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4 )
John Sheppard se laissa aller contre le siège du jumper et attendit la réaction d'Elisabeth Weir. Il avait fait un résumé clair de la situation même s'il n'y avait pas grand chose à raconter finalement.
Rodney avait disparu et c'était tout ce qui importait.
Il avait dû revenir au jumper pour établir une connexion claire avec Atlantis car les communications avec la cité passaient difficilement de l'intérieur avec leurs propres radios. Les anciens devaient disposer d'un système plus sophistiqué mais ils n'avaient pas le temps de se pencher sur le problème.
Il y avait plus urgent.
Il imagina sans peine Elisabeth là-bas, réfléchissant, cherchant des solutions. Sans aucun effort il pouvait la deviner penchée sur la radio, l'air grave et soucieux, les sourcils froncés.
-John, je vais envoyer des renforts afin de vous aider dans vos recherches. En attendant, essayez de vous ménager un peu. Nous ne savons pas encore si votre passage dans cette sphère aura des effets secondaires. J'ai bien envie de vous demander de rentrer afin de consulter le docteur Beckett mais je me doute que vous refuserez.
-Rentrer ? En effet, il n'en est pas question, pas sans McKay, déclara t-il. C'est peut-être le pire enquiquineur des deux galaxies mais… c'est Rodney, enfin, vous voyez ce que je veux dire. D'autre part Lorne et Teyla ont trouvé des armes wraith qui semblaient abandonnées depuis longtemps, ce qui prouve tout de même qu'ils connaissent cette planète. Je ne laisserai pas McKay et je ne changerai pas d'avis.
-Je comprends, répondit la diplomate, Rodney est irremplaçable et vous verrez, vous allez vite le retrouver, nous allons tout faire pour, ajouta-t-elle sur un ton qu'elle espérait rassurant, sans quoi il ne nous le pardonnerait jamais.
La dernière réflexion arracha un petit sourire au militaire. Il avait bien compris qu'Elisabeth tentait de le réconforter mais c'était un peu vrai, l'ego du scientifique en pâtirait s'il apprenait qu'ils n'avaient pas fait tout leur possible et plus encore pour le retrouver.
Si on le retrouvait, rectifia intérieurement Sheppard. Il se donna mentalement une grande claque, il devait y croire, quelqu'un comme Rodney McKay ne disparaissait pas comme ça. C'était illogique de penser ainsi mais ce n'était pas de lui, l'homme avait une telle présence !
Il repassa les derniers moments avec le scientifique. La sphère et plus avant la nursery et les laboratoires.
Les labos…Rodney avait fait une réflexion à ce propos. Il avait dit…
-Elisabeth, faites venir Carson Beckett, Rodney a affirmé qu'il s'agissait de labos destinés à des recherches médicales quand nous avons exploré le bâtiment. Peut-être y verra t-il plus clair lui ?
-Bonne idée John, je vous l'envoie, courage et surtout gardez espoir.
Le militaire coupa la communication et sortit du jumper. Il se sentait fatigué mais surtout très angoissé. Que s'était-il passé dans la sphère ? Les fragments de souvenirs qui lui revenaient ne pouvaient être que des rêves. C'était impossible autrement. Il secoua la tête, oui, il était véritablement épuisé et surtout sous pression depuis quelques heures.
Il avisa Lorne qui venait à sa rencontre. Teyla lui avait raconté la tentative de son collègue avec les cristaux et c'était certainement grâce à l'initiative du major s'il était sorti de cette sphère. En attendant l'autre homme le fixait d'un air interrogateur, il désirait certainement savoir quelles décisions avaient prises le colonel et Elisabeth Weir.
-Ils nous envoient des renforts et le docteur Beckett les accompagnera, déclara t-il. Major, je ne vous ai pas encore remercié pour m'avoir sorti de ce truc, là-bas, ajouta t-il, vous avez fait preuve d'initiative et sans ça je crois que j'y serais encore.
Lorne haussa les épaules.
-J'avoue que je n'en menais pas large. Sans l'appui de Teyla et Ronon, je ne sais pas si j'aurais osé. J'avais peur de ne faire qu'empirer la situation.
Il changea de sujet.
-Colonel, je crois que nous allons le retrouver, vous savez. Je ne sais pas comment l'expliquer mais je suis sûr que tout ceci a un sens. Les labos, la sphère et tout le reste. Les anciens savaient ce qu'ils faisaient. Il doit y avoir une raison à tout ça, quelque chose de logique et concret. De ce que nous savons d'eux les anciens ne faisaient pas dans la fantaisie.
