Salut le monde ! Voici un chapitre lâché au passage en parasitant la connexion internet de mon frangin (mouhaha !). Pour le moment, c'est... long et chiant, je l'avoue. Mais on effleure un peu le sujet central de cette fic et ça, c'est cool ! Alors par pitié pour un pauvre lynx en exil, accrochez-vous bien à l'histoire, sinon moi-même je n'y parviendrai pas.

P.S. : Au départ, le titre s'écrivait "Khimaira - N.U.C.A.", mais pour une raison tout à fait inconnue et indépendante de ma volonté, le site ne prend pas les signes de ponctuation dans les titres.

P.P.S. : Je vous remercie tous, sincèrement ! Et je suis navrée de ne pas avoir le net suffisamment régulièrement pour vous répondre à tous. Revieweurs, followeurs et autres favoriteurs de fics. Mais j'y pense fort fort fort, et vous me faites un plaisir immense en me suivant et/ou en me laissant un petit mot. Après tout, l'auteur de fic est une drôle de bête qui se nourrit de reviews, libre à vous de le laisser crever de faim ou pas ;)

Bonne lecture !


Gumi n'avait rien put dire à personne. La plume se trouvait sous son matelas. Elle aurait voulu le dire à Rin dès le matin, mais l'inspection des casiers avait brisé ses élans. Elle avait passé l'heure suivante à vider son bordel pour y mettre de l'ordre sous l'œil sévère de supérieurs aux airs guindés. Son petit déjeuner s'était déroulé à toute vitesse au vu du retard pris et Al ne lui avait laissé aucun temps mort excepté pour le déjeuner. Un repas affreusement frugal pour sa part. Chaque bouchée avalée lui donnait l'impression de gober des charbons ardents ou des bogues entières.

Sa journée à présent terminée, elle courait dans les couloirs en forme d'alvéoles en cherchant Rin, du regard et de la voix.

Elle finit par la dénicher dans un dortoir de cadets, futurs pilotes prometteurs. La blonde se tenait debout au milieu d'un cercle de préadolescents assis. Gumi ne put s'empêcher de penser à une sorte de rituel.

L'holograveur était posé aux pieds de Rin qui parcourait sa petite assemblée du regard.

- …à bord d'un vaisseau de légende dont la carcasse n'a jamais été retrouvée, l'amiral Megurine est partie à la conquête des étoiles pour sauver tous ceux qui vivaient sur le Mercury !

- Encore cette vieille histoire ?! s'exclama Gumi.

Toutes les têtes se tournèrent vers elle.

- Quoi ? Elle est très bien cette histoire, déclara Rin.

- On sait tous comment ça se termine. Luka s'est crashée, de même que le Mercury plus tard qui s'est abîmé en mer. C'est l'accident le plus meurtrier de toute l'histoire depuis que nous vivons dans ces forteresses volantes. Tout le monde l'entend en cours.

- C'est mieux quand Rin la raconte, répliqua un jeune garçon.

Ces paroles furent suivies de plusieurs murmures d'assentiment, eux-mêmes ponctués par un hochement de tête suffisant de la part de la concernée. Gumi sut alors que peu importe ce qu'elle pourrait dire, Rin était en territoire conquis, et pas elle. Alors elle se contenta de s'installer entre deux cadets en croisant les bras.

- La dernière fois que le Stargazer a émis un signal, c'était au-dessus des restes de la jungle amazonienne. Rien n'a jamais été retrouvé. Ni vaisseau, ni amiral Megurine. Et le Mercury s'est abîmé plus tard, après avoir alterné vol plané et chute libre pendant près de trois jours.

- Il devait être haut !

- Il était monté très haut. Le plus haut possible pour lancer le Stargazer le plus loin possible. Il lui fallait atteindre une autre forteresse dans les plus brefs délais. La courbe calculée aurait du dépasser la stratosphère.

- Mais pourquoi ils ont pas envoyés un autre vaisseau ?

Gumi se repassa en tête tout ce qu'elle connaissait à propos de l'évènement.

Le Mercury avait été un vaisseau serre, plus large que long ou haut, peu équipé en matériel de vol et volant souvent en rase motte. Il n'avait nullement le profil de vaisseau hybride du Spica qui permettait de nourrir et faire vivre près de 30 000 personnes tout en hébergeant des vaisseaux plus petits.

