N/A: Un très bon 14 juillet à tous..

« Alors qu'est-ce qu'on va faire? »

Ils s'éloignaient du Jeffersonian, en direction de nulle part, quand elle posa la question.

Booth lui lança un regard. « Comme je l'ai dit Bones, tout ce qu'on veut. »

« Huh » elle s'appuya sur le dossier de son siège avec l'air de retourner quelque chose dans sa tête.

« Comme… » Il s'arrêta, s'adaptant à la circulation. « Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose que vous avez toujours voulu faire, mais que vous n'avez pas eu le temps de faire? »

« A proprement parler nous n'avons pas le temps maintenant. »

« Très bien, vous savez quoi ? Ne ruinez pas tout ça Bones, OK ? »

Elle sourit en coin. « Je ferai de mon mieux. »

« OK » Booth hocha la tête, faisant un geste en direction du pare-brise. « Allez, proposez quelque chose. »

Brennan tapota son menton du doigt un moment. Il la regardait du coin de l'œil. Elle est si belle. Oh mec, je suis mal.

Après un moment, « Oh ! Je voulais voir la nouvelle exposition sur l'ancien monde. Vous savez que j'ai aidé Martin à installer certaines choses… quoi? »

Booth la regardait avec incrédulité. « Au musée ? »

Elle haussa les épaules. « Et alors ? »

« Au musée, au Jeffersonian? »

« Et? »

« Vous. Y. Travaillez. »

Elle se mordit la lèvre. « Mauvais choix ? »

Booth souffla. « Vous pouvez dire ça. » Elle donnait l'impression qu'elle allait grimacer. « Allez, Bones » la cajola-t-il. « Vivez un peu. »

Elle desserra les lèvres. « OK, alors qu'est-ce que vous voulez faire? »

Booth sourit. « Je ne sais pas Bones, quelque chose de drôle et de frivole. »

« Frivole ? »

« Ouais. »

Elle haussa un sourcil. « Vous voulez dire puéril. »

Booth lui lança un regard. « Quoi ? Non. Ecoutez, quelque chose peut être drôle sans être puéril. »

« Eh bien qu'est-ce que vous et Parker feriez d'un après-midi 'libre' ? » Elle ne put résister à tracer des guillemets avec ses doigts au mot 'libre' ; elle se sentait encore mal à l'aise de ne pas aller travailler. Elle regarda le visage de son partenaire se transformer à la mention de son fils. Il avait ce sourire dont elle avait déjà remarqué qu'il le réservait au petit garçon. En fait il ressemblait à celui qu'il semblait lui réserver à elle, mais elle allait ignorer ce fait.

« Parker voudrait faire quelque chose comme faire l'imbécile au parc » lui dit Booth. « Mais il fait un peu froid pour ça. » Elle hocha la tête. « Ou alors il voudrait aller au bowling, il est à fond là-dedans en ce moment. »

« Bowling hein ? »

« Ouais ou… vous savez, faire un jeu, louer un film, faire du karting, manger un immense burger. » Il gloussa et elle le rejoignit.

« OK. »

Booth fronça les sourcils. « Quoi? Lequel? »

« Tout a l'air bien. »

« Je ne suis pas sûr que nous ayons le temps. »

« Oh allez Booth, vivez un peu. » Elle haussa les sourcils. Son cœur manqua un battement au regard joueur qu'elle lui lançait. Oh ouais, je suis foutu.

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« OK, alors on y est. Partie 1. Marcher dans le parc. »

« Je pensais que nous avions dit qu'il faisait trop froid? »

Booth regarda l'allée le long du centre commercial et soupira. « Juste… suivez le mouvement, d'accord ? »

« Et je me dois de vous faire remarquer que ce n'est pas un parc. »

Booth grogna. « Ca ira, Ok Bones ? »

« Ouais » souffla-t-elle, son souffle s'épaississant dans l'air froid alors qu'elle regardait autour d'eux et décidait de lui accorder une pause. « Ca ira. »

Ils firent quelques pas en silence dans l'allée. Brennan leva la main et attrapa un bourgeon sur une branche basse. « Ce ne sera pas long avant que les arbres ne fleurissent » murmura-t-elle.

