Coucou !
Voici donc le Chapitre 1 Partie 1 de Burning Moon (le seul chapitre que je diviserai en deux, je ne pouvais pas faire autrement vu sa longueur). J'espère que ça vous consolera de l'imminence de la rentrée scolaire ^^
Réponse à la review anonyme :
LifeRissa : J'espère que tu as passé de bonnes vacances et que tu as aimé ton séjour à Paris (moi j'étais dans un trou paumé, dans un département dont j'ignore le nom et où il n'y a pas de réseau, mais je ne m'étendrais pas sur ce sujet déprimant ^^') ! Le prologue : je sais qu'il laisse assez perplexe, en fait c'est un peu le but. La falaise et la mer sont en réalité plus des « symboles », une référence au don d'Allie qui s'oppose à l'élément aquatique et à sa peur de l'eau. Mais il y a aussi une part de prémonition dans ce rêve. Quant aux yeux de l'inconnu, tu as touché juste encore une fois ^^/Bizarrement, je n'ai pas encore prévu de faire un PDV d'ennemi, à vrai dire Allie a une famille tellement immense que je me concentre sur ses membres d'abord ! Si l'extrait t'a autant amusée, je pense que le reste du chapitre et de la fiction en général te plaira, elle est truffée de répliques mesquines totalement inutiles que s'envoient les différents personnages ! ^^ Quant à ta question sur Lily, j'y avais déjà réfléchi et je ne pense pas qu'elle pourrait inverser son don, ça ne correspond pas du tout à son caractère. Mais si elle tombait en dépression ou un truc du genre et qu'elle arrêtait totalement d'attirer les gens, elle leur paraitrait soudainement fade et sans intérêt.
Chapitre 1 Partie 1
PDV d'Allie Black
06h 50, 03 septembre
-Tu ne me rattraperas jamais, Uley ! criai-je sans un regard en arrière.
Bon sang, il faut vraiment que je passe moins de temps en compagnie d'oncle Paul…
Cette réflexion intérieure ne m'empêcha pas d'accompagner ma tirade d'un éclat de rire. J'étais heureuse.
Aujourd'hui, le soleil brillait sur La Push -un vrai miracle-, mon imprégné était avec moi et la vitesse était grisante. Autant de raisons d'être de bonne humeur, surtout que j'étais en train de gagner la course, même si c'était devenu une habitude : mon seul et unique concurrent était plus connu pour sa force que pour sa vélocité. Lui et moi faisions cette course matinale depuis notre préadolescence et je n'avais encore jamais perdu. Je n'avais pas l'intention de perdre un jour, d'ailleurs… Le passe-temps favori de mon frère Will était de sauter sur chaque occasion se présentant pour de se moquer de moi –pas question de lui en offrir une de plus.
Je courrais à toute allure dans les bois de la péninsule d'Olympic, slalomant entre les arbres immenses qui jalonnaient ma route. Le vent sifflait à mes oreilles et s'engouffrait dans ma chevelure, la faisant virevolter dans toutes les directions. Parfois, de folles mèches brunes obscurcissaient mon champ de vision, ce qui ne me gênait pas trop étant donné que je connaissais le trajet par cœur et que j'aurais pu le parcourir les yeux fermés. Mon ouïe suffisait largement à me guider : j'entendais jusqu'aux sons qu'émettaient les animaux sauvages (enfin, ils étaient toujours moins sauvages que nous autres immortels) en s'enfuyant sur mon passage.
J'adorais ces sensations diverses. J'adorais ce sentiment de liberté. J'adorais laisser mon esprit vagabonder de la sorte. Et la concurrence rendait ça très excitant, même si j'étais sûre de gagner.
L'état de mes Converses rouges déjà trouées empirait à vu d'œil par la faute de mes pieds qui foulaient trop rapidement le sol, mais je m'en fichais. Je ne faisais aucun effort pour éviter de rencontrer des dommages collatéraux comme les feuilles, les cailloux ou les branches d'arbres -la raison pour laquelle mon jean lui aussi était tâché de vert. De plus, j'avais pour habitude de tricher allégrement et d'emprunter des passages étroits où le loup-garou ne pouvait me suivre, ce qui le ralentissait encore plus.
Je fus forcée de me refocaliser sur mon parcours lorsque j'entendis une branche craquer un peu plus loin sur ma droite, écrasée par un corps massif aux membres puissants. Mince, Matt était seulement deux kilomètres derrière moi –un fait rare. J'avais ralenti sans m'en rendre compte et il en avait profité pour accélérer.
