Salut! C'est avec énormément de retard que je poste ce troisième chapitre. J'espère de tout cœur qu'il vous plaira et je vous souhaite une bonne rentrée! :)
+ si jamais vous lisez et que vous ne voulez pas commenter, pourriez-vous quand même laisser un commentaire style "ok" ou quelque chose du genre, histoire que je puisse voir combien de personne lisent? ça serait super cool!
- Et dire qu'on aurait pu manger des patates. Ma grand-mère m'avait même passé son économe pour les éplucher plus vite, marmonna Thad.
Le feu de camp qu'ils avaient mit deux heures à établir représentait leur seule source de chaleur pour le moment, et même si le temps avait été au beau fixe toute la journée, c'en était tout autre pour cette soirée. C'était l'excuse de Sebastian pour s'être assis aussi proche de Blaine, en tout cas. Le châtain observa Thad reposer son bâton en bois – sur lesquels ils faisaient griller des marshmallows, l'unique repas à l'heure actuelle – et leva les yeux au ciel face à son manque d'enthousiasme. Personne ne lui prêtait vraiment attention, tous absorbés dans diverses et variées discussions auxquelles il ne prenait pas la peine de s'intéresser.
- J'aime pas votre truc rose dégoulinant. Je vais mourir de faim.
Sebastian lui lança un regard las, y faisant passer toutes sortes d'insultes sans avoir besoin de les articuler de vive voix et reporta, comme toujours, son attention sur Blaine. Blaine qui venait de mettre trois gros marshmallows dans sa bouche sans grosse difficulté, sous son regard impressionné. Sebastian sourit en coin et lui donna un léger coup d'épaule avant de se pencher pour murmurer à son oreille :
- T'aimes ça, hein ?
Son ton laissait sous entendre tout un tas d'autres choses, beaucoup moins catholiques. Le bouclé manqua visiblement de s'étouffer et redoubla d'effort pour mâcher efficacement, mais ça n'était pas un franc succès.
- T'avale ou pas ? ajouta t-il, son sourire narquois ne quittant pas ses lèvres.
En voyant que Blaine recouvrait son visage de ses mains, à la fois pour cacher ses rougissements et ne pas tout recracher sur ses genoux, Sebastian en profita pour passer son bras autour de ses épaules, style de rien, même s'il sentait le regard de Jeff sur lui. Il ignorait ce qu'il se tramait entre Blaine et le blond, qui semblaient être beaucoup plus proches que d'habitude, mais il était bien déterminé à le savoir. Enfin, pour le moment, il y avait Blaine, et c'était tout ce qu'il comptait. Blaine qui baissa ses mains de son visage et passa sa langue sur ses lèvres une fois les trois marshmallows ingérés. Blaine qui était super méga mignon et qui souriait pour n'importe quoi. Blaine qui le regardait alors qu'après tout ce qu'il s'était passé entre eux, il était persuadé de ne pas le mériter. Et Sebastian profita de leur proximité pour lui poser une troisième question.
- T'es beau, tu sais ? finit-il par lui chuchoter doucement, après s'être penché davantage vers lui, ses lèvres s'attardant dans son cou pour y déposer un baiser.
Chaste, mais bel et bien présent.
Et là.
MESDAMES ET MESSIEURS.
Blaine ne le repoussa pas.
OK, ça n'était pas prévu.
Sebastian ne savait pas s'il devait prendre son absence de réaction pour un encouragement. Il se sentait bien idiot maintenant, indécis et hésitant, comme il ne l'était que très rarement. Il commença à s'imaginer toutes sortes de scénarios, dans lesquels Blaine et lui pourraient devenir amants, qu'ils pourraient se retrouver tous les soirs, qu'ils pourraient profiter l'un de l'autre en secret. C'était grisant et imprévu et le mélange de ces sensations lui fit tourner la tête.
...Jusqu'à ce qu'il comprenne que si Blaine n'avait pas réagi, c'était parce qu'il n'avait même pas remarqué, trop concentré sur l'histoire débile que Jeff était en train de lui raconter. Bon.
Blaine, un sourire étirant ses lèvres, se tourna vers Sebastian qui passa une main dans ses boucles. Il ne l'avait jamais vu aussi joyeux et à l'aise avant. Libéré, aussi, d'une certaine façon. Aussitôt, comme un automatisme, Sebastian lui rendit son sourire et, prit d'une générosité sans pareille, lui proposa de lui préparer un marshmallow de chef. Blaine plissa les yeux, surpris, mais finit par hocher la tête en constatant que Sebastian était sérieux.
- Tu me le fais ? Vraiment ?
Sebastian s'apprêta à répondre quelque chose de très pervers encore, mais Thad ouvrit encore sa bouche, pour son plus grand malheur. Encore une opportunité de manquée.
- Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour toi ?
Et c'est parti...
- C'est clair ! T'es le seul mec au monde auquel Sebastian ne dit jamais non ! intervint David, qui n'était visiblement même pas capable d'essuyer son menton plein de sucre.
Et le pire arriva. Soudain, Thad se leva et incita Trent à faire de même, avant de lui chuchoter quelque chose que Sebastian ne parvint pas à entendre. Thad, accompagné d'un sourire machiavélique aux lèvres se redressa, tout fier de lui, et annonça solennellement :
- Je suis Sebastian, et Trent sera Blaine.
Sebastian observa Thad plisser son t-shirt, prenant un faux air paniqué bien trop stéréotypé pour être crédible. C'était ridicule à souhait et il ne parvenait pas à croire que le brun s'ennuie tellement qu'il soit obligé de trouver une telle occupation afin d'attirer l'attention. Sans le prendre au sérieux, il n'écouta qu'à moitié sa pitoyable imitation.
- Merde, mon t-shirt est froissé, qu'est ce que Blaine va penser ?! Il faut vraiment que je prenne une douche et que je sente bon, où est mon gel douche à la rose ? Il arrive dans cinq minutes et je ne suis même pas prêt, c'est la catastrophe ! Peut-être que je devrais annuler ? Non, je ne peux pas ne pas le voir, il me manque trop!