« Ouais j'adore ça. »

Elle lui lança un regard, se demandant s'il se moquait d'elle. « Ah oui ? »

« Oui » dit-il en souriant. « C'est beau, non ? »

Elle sourit. « Oui. Vous saviez que les arbres étaient un cadeau du Japon? »

« Tout le monde sait ça, Bones. » A son regard : « Hey, je suis allé au Cherry Blossom Festival. Parker adore. »

(NdT : National Cherry Blossom Festival à Washington : En 1912, le Japon a offert à la ville de Washington quelque 3 000 cerisiers. Chaque année, la floraison de ces arbres sert de prétexte à un festival qui met en valeur la culture japonaise. Le spectacle des arbres fleuris attire des centaines de milliers de visiteurs chaque année.)

« C'est bientôt. »

« Ouais on devrait, euh… y aller. »

Elle sourit. « J'adorerais ça. » Ils continuèrent leur route. « Alors Angela a dit que vous aviez un rendez-vous. »

Booth fronça les sourcils, pensant à la rapidité de diffusion des informations au Jeffersonian, puis hocha la tête. « Hodgins. »

« Alors, c'est vrai ? »

Il s'éclaircit la voix. « Ouais, mais ce n'était pas important. »

« Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Ca veut dire que je ne la reverrai pas, Ok Bones. » Ca veut dire qu'elle n'était pas vous.

Elle était surprise par son ton. « Pourquoi être sur la défensive ? »

« Je ne le suis pas » lui dit-il, la regardant un moment. C'était une de ces journées froides et ensoleillées. Le soleil se reflétait dans ses yeux. Elle avait l'air peu convaincu. « Je ne le suis pas » répéta-t-il, cette fois avec un sourire. « Allez Bones. Ce n'est pas comme vous n'en aviez pas un aussi. »

Elle secoua la tête. « Oh ce n'est pas sérieux non plus. »

« Vous le voyez encore ? » Il connaissait déjà la réponse.

« Oui, mais… »

« Alors c'est plus sérieux que le mien, croyez-moi. C'était juste un service pour un ami. »

Elle digéra l'information alors qu'ils marchaient. « Oh. »

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« Partie 2 » proclama Booth alors qu'ils arrivaient devant le bowling.

« Partie 2 ? » gloussa Brennan. « Qu'est-ce que c'est, un plan en 5 points ? »

« Un plan pour quoi, Bones ? » Il sourit.

Elle se sentit rougir, bien contre son gré, et se retrouva à ne plus savoir quoi dire alors qu'elle le suivait à l'intérieur.

Booth était très précis pour tout le rituel du bowling. Elle aurait pu le deviner. Il faisait toute une histoire du changement de chaussures et de l'installation sur la piste. Ne pas avoir sa propre boule personnelle lui faisait quelque chose, à l'évidence.

Un peu plus tard Brennan était bien partie pour gagner la deuxième partie et sauta de manière triomphale après un autre strike, les mains en l'air, pour découvrir Booth affalé sur leurs sièges, faisant de grands gestes de haut en bas.

« Quoi ? » demanda-t-elle, relâchant ses bras.

« Venez là ! » appela-t-il, et quand elle se fut approchée il attrapa son poignet et la fit se baisser à côté de lui.

« Qu'est-ce que vous faites ? » demanda-t-elle, une fois qu'elle fut à son niveau.

« Qu'est-ce que vous croyez que je fais ? » répondit-il en murmurant. « Je me cache. Qu'est-ce qu'il y a, vous ne comprenez pas le geste universel qui dit 'Baissez-vous !' quand vous le voyez? C'est à des moments comme ça que je me souviens pourquoi on vous a refusé une arme. »

Elle cligna des yeux. Il tenait toujours son poignet. « De quoi vous vous cachez ? » demanda-t-elle doucement, libérant sa main.

