Je suis profondément désolée pour le retard que j'ai pris et pour cette suite qui n'arrive que tardivement. J'ai eu de gros soucis familiaux et j'ai mis cette histoire de côté momentanément ... Mais maintenant que ça va mieux je la reprend avec joie et inspiration. Je vous promets que les prochains chapitres ne mettront pas autant de temps à arriver. Je vous remercie aussi pour toutes ces adorables review qui me donnent encore plus envie de continuer ! Vous êtes géniaux ! ;)
Avant de la publier, je voudrai faire une mise au point sur le contexte que j'ai un peu changé pour qu'il corresponde à ce que je souhaite faire.
Premièrement l'histoire se situe dans la saison 3 mais ne prend pas en compte le 3x11. On va dire que que c'est dans la saison 3 parce que la relation Regina/Emma n'est plus autant tendue qu'avant au contraire :p.
Ensuite, Regina a repris son rôle de maire après son retour de Neverland parce que les habitants lui font un peu plus confiance on va dire (ben oui il faut bien un maire dans une ville même si elle est remplie de personnage de disney ^^)
Voilà je pense que c'est tout ^^
En espérant que cette suite en vous décevra pas !
Ce qui doit arriver, arrive toujours... Après mon escapade nocturne de la veille, je me suis endormie rapidement et la nuit a été assez calme. Or, mon réveil n'est pas vraiment le même, alors que j'entends sa sonnerie retentir dans ma chambre pour me dire qu'il est l'heure, je me sens complètement épuisée comme si je venais de me battre. Je sais que j'ai du attraper froid, mais il faut quand même que je me lève pour ne pas arriver en retard au travail. Les habitants de StoryBrooke m'ont redonné leur confiance pour que je m'occupe à nouveau de la paperasse concernant la ville. Si on doit y vivre pour toujours, autant qu'elle ne vire pas à l'anarchie. Bien évidemment, je suis constamment contrôlée et je ne peux pas prendre de décisions sans l'avis de la ville. On va dire que je collabore surtout avec les Charming et que c'est ensemble que nous assurons la sécurité dans la ville. Mais je suis quand même heureuse, c'est un pas vers la rédemption, l'intégration et mon fils apprécie cela.
Je m'assois alors sur mon lit et j'appréhende le moment où je dois en sortir sentant que mes jambes ne vont sûrement pas supporter mon poids tant elles sont courbaturées. Cependant je n'ai pas vraiment le choix et je tente quand même de me relever, cependant à peine mes pieds touchent le sol de marbre que tout ce met à tourner autour de moi. Je sens mes jambes se dérober et j'arrive de justesse à me rattraper à ma commode. Plus de peur de que de mal. J'attends que cela se calme un peu et je continue le chemin jusque dans la salle de bain où je décide de contrôler ma température. 39,2°, cela ne fait que confirmer ce que je sais déjà, je suis malade et bien même.
Malheureusement le travail n'attend pas, surtout dans mes conditions. Je sais que si je ne vais pas au bureau, je vais être obligée de me justifier pour leur dire que non je ne prépare pas encore un mauvais coup. De plus, je n'ai pas envie d'accumuler du retard concernant divers dossiers. J'avale alors deux comprimés et commence à me préparer. Je jette alors un œil vers le miroir et l'image qu'il me renvoie est absolument affreuse. D'immenses cernes se sont installées sous mes yeux, mon visage est blafard et mes traits sont tirés. J'ai l'impression d'avoir pris 10 ans en une nuit et cela ne me plaît guère. Hors de question que je sorte comme ça, j'ai l'air trop... faible. Après une bonne demi-heure et malgré tous mes efforts, le résultat n'est pas terrible. J'ai toujours l'air fatiguée, on va dire que je suis passée du stade mort-vivant à celui d'une personne qui n'aurait pas fermé l'œil de la nuit. C'est un progrès, infime certes...
