Chapitre 3 : Détestable

POV David

Je descends à la cuisine me préparer un café. Je regarde la pendule, il est 8h00. Les garçons ne devraient pas tarder à me rejoindre. Même s'ils sont en vacances, aujourd'hui ils ont une interview importante pour un magasine à succès, suivie d'un photoshoot. Mais c'est une exception, ensuite ils seront libres comme l'air.

Tout en buvant mon café, je laisse mon esprit vagabonder. Je repense à mon fils. Ca m'a coupé le souffle de le voir si près de moi hier, mais j'ai quand même réussi à lui dire quelque chose. Bon, c'est vrai qu'il est partit en courant, mais pour ma part, je trouve que c'était un bel effort. Peut-être même que la prochaine fois j'arriverais à lui demander comment il va ! C'est dingue d'avoir peur de son enfant, de ne pas le connaître au point de ne pas pouvoir prédire ses réactions. Ca détruit de s'apercevoir que l'on a été un mauvais père.

Je suis interrompu dans mon introspection par l'arrivée des garçons. Euh...Ils ne sont que trois là, c'est normal ?

-Où est Tom ? dis-je en serrant la main de Georg.

-Il dort encore. A première vue, il a chopé un rhume et il a de la fièvre, me répond Gus.

-Mais il nous a dit d'y aller quand même, que ça ne lui posait aucun problème, rajoute Frank.

-D'accord, je vais quand même aller voir comment il va.

L'avantage que ma mère ait une grande maison, les garçons peuvent dormir ici, aussi. Mais ce n'est pas définitif. Aujourd'hui, c'est Jeudi,ils partent mercredi prochain.

Je frappe doucement à la porte de Tom. J'entends un grognement. Je suppose que ça doit vouloir dire 'entrez', donc je pousse la porte.

Quelle petite andouille, il n'a pas fermé ses volets. Il a quand même eu le bon sens de tirer un peu les rideaux. Il est enfouit sous sa couverture, je n'aperçois même pas le haut de sa tête.

-Tom, c'est David. Ca va ?

D'accord aujourd'hui, il a décidé de grogner pour répondre. C'est spécial quand même...et pas très clair non plus.

-Tu veux que j'appelle un médecin ?

Il sort un peu sa tête de sous la couette et la secoue négativement. J'le savais. Il n'aime pas les docteurs.

-Ok, si tu as besoin d'une aspirine ou quoi que ce soit, c'est dans la cuisine, sinon en cas d'urgence, tu m'appelles sur mon portable.

Je ressors de sa chambre sans faire trop de bruit. Je m'avance vers la chambre de ma mère pour voir si elle est réveillée. Ca m'étonnerait, il est quand même de bonne heure. Mais j'entrouvre quand même la porte pour voir. La pièce est plongée dans le noir. Tant pis ! Je l'appellerais dans la matinée pour prendre de ses nouvelles.

[...]

POV Bill

Je sens mon téléphone vibrer sous mon oreiller pour la troisième fois en peu de temps. Il faudrait peut-être que je décroche si je veux qu'on me foute la paix.

-Allô ? Dis-je en grognant.

-Billy mon chéri, c'est mamie.

-Oh mamie, comment tu vas ? je suis tout de suite de meilleure humer.

-Très bien ! Ton père n'est pas là aujourd'hui alors je me suis dit que tu pourrais venir dès ce matin et qu'on pourrait manger ensemble ce midi.

-Oui bien sûr, ça me ferait plaisir. Il est quelle heure ?

-10h00. Je ne te réveilles pas au moins, je n'y ai pas fais attention.

-Non c'est bon, ne t'en fais pas. Bon et bien, je vais me préparer et je serais chez toi d'ici une heure/ une heure et demie.

-Très bien mon chéri, à tout à l'heure.

Bon je vais aller me laver. Je ne vais pas déjeuner sinon j'aurais plus faim à midi.

[...]

J'vais finir par croire que c'est mon chauffeur perso ! D'ailleurs c'est ce qu'il doit penser aussi, puisqu'il me regarde à travers le rétroviseur en souriant. Allez va, je suis de bonne humeur, je vais engager la conversation.

-Vous vous appelez comment ?

-Alberto. Et vous ?

-Bill. Et vous êtes originaire d'Italie c'est ça ? Il acquiesce. D'où exactement ?

-De la région de Florence...

[...]

C'était sympa de parler avec lui, en fait. J'entre chez ma grand-mère et suis agréablement surpris de la voir parler avec Hans dans le hall d'entrée. Elle est bien habillée et maquillée. Ca fait vraiment plaisir de la voir comme ça, elle ne se laisse pas abattre. Hans lui dit quelque chose et elle rigole. Elle se tourne vers moi et son regard est pétillant. Hum, à mon avis, il y a anguille sous roches...