« Pas de quoi, de qui » expliqua-t-il. « Juste là » il indiqua du doigt la zone derrière les pistes « c'est Marie Bromley. »

Brennan hocha la tête patiemment. « Est-ce que ce nom devrait me dire quelque chose ? »

Les épaules de Booth s'affaissèrent encore. « Si vous faisiez attention aux gens que vous rencontrez peut-être. »

Elle plissa les yeux. « Je fais attention aux gens. »

« Ha » railla Booth.

« Je fais attention à vous. »

Il avala sa salive. Ce n'est pas le moment. « C'est l'assistante de mon boss, OK ? Si elle nous voit ici elle va le lui dire. C'est un peu la reine des commères. »

« Oh ! » Brennan sourit et essaya de se lever pour jeter un œil.

« Qu'est-ce que vous faites ? » gémit Booth, attrapant le devant de son chemisier et la faisant se baisser de nouveau.

Alors qu'elle retombait sur ses genoux à côté de lui, elle essaya d'ignorer le fait que l'un de ses longs doigts s'était glissé dans les boutons de son chemisier et frôlait sa poitrine. Il éloigna rapidement sa main et elle ne put s'empêcher de sourire alors qu'il rougissait.

« Oui je pense que je la reconnais » lui dit-elle. « Elle a 2 jeunes garçons avec elle. »

« Ouais. Ils ne devraient pas être à l'école ? »

« Elle ne devrait pas être au travail? » répondit-elle.

« Les gens normaux prennent des jours de congés vous savez Bones. »

« Ah oui ? Bizarre. »

Il gloussa à son regard malicieux. « OK, je vais en reconnaissance, vous restez là. » Il la regarda sévèrement et elle fit un sourire en coin. Il était aussi sérieux que s'ils poursuivaient un suspect.

« OK partenaire » dit-elle en souriant.

Il plissa les yeux à sa moquerie, puis regarda par-dessus les sièges derrière eux alors qu'elle s'asseyait, essayant de ne pas rire en voyant son regard sérieux du FBI.

« OK, elle se dirige vers la cafétéria, allons-y » lui dit-il, attrapant sa main et la tirant vers le stand des chaussures. Quand l'homme qui y travaillait prit un temps infini pour échanger les si laides chaussures de piste par les leurs, elle aurait juré que Booth allait sortir son badge.

Enfin ils se dirigèrent vers la sortie et s'écroulèrent en riant sur le SUV.

« On n'a même pas fini notre partie » dit-elle en souriant largement.

« Aw, ça en valait la peine » lui dit-il.

« Ah oui ? »

« Oui, de vous voir passer un bon moment. »

« Awww » le taquina-t-elle, levant la main pour lui pincer la joue. « C'est mignon. Je pense que vous êtes simplement content que nous ayons été interrompus, je vous tuais encore. »

Booth feignit le choc alors qu'il déverrouillait la voiture. « C'était petit, Bones. Très petit. »

Elle sourit en s'installant sur son siège. Elle passait vraiment un bon moment, le meilleur depuis des lustres. Et pourquoi le travail était-il si important pour elle, déjà ?

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Le sud de la ville vibrait, les rues étaient pleines de gens qui quittaient le travail, faisaient leurs courses et rentraient dîner. Booth apporta le café et ils se promenèrent en savourant les boissons chaudes.

Alors qu'ils passaient devant le petit cinéma, il s'arrêta. « Hey Bones regardez. »

Elle se mit à côté de lui et vit ce qui avait attiré son attention. « Projection de films muets » lut-elle par-dessus son épaule.

