réveillai, je ne compris pas tout de suite où j'étais. Puis, je me rendis compte que j'étais à l'infirmerie de Poudlard. Avais-je fait un rêve ? Toute cette aventure n'était-elle qu'un simple rêve ? Quelques secondes plus tard, j'eu ma réponse.
-Vous êtes réveillé ! Ça va mieux, dites ? me demanda une voix.
Je tournai ma tête vers l'endroit d'où provenait la voix et aperçus Lily.
-Oui, on peut dire que ça va, répondis-je avec un petit sourire.
-Tant mieux, dit-elle en me rendant mon sourire.
Je la regardai attentivement, gravant chaque parcelle de son visage dans ma mémoire. Puis, je me souvins de ce qui s'était passé la veille.
-Dites-moi, qu'est-il arrivé après la bagarre ?
-Vous vous êtes évanoui, James et Sirius ont été suspendus pour 3 semaines et Dumbledore a déclaré que vous n'étiez pas un espion de Tu-Sais-Qui, me répondit-elle en riant.
-Oh, déjà un bon point d'éclaircit, dis-je en riant aussi.
-Dumbledore veut vous rencontrer seul à seul pour que vous lui racontiez ton histoire.
-Bien, alors j'y vais, dis-je en amorçant un mouvement pour me lever.
-Non, non vous ne pouvez pas, vous n'êtes pas encore rétabli ! répliqua-t-elle en me repoussant dans mon lit.
Cela me fit rire.
-Qu'est-ce que vous trouvez drôle ? dit-elle.
-Rien, je vous assure.
-Bon, alors vous restez là et vous vous reposez. Moi j'y vais, je dois aller en cours.
-Vous partez déjà ? dis-je d'un ton triste.
-Oui, je dois y aller.
-Vous ne préféreriez pas aller vous promener à Pré-au-Lard avec moi ? lui demandais-je.
-J'adorerais, mais je dois absolument aller en cours, répondit-elle.
-Aller, aujourd'hui, vous n'avez pas école ! Viens ! dis-je en me levant.
Je mis un pantalon et une chemise et je l'attrapai par le bras en l'entraînant dehors.
