Bonjour, bonsoir ! Voici le troisième chapitre d'Une journée comme tant d'autres.

En fin de compte, cette petite histoire partie de rien m'inspire plus que prévu, aussi je prévois au moins un troisième chapitre, peut-être même réviserai-je le premier, si je suis motivé *tousse*review*tousse*...

J'aimerais remercier Swangranger de son commentaire encourageant et de suivre mon histoire, ainsi que Pink CherryHime et fan de fictions qui m'ont fait l'honneur de l'ajouter parmi leurs favorites !

Je ne vous ennuie pas plus longtemps et vous rappelle simplement qu'aucun personnage présent dans ce chapitre ne m'appartient.

Bonne lecture !

Posté le lundi 18 avril 2016, vers 16h.

Mis à jour le jeudi 7 juillet 2016, vers 11h.


Une journée comme tant d'autres

Midi

11h59

« Bon, il semblerait que vous vous en sortez plutôt bien. Veillez tout de même à vous exercer pour la prochai… »

Un grondement, évoquant le martèlement caractéristique du passage en trombe d'une troupe d'hippopotames et qui fit trembler les murs de la salle de Sortilèges, interrompit soudain la voix fluette du professeur Flitwick qui vacilla sur sa pile de livres cependant que ses élèves de Cinquième Année de Gryffondor et Serdaigle se dévisageaient entre eux, espérant trouver l'origine de ce vacarme dans les yeux exorbités de leurs voisins. A l'incompréhension s'ajouta dans leur regard l'appréhension lorsqu'il apparut que le bruit approchait, et qu'il approchait vite. Le respecté professeur, intrigué et désireux de prouver à ses élèves que la taille ne fait pas tout, et que tout dépend de comment on s'en sert, osa alors ouvrir la porte et passer la tête par l'entrebâillement, faisant fi de l'avertissement angoissé de Ginny Weasley.

« Harry, grouille-toi mec ! On va être en retard pour bouffer ! s'époumonait un grand rouquin dégingandé, très affairé à courir de toutes ses forces afin de ne pas manquer la moindre minute qui lui était accordée pour remplir autant qu'il le pourrait le gouffre sans fin qui lui servait de panse.

- Pas si vite… Ron… La… Grande Salle… n'est même pas encore… ouverte… s'essoufflait à sa suite un petit brun maigrichon, la main droite posée inutilement sur son flanc pour atténuer son point de côté.

- Plus que 37 secondes ! Harry, si on y arrive pas à temps je dirai à Hermione que tu as copié son devoir d'Histoire de la Magie qu'on doit rendre cet aprèm !

- Elle… le sait déjà… Je lui ai de… mandé la… permission… hier soir…

- Ah ouais ? Et elle sait que tu l'as copié pendant le cours de Sortilèges ?

- F… Faux frère ! … ATTENTION RON DEVANT TOI ! »

Mais il était trop tard… Ron, tout à ses menaces, ne regardait plus quelle direction prenaient ses pieds et Filius, qui était sorti dans l'espoir de faire régner l'ordre dans ce château de jeunes délinquants, fut propulsé par les pieds de ce petit mauvais sujet jusque dans les hauteurs du couloir pour s'accrocher à la pointe de la lance de l'une des armures qui encadraient les portes des salles de classe.

« HAHA ! se moqua Nelson Muntz* qui sortit de derrière l'élément de décoration en le pointant du doigt, avant de partir sans se presser.

- Désolé m'sieur ! jeta Ron, que rien n'aurait fait ralentir, pas même une horde de jolies petites Acromentules, ces inoffensifs arachnides. Si l'on en croit Rubéus du moins…

- Monsieur Weasley ! Revenez tout de suite ! Monsieur Weasley ! Il y a délit de fuite ! pépia le petit professeur.

- Désolé… professeur, il a… un moyen… de pression sur moi… » parvint à dire le brun, entre deux inspirations salvatrices, sans plus s'arrêter que son camarade de dortoir.