L'amiral Megurine Luka était connue et reconnue dans toutes les forteresses comme celle qui s'était sacrifiée en prenant les commandes d'un vaisseau inachevé, mais seul capable de parcourir en un temps suffisant les 8 500 kilomètres qui séparaient le Mercury de la forteresse la plus proche.

Gumi se dit qu'ils avaient joué de malchance. Un incident technique majeur couplé à une liaison radio catastrophique en raison d'une météo exécrable.

Tout c'qui faut pour être heureux, songea-t-elle.

La seule trace de l'accident à ce jour était les enregistrements laissés par Megurine. Ses appels à l'aide.

Les instructeurs semblaient tirer un plaisir sadique à les passer durant les cours où cette histoire était racontée. Gumi se rappellerait toujours de la voix de l'amiral Megurine, aussi calme et posée qu'elle pouvait l'être alors que résonnait en fond les alarmes de sécurité du Stargazer. Et jamais elle n'avait entendu Megurine demander de l'aide pour elle-même, mais toujours pour le Mercury qui sombrait lentement mais sûrement à des centaines de kilomètres de là.

Le message avait été reçu bien trop tard. Le temps que des équipes de secours soient organisées et envoyées, il ne restait plus rien. Ni Mercury, ni Stargazer, et aucun survivant.

L'holograveur de Rin afficha une maquette du Stargazer, de la bonne couleur pour une fois. Gumi restait admiratrice face à cette petite perle de la technologie volante. S'il avait eu le temps d'être achevé, il serait resté une référence dans le domaine de l'aéronautique. Malheureusement, il resterait dans les esprits comme le vaisseau d'une sacrifiée en vain, presque une martyre. Depuis onze ans déjà.

- Je continue à penser qu'il est mieux en argent et mauve, déclara Gumi.

Les néons du dortoir créaient des reflets sur la surface blanche et chromée de l'hologramme en 3D.

Rin se campa devant Gumi.

- Je peux savoir ce que tu fais là au final ?

- Je te cherchais.

- Pour quoi faire ?

- Pour parler.

La blonde poussa un soupir, visiblement agacée que sa camarade tourne autour du pot.

- Parler de quoi ?

Gumi eut un large sourire.

- D'oiseaux…


- Où as-tu trouvé ça ?

- Sur un des ponts extérieurs. Quand je suis sortie la nuit dernière.

Rin faisait tourner la plume immense entre ses doigts, la lorgnant d'un œil suspicieux.

- Elle fait près d'un mètre de long. Aucune espèce d'oiseau n'a des plumes aussi longues.

- Et les plumes de queue ? Celles des mâles ?

- Non. Regarde. Si elle avait été une rectrice, elle serait plate, légèrement courbée mais symétrique. Alors qu'ici, elle est clairement orientée.

La blonde passa un doigt sur le bord de la plume, plissant les barbules sous le poids de son geste.

- Il n'y a pas un nouveau projet de vol aux niveaux supérieurs ? Une lubie des ingénieurs ou quelque chose comme ça ?

- Al ne m'a rien dit. Et Neru non plus. Et puis…

Gumi caressa la plume à son tour avant de se frotter les doigts.

- … ça a pas l'air synthétique.

Rin hocha lentement la tête.

- On peut toujours aller jeter un coup d'œil à la bibliothèque, mais trouver quelque chose m'étonnerait beaucoup.

- Des livres…

- Oui Gumi, des livres ! Tu vas les ouvrir et chercher avec moi. Et pas la peine de faire la grimace.


Avec un sourire ravi, Gumi pianotait sur le clavier en plastique souple d'un pc épais comme une enveloppe. Les machines, elle connaissait. Les livres, c'était pour Rin qui avait assez de patience pour tourner les pages une par une et espérer tomber sur le sujet qui l'intéressait.

La bibliothèque numérique était bien plus rapide et simple d'utilisation. Il arrivait souvent à Gumi de se perdre de sujets en sujets au fil des pages de recherche, mais c'était toujours plus agréable que de devoir courir après un livre mal rangé dans les étagères démesurées.

Un tapotement sur son épaule la fit se retourner.

- Je peux savoir ce que tu regardes ?

C'était Neru et son habituel air impassible.

Gumi jeta un nouveau coup d'œil à son écran, tira une grimace face à la paire de souris blanches qu'on y voyait.

