Salut, salut ! Le chapitre 3 est là, merci encore pour votre soutient. Je tiens aussi à prévenir que ce chapitre est un peu violent (torture oblige !). Sinon, bonne lecture !


Stockholm syndrome

Chapitre 3

Ce matin-là, Emilie fut réveillée par des cris.

-Je t'avais dit pas la p'tite, putain, Vaas !

-C'est elle qui l'a buté, de toute façon elle était déjà à moitié morte !

Les deux hommes se trouvaient à quelques mètres de la cage. Elle reconnut les voix : Vaas et le type avec la chaîne en or.

-Dit-moi au moins que les parents avaient déjà payé.

-Ouais j'ai le fric.

-OK. Bon, je retourne bosser au sud, tu fais pas de connerie avec la deuxième, compris ?

L'homme commença à partir en soufflant.

-Ouais, c'est bon Hoyt. Et sinon, je fais quoi de la première ? Demanda le pirate.

-Ce que tu veux, elle nous servira à rien. Répondit l'autre en regardant par-dessus son épaule.

Un sourire mesquin se dessina sur les lèvres de Vaas, il allait bien s'amuser.

Emilie était toujours assise parterre, dans la cage. La lumière brûlante du Soleil, la soif et la fatigue l'assommaient. Elle voyait flou. Elle distingua la silhouette de Vaas marchant vers elle. Il se tenait maintenant devant elle. Elle tenta d'articuler quelques mots :

-D-de l'e-eau…

Il sourit. Il la voyait agoniser dans sa prison, il adorait ça. Mais il voulait plus, il voulait qu'elle le supplie.

-Comment on demande poliment ? Ricanait-il.

Elle restait silencieuse. D'un côté, elle en avait marre de toujours céder à ses ordres, de lui obéir comme un petit chien, de ravaler son amour propre devant lui. Mais d'un autre côté, elle allait crever de soif, est-ce que la vie ne valait pas ce sacrifice ? En même temps, la mort lui permettrait d'échapper à cet enfer dont elle savait qu'elle n'en ressortirait jamais. Elle ne disait rien. Il commença à s'impatienter. Il prit la gourde qui pendait à sa ceinture, l'ouvrit et commença à verser lentement son contenu sur le sol, devant les yeux d'Emilie.

-Tu n'en veux pas ? C'est dommage…

Tant pis !

-Je vous en supplie, de l'eau !

Il s'arrêta net, un sourie satisfait aux lèvres. Il entra dans la cage et donna la bouteille à Emilie qui s'empressa de la prendre et de boire le précieux liquide qu'elle contenait. Il n'en restait plus beaucoup, elle n'en gâchait pas une goutte. Vaas exultait, il lui caressa doucement les cheveux en disant :

-Bien, eres una bonita perra. *C'est bien, tu es une gentille chienne.*

C'était exactement ce qu'Emilie redoutait. Elle n'était pas sa chienne, bordel ! Et la dignité humaine, ça lui disait quelque chose ?!

Quand elle eut fini, elle lui jeta l'objet qu'elle tenait.

-Vas te faire foutre !

-Ah tu le prends comme ça ? J'essaie d'être gentil, généreux, et toi tu me remercie en m'insultant ?! C'est ça l'éducation qu'on vous donne en France ?!

Elle l'avait énervé. Il la prit par les cheveux, la mit debout, et lui dit à l'oreille :

-J'aime te voir ramper à mes pieds, j'aime te voir souffrir, j'aime te voir me supplier, j'aime te voir crier… Il continua d'une voix sensuelle : ça m'excite.

Elle avait mal, elle fixait ses yeux verts. Elle avait envie de l'étrangler, de l'égorger, de l'écorcher. Elle voulait crier toute la rage qu'elle avait en elle. Pleurer toute sa peur et son angoisse. Mais elle n'en faisait rien. C'était ça qu'il voulait, elle ne lui donnerait ce plaisirs, elle résisterait, elle ne cèderait pas, elle ne cèderait plus.

