Hello ! Bienvenue pour le troisième chapitre de cette épopée historique ! Tout d'abord, un ENORME MERCI pour vos reviews ! J'espère ne pas vous décevoir avec ce nouveau chapitre, qui développe un autre point de la relation entre Maître-psychopathe-mais-je-me-soigne-maintenant et Laure-je-suis-chiante-mais-je-fais-des-efforts.
Mention spéciale à Orange-Métallique, qui m'a inondée de reviews pour toutes mes histoires (même les moins poussées ! lol). En espérant que ce chapitre continue sur sa lancée.
Une fois l'histoire terminée (elle n'est qu'une présentation), je pense écrire certains One Shots sur cette relation. J'en suis déjà à la moitié d'une, et d'autres idées laissées en suspens dans cette histoire complèteront le tout.
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 3 : Séparation, retrouvailles et proposition.
- Bon, et après ce merveilleux repas, qu'allons-nous faire ? Demanda le Maître, tout en faisant le tour de la pièce du regard.
Laure eut un sourire rayonnant.
- Je pense que le plus urgent, ce serait de …
- De me trouver un appartement, histoire que vos parents n'aient pas envie de me tuer quand ils débarqueront.
- Non.
- Oh, alors, je suppose qu'il faut que je trouve un emploi, c'est ça ?
- Non plus.
- Ah, je sais ! Bien sûr ! Il faut retrouver le Docteur, et lui demander son avis !
- Pas du tout.
Le Maître la regarda; déconcerté.
- Quoi, vous voyez quelque chose d'encore plus urgent ?
- Oh que oui. Vous ne devinez pas ? Ce serait bien la première fois, très cher.
- Bien que mon intelligence dépasse de loin celle des pauvres humains que vous êtes, je n'ai aucune idée de ce que vous pouvez bien cacher dans votre esprit encore plus tordu que le mien !
Laure releva la tête, radieuse.
- Mais enfin, il faut vous trouver un nouveau nom !
- Quoi ? S'exclama-t-il, ébahi.
- Eh bien oui, enfin, réfléchissez ! Maintenant que vous avez été libéré de votre engagement de dictateur, il vous faut un nom plus adapté ! Et puis, vous appeler toute la journée « Maître », ce n'est pas vraiment ainsi que j'envisage une relation très saine.
- Et vous trouvez ça urgent ?
- Exact.
- Urgent ??
- C'est mon dernier mot, Jean-Pierre !
- Pas Jean-Pierre, c'est affreux ! Mais, fit-il en secoua la tête, c'est le dernier de nos soucis !
- Je pensais que ça vous plairait, de pouvoir décider quelque chose d'aussi personnel, répondit Laure en haussant les épaules. Maintenant, si ça ne vous intéresse pas …
- Mais bien sûr que si, ça m'intéresse ! Mais … réfléchissez ! Enfin, c'est …
Leurs regards se croisèrent, l'un interloqué, l'autre moqueur. Et ils éclatèrent de rire au même instant.
- Vous êtes absolument …
- Imprévisible ? Tenta Laure, en reprenant son souffle.
- Correct ! Mais, plus sérieusement, fit-il en redevenant sérieux, il y a plus urgent.
- Et selon vous, qu'est-ce que c'est ?
Il fit un geste en direction du bureau en désordre.
- Votre portable n'arrête pas de vibrer depuis tout à l'heure.
- Argh ! Et c'est seulement maintenant que vous me l'annoncez ? Votre futur surnom, ce sera le Banquier !
- Hein ? Et pourquoi ça ?
- Vous n'avez jamais remarqué à quel point ils mettent du temps avant de se décider ? Lança-t-elle avant de décrocher.
Elle partit dans la cuisine, pour un minimum d'intimité, tandis que lui restait dans le salon, à se demander ce qu'il devait faire avec ces assiettes et couverts. Pas question de travailler comme serviteur dans cette maison !
- Laure ? Laure, tu m'entends ?
- Mais oui ! Ne t'énerve pas !
- Je suis calme ! Je suis très calme.
- J'entends ça. Alors, quoi de neuf ? Risqua Laure.