- Tu savais qu'au vingtième siècle, ils incisaient le flanc de souris et les recousaient ensemble pour en déduire les passages d'hormones d'une souris à l'autre ? Et souvent, une souris maigrissait alors que l'autre grossissait, comme si la première se faisait totalement aspirer par la seconde. C'est glauque hein ?

Sa déclaration n'eut pas le résultat escompté. Le visage de Neru restait désespérément neutre et n'affichait nullement le rictus de dégoût espéré.

- Et ça t'arrive souvent de faire des recherches sur les souris siamoises ?

Gumi pivota sur sa chaise.

- Non. Je cherchais des infos sur les oiseaux à la base. J'ai trouvé une plume hier soir et je voulais savoir à quelle espèce elle pouvait appartenir.

Un sourire léger, à peine un soulèvement des lèvres, se dessina sur le visage de Neru.

- Une soudaine envie d'œufs brouillés ?

- Carrément !

- Tu n'es pas à la diète ?

La bonne humeur de Gumi s'envola d'un coup.

- Comment t'es au courant ?

- Je suis plantée devant des écrans de surveillance quasi H 24, c'était dur de te rater. L'équipe s'est marré un moment d'ailleurs.

- Si j'avais le pouvoir d'effacer tous les fichiers de surveillance du Spica…

- Ma vengeance serait terrible.

- C'est un boulot de voyeur.

- Tu n'as même pas idée…

Gumi aurait préféré que Neru garde son masque impassible après ces mots, plutôt que la voir arborer ce rictus inquiétant.

Une sonnerie retentit soudainement dans le silence de la salle. Neru éteignit le biper à sa ceinture avant de repartir de la même manière qu'elle était arrivée. Sans un bruit, sans un signe, comme une ombre. Depuis qu'elle avait postulée aux communications et à la surveillance, et qu'elle avait été acceptée, elle s'était énormément éloignée de Rin et Gumi. Au grand regret de ces deux dernières.

Secrètement, Gumi espérait sincèrement que ceci ne se reproduirait pas avec Rin et ses examens de pilote. Autrement, elle se retrouverait seule.

Elle lança un coup d'œil à l'écran et à l'image des deux souris soudées par le flanc avant de tout fermer, de s'étirer et de se lever pour rechercher Rin entre les étagères. Elle la trouva au milieu d'une allée, assise à même le sol avec un vieux livre sur les genoux. Gumi s'assit près d'elle sans oublier de lorgner sur la page ouverte.

- T'as trouvé ?

L'aspirante pilote secoua la tête.

- Rien. Même le Condor n'a pas de plumes de cette taille.

- Et ça c'est quoi ? Un poussin ?

Gumi pointait une image du doigt. Un poussin clair, aux ailes étonnamment foncées. Comme si ce n'était pas les siennes.

- C'est une chimère. Un poussin de poulet avec des ailes de caille.

Elle regarda la photo d'un peu plus près. Le poussin, montré de dos, ses petites ailes déployées par des doigts bien humains, était trop jaune pour ses ailes trop brunes.

- Clonage ?

- Manipulation dans l'œuf lorsque le fœtus est à l'état de blastocyste. Tu n'as pas suivi en bio ?

- C'est chiant la bio. Je préfère les roulements à bille. C'est quoi un blastocyste ?

- C'est l'agglomérat de cellules en forme de mûre durant les premières semaines de développement de l'embryon.

- Une mûre, franchement… ?

- On a tous été des mûres.

Rin tourna calmement la page, laissant apparaître non pas un oiseau cette fois, mais ce qui ressemblait à une mouche.

- Ce sont… des yeux ?

Elle désignait du doigt une image sur laquelle une mouche de couleur claire avait le corps recouvert de boulettes d'un rouge vif, dispersées aléatoirement sur les pattes, l'abdomen et le thorax.

- Faut croire d'après la légende.

- Mais qu'est-ce que tu lis ?

- Un truc sur les mutations génétiques.

- On cherchait pas un oiseau ?

- Ton oiseau n'existe pas à l'état naturel, je ratisse plus large.

- Un oiseau mutant… Génial.

Quelques minutes passèrent où Gumi observa avec une drôle de sensation d'autres photos et schémas de mouches au physique particulier. Double paire d'ailes, antennes remplacées par des pattes bel et bien mobiles donnant aux insectes des airs d'araignées ailées, yeux totalement décolorés (mais au bon emplacement cette fois) au point qu'ils semblaient complètement absents.