-Tu es en forme aujourd'hui, me moquai-je à mi-voix en sachant pertinemment qu'il m'entendrait.
Pour toute réponse, un grognement vexé me parvint.
J'éclatai de rire et accélérai encore. Il ne me fallut que quelques secondes pour le distancer réellement et ne plus percevoir le bruit de ses grosses pattes sur le sol. Les battements de mon cœur augmentèrent leur fréquence. Il était rare que je doive piquer des sprints comme celui-ci : comme je l'avais déjà souligné, Matt était en forme.
Lorsqu'au bout de quelques kilomètres j'aperçus enfin le bord de la falaise qui était notre point d'arrivée, je redoublai de vitesse. Le moment où je m'autoproclamais gagnante de la course était trop agréable pour que je le retarde.
Mes pieds dérapèrent sur un tapis de feuilles morts, soulevant au passage un nuage de poussière. Bien entendu, ce qui devait arriver arriva : je freinai trop tard et mes chaussures glissèrent carrément sur le sol. Je récupérai de justesse mon équilibre et parvins à m'arrêter à seulement un mètre du bord de la falaise. Mon cœur battait la chamade.
Je jetai un coup d'œil mauvais aux vagues qui se fracassaient contre les rochers, une vingtaine de mètres en dessous de moi, comme si elles étaient responsables de mon dérapage incontrôlé. Je l'avais échappé de justesse. Tomber dans l'océan le jour de la rentrée scolaire était déjà une mauvaise idée, mais tomber dans l'océan tout court relevait déjà du suicide, pour moi. Je pinçai les lèvres.
Tout le monde aime sauter du haut des falaises. Tu n'es qu'une poule mouillée, Allie.
Un aboiement semblable à un rire se fit entendre derrière moi. Je fis automatiquement volte-face. Prunelles jaunes rieuses, court pelage noir comme la nuit, thorax imposant agité de soubresaut, langue pendante, un gigantesque loup noir me faisait face.
-Je te préviens Matthew Uley, si jamais tu révèles à mes frères que j'ai encore failli tomber dans cette fichue mer (le mot sonnait comme une insulte) je dis à mon père que tu préfères me courir après plutôt que de patrouiller le long de la frontière comme tu le devrais, m'exclamai-je en agitant un doigt vengeur devant ses yeux.
Matthew, alias mon compagnon de course, alias mon imprégné, souffla et abaissa la tête pour que son museau aille fourrager dans mon cou. Il savait que je blaguais : je n'utilisais jamais le statut d'Alpha de Papa pour obtenir quoi que ce soit. D'autant que c'était de ma faute s'il s'éloignait constamment de son chemin de patrouille. Il n'aimait pas spécialement courir, mais il savait que j'adorais faire la course avec lui.
-Bref, poursuivis-je en caressant les naseaux de Matt. Tu as encore perdu. Va falloir te muscler un peu.
Le loup-garou leva les yeux au ciel, mimique typiquement humaine que nos modificateurs plagiaient régulièrement. Il glissa sa tête contre la mienne, la fourrant dans mes cheveux, avant de me flanquer de légers coups de tête. Son regard dériva vers le sud : le message était clair. Aujourd'hui, il n'était pas question de traînasser. Nous étions à des kilomètres de chez nous et nous devions aller au lycée. Matt avait toujours été le plus raisonnable de nous deux.
-Tu tiens tant que ça à me voir faire ma rentrée à Forks High School ? Plaisantai-je. Il y a des moyens plus simples de se débarrasser de moi.
J'avais été scolarisée depuis mes onze ans au collège, puis au lycée de La Push dans lequel allait Matthew, qui avait un an de plus que moi. Mais cette année, mes parents nous envoyaient, mes frères et moi, au lycée de Forks où nous n'avions jamais mis les pieds. Cette décision était contestable et contestée, mais rien n'y faisait : nous étions condamnés à abandonner nos amis et à être les petits nouveaux.
Cette fois-ci, les yeux lupins de Matt se teintèrent d'un sentiment difficile à décrire : c'était entre l'appréhension, le manque et la tristesse. Je grimaçai. Compris : ne jamais évoquer avec légèreté une séparation de plus d'une demi-journée avec son imprégné. Si je ne vivais pas trop mal la chose, à part un creux étrange dans la poitrine, Papa m'avait appris que les loups-garous supportaient assez mal les éloignements de quelque nature que ce soit avec leur imprégnée.