- Oh, rien du tout, mis à part que tu as quatre heures de cours à rattraper, plus l'intégralité des schémas d'Anatomie à refaire, plus l'ED que tu as manqué, plus …
- Oui, bon, excuse moi si j'étais malade ! Crois moi, j'aurais préféré être là ! Tu m'appelles pour quoi exactement ?
- J'ai photocopié les cours de ce matin. Tu veux que je te les apporte ? Ça ne me dérange pas, ton arrêt de métro est sur ma ligne.
- Oh, heu …
- Tu ne vomis plus, j'espère ? Allo ?
Laure réfléchissait. Si elle allait chercher ces feuilles, elle devait laisser le Maître (Dieu qu'elle détestait ce surnom) seul dans son appartement. Sinon, il fallait prendre le risque que Claire ne l'aperçoive, et, curieuse comme elle l'était, elle aurait tout de suite remarqué quelque chose.
« Bah, après tout, il ne va pas faire sauter la maison ! »
- Allo ? Non, ne t'inquiète pas ! Je vais mieux, beaucoup mieux ! Tu es où, exactement ?
- A ton arrêt. Je me suis dit que tu ne refuserais pas.
- Ok, j'arrive dans cinq minutes.
- Je vais en profiter pour te raconter ma matinée en solitaire …
« Oh, flûte … Je vais encore m'en prendre plein la tête … Satané Maître des ennuis ... »
Elle fit comprendre à son nouveau colocataire qu'elle sortait, et qu'il ferait bien d'avoir débarrassé la table à son retour. Ce qui lui valut une formidable négation silencieuse, avec quantité de gestes inutiles, mais tellement drôles à regarder qu'elle perdit trois bonnes minutes à la voir essayer de s'expliquer en moulinant dans le vide. Elle articula un silencieux « Je vous l'ordonne », qui en retour déclencha un regard furibond. Un petit « Désolée » muet suivi, et Laure était sortie.
- C'est bon, je suis sortie, j'arrive dans cinq petites minutes. A tout à l'heure, donc ! Essaya Laure, espérant avoir le temps de raccrocher avant que son amie ne proteste.
Pas de chance.
- J'ai les appels illimités vers ton numéro, n'oublie pas !
« Si, justement, j'avais oublié ! »
- Ah ouais, c'est vrai …
- Donc je disais, le prof d'histologie nous a fait un cours d'enfer ! Je t'explique pas pour prendre les notes, l'horreur ! Mais bon je suis quand même fière de moi …
Et blablabla, toujours la même rengaine. Laure n'écoutait plus, se contentant de vagues : « Pas possible ! », « Non, c'est pas vrai ! » et autres « C'est sûr ! » de temps en temps, ce qui semblait ne pas déranger son amie, qui continuait de déverser des flots de paroles inutiles.
Elle tourna au coin de la rue, arrivée à la moitié du chemin, heureuse de réduire le temps de souffrance auditive par une marche plus que rapide. Trois pas plus loin, elle s'effondra, pliée en deux. Le mal de tête était tel qu'elle avait l'impression que son crâne était compressé dans un étau gigantesque.
- Allo ? Laure ? Tu m'entends ? Allo ? Tu m'écoutes au moins ? Ne fais pas semblant de ne pas m'entendre !
Malheureusement pour Claire, le téléphone gisait à terre, pendant que sa propriétaire était à genoux, tentant de ne pas perdre conscience.
« Bordel, qu'est-ce que c'est que ce truc ? »
Par un immense effort de volonté, elle ramassa son portable, murmura un inaudible « Ambulance », puis tenta de faire demi-tour. Elle se traînait à terre, espérant voir quelqu'un passer, quelqu'un qui appellerait les secours, qui lui éviterait de mourir dans la rue.
« Que quelqu'un vienne, n'importe qui … S'il vous plaît ... »
Elle ressentait des piqures d'une violence incroyable à l'intérieur de son crâne, comme si des milliers d'aiguilles venaient s'enfoncer précisément dans le centre de la douleur et de la perception. Sa vue se brouillait, elle se sentait flotter. Elle continuait cependant à avancer, son instinct lui interdisant de plonger dans l'inconscience. Elle arriva au coin de la rue après de nombreux efforts, les mains écorchées et son jeans déchiré.