Midi

Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent sur un Ron surexcité qui détala aussi sec vers sa place, au centre de la table et dos au mur, suivit de loin par un Harry rampant qui se traîna jusqu'à la chaise que son magnanime camarade de dortoir avait tirée à sa droite. Les élèves commencèrent alors à affluer, attirés par l'appel du ventre, et de la masse se détachèrent Seamus et Dean qui s'installèrent au côté libre de Ron, lui demandant ce qu'ils avaient fait en attendant de passer à table.

« J'ai retrouvé Harry devant la Grosse Dame. Il sortait de l'infirmerie, tout neuf. On est allé faire une partie d'échecs dans la salle commune. Et vous savez quoi ? Il s'est amélioré !

- Bwahaha ! Harry ? S'améliorer aux échecs ? T'as tenu combien de temps, 10 minutes ? se moqua Seamus, incrédule.

- Figure-toi qu'on y est restés un bon quart d'heure ! Alors quand j'ai vu l'heure à la fin de la partie, j'étais paniqué ! répondit Ron.

- Vous auriez vu ça : pire qu'Hermione quand elle s'aperçoit qu'elle n'a pas encore entamé un devoir dû pour le mois prochain… Maugréa le brun qui se rétablissait de sa course folle à vue d'oeil. Sinon, vous étiez où pendant ce temps ?

- Au bord du lac, avec les filles. On a fait un jeu de cartes que j'ai appris cet été, mais Seamus était plus occupé à baver sur une Poufsouffle de Septième Année qui rigolait avec ses copines, taquina Dean.

- Même pas… Hum… Elle est où, Hermione ? Parce qu'on a laissé Nott s'en charger, mais elle vous a pas rejoint après ? détourna subtilement Seamus.

- Sais pas, on l'a pas revue… » ne s'inquiéta pas Ron.

C'est le moment que choisit une jeune femme brune, aux cheveux tellement ébouriffés qu'ils lui faisaient une auréole et à la joue gauche anormalement noire, pour faire son entrée fracassante. D'après le témoignage de la Lourde Porte de Chêne, qui souhaite conserver l'anonymat. Elle s'avança, passant devant les tables de Serpentard, Serdaigle et s'engagea entre celles de Poufsouffle et Gryffondor. C'est alors que Harry se tassa sur sa chaise, adoptant son air le plus penaud possible. Il avait reconnu Hermione.

« Ca va pas, Harry ? s'enquit la brune en s'asseyant face à lui.

- Comment ? Oh… Eh bien… Si. C'est juste que j'ai l'habitude de me sentir coupable quand je te vois… réalisa le futur Sauveur du Monde Sorcier.

- Haha ! Tu es drôle ! En tous cas, je vois que tu es passé à l'Infirmerie, finalement !

- C'est ça ! Comme je suis sorti en plein cours, je m'attendais à ce que tu me fasses la morale !

- Oh non, t'inquiètes…

- T'INQUIETES ? Hermione, tu t'entends parler ? Un peu plus et tu seras aussi vulgaire que moi ! l'interrompit Ron, effaré du ton nonchalant qu'employait son amie.

- Ma parole, ce que tu es coincé, Ronald ! C'est pas mon langage qui fera monter mes notes ! De toutes façons, pendant que vous étiez je-ne-sais-où, j'étais…

- …à la Bibliothèque et figurez-vous que j'ai appris que…, s'incrusta Fred, qui s'assit à sa gauche.

- …j'étais en train de passer à côté de la vie à cause de ma soif de connaissances ! termina George en s'installant à droite d'Harry.

- Que… Comment vous avez deviné ? Et puis d'abord, qu'est-ce que vous faites là, vous ? s'étonna doublement la Préfète.

- Attends…

- Euh…

- Wait a minute…

- Une petite seconde…

- Hermione…

- Tu veux dire que…

- QUEWA ? s'écrièrent en coeur ses camarades. C'EST VRAIMENT CE QUE TU ALLAIS DIRE ?!

- Eh bien oui… » admit-elle, sincèrement étonnée de la réaction de ses camarades.