Le loup émit un grondement sourd et pressa sa tête contre la mienne.
-Je sais, soupirai-je. Moi aussi je préférais largement aller au lycée de La Push. Mais étant malheureusement soumise à l'autorité de mes parents, je suis obligée de leur obéir. Bon, on rentre ?
Comme il acquiesçait du museau, maussade, je bandai chacun des muscles de mon corps et ânonnai pour la forme :
-Trois, deux, un... C'est parti !
Nous détalâmes.
Parcourir le chemin en sens inverse nous pris plus de temps qu'à l'aller pour diverses raisons. N'ayant aucune envie d'entamer ma première journée de cours à Forks, je traînassais, si bien que Matt n'avait aucun mal à se maintenir à ma hauteur. Pour ne pas être en reste, il s'amusait parfois à m'effleurer ou à me donner des coups de museau et je répliquais allégrement. Bref, il était sept heures passé lorsque nous nous séparâmes. Matthew fila vers sa maison, en plein cœur de La Push, tandis que je m'enfonçai dans la partie de la forêt située à exacte distance entre La Push et Forks.
Je pénétrai dans la clairière où se trouvait le chalet de ma famille. C'était une grande bâtisse en bois dotée de tout un tas d'extensions dues aux agrandissements successifs de la famille. Notre maison était située sur la frontière séparant les territoires des Quileute et des Cullen. C'était une lubie de mes parents qui avaient voulu ainsi montrer qu'ils n'appartenaient pas plus aux vampires qu'aux loups-garous, aux Cullen qu'aux Quileute. L'idée de base était bonne, mais il en résultait que le chalet, relié à la route nationale par un simple chemin de terre de plusieurs kilomètres, était paumé en pleine forêt. Les humains s'y perdaient régulièrement.
Je grimpai les marches du perron sur la pointe des pieds en espérant que personne ne m'entende. Mais au moment où ma main abaissait la poignée de la porte d'entrée, cette dernière s'ouvrit furtivement et Maman apparut sur le seuil, un air désespéré sur le visage.
-Avant de pénétrer dans cette maison, enlève-moi ces baskets crasseuses, Rosalice (elle prononça ce qui me servait de prénom avec lenteur en guise de punition). Je n'arrive pas à croire que tu sois sortie en forêt le jour de la rentrée scolaire !
Ma mère, Renesmée (oui, le goût pour les horribles prénoms était de famille) était une hybride issue de l'union d'une humaine et d'un vampire. Elle était sans doute la plus belle femme au monde, avec ses longues boucles cuivrées, ses grands yeux bruns, ses traits parfaits et sa peau d'ivoire. Ayant hérité du charme irrésistible des vampires, il était difficile de lui trouver des défauts, même pour moi. Elle était une mère plutôt cool, tolérante à certains égards et sévère quand il le fallait.
J'obéis docilement à son injonction et ôtai mes Converses rouges.
-Bonjour, Allie chérie, sourit-elle, satisfaite.
Je lui rendis son sourire et la laissai m'embrasser. Elle fronça le nez avant de s'enquérir :
-Est-ce que tu boudes toujours pour cette histoire de changement de lycée ?
Je fis semblant de réfléchir :
-Voyons voir… si à la fin de la journée je n'ai pas fait une overdose de Lily, si je n'ai pas tué Will et si j'ai rencontré des gens sympas, la réponse sera non.
-Tu as intérêt à ce que la réponse soit non, fit-elle en agitant son index.
Je constatai malgré tout qu'elle était plus amusée qu'autre chose. C'était ça le problème avec les parents trop jeunes (et pour l'être, Maman l'était, avec ses vingt-six ans au compteur) : ils trouvaient toujours le moyen de tout prendre à la légère.
-Va petit-déjeuner, m'intima-t-elle, toujours souriante. Tu es déjà très en retard.
