Et oui mesdames et mesdames, vous ne rêvez pas ! Voici enfin la suite (et pas fin) de Viens me chercher, appelé plus couramment Matt par moi-même et mes bétalectrices (Rieval et Auvi) que je remerci beaucoup beaucoup au passage.

Donc, ça y est, Alphératz, tu l'as ta suite. Savoures-là bien, parce que la suite ne viendra pas avant longtemps, très très très longtemps. Je voudrais la taper en entier (ou du moins, un bon bout) avant de poster la suite parce que c'est une histoire très compliqué que j'ai dans la tête, et surtout, il y a plein de petits détails que j'aimerais mettre, une sous intrigue, une histoire parallèle et d'autre chose, donc pour que tout ça fonctionne et soit cohérent, faut que j'avance bien.

Mais rassurez-vous, je la finirais. Elle à pris bien trop de place dans ma tête pour que je la laisse tomber. Je me suis carrément fait le film de leur vie pendant les sept ans passés. Je peux dire la couleur de leurs sous vêtements (rouge pour Roro et Noir pour John), le surnom idiot qu'ils se donnent (Shoupinet et namour…a bah, oui, c'est complètement crétin comme surnom) en passant par leur position préférés….pour regarder la télé bande de perverse ! (collé l'un contre l'autre John face à l'écran les pieds sur la table basse, Rodney allongé sur le canapé appuyé sur John)

Bon, je vais pas tout vous faire non plus mais vous voyez quoi…

Passons maintenant au mise en garde : le côté action, c'est pas mon fort, alors pardonnez-moi d'avance pour l'impression de vite fait, mais bon voilà, c'est pas mon truc, j'arrive pas à écrire ces scènes…

Merci Rieval pour tes compliments, toute n'émue je suis. (oui, moi aussi appelles-moi Yoda, lol)

Aller, je m'arrête de bavasser et je vous laisse lire. Bonne lecture !

ooOooOooOooOooOoo

- Oh ! Vous savez, ce n'est pas tellement ça le problème. Je m'entendais bien avec mes parents. Ils étaient vraiment très bien, ils se chamaillaient un peu c'est vrai mais…enfin, vous savez, les peuples, ça se disputent pour pas grand chose…

- Oui, mais le problème c'est que je ne vois pas comment ça marche. Les flux d'énergie sont beaucoup trop instables pour que vous ne rentriez pas en surcharge. Il faut inverser la polarité sinon vous aller dévier les champs subatomiques de notre système binaire…

- Et puis c'est vrai que je ne me tenais pas toujours tranquille. Je leur en faisais voir des vertes et des pas mûres. Je me souviens, une fois, je suis entré dans une colère monstrueuse parce qu'ils m'avaient chatouillé un peu fort. J'ai failli faire tout exploser…

- Et si le champ électromagnétique entre en hyper-espace alors le champ gravitationnel ne pourra plus se régénérer. Nous allons devoir vous faire imploser, c'est la seule solution que je vois pour éviter la catastrophe qui nous attend…

John marchait sur une plage, guidé par des voix dont l'une lui était étrangement familière.

Que faisait-il ici ? Ne devrait-il pas se trouver dans son laboratoire comme d'habitude à étudier des technologies qui le surpassent ? Et comment était-il arrivé sur cette plage californienne ?

John suivit les voix et finit par apercevoir leurs propriétaires. La scène avait quelque chose d'étrange mais il n'aurait pas su dire quoi. Rodney était simplement en train de parler avec un E2PZ, rien de très inhabituel. Alors pourquoi un sentiment de malaise l'envahissait-il ?

Rodney se tourna vers lui. Le visage du canadien s'illumina instantanément pour s'assombrir tout aussi rapidement.

- John ? Qu'est-ce que tu as fait de ton bras ? Tu l'as encore perdu ? C'est la deuxième fois. C'est pas possible, on ne donc peut rien te confier ! Tu perds toujours tout. Comment peuvent-ils te laisser le commandement de cette base ?

Rodney tourna sur lui-même en désignant le décor qui les entourait. Ils étaient à présent revenus sur Atlantis. John regarda son bras ou plutôt l'endroit où son bras aurait dû se trouver. En lieux et place d'un bras, il y avait … le vide, le vide et encore le vide.