Le silence tomba sur la table des Rouge et Or et Théodore de sa chaise. Etant un grand adepte des produits Weasley, il avait pu entendre l'échange par le biais des Oreilles à Rallonge qu'il avait placées en début d'année sous les tables, allant de sa place attitrée à celle de sa merveilleuse bibliothèque ambulante. Seulement, la nouvelle remettait en question la théorie de ce moldu qui disait que le Soleil tournait rond autour de la Terre (Hmmm… Ou l'inverse…) ! Bon peut-être pas, mais au moins ses sentiments pour la jeune femme, aussi devait-il trouver un moyen pour remédier à cette terrifiante passade. Car ce ne pouvait être qu'une passade, n'est-ce pas ? Théodore ne le supporterait pas si le nouvel état d'esprit de sa bien-aimée devait être permanent.

Profitant de l'accalmie, le professeur Dumbledore se leva pour faire entendre ses sages paroles à ses élèves avides de vérité qui commencèrent à baisser le volume.

« Les élèves ! S'il vous plaît. Un peu de silence, je vous prie. »

Aussitôt, les discussions reprirent de toutes parts, pour signifier au vieux fou ce que les élèves pensaient de ce qu'il avait à dire.

« Sonorus. TA GUEULE LES ENFANTS ! »

Les pauvres étudiants, tétanisés par tant d'incorrection, accordèrent finalement leur attention à leur cher directeur.

« Finite. Bien, je voulais vous dire que, pour certaines journées exceptionnelles comme aujourd'hui, nous recevrons les jumeaux Weasley qui nous présenteront leurs nouveautés en avant-première pendant les temps de pause. Cet arrangement profite à tous, puisqu'ils peuvent ainsi évaluer la réceptivité de leur public et ajuster ce qui doit l'être, et que vous pourrez ainsi sécher des cours incognito. Sur ces sages conseils, je vous dis : bon appétit ! conclut le vénérable directeur, que la modestie n'étouffait pas.

- On a failli attendre ! » s'écria Ron qui n'avait rien écouté d'autre que son ventre qui se plaignait de la longueur du discours.

Et tous les élèves de se jeter joyeusement sur les plats qui venaient d'apparaître en conversant bruyamment. Tous ? D'un regard englobant tous ces cornichons qui ne comprendraient jamais rien à l'art subtil des potions, et pas plus à l'art de se défendre des forces obscures d'ailleurs, le professeur Rogue vit que deux Serpentards manquaient à l'appel. Millicent Bullstrode, qui ne gâcherait pas son repas de sa laideur, et, plus inquiétant, son filleul adoré : Draco Malefoy. En espérant qu'il n'aille pas faire le cornichon… Severus n'aimait vraiment pas les cornichons...

Myrte** Elizabeth Warren se promenait sans faire de tort à quiconque dans un couloir du deuxième étage. La jeune Serdaigle se réjouissait du choix de ses parents pour son prénom, augure de la beauté qu'elle apercevait furtivement dans le reflet des vitres qu'elle dépassait. Après tout, on ne l'avait pas nommée après l'arbre d'Aphrodite pour rien. N'est pas symbole de l'amour et de la jeunesse qui veut ! En tous cas, il était évident qu'elle avait toutes ses chances avec ce jeune et beau garçon qui avait eu le malheur de croiser sa route : le superbe Harry Potter. Non, rien en elle ne pourrait le laisser indifférent, que ce soient ses cheveux aussi noirs que les siens, ses lunettes aussi épaisses et rondes que les siennes, son regard aussi bleu que le sien était vert, son visage aussi harmonieux que…

Alors qu'elle arrivait au niveau des toilettes désaffectées, elle vit arriver une fille qui interrompit son doux train de pensée. Pas qu'elle lui ait adressé la parole, seulement sa démarche suspecte avait de quoi attirer l'attention : ce n'était pas tous les jours que les gens marchaient les jambes exagérément écartées, comme s'ils s'étaient oubliés. Voyant là l'occasion de s'amuser aux dépends d'autrui, Myrte décida de suivre l'infortunée qui entrait dans les toilettes de Mimi Geignarde, sans savoir qu'elle était suivie.