Et tout aussi soudainement qu'elle était apparue, la douleur s'envola.
Laure releva la tête, cherchant la cause de ce brusque rétablissement. Personne autour d'elle. Elle n'avait eu qu'à dépasser ce point précis pour être libérée de ce mal mystérieux. Testant son hypothèse, elle remis un pied devant la ligne imaginaire qu'elle avait tracée. Et aussitôt, la douleur revint, toujours aussi forte.
Elle retenta plusieurs fois l'expérience, toujours le même résultat. Elle ne pouvait aller plus loin que ce point. Se rappelant soudainement ce qu'elle faisait avant de tester ce mécanisme étrange, elle se décida à rappeler Claire, pour lui expliquer la mauvaise nouvelle.
Pas de tonalité à l'autre bout du fil, Laure tomba directement sur la messagerie.
« Elle a reprit le métro, à coup sûr ! J'aurai pu mourir dans les minutes qui suivaient, et elle n'aurait pas bougé le petit doigt ! Ah ben merci ! Super, l'amitié ! Je m'en souviendrai, ne t'inquiète pas ! Alors là … »
Elle laissa tout de même un message, d'une voix chevrotante et affaiblie, savourant l'effet que feraient les dernières paroles d'une pseudo-mourante sur son binôme d'amphi. Délectable, rien que d'y penser. Puis elle tourna les talons, et reprit le chemin de son appartement, à rythme plus modéré, ses jambes tremblant encore.
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Arrivée devant la porte, elle eut à peine le temps d'introduire la clé dans la serrure que déjà le Maître lui ouvrait l'accès à la pièce sans attendre.
- Oh merci, vous n'avez rien !
Il paraissait infiniment soulagé de la voir couverte boue, feuilles et diverses traces de sang. Elle referma la porte derrière elle, avant de s'effondrer dans la fauteuil, épuisée.
- Et si vous m'expliquiez ? Comment savez-vous ce qui m'est arrivé ? Oh, bien entendu, mon état laisse entrevoir un léger problème, mais …
- Cessez de parler, pour une fois, et reposez-vous, ordonna-t-il, sans grande conviction sur l'exécution de sa demande.
- Pas question !
Comme il l'avait prévu, elle se redressa et lui fit face.
- Explications, et seulement ensuite, repos mérité.
- Bien mon général ! Répondit-il ironiquement, un petit geste de salut esquissé rapidement. Je connais votre état, car j'ai supposé que ce qui m'arrivait à moi était arrivé à vous.
- Excellent, mon cher Watson ! Tiens, Watson, c'est pas mal comme nom …
- Quand vous aurez fini les élucubrations littéraires, on pourra revenir au problème qui nous occupe.
- Si vous avez une explication, je vous écoute ! Mais ne me sortez pas que nous ne pouvons nous éloigner l'un de l'autre à moins de mourir dans d'atroces souffrances, s'il vous plaît, la tragédie a des limites.
- D'accord.
- Quoi d'accord ?
- D'accord, je ne vous le dirais pas.
- Ne me dites pas que …
- Ah, vous m'avez interdit de vous le dire !
- Oh non … C'est pas vrai …
- Et si.
- Mais non.
- Malheureusement si !
- Vous vous amusez à m'énerver, ou vous êtes maso, et vous voulez finir dans la salle de bains à récurer les toilettes ?
Le Maître se tut aussitôt, effrayé par la perspective d'une expérience terrifiante. Laure respira longuement, plusieurs fois, pour évacuer l'envie de hurler.
- Si je résume, on est condamné à vivre à moins de cent mètres l'un de l'autre pour le restant de notre vie, c'est bien ça ?
La Maître acquiesça silencieusement, toujours peu désireux de tester le nettoyage forcé d'un endroit particulièrement peu attirant pour ses narines délicates.
- Bieeeeeeen … Je suis calme, je resterai calme jusqu'à la fin, c'est une question de de volonté. Quelles possibilités avons-nous ? Et vous pouvez ouvrir la bouche, c'est puéril comme réaction … ajouta-t-elle en le voyant hésiter.