La voix qu'il pensait imiter n'était pas du tout la sienne. Il avait plutôt l'air d'une fille de treize ans. C'était une chose de l'imiter, mais lorsque cela concernait Blaine et la façon dont il se comportait avec lui, il devenait rapidement agacé des remarques et commentaires stupides des autres. Il assumait pleinement être plus ouvert et… gentil avec Blaine, mais ça s'arrêtait là.
Trent frappa à une porte imaginaire et Thad ouvrit aussitôt, haussant les sourcils d'un air suggestif avec un sourire qui se voulait… charmeur ? taquin ? enjôleur ? Sérieusement, il était plus gênant qu'autre chose. Il attrapa la main de Trent afin de l'attirer vers lui pour lui faire un câlin et le serra tellement fort que ce dernier essaya de s'extirper de son emprise au plus vite, manquant d'oxygène.
- Tu vas bien, mon petit Blainey chéri ? Je t'ai acheté tes chocolats préférés !
Sebastian se mordit l'intérieur de la joue. NON, il n'était pas comme ça. Ça n'était quand même pas un crime d'apprécier Blaine à sa juste valeur, si ? Et c'était quoi ce surnom de merde, de toute façon ? En plus de tout ça, il ne lui avait jamais acheté de chocolat. Jamais.
- T'es trop gentil avec moi, Sebastian ! s'exclama Trent en forçant le plus grand sourire possible.
...Qui ne rivalisait en rien celui du garçon à ses côtés. Il le regarda rapidement du coin de l'oeil et contrairement à lui, Blaine ne semblait pas agacé mais nerveux. Tiens donc. Mais avant qu'il ait le temps de se demander pourquoi il réagissait de la sorte, la voix de Thad attira à nouveau son attention.
- Tu es vraiment trop chou, aujourd'hui. J'adore quand tu ne porte pas beaucoup de gel, j'aime pouvoir toucher tes cheveux !
- Sebastian, tu sais que j'ai un copain.
- Et alors ? Je sais ce que je veux.
Trent rit bêtement et croisa les bras sur sa poitrine.
- Tu peux avoir tous les garçons de la planète, alors pourquoi moi ?
Thad s'avança encore plus proche de Trent et caressa sa joue.
- Parce que je t'aime.
- Ooooh, moi aussi je t'aime ! T'es comme un frère pour moi !
Il était temps d'intervenir car il ne voulait pas en entendre davantage, ou que Blaine se fasse des idées. Mais Thad comprit sûrement ses intentions puisqu'il haussa la voix, prenant le visage de Trent entre ses mains et l'embrassant furtivement, sous les protestations et le BEURK dégoûté de ce dernier qui résonna dans toute la forêt.
- Oh, Blaine, Oh, Blaine, pourquoi es-tu Blaine ? Je ne peux pas vivre sans toi, j'ai…
OK, c'était bien assez. Il était temps de mettre fin à ce spectacle débile.
- Fermez-la, c'est pas mon problème si je préfère être avec Blaine qu'avec vous tous réunis. Et au passage, Thad...
Il attendit d'avoir l'attention complète de ce dernier, qui semblait déçu que son petit jeu soit aussi vite terminé, avant d'ajouter :
- La prochaine fois que t'essaye de m'imiter, attends que ton acné se calme un peu. C'est bien du fond de teint que j'ai vu dans ton sac, non ? Tu sais, ça sert à rien de camoufler, à ce point là, il faut traiter. Je peux te recommander un dermatologue, parce que là, y'a du boulot. Tu m'étonnes que Trent soit dégoûté de t'embrasser, avec l'énorme bouton rouge criard que tu as sur le menton. Le pauvre.
Sur ce, Sebastian lui lança un clin d'œil et se pencha en avant pour passer un marshmallow dans le bâton avant de le tenir au dessus du feu, comme si de rien n'était. Il savait à quel point Thad était complexé par ses problèmes de peau et qu'il passait bien une heure tous les matins à la recouvrir d'une tonne de maquillage. C'était un sujet tabou, un sujet que personne n'osait évoquer car en plus de tout ça, Thad était susceptible. Mais ce petit speech était un avertissement. Normalement, le brun était assez intelligent pour comprendre qu'il n'avait pas à se mêler de ses affaires et encore moins de son comportement auprès de Blaine.
Hélas, sa réplique n'eut pas l'effet attendu. Penché vers le feu, et concentré sur le marshmallow de Blaine qu'il ne voulait surtout pas faire cramer, il ne vit pas son adorable camarade – à la quête d'une revanche puérile, sans doute – arriver derrière lui pour lui donner un coup de pied aux fesses. Sauf que Sebastian perdit l'équilibre, et il tomba en avant. Sa main droite passa le long des flammes oranges pour s'écraser durement dans les braises brûlantes et non, il ne poussa pas un cri loin d'être viril. Non, non, non.
C'était bien plus aiguë que ça.
Toutes conversations cessèrent, certains assez étonnés du cran de Thad, qui ne s'était pas attendu à une telle conséquence - et d'autres du son vraiment trop étrange que venait d'émettre Sebastian. Sortant sa main aussitôt du feu, ce dernier se mordit fortement la lèvre et sans plus d'indication sur ce qu'il allait faire, il se leva et couru vers le lac pour y plonger son avant bras tout entier. Personne n'osa prononcer un mot. Blaine observa Sebastian, dos à eux tous, et préféra le laisser seul pour le moment. Il n'approuvait pas la façon dont il s'était moqué de Thad, mais d'un autre côté, tout le monde savait qu'il ne fallait pas se frotter au châtain trop longtemps si l'on voulait éviter tout problème. Et puis, parler d'amour avait évidemment été la pire des idées. Il ne voulait pas dire que Thad le méritait, mais c'était inévitable et il aurait dû s'en douter.
Toute l'ambiance était retombée, et Blaine baissa les yeux vers le marshmallow que Sebastian lui avait préparé, maintenant tout écrabouillé dans les cendres. Il se racla la gorge et demanda à Beats de lui prêter sa guitare. Il valait mieux remotiver tout le monde, et faire en sorte que cette soirée ne parte pas en fumée. Sans mauvais jeu de mot.