Millicent avait profité que tout le monde soit dans la Grande Salle à déjeuner pour régler un visqueux désagrément. Elle ne pouvait décidément s'en occuper entourée, sous peine d'une humiliation irrémédiable. Arrivée aux toilettes du deuxième étage, qu'elle savait toujours vides bien qu'elle en ignore la raison, elle entra dans une cabine, ferma la porte à clef - sait-on jamais - avant de soulever sa robe, baisser sa culotte et…

« AAAAAAAAAH ! Mais qu'est-ce que c'est que ces trucs dégoûtants ?! fit la pauvre Millicent en voyant les oeufs de crapaud qui peuplaient désormais son sous-vêtement.

- BWAHAHA ! résonna le rire de Myrte, assise au sommet de la porte de la cabine.

- AAAAAAAAAH ! Mais qu'est-ce que vous faites là ?! fit la pauvre Millicent en voyant la jeune fille qui arborait un air de pur ravissement.

- BWAHAHA ! résonna le rire de Myrte, se délectant de la déconvenue de la Serpentard.

- AAAAAAAAAH ! Mais qu'est-ce que vous êtes ?! fit la pauvre Millicent en voyant le mur qui aurait dû se trouver derrière l'importune.

- BWAHAHA ! résonna le rire de Myrte, transparente aux yeux de la boutonneuse. … Attends… Qu'est-ce que je suis ? Alors ça y est ! Mimi est morte, alors… Myrte s'interrompit dans son soudain éclat de colère avant de reprendre d'une voix chevrotante, les yeux baignés de larmes : Mimi… est morte… Et tout ce que… vous trouvez à faire, c'est… accabler cette pauvre Mimi… : la grosse Mimi ! reprit-elle avec une fureur nouvelle, Mimi la moche ! Mimi geignarde, Mimi râleuse, Mimi minable ! »

Excédée par la cruauté dont sont capables les adolescents, de son vivant comme dans sa mort, Myrte ouvrit dans un hurlement rageur tous les robinets des lavabos, inondant ses toilettes pour en chasser cette pimbêche grassouillette qui ne manquait pas plus d'occasions que les autres de la tourmenter.

Dobby est libre ! Et il n'y avait pas un jour où Dobby regrettait le Manoir Malefoy. Peut-être bien que le jeune maître Draco Malefoy Monsieur lui manquait un petit peu de temps en temps, et il n'y avait rien d'anormal à cela : il avait tout de même passé douze ans à le nourrir, le changer, le choyer et endurer les insultes et les coups en récompense, ça crée des liens, mine de rien ! Aussi, alors qu'il était occupé à s'assurer que l'assiette du jeune Ron Weasley Monsieur ne soit jamais vide, il eut un petit pincement au coeur en voyant du coin de l'oeil entrer Draco Malefoy Monsieur. Intrigué par la présence de son ancien propriétaire dans les Cuisines, il quitta son poste et appela Winky :

« Il faut que Winky remplace Dobby un instant. Ron Weasley Monsieur a besoin de Winky pour remplir son assiette. Ron Weasley Monsieur n'a aucune considération pour Winky et lui donnera un des pulls que sa mère lui tricote avec amour si Winky ne tient pas son assiette pleine en permanence. »

La menace fit son effet, car aussitôt Winky lâcha sa bouteille de Whisky Pur Feu, sauta de son tabouret et prit immédiatement la place de Dobby, avec une ardeur qu'on ne lui avait plus vue depuis que Mr. Croupton Monsieur lui avait donné un vêtement. Rassuré, Dobby se dirigea donc vers celui qui fut son maître préféré durant son service au Manoir Malefoy.

« Draco Malefoy Monsieur ! couina l'elfe, quelque peu nerveux.

- Toddy ?! fit le Serpentard, qui ne s'attendait pas à voir son ancien elfe qui avait disparu dans des conditions mystérieuses que sa chère mère jugeait trop horribles pour qu'elles soient contées à son cher fils qui ne méritait pas un tel traumatisme. Déjà que son enrôlement parmi les Mangemorts lui restait en travers de la gorge, elle ne pouvait décemment pas l'accabler de cette terrible histoire !

