Il est à vous, ce p'tit bout? (chapitre 3)

Un bruit me réveilla: le vent. À coté de moi, Zoro dormait paisiblement, dos à moi. J'avais l'impression que nos futons s'étaient rapprochés et que si je bougeais d'un millimètre, j'allais le réveiller.

Je restais immobile jusqu'à ce qu'une drôle de sensation m'envahit. Cette sensation, je la connaissais que trop bien: le désir.

Je passais ma main dans mon bas, appuyant sur mon membre déjà gonflé, mais rien à faire, il fallait que je me soulage.

Je sentais Zoro qui bougea tout doucement.

Ma décision était prise.

J'attrapai le sabreur par les hanches, ramenant ses fesses contre mon bassin. Il réagit illico et me repoussa, se retrouvant à califourchon sur moi.

Le bruit du vent fut remplacé par mon cœur qui s'emballait. Je voyais grâce à la lumière de la lune par le hublot, un sourire malin sur ses lèvres.

Il glissa sa main dans mon pantalon tandis que j'essayais de lui retirer son tee-shirt, en vain. Sa main travaillait trop bien sur moi pour que lje puisse coordonner deux mouvements.

Alors que j'allais atteindre ma limite, un craquement se fit entendre et soudainement, un hurlement abyssale retentit. Je le sentis se jeter sur son lit, se cognant la tête à un barreau et attrapa la petite. Et elle pleurait et pleurait de plus en plus fort, nous déchirant les oreilles.

Je me cachai sous mon oreiller, suppliant mentalement le sabreur de la faire sortir. Il partit, claquant la porte derrière lui. Soulagé mais quand même honteux de mon comportement envers lui, je m'endormis en promettant que demain, je l'aiderai à m'occuper d'elle.

Paf. Je viens de me prendre un truc dans la tête: un bras.

Une voix me grommela de me lever. Je m'assis et retira le bras qui me gênais. Debout dans son lit, Hoki me regardait, une mimique craquante sur le visage.

Je me levais pour la sortir de son « enclos » et la posa entre nous deux avant de me recoucher.

Cette fois, il était face à moi, le visage serein et les yeux clos. Il avait posé sa main sur le ventre de la petite. Une main que je ne tardait pas à ramener contre ma joue.

Il ouvrit les yeux, toujours aussi serein, et me caressa doucement les lèvres.

Sans attendre, j'attrapai sa tête que je ramena près de moi. Nous étions si près, à deux doigts de nous embrasser , lorsqu'un hystérique se jeta contre la porte:

-Sanji, à l'aide! Nami a encore essayé de faire le p'tit dej c'est infect! J'ai faim moi!

Zoro s'était réfugié sous les draps, brûlant mes derniers espoirs.

Je me relevai à contre- coeur, laissant l'épéiste avec ma fille.

Je rejoignis tous le monde dans la cuisine, constatant le désastre: mes belles casseroles étaient brûlées, mes couverts tordus et sur la table, une espèce de bouillie radioactive en ébullition ( ou décomposition, à vous de voir), était en train de dissoudre une assiette.

Je me tournai vers Usopp, affalé sur la table, et lui demanda:

- Me dite pas que vous avez vraiment mangé ça?

Il releva la tête, soupira et me répondit:

-Pas moi, mais Luffy...

Je m'emparai de l'assiette pour la jeter lorsque la porte claqua, laissant apparaître une Nami en furie. Derrière elle se tenait Hoki et Zoro, essayant de se faire tout petit.

Après une bonne engueulade, je put leur offrir un bon repas. Tous attablé, le vrai petit déjeuner put enfin commencer.

Zoro préparait le lait de Hoki lorsque je m'approchai de lui:

- Euh... Je peux t'aider?

Il me regarda comme si je lui avait dit qu'il y avait une licorne sur le pont (un peu vexant quand même).

Il me tendit le biberon et dit!

- Tu peux lui donner si tu veux.

Voilà ce dont je redoutais de plus. Je ne savais pas comment la tenir et encore moins me servir de ça.