- On dirait les monstres des vieux films de science-fiction, commenta la jeune mécanicienne.

- T'as vu les alevins ? Ils ont pas de tête.

Sur une photo marquée x40, des formes allongées présentées comme des alevins de Poisson-zèbre de un ou deux jours ne présentaient en effet ni œil, ni bouche. Ils n'étaient que des tas de viande. Un bout de corps collé à une queue et une paire de nageoires minuscules.

- Ca donne quoi une fois adulte ? demanda Gumi.

- Ca ne devient pas adulte. Ce n'est pas viable. Ils meurent après trois ou quatre jours.

- Quel intérêt alors ?

- Et bien… C'est grâce à ce genre de recherches qu'on a pu soigner ton bras lorsque tu t'es brûlée avec le fer à souder. Ta greffe de peau.

Gumi tira sa manche, laissant apparaître son avant bras gauche. Cette blessure était la première réellement grave qu'elle avait reçue. Brûlée au troisième degré sur toute une ligne du poignet jusqu'au coude, elle avait été admise d'office au bloc d'urgence. Pendant trois jours, sous perfusion, elle était restée avec le bras entouré de bandes imbibées d'un produit spécifique, à l'odeur forte, changées trois fois par jour.

Puis des médecins étaient venus, avaient retirés les bandes, exposant sa chair brûlée à l'air libre. Durant plusieurs heures, avec une simple anesthésie locale, elle avait observé les scalpels et les bistouris découper les chairs abîmés, puis la pose d'un filet clair et extrêmement mince qui s'était avéré être sa propre peau. Deux centimètres carrés prélevé sur son bras intact avaient été mis en culture et permettaient alors de soigner sa brûlure.

Aujourd'hui, la seule trace de ceci était une ligne dessinée sur son bras, entièrement dépourvue de poils. Aucune différence de pigmentation, pas de cicatrice… Du bon boulot.

Son estomac gargouilla violemment.

- C'est pas l'heure, commenta simplement Rin.

- J'ai rien avalé de correct depuis hier matin.

- De l'huile, ça te suffit pas ?

Gumi la cogna sur l'épaule.

- Tu mériterais que je te gave d'un bidon entier.

- T'en as encore pour longtemps ?

- Jusqu'à après demain.

- Je te passerai mes desserts.

Cette fois, Gumi se jeta dans ses bras.

- T'es une vraie sœur Rin !

- Ne crie pas. Et n'exagère pas non plus. Quitte à être une sœur, ce serait pas la tienne.

- Je prends ça comment moi ?

- Comme tu veux.

Elle ferma le livre d'un coup sec avant de se redresser.

- Allons essayer de te trouver quelque chose à grignoter en attendant le repas.

- Une super sœur… marmonna Gumi avant de se lever.


- Rin.

- Quoi ?

La blonde se redressa dans son lit en entendant que le matelas au-dessus de sa tête se soulevait.

- La plume, c'est toi qui l'as ?

- Non.

Elle n'est pas là.

- Comment on peut perdre un truc pareil ? Tu ne l'as pas prise à la bibliothèque ?

Gumi secoua la tête.

Elle jeta un coup d'œil circulaire autour d'elle, contemplant celles qui partageaient leur dortoir. Beaucoup étaient en train de se changer pour la nuit tout en discutant de leur journée. Elles les connaissaient toutes depuis des mois, des années même pour certaines. Il n'y avait que Rin qui ne l'avait pas quittée depuis la petite enfance. Et Gumi n'arrivait pas à imaginer une de ces filles en voleuse. Si l'une d'entre elle avait voulu jeter un coup d'œil à la plume, elle aurait simplement demandé. La vie en communauté forçait chacune à être partageuse si elle ne voulait pas avoir toute une partie du dortoir sur le dos.

Et la présence de caméras avortait toute tentative allant dans le sens du vol. La notion d'intimité s'en trouvait grandement diminuée, comme dans toutes les forteresses. Pour des raisons de praticité et de poids de matériaux, les portes étaient rares. Exceptés pour les douches et les toilettes, elles brillaient par leur absence.

Gumi laissa retomber son matelas dans un bruit sourd, s'attirant quelques regards curieux sans y prêter attention.