Je quitte donc ma demeure et me rend à mon bureau. La journée commence et je suis seule, Blanche et David ont une histoire de troll à régler.
De la paperasse, encore de la paperasse, entre temps des appels d'habitants qui pensent que je peux tout régler avec de la magie.. Bande d'abrutis. Au plus les heures passent, au plus mon état et mon humeur se dégradent. Le pire c'est que j'ai oublié de prendre des cachets dans mon sac et que je suis condamnée à voir ma fièvre remonter. Au milieu de l'après-midi, je ne tiens plus, la fatigue est trop intense. Mes membres se mettent à trembler alors que meurs de chaud et que mes joues sont écarlates. Malgré ma volonté, je ne peux plus tenir et il faut absolument que je rentre chez moi m'allonger.
A peine sortie, j'ai de nouveau la tête qui tourne encore plus fort que dans la matinée. J'essaye de marcher, mais je ne vais pas droit. Je bouscule quelqu'un, je m'excuse, j'essaye d'atteindre ma voiture mais je n'arrive pas à la voir. J'entends que l'on m'appelle au loin sans que je puisse reconnaître la voix. Tout va alors au ralentit, mes oreilles bourdonnent, mes jambes fléchissent puis plus rien... Le trou noir.
Ce qui m'étonne c'est que je n'ai pas eu la sensation de m'écraser contre le sol avant de perdre conscience. Au bout de quelques minutes je pense, je commence à retrouver mes esprits et j'ouvre difficilement les yeux. Dans un premier temps je ne distingue que des formes et des couleurs, puis les contours se définissent et je m'aperçois que je suis allongée sur le sol. En levant les yeux, je vois également que ma tête se trouve dans les bras d'Emma qui est en train de me parler au vu de ses lèvres qui remuent mais je n'arrive pas à comprendre le sens de ses mots.
Je pense alors que je suis en train de rêver, que ce n'est pas possible qu'elle soit encore là. Pourtant au plus je reprend mes esprits, au plus je la vois et malheureusement elle ne disparaît pas. Je la fixe sans rien dire, me demandant dans quelle situation je me suis encore fourrée, tandis que je sens ses doigts glisser dans mes cheveux. En temps normal, je lui aurai hurlé d'arrêter de suite si elle voulait encore avoir la chance de vivre. Mais là, je sens que j'ai besoin de ce contact humain, de sa tendresse. Le retour à la réalité sera dur, je devrai encore remettre ma carapace et me montrer insensible à elle. Alors autant profiter encore un peu et graver cet instant dans ma mémoire parce que je sais que je n'ai le droit qu'à quelques instants de bonheur, comme toujours.
Puis j'entends sa voix saccadée, me demandant si je peux lui serrer la main qu'elle me tient avec poigne. Je ne sais pas pourquoi elle semble si inquiète comme la nuit dernière. J'ai presque l'impression qu'elle tient à moi, mais ce doit être une idée que je me fais.
« Miss.. Sw... Swan réussis-je à articuler
-Mon dieu Regina, vous m'avez fait peur. Qu'est-ce-qu'il vous arrive ? Vous êtes brûlante, il faut absolument aller à l'hôpital et …
-Stop... cal..mez-vous.. c'est rien, la coupé-je, je veux juste .. juste rentrez chez moi
-Mais non...
-Pour une fois... je, je vous en prie... faites ce que je vous dis »
Elle semble hésiter, et finalement s'exécute. Elle place son bras sur ma taille pour m'aider à me relever et à marcher. J'ai honte de moi, je dois être collante et surtout lourde, mais malgré cela elle ne montre aucun signe de faiblesse. Elle m'installe alors dans sa voiture, si on peut appeler cette chose ainsi, et entreprend de me ramener chez moi... Pour la deuxième fois en trop peu de temps. La trajet reste silencieux, je sens qu'elle me regarde de temps en temps mais sans oser me parler.