- Le jeune Draco Malefoy Monsieur se souvient du nom de Dobby ! larmoya l'elfe, au comble de l'émotion, sa pile de chapeaux vacillant dangereusement.

- Bien sûr que je me souviens de toi, misérable ! Où étais-tu ces quatre dernières années ? Qu'y avait-il de plus important que de t'occuper de ma personne ? l'invectiva le digne fils de Lucius Abraxas Malefoy qui se demandait où il avait bien pu se procurer les loques informes qui le coiffaient.

- Dobby ne pensait certainement pas à vous nuire, Draco Malefoy Monsieur ! Harry Potter Monsieur est un grand homme, Draco Malefoy Monsieur ! Harry Potter Monsieur a fait libérer Dobby à la fin de sa Deuxième Année, Draco Malefoy Monsieur ! Dobby est libre ! » rayonna le petit elfe, gonflant sa cage thoracique avec fierté.

Draco était sidéré. Alors comme ça, Potter avait libéré son elfe. Il comprenait mieux la position de sa tendre mère, à présent. Et également les morceaux de laine sur sa tête. Du moins avant que Toddy se soit trop penché en arrière, répandant le tout sur le sol des Cuisines. Enfin, cela ne changeait rien au fait que l'heure tournait et qu'il devait se nourrir avant la reprise des cours, parce qu'un Malefoy n'a pas le teint maladif. Et un Malefoy ne s'étale pas dans une crise d'hypoglycémie. Pas qu'un Malefoy s'étale en quelque circonstance que ce soit, d'ailleurs…

« Toddy ! interrompit-il l'elfe qui continuait de piailler de sa voix stridente qui ne lui avait pas manqué, tout en remettant en place sa ridicule coiffe. Tu dois te souvenir de ce que je mange d'habitude. Sers-moi.

- Oh oui ! Dobby se rappelle parfaitement de ce qu'aime l'ancien jeune maître, Draco Malefoy Monsieur ! Le midi, un Malefoy ne saurait manger autre chose que des crudités en entrée, un steak végétal en plat de résistance et une salade de fruits de saison en dessert ! Et de l'eau plate en boisson ! Un Malefoy se doit de ne pas écourter son importante vie par une alimentation déséquilibrée ! Dobby apporte tout cela tout de suite, Draco Malefoy Monsieur ! » s'enthousiasma Dobby, fier de se souvenir des principes culinaires de la famille qu'il avait servie.

Pendant que Draco appréciait son repas en vile compagnie, les Gryffondor assimilaient l'incroyable nouvelle :

« Tu es chûre que tu vas bien, Hermione ? s'inquiéta Ron, mâchonnant sa cuisse de poulet.

- C'est vrai que tu as l'air un peu pâle, fit Dean.

- Et tu as plutôt l'air un peu noir… remarqua Fred, désignant la tache d'encre qui maquillait sa joue en y enfonçant légèrement le doigt.

- Mais puisque je vous dit que ça baigne ! s'agaça l'Ebouriffée Bibliothèque.

- … Hermione ? s'étonna Ginny qui venait de bousculer Ron pour s'asseoir à côté d'Harry et qui ne savait pas encore de quoi il retournait.

- Une minute, tout le monde, s'interposa Harry qui sentait venir les problèmes. Vous tenez tant que ça à ce qu'elle redevienne une McGonagall Junior qui nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes pour réussir nos études ? Parce que de mon point de vue, elle est bien mieux comme ça…

- Bah voilà ! Enfin un qui me comprend ! Je savais que je pouvais compter sur toi, Harry ! se réjouit Hermione.

- Laisse-nous juste digérer l'info, tu veux… C'est quand même une grosse surprise ! s'incrusta Neville.

- Tiens Neville, tu me paches le… »

Ron s'interrompit en voyant que ce n'était décidément pas Neville qui lui faisait face, à la droite d'Hermione, mais plutôt son colossal crapaud commun. Il ouvrit les yeux et la bouche en grand, répandant les petits pois qu'il était en passe d'ingurgiter dans son assiette, pendant que ses camarades s'affolaient de la situation qui avait tout du scénario catastrophe.