La panique s'empara de lui. Où était donc son bras ? Il ne s'était même pas aperçu qu'il l'avait perdu. Il fixait son membre absent quand soudain Rodney se rua sur lui et lui donna des coups de nez sur le visage. John tenta avec le seul bras qui lui restait de repousser son compagnon, mais celui-ci avait bien l'air décidé à couvrir son visage d'ecchymoses grâce à son nez. Soudain, alors qu'il tentait encore de se soustraire à l'appendice nasal du scientifique, John entendit l'E2PZ pousser un cri insupportablement aigu…

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John ouvrit brusquement les yeux. Sa vision était trouble et tout ce qu'il distingua fut une tache rose et floue juste au-dessus de lui. La tache se rapprocha de son visage et il put constater que non seulement, elle était bien rose mais aussi qu'elle était humide… très humide… Il émit un grognement de dégoût et repoussa son attaquant qui ne s'éloigna que d'une dizaine de centimètres.

John plissa les yeux, essayant de chasser le voile qui se trouvait devant. Après quelques secondes, il sut enfin à quoi correspondait le rose… Au nez d'un vieil Akala.

John poussa un petit cri de surprise et fit de grands moulinets avec ses bras, ce qui eut pour effet d'effrayer suffisamment l'animal pour qu'il disparaisse de son champ de vision. Il attendit que les battements de son cœur se calment. Décidément, les réveils n'étaient vraiment pas son fort.

Il retrouva finalement ses esprits, c'est alors qu'il se rappela le sentiment de malaise qui l'avait assailli juste avant qu'il ne s'endorme. Il regarda autour de lui. Rodney dormait toujours malgré l'angle étrange – et certainement très inconfortable - que formait sa tête et son cou. Le Canadien ronflait, preuve qu'il arrivait quand même à respirer. John sourit. Combien de fois Rodney lui avait-il fait le reproche de l'empêcher de dormir à cause de ses ronflements tout en soutenant fermement que lui, n'émettait pas le moindre bruit quand il dormait ?

Pourquoi n'ai-je jamais de magnétophone ou de caméra quand il le faut ?

John laissa son compagnon à ses rêves et se retourna vers son fils. Matt n'était plus là. Le militaire ne s'affola cependant pas, il arrivait fréquemment au petit garçon de s'éloigner sans prévenir. Ses parents avaient beau lui faire de longs discours sur le fait qu'il ne devait pas disparaître sans prévenir ou sans qu'ils sachent où le récupérer, mais Matt n'en faisait qu'à sa tête. Elizabeth avait fait remarquer qu'il y avait certainement une part d'hérédité dans ce comportement. Les deux hommes n'avaient pas compris tout de suite le sous-entendu…

John se leva et fit le tour des environs tout en appelant son fils. Après un quart d'heure de recherche sans résultat, la petite boule d'angoisse refit son apparition. Matt ne s'éloignait jamais vraiment très loin et quand ses parents l'appelaient, il revenait immédiatement afin d'éviter que le sermon ne soit rallongé par la partie « dès qu'on t'appelle tu dois revenir tout de suite sinon on s'inquiète. »

John revint près de Rodney et tenta de le réveiller en douceur…sans résultat. Le militaire fut un peu surpris, son scientifique avait le sommeil léger et un rien suffisait à le sortir des bras de morphée. Il insista plus franchement en le secouant mais il n'obtint même pas un froncement de sourcils.

Aux grands maux, les grands remèdes. Il passa au plan B : les baffes. Tout en continuant à appeler son cher et tendre, John lui donna plusieurs claques sur les joues.

- Rodney ! Rodney, réveilles-toi !

- Hein ? Heu…quoi ?

Le scientifique avait enfin ouvert les yeux, même s'il semblait encore dans un demi-sommeil. John ne lui laissa pas le temps d'émerger.

- Lèves-toi ! Matt a disparu.

- Quoi ? Comment ça Matt a disparu ? Demanda vivement Rodney tout en se relevant et en balayant des yeux les alentours à la recherche de son fils.

- Disparu comme : il n'est pas là. Je ne le trouve pas. Aides-moi à le chercher.

Les paroles du militaire finirent de réveiller Rodney qui le suivit à travers les stands.