Ils enchaînèrent par la suite de nombreuses chansons, chacun participant à sa façon aux reprises et par le plus grand des miracles, Sebastian les rejoignit au bout de la treizième, mais cette fois-ci, il prit place à côté d'Eden, sous son regard étonné, même s'il tenait de ne pas le laisser paraître. Après tout, le Warbler faisait ce qu'il voulait, et il n'avait rien à dire. Mais une part de lui était déçue, et il se trompa de trois notes lorsque Eden embrassa la joue de Sebastian en lui jetant un regard complice. Et puis, ses doigts se firent de moins en moins présents sur les cordes et les notes s'évanouirent progressivement, laissant place à une histoire de fantôme que Jeff tenait absolument à raconter.
Au fil des heures, le feu s'était atténué et la plupart avaient prit la direction de leur lit. Blaine avait tout de même attendu le départ d'Eden pour aller s'asseoir aux côtés de Sebastian, sous le regard légèrement étonné de Thad, qui pensait certainement avoir percé de ses plus pointues aiguilles l'amitié ambiguë que les deux jeunes hommes partageaient. Ce dernier, constatant qu'aucun d'entre eux ne lui donnait une quelconque attention, suivi les autres après un « bonne nuit ! » auquel seulement Blaine répondit.
Après ça, seul le bruit du crépitement du feu et les criquets les entourait. Blaine savait à quoi Sebastian pensait, et il était déçu qu'il porte autant d'importance à ce que les autres pouvaient bien dire d'eux, lui qui d'habitude s'en fichait complètement. Il passa alors son bras autour de ses épaules et même si, vu sa taille, il ne parvenait pas à en faire le tour, c'était le geste qui importait. Sebastian le regarda enfin et ne sourit qu'à moitié. Il retira gentiment le bras de Blaine et se positionna de sorte à reposer sa tête sur ses cuisses, ses yeux faisant maintenant face au ciel. Blaine le laissa faire et au bout de quelques secondes, commença à tracer la courbe de sa mâchoire du bout de ses doigts.
- Pourquoi tu ne m'a pas dit pour Eden ?
C'était la question qu'il voulait lui poser depuis qu'il l'avait vu, aujourd'hui, mais il n'en avait pas vraiment eu l'occasion. Et c'était aussi la première fois qu'ils se retrouvaient rien que tout les deux.
- T'es jaloux ?
Il baissa les yeux vers son ami, secouant la tête face à son sourire taquin.
- Je suis juste curieux. Pourquoi tu me caches des choses ?
Sebastian ne lui répondit pas. Peut-être qu'il en faisait exprès, ou peut-être qu'il n'avait pas de réponse. Mais il tenait vraiment à savoir, et insista :
- Vous êtes ensemble ?
- Jamais de la vie.
- Pourquoi pas ?
- Parce que je ne veux pas de copain.
Le Warbler le lui avait dit un milliard de fois, mais Blaine savait qu'il changerait d'avis. Un jour.
- Il est mignon, tenta t-il une dernière fois.
Sebastian haussa les épaules et comprenant qu'il n'obtiendrait rien de plus de sa part, Blaine fit glisser son pouce sur sa lèvre inférieure, doucement. C'était sage et calme, et il ne s'en était pas rendu compte. Son regard plongea finalement dans le sien, et il sentit un bon milliard de frisson lorsque Sebastian déposa un furtif baiser sur son doigt.
- Embrasse moi, chuchota le châtain au bout d'un long moment, prenant sa main pour embrasser ses phalanges une part une, comme pour l'encourager.
Mais Blaine ne bougea pas d'un millimètre. Il se contenta de regarder ailleurs, autre part que le garçon dont les lèvres dansaient sur sa peau.
- Je sais que tu en a autant envie que moi, B.
- Et tu sais que je ne peux pas faire ça, répondit enfin Blaine.
Sebastian soupira, mais n'insista pas. Au moins, Blaine ne niait pas le fait qu'il le voulait, et c'était déjà beaucoup.
- Tant pis, j'imagine qu'il faudra que j'attende notre mariage. C'est quand même dommage, y'a la pleine lune, le feu, moi qui pensait que t'étais romantique.
Cela le fit rire et atténua un peu la tension qui s'était épaissie autour d'eux. Sebastian baissa les yeux vers la paume de sa propre main, rougie et enflée. Autrement dit : dégueulasse et qui contrastait bien avec son légendaire sex appeal.
- Ça fait mal? s'enquit Blaine en suivant son regard.
- Non. Ça chatouille juste un peu.
Le bouclé l'observa du coin de l'œil.
Il savait pertinemment que Sebastian n'avouerait jamais, ô grand jamais, que sa main était encore en feu et que son plus grand désir (après Blaine) serait de la passer trois jours sous l'eau. Hélas, leur stock était limité et de toute façon, il refuserait de passer pour un assisté. Et puis, il fallait bien qu'il garde une part du bad boy qu'il était, même s'ils n'étaient plus en Ohio. Mais Blaine n'était pas dupe. Sans plus attendre, il se leva et frotta affectueusement les cheveux d'ors et déjà désordonnés de son ami.
- Je reviens tout de suite.
- Hé, je suis pas un bébé !
Mais Blaine ne l'écouta pas et se dirigea vers la maison, à la recherche du kit d'urgence. Certains de leurs amis dormaient déjà et les autres semblaient encore en pleine discussion. Il se demandait s'ils ne s'étaient pas tous éclipsés pour le laisser seul avec Sebastian. Sans écouter la conversation, il fouilla dans l'armoire à pharmacie de la salle de bain et parvint à y trouver une pommade – périmée – et quelque chose qui s'apparentait à de la bande. Bon, c'était déjà ça.
Lorsqu'il s'assit à nouveau à ses cotés, Sebastian ne prêta même pas attention à ce qu'il avait ramené. Toujours allongé dans l'herbe, Blaine prit sa main, qu'il déposa doucement sur sa cuisse afin qu'elle soit stable et droite. Il ignora le ''hum hum'' suggestif de son ami lorsqu'il fit glisser ses doigts un peu plus haut et avec un soupir las, repositionna sa main correctement.
