Chapitre 3
Mais ce qu'il ignorait, c'est que son ami Gandalf était en réalité une fripouille de la pire espèce. En effet, après s'être assuré que les blessures de Thorïn étaient correctement guéries et pansées, et qu'il était tiré d'affaire, il dit au nain de s'allonger, de faire mine de dormir et de ne bouger sous aucun prétexte. Il verrait alors que cette aventure lui avait apporté « un bien beaucoup plus précieux que n'importe quel diamant ». Thorïn ne comprit pas très bien sur le moment, il fit néanmoins ce que le magicien demanda.
Gandalf partit alors dans une autre tente, celle de Bilbo et la suite, vous la connaissez, le vieux sage était un excellent acteur, si bien que Bilbo le cru sur parole et s'engouffra dans la tente.
La magicien, après avoir vu Bilbo partir en courant de la tente, rentra et vit Thorïn, qui avait l'air aussi apeuré qu'un petit chiot égaré, assis sur son lit, la main sur sa joue. Thorïn, fils de Thraïn, fils de Thror, le grand Roi sous la Montagne, avait en cet instant l'air d'un imbécile heureux, à se frotter la joue, la bouche à demie ouverte comme un ahuri.
Gandalf riait dans sa barbe. Son plan machiavélique avait marché. Il en avait fait voir de toutes les couleurs au pauvre hobbit, mais il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une immense fierté l'envahir, il était certain que sans cela, Bilbo n'aurait jamais osé avouer son amour à Thorïn. Et comment le savait t-il ? Et bien, seul un idiot n'aurait pas remarqué l'attirance mutuelle du hobbit et du nain. Il était certain que même Bombur était au courant. En fait le seul idiot qui n'avait toujours rien remarqué jusqu'à maintenant, c'était Thorïn. Trop aveuglé par son trésor, il ne s'était même pas rendu compte de ses propres sentiments... Il se sentit bien bête d'avoir dit tout ce qu'il avait dit à Bilbo. La personne qui était la plus chère à ses yeux. Il compris soudain que c'était à lui d'arranger les choses, c'était à lui de s'excuser et pour une fois dans sa vie, il mis sa fierté de côté. Il se leva, déterminé et partit à la recherche de Bilbo.
Et il le trouva non sans peine, car sa jambe le faisait souffrir, c'était déjà le soir, il était là contre un rocher, endormi en boule et les yeux gonflés de chagrin. Le cœur du nain fut profondément touché par cette vision, sans plus attendre, il réveilla doucement le petit Bilbo. Quand le hobbit ouvrit les yeux, quelle ne fut pas sa surprise de voir le visage de Thorïn, emplit de tendresse qui le regardait.
-« Mais... Je croyais que vous alliez mourir ! »
-« Il semblerait que non. »
-« Quoi ? Mais vous étiez inconscient et... »
-« Ah bon, qui vous l'a dit ?» Lui répondit il, malicieusement.
« Et bien Gandalf ! »
« Gandalf est capable de bien des choses... »
Et là Bilbo comprit, la surprise passée, il se rendit compte de la fourberie du magicien. Ses joues s'empourprèrent, il détourna le regard, honteux et se mit à bégayer.
« A-alors... Vous... n'étiez pas inconscient... »
« Non. »
« Ah. » Il ne savait plus où se mettre, mais comment Gandalf avait pu oser faire ça ? Tout magicien et vieillard qu'il était, Bilbo allait lui arracher la tête et lui faire manger son bâton dès qu'il le trouverais ce... Ce perfide ! En attendant il était dans de beaux draps, Thorïn avait l'air aussi froid qu'un glaçon et lui il en avait assurément trop dit et trop fait sous cette tente.
« Bon...Il faudrait que je retourne au campement maintenant. »
Son fameux courage Tookien l'avait abandonné, et tout ce qu'il voulait c'était s'enfuir très loin tellement il avait honte. Ou bien s'enterrer dans le sol... Mais au moment où il se leva, Thorïn lui attrapa la main.
« Ne partez pas. » Bilbo se retourna mollement, ses jambes se mirent à trembler, et son cœur se mit à battre rapidement dans sa poitrine, il fit néanmoins face.