« Ouais regardez, ils projettent 'It' la semaine prochaine. » Il lui sourit. « Clara Bow »

(NdT : 'It' : Le coup de foudre, 1927)

Il s'en souvient. Elle lui sourit chaleureusement. « Vous viendrez le voir avec moi? »

Son sourire faiblit et il se retourna pour voir l'affiche. Clara ne faisait pas le poids devant Roxie. « Vous ne devriez pas demander à Edward ? »

Oh bon sang. Pourquoi Edward était-il devenu un agacement qui surgissait entre eux, en tant que l'homme avec qui elle sortait. Elle soupira. « Je préfère y aller avec vous. »

Son sourire revint. « La date est prise » dit-il, s'éloignant d'elle à reculons. Elle ne put empêcher le sourire en réponse au sien alors qu'elle le suivait.

Ils finissaient leur café quand le portable de Brennan sonna. Un coup d'œil à l'écran lui indiqua que c'était Angela.

« Ne répondez pas » conseilla Booth. « On est encore censés être au travail. »

Brennan leva les yeux au ciel. « C'est seulement Angela. »

« Cam pourrait écouter » avertit Booth, se souvenant de l'affaire à Las Vegas et du 'hot' qui l'avait brûlé au troisième degré quand ils étaient rentrés à DC. « Si c'est une affaire ils essaieront mon portable » raisonna-t-il.

Brennan soupira alors que son amie raccrochait. « Je ne peux pas croire à cette affaire de manteau et de sabre » lui dit-elle. « Tout le monde va penser que nous sommes en cavale. »

« C'est de cape et d'épée » corrigea Booth, « et nous le sommes, d'une certaine manière. Alors venez, Bonnie, où voulez-vous manger ? »

« Je ne sais pas ce que ça veut dire » dit Brennan, pince-sans-rire.

« Aw allez, vous devriez. Vous savez… »

« Je vous ai eu » dit-elle en souriant largement. « Comme vous voulez, Clyde. »

Oh ouais, vous m'avez. Bel et bien. « Très sournois, Bones » dit-il en souriant. « Allez. » Il passa un bras par-dessus ses épaules et ils continuèrent à descendre la rue. Son cœur lui martela la poitrine quand, non seulement elle ne le repoussa pas, mais en plus passa un bras hésitant autour de sa taille. Merde que c'est bon. Il lui sourit. « Il fait froid hein? » Elle hocha la tête.

Comme si cela expliquait pourquoi ils avaient besoin d'être enlacés, peu importaient les lourds manteaux qu'ils portaient, ou la chaleur des cafés et des boutiques le long de la route.

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Brennan regarda Booth alors qu'il commandait. Ils avaient choisi un petit restaurant méditerranéen qui avait l'air authentique. Elle l'avait laissé prendre la parole alors que le serveur était arrivé à leur table. Elle se surprenait elle-même, elle s'en fichait. Elle était de si bonne humeur qu'il pouvait se balancer sur l'installation électrique, se faire appeler Tarzan et la proclamer sa Jane qu'elle le laisserait faire. Oh non. Elle avait un sérieux problème. Chacun des mots d'Angela lors de cette soirée chez Hodgins semblait revenir la hanter, et quand leur commande arriva tout ce qu'elle put faire fut de plonger dans sa salade grecque.

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Angela appela de nouveau alors qu'ils s'installaient au bar qu'ils avaient trouvé près du restaurant. Quand Booth avait suggéré de boire un verre, elle allait dire non, mais une grande part d'elle pensait qu'un liquide fort était tout ce dont elle avait besoin maintenant, et elle avait donc hoché la tête.

Elle envoya de nouveau l'appel sur sa boîte vocale, et glissa le téléphone dans sa poche. Booth avait raison, si c'était important ils essaieraient de l'appeler, et puis… est-ce qu'elle ne méritait pas un peu de temps pour elle ?

Elle pensa à sa vie, si soigneusement structurée et organisée, et focalisée autour du travail. Et elle pensa au moment où elle avait commencé à y réfléchir, et aux personnes qui l'y avaient poussée. Angela d'abord, bien sûr. Mais Booth surtout. C'était effrayant et excitant à la fois. Il y avait tant de choses pour lesquelles elle devait lui dire merci.