-Billy, mon grand comment tu vas ?

-Toujours aussi bien que tout à l'heure, je me tourne vers le majordome. Bonjour Hans ! Il me salue à son tour.

-Il est 11h00, ça te dirait de venir m'aider à préparer à manger. Euh, elle est au courant que la seule chose que je sais faire en cuisine, c'est lécher les plats et goûter les sauces ? Oui elle doit le savoir puisqu'elle rajoute précipitamment ! Ne t'en fais pas, je sais que tu n'es pas bon cuisinier mais on pourra passer un bon moment ensemble.

-Bon d'accord ! Allez viens on y va !

[...]

Ca fait une demi heure que l'on est dans la cuisine, à préparer à manger, à se raconter des trucs, à rire surtout. Mon Dieu que ça fait du bien ! Là tout de suite, elle est en train de faire une imitation_ plutôt pas réussie d'ailleurs_ d'Angela Merkel, c'est à mourir de rire. Je suis assis sur la table, en train de grignoter un bout de pain, mes jambes se balancent dans le vide et je la regarde s'agiter dans tout les sens. Elle frise le ridicule. Je vois sa gamelle d'eau sur la plaque de cuisson déborder mais je suis pris d'un tel fou rire que je n'arrive même pas à lui dire.

-Ma-mamie...arrête...re-regarde ! J'arrive à pointer la casserole du doigt et elle se retourne. Elle se précipite vers la plaque et l'arrête. Elle me fait face et explose de rire. On est bien de la même famille tiens !

-Billy, regarde tu me fais faire n'importe quoi !

-Hey, c'est pas d'ma faute ! C'est toi qui fais la folle depuis tout à l'heure.

-Oui, oui bon ! Mets la table s'il te plaît !

Je saute de la table et me dirige vers le placard duquel je sors 2 assiettes.

-Non, non mon chéri, sors en quatre !

-Quatre ? Pour quoi faire ? T'as tes amis imaginaires qui vont nous rejoindre ou quoi ? Je me marre et elle lève les yeux au ciel.

-Hans va venir manger avec nous et...quelqu'un d'autre aussi.

Bon et bien puisqu'elle ne veut pas me le dire, je verrais bien le moment venu, c'est pas grave.

-Il se passe quoi avec Hans ?

-Avec Hans ? Rien voyons.

Ouais c'est ça, on m'la fait pas à moi ! je la bouscule gentiment du coude et lui fait un clin d'oeil. Elle baisse les yeux et rougis.

[...]

Et voilà la table est mise. Ma grand-mère en bout de table, normal, moi à sa droite, Hans à sa gauche et l'inconnu à côté de moi.. Pendant que je mettais les serviettes à côté des assiettes , elle est allée prévenir Hans que le repas serait bientôt prêt. Elle revient même pas 5 minutes après, suivie de Hans et de...non c'est pas vrai, qu'est ce qu'il fait là lui ? Je comprends pourquoi elle voulait pas me dire qui c'était le quatrième ! Finalement, il va manger à côté de Hans, ça sera mieux. En plus, je ne sais pas ce qu'il a mais il a une vraie sale gueule aujourd'hui, des mégas cernes sous les yeux et le teint gris.

-Allez hop ! Tout le monde à table ! s'écrie ma grand-mère joyeusement.

Ils me jettent tous un coup d'oeil, un peu appréhensif. C'est bon, j'vais pas l'bouffer, hein ! Je m'installe à ma place et ils font tous de même. Ma grand-mère en profite pour déposer le plat de spaghettis au milieu de la table.

-Tu fais le service p'tit Billy ?

J'allais lui dire non, mais je lève les yeux vers elle et vois qu'elle me demande avec ses yeux de faire un effort.

-D'accord, si tu veux. Donne moi ton assiette, tu es la première.

Je la sers, puis sers Hans et tourne la tête vers...machin, je ne sais pas comment il s'appelle ! Il me tend son assiette que je lui arrache des mains. Quand j'ai finis, je pose son assiette en la balançant un peu. Puis je me sers et me rassois en me laissant tomber lourdement sur la chaise.

Même si les trois autres parlent de tout et de rien, l'ambiance pendant le repas est plutôt lourde. J'avoue, j'y suis pour grand chose. J'ai la tête baissée vers mon assiette, je ne prend pratiquement pas la peine de mâcher, je m'empiffre. Un vrai porc ! Et je ne participe pas à la conversation. Dès que je bois un coup, je repose mon verre fortement sur la table.