- T'as dit que t'étais pas un bébé, alors comporte toi en adulte ?
Par chance, Sebastian ne bougea pas d'un poil lorsque Blaine tartina précautionneusement sa paume de pommade en évitant les cloques. Parfois, le Warbler grimaçait mais c'était pour son bien, et c'était juste l'histoire d'une nuit avant de trouver de meilleures solutions. Une fois que Blaine eut terminé, Sebastian entrelaça ses doigts aux siens. Cela lui faisait un mal de chien mais la douleur était bien faible face à ses sentiments qui s'amplifiaient beaucoup trop vite à son goût pour le garçon à ses côtés. La main de Blaine était chaude, bien plus chaude que le feu réchauffant ses bras nus à ce moment même. Aucun mot ne fut prononcé pendant un long moment, leurs regards perdus dans les cendres et leurs pensées.
- Merci, murmura finalement Sebastian.
- De quoi?
- D'être venu.
- Tu ne m'a pas vraiment donné le choix.
- On a toujours le choix, B.
Cette dernière remarque débordait de sous entendus et Blaine baissa la tête, observant leurs mains jointes. Il savait que Sebastian ne faisait pas uniquement allusion à ce week-end, mais aux choix qu'ils faisait au quotidien. Genre… Kurt. Cela lui rappela qu'il avait oublié leur skype. A cette réalisation, il soupira et sorti de sa main libre son téléphone de sa poche pour vérifier combien de fois -il misait 58- Kurt avait essayé de le contacter. Au final, aucun moyen de le savoir, puisqu'il n'avait pas du tout de réseau.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'ai pas de réseau et… Kurt voulait qu'on fasse un skype.
Sebastian soupira. Il détestait lorsque Blaine mentionnait son débile de copain lorsqu'ils étaient tout les deux. Surtout dans ce genre de moment.
- Sérieux, y'a des moments où tu ne pense pas à lui ?
- C'est pas ça… c'est juste qu'il serait capable de venir ici.
- C'est pas comme si il avait l'adresse.
- Non. Mais il a installé un GPS sur mon portable.
Le Warbler se redressa subitement et fronça les sourcils.
- Tu rigoles ?
- Non. Je ne sais même pas comment il l'a installé. Mais ça ne me dérange pas car j'ai rien à cacher, c'est juste bizarre.
Blaine haussa les épaules et ne protesta pas lorsque Sebastian lui prit son téléphone des mains. Il leva les yeux vers les jolies étoiles dans le ciel et sortit de sa contemplation seulement lorsque Sebastian lui rangea lui-même son téléphone dans sa poche, quelques minutes plus tard.
- Désactivé, se contenta t-il d'expliquer avant de se remettre bien et de fermer les yeux.
- Merci ?
- Il a quand même bien dû voir que tu venais souvent à Dalton. Comment tu justifiais ça ? Je ne pense pas que tu lui donnait les détails de ce qu'on faisait.
Blaine rit et le poussa gentiment.
- Tu dis ça comme si c'était mal.
- Pour être honnête, ça l'est un peu. On a couché ensemble…
- Non ! On a dormi ensemble. Et j'arrive toujours pas à croire que tu l'ai dit à Jeff.
Pendant une seconde, Sebastian sembla confus.
- J'ai rien dit du tout. En même temps, t'es pas super discret, il t'a vu venir dans ma chambre le soir et repartir le matin. Même s'il a pas la lumière allumée à tous les étages, faut quand même pas être bête pour penser que t'es juste venu faire le ménage.
Vu comme ça…
- Tu boudes ?
- Non.
- Tu sais que je ne dirais jamais rien. Même si je rêverais de voir la tronche de ton mec en lui disant tout ce qu'on fait.
Blaine baissa les yeux vers lui avant de soupirer.
- Et qu'est-ce que l'on fait, selon toi ?
- A toi de me le dire. Comment tu qualifies ça ?
- Je sais pas. On traîne ensemble ?
- Mouais. J'ai hâte de voir le jour où tu me dis clairement que c'est plus que ça.
Blaine s'apprêta à répliquer un « tu peux attendre longtemps ! » lorsque la voix de David le fit sursauter.
- Vous avez pas bientôt finit de flirter? Y'en a qui essaient de dormir ici !
Blaine retira immédiatement sa main et le châtain retint un gémissement de douleur face à la brutalité – bien qu'involontaire et inattendue - du geste. Il ne savait pas s'ils avaient été entendus ou même vus et il rougit fortement. Sebastian se contenta de se relever et de rire.
- Aller, au lit.
Ils prirent tous deux le chemin de la chambre, entrant dans la maison à tâtons car les lumières étaient éteintes et ils voulaient éviter de réveiller ceux qui dormaient dans le salon. Sauf que Blaine éclata de rire lorsque Sebastian se cogna le doigt de pied dans la table en bois, avant de lâcher une série de jurons en tout genre. Leur interruption fut accueillie par d'autres insultes et grognements de la part de leurs amis, et – bien que Blaine se doutait que Sebastian était parfaitement capable de se repérer dans le noir – il sentit sa main se glisser dans la sienne. Il se contenta de la serrer, et suivi le chemin de la chambre.
Le lendemain matin avait été majoritairement tranquille. Ils s'étaient tous plus ou moins levés à midi et avaient directement prit la direction du lac, sans se soucier des courses qu'ils étaient sensés aller faire s'ils voulaient enfin avaler quelque chose de consistant. Tous semblaient heureux et c'était beau à voir, après tout ce temps. Jeff se redressa et passa une main dans ses cheveux mouillés, faisant une pause dans sa tentative de réparer le vieux barbecue du jardin. Il entoura une serviette à l'effigie de Franklin autour de ses épaules et entra dans la maison pour aller chercher ses lunettes de soleil à l'étage. Éblouit, tout semblait sombre dans la maison, et il peina presque à monté les escaliers. Prenant les marches avec précaution, il se stoppa net au milieu de la pièce lorsqu'il entendit un bruit étouffé. Quelque chose vibrait dans le lit de Blaine, et l'espace d'un moment, il hésita à regarder de quoi il s'agissait. Il se souvint brusquement de la fois où Sebastian l'avait obligé à entrer dans un sexshop et il mit du temps à soulever la couverture.