« Vous étiez bien silencieuse au dîner » dit-il, tapotant sa bouteille de bière sur sa bouche et prenant une gorgée.

« Ah oui? » Elle lui lança un regard et haussa les épaules. « Il n'y a pas de raison. »

Le barman s'approcha avec un cocktail qui avait l'air ridicule, plein de gros fruits et de parasols en papier. La boisson ne pouvait pas lui ressembler moins, si on la connaissait. Elle supposa que c'était pour cela que Booth souriait largement.

« Haut les cœurs Bones ! »

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Brennan leva son verre et vida le reste de sa quatrième boisson, son visage se tordant alors que le jus de fruit et l'alcool traçaient un chemin de feu jusqu'à son estomac. Elle soupira avant de retrouver sa voix. « Vous savez qu'on ne devrait pas être là. On a de la paperasse à remplir. »

« Alors vous en êtes toujours là » dit-il en souriant. Elle le reconnut comme était une version un peu éméchée de celui qu'il utilisait pour charmer les gens et leur faire faire quelque chose. Elle n'admettait pas qu'il fonctionnait avec elle comme avec n'importe quelle autre femme.

« Hey, je ne suis pas ivre » dit-elle fermement.

Booth gloussa. « Eh bien, je suppose que vous avez raison. On ne devrait pas être là. »

Brennan hocha la tête. « On fait toujours de la paperasse le mercredi… quand on ne travaille pas sur une affaire. »

Booth posa sa tête sur son poing et la fixa avec ce qu'il savait être un regard hypnotique. « On ne devrait pas briser la routine, hein Bones ? On ne doit pas dévier. Nous avons notre rôle, nous en restons là. »

Brennan soutint le regard de son partenaire sans sourciller, plissant les yeux. « Est-ce qu'on parle toujours de la paperasse ? »

Booth leva un sourcil. « A vous de me le dire. »

« Oh non » elle secoua la tête avec un sourire. « C'est votre digression. »

« Hmmm, ça change. »

« Booth ! »

« Quoi ? » il leva la tête de sa main et lui lança un regard innocent.

Elle lui bouscula l'épaule. « Ne changez pas de sujet. »

« Si je me souviens bien, » répondit Booth, se penchant un peu plus vers elle, « c'est vous qui avez changé de sujet. De quoi avez-vous peur Bones ? »

Elle le regarda. « Quoi ? »

« Allez, » il s'appuya de nouveau sur le dossier de son siège, et elle essaya de ne pas de sentir déçue alors qu'il s'écartait de l'espace qui lui appartenait, mais qu'il semblait s'approprier. « La vérité, » continua-t-il, « et rien que la vérité. »

« Oh non, c'est comme ce terrible jeu auquel Angela m'a fait jouer une fois. »

« Action ou vérité ? »

« Oui. »

« OK. »

Brennan fronça les sourcils. « Qu'est-ce que vous voulez dire 'OK' ? »

« Jouons » dit Booth en souriant.

« Huh, » elle secoua la tête avec un sourire narquois. « Pas question. »

Booth frotta ses paumes l'une contre l'autre. « Je commence. »

« Non. »

« Alors… laissez-moi réfléchir. »

Brennan leva une main pour la poser sur son bras mais eut une meilleure idée, la passant rapidement sans ses cheveux. « Booth, s'il vous plaît. Je déteste ça. »

Il hocha la tête. « Vous trouvez presque impossible de ne pas dire la première chose qui vous vient à l'esprit. »

« Oui. »

« Ce qui fait de vous la parfaite adversaire pour ce jeu. »

« Adversaire? »

« Quel âge aviez-vous quand vous avez perdu votre virginité? »

« Dix-neuf ans » répondit-elle immédiatement, surprise par son changement de tactique.