Il la fit sortir de la cage, toujours en la tirant par les cheveux. Il lui attacha les mains derrière le dos, réveillant les brûlures déjà présentes sur ses poignets. Il l'emmena jusqu'à une cabane en la menaçant avec un pistolet. Sur le chemin, les pirates la regardaient. Ils voyaient ses vêtements sales et déchirés qui ne cachaient presque plus rien de son corps. Ils la sifflaient, la fixait avec un regard pervers, ricanaient dans son dos. Elle décida de laisser passer ça, sinon elle ne pourrait pas se contenir.

Ils entrèrent dans une pièce presque vide et assez sombre. Les murs et le sol étaient en béton. Une seule petite fenêtre éclairait la salle. Il y avait une chaise seule au milieu, pleine de sang comme le sol. Des outils étaient posés sur une table, surement des outils de torture. Des chaînes pendaient sur les murs et le plafond. L'atmosphère était plus qu'angoissante.

Vaas poussa Emilie sur la chaise. Il l'enchaîna à celle-ci par les poignets et les chevilles. Elle ne pouvait plus bouger. Elle ne tentait rien pour essayer de se libérer, elle savait que ce serait vain. Il se mit à lui tourner autour en marchant, comme un prédateur avec sa proie.

-Alors comme ça, on me manque de respect ?

Il s'arrêta en face d'elle. Il lui mit ensuite une énorme claque sur la joue. La force du coup la fit pencher sur le côté. Elle cracha le sang qu'elle avait dans la bouche, se redressa et se mit à le fixer dans les yeux. Aucune plainte, aucun gémissement, aucun cri. Elle ne satisferait pas son sadisme, elle ne crierait pas, ne pleurerait pas. Comprenant son intention, Vaas lui dit :

-Alors, tu veux jouer à ça, puta? Très bien, jouons !

Il sortit de sa poche un paquet de cigarettes, en sortit une et l'alluma. Il inspira et recracha la fumée sur le visage d'Emilie qui toussa. Il lui tournait encore autour.

-Qu'est-ce que je vais te faire ? Il y a tellement de choix, je ne sais pas par où commencer. Dit-il ironiquement.

Il posa l'extrémité enflammée de sa cigarette sur l'avant-bras de la jeune femme. Elle grimaçait un peu, mais rien de plus. Il se pencha pour approcher son visage du sien et murmura :

-Souffre… J'adore ça…

Elle ne bougeait pas. Elle se contentait de le fixer avec un regard haineux. Il arrêta ce qu'il était en train de faire et s'approcha de la table où se trouvaient les outils. Il baladait sa main de droite à gauche, faisant semblant d'en choisir un.

-Tu vois, le problème c'est que je dois pas trop t'abîmer. Et ça, c'est vraiment chiant.

Il prit un couteau. Se repositionna devant elle, brandit la lame et lança avec un petit sourire :

-Bon, par où je commence ? Il fit glisser doucement la lame le long de la mâchoire d'Emilie. T'inquiète pas, je toucherai pas ton joli visage, il vaut beaucoup trop cher. Poursuivit-il avec un ton calme.

Il commença alors à lacérer la cuisse de la jeune femme. Elle sentait sa peau s'ouvrir sous le fil de la lame. Une douleur brûlante la traversait de toutes parts. Ses muscles se contractaient, ses dents grinçaient, sa chair se déchirait. Elle laissa échapper un grognement étouffé. Elle faisait son possible pour ne pas crier d'agonie. Vaas ne perdait aucune miette du spectacle qu'offrait le visage d'Emilie. Il s'arrêta. Il contempla son œuvre, une plaie béante laissait s'écouler doucement le liquide rouge vif.

Il reposa le couteau sur la table. Emilie souffla doucement en fermant les yeux. Une larme roula le long de sa joue. Son sang tachait son short déjà salit par la poussière et la transpiration.

-Tu es résistante, ça me donne encore plus envie de te faire crier. Sois patiente, tu vas voir, je vais te faire regretter d'être venue au monde. Dit-il en passant sa langue entre ses dents.

