Bien le bonsoir, petite brebis égarée qui est bien malheureusement tombée cette page. (Ahem.)
Eh bien... je n'ai rien à dire.
... Bonne lecture ?
*Ding dong*
… Cette sonnerie me donne plus l'impression d'être dans un asile plutôt que dans un lycée, tellement elle est pourrie. Mais bon, j'ai beau me plaindre, mon lycée n'est pas si désagréable… oui, j'ai bien pensé ça, et j'en suis la première étonnée, rassurez-vous. Il fait très beau aujourd'hui, ça doit influencer sur mon humeur. Tellement que je n'ai séché aucun cours. D'ailleurs, il y a un revers au néo-sérieux, c'est que les profs n'ont pas manqué une seule occasion de me faire remarquer que je devrais être présente plus souvent (c'est le cas de le dire…). Mais ils ne briseront pas ma bonne humeur pour autant. Il me reste une heure d'étude avant la fin de la journée, et je m'apprête à rentrer à la maison, quand je passe devant la porte de la bibliothèque. … Un peu de lecture ne me ferait pas de mal.
Je pousse la porte et aperçois une vieille dame derrière un bureau, qui me fait un grand sourire. Il ne doit pas y avoir beaucoup de monde en fin de journée, et justement, la salle était presque vide. Juste quelques rats de bibliothèque qui traînaient, penchés sur leurs livres de sciences et de botanique. Je ne prends pas la peine de lui rendre son sourire et vais fouiller un peu au hasard dans les rayons. Au bout de quelques minutes, je remarque un petit compartiment « Mythes et Légendes » qui m'interpelle et que je m'empresse de rejoindre. Parce que les dicos de latin, c'est bien gentil, mais c'est pas trop mon truc. Je parcours les titres : je passe par les mythes antiques, les héros gréco-romains, les contes merveilleux, les légendes irlandaises, quand un en particulier attire mon attention. « Les loups : Au cœur de la Mythologie ». Je le feuillette rapidement, reprends mes affaires et me redirige auprès de la vieille dame pour emprunter le livre.
Quelques instant plus tard, je quitte la bibliothèque et traverse les couloirs vers la sortie, mon livre dans les bras. Je marche d'un pas tranquille, ne pensant à rien, quand je croise… et merde.
- Oooh, Saki-chan !
Pourquoi elle ? C'était pourtant une bonne journée jusqu'à maintenant.
- Comment vas-tu aujourd'hui ?
- Je peux savoir en quoi ça t'intéresse… ?
Son sourire niais est parti aussi vite qu'il était venu. L'expression de son visage est devenue tout de suite plus menaçante. J'imagine qu'elle devait en avoir marre de mon « manque d'investissement social ».
- … Pour qui est-ce que tu te prends ? Il est de mon devoir de déléguée de m'assurer du bien-être de chacun de mes camarades de classe. Ne vas pas croire que je viens vers toi parce que j'ai envie de devenir ton amie. De toute façon, apparemment, tu n'en veux pas.
Ses paroles étaient tellement froides. Sur le coup, je n'ai pas su quoi répondre. J'étais sonnée. J'avais du mal à comprendre ce qu'il m'arrivait, du coup, j'ai automatiquement baissé la tête et essayé de la contourner pour m'enfuir. Sa main est venue s'agripper à mon épaule, comme pour m'en empêcher.
- Tu sais, j'ai conscience qu'il peut être difficile d'oser aller vers les autres, mais il ne faut pas hésiter à saisir la main qu'on te tend.
Je me suis retournée, pour tomber face à un regard franc et amical. J'étais subjuguée.
- Haha, Saki-chan, tu rougis !
Elle a commencé à se tordre de rire, et sans m'en rendre compte, je laissais moi aussi apparaître un sourire rayonnant sur mon visage. On a ri un instant, jusqu'à ce qu'elle aperçoive mon livre.
- Dis-moi, Saki-chan, c'est un livre sur les loups ?
Elle allait me prendre pour une cruche. Les gens de mon âge ne s'intéressent plus aux animaux (sus aux jeux vidéo !).
- Aaah, c'est pas ce que tu crois… C'est pas pour moi, au fait… euh…
- Ben, y'a pas de honte ! Justement, c'est un sujet qui me passionne aussi, et crois-moi, j'en connais un rayon.
- Ah bon ?
La discussion était lancée, et c'est vrai qu'elle s'y connait. On est restées dans le couloir un moment, jusqu'à ce qu'un surveillant nous vire (« Il est interdit de stationner dans les couloirs durant les heures de cours. ») La déléguée est donc partie étudier en salle de permanence pendant que je repartais chez moi.
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En sortant, j'ai remarqué qu'il faisait encore beau. Tant mieux, je pourrai prendre mon temps pour rentrer. Un beau soleil est toujours agréable à vivre. Je ne croire personne sur le chemin, à l'exception d'une silhouette que j'ai du mal à distinguer à cause de la distance et du contre-jour.