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Les deux hommes cherchèrent Matt en vain à travers toute la foire. John retourna du côté du stand des akalas pour vérifier qu'il n'était pas reparti en ballade. En descendant de l'animal, le matin, Matt avait demandé à son père s'il ne pouvait pas refaire un tour mais cette fois tout seul. Il s'estimait suffisamment grand pour monter seul « un-stupide-animal-comme-tu-dis-mon-papa-adoré »

Mais l'homme qui s'occupait du stand ne l'avait pas revu et John retourna auprès de Rodney, qui de son côté interrogeait les autres forains. Ils en questionnèrent une dizaine, sans résultats. Il y avait bien trop de monde ce jour-là - et les enfants ne manquaient pas - pour qu'ils en remarquent un parmi les autres. Les deux Atlantes commençaient à être de vraies boules de nerf quand ils s'approchèrent d'une vieille femme. Comme il l'avaient déjà fait des dizaine de fois depuis qu'ils avaient constaté la disparition de Matt, ils lui montrèrent une photographie de leur fils et lui demandèrent, mais sans beaucoup d'espoir, si elle ne l'avait pas vu.

- Oui, je l'ai vu, dit-elle difficilement.

A ces mots, Rodney attrapa la main de John et poussa un soupir de soulagement. Les deux hommes se regardèrent, un poids venait de leur être enlevé, ils respiraient à nouveau. Ils déchantèrent rapidement quand la vieille femme reprit.

- Il était dans les bras d'un homme. Ils ont tous passé la porte des Etoiles.

- Tous ? Comment ça tous ? Et depuis combien de temps sont-ils partis ? Demanda avec empressement John.

- Oh…c'était il y a trois heures, je crois…Ils étaient tout un groupe d'hommes. Je ne les avais jamais vus avant mais Ikar pourra peut-être vous en dire plus. Je l'ai vu discuter ce matin avec le chef du groupe.

La vieille femme n'avait pas fini sa phrase que John était parti en trombe à la recherche d'Ikar. Rodney remercia rapidement la vielle femme et courut à la suite de son mari. John courait comme un fou, bousculant ceux qui avaient le malheur de se trouver sur son passage. Il savait exactement où trouver le Tovens, ils étaient passés devant le stand de sa famille quelques minutes plus tôt. Ils les avaient interrogés eux aussi, et le jeune homme n'avait rien dit. John avait bien remarqué qu'Ikar avait semblé mal à l'aise, mais ce n'était pas très inhabituel. Le Tovens était d'une timidité maladive, il donnait toujours l'impression d'être à deux doigts de s'évanouir, il fallait le voir essayer de parler avec Jessica… John ne s'était pas méfié. Il s'en mordait les doigts à présent. Chaque minute passée le séparait encore plus de son fils, chaque minute passée diminuait les chances de le retrouver sain et sauf. S'il arrivait la moindre petite égratignure à Matt, il ne s'en remettrait jamais. Il n'en aurait pas la force cette fois…

Il arriva en vue du stand et dès qu'il vit Ikar, John hurla son nom. Le jeune Tovens blêmit et après quelques secondes de stupeur, il prit ses jambes à son cou. John n'eut pas trop de mal à le rattraper. Il se jeta sur lui et le plaqua au sol, puis il leva son point dans l'intention de le frapper mais Rodney arriva avant que le militaire n'eut le temps d'abaisser sa main.

- John ! Non ! cria Rodney.

L'américain se figea, son visage reflétant le combat intérieur qui l'animait. Frapper ce petit morveux ne lui ramènerait pas son fils, mais au moins ça le soulagerait un peu.

- Pitié, je vous en prie ne me faites pas de mal, supplia Ikar. Il m'a obligé. Je ne voulais pas, je vous jure. Mais il m'a obligé à vous occuper pendant qu'il mettait un somnifère dans votre tarte.

- QUOI ! Ca explique qu'on se soit endormi si vite, marmonna John pour lui-même. Qui ? Qui t'as obligé, gronda-t-il à l'adresse d'Ikar.

- Il m'a dit s'appeler Kolya, mais je ne le connaissais pas avant ce matin. Il a menacé ma famille je n'ai pas eu le choix, je vous jure.