*Bunk!*

« Aoutch! fit une voix à proximité de là où se tenait royalement Trevor.

- D'où est-ce que ça venait ? demanda Ginny, pas vraiment rassurée par la situation.

- Je vous ai bien eus, hein ? s'exclama alors Neville en émergeant de sous la table en se massant le crâne. Je suis ventriloque, alors parfois je fais ce genre de blague avec Trevor à l'Oncle Algie pour me venger de ses mauvais traitements quand j'étais petit. Ca marche à chaque fois !

- RONALD BILIUS WEASLEY ! tonna la douce Hermione.

- Burp! répondit-il avec l'élégance qui le caractérise.

- Ce matin, tu as proposé une organisation débile pour te moquer de moi.

- Oups…

- Ca m'a fait prendre conscience d'une chose, quand j'étais à la Bibliothèque : j'ai passé les deux dernières années à monter des associations débiles et qui n'attirent personne. Je vais donc te demander d'adhérer à ma nouvelle association !

- Que…

- C'était une blague, j'ai retenu la leçon ! rit-elle.

- Le contraire m'aurait étonné ! » ricana Seamus.

Hermione goûta peu la plaisanterie et décida en représailles de faire goûter à l'impudent le contenu du plat qu'attendait Ron depuis quelques secondes déjà. Le roux, furieux, tartina des lentilles qu'il avait dédaignées le visage de la voleuse. Fred, dans un sursaut de galanterie, fit valser son jus de citrouille tant et si bien qu'il percuta ses cadets. Ginny, outrée, demanda à Harry de la défendre. D'humeur joueuse, Harry lui confirma qu'il avait la situation en main et, quand elle fut retournée à sa feuille de salade, la coiffa de son assiette, dûment noyée de fromage. Son audace lui valut l'admiration de George. Ne voulant pas être en reste et prouver à l'héritier des Maraudeurs qu'il était digne de lui, ce dernier prit sur lui de proposer à Lavande une part de gratin. Ne détectant pas le danger aussi bien que les yeux du garçon de Poufsouffle face à elle, elle accepta volontiers. Jamais on ne vit autant de mascara couler que sur ce champ de ruines qu'était devenu son visage, suite à l'assaut prémédité. Parvati apprit aux dépends de Justin Finch-Fletchley, qui lui faisait face à la table des Blaireaux, qu'elle ne pouvait glousser en même temps qu'elle buvait. Douché, Justin se mit à s'agiter frénétiquement en tous sens, envoyant voler la nourriture qui l'entourait dans toute la Grande Salle. « Chui touché » agonisa Rubéus avant de s'écrouler sur la table des professeurs, broyant les pieds qui la soutenaient de son bras trop imposant pour le bien de ses collègues qui voyaient leurs plats affluer à toute vitesse dans la bouche grande ouverte du demi-géant maintenant à terre, à l'extrémité de la table penchée. Dépité à l'idée de son déjeuner perdu, Severus changea cet abruti de Finch-Fletchley en cornichon avant de quitter la salle dans de dramatiques mouvements de cape. Minerva devina alors que c'était à son tour d'entrer en scène. Elle remonta ses dessous affriolants, palpa son osseuse poitrine pour faire bonne mesure, et s'élança dans la cohue. Elle empoigna un grand saladier de taboulé qui passait innocemment par là et, poussant son cri de guerre du moment « Albusu Akbar ! » et tournant sur elle-même, en arrosa tous les élèves dans un rayon de un mètre quatre-vingt qui s'étaient jetés à terre ou sous les tables. Tout le monde se mêla alors à corps perdu dans cette quatrième bataille de nourriture de la semaine. Dans la pagaille, Théodore se faufila jusqu'à Hermione, dans l'optique de la ramener dans le droit chemin d'une vie studieuse et fade, mais Fred s'interposa au dernier moment. Enfin surtout la quiche qu'il avait en main… Lavande, car ce n'était pas elle la quiche, fit mine de glisser sur une peau de banane imaginaire pour atterrir dans les bras du Poufsouffle qu'elle avait repéré plus tôt, bien décidée à le traîner ce week-end au salon de Mme Pieddodu. Seulement la vie n'est pas aussi rose que la robe de la Princesse Peach***, cette héroïne qu'elle avait découverte dans un des magazines douteux que Dean pensait cachés sous son lit. En effet, aussitôt calée dans les bras puissants du grand brun, aussitôt la jeta-t-il en pâture aux élèves déchaînés qui eurent tôt fait de la recouvrir d'aliments divers, peu pressé d'abandonner sa virginité à une fille si creuse. Luna mangeait tranquillement QUAND TOUT A COUP ! une feuille de salade venait de bouger, la faute aux Nargoles, elle en était persuadée ! Elle se pencha donc sur son assiette, évitant inconsciemment le gâteau qui lui était destiné et qui alla plutôt décorer le Directeur de l'Ordre du Muffin aux Fruits Rouges Première Classe. Pendant ce temps, Blaise avait été chargé par ses commensaux de convaincre Pansy de se laisser étaler la crème qui accompagnait ses scones à grands renforts de « C'est pour mon bien ! ». Ginny, qui s'était remise de la traîtrise de celui qui serait un jour son mari, avait bien compris qu'il n'aurait jamais eu cette idée sans Hermione qui cherchait en réalité à l'évincer. Elle la prit donc en chasse, armée d'une cuisse de poulet, avant de s'écraser de manière très indigne sur un Première Année qui n'avait pas appris qu'on ne joue pas avec les couteaux. Aussi, quand la rouquine se releva, sa robe resta entre les doigts du jeune homme qui apprécia ce qu'il vit, avant que la vue ne soit gâchée par un liquide marron et chaud qui venait de les éclabousser, l'obligeant à fermer les yeux. Une claque plus tard, Ginny était repartie à l'assaut de l'ex-Miss Je-L'ai-Lu-Dans-L'Histoire-De-Poudlard, drapée de sa dignité à défaut de sa robe et faisant voler autour d'elle les gouttes de chocolat qui constellaient ses cheveux. Seamus, qui s'était remis du plat que Hermione lui avait envoyé, lui proposa une coalition, et ensemble ils se mirent à catapulter des tartes aux pommes en direction de la fuyarde. Cho, ayant percé à jour les intentions de la cadette Weasley, sécha ses larmes, oublia Cédric un instant, oublia son échec avec Harry un instant, et se concentra sur son amour intact pour l'Elu et bombarda sa rivale de choux à la crème. Cependant, le sujet de ces querelles se débattait avec George à grands coups de tarte à la mélasse, sous les flashs incessants de l'appareil photo de Colin qui ne ratait pas une miette de la joute. Ron, au milieu du chaos qui s'installait peu à peu, ronchonnait qu'on ne joue pas avec la nourriture, sauf quand c'est des lentilles, parce qu'on a vu plus goûteux…