Arrivée devant mon entrée et contrairement à la veille, elle décide de ne pas me laisser et de m'emmener jusqu'à mon salon. Cette perspective est bien loin de m'enchanter et j'essaye en vain de me détacher de sa prise tout en lui annonçant froidement :
« Je peux me débrouiller seule vous savez. Je n'ai jamais eu besoin de personne et ce n'est pas aujourd'hui que cela va commencer.
-Arrêtez d'être toujours sur la défensive. Je veux juste vous aidez, vous ne tenez même pas droit, déclare t-elle comme une évidence »
M'aider ? Moi ? Cela semble complètement absurde et pourtant c'est bien réel. Je prend alors un air faussement outré devant son répondant, mais je me laisse faire. C'est bien la seule qui me tient autant tête, avec Henry... Elle est toujours là au bon moment ou au mauvais cela dépend du point de vue que l'on adopte.
Après m'avoir assise sur le canapé, elle me tend un verre d'eau et un comprimé que j'avale sans rechigner.
« Comment vous vous sentez ?
-Bien, cela ne se voit pas ?
-Vous êtes toujours aussi insupportable en tous cas. Vous êtes sure que vous ne voulez pas voir un médecin ?
-Pourquoi faites-vous tout cela ? Demandé-je en éludant sa question
-Je veille sur vous... dit-elle en me souriant, devant mon visage surpris, elle ajoute, je ne vois pas en quoi cela est si bizarre pour vous. Je pense qu'Henry n'aimerait pas que je laisse sa mère par terre dans la rue, à moitié mourante.
-Je ne suis pas à moitié mourante Swan, mais merci. »
Je ne peux m'empêcher de ressentir un brin de déception, que je tente de dissimuler. J'aurai aimé qu'elle ne fasse pas tout ça juste pour Henry mais par … envie ? Rien qu'en pensant à cela je me trouve stupide. Envie de quoi ? De me protéger ? Bien sur que non, il n'y a que Henry qui nous rapproche et rien d'autre. J'aurai pourtant du apprendre à ne plus espérer, mais non évidemment. Je vois qu'elle me scrute et je change alors brutalement de sujet :
« En parlant de Henry comment va t'il ?
-Bien, il devrait d'ailleurs arriver d'un moment à l'autre..
-Comment ça ?
-Ce matin quand je lui ai raconté vous avoir trouvé dans la nuit seule et pas franchement en forme, il a voulu absolument vous rendre visite. J'ai réussi à l'envoyer à l'école quand même, mais il a précisé que ce soir il passerait la nuit chez vous. C'est pour cela que j'étais près de votre bureau, je voulais vous avertir
-Vous auriez pu me téléphoner pourquoi passer ?
-Je … elle détourne subitement le regard et je vois ses pommettes devenir rouges, je n'y ai pas pensé.
-Pas pensé, c'est pourtant assez évident non ?
Son attitude est plus qu'étrange et je sais qu'elle me cache quelque chose, mais je n'ai pas le temps d'obtenir une réponse, que la sonnerie retentit.
Ce doit être mon petit garçon. Le fait de savoir qu'il va venir passez la nuit chez moi car il s'inquiète de mon état me réjouie et me fait oublié Emma. Malgré tout ce que j'ai pu faire, jamais il ne m'a complètement abandonné et il a continué à me considérer comme sa mère. Je me précipite alors ouvrir la porte comme si toute la fatigue accumulée vient de disparaître. Comme quoi l'amour est le plus puissant des remèdes.
Il est là, devant moi avec son visage d'ange dont je connais les moindres détails. Sans que je m'y attende, il se jette contre moi et m'enlace de ses bras frêles :
« Maman, tu m'a manqué ! Tu vas bien ? »
Ses paroles pourtant si simples me font un bien fou. Je le serra alors comme si ma vie en dépend tandis que je sens mes yeux se remplir de larmes. Au bout de plusieurs minutes, je le lâche avec regret et le rassure :
« Henry, mon ange toi aussi tu m'as manquée ! Ne t'inquiète pas, je suis juste un peu fatiguée mais tout va bien ! Et toi alors ?