Marmonnant entre mes dents, je passai devant elle et elle m'emboîta le pas. Nous pénétrâmes dans la cuisine ultramoderne du chalet. Attablés à une table, Papa et mes frères Elliot et William de respectivement dix-huit et quatorze ans dévoraient des montagnes de bacon, d'œufs, de pain et d'autres aliments non-identifiés. Grand et musclé, Papa avait le teint mat, des yeux foncés comme la nuit et des allures de géant. Dans la catégorie géant, Elliot n'était pas mal classé non plus, sauf qu'il était plus élancé et évoquait moins une montagne de muscles. Il avait les yeux marron de Maman et des boucles noires semblables aux miennes qui lui donnaient un air juvénile. A côté d'eux, Will paraissait nettement plus petit, bien que sa carrure promette déjà d'égaler la leur. Son visage était à l'opposé du mien ou de celui d'Elliot : ses cheveux, lisses mais en bataille, étaient de couleur auburn et ses yeux, plus foncés que ceux de Maman, venaient de son côté Quileute.
Maman s'empressa de s'assoir à côté de Papa pendant que je m'installai sur une autre chaise. J'agitai vaguement la main dans différentes directions en guise de bonjour.
-B'jour ma chérie, articula Papa qui mastiquait un énorme sandwich.
-Nous sommes en retard, annonça calmement Elliot. Enfin, surtout toi.
-Non, vraiment ? relevai-je platement tout en attrapant un pot de Nutella.
Il s'abstint de me fusiller du regard. Il était plutôt pacifique, même face à moi.
-On part dans un quart d'heure, me prévint-il, sachant que je n'étais pas une adepte de la ponctualité.
J'engageai immédiatement les hostilités, ces dernières ayant été suspendues durant les vacances d'été.
-Je serais à l'heure si tu me laisses conduire à ta place.
Elliot me jeta un regard moqueur.
-Je suis affligé de voir que tu te rabaisses à faire du chantage.
-Je propose simplement un arrangement à l'amiable ! protestai-je en étalant vigoureusement mon Nutella sur une tartine de pain.
-On peut auchi partir chans toi, persiffla Will, la bouche pleine. Cha te va, comme arranchement ?
-Toi, on t'as pas sonné ! le rabrouai-je. Tu t'incrusteras dans nos conversations quand tu auras ton permis ! Et quand tu parleras de manière compréhensible, aussi.
-Et c'est reparti, soupira faussement Papa, que nos joutes verbales amusaient plus qu'autre chose.
-Je préfère que tu ne conduises pas, Allie, objecta gentiment Maman. Il faut ménager les arbres du long de l'allée que tu as éraflés la dernière fois.
-Déracinés, plutôt, corrigea Will.
-La ferme, marmonnai-je.
Heureusement, ma tirade fut étouffée par la tartine de Nutella que je mastiquais. Je changeai de sujet :
-Vous avez pensé à m'inscrire sous le nom, d'Allie Black, hein ? Pas de Rosalice-machin-chose ?
Rosalie et Alice Cullen étaient les tantes de Maman. Je ne voulais pas savoir quelle substance illicite cette dernière avait ingéré le jour de ma naissance pour parvenir à mixer ces deux prénoms et en faire quelque chose d'encore plus démodé.
-Bien sûr, acquiesça Papa en me faisant un clin d'œil pendant que Maman levait les yeux au ciel, vexée.
-Merci. D'avoir sauvé ma vie sociale, je veux dire.
-Pff ! Qu'est-ce que ça change, quand il n'y a plus rien à sauver ? grogna Will.
N'étant pas spécialement timide, je n'avais pas de mal à me faire des amis, mais on se lançait souvent des réparties sans queue ni tête, Will et moi.
-Ca suffit, tous les deux, s'interposa Maman. Il ne nous reste que dix minutes pour vous faire un petit briefing à propos du lycée.
-Est-ce vraiment indispensable ? s'enquit poliment Elliot, ce qui était à traduire par « je n'en peux plus de m'entendre répéter trois cent fois la même chose alors que je ne suis même pas concerné ».
-Oui, acquiesça-t-elle fermement, ses yeux naviguant sans aucune subtilité vers Will qui faisait la tête.
Moqueur, Papa croisa les bras sur sa poitrine. Lui se fichait bien des règles de discrétion établies par les immortels côtoyant des humains, mais Maman était vraiment à fond là-dessus par la faute des Cullen qui avaient passé des décennies à aller au lycée (oui, ils devaient être sacrément désœuvrés pour retourner encore et encore dans cet endroit).
-Dois-je vous rappeler pourquoi nous vous avons fait changer de lycée ? poursuivit Maman de sa voix musicale.
-William, dénonçai-je d'emblée sans aucun remords.