Elle s'accroupit et saisit le bras de Rin.

- Prends tes supers jumelles. On va faire un tour.


La nuit n'était pas tout à fait tombée, de sorte que le ciel rayonnait en tous sens de couleurs rougeoyantes. L'altitude donnait une impression de flou à l'horizon.

- C'est là que tu l'as trouvée ? demanda Rin.

Gumi confirma en pointant un endroit précis sur la plate-forme.

- Juste là. Et elle est tombée de là-haut.

Elle pointa cette fois son doigt vers les étages supérieurs du Spica.

Rin porta ses jumelles à son visage, effectua quelques réglages et commença à contempler les hauteurs.

- Il y a tout un tas d'endroits où un oiseau de grande taille pourrait se planquer, déclara-t-elle après quelques minutes d'observation silencieuse.

Gumi regardait elle aussi, de ses yeux non équipés.

- Ah ? Je crois que ça a bougé, lâcha la blonde. Attends, je vais grimper pour voir. Guide-moi.

Elle lui fourra ses jumelles dans les mains avant de retrousser ses manches et de s'avancer vers la paroi qui lui permettrait d'accéder aux plates-formes supérieures.

Gumi la regarda entamer son ascension calmement. Rin connaissait la plupart des prises par cœur et s'élevait sans difficulté. Elle ne craignait absolument rien pour son amie durant tout le temps que durerait la montée. C'est ce qu'il pouvait y avoir en haut qui l'inquiétait.

La créature à qui appartenait la plume disparue pouvait au final être n'importe quoi. Si même Rin, pourtant amatrice d'ornithologie depuis toute petite, envisageait une espèce modifiée, il y avait de quoi se méfier.

Et là où la blonde pouvait encore se fier à ses connaissances naturalistes sur le sujet, Gumi restait la proie de sa propre imagination. Débordante sans forcément être rassurante.

Elle commençait à trembler, sans savoir si c'était d'angoisse ou de froid, quand une voix grave appela son prénom.

- Je peux savoir ce que tu fous ici ?

La jeune femme se retourna pour tomber face à Al, lampe de poche en main, emmitouflé dans une couverture polaire.

- Je peux te poser la même question, répliqua Gumi.

- On a vu Rin passer devant un hublot du dortoir des hommes. Ca a fait tâche.

- Rin n'est pas une tâche.

Il lui ébouriffa les cheveux.

- Tu aurais mieux fait d'aller sagement au lit, fit-il en riant à moitié. Qu'est-ce qu'il y a là-haut ?

- Un oiseau.

- Et vous partez chercher des œufs à cette heure-là ?

Elle se contenta de secouer la tête.

- Un oiseau j'ai dit.

Al n'insista pas. Les humeurs de son apprentie pouvaient parfois valoir les siennes. Il se contenta d'observer la silhouette de Rin dans la pénombre. Cette dernière se hissa finalement sur une plate-forme élevée, se dérobant aux regards de Gumi et Al. Même avec les jumelles à détection thermique, Gumi avait du mal à situer la tâche rouge qui caractérisait Rin dans la fraîcheur du soir et la tiédeur des machines extérieures.

Il se passa un instant avant que la blonde ne réapparaisse et entame la descente. Un peu plus rapide cette fois. Même lorsqu'elle glissa à près de quatre mètres de la fin, Al la saisit au vol comme on le ferait d'une poupée de chiffon. Chose dont elle avait clairement l'apparence avec sa forme menue dans les bras du mécanicien.

Elle affichait un sourire radieux quand il la lâcha. Gumi vit qu'elle avait les mains pleines et qu'elle tirait encore quelque chose de son t-shirt. Quelque chose d'interminable.

- Environ un mètre trente. Record battu. Impressionnant de voir qu'une plume est quasiment aussi grande que moi.

Gumi se saisit avidement de l'objet de leur discussion. Aussi blanche que la précédente, à l'aspect plus solide également. Orientée aussi.

Al la lui prit des mains sans ménagement, contempla le tout sous toutes les coutures durant une minute.

- Mais qu'est-ce que c'est que cette merde… ?


Et bien, qu'est-ce que c'est ? La théorie de la plume de dinosaure de Pitouyou se verra-t-elle confirmée ? Ou bien vous avez autre chose à proposer ? =3