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Il y a des jours où je me rends compte à quel point je suis petit. Sur un rocher en élévation, au bord d'une petite falaise, je contemple la vue qui s'offre à moi. Devant moi, les bois à perte de vue. À gauche, le bois. À droite, le bois. Derrière… pareil. Ça va faire deux heures que je suis comme ça.
Depuis quelques jours, j'ai l'habitude des évènements inhabituels. Mais aujourd'hui, rien ne se passe. Je pense que je vais passer à la maison.
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- … Ame !
Je n'ai même pas eu le temps de la voir que Maman me serrait déjà fort dans ses bras. J'aime bien quand elle me prend dans ses bras, ça me rappelle mon enfance. Elle a les larmes aux yeux, comme à chaque fois. Et à chaque fois, je sens son cœur qui bat fort et qui me rappelle qu'elle sera toujours là pour moi. J'aime beaucoup Maman, et même si je ne le montre pas extérieurement, elle le sait mieux que quiconque.
Au bout d'un instant, elle me libère de son étreinte, m'assoit sur un coussin en face de la table basse et court en direction de la cuisine. Je reconnais ce coussin. C'est celui avec lequel je dormais quand j'étais petit. Je regarde tout autour de moi, et redécouvre ma maison. À l'époque, elle était à peine habitable. C'est toujours le cas, on dirait. Je me rappelle que lorsqu'il pleuvait, on mettait des sceaux en-dessous des fuites. Ça faisait beaucoup de sceaux, et Yuki en renversait au moins la moitié à chaque fois, parce que même dans la maison, elle ne pouvait pas s'empêcher de courir partout. D'ailleurs, je me demande si elle va bien. La connaissant, ça doit être le cas, mais ça me ferait plaisir de la revoir, elle me manque un peu. Elle doit être en cours, à l'heure qu'il est.
Maman me sort de mes pensées en revenant avec des tartelettes et du thé. Ça aussi, ça me manquait. Ce sont des tartelettes à la fraise. En même temps que je déguste la première, Maman m'observe très attentivement. C'est assez comique, on dirait presque qu'elle exagère. Mais Maman ne ment jamais, j'en déduis donc que c'est elle qui les a faites. Je la rassure en lui affirmant qu'elles sont délicieuses. C'est le cas. Du coup, elle m'a raconté qu'elle avait commencé à cultiver toutes sortes de fruits et légumes, tout en m'emmenant vers le potager. Il était verdoyant, et ça se voyait qu'il était entretenu avec amour.
Cet endroit est lui aussi chargé de souvenirs. Je revois encore Maman se tuer à la tâche sous le soleil brûlant et les ordres du doyen du village. Et son magnifique sourire lorsque nous avons découvert tous ensemble notre première pomme de terre. Maman était tellement heureuse, qu'elle a continué et qu'elle continue encore de cultiver la terre, et toujours avec ce même bonheur.
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J'ai bien fait d'aller voir Maman. Ça m'a fait du bien. On est en fin de journée, et pourtant, le soleil est toujours présent, réchauffant mon dos. Je me ballade calmement dans les rues du village, quand j'aperçois au bout de la rue une personne que je crois reconnaître. Elle avance vers moi, aveuglée par le soleil couchant derrière, un bras devant son visage. Arrivée à une distance plus réduite, elle baisse son bras, et je peux découvrir des yeux plissés et un visage méprisant les rayons.
- … Saki ?
- Hein ? … Oh, Ame !
Elle devait encore avoir le doute de qui était en face, elle ne voyait pas bien avec le soleil dans ses yeux. Puis petit à petit, elle m'a semblé étonnée. J'ai mis un peu de temps à comprendre. Son nom, l'humain que je suis n'était pas censé le connaître. Et à peine avais-je pris conscience de mon erreur, que je m'étais déjà enfui au loin.
Eh bien... je n'ai toujours rien à dire.
Ah si ! Une réponse pour mon unique revieweuse, Ech0, à qui j'adresse un énooorme merci au bout d'une haie d'honneur formée de clones de moi-même... et d'ailleurs, toi, petit primate non-identifié derrière ton écran d'ordinateur, n'hésite pas à faire pareil (une review, pas une haie d'honneur, hein!) si tu as des questions, et même si tu n'en as pas, ça me ferait vraiment (sérieusement) très plaisir. :D
Donc, à nous deux, Ech0 :
Premio (la faute est faite exprès, c'est de l'humour pas drôle, répandu chez les jeunes singes savants) : la réaction de Saki ? Tu verras.
Deuzio : une belle histoire ? Tu verras.
Troizio (vraiment très répandu) : le bras du papounet ? tu verr... quoique, c'est tellement évident, je ne peux pas te contredire.
Quatrizio (je n'accepte de recevoir que les tomates cerises!) : Ame, mangeur de tête ? Va savoir, après tout, ces deux-là n'en seraient pas à leur premier rapport musclé, donc une fois de plus ou de moins... En résumé : tu verras.
... Je sais que tu as envie de me tuer, mais tu ne peux pas le faire, sinon tu n'auras pas les véritables réponses que tu convoites tant. Il faut savoir être patiente, petite humaine... hin hin hin...