Le concerné me fusilla du regard sans pour autant répliquer. Il savait que j'avais raison. L'élément déclencheur de notre transfert à Forks, c'était lui.
L'année dernière, Will vivait sa dernière année de collège à La Push. C'était durant cette période qu'il avait muté pour la première fois. Résultat : son cercle d'amis s'était agrandi à tous les membres de la meute et il avait commencé à passer plus de temps dans la forêt. Ajoutons à cela qu'étant un hybride un quart vampire, il était plus intelligent (difficile à croire mais vrai) que les humains et s'ennuyait ferme en cours : il avait donc commencé à sécher les cours, entraînant avec lui la plupart de nos cousins. Bien entendu, leurs parents avaient fait une syncope en recevant leurs bulletins et, même si nos propres parents avaient sauté la case syncope, ils n'avaient pas été très contents.
Maman avait eu la brillantissime idée d'envoyer Will au lycée de Forks où notre cousine Lily était déjà scolarisée afin qu'il puisse avoir de gentils petits camarades humains et raisonnables en remplacement des loups-garous tête brûlée et délinquants. Sous le fallacieux prétexte qu'on n'envoyait pas une fratrie dans deux lycées différents, nos parents avaient réussi à nous inscrire à Forks aussi, Elliot et moi. Je ne me faisais pas d'illusion : Elliot et Lily allaient probablement servir de chaperons. Génial. Mes professeurs du lycée de La Push avaient applaudi cette décision, soulignant que me séparer de Becca, ma cousine et meilleure amie, et du « géant qui suit votre fille partout » ne pouvait me faire que du bien. Doublement génial.
En parlant de Maman, celle-ci se raclait la gorge :
-Vous allez à Forks parce que l'environnement y est plus propice au travail. (Beurk, étais-je la seule à trouver qu'elle parlait comme grand-père Edward ?) N'oubliez pas que là-bas, les élèves sont tous humains, pas comme à La Push où la moitié d'entre eux savaient ce que vous étiez.
-C'était le bon temps, soupirai-je avant qu'elle n'enchaîne sur un torrent de recommandations.
-Elliot, pas de téléportation, et Allie pas de pyrokinésie.
-Oui M'man soupirâmes-nous.
Elliot et moi étions dotés de pouvoirs qui à première vue semblaient cool, mais en apparence seulement. Elliot pouvait passer d'un endroit à un autre par la seule force de la pensée, mais son don était incontrôlable, imprécis et uniquement dicté par la peur. Par dessus le marché, il avait de graves impacts sur sa santé : fièvre, évanouissement... Il ne l'avait jamais utilisé depuis ma naissance ; nos parents y veillaient, surtout Papa qui lui avait juré qu'il passerait un mauvais quart d'heure s'il activait cette « saleté de truc vampirique ».
Quant à moi, mon pouvoir était davantage provoqué par la colère que par la peur : ma peau se mettait à luire et à chauffer jusqu'à en devenir incandescente. Quiconque me touchait se retrouvait aussitôt brûlé au troisième degré. Carlisle affirmait qu'en touchant une matière inflammable, je pourrais y mettre le feu, mais Papa m'avait prévenu que je passerais un quart d'heure encore plus mauvais que pour Elliot si je me découvrais des tendances pyromanes.
Maman poursuivit son exposé sur ce que nous ne devions pas faire :
-Ne montrez à personne vos capacités surnaturelles lorsque vous faites du sport.
-N'est-ce pas, Will ? lançai-je innocemment, faisant référence à la fois où il avait marqué tous les buts de son équipe lors d'un tournoi de volley.
-Les garçons, ne vous énervez pas, ne frappez personne, ne vous transformez pas, même si cela va de soit.
-N'est-ce pas, Will ? répétai-je, faisant cette fois référence aux quelques nez qu'il avait malencontreusement cassés au début de sa période je-suis-un-ado-loup-garou.
-Ne séchez pas les cours non plus, même si cela va de soit aussi.
-N'assassinez pas votre sœur et vice-versa, compléta Papa en riant. Même si c'est difficile.
-Pourquoi est-ce que j'ai l'impression d'être le seul visé ? se plaignit Will.
Elliot haussa les épaules.
-Tu es le seul d'entre nous à avoir enfreint toutes les règles en une seule année.
-Impressionnant, pour un gamin, commentai-je.
Je récoltai un énième regard noir.
-Tu sais ce qu'il te dit le gamin ?