Ce fut donc un soulagement lorsqu'il constata que l'objet en question était seulement son téléphone, affichant un nombre inquiétant de messages et une vingtaine d'appels manqués. L'appareil vibra violemment dans ses mains lorsqu'il le prit et le blond le fit presque tomber au sol. Voyant qu'il s'agissait de Kurt, il décida de répondre, s'approchant de la fenêtre pour l'ouvrir afin d'aérer la pièce.
- Je peux savoir pourquoi t'as pas répondu plus tôt?! s'écria la voix stridente de Kurt, visiblement super en colère.
- C'est Jeff.
- Je veux parler à Blaine.
- Il est occupé pour le moment.
Kurt se tut une seconde, avant de reprendre de plus belle, une octave ou deux au dessus :
- Occupé? A quoi faire?
- Il nage dans le lac ?
Les quelques mots, qui lui brûlait le bout de la langue, menaçaient de sortir à tout moment. Cela le démangeait, d'autant plus que Kurt était loin d'être aimable, alors qu'il avait toujours été courtois avec lui. Et puis, Blaine lui avait raconté deux trois choses à son sujet qui étaient loin de lui plaire. Et en plus de tout ça, Nick lui avait répété que Kurt lui avait dit que son blond platine était has been et qu'il serait beaucoup moins ridicule s'il se teignait les cheveux en roux. Il jeta un coup d'œil rapide par la fenêtre. Sebastian et Blaine étaient un train de s'éclabousser mutuellement, mais il se doutait que c'était juste un moyen pour eux d'être plus proches, sans se séparer des autres. Être ensemble, sans s'isoler. Ce ne fut donc en rien un mensonge quand il ajouta :
- Avec Sebastian.
- PARDON ?!
Et juste comme ça, Jeff lui raccrocha au nez. Dès que Blaine apprendrait ça – ce qui ne saurait tarder – il le tuerait. Il n'avait pas pu se retenir, sans même penser à l'ampleur et aux conséquences que cela prendrait.
Sebastian et Blaine étaient -contre toute attente- encore ensemble. Blaine, allongé au sol à observer les nuages pour leur trouver des équivalents humains et Sebastian, assis entre ses jambes en pleine lecture. C'était paisible et agréable, voire familier. Il était persuadé que s'il n'y avait ne serait-ce qu'un Warbler dans les parages, ils seraient prit en photo et qualifiés de vieux couple. Mais pour Blaine, ça n'était pas le cas. Ils étaient amis, et faisaient des trucs amicaux.
Mais soudain, Sebastian referma son livre d'un coup sec, le faisant sursauter et s'envoler les oiseaux des arbres. Il se retourna vivement pour s'asseoir sur ses cuisses sans le prévenir, passant ses jambes autour de sa taille pour l'empêcher de partir, et plongea son regard dans le sien.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Blaine en fronçant les sourcils.
- Nick m'a dit des choses, ce matin.
Blaine eut du mal à comprendre où il voulait en venir, jusqu'à ce que le brun hausse les sourcils d'un air suggestif. Il se sentit alors rougir violemment et regarda Sebastian, un air quelque peu inquiet sur le visage. Il n'arrivait pas à croire que Nick ait tout balancé, et provoqué le moment tant redouté. C'était donc pour ça qu'ils étaient tous parti faire les courses et qu'ils les avaient laissé tous les deux ici. C'était aussi pour ça que Sebastian se tenait sur lui de la sorte, ni trop éloigné, ni trop proche, et pourtant stratégiquement bien placé pour éviter qu'il puisse s'enfuir.
- Oh non.
- Oh si.
La mini pause dramatique qu'il effectua eut l'effet escompté et il écouta Sebastian approfondir ses paroles.
- Mais comme je ne suis pas aussi naïf que lui, j'aimerais bien que tu m'explique pourquoi tu as prononcé de telles paroles. Qu'est-ce que tu caches ?
Il expira longuement, comme s'il venait d'apprendre qu'il échappait à la perpétuité. Sérieusement, Sebastian avait bien trop de pouvoir chez lui.
- C'est... compliqué.
- Je t'écoute.
Trahir Jeff? Ne pas trahir Jeff? Le blond lui avait bien dit de ne pas parler à Sebastian du secret qu'il lui avait avoué, mais c'était aussi lui qui avait trouvé l'excuse débile et qui le mettait dans la délicate situation actuelle. La façon dont Sebastian le regardait suffit à le troubler, encore plus lorsqu'il fit glisser le bout de son index le long de son avant bras nu.
- Si tu ne me dis pas, je te chatouille, et tu ne pourra rien y faire.
- Seb, j'ai promis à Jeff.
- Je compte jusqu'à 3.
Blaine secoua la tête et tenta par tout les moyens de s'extirper de son emprise. Sauf que, en essayant de se redresser, Sebastian glissa un peu plus contre lui, et se retrouva assis pile sur son bassin. Et évidemment, comme tout deux ne portaient que leurs shorts, cela ne laissait que très peu place à l'imagination.
Doux Jésus.
Sans perdre une seconde, il révéla la stricte vérité afin de détruire la compromettante position dans laquelle ils se tenaient. Il préférait encore trahir Jeff plutôt que de se trahir lui-même.
- Jeffàunecopine!
Sebastian le regarda en haussant les sourcils, à moitié ici, à moitié ailleurs, et Blaine se demanda s'il pensait à la même chose que lui.
- Dis pas n'importe quoi pour que je m'en aille, finit-il par lui répondre, jetant un coup d'œil à leurs deux corps l'un contre l'autre avec un sourire trop taquin pour être crédible.