Bon à première vue, il s'appelle Tom, c'est le guitariste du groupe et normalement aujourd'hui, s'il n'avait pas été malade, il aurait dû aller une interview avec les autres. Hans et ma grand-mère, n'arrêtent pas de lui demander des nouvelles sur « cette affaire ». Je ne sais pas du tout de quoi ils parlent. Ce n'est pas comme si ça m'intéressait vraiment mais pour quelqu'un curieux comme moi, c'est très mystérieux.

-Excusez-moi mais je me sens fatigué, je crois que je vais retourner me coucher, nous informe Tom. J'aurais bien envie de dire « on s'en fout » mais je vais me retenir.

-Bien sûr joli coeur, ça ne nous dérange pas ! lui sourit ma grand-mère.

-Joli coeur ? D'où il lui vient ce surnom ?

-Merci. Et merci pour le repas.

Nianiania, et merci par-ci, et merci par là, quel hypocrite ! Ca me gonfle !

Ca y est il est sortit, je vais pouvoir respirer. Ma grand-mère se tourne vers moi une fois que la porte est refermée et me dit sur le ton du reproche.

-Bill ! Tu aurais pu faire un effort quand même !

-J'ai fais un effort ! J'ai rien dit !

-Tu sais très bien de quoi je veux parler ! Elle se lève et commence à débarrasser. Je me lève à mon tour et lui prend l'assiette des mains pour faire le travail à sa place.

-Je suis désolé mamie...mais...je ne peux pas l'apprécier, les apprécier ! Dis-je en haussant les épaules.

-Bon, je me prépare une tisane et je vais me reposer aussi, dit-elle un peu plus gentiment.

-D'accord, je serais dans le salon, je pense que je vais lire un peu. Comme ça je serais toujours là quand tu te réveilleras.

-Bien sûr Billy. Elle me fait un sourire tendre et caresse mon visage. J'aime beaucoup quand elle fait ça. J'ai l'impression d'être très important à ses yeux.

[...]

Dès que j'ai finis de débarrasser, je suis allé dans la bibliothèque de ma grand-mère pour choisir un livre et je suis retourné dans le salon. C'est une pièce magnifique : Une moquette bleue foncée, un grand tapis tout en longueur bleu foncé aux motif turcs. Au milieu du côté gauche, une cheminée devant laquelle se trouvent deux sièges gris de chine et un tapis rond blanc cassé moelleux. Du côté droit, un ensemble canapé trois places et deux fauteuils gris de chine également et un énorme tapis blanc cassé aussi. En face du canapé une grande télé.

Je vais m'asseoir sur un des fauteuils près de la télé pour être à côté d'une fenêtre comme ça je n'ai pas besoin d'allumer la lumière. Je me cale bien dans le fauteuil en remontant mes jambes contre mon torse et me jette dans mon livre.

POV Tom

Il est 15h00, ça fait environ 2 h00 que je dors. Bien évidemment, je me sens encore fatigué. C'est toujours comme ça quand j'ai la crève. Mais je n'arrive plus à dormir alors je me décide à aller au salon pour regarder la télé. Je crois avoir vu une collection de DVD et cassettes assez impressionnante.

J'entre dans la pièce. Il n'y a pas de lumière, à part le feu de la cheminée. Il fait super bon ici, c'est agréable. Il n'y a aucun bruit donc je suppose que je suis seul. Mon DVD à la main, je me dirige à tâtons vers le canapé. Seulement, je me prends les pieds dans le grand tapis blanc et me tape dans le bord du sofa et pousse un gémissement de douleur. Je m'étale sur le canapé en me tenant le pied et en serrant les dents très fort pour m'empêcher de hurler.

C'est juste à ce moment là, que je m'aperçois qu'en fait je ne suis pas seul.

-Tu crois pas que tu pourrais faire plus de bruit ? Je pense que ma grand-mère ne t'as pas entendu depuis son lit, s'exclame le fils de David, Bill.

-Ca va, j'ai pas fais exprès non plus ! Je lui réponds sur le même ton agressif. Je ne vais pas non plus être agréable alors que lui ne l'est pas et en plus j'ai mal.

-Encore heureux !

Je soupire d'exaspération et me lève pour aller mettre mon DVD dans le lecteur : Tranformers 2 ! J'ai adoré le premier mais je n'ai pas eu la chance de voir le second au cinéma. C'est dommage parce qu'un film comme ça, il vaut mieux le voir au ciné, ça change carrément l'ambiance. Mais bon...