Il prit alors une pince coupante. Il s'approcha de la jeune femme souffrante. Il lui montra l'objet qu'il avait entre les mains.

-Tu sais à quoi sert cet objet? Demanda-il diaboliquement.

- ¿Para castrar los hijos de puta como tú? *A castrer les fils de pute comme toi?* Répondit-elle d'un ton moqueur.

-Perra, voy a enseñarte las buenas maneras!*Salope, je vais t'apprendre les bonnes manières!*

A ces mots, il prit la main d'Emilie, pinça l'ongle de l'auriculaire et tira de toutes ses forces. Les larmes remplirent ses yeux et tombèrent en torrents sur son visage. Elle grognait, gémissait, en se mordant les lèvres. Vaas lui arracha l'ongle. La douleur était presque insupportable, et pourtant, pourtant elle résistait, encore et toujours. Elle ne flanchait pas devant le monstre. Elle essayait d'être forte. Sa haine et sa colère surpassaient la douleur. Il s'éloigna d'elle, s'immobilisa et mit les mains sur les hanches.

-Tu sais que tu commences à m'emmerder sérieusement, puta ? Lança-t-il. Heureusement, mon imagination me donne plein d'idées. Il sortit de la sale en disant : Attend là, je reviens.

Et où voulait-il qu'elle aille ? Elle était enchainée à une putain de chaise ! Elle était seule. Elle s'agita un peu pour voir comment elle pouvait se libérer. Elle essayait de bouger dans tous les sens, rien à faire. Les chaines étaient solidement attachées. Elle renonça en soufflant bruyamment. Elle regardait autour d'elle, il y avait peut-être un moyen. Elle pensa aux outils, ils pouvaient peut-être couper les chaînes. Mais elle en était trop loin. Elle essaya de bouger la chaise pour atteindre la table, mais ça ne servait à rien à part rendre ses blessures encore plus douloureuses. Elle capitula encore une fois. Elle pencha sa tête en arrière et expira lentement.

Elle n'avait rien d'autre à faire que penser. Elle pensait à son meurtre de la veille. Elle avait pris la vie de quelqu'un pour la première fois. Et pas n'importe qui : sa propre sœur, avec qui elle avait passé tant de temps, avec qui elle avait joué, ri, pleuré, avec qui elle s'était disputée, réconciliée, consolée, celle qu'elle avait vu grandir, qu'elle avait soutenu, qu'elle avait aimé. Un flot de souvenir la submergeait. Elle sentait les larmes monter dans ses yeux. Elle devenait un monstre elle aussi.

Elle fut sauvée de ses pensées par le grincement strident de la porte en métal. Elle vit Vaas entrer dans la pièce, il tenait une personne par les bras.

-Querida, je t'ai ramené quelque chose qui va te plaire. Dit-il d'une voix moqueuse.

Quand il sortit de l'ombre, Emilie reconnu la personne qui était avec lui : Julie.

-Julie, oh si tu savais comme j'suis contente que tu sois là ! Cria Emilie en souriant.

Julie ne répondit pas. Elle se contentait de fixer sa sœur avec un regard plein de mépris, de colère et de haine. Le sourire d'Emilie se fana. Vaas fit s'assoir Julie sur une chaise, juste en face d'Emilie.

-Julie, dis-moi quelque chose, je t'en supplie… Essayait Emilie.

Elle restait silencieuse. Vaas les regardait comme si il assistait à une représentation de théâtre.

-Espèce d'enfoirée de pétasse tarée qui pense qu'à son cul, tu me dégoûtes.Lança Julie d'un ton haineux à Emilie.

-Ça, ça ne m'aurait pas plu. Ricana Vaas.

Emilie n'en revenait pas. Elle perdait ses mots. Elle essayait de dire quelque chose malgré tout :

-Julie, qu'est-ce qu'il te prend, sœurette-

-Ta gueule ! T'es pas ma sœur ! Ma sœur aurait jamais fait ça !

-Aie ! Ça fait mal. Commenta Vaas.