Ikar était terrorisé et le regard de John ne faisait rien pour le rassurer, un éclair de haine avait pris possession de ses yeux à l'évocation du nom du génii. Le Tovens sentait bien que l'Atlante mourrait d'envie de se défouler sur lui. Il cru qu'il allait finalement céder à ses pulsions et le frapper, mais à la place, John abaissa doucement son bras jusqu'à terre. Ses doigts empoignèrent une touffe d'herbe et la serrèrent de toutes leurs forces tendit qu'il tentait de se calmer en respirant bruyamment. Rodney prit alors la parole et demanda le plus calmement possible :

- Sais-tu où il a emmené Matt ?

- Oui, oui…J'ai.. j'ai vu les sym--symboles, bégaya Ikar. Je… je vous les … les montrerais. Mais s'il… s'il vous plait, ne, ne me…me faites pas de mal.

- Je ne te ferais rien, reprit John un peu plus calme. Allez, nous allons à la porte et tu vas composer l'adresse.

Il se releva en entraînant le jeune homme avec lui. Il commença à partir en direction de la porte serrant fermement le bras du Tovens dans sa main quand Rodney le retint.

- John, il vaudrait mieux aller sur Atlantis avant. Mettre Elizabeth au courant de la situation.

- On a pas le temps Rodney, s'énerva John tout en se retournant vers lui. Ils ont passé la porte il y a plus de trois heures, tu te souviens ? Qui sait où ils ont pu aller ?

- Oui, d'accord, mais qu'est-ce qu'on fera une fois arrivés sur la planète, hein ? Notre seule arme c'est un panier à pique-nique. Sans oublier que le jean, ce n'est pas terrible pour crapahuter sur d'autres planètes et nous ne sommes que deux contre toute une bande de géniis certainement armés jusqu'aux dents. Non, John. Nous devons retourner sur Atlantis ne serait-ce que pour prendre du renfort.

Le colonel se morditles lèvres et baissa les yeux. Il n'avait pas pensé à ça. Tout ce qu'il voulait, c'était récupérer son fils le plus rapidement possible et il avait complètement laissé de côté les détails techniques. Il était reconnaissant à Rodney de ne pas lui faire une réflexion assassine sur son côté « je fonce dans le tas, on verra ensuite » qui venait de faire, une fois de plus, son apparition.

- Je suis désolé. Tu as raison. Je m'emballe.

- Ce n'est rien, je te connais, dit doucement Rodney en serrant John dans ses bras. Je sais que tu veux récupérer notre fils au plus vite, et moi aussi je le veux. Mais il nous faut de l'aide. Il se tourna vers le Tovens. Ikar, vous venez avec nous.

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Quelques minutes plus tard, sur Atlantis, la porte des étoiles s'activa et un vortex se forma. Le colonel Sheppard en sortit immédiatement. Rodney et Ikar n'étaient pas encore passés que John s'adressait déjà au technicien chargé des communications.

- Je veux une équipe de marines à bord de jumper 1 dans cinq minutes ! cria t-il.

- Pardon ? Demanda le docteur Weir.

Elle se tenait près du DHD. Elle était sortie de son bureau quand Chevron Man avait annoncé que le code d'identification était celui du colonel Sheppard. Ils ne devaient pas rentrer avant au moins trois heures et ce retour en avance l'avait inquiétée, elle était donc venue aux nouvelles.

- Colonel vous pourriez vous expliquer ? Où est Matt ? Et qui est ce jeune homme ? Dit-elle en posant les yeux sur le Tovens.

- Désolé, Elizabeth. Mais nous n'avons pas vraiment le temps de faire les présentations. Matt a été enlevé par Kolya.

Le colonel avait dit cela tout en se dirigeant vers le couloir menant à ses quartiers, laissant une Elizabeth complètement suffoquée. Elle se reprit rapidement et s'adressa à Rodney qui lui n'avait pas bougé et se trouvait toujours devant la porte.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire, Rodney ?

- La vérité, soupira le scientifique. Kolya a enlevé Matt pour je ne sais quelle raison.

- Venez dans mon bureau… tous les trois, rajouta-t-elle en fixant le colonel. Celui-ci poussa un bruyant soupir lui faisant très bien comprendre qu'il perdait trop de temps à son goût. Elizabeth ne fit pas de commentaire et se tourna vers le technicien en charge du DHD. Prévenez l'équipe du Lieutenant Colonel Lorne, qu'ils nous attendent dans le hangar à jumpers.