Blaine savait ce qui allait arriver. Ils jouaient à un jeu dangereux, beaucoup plus dangereux que prévu. Son cœur battait à une vitesse anormale et il commençait vraiment à avoir chaud et Sebastian ne cessait de gigoter contre lui, millimètre par millimètre, ce qui était amplement suffisant pour l'émoustiller de plus en plus. Il fallait qu'il pense à autre chose. Quelque chose de froid, sale et loin, très looooooin de la sensation de leur deux sexes pressés l'un contre l'autre et de la façon dont Sebastian – bien qu'involontairement – se frottait contre lui en le chatouillant.
- Seb, s'il te plaît, arrêteeeeeee !
- Je veux savoir.
- Arrête, insista Blaine à bout de souffle, en prenant ses poignets dans ses mains et les serrant pour qu'il cesse de bouger.
Il prit une grande inspiration et Sebastian le regarda bizarrement, avant de plisser les yeux. Voilà qu'il était maintenant suspicieux.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Laisse moi partir.
- Je fais comment, sans mes mains ?
Blaine lâcha ses poignets et déglutit, se sentant durcir à travers leurs vêtements et priant de toutes ses forces pour que Sebastian ne s'en rende pas compte et se pousse ENFIN. Sauf que bien évidemment, le Warbler posa ses mains de chaque côté de son visage, resserrant la pression de ses jambes autour de sa taille. Blaine se mordit la lèvre et tenta de se tourner sur le côté, ou du moins de changer un tant soit peu d'angle.
- Tu sais tout autant que moi que Jeff n'est pas hétéro.
- Il m'a dit qu'il avait une copine.
Sebastian secoua la tête, loin d'être convaincu. Ce dernier baissa les yeux vers lui et passa sa main sous son t-shirt pour le taquiner davantage, profitant aussi du fait qu'ils n'étaient que tous les deux et que les autres n'étaient pas prêts de revenir de sitôt pour tenter de se rapprocher de lui, toujours un peu plus afin de tester ses limites. S'il y avait une chose qu'il n'abandonnerait jamais dans sa vie, c'était bien Blaine Anderson.
Blaine qui était, bien entendu, rouge cramoisi. Sebastian monta sa main jusqu'à ses pectoraux et les caressa du bout des doigts, ce qui n'arrangeait en rien sa situation actuelle. A bout de force physique et mentale, ajouté au fait que son corps ne voulait pas luter contre le plaisir que cela lui procurait, Blaine oublia le réflexe qu'il avait de le repousser. Comment Sebastian ne pouvait-il pas sentir son érection, pourtant belle et bien évidente ? C'était une forme de torture. Un million de frissons suivaient les doigts de son ami sur sa peau, qui descendaient de plus en plus et…
- Euh, Blaine ?
C'est le ton avec lequel Sebastian prononça son prénom qui lui fit comprendre que ENFIN, le Warbler avait remarqué. Il eut un léger mouvement de recul pour s'asseoir à ses côtés, et Blaine, mortifié, n'osa à peine relever les yeux vers lui. Sebastian soupira, toute forme de moquerie dans sa voix disparue.
- Ecoute, B, c'est normal de…
Mais Blaine ne voulait pas savoir ce qui était normal ou non. Immédiatement, il se leva et prit le chemin de la maison, sans lui jeter un dernier regard. Ce n'est qu'après cinq bonnes minutes que Sebastian réalisa ce qui était pourtant l'évidence même. Blaine le voulait. Jusque là, tout ce qu'il s'était dit est que s'il l'embrassait, Blaine ne lui résisterait pas et l'embrasserait même probablement en retour. Mais rien de plus. Et maintenant, il se sentait étrange, voire un peu confus et s'allongea là ou Blaine se trouvait quelques secondes plus tôt, observant les mêmes nuages en imaginant tout ce qu'il aurait pu faire si Blaine n'était pas parti.
OK, c'était une très mauvaise idée, mais comment le blâmer ? Il avait été si proche du but qu'il n'avait maintenant jamais été aussi frustré de toute sa vie.
- Tu trouves pas ça bizarre?
Jeff haussa les épaules à la question de Nick. Leur promenade de deux heures trente l'avait exténué, et il avait porté un sac de course d'au moins quatre kilos sur cinq kilomètres. Cela ne l'empêchait pas de voir où il brun voulait en venir : le silence. C'était anormal, presque stressant. Jeff savait pertinemment que rien ne s'était passé, mais il s'était quand même attendu à ce que Sebastian et Blaine soient ensemble, probablement en train de faire le ménage ou se baigner.
Mais lorsqu'il passa le jardin, Sebastian était là, les pieds dans le lac, une canne à pêche à la main (et il n'avait rien attrapé du tout) et Blaine n'était pas dans les parages. Nick se racla la gorge, attirant l'attention du plus grand et commença à lui dicter ce qu'ils avaient acheté et le menu prévu pour le soir même. Sebastian avait une drôle d'expression que Jeff ne parvint pas à déchiffrer. Un mélange d'inquiétude et… il avait l'air blasé. C'était suspect. Il se doutait bien que, s'il lui posait la question, Sebastian lui réserverait le même sort que Thad.
Alors, il n'avait qu'un seul moyen de le savoir.
- Je vais me changer! annonça t-il innocemment, prenant sans plus attendre le chemin de la maison.
Après avoir passé la porte ouverte, il monta les marches quatre à quatre et n'eut pas de mal à trouver Blaine assit à l'extrémité de la baignoire, son regard suivant les motifs des années 70 du papier peint au mur. On aurait dit une femme venant d'apprendre qu'elle attendait un bébé non désiré.
- Pourquoi t'es pas en train de pêcher avez Sebastian ?
- On pêche pas, on est amis, pourquoi tout de suite parler de religion alors que…
- Hein ? Mais non, il est en train de pêcher. Des poissons. Enfin, il essaye.
- Oh.
Jeff referma la porte derrière lui et s'assit à ses côtés. A son tour d'être inquiet.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
A sa grand surprise, Blaine lui expliqua tout et en détail. Au point où il en était, de toute façon, il ne pouvait pas se sentir plus mal. Il n'avait jamais vu Blaine aussi triste, et il l'acheva définitivement en lui avouant ce qu'il s'était passé avec Kurt. Il n'aurait sûrement pas d'autres occasions de le faire.