- Je dirais que trois solutions s'offrent à nous. Petit un, vous me libérez, ce qui couperait tout lien psychique. Petit deux, nous habitons ensemble. Petit trois, on se marie.
- La différence n'est pas très nette entre les petits deux et trois. Je ne vois pas comment on pourrait vivre avec quelqu'un d'autre si on doit rester collé l'un à l'autre tout le temps !
- Donc il ne reste que deux solutions.
- Une seule en fait, rectifia Laure.
- Le Maître pâlit. Le son des tambours retentissait déjà dans son esprit, et avec eux l'angoisse de son ancienne vie.
- Le problème, c'est que je ne suis pas encore majeure …
Il la regarda sans comprendre. Depuis quand fallait-il être majeur pour … Il comprit soudainement la pensée de Laure.
- Vous … Mais enfin … balbutia-t-il confusément.
- Le deuxième problème, ce sont mes parents. Je ne pense pas qu'ils vont accepter comme ça sans vous pourchasser avec des fourches, mais bon …
- Attendez, vous pensez sérieusement vous … marier avec moi ?
Ce fut au tour de Laure de le fixer d'un air ahuri.
- Hein ? Je parlais de s'installer dans une sorte de collocation, où chacun payerait sa part !
Il soupira de soulagement, tandis qu'elle éclatait de rire.
- Vous aviez imaginé un mariage ? Je ne pensais que nos relations étaient aussi poussées, Brandon ! Ah non, Brandon Watson, c'est moche …
- Effectivement …
- Vous n'auriez pas une idée géniale, non ? Pour gagner un maximum d'argent en un minimum de temps, je veux dire. Tout en évitant une enquête approfondie de la Banque ou du FISC, bien entendu.
- Rien de plus facile. Vous avez Internet ?
Laure sortit son ordinateur portable de derrière l'armoire, ultime protection contre un éventuel cambriolage. Pendant le démarrage, elle observa le Maître sortir un instrument étrange de sa poche.
- C'est votre fameux … ah, comment aviez-vous dit ? Tournevis je-ne-sais-plus-quoi …
- Laser. Tournevis laser, compléta-t-il. Très pratique au quotidien. Une de mes inventions d'ailleurs.
- Et il sert à quoi, mis à part à couper les lignes téléphoniques ? Demanda amèrement Laure, se rappelant de sa première expérience avec l'appareil.
- A tout.
- Wahou, le tournevis laser à tout faire ! Et si j'en achète deux, j'en reçois combien ?
- Des fois, je ne vous suis vraiment pas dans vos délires …
Laure ne releva pas la remarque. Il allait falloir lui faire découvrir l'humour, tout de même ! Elle lança un coup d'œil à l'écran.
- C'est bon, il est connecté. Si vous souhaitez pirater le système bancaire, évitez de laisser malencontreusement mon nom et numéro de téléphone.
- Ne vous inquiétez pas, je suis un expert dans ce genre de trafic. Faites moi confiance.
- Pfff, on se croirait dans un film d'action américain … soupira Laure.
- Vous et vos sarcasmes ! Je suis vraiment comme ça, d'habitude ? Demanda-t-il sans lever les yeux de l'écran, le tournevis pointé sur le clavier.
- Que voulez-vous que j'en sache ? Et activez-vous, mes parents vont …
Elle s'arrêta net.
- Quoi ? On a le temps, non ?
- Oh mon Dieu …
- Le Maître suffisait amplement, vous savez.
N'entendant pas de réplique cinglante, il releva la tête, plutôt étonné de ne pas recevoir un coup de classeur sur son crâne. Il découvrit un visage décomposé. Il se redressa aussitôt, alarmé.
- Quoi, quoi, quoi ?? Ils sont morts ?
- NOUS sommes morts !
- Hein ? Qu'est-ce que j'ai encore fait ??
- Mais pas vous ! Enfin, si, vous, mais quand même !
- Mais enfin c'est QUOI le problème ?
- Ils arrivent dans dix minutes !
- QUOI ?? Vous rigolez ??
- Mais non !
- Mais comment avez-vous pu oublier un truc pareil ?