- Bien, madame.

Elisabeth se dirigea vers son bureau, suivi par les trois hommes. Elle les observa quelques instants. John bouillait littéralement d'une rage pas vraiment contenue. Il faisait les cent pas en marmonnant ce qu'elle interpréta comme étant le programme qu'il réservait à Kolya. A ce moment-là, elle n'enviait absolument pas le génii. Quand John le retrouverait, l'ex commandeur passerait un très, très mauvais quart d'heure.

Rodney lui semblait plus calme mais extrêmement inquiet. L'ongle qu'il se rongeait avait disparu et il allait finir par attaquer la chair de son doigt s'il ne passait pas au suivant. Quant au reste de sa personne, Elizabeth n'avait jamais vu quelqu'un faire bouger sa jambe aussi vite. Restait le jeune homme que les deux Atlantes avaient ramené avec eux et qu'Elizabeth ne connaissait pas, pas plus que la raison de sa présence sur Atlantis, d'ailleurs. Il était tout simplement terrorisé, jetant des coups d'œil inquiet en direction du colonel et tremblant de plus belle quand celui-ci se rapprochait de lui.

Elizabeth prit une profonde inspiration et le plus calmement possible, demanda :

- Bien, je vous écoute. Que s'est-il passé exactement ?

- C'est pourtant simple, non ? Explosa John. Je vous l'ai dit. Kolya a enlevé Matt et nous perdons un temps précieux à discutailler inutilement. Kolya ne restera pas éternellement sur cette planète, nous devons y aller maintenant. Je devrais être en train de me changer et de briefer une équipe de marines au lieu d'attendre inutilement dans ce bureau.

- Colonel, s'il vous plait, tempéra Elizabeth. Vous ferez tout cela, mais d'abord expliquez-moi un peu plus en détail ce qu'il s'est passé. Je ne sais même pas de quelle planète vous parlez !

John allait répliquer quand Rodney posa sa main sur son bras pour lui faire signe de se taire.

- Calmes-toi John, je vais le faire.

Rodney fit une pause, puis se lança dans le récit des évènements de la journée. Quand il eut fini, Elizabeth s'adressa à Ikar.

- Je suis désolée pour la situation dans laquelle vous êtes. Vous resterez parmi nous le temps que nous récupérions Matt. Bien sûr, nous ferons venir votre famille ici, pour la mettre en sécurité.

Ikar hocha timidement la tête et murmura un merci rempli de soulagement. Il donna l'adresse de la planète sur laquelle Kolya s'était rendu pendant que John et Rodney partaient se changer.

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Quinze minutes plus tard, ils étaient devant jumper 1. John avait expliqué la situation à Lorne et son équipe. Ils allaient embarquer quand leur radio grésilla.

/Docteur McKay, Colonel Sheppard ?/

Le docteur Beckett était incroyable. Il travaillait depuis presque dix ans maintenant avec les deux hommes, il était leur meilleur ami, il était même le parrain de Matt. Mais il continuait à les appeler par leur nom et titre durant les heures de bureau. A part lui, tout le monde appelait ses amis par leurs prénoms à longueur de journée. Mais Carson mettait un point d'honneur à rester professionnel, et ce, en toute circonstance, et avec n'importe qui. Ce comportement lui valait régulièrement des petites moqueries de la part de ses amis proches, mais il laissait couler, « Bien faire et laisser braire » devait être sa devise comme disait John. Ce-dernier répondit à l'appel du médecin.

- Oui Carson ?

/Dieu merci vous n'êtes pas encore partis/

Le soupir qu'avait poussé Carson alarma immédiatement John. S'il avait réussi, quelques minutes auparavant, à faire baisser un tant soit peu son niveau de stress, celui-ci venait de refaire un bon vers le haut.

- Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Un problème avec les jumeaux ?

/Un problème, pas vraiment. Le travail a commencé, vos enfants sont en train de naître !/

Les deux papas semblaient avoir soudain perdu la capacité de respirer. Ils restèrent muets plusieurs secondes avant qu'un sourire n'étire leurs lèvres. Mais brusquement, celui de John disparu, ses jumeaux allaient venir au monde mais ils n'auraient pas leur grand frère auprès d'eux pour leur souhaiter la bienvenue. Il se tourna vers Rodney, lui sourit et activa sa radio.