Avisant l'ordre qui régnait à présent dans la Grande Salle, Millicent, qui s'était débarrassée de son sous-vêtement usagé, se dirigea avec toute la discrétion que ses mains plaquées sur sa robe pour camoufler l'absence de sa culotte lui permettaient, et mangea dans un calme perturbé occasionnellement par un élève qui lui rentrait dedans, aveuglé par un camarade plus vif que lui…


* : Nelson Muntz est un personnage de la série télévisée Les Simpsons, connu notamment pour son rire moqueur. Donc non, il n'est pas à moi non plus.

** : En anglais, Moaning Myrtle ou Myrtle Elizabeth Warren a été traduit en français par Mimi Geignarde ou Mimi Elizabeth Warren. Autant Mimi va bien pour un surnom, désagréable au demeurant, autant appeler sa fille Mimi va, selon moi, à l'encontre de l'intérêt de l'enfant. Aussi ai-je pris la liberté de franciser Myrtle en Myrte. En sachant que Myrte est en français un nom masculin (dans le sens où on parle du myrte : fleur utilisée comme balsamique = stimulant des voies digestives ; d'où le lien du personnage avec les toilettes, je suppose)...

*** : Cette délicate demoiselle est un personnage de Nintendo. Patamoa...


REVIEW ! (Quelle agressivité...)