- On s'en fout ! Il faut que vous sortiez ! Restez dehors, allez dans la cave, jouez le SDF dans le couloir ou dans la rue, mais SORTEZ !!
Et, comme on s'y attendait (l'auteur aime le suspens prévisible), la sonnette retentit dans la pièce. Ils se dévisagèrent, affolés.
- Trop tard !
- Qu'est-ce qu'on fait ? MAIS QU'EST-CE QU'ON FAIT ??
- Arrêtez de crier, ils vont nous entendre !
- Laure, tu es là ? On t'a entendu, tu sais ! Claire est avec toi ?
- ARGH ! FERMEZ LA ! Hurla Laure, la tête entre les mains, les cheveux en bataille.
- Chérie, tout va bien ? On entre !
« Argh, ils ont les clés, c'est vrai !! Je suis foutue ... »
Elle ferma les yeux, compta les secondes entre le bruit de la clé dans la serrure, le son grinçant de la porte, les pas avançant dans la pièce, le froissement des sacs portés, et le silence inévitable de la surprise. Là, elle ouvrit un œil, puis deux, pour découvrir l'expression ahurie de sa mère, furieuse de son père et réjouie de sa sœur Constance. Et en se retournant, celle passablement terrifiée du Maître.
- Heu, je vous présente, heu, le … le voisin du dessus, qui est venu m'aider à réparer mon ordinateur !
Soupirs de soulagement des deux côtés de la pièce. Et remerciement intérieur de Laure à l'éclair de génie qui lui avait traversé l'esprit.
- Monsieur, prononça en s'avançant vers le Maître, main tendue.
Une main que le Maître saisit avec hésitation, incertain de la conduite à tenir, et des phrases rituelles à prononcer.
- Heeu … Bonjour ! Tenta-t-il maladroitement, les yeux rivés au sol, pour ne pas avoir à croiser le regard inquisiteur de Mme Thilliez.
- Vous êtes expert en informatique ? Génial, mon ordi a pas mal de problème en ce moment ! Je pourrais vous l'amener ?
Louée soit Constance, celle qui avait su réchauffer la pièce du froid glacial qui s'y était installé.
- Heeu … hésita-t-il, un coup d'œil discret lancé vers Laure, qui lui intima d'accepter. Oui, bien sûr !
Il toussota pour dissiper son malaise, et ajouta :
- Bon, je vais vous laisser. Je … Je reviendrai plus tard, pour continuer la, heu, réparation !
« Parfait, parfait ! Tout va bien, tout s'est bien passé, incroyable ! »
- Mais non, je vous ne prie, restez ! Nous sommes juste venus déposer les quelques affaires que Laure avait oubliées à la maison, ne vous sauvez pas pour si peu !
« Maman, je te déteste ... »
- Oui, et puis vous pourrez continuer de réparer l'ordinateur de ma sœur , n'est-ce pas ? Ajouta Constance, un immense sourire aux lèvres.
« Pourquoi ma sœur a-t-elle un sixième sens ? Bouuuuh ... »
- Heeeu … Pourquoi pas ? Dit-il, bien forcé d'accepter l'offre (ou le piège) proposée, s'asseyant de nouveau devant l'appareil.
« Et maintenant, opération nettoyage amorcée. Les faire partir d'ici. Et vite. »
- Alors, tes cours ? Pas trop de mal ?
« Éviter les conversations creuses et sans intérêt. »
- Oui, oui, comme d'habitude. Mais je dois être dans un quart d'heure chez Claire, j'ai oublié de photocopier un schéma d'anatomie ce matin.
- Oh, fit sa mère, déçue. Tu ne peux pas y aller plus tard ? On avait prévu de faire un tour dans la centre ville, tous ensemble.
« La proposition impossible à accepter, ou sinon il faudrait trouver une excuse pour que Môsieur le Maître nous suive à la trace. Ce n'est pas mon chien, tout de même ! »
- Elle a sport tout de suite après, et ensuite elle repart chez elle, répondit-elle, résolvant le problème.
- En plein milieu de semaine ? Demanda-t-on de la cuisine.
- Un problème de carte bancaire, marmonna Laure, commençant à être à cours d'idées.
- Bon, alors, on ne va pas tarder ! De toute façon tu as tout ce qu'il te faut ici ?