Je me réinstalle confortablement sur le canapé prêt à passer un super moment. C'était sans compter sur la petite teigne.

-Euh, t'as pas remarqué que je lisais un livre là ?

-Si et alors ?

-Et alors ? Pour lire, il faut être au calme et ça va pas être possible avec ton film à la con en fond sonore.

-T'es pas obligé de lire dans le salon, tu sais ?

Il fait une tête outrée, c'est trop marrant. Je lui ai coupé le sifflet, il ne sais pas quoi répondre. Bien fait ! Non mais c'est vrai, c'est quoi son problème à la fin ?

En général, je m'entends bien avec tout le monde, je suis un gars sympa, déconneur et décontract'. Mais avec lui, ça passe pas. Mais c'est de sa faute, pas la mienne ! Je ne sais pas ce qu'il s'imagine mais on ne lui a pas enlevé son père, les garçons et moi. Ce n'est pas non plus la faute de David remarque. C'est son métier, c'est tout. S'il est assez bête pour ne pas le comprendre, c'est son problème.

Tiens, il s'en va...J'en profite pour augmenter le son. Làààà, voilà ! Je vais enfin pouvoir profiter.

POV Bill

Quel sale con, non mais franchement. Je préfère partir avant de commettre un meurtre.

Je monte les escaliers en silence, pour aller voir si ma grand-mère dort toujours. J'entre sans frapper au cas où. Je la vois sur son lit en train de lire. La lecture c'est de famille, apparemment.

-Coucou mamie. Ce fait longtemps que tu es réveillée ?

-Une demi heure au plus.

-Tu voudrais que je te monte quelque chose à boire...ou à manger peut-être ?

-Une autre tisane s'il te plaît.

-D'accord j'en ai pas pour longtemps.

Je redescends et me dirige vers la cuisine. J'ouvre la porte assez fort et heurte quelque chose ou plutôt quelqu'un. Tom. Il n'a pas de chance le pauvre. D'abord son pied sur le canapé et maintenant son genou dans la porte. Je ricane mais m'arrête quand je le vois me jeter un regard noir.

-Ne t'excuses pas surtout si t'en as pas envie, hein !

-Oh ça va, j'l'ai pas fais exprès non plus.

Il soupire de douleur et va s'asseoir sur une des chaises. Je rentre à mon tour dans la pièce et commence à préparer la tisane de ma grand-mère. Je me retourne vers lui et vois qu'il a remonté la jambe droite pour découvrir son genou blessé. Il est rougit et a déjà commencé à enfler. C'est vrai que j'y suis pas allé mollo quand j'ai ouvert la porte.

J'ai bien envie de lui dire que c'est pas en le fixant que ça va aller mieux. A la place, je prends un torchon et mets ma main sous le distributeur à glaçons du frigo américain. J'en laisse tomber une petite dizaine dans le torchon et fais une boule avec. Je m'approche de lui et m'abaisse à hauteur de son genou puis pose le torchon glacé dessus. Il recule sous la froideur mais je le maintiens fortement en place. Cependant, je ne peux pas m'empêcher de lui en faire la remarque.

-T'es vraiment pas doué.

-C'est froid et je ne m'y attendais pas, c'est tout ! Se défend-il.

Je lève la tête vers lui et le regarde d'un air blasé. Seulement mes yeux, se trouvent plongés dans les siens et du coup ça me rend tout chose. J'entends la bouilloire siffler et me lève –rapidement- pour l'arrêter. Ouf, j'ai eu chaud sur ce coup là. Voilà, c'est prêt, je vais enfin pouvoir sortir d'ici.

-Bon, je...je monte sa tisane à ma grand-mère. Tu...tu devrais le garder sur ton genou encore quelques minutes, je pense.

-Ok d'accord, merci ! me répondit-il avec un grand sourire.

Je lui rends un petit sourire timide puis sors de la cuisine.

****

-Merci Billy, tu es un ange, me dit ma grand-mère, alors que je lui tends sa tasse. Je m'assois à côté d'elle, on est tout les deux appuyé sur la tête du lit. Chéri, j'aimerais que l'on parle de ton père !

Oh non, tout mais pas ça...


...J'avoue, il ne se passe pas grand-chose dans celui-là, mais en même temps ils ne peuvent pas se sauter dessus tout de suite alors que Bill est sensé le détester, ça ferait bâclé!

Sinon, juste comme ça en passant, moi j'aime beaucoup Tom (dans la fiction, hein). Pas grande gueule et sympa! Juste comme j'aime et comme Bill va apprendre à l'apprécier.