- Merci de nous prévenir, Carson. Rodney va rester ici. Il sera là pour les accueillir.

- Quoi ? Il n'en est pas question ! S'emporta Rodney. Je ne resterai pas ici alors que mon fils est entre les mains de Kolya, compris ? Les jumeaux sont en de bonnes mains avec Carson, il ne leur arrivera rien alors que pour Matt, rien n'est moins sûr ! Je viens avec toi.

- Non, tu ne viens pas ! Tu dois rester pour les jumeaux. Il faut qu'il y en ai au moins un de nous qui reste en sécurité. Qui sait ce qui peut se passer là-bas ? Et si on ne revenait pas ?

- Arrêtes ! Ne recommence pas. Je t'ai déjà dit que je savais très bien me débrouiller sur le terrain, et si toi tu peux y aller, alors j'y vais. Je ne resterais pas ici sans rien faire alors que mon fils est en danger.

Rodney avait haussé le ton au fur et à mesure de ses paroles tout en se rapprochant dangereusement de John. Tout dans son attitude conseillait à ceux présents de se tenir tranquilles s'ils souhaitaient échapper à la colère du petit génie d'Atlantis. John ne dérogea pas à la règle et ne broncha pas. Content de voir que John avait compris le message, Rodney entra dans le jumper, s'assit à la place du copilote et activa à son tour sa radio.

- Carson, nous vous confions les jumeaux, nous serrons bientôt de retour avec leur grand frère.

Pendant que Carson leur souhaitait bonne chance, John vint s'installer aux commandes du jumper. Juste avant de décoller, il regarda du coin de l'œil son Canadien et lui dit avec un petit sourire, en coin, lui aussi.

- Je n'aurais jamais le dernier mot avec toi ?

- Jamais.

John se revit sept ans en arrière…

Ils revenaient d'une mission particulièrement difficile. Un traité commercial qui avait tourné à la prise d'otage. Rodney avait été pris comme monnaie d'échange et embarqué dans une course poursuite d'une semaine. Plusieurs marines étaient morts alors qu'ils essayaient de libérer le scientifique et lui même n'était passé qu'à un cheveu de l'exécution. Ses ravisseurs avaient d'ailleurs fait croire aux Atlantes qui les poursuivaient qu'ils l'avaient éliminé.

A la sortie du briefing post-mission, John s'était rendu immédiatement dans les quartiers de Rodney. Il était furieux, il était entré sans prévenir et s'était planté en face du scientifique.

- Vous ne partez plus en mission en extérieur.

- Pardon ? Et pour quelle raison s'il vous plait ?

- Vous n'êtes pas fait pour aller sur le terrain. A partir de maintenant vous restez dans votre labo. Pas de discussion possible. Je ne veux plus vous voir passer la porte. C'est compris ?

Rodney était suffoqué, la surprise le laissa immobile plusieurs secondes avant qu'une colère froide ne vienne prendre le dessus. Il se rapprocha du militaire jusqu'à n'être séparé de lui que d'une dizaine de centimètres. Il planta son regard dans celui de John, nullement impressionné.

- Je n'ai pas à vous obéir Colonel. Je ne suis pas militaire, l'avez-vous oublié ? Mais si c'est ma compagnie qui vous insupporte, je peux demander à Elisabeth de me changer d'équipe, comme ça vous n'aurez plus à me voir.

-Ca n'a rien à voir ! S'énerva John en le bousculant pour venir se placer devant la baie vitrée.

- Ah oui ? Et pourquoi alors ? Je vous fais de l'ombre quand nous sommes en présence d'une ascensionnée ? Ironisa Rodney.

- Ne dites pas n'importe quoi, répondit John agacé.

- Parce qu'en plus je dis n'importe quoi ? Non mais c'est qui le génie ici ? Vous peut-être ?

- McKay ! Ca suffit !

John reprit d'un ton las :

- Vous êtes un scientifique, votre place n'est pas sur le terrain. Laissez ça aux professionnels.

- Et c'est seulement maintenant que vous vous rendez-compte que je ne suis pas apte au terrain ? Il vous en aura fallu du temps !