Emilie était choquée. Elle lui en voulait ? Evidemment, Emilie pouvait comprendre. Mais elle n'avait pas eu le choix ! Emilie avait du mal à encaisser les propos de sa sœur.

-J'ai pas eu le choix, tu le sais, je ne voulais pas-

-Ferme-la ! Tu la tué, sale monstre!

Julie pleurait toutes les larmes de son corps. Elle était folle de rage contre Emilie. Vaas se tenait debout à côté des deux filles. Il fit semblant d'être attristé :

-Quel dommage, une famille déchirée… J'en verserais presque une larme. Mais je sais comment me remonter le moral !

Il prit alors le couteau qui avait blessé Emilie et s'approcha de Julie. Cette dernière n'essayait pas de se défendre. Il positionna la lame sur son cou.

-Non ! Cria Emilie.

-Vas-y, fais-le. Dit Julie en fixant toujours sa sœur.

-Puisque tu le demandes… Répondit Vaas.

Voyant le moment fatal arriver, Emilie lança:

-Julie, je t'aime.

-Eh ben pas moi.

Elle eut tout juste le temps de finir sa phrase avant que Vaas fasse glisser la lame sur sa gorge. Une vague de sang se déversa sur le sol, devant les yeux écarquillés d'Emilie. Non ! Non ! La jeune femme était bouleversée, elle était partie, elle ne reverrait jamais plus sa grande sœur qu'elle aimait tant. Ses derniers mots avaient été comme un coup de poignard dans son cœur. Les derniers mots qu'elle avait prononcés étaient pour lui dire qu'elle ne l'aimait pas. La douleur sentimentale était encore pire que la douleur physique. Emilie ne put s'empêcher de commencer à pleurer, à gémir. Elle craquait. Vaas empoigna ses cheveux et leva sa tête vers lui.

-Alors, ça te fait quoi là ? Tu veux toujours jouer les femmes fortes?

Elle s'arrêta aussitôt. Non, elle ne devait pas pleuré à cause de lui. Elle résistait encore une fois. Elle le fixait avec un regard noir. On pouvait lire toute sa haine sur son visage.

-Chiante à mourir… Dit-il avant de la lâcher.

Il soupira longuement. Il marchait frénétiquement, faisant des aller-retours d'un point à l'autre dans la pièce pendant qu'elle regardait le cadavre sanglant de sa sœur gisant sur le sol. Il se stoppa soudain devant elle. Il la fixa pendant un long moment avant de s'approcher d'elle et de lui caresser doucement la joue. Elle essaya d'éviter son contact en tournant la tête. Sa réaction le fit sourire. Il s'accroupit devant elle et posa sa main sur sa cuisse intacte. Elle gesticula encore une fois pour rompre ce contact qui la répugnait, en vain.

-Tous comptes fait, tu as raison de ne pas pleurer. Commença-t-il. La famille, ça sert à rien, ce n'est pas la peine de pleurer pour elle. Les parents, les frères, les sœurs, tout ça c'est des conneries. Il faut que tu les oublies, tu es ici maintenant, avec moi…

Emilie l'écoutait déblatérer ses paroles. Elle ne savait pas où il voulait en venir. Oublier sa famille ? C'est impossible. Elle ne tarda pas à lui répondre sèchement :

-Et qu'est-ce que t'y connais, toi, à la famille ?

Il se releva et répliqua en sortant une seringue de sa poche :

-Oh, crois-moi, j'en ai une bonne expérience.

Sur ces mots, il planta la seringue dans le bras d'Emilie. Elle fut surprise et le temps qu'elle puisse faire quoi que ce soit, elle sentit son corps s'affaiblir. En très peu de temps, ses paupières devinrent lourdes et se fermèrent.

-Endors-toi, Querida.

Ces mots ont été les derniers qu'elle entendit avant de plonger dans un sommeil profond.


Voilà, voilà ! Comme d'habitude merci d'avoir pris du temps pour lire ce chapitre, n'hésitez pas à poster une review, à follow… A plus !

Badi-otaku \(^o^)/