- Non, Jeff. Non, t'as pas fait ça…
- Je suis vraiment vraiment vraiment désolé !
Blaine secoua la tête, défaitiste et passa ses mains dans ses boucles avant de masser ses tempes. Il était dans la merde, bien profond, et il n'avait aucune idée de comment arranger les choses.
- Tu peux me laisser seul, quelques minutes ?
Jeff hocha la tête et ressorti, presque aussi rapidement qu'il était entré. Blaine ferma les yeux en essayant de maîtriser sa respiration. Il commençait à sérieusement flipper, parce qu'il n'était pas sensé ressentir ce genre de chose et aussi parce qu'il était persuadé que Sebastian ne le regarderait plus jamais comme avant. Après tout, il passait pour un gamin aux hormones en feu, tout l'inverse de Sebastian qui savait garder le contrôle, quelle que soit la situation.
C'était physique, rien de plus. Il aimait Kurt et rien ne pourrait changer ça, pas même une infime attirance envers le Warbler.
Trent termina de mettre la table, déposant un gobelet en face de chaque assiette, veillant tout autant à ce que les couverts soient bien parallèles. Il avait, à l'aide de Thad et David, préparé ce qu'il qualifiait de « repas du siècle » et était impatient de recevoir les compliments tant attendus. Nick avait fouillé dans les placards et avait retrouvé quelques jolies bouteilles qui pourraient leur procurer quelques mélanges douteux, mais il lui laissa le loisir de s'en affairer.
Il frotta ses mains sur son tablier, offrant l'image du corps à moitié dénudé de Wonder Woman et fonça dans Blaine en descendant à la cave. Un cri aiguë résonna dans toute la pièce, pour moitié plongée dans l'obscurité et les deux jeunes hommes éclatèrent de rire à la situation. Il remarqua, malgré tout, les yeux brillants du bouclé, mais il ne posa pas de question, se doutant que ça n'était pas le moment vu la tension évidente entre le couple Seblaine, comme il disait.
- Sans rancœur pour hier ? Je ne voulais pas le faire au début, mais je ne voulais pas non plus laisser Thad se ridiculiser tout seul…
Blaine rit faiblement et lui tapota l'épaule.
- Sans rancœur.
- Cool. Je viens voir si y'a du vin… Sebastian te cherche partout, au passage.
Le brun hocha la tête et après avoir forcé un dernier sourire, remonta les marches. C'est une tout autre ambiance qui l'accueillit lorsqu'il referma la porte derrière lui. La chaîne hifi diffusait une musique qu'il ne reconnaissait pas et une bonne quinzaine de gobelets rouges étaient alignés, chacun d'ors et déjà plus ou moins remplis. Voilà ce qui semblait être une belle perspective.
Sauf pour lui. Il comptait bien rester en dehors de tout ça, il se contenterait de prendre les photos. Après tout, il s'était promis de rester sobre toute la durée du week-end, alors il n'allait pas capituler maintenant.
- Une pré-bierre, Blainey ?
- Hein ?
Beats le regarda comme s'il lui avait poussé une troisième jambe.
- Pré-bierre ? Précisa t-il. Bierre d'avant fête ?
- Ah. Non, non merci. Dis, t'aurais pas vu Sebastian ?
L'autre Warbler désigna la forêt de son doigt et le contenu de son verre tangua dangereusement. Blaine se rendit compte qu'il était temps pour lui de cesser de l'éviter et d'affronter la réalité. Il n'avait strictement rien à lui dire, mais ils étaient en vacances, et ils n'allaient pas tout gâcher pour un malheureux accident. Ils étaient plus matures que ça.
- Parti dans la forêt avec Eden. Ils ont dit qu'ils allaient cueillir des mûres, pour la tarte.
Mais bien sûr.
Blaine ne comprenait même pas en quoi cela le dérangeait, et le pire dans tout ça, c'était que tout le monde avait l'air de croire à ce prétexte débile. Thad était même en train de démouler la pâte pour la placer dans le plat.
Lorsque Sebastian et Eden revinrent une bonne heure plus tard, un sourire complice scotché à leurs lèvres, ils déposèrent cinq malheureuses mûres – dont une écrasée - sur le plan de travail.
Le grenier était la pièce de la maison où il avait le plus de chance d'avoir du réseau. Il n'était pas certain d'en être content ou non. Dans les deux cas, il n'avait pas trop le choix. Il avait chaud, il avait mal au ventre, il sentait la culpabilité le ronger, et il n'avait même pas encore croisé le regard de son amoureux.
Cinq minutes plus tard, il faisait face à un Kurt beaucoup moins en colère que prévu.
- Salut…
Blaine aurait préféré qu'il le soit.
- C'est tout ce que tu trouves à dire ? « Salut... » ?
- Je suis désolé…
- Encore heureux ! Non mais pour qui tu te prend, au juste ?
Blaine baissa la tête. Il avait essayé de repousser ce moment le plus longtemps possible, mais il devait faire face à son petit-ami. C'était inévitable, et il aurait dû le prévenir dès le début que Sebastian serait là. Bien entendu, ça n'était pas une excuse, mais il le regrettait amèrement. Il aurait pu prétendre que rien ne se passerait, qu'il pouvait lui faire confiance, qu'il l'aimait de tout son cœur… et un dixième de seconde plus tard, il se souvenait du sourire de Sebastian, assis sur lui, ses mains sous son t-shirt, et tout basculait. Les larmes lui montèrent aux yeux et il avait l'impression d'étouffer. Rien n'allait plus. Kurt attendait visiblement une réponse de sa part, mais il n'en avait pas.
- Soit tu rentres ce soir, soit c'est terminé entre nous.
Et sur ce, l'appel fut coupé. Blaine sentit son cœur se fendre, encore et toujours, et Jeff, qui, bien évidemment, l'avait suivi pour écouter la conversation, vint le rejoindre dans le grenier.
- Il…
- Je sais. J'ai tout entendu.
Blaine ne le lui reprocha même pas. Il soupira longuement et se frotta le visage, essuyant ses yeux avec la manche de son pull. Le blond vint s'asseoir en tailleurs à ses côtés et passa son bras par dessus ses épaules. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire.