- Dois-je vous rappeler que vous avez failli y passer cette fois ? Cria John. C'est un miracle que vous vous en soyez sorti indemne ! J'ai cru que vous étiez mort…

Il rajouta dans un murmure avant de quitter la pièce :

- Je ne veux pas revivre ça…

Il fallu plusieurs minutes à Rodney pour comprendre la signification de ces paroles. Sheppard avait déjà perdu des hommes sur le terrain, plusieurs dizaines depuis qu'ils étaient sur Atlantis et il avait failli en perdre encore plus, mais il n'avait jamais interdit à l'un d'eux de retraverser la porte. Pour Rodney ça ne pouvait dire qu'une chose, il était plus qu'un simple collègue pour le militaire.

Le soir, il était allé retrouver John dans ses quartiers. Il jouait de la guitare dos à la porte, un air lent que Rodney était sûr d'avoir déjà entendu. Il mit quelques minutes à retrouver le film dont était tiré la musique. Un vieux film français en noir et blanc racontant les amours de deux enfants s'il se souvenait bien : Jeux Interdits. Il attendit que John finisse le morceau, puis il s'approcha lentement du lit sur lequel John était assis.

- C'est très beau.

John sursauta, il n'avait manifestement pas entendu Rodney arriver. Il voulut parler mais Rodney le devança.

- J'ai réfléchis à votre réaction de tout à l'heure, et j'ai compris pourquoi vous avez réagis comme ça.

John tenta de l'interrompre mais Rodney ne le laissa pas faire.

- Laissez-moi parler s'il vous plait, je ne suis pas très doué pour ça, alors il ne faut pas m'interrompre quand je me suis lancé. D'accord ?

John avait acquiescé d'un petit signe de tête.

- Bien. Je pense avoir compris que je suis plus qu'un collègue pour vous. Je me considérais déjà comme votre ami, mais …bon, enfin, vous voyez…un ami comme ça, plus qu'un collègue mais moins qu'un « ami…ami… »vous voyez, quoi ! Je pense que je suis passé dans la catégorie au-dessus maintenant et…enfin…je voulais vous dire que je suis très flatté que mon amitié soit si importante pour vous. J'ai toujours fait croire que je me suffisais à moi-même, mais…enfin…votre amitié aussi compte beaucoup pour moi.

John n'avait pas répondu tout de suite, il avait rangé délicatement sa guitare sur son support puis s'était rassis au bord du lit. Il avait passé ses mains sur son visage, sous le regard inquiet de Rodney. Au bout d'un temps qui avait paru excessivement long au canadien, John avait laissé échapper dans un souffle :

- Je crois que vous êtes plus qu'un ami pour moi Rodney.

- Oh ! Avait été la seule chose que le Rodney en question avait été capable de dire.

Rodney était venu s'asseoir à côté du colonel. Ils n'avaient pas osé se regarder pendant plusieurs minutes, puis Rodney avait posé sa main sur l'épaule de John.

- Ce n'est donc vraiment pas parce que je te fais de l'ombre quand nous sommes en présence d'une belle aliène que tu me consignes dans mon labo.

John avait souri.

- Non, ça n'a vraiment aucun rapport.

- Bien ! Parce que je vais continuer à te faire de l'ombre pendant nos missions à l'extérieur.

Ils avaient continué les missions, tout en passant de plus en plus de temps ensemble. Ils apprirent à se connaître… jusqu'à ce qu'ils soient prêts à passer à l'étape suivante et que John n'ait plus jamais le dernier mot.

ooOooOooOooOooOooOoo

Jumper 1 survolait un paysage montagneux depuis qu'ils avaient passé la porte. John avait les yeux rivés sur le sol à la recherche de la moindre trace de Kolya et de ces hommes. Ceux de Rodney étaient rivés sur l'écran de contrôle des détecteurs de vie. Ceux-ci enregistrèrent une activité qui ne manqua pas de l'alerter.

- Je détecte plusieurs signes de vie, quinze, à trente kilomètres au sud, sur un espèce de plateau. Mais, c'est inaccessible en jumper, le plateau est trop petit et la pente est trop raide pour qu'il puisse se poser à proximité.

John jeta un coup d'œil aux relevés avant de s'adresser aux militaires qui l'accompagnaient.