« Wow, Bones. C'est tard. »

Elle lui lança un regard. « Qui a dit ça ? J'étais à la fac. Vous savez les maisons de parents adoptifs et de votre grand-père ne sont pas les meilleurs endroits pour des relations. Et puis, combien de rendez-vous pensez-vous que la bizarre intello en sciences ait eu de toute façon ? »

« Vous vous moquez de moi ? »

« Non », grimaça-t-elle, se tortillant sur son siège en boudant un peu.

« Eh bien, les gars à votre école, ils devaient être aveugles et stupides. »

Comme d'habitude elle manqua le compliment. « En fait oui. Stupides en tout cas. Il ne m'intéressaient pas. » Booth gloussa. « Et vous? » lui demanda-t-elle.

« C'était à la fête pour mes 16 ans » dit-il, avec un regard lointain. « C'était une amie de ma cousine. Clara Clarke. Elle avait 19 ans, et était super belle. Elle voulait me montrer ce qu'était une vraie femme. »

Brennan secoua la tête. « Bien sûr. Bien sûr. Typique. »

Booth sourit. « Quoi? Qu'est-ce que j'y peux si j'ai toujours été irrésistible? »

Elle leva les yeux au ciel. « OK, vous m'avez prise par surprise, mais ne vous attendez pas à ce que je réponde. Je ne joue pas. »

Booth avança sa lèvre inférieure. Elle joua avec l'idée de se pencher et de la mordre. « Rabat-joie » lui dit-il. Elle sourit. Si seulement vous saviez.

Ils restèrent un moment silencieux. Brennan le regarda prendre des pistaches dans le bol sur le bar, et jeter l'amande verte dans sa bouche. « Alors quoi ? » demanda-t-elle enfin. « Je ne joue pas, donc on ne parle pas ? »

Booth sourit. « Et cet Edward? » demanda-t-il, appuyant sur le nom de l'homme. « Vous l'aimez bien ? »

Elle tourna la tête vers lui avec un regard incrédule. « C'est une autre question. »

« Quoi ? » Booth sourit, levant les mains, les paumes vers le haut. « On parle, c'est tout. »

Brennan leva les yeux au ciel. « Eh bien, d'accord. Et en réponse à votre question… Oui, je l'aime bien. Et je le trouve attirant. Je pense que nous passerons la nuit ensemble vendredi. »

Booth cracha une amande à demi-mâchée par-dessus le bar. « Whoa ! » Il leva la main. « Je ne suis pas sûr de vouloir en entendre plus. » Il eut un souvenir soudain d'une conversation similaire à propos de Sully – sauf qu'elle avait eu lieu après l'acte. Se souvenant de la manière dont il s'était senti, il fit le vœu muet qu'il ne revivrait pas ça. S'il portait encore sa cravate, il aurait vérifié qu'elle était assez flashy. Sa nouvelle mission était de l'empêcher d'aller à ce rendez-vous. Par tous les moyens nécessaires… Et elle parle.

« Pourquoi ? Nous ne sommes pas amis? Est-ce que les amis ne partagent pas ce genre de choses ? Ou les membres d'une famille ? »

Booth cligna des yeux. Où est-ce qu'on en était ? Il s'éclaircit la gorge. « Bien sûr, mais je… nous…»

« Qu'est-ce que vous dites toujours à propos d'être une famille, Booth ? »

Il vit une ouverture. Il était temps de mettre le plan 'Arrêter les rendez-vous de Bones' en action. Il la regarda dans les yeux. « C'est comme ça que vous me voyez ? »

Elle le regarda. « C'est vous qui avez fait la comparaison. »

« Et dans cette famille… » Il leva un parasol en papier de son verre vide. « Qu'est-ce que je suis ? Un frère ? »

Elle dévia immédiatement le regard. On aurait dit qu'elle voulait que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'avale toute entière. Enfin elle s'éclaircit la voix. « Non. Pas un frère. »