- Oui Papa, répondit-elle sur un ton légèrement exaspéré.
- Au fait, tu comptes rentrer ce week-end ?
« Avec lui dans la voiture ? Bien sûr ! Vous seriez heureux, je crois ! »
- Heu, non. Je perds trop de temps, vous comprenez, pour réviser et tout, il vaut mieux que je reste ici.
« Menteuse. Menteuse, menteuse, super menteuse ! »
- Tant pis … soupira sa mère en se dirigeant vers la porte. Mais j'espère que ce n'est pas pour lui que tu restes, souffla-t-elle à l'oreille de sa fille, qui devint rouge écarlate.
- N'importe quoi ! Il a au moins deux fois mon âge ! Ce serait vraiment ... S'offusqua Laure, n'obtenant comme réponse qu'un sourire ironique de sa mère.
- On reviendra te voir dimanche !
- Oui Papa.
- Et ne fais pas exprès de planter ton ordi, lui murmura Constance en passant la porte.
« Espèce de ... »
- A dimanche !
- Oui, oui ! Au revoir !
La porte de la résidence claqua. Laure attendit le bruit de moteur, puis celui du klaxon lorsque sa famille passa juste devant sa fenêtre, et enfin laissa échapper un soupir de soulagement.
- On s'en est pas trop mal sorti, non ? Dit gaiement le Maître.
- Ah ouais ? Et c'était pas grâce à vous …
- Hein ? Et qui a trouvé comme excuse une réparation d'ordinateur parfaitement normal ? Vous croyez que c'était facile, avec votre sœur derrière mon dos, de faire croire que je savais ce que je faisais, alors que sans mon tournevis, je ne sais pas comment ces appareils primitifs fonctionnent ?
- C'est ça, rajoutez-en ! Vous voulez que je vous plaigne, en plus ? Et votre attitude obséquieuse devant mes parents, c'était quoi ? Oui monsieur, oui madame, bien entendu monsieur ! Vous vous êtes écouté ? C'était parfaitement visible que vous mentiez !
- Excusez moi, c'est pas vraiment facile de se tenir correctement la première fois qu'on voit ses beaux-parents !
- QUOI ? Mais vous rêvez ??
- Et comment allez-vous expliquer à votre père que vous ne pouvez plus rentrer le week-end sans m'inclure dans vos bagages ?
- Je trouverai bien un moyen …
- A moins de leur faire croire que je suis votre frère caché, ce qui est relativement impossible, il n'y a pas d'autre solution ! Un jour ou l'autre, il faudra bien que vous rentriez chez vous ! Et moi avec …
- Pour l'instant, on a un autre problème, plus gros à régler ! Annonça Laure pour changer de sujet, détestant ne pas avoir le dernier mot dans une conversation.
- Allez-y, nous n'en sommes plus à un seul problème … soupira le Maître.
- Comment vais-je aller en cours ?
- Vous n'y allez pas, et c'est réglé, voilà !
- Des fois, j'ai vraiment envie de vous claquer contre le mur, vous savez ? Réfléchissez, si je réussis mon concours, je serais tranquille au niveau financier et parental. Alors, comment vais-je finir les études ?
- Je vous accompagnerai à la Fac, si c'est ce que vous désirez …
- Mais il faudra que vous restiez à proximité, et ça, c'est un autre problème. Si vous vous faites virer du bâtiment, je ne veux pas avoir une crise au milieu de l'amphi !
- Vous proposez quoi alors ? Que je me cache dans les toilettes ?
- Non. Mais il y a une autre solution …
- Qui est ? Demanda-t-il, ayant un très mauvais pressentiment au sujet de la réponse à venir.
- Vous allez devoir travailler, très cher.
- Plutôt mourir que de m'abaisser à ça ! Refusa-t-il catégoriquement.
- Effectivement, si vous vous obstinez, c'est ce qui risque de se passer.
Il soupira, sachant qu'elle ne changerait jamais d'avis.
- Et vous me proposez quoi, comme travail ?
Le sourire lumineux qui s'inscrit à cet instant sur le visage de Laure suffit à lui faire regretter d'avoir posé la question …
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