- Nous allons devoir nous poser ici et faire la route à pied. Johnson, vous rester ici avec le jumper occulté. Les autres, vous venez avec nous. On les encercle et à mon signal, on les met en joue. Tirer sur tous ceux qui se mettent entre nous et Kolya mais, lui, je le veux vivant. Et faites attentions à Matt. S'il lui arrive quoi que ce soit, je vous en tiendrais pour personnellement responsable. Est-ce que c'est clair ? Des questions ?

Personne ne broncha.

- Bien, alors on y va.

Une heure plus tard, les Atlantes étaient en position autour du campement. John et Rodney poussèrent un soupir de soulagement en constatant que leur fils était toujours en vie. Il avait l'air d'aller bien, il ne semblait pas porter de trace de coup et la drogue n'avait plus d'effet sur lui. Ils pouvaient l'entendre discuter tranquillement avec Kolya et l'interroger sur l'intérêt pour lui d'avoir eu à revêtir d'autres vêtements que les siens. Vêtements très « moches » d'ailleurs à son goût. Même son papa qui n'avait pas de goût pour les vêtements ne l'aurait pas obligé à mettre … ça. Il n'était nullement impressionné par le Génii, et n'avait pas l'air d'avoir consciencede la situation dans laquelle il se trouvait. Cet enfant était un peu trop intrépide pour son âge…

Kolya était donc occupé à répondre aux questions d'ordre esthétique de Matt quand John donna le signal de l'assaut. Les Atlantes sortirent de leurs abris et s'occupèrent des hommes de mains de Kolya. John et Rodney restèrent ensembles et se dirigèrent comme un seul homme vers le Génii.

Dès qu'il vit les Atlantes, Kolya attrapa Matt et courut vers la porte. Il tenait fermement le petit garçon dans ses bras, l'empêchant au maximum de se débattre. Matt avait vu ses parents sortir de nulle part et se diriger vers lui. Malheureusement, l'un des gorilles de Kolya s'était interposé et avait frappé Rodney au visage. Matt avait hurlé des « laisse mon papa tranquille » « méchant » et autres « pas gentil » en se débattant de plus belle pour venir aider ses parents. Mais Kolya n'avait pas desserré sa prise et tous les efforts du petit garçon étaient restés vains. Il n'arrivait pas à s'échapper des bras du Génii mais continuait néanmoins de se débattre et surtout à crier.

Kolya s'énerva et hurla au gamin de se taire et d'arrêter de bouger. Le maintenir ainsi l'empêchait de garder son équilibre et ils faillirent chuter plus d'une fois avant que le Génii ne se décide à ralentir la cadence. La pente était vraiment dangereuse, d'autant plus que des pierres la rendaient très glissante. Ils arrivèrent néanmoins à la porte avant que les Atlantes ne soient en vue. Ses hommes devaient leur donner du fil à retordre, il n'avait pas choisi n'importe qui. Ils étaient parfaitement entraînés et ne laisseraient pas filer Sheppard et compagnie aussi facilement. Kolya composa l'adressa d'une des planètes de secours qu'il avait prévue. « Toujours prévoir un plan B pour le cas où le plan A aurait des ratés. » C'est ce qu'on lui avait appris durant ses classes, et il avait toujours appliqué cet adage.

Le Génii poussa Matt dans le vortex et y entra à son tour. Une dizaine de minutes plus tard, McKay et Sheppard débouchèrent à leur tour sur le plateau où se trouvait la porte. Rodney avait un bel œil au beurre noir et John la lèvre fendue.Ils avaient eu du mal à se débarrasser de leur agresseur et ne devaient d'avoir pu poursuivre Kolya qu'à Lorne qui les avait couverts durant leur course effrénée vers la Porte.

Le vortex était toujours ouvert quand ils arrivèrent et ils ne prirent pas le temps de prévenir le reste de leur équipe. Ils passèrent l'horizon juste avant que la porte ne se désactive.

TBC…

Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il a été à la hauteur des espérances de certaines et que vous me pardonnerez le monstrueux retard que j'ai eu (pire que Alhenorr et Bayas pour séquelles, je ne peux plus me plaindre) ainsi que pour le retard que je vais prendre.

A la prochaine !