L'arrivée de Lily interrompit cet étalage émouvant d'amour fraternel. Nous entendîmes le ronron du moteur de sa voiture juste avant qu'un crissement de frein signale qu'elle venait de se garer. Bien évidemment, elle entra sans frapper et apparut sur le seuil de la cuisine, précédée de peu par l'odeur de son parfum hors de prix. Ma cousine avait des yeux bleus pâles, une peau tout aussi claire et des cheveux dorés qui lui donnaient un air angélique. Sa beauté cultivée et sophistiquée était redoublée par le mascara et le gloss qu'elle avait appliqués sur ses cils et ses lèvres souriantes.
-Salut ! Vous êtes prêts pour votre rentrée à Forks ?
-Oui, nous sommes parés pour entrer dans la fosse aux lions, déclarai-je.
Son regard acéré de fashion victime tomba sur mes vêtements
-Allie, qu'est-ce que c'est que ce jean tâché ?
-Je vais aller me changer, maman.
Je m'essuyai la bouche avec ma serviette et sortis de la cuisine en trombe avant qu'elle ne trouve le moyen de critiquer la couleur de mes chaussettes. Je n'avais rien contre Lily, mais nos caractères n'étaient pas du tout en accord. Je l'entendis vaguement demander avec incrédulité :
-Est-elle encore partie dans la forêt ce matin ?
-C'est le seul moyen d'avoir de l'intimité avec Matthew, chantonna Will.
-William ! gronda Papa d'un ton offusqué.
Bon sang, comment un ado de quatorze ans pouvait-il avoir des idées aussi mal placées ?
Je montai à l'étage supérieur où se trouvaient nos chambres et les salles de bain. Je passai silencieusement devant la chambre de Sarah et Liza, mes petites sœurs jumelles de huit ans qui dormaient encore, n'ayant rien à faire de leurs journées puisque chez les Black-Cullen, on n'allait à l'école qu'à partir de onze ans compte tenu du fait que les enfants ont plus de mal à cacher leurs capacités surnaturelles.Des enfants immortels parmi les humains auraient créé des problèmes du style : « regardez maîtresse, je sais grimper aux arbres à la vitesse de la lumière ! »
M'engouffrant dans ma chambre, j'attrapai le premier jean de mon armoire et l'enfilai à la place de celui qui était tâché. Je balançai ce dernier dans mon panier à linge sale, pris mon sac de cours et redescendis aussi vite à la cuisine. Celle-ci avait été désertée par Elliot, Lily et Will. Seuls restaient mes parents qui, enlacés, échangeaient un baiser langoureux.
-Répugnant, commentai-je. Je comprends pourquoi les autres sont partis.
Maman n'eut même pas l'amabilité de rougir. Elle commençait à avoir l'habitude.
-Continue à trouver ça répugnant pendant quelques années, claironna Papa.
J'éclatai de rire.
-Tu peux toujours rêver ! A ce soir !
-Passe une bonne journée ! Crièrent-ils en chœur avant de recommencer à explorer leurs amygdales respectives.
Je sortis du chalet. La voiture d'Elliot, une Bentley continental gt noire, et celle de Lily une Lamborghini Murcielago rouge, étaient garées au pied des marches. Je me dirigeai machinalement vers la voiture de mon frère, mais celle-ci démarra, bondit en avant et en un quart de seconde se retrouva loin devant moi.
-Lâcheurs, maugréai-je.
Je sais, ça ne raconte pas grand-chose que vous ne sachiez déjà. Je vous avais prévenus que les bouts de chapitres n'étaient pas autosuffisants, c'est pourquoi je ne recouperai plus mes chapitres en deux. La deuxième partie est plus intéressante.
J'en profite pour préciser que les Cullen n'apparaîtront pas avant le chapitre 7, il y a tellement de personnages qu'ils n'auront pas un rôle aussi important que dans le tome 1. Les PDV d'Allie auront le monopole jusqu'au chapitre 4 inclus.
J'ai écris 6 chapitres en tout pendant les vacances. Je sais que ce n'est pas un exploit, mais je me suis appliquée et cela permettra un rythme de publication régulier pendant le premier mois : je posterai donc tous les 10 jours environ, mais cela pourra descendre à 7 jours si j'écris vite ou monter à 15 si je prends du retard.
Comme ceci n'était qu'un demi-chapitre, le chapitre 1 partie 2 arrivera dans une semaine, soit le 8 septembre.