Voyant mon visage crispé, il sourit et me proposa:

- Tu veux que je te montre?

Je rougis violemment, détourna mon regard et hocha la tête. Il m'attrapa par la main, me tira au fond de la salle et me poussa dans le sofa, me mettant la petite dans les bras. Elle s'accrocha à mes épaules et partit dans un fou rire, ce genre de rire contagieux.

Zoro, assis lui aussi, s'approcha de moi et me la mit correctement dans les bras:

- Regarde, t'as juste à lui montrer, elle le prendra toute seule. Et arrête de stresser, t'es tout contracté!

- Désolé mais j'ai jamais appris à faire ça moi!

- Ben ça va pas tarder alors!

Nami nous interrompit:

- Et sinon, vous allez faire quoi de... Hoki c'est ça? Vous savez bien qu'on pourra pas la garder indéfiniment.

Le silence s'installa dans la salle, nous ramenant à la réalité. Ce fut à Zoro de parler:

- T'inquiète pas. Tous va s'arranger, dans quelque jour, elle sera repartie.

Je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire par là. Hoki, toujours dans mes bras, jouait insouciamment avec ses mains, ne se doutait de rien.

Nami continua:

-Bon, j'espère que tu sais ce que tu fais. Ah oui Sanji, désolé pour tout à l'heure, je me suis laissé un peu emporté. Je suis sur les nerfs en ce moment, on a déjà assez de problème comme ça.

Usopp prit la relève:

En parlant de ça, va falloir acheter du bois pour faire les réparation du Merry et..

- Ah justement, le coupai-je, j'ai besoin de tes service de charpentier. Tu pourra m'aider s'te plait?

Je gratifiais le tireur d'élite d'un grand sourire, rendant jaloux le sabreur:

- Et i la besoin de quoi l'ero-cook? demanda t-il, irrité.

- Ça te regarde pas, tu verras quand ça sera fini!

- Pff t'es pas cool! J'aime pas attendre.

Je lui mit ma fille dans les bras et sortit sur le pont, entraînant Usopp avec moi. Une fois dehors, je lui expliquait mon plan et flatté par ma demande, s'exécuta sans protester.

Une demi-heure plus tard, j'appelais Zoro, content de ma surprise. Il arriva comme une fleur avec Hoki dans ce siège que j'ai baptisé "le Libérateur". Je l'entraînais vers l'atelier où était exposée notre "oeuvre".

Fier de son invention, Usopp nous regardait, des étoiles plein les yeux:

- Alors, c'est comment? demanda t-il.

- Super, m'exclamai-je, t'es le meilleur!

- Merci merci... Et toi, t'en pense quoi?

Il se tourna vers Zoro, le questionnant du regard:

- Euh... Ouais mais c'est quoi? fit-il, sceptique.

- Ben une poussette! Ça se voit pourtant! T'as vraiment pas d'esprit artistique!

Vexé, le tireur nous tourna le dos et partit en grommelant je ne sais quoi.

- Quoi, mais ça ressemble pas à ça! On dirait un espèce de chariot de course! C'est même pas sécurisé et le bois c'est pas confortable! T'es vraiment dingue!

C'est vrai qu'en regardant bien, cette chose de forme cubique ne ressemblait à rien. Penaud, j'argumentais:

- Mais il faut juste faire quelques modifications et ça sera parfait non?

Il s'énerva encore plus:

- Mais noon! C'est pas possible! Rooh mais tu comprends rien! Regarde, t'as réveillé Hoki!

- Quoi! mais c'est pas moi! C'est toi qui hurle depuis le début! Espèce de con! J'essaye de t'aider et toi tu m'engueule! Ben merci!

Je vis son visage se tordre et sa main se lever. J'en était sûr, je savais que cela allait finir comme ça. Je fermais les yeux, attendant le coup. J'entendais seulement la petite pleurer et immédiatement, des bras se refermèrent sur moi, m'enlaçant tendrement.

- T'es vraiment un imbécile, tu sais?