Texte écrit durant la nuit insolite du 20 avril 2019

Les nuits insolites se déroule sur Hpfanfiction et elles ont pour challenge 1 Nuit, 1 thème stylistique par heure/1 thème scénaristique par heure, 1 texte sur 1 ou 2 thème(s) le tout en 1heure

Les conditions étaient : le mot lucarne et une image montrant une rue éclairée par des réverbères


Vingt et une heure. Elle s'agrippe au rebord de la lucarne du salon pour mieux voir au-dehors. Dans la rue, les lampadaires commencent à s'allumer tandis que le jour décline. La tête contre la fenêtre, elle observe les passants déambuler sur les trottoirs.

Vingt-deux heures. Il n'est toujours pas rentré. Il ne devrait pas tarder. Pour s'occuper l'esprit, elle range l'appartement d'un coup de baguette. Le repas est en train de cuire. Son estomac la tenaille alors que la pièce se rempli de l'odeur des pommes de terre frites. Mais elle reste là son front contre la vitre froide à attendre.

Vingt-trois heures. Elle attend. Elle ne sait plus vraiment pourquoi elle reste là à regarder le ballet des voitures dans la rue. Les heures passent et elle est toujours là contre la fenêtre. La table est mise, l'appartement rangé, tout est prêt, il ne manque plus que lui.

Minuit. Au fond d'elle, elle sait déjà que ce soir il ne rentreras pas. Il a déjà fini son travail depuis plus de six heures. Mais alors que l'horloge égrène les minutes dans un silence religieux elle ne peut s'empêcher d'espérer.

Une heure. Elle n'a plus faim et heureusement, car elle a laissé le diner bruler à force de tourner en rond. Elle ne regarde même plus par la fenêtre elle s'est affalée sur le canapé et contemple le plafond en se triturant les doigts. Elle ne sait pas quoi faire.

Deux heures. Son mascara à couler le long de ses joues laissant des marques noires couler sur son visage cerné. Depuis combien de temps n'a-t-elle pas dormi ? Elle est épuisée, elle aimerait dormir. Mais si elle ferme les yeux, elle ne voit que lui, lui et ses grands yeux noirs. Et ça lui fait mal tellement mal qu'elle préfère compter les lézardes du plafond.

Trois heures. Ça la bouffe de savoir qu'il est sans doute encore là-bas avec Gemma Farley. Elle aimerait qu'il la tienne dans ses bras comme avant. Mais c'est elle qui maintenant est contre son torse. Elle retourne à la lucarne voir si elle ne les verrait pas sortir par hasard dans la rue.

Quatre heures. Elle s'extirpe afin de la fenêtre à quoi bon regarder les lampadaires ? Une fois dans sa douche, elle envisage encore une fois de s'étouffer avec l'eau qui ruisselle sur son visage. Elle laisse ses larmes couler en même temps que l'eau lave les traces de sa tristesse.

Cinq heures. Il n'est toujours pas rentré. À quoi bon l'attendre plus ? Elle se décide enfin à se glisser dans son lit. Et c'est seule qu'elle s'endort, encore une fois.

Six heures. Elle se réveille encore en sursaut. Trois fois en une heures, c'est moins que la nuit dernière. Mais c'est déjà trop. Ce n'est pas cette nuit qu'elle dormiras. Péniblement, elle se recale dans son lit en faisant attention à ne pas regarder l'oreiller solitaire à sa gauche.

Sept heures. La porte vient de claquer. Il vient de rentrer. Ivre, il s'endort sur le canapé dans la pièce d'à côté. Elle n'esquisse même pas un geste, même pas un mot à son encontre. Elle est trop fatiguée pour ça. Elle se retourner et se rendort dans le silence pesant de leur appartement.

Huit heures. Elle quitte l'appartement sans lui avoir adressé un mot. Il dort, elle part travailler. Leur vie n'est plus qu'un chassé-croisé depuis que Blaise à trouvé opportun de soigner les cicatrices de la guerre dans l'alcool et le bras de Gemma.

Dix-sept heures. Ses affaires ne sont plus là. Il est parti. Ce soir-là, ce n'est pas l'attente à la lucarne qui empêchera Daphné de dormir.