-Tu es sure hein ? Parce qu'Emma m'a dit que... »
Il s'interrompt dans sa phrase et fixe un point derrière moi. Quand je me retourne, je constate qu'il a vu Emma. Celle-ci d'ailleurs nous regarde tendrement et je sens un frisson parcourir mon échine tandis que je me concentre à nouveau sur Henry.
« Mam, qu'est-ce-que tu fais là ?
-Ta mère a fait un malaise en sortant de la mairie. Et comme elle ne voulait pas voir un docteur, je l'ai ramené chez elle.
-Oh trop bien, il ajoute précipitamment en me regardant, enfin non pas pour le malaise il faut que tu te reposes et si demain ça va pas mieux promets moi d'aller voir un docteur !
-Promis, mais alors c'est quoi qui est trop bien ? dis-je en souriant
-Que pour une fois je vous ai toutes les deux réunies! Ça vous dit de regarder un film tous les trois ? Tu sais maman comme quand j'étais malade petit ! Svp svp »
Emma et moi nous nous lançons un regard amusé. Devant tant d'enthousiasme, on sait pertinemment que ni l'une ni l'autre n'aura la force de lui refuser cela. J'accepte alors et je vois ses yeux qui s'illuminent tandis que nous nous installons tous les trois sur le canapé. J'enlève mes talons, prend un plaid et m'installe à gauche, tandis que la blonde se met à droite et notre fils au milieu. Je lui demande alors en lui caressant les cheveux :
« Tu choisis le film ?
-Oui, j'ai déjà tout prévu ! Je veux voir « Le secret de Brokeback Mountain » !
Il me tend le dvd et je ne trouve rien à redire. En fait, je ne sais même pas de quoi parle le film. Il commence alors , j'éteins la lumière et encercle Henry qui pose sa tête contre mon buste.
Plus les minutes passent, plus le film avance et plus je le maudis de l'avoir choisi. L'histoire de deux hommes homosexuels ayant peur d'affronter le regard des gens et de ce fait cache leur amour. J'ai l'impression que cela fait tristement écho à ma vie bien que je ne suis pas avec la jolie blonde. La peur d'être rejeté, préférer tout nier, se cacher, gâcher sa vie, la passer à faire semblant. Trop de points communs, j'étouffe. Ma gorge me serre et je lutte pour rester le plus stoïque possible. Quand sans le vouloir, ma main effleure le bras de Miss Swan, je sursaute et la regarde les yeux écarquillés. Les siens sont baignés de larmes et notre échange visuel se prolonge.
Je suis persuadée que Henry n'a pas choisi ce film par hasard et qu'il se doute de quelque chose. Il en a peut être déjà même parlé à Emma et cela m'effraie encore plus. Je ne peux plus supporter son regard sur moi, ni cet abominable film. J'ai envie de me défouler, d'utiliser la magie. Je veux que les gens souffrent comme moi je peux souffrir.
Je me lève alors précipitamment pour aller dans la cuisine. Il faut que je me calme avant de faire quelque chose que je pourrai regretter. Je m'appuie alors sur le lavabo et asperge mon visage d'eau tandis que je sens la magie émaner de mon corps sans que je puisse la contrôler. Je suis épuisée de passer ma vie à faire semblant, à toujours me cacher derrière un masque par peur de souffrir encore plus.
Perdue dans mes pensées, c'est la main du Shériff posée sur mon épaule qui me fait revenir à la réalité. Et alors que je me retourne pour lui faire face, nous ne sommes qu'à quelques centimètres l'une de l'autre.
« Regina... dites moi ce que vous avez... réellement... » me demande t-elle d'une voix douce alors que mon cerveau ne semble plus vouloir fonctionner correctement.