« Huh. » Il pointa la pointe du parasol vers elle, touchant presque son nez, alors qu'elle levait de nouveau les yeux. « Parce que quand vous m'avez embrassé… à Noël ? »

Brennan sentit la couleur envahir ses joues. « Oh, s'il vous plaît, j'étais… »

« Quoi ? »

« Je ne sais pas. Les gens disent des choses. »

Il leva un sourcil. « Vous n'êtes pas 'les gens'. »

Elle le regarda un moment. « Je ne sais pas ce que ça veut dire. »

Booth soupira. « Ca veut dire… » Il lança un regard vers le plafond. « Que vous ne faites pas que dire des choses, vous savez? Les autres gens, ils disent des choses, juste pour dire quelque chose… ou pour cacher leurs sentiments. Je ne pense pas que ce soit votre cas. »

Vous seriez surpris. « Peut-être que vous ne me connaissez pas aussi bien que vous le pensez. »

Booth leva un sourcil. « Je pense que j'en ai une idée. »

Elle soutint son regard. « Oh vraiment. »

« Ouais, par exemple, je pense que vous aimeriez rejouer ce moment sous le gui, mais sans personne pour regarder. »

Elle ne pouvait pas croire qu'il dise cela, et elle était sûre qu'elle ne pouvait pas le mettre sur le compte de l'alcool, peu importait ce qu'ils avaient bu.

« Qu'est-ce qui vous fait penser que j'aimerais vous embrasser de nouveau ? » demanda-t-elle, essayant de paraître grincheuse, mais sûre que les tremblements de sa voix la trahissaient. Il leva un sourcil d'un air arrogant. « Vous êtes insupportable. » Après un moment elle plaça ses mains à plat sur le bar. « Je pense que nous avons assez bu, Booth. J'aimerais rentrer. »

Il la regarda un moment, essayant de lire son regard. « Bien sûr, je vais nous appeler un taxi. »

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Avant que Brennan s'en rende compte, ils étaient arrivés devant chez elle et Booth l'avait raccompagnée à sa porte (bien sûr) et soudain elle se retrouva à analyser ce qu'ils avaient fait ce soir. Toute la journée en fait. Toute la semaine ? Mois? Année? Elle serra ses clés dans sa main et se tourna pour faire face à son partenaire, soudain sûre qu'elle ne devrait pas l'inviter, même si elle n'était pas claire à propos de ce qui se passait entre eux. Si elle l'invitait à entrer, elle était sûre qu'elle ne pourrait pas s'arrêter…

« Tout va bien Bones ? »

« Hmm ? »

Booth sourit. « Vous étiez ailleurs. »

« Oui! » dit-elle en souriant, s'efforçant de revenir sur terre. « Merci Booth, j'ai vraiment passé un bon moment. »

« Bien. »

« Je suis sincère. »

Il gloussa. « Je sais. Vous ne dites jamais quelque chose que vous ne pensez pas, vous vous souvenez? »

« Je ne suis pas sûre que ce soit vrai » murmura-t-elle alors qu'elle se retournait pour glisser la clé dans la serrure. Ca ne rentrait pas. Elle l'étudia ; elle avait pris la mauvaise clé. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi?

« Quoi ? » demanda Booth. Il ne l'avait pas bien entendue.

« Hum, je vous aurais bien invité pour un café, mais vous savez… il est tard, et je dois vraiment aller travailler demain, surtout maintenant. Alors… » Elle ouvrit enfin la porte et se retourna pour voir que son partenaire s'était approché pendant qu'elle se battait avec ses clés. Il était en plein dans son espace personnel. Rien d'inhabituel à ça ; sauf que là ils étaient seuls et qu'il était tard – et le regard qu'il lui lançait faisait flotter son estomac.