- Il y a des bus en ville?
Après cela, Blaine resta seul un long moment. Si longtemps que Jeff avait fini par descendre pour lui chercher un verre.
Deux verres.
Trois verres.
Et il était parvenu à le faire sortir de sa cachette une fois ses bagages faits. Les bières, telles des potions magiques, avaient complètement changé son état d'esprit. Ses yeux n'étaient plus rouges, sa voix n'était plus tremblante et son cœur n'était plus empli de tristesse. Son t-shirt était mit n'importe comment, et il dansait tout seul autour de la chaîne hifi, dans son monde. Un monde sans Kurt, un monde sans Sebastian, et un monde sans souci. Un monde dans lequel il n'avait pas besoin d'être celui que les autres voulaient qu'il soit, un monde dans lequel il pouvait uniquement penser à lui, et pas aux conséquences de ses actes. Hélas, cela ne dura pas bien longtemps.
- Vous l'avez laissé boire?
Il reconnu la voix de Sebastian mais n'y prêta pas une grande attention. Sa présence lui fit perdre un peu d'enthousiasme, mais il se concentra davantage sur la tour, augmentant le son au plus haut point et essayant de suivre le rythme, chantant sans vraiment chanter de longues suites de fausses notes. Sebastian s'approcha et baissa le son de la chaîne avant de le prendre par la main.
- Blaine, viens là.
- Noooooooooon...
- Blaine.
Avec un regard qui se voulait déterminé mais toujours tendre, il le força à revenir à l'intérieur. Les nuages s'étaient épaissis et cela ne valait rien qui vaille. Même si Sebastian n'avait peur de rien, et encore moins du plus violent orage qu'il soit, il n'avait pas du tout envie de rester dehors. Il baissa les yeux vers Blaine, qui n'avait pas tellement l'air content. Bon, si Monsieur voulait bouder, ça n'était pas son problème. Il fronça les sourcils et s'arrêta devant les escaliers pour le regarder.
- Pourquoi t'as bu ?
Mis à part le petit accident de l'après-midi, il ne s'était rien passé d'autre, et Blaine lui avait juré quelques jours plus tôt qu'il ne toucherait pas à une goutte d'alcool. Alors, qu'avait-il manqué ? Blaine évita sa question et croisa les bras sur sa poitrine.
- Pourquoi on reste pas dehors? Il fait trop froid dans la chambre.
- Met un pull?
- J'aurais trop chaud après.
- T'es chiant, B.
Finalement, après être resté immobile en silence pendant trois bonnes minutes, Sebastian parvint à la faire monter et l'obligea à s'asseoir sur son lit. Il lui lança un pull qu'il retira de sa propre valise... pull qui lui atterri sur la tête et qui la recouvrait en même temps, sans que Blaine ne le retire. Il resta comme ça, assis avec un pull sur la tête. Quel état.
- Blaine.
Le rire du bouclé résonna dans la pièce et Sebastian soupira. Après avoir frotté ses mains sur son jean, il vint s'asseoir aux côtés de son ami et l'aida à enfiler son vêtement. Dès que les premières boucles s'échappèrent du col, Sebastian sourit faiblement et bientôt, il fit face à un Blaine tout aussi content. Sérieusement, ce mec était lunatique, quand il était bourré.
- Tu sais que tu es beau?
Blaine changeait du tout au tout. Sebastian leva les yeux au ciel à son compliment, le même que lui lui avait fait un peu plus tôt dans la soirée, et prit gentiment sa main dans la sienne lorsqu'il s'approcha de lui pour toucher son visage.
- Et toi t'es bourré. Viens.
- Tu m'emmènes dans ton lit?
Sebastian le regarda, surpris, et sourit en coin.
- T'as envie d'aller dans mon lit?
- J'ai envie de plein de choses!
- Ah oui?
- Oui.
Bon, même si Blaine était super méga bourré, ça l'amusait beaucoup. Et puis, après un court silence, le bouclé entoura son cou de ses bras en l'empêchant d'avancer davantage, et se mit sur la pointe des pieds pour chuchoter à son oreille :
- J'ai envie de toi.
Son regard s'ancra dans le sien.
Encore une fois, c'était inattendu.
Il ne pouvait pas se permettre de lui faire ça, de se laisser aller, pas quand il avait bu et qu'il n'était pas maître de lui, et il savait que Blaine le détesterait lorsqu'il s'en souviendrait le lendemain matin. Par chance, un téléphone se mit à vibrer, les faisant sursauter tout les deux. Blaine reconnu immédiatement la sonnerie qui suivi, celle qui était attribuée à Kurt. Sebastian se leva pour quitter la pièce et Blaine attrapa sa main.
- Reste.
- Tu ne vas pas répondre?
- Non.
À la fois confus et déstabilisé par le regard insistant du bouclé, Sebastian prit à nouveau place à ses côtés. Il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien lui passer par la tête, mais il était quasiment certain que ça aurait de terribles répercussions si il ne se stoppait pas. Blaine l'obligea à s'allonger et une fois qu'il parvint à ses fins, sous les protestations de Sebastian, évidemment, il s'allongea presque entièrement sur lui, entourant ses bras autour de sa taille comme un koala. Sebastian rit au ridicule de la situation et la position inconfortable dans laquelle ils se trouvaient et Blaine pinça sa hanche pour qu'il se taise. En vain. Et puis le Warbler ferma les yeux, laissant ses mains découvrir les muscles du dos du bouclé qui soupira d'aise. Peut-être que ça le calmerait un peu.
- J'ai envie de toi, répéta t-il faiblement, comme si Sebastian avait pu oublier.
Le Warbler n'arrêta pas ses gestes pour autant, mais il ne profita pas de la situation. Il ne savait pas vraiment si Blaine disait juste cela parce qu'il était bourré et qu'il s'ennuyait ou s'il le pensait réellement. Un sourire quelque peu amer prit place sur ses lèvres et il déposa un baiser sur son front. Il remonta la couverture sur leurs deux corps et ne mit pas longtemps à s'endormir.