-Vous n'avez pas tort Lorne, répliqua le colonel saisi par la pertinence des propos de son collègue mais justement je me méfie des anciens, ils avaient une haute opinion d'eux même et leur propre logique et ils n'en démordaient pas. Elisabeth pourrait vous raconter ce que son double a vécu, sa confrontation avec eux (1 ). Ils n'ont pas fait particulièrement preuve d'altruisme, sauf un, Janus, rectifia t-il songeur.
-J'en ai entendu parler, répliqua Lorne mais c'étaient des génies, ils ont fait des découvertes que sur Terre nous les aurions prises pour des miracles.
-Oui, et bien pour l'instant, le seul miracle que je souhaite est la réapparition de McKay, riposta le colonel sombrement.
Le major allait répliquer quand ils furent interrompus par Teyla qui venait d'émerger de l'entrée principale du bâtiment.
-Colonel, major, s'écria t-elle, venez vite, il se passe quelque chose !
Les deux hommes coururent derrière elle. Ils traversèrent au pas de course les laboratoires déserts et les corridors pour finalement atteindre la salle de la sphère. Un bourdonnement s'échappait de la console principale et les cristaux projetaient des éclats de lumière bleue et rouge à travers la pièce. Le phénomène allait en s'amplifiant. Les couleurs devenaient de plus en plus vives ainsi que la fréquence des projections lumineuses. Le bourdonnement augmenta jusqu'à atteindre des décibels insupportables.
Puis soudain tout s'arrêta, Le silence subit les laissa un peu hagards.
Lorne fut le premier à parler.
-Colonel, qu'est ce que c'est que ça ?
Il désignait un caisson de verre qui venait d'émerger de sous la sphère. Des câbles et des fils le maintenait relié à la console. A l'intérieur on pouvait distinguer la silhouette d'un homme allongé.
John Sheppard s'approcha anxieux et enjamba les cordons. Il s'accroupit et examina l'occupant.
-C'est lui, souffla t-il, c'est Rodney.
-Est-ce qu'il est… conscient ? S'enquit Teyla.
John perçut l'hésitation dans la voix de l'athosienne et devina sans peine ce que cela suggérait.
Il observa l'autre homme à travers la vitre. Il était nu. John nota horrifié que de fines canules percaient son corps au niveau des bras et de l'abdomen. Pourtant ses traits semblaient détendus et reposés lui donnant un air plus jeune, plus vulnérable aussi. Il ne l'avait jamais vu ainsi, il en était sûr. L'antithèse du Rodney McKay qu'il connaissait. Ses yeux se posèrent sur la large poitrine au fin duvet qui se soulevait au rythme d'une respiration régulière et paisible.
-Il respire, annonça t-il. Il avait l'impression qu'on venait d'enlever un poids immense de sa poitrine. Soulagé, il prit une longue inspiration.
-Je…je crois qu'il dort.
Les trois autres s'approchèrent. Ronon frappa légèrement sur la paroi, le scientifique ne se réveilla pas. Il essaya plus fort, aucune réaction.
Il donna un coup de poing franc et massif mais le matériau résista. Il allait pour recommencer quand le colonel s'interposa.
-Arrêtez, vous pourriez le blesser avec des éclats de verre, s'écria t-il.
-Je ne crois pas, rétorqua le satédien. Ce truc est incassable, aussi résistant que la sphère et ... il hésita un instant et continua, vous croyez vraiment qu'il dort ?
-J'en sais rien, répliqua le militaire de nouveau inquiet. Il faut attendre, le docteur Beckett aura peut-être une idée.
Ils restèrent là, silencieux, à contempler l'étrange caisson de verre et son occupant. Ce fut finalement Lorne qui rompit le silence dans une tentative pour détendre l'atmosphère.
-Dites colonel, ça ne vous fait pas penser à Blanche-Neige tout ça ?
-Qui est Blanche-Neige ? Demandèrent Ronon et Teyla d'une seule voix.
Pendant que Lorne se lançait dans des explications, résumant l'histoire aux deux aliens dubitatifs mais vaguement amusés, John Sheppard se pencha sur le caisson de verre et posa sa main sur la paroi au niveau du cœur de Rodney. Il grimaça, il n'avait pas aimé l'analogie avec le conte.
Il se souvenait très bien qu'elle reposait dans un cercueil de verre.
A suivre…
1 ) Episode 1-15 "Le grand sommeil "