Elle cherchait quelque chose à dire quand il interrompit ses pensées. « Je peux vous demander quelque chose ? »

Elle plissa les yeux. Il sourit alors qu'elle prenait cet air de fouine si familier. « Ce n'est pas une autre de ces questions d'action ou vérité, hein ? » demanda-t-il.

Booth leva la main, attrapant l'ourlet de son manteau entre deux doigts, les faisant glisser. « En quelque sorte. »

Brennan avala sa salive, décontenancée par la manière dont cette simple action l'affectait. « Bon… allez-y alors. »

« Qu'est-ce que vous feriez si je vous embrassais ? » Son regard était chaud.

Le cœur de Brennan fit une tentative désespérée pour se libérer. Sa poitrine le comprimait, il battait contre ses côtes, sa pulsation résonnait dans sa gorge. Elle essaya de se focaliser dessus. Le flot qui courait dans l'artère carotide, le flux de sang qui en résultait vers le cerveau. Ca ne marcha pas. « Quoi ? » souffla-t-elle. « Maintenant? »

Booth pencha la tête, son regard balançant entre la tendresse et la frustration. « Non, mardi prochain » dit-il, pince-sans-rire. « Oui, Bones, maintenant. »

Sa voix avait baissé. Entre ça et le fait qu'il avait pris une mèche de ses cheveux et la faisait tourner autour de son doigt, son battement de cœur accéléra encore. Elle ne savait pas comment lui répondre autrement que par la vérité. « Je ne sais pas. »

Un semblant de sourire traversa son visage. Il posa sa main sur sa nuque, sa paume était chaude, ses doigts glissèrent dans ses cheveux. « Vous voulez le découvrir ? »

« Mmm » murmura-t-elle, son regard soudain fixé sur ses lèvres, anticipant leur toucher. Il la torturait ; son corps tout entier tremblait alors qu'il se penchait et ses yeux se fermèrent… elle ne le vit donc pas faire à la dernière seconde un détour vers sa joue.

Elle haleta quand ses lèvres s'y pressèrent, et ses doigts serrèrent son manteau de leur propre volonté. Il gloussa en s'écartant, laissant sa peau la picoter.

« Qu'est-ce que » souffla-t-elle, « vous faites? »

Booth gloussa, un sourcil levé. « Peut-être que je vous apporte une preuve. » Elle le regarda et il sourit largement. « A quoi vous vous attendiez, Bones ? Qu'est-ce que vous vouliez? »

Elle continua à le regarder, ébahie. Puis lui lança son regard le plus mortel alors que ses joues rougissaient. « Rien. »

« Vous en êtes sûre ? » Il était appuyé sur le montant de la porte, se moquant d'elle.

Elle se redressa. « Absolument. »

« Très bien » ricana-t-il. « Bien, je vais y aller. Ca vous va ? »

Elle hocha la tête sèchement. « Ca me va très bien. »

Le sourire était toujours là. « On se voit demain ? »

« Peut-être. »

Elle resta à la porte et le regarda jusqu'à ce qu'il soit hors de vue avant d'entrer et de fermer derrière elle. Elle se tint contre la porte un moment dans la semi-obscurité de son appartement, son cœur battant encore un peu trop vite.

Fichu Booth ! Et moi aussi, de le vouloir. De vouloir son baiser.

« Preuve apportée » murmura-t-elle. Enfin elle soupira longuement et regarda l'heure. Et foutue heure. Elle fouilla dans son sac et appela Angela.

Son amie répondit à la première sonnerie et se lança dans une féroce tirade. « Oh mon Dieu Bren, où étais-tu ? Je t'ai appelée un million de fois ! Pourquoi tu n'as pas répondu? Pourquoi tu m'as fait ça? Tu aurais pu être blessée… »

« Ange! Peux-tu te taire une minute et m'écouter? »

Angela était surprise, mais s'en remit rapidement. « Bien sûr, ma chérie. Qu'est-ce qui se passe ? »

Brennan inspira profondément. « Je pense… Je pense que Booth et moi avons eu un rendez-vous. »