« Je suis venu vous chercher pour vous dire combien je suis heureux de connaître vos sentiments à mon égard... Vous m'avez ouvert les yeux. Une fois de plus vous m'avez sauvé la vie et je vous en suis reconnaissant à jamais. Je suis aussi venu pour vous dire combien je suis désolé de vous avoir tant fait souffrir, combien le nain orgueilleux que je suis ne mérite pas votre amour... Et si vous en voulez bien, mon cœur vous appartient en retour. »
Il se pencha ensuite vers Bilbo et déposa ses lèvres sur les siennes avec une douceur dont il ne se savait pas capable. Leurs lèvres se séparèrent et Bilbo le regarda dans les yeux, ne sachant plus quoi dire. Les larmes lui montaient aux yeux tellement il avait du mal à y croire. Thorïn le prit alors dans ses bras maladroitement.
« Cessez de pleurer, vous avez déjà versé trop de larmes pour un idiot dans mon genre. »
Bilbo eut un petit rire à l'entente de ces mots.
« Je crois qu'on peut se tutoyer maintenant. » Lui répondit le hobbit, espiègle.
« Oui, je crois aussi. »
« Il n'empêche que je ferais passer un sale quart d'heure à ce sournois de Gandalf lorsque je le reverrais ! »
La remarque fit sourire Thorïn qui était un peu d'accord avec lui. Et puis ils se rassirent dans l'herbe fraîche et parlèrent longuement de tout ce qui s'était passé depuis qu'ils étaient tombés inconscients sur le champs de bataille. Thorïn lui expliqua qu'il s'était réveillé peu de temps après la bataille et que c'était Beorn qui les avait ramenés au campement des blessés tout les deux, c'était aussi lui qui les avait sauvés d'un mort certaine. L'ours était ensuite retourné dans la bataille et avait tué Bolg, le chef des chefs de l'armée des gobelins et les aigles étaient arrivés, les sauvant tous d'une mort certaine car les gobelins étaient en supériorité numérique. Les gobelins tentèrent de s'enfuir mais leurs ennemis les poursuivirent partout ou ils allèrent et les massacrèrent, et ils étaient encore à leurs poursuite en ce moment même.
« Et où sont les aigles maintenant ? » Questionna Bilbo après le long récit de Thorïn.
« La plupart ont regagné leurs maison, et le reste aide à la poursuite des gobelins qui se sont enfuis. » Lui répondit-il.
« Dommage, j'aurais bien aimé les revoir.
Peut être un jour. »
Le hobbit commençait déjà à se rendormir, sûrement épuisé de événement passés.
« Tu as sommeil. » Lui fit remarquer Thorïn.
« Non ! » Répliqua Bilbo « ...Juste un peu. »
Alors Thorïn se leva et pris le hobbit dans ses bras.
« Mais qu'est ce que tu fais ! Je peux marcher. »
« Laisse moi m'occuper de toi, tu as reçu des blessures durant la bataille. »
« Et toi aussi ! » Répliqua le hobbit, dont la fierté était éprouvée. Non pas que d'être porté par Thorïn lui déplaise, mais il n'aimait pas trop être porté comme une mariée... Il n'était tout de même pas une femme ! « Et que vont dire les autres alors ? »
« Peu m'importe. »
Bilbo se renfrogna et se cala un peu mieux dans les bras de Thorïn, sa tête reposant sur son épaule, il s'endormit de nouveau.
Thorïn sourit quand il se rendit compte de la rapidité avec laquelle le hobbit s'était endormit. Il savait qu'il était certes courageux et résistant mais aussi bien plus fragile qu'il ne le laissait paraître. Et tout hobbit qu'il soit, il était à bout de forces et avait encore besoin de sommeil. Quand à lui,il boitait quelque peu, sa blessure à la jambe le faisait encore souffrir, mais il refusait de s'éffondrer pour si peu. Arrivant au campement, la nuit était déjà bien avancée, lorsqu'il croisa Gandalf qui fumait sa pipe, envoyant des ronds de fumés dans les airs, un sourire aux lèvres.
« Il à l'air de vous en vouloir énormément, je crains pour vous à son réveil ! » lui dit Thorïn. Gandalf eut un rire franc et joyeux et Thorïn rentra dans sa tente et déposa délicatement Bilbo